Alicia’s « here » again and I love it !!!


alicia-keysPremier opus en quatre ans pour Alicia Keys, « Here » semble être un tournant dans la carrière de la plus célèbre chanteuse/pianiste de la pop/soul U.S de notre siècle. Plus intime, moins pop justement et bien plus proche de la soul revendicatrice, cet album est à l’image de la nouvelle A-Keys et de ses idées sur la société actuelle.

Que ce soit sur la condition de la femme, enfermée dans les canons de beauté avec « Girl can’t be herself » qui illustre parfaitement le mouvement initié par la chanteuse : Make-up free, ces derniers mois ou sur le contexte politique et social Américain avec « The Gospel » et son court métrage de 22 minutes, Alicia n’a pas peur d’exprimer ses idées et le fait avec brio.

Musicalement, comme je le disais, c’est plus épuré qu’à l’habitude, très peu de up-tempo en dehors du single « In common », un seul featuring avec ASAP Rocky qui brille sur « Blended family » qui traite des familles recomposées, sujet que la chanteuse et son mari connaissent bien. Au sujet de son mari/ producteur du CD Swizz Beatz, son empreinte est partout et le duo fonctionne à merveille. Les morceaux où Alicia Keys laisse exploser sa voix si particulière sont ceux que je préfère, « Hallelujah », « Illusion of bliss » et « Kill your mama » en particulier, avec très peu d’instru, ces tracks sont habités par la voix de Miss Keys.

Pour conclure, je dirais qu’Alicia Keys a su se réinventer avec « Here » et  qu’elle devrait être dans nos casques pour encore un long moment…

Laurent

On aime… A la folie


pochette_naive-new-beatersQuoi de mieux pour affronter l’hiver, qu’une electro-pop, disco-rock vitaminée. C’est ce que nous a présenté cet été le groupe français Naive New Beaters avec leur 3ème album A la folie. Même si ce n’est plus une nouveauté, ce disque ne peut nous faire que du bien en ce moment. Un groupe déjanté composé de David Boring au chant, Eurobélix aux machines et Martin Luther BB King à la guitare… (Quoi ? bien sûr que ce sont leurs vrais noms !).

Nous avions pu découvrir ce groupe dans notre ville lors du Festival des Aventuriers en 2012.  Un mélange d’impertinence, de dérision et de bonne humeur.

A la folie est un album alternant des morceaux dansants et des morceaux plus doux. Bien qu’il soit  le fruit d’une triple rupture amoureuse, c’est un album optimiste, une thérapie par le dancefloor. Des mélodies efficaces, des riffs de guitare tordus et surtout une énergie communicative.

Laissez-vous entraîner  dans ce « very good trip musical », 11 titres qui passent tout seul, et surtout ne pas louper la collaboration avec la chanteuse Izïa sur le titre Heal Tomorrow.

Michèle

On n’est jamais mieux trahi que par les siens…


linxbrel.. Et ici, c’est le cas !  Mais de quoi je parle, demandez-vous ? Tout simplement du dernier album du chanteur de jazz belge David Linx, ici accompagné par le Brussels Jazz Orchestra, dans le cadre d’un hommage au grand Jacques Brel.

Louable initiative, me direz-vous, surtout venant d’un vocaliste reconnu, talentueux, qui plus est épaulé par un orchestre de jazz qui a déjà fait ses preuves. L’affiche s’annonçait belle, prometteuse! Oui mais voilà, dès le premier morceau, ca fait « Pschiiitt »… !!! « Quand on a que l’amour », qui devient un morceau à l’orchestration variétés digne des shows de Maritie et Gilbert Carpentier ou de Michel Drucker, dans lequel David Linx se perd en minauderies vocales, nous promet d’entrée une douleur vocale quant aux morceaux à suivre… Et ça ne rate pas! Dès « La chanson des vieux amants », le malaise continue de s’installer, se confirmant s’il en était encore besoin sur  « Vesoul-Amsterdam » ou deux chansons  en une. « Ces gens-là », « Mathilde » sont noyées dans des orchestrations où les cuivres couvrent tout, où la rythmique hésite entre le jazz, la bossa, les ambiances latinos à la Santana… Bref, on est loin des ambiances intimistes, recueillies, que nécessitent les chansons du grand Jacques. Même Linx, donc, se perd en vocalises, en scat, loin de garder l’essence même des textes, de respecter l’intensité d’origine.

La seconde partie du disque (10 titres au total), démarre par un « Ne me quitte pas » poussif, ennuyeux, dénué d’émotion, de  sentiments… Dur dur!! S’en suivent « Le plat pays », « Bruxelles », « Isabelle » » avant le final avec « La valse à Mille Temps ». Une valse poussive, qui met du temps démarrer, soutenue, guidée, comme depuis le début par une orchestration grossière, ampoulée, sans imagination.

Quand on a, comme moi, grandi avec les chanson de Brel dans les oreilles, c’est vraiment difficile d’écouter ce qui se voulait être un hommage. RATE ! Malgré tout son talent vocal, David Linx n’est jamais rentré dans le costume du Grand Jacques ! N’est pas Brel qui veut !!!!

Guillaume.

Les années lycées de Masta Ace


mastaVoilà un MC, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, qui fait écho à notre Kohndo national (https://semelazic.wordpress.com/2016/07/11/en-viree-dans-paris-intra-muros/). Masta ace est un maitre du Storytelling et du hip hop introspectif. Sur « The falling season », son cinquième album studio, Ace nous transporte dans ces années au lycée.

Dans ce cinquième opus, le rappeur de Brooklyn continue dans sa lignée des albums concepts qui suivent une histoire, morceaux après morceaux, les interludes venant ponctuer cette tranche de vie du lycéen qu’était Masta Ace. De sa découverte des lieux jusqu’à l’obtention du diplôme, on déambule avec lui dans les couloirs et c’est franchement plaisant !

Musicalement, c’est très « Boom bap » et ce n’est évidemment pas pour me déplaire. Ensuite, 24 morceaux, de nos jours, c’est un double album, sauf que là, il n’a pas choisi ce format. Alors c’est vrai, comme j’ai pu le lire, ça peut paraitre un peu beaucoup, mais au vu de la qualité constante de cette « Falling season » je ne vois pas le problème.

Pas de hits proprement parlé, mais des morceaux qui se démarquent malgré tout pour moi tels que Mr Bus Driver ou Young black intelligent qui sont mes deux préférés de l’album. J’aime aussi beaucoup Juanita Estefan, qui rappelle furieusement le Bonita Applebum d’A tribe called quest et Me and AG qui est une forme de Battle pour défendre leurs écoles respectives.

Au-delà  de l’ancien de DITC, quelques guests de prestiges comme Chuck D ou Cormega et d’autres moins connu comme Nikky Bourbon qui illumine le refrain de Mr. Bus driver.

Laurent

 

L’histoire d’une chanson : Les feuilles mortes


Tout commence au cinéma en 1946 dans le film de Marcel Carné Les Portes de la nuit, où l’on entend un air d’harmonica et Yvo Livi (Yves Montand) fredonner quelques bribes de paroles. Le film fut un échec commercial, mais cette chanson, elle, restera. Composée par Joseph Kosma, chef d’orchestre de Budapest réfugié en France pour fuir le nazisme. A l’origine, J. Kosma s’est inspiré du Poème d’octobre de Jules Massenet composé en 1874 pour écrire une musique de ballet Le Rendez-vous, et c’est sur cette composition que le poète Jacques Prévert  écrit ces paroles que tout le monde aujourd’hui connaît.

Le première version enregistrée de cette chanson fut celle de Cora Vaucaire en 78 T, presque en même temps une version allemande est interprétée par Marianne Oswald, puis c »est au tour d’Yves Montand le 9 mai 1949 sur un 78 T également. Cette chanson, assez simple en réalité, parlant de la nostalgie d’un amour perdu, va connaître un succès indémodable à travers les années, et à travers les pays. De très nombreux artistes ont voulu se l’accaparer, c’est le compositeur interprète de jazz  Johnny Mercer qui l’adapte en anglais : elle devient Autumn leaves, grand standard de jazz aujourd’hui encore incontournable.

Il existe environ 600 versions et reprises des Feuilles mortes : parmi les plus connues : Richard Anthony pour la période yé-yé, Edith Piaf, Bernard Lavilliers, Françoise Hardy, Juliette Gréco… et pour la version anglaise : Frank Sinatra, Duke Ellington avec Ozzie Bailey et Ray Nance, Nat King Cole, Barbra Streisand,Eric Clapton et même Bob Dylan

En 1960 Serge Gainsbourg composera en hommage à cette oeuvre,  sa fameuse Chanson de Prévert, encouragé d’ailleurs par l’auteur lui-même. Celle-ci aussi connaîtra son heure de gloire et ses nombreuses interprétations.

Michèle

Voisi quelques versions de Les feuilles mortes :

Jazz et cinéma, mariage évident !


beatsquarecool_imageDepuis les années 30, le cinéma fait appel à la musique pour illustrer les histoires portées à l’écran. Et parmi les musiques utilisées, le Jazz tient une place de choix. C’est ce que nous montre le coffret « Beat, square & cool » publié en 2012. Y figurent 5 cd regroupant 8 musiques de films, ainsi qu’un livret illustré assez complet, mais tout en anglais! Le parti pris ici est de couvrir une courte période cinématographique (1953-1961) et d’exhumer, au côté de films comme « The Wild ones », « Les Tricheurs », des oeuvres tombées dans l’oubli ou méconnues du grand public. Et de reparler de réalisateurs tels que Robert Wise, Don Siegel, Martin Ritt ou Shirley Clarke.

Le coffret s’ouvre par la musique de « The Wild ones » (« L’équipée sauvage »), qui date de 1953, avec un Marlon Brando jeune et déjà star! Sur le même cd figure « Crime in the Streets », film datant de 1956, réalisé par Don Siegel, avec notamment le jeune comédien (qui deviendra par la suite un très grand réalisateur) John Cassavetes. Sur les cd suivants, on retrouve les musiques des films  « I want to live » (1958), œuvre du compositeur Johnny Mandel,  réalisé par Robert Wise, et « Les Tricheurs » de Marcel Carné, sorti la même année, qui réunit un casting musical de rêve : Nat King Cole, Chet Baker, Dizzy Gillespie ou Oscar Peterson!

« Paris Blues », de Martin Ritt (1961), qui met à l’affiche Paul Newamn, Sidney Poitier, Joanne Woodwoard, nous permet d’écouter Duke Ellington et Billy Strayhorn, deux pianistes-compositeurs de haut vol! « Les Souterrains » (1960), est l’adaptation d’un roman de Jack Kerouac paru en 1958, qui évoque l’histoire de 2 personnages qui fréquentent les clubs de jazz à San Francisco. André Prévin, chef d’orchestre, compositeur, en signe la musique.

La ballade entre cinéma et jazz se termine sur les films « Shadows » (1959) de John Cassavetes, avec Charlie Mingus aux manettes, et avec « The Connection » (1961) de Shirley Clarke, sur lequel Freddie Redd, pianiste de hard bop et compositeur, imprime sa touche musicale.

Au menu musical ici, donc, du piano, du swing, du hard bop, des orchestres, bref une variété d’univers, tout ce qui fait le charme de la musique, ici du Jazz.

Un régal pour les amoureux du jazz et du cinéma de cette période!

Guillaume.

Nos samples rendez-vous #8


mobyOublions un peu le hip hop cette fois et consacrons nous un peu à l’electro pour une fois. Pas n’importe qui dans l’electro quand même : MOBY. Parmi la tonne de morceaux dans la discographie du monsieur, un en particulier m’a marqué plus que les autres : One of these mornings.

Encore une fois découvert grace à l’application Shazam (quelle merveille !) dans la série Person of interest, pendant une scène de fin d’épisode haletant, une voix gospel vint me titiller les oreilles, puis un beat electro qui semble aller parfaitement ensemble, quelque chose cloche dans mon oreille avertie! Ca sent le sampling à plein nez!!!

Cette voix, c’est celle de Cassieta George, la lead de la formation Gospel des années 50 : The caravans. Le morceau original, « Walk around heaven all day » en 1964. Moby a juste repris les premières paroles de Cassieta et ça suffit pour créer une petite pépite en 2002 sur l’album « 18 ».

Laurent.

Richard Bona, passeur d’héritage(s)


bonaheritageC’est lors du Festival Jazz de Paris 2016, dans le joli cadre du Parc Floral de Paris-Vincennes, que j’ai découvert le nouvel album « Heritage » de Richard Bona, bassiste-chanteur camerounais, citoyen du monde (comme il se définit), qu’il présentait entouré du quintet cubain Mandokan. Pendant 90 minutes, devant un public aussi large que ravi, il a décliné ses nouvelles compositions musicales, mélange savoureux de culture africaine, de salsa cubaine et de jazz européen. « Heritage » son huitième album depuis ses débuts en solo en 1999 (« Scenes from my life »), succède au très beau « Bonafied » paru en 2013.

Avec « Heritage » le bassiste nous offre une virée en rythmes chaloupés, du Cameroun à Cuba, accompagné de Mandokan Cubano, composé de Luisito et Roberto Quintero aux percussions, Rey Alejandre au trombone, Dennis Hernandez à la trompette et du pianiste Osmany Paredes. Alternant les ambiances très dansantes et celles plus intimistes avec un égal bonheur, à l’aise dans toutes les langues, il capte d’entrée l’auditeur, par l’authenticité qui se dégage de sa musique et la profondeur de son chant. Simplicité, justesse, minimalisme sont de mise, la voix en solo ou entourée de chœurs, cet album est un écrin de douceur, un pause salutaire dans ce monde qui tourne fou. A bientôt 50 ans (il les fêtera en octobre 2017), ce musicien au CV long comme le bras (collaborations avec les jazzmen Mike Stern, Pat Metheny, Joe Zawinul, entre autres, ou les artistes français Jacques Higelin, Lulu Gainsbourg, Gérald Toto), semble atteindre une certaine maturité dans sa musique. Ses années de voyages et d’observation à travers le monde, n’y sont sans doute pas étrangères.

Ah j’allais oublié un « petit » détail…. Richard Bona s’est attaché les services d’un « jeune » producteur de 83 ans, Mister Quincy Jones himself ! Un gage supplémentaire, s’il en fallait un, pour assurer que ce disque a été ciselé par des orfèvres.

Le mélange des cultures, des sons, des langues, est un bien précieux pour l’Homme. Richard Bona, héritier et porteur de la culture africaine, citoyen du monde, nous en offre ici un joli cocktail, rafraichissant. Passeur de mots, de langages, il transmet l’idée d’un héritage culturel HUMAIN à préserver. Pour notre plus grand bonheur.

Guillaume.

 

Dans l’esprit d’un enfant de Chicago…


bjBryan James Sledge, alias BJ The Chicago kid est la nouvelle coqueluche de la nouvelle scène Soul/R’nb de Chicago et la dernière trouvaille du label légendaire Motown. La windy city, non contente de nous avoir offert des artistes tels que Curtis Mayfield, Donny Hathaway ou plus récemment R. Kelly ou encore Carl Thomas, semble avoir un vivier infini car BJ est une pépite en devenir.

Je l’ai découvert sur l’album de Dr Dre « Compton », mais le chanteur de 31 ans traine ses basques depuis une dizaine d’années déjà en tant que choriste pour Mary Mary ou Lalah Hathaway et ensuite sur des mixtapes, où il multiplie les duos avec Kendrick Lamar, Joey Bada$$ et autres Schoolboy Q.

« In my mind » est donc son 1er album studio et vu la qualité de celui-ci, surement pas le dernier. Dans la pure tradition du R’nB Chicagoan, Sledge nous ballade dans son esprit durant 1heure avec brio, son style est assez éloigné de ce qui marche actuellement, les Chris Brown, Ne-Yo etc… C’est assez lent, romantique avec une voix très douce (C’est un chanteur Gospel à la base).

Coté featuring, que du bon et des artistes avec qui il a l’habitude de collaborer : Kendrick Lamar sur « New cupid », un des singles de l’album, mais aussi Chance the rapper où Jeremiah. Plutôt pas mal comme guests pour un premier album, non ?

Je vous invite également à découvrir BJ the Chicago kid sur Youtube où il reprend énormément de classiques Soul/R’nb à sa sauce et franchement, c’est juste du bonheur !!!

Laurent.

 

 

C’est du Cocooning


pochette-cocoonUn disque où l’on se sent bien… Voici ce que nous propose le groupe Cocoon avec son troisième album Welcome Home. Et quand je dis groupe… La moitié de celui-ci s’en est allé, Morgane Imbeaud n’en fait plus partie. C’est donc Mark Daumail qui nous propose ce nid douillet.

Un album très personnel, enregistré aux Etats-Unis. Il est certain que Cocoon sans Morgane, ce n’est plus pareil. L’association des deux voix était particulière et son absence se fait sentir. Il n’empêche que ce disque nous réconforte, nous donne du plaisir, il est simple, avec des mélodies soignées. Une folk agréable qui ne se prend pas la tête.

A ses côtés nous retrouvons Nathalie Prass, et aussi Matthew E. White, dont la collaboration est amplement réussie.

La couverture de l’album est de la peintre californienne Esther Pearl Watson. Elle a illustré chacune des chanson dans le livret. Ces oeuvres d’ailleurs servent pour illustrer le clip I Can’t Wait.

Sans être un GRAND moment, cet album nous fait passer un BON moment léger, joyeux et confortable.

Michèle

 

Sage, désespérément… trop sage !


sage_pochetteSage. Qui donc se cache derrière ce simple mot ? Rien moins que Ambroise Willaume, ex Revolver (voir les albums de ce groupe à la pop élégante).

Si la pochette propose un personnage caché derrière un masque, assis sur une chaise en bois, la musique de Sage, elle, ne se cache pas. En effet, Ambroise-Sage nous emmène, ou du moins tente de le faire, dans un univers mêlant une pop music propre, sans aspérités, à une musique électronique certes bien ficelée, mais sans émotions qui transparait. Une pop électro froide, une musique ambiante sans âme. De celles que l’on entend dans les endroits branchés de Paris, tel l’Hôtel Costes et son ambiance cosy, lounge. C’est là, ca passe en fond sonore, pour ambiancer tranquillement, mais rien n’accroche l’oreille (ici la mienne). De « One last star » qui ouvre l’album à « Eyes closed » qui le referme, l’odyssée musicale concoctée par Ambroise Willaume ne m’a pas convaincu, loin s’en faut. Même la présence d’un batteur et d’une bassiste ne parvient pas à rendre ces morceaux plus épais.

La voix haut perchée de Ambroise, matinée d’échos, ressemble parfois, parfois seulement, à celles des frères Gibb, autrement nommés Bee Gees, trio vocal disco-pop des années 70-80, sur les chansons desquels il m’est arrivé, hé oui, de danser. Ce que ne provoque pas du tout Ambroise, qui reste bien trop… SAGE !!! Mais où est donc passée la pop inventive, enlevée de sa période Revolver (écoutez donc les albums « Let go » de 2012, et « Music for a while », dont la pochette sonne en clin d’œil à celle de « Aftermath » des Rolling Stones »). A croire qu’en changeant de projet musical, Ambroise Willaume a perdu sa recette, sa magie, et c’est bien dommage.

Mais les amateurs de Revolver, ou Woodkid, autre groupe pop dont il s’est occupé, et bien sûr les tenants d’une pop aseptisée, parfaite pour les ambiances des bars lounge, des soirées cocktails dans les lieux hype, ceux-là et celles-là seront ravi(e(s) de se laisser bercer par cet univers musical.

Ce disque, vous l’aurez compris, ne m’a pas touché, mais je laisse aux amateurs du genre, le plaisir de le découvrir, et de me démentir.

Guillaume.

Anthony a mis le ton !


Anthony HamiltonTout d’abord, désolé pour le jeu de mots, mais je ne pouvais pas m’en empêcher et je suis persuadé que certains sauront l’apprécier, n’est-ce pas G… Revenons aux choses sérieuses et à ce nouvel opus d’Anthony Hamilton qui s’est fait attendre. L’artiste de Caroline du Nord ne nous avait rien offert, hormis un album de Noël plus que discutable, depuis 2011 et sa pépite « Back to love ».

A priori ces quelques années sans  nouvelles n’ont pas été un long fleuve tranquille pour Hamilton, puisqu’il a divorcé et a bien failli sombrer dans la dépression comme il le répète dans plusieurs de ces morceaux. Sa musique s’en ressent et on est souvent plus proche du Blues que de sa Southern Soul habituelle. L’album reste de qualité, c’est juste différent, même s’il s’est entouré de son compère original Mark Batson avec qui il avait enregistré son premier album : « Comin’ from where i’m from. »

Peu de morceaux up-tempo en dehors de « Save me », introduction du CD et qui pose les bases très clairement : le chanteur est entre deux eaux, il a envie d’aller mieux, mais on en est pas encore là. Pas vraiment de hits à proprement parlé, le single mis en avant est « Amen », qui est une ode à la femme, certes très bon, mais pas de quoi révolutioner sa discographie non plus.

Mes tracks préférés sont finalement ceux où Hamilton nous plonge dans sa « loose », ceux où il parle quasiment plus à son ex-femme qu’à son auditeur, notamment le « Walk in my shoes » qui est un peu le débriefing de sa relation perdue.

J’ai aussi  beaucoup aimé le titre éponyme « What i’m feelin ‘ » où les chœurs habituels du chanteur, les « Hamiltones » sont mis en avant et franchement, ça sonne vraiment bien !!!

Bref, comme pour l’état d’esprit de l’artiste, je dirais que c’est un bon album, mais qu’il n’est pas encore revenu au niveau de ses précédents.

Laurent.

Ils sont fous ces Sud Africains


pochette-die-antwoordVoici un vrai groupe barge, provocateur et trash. Die Antwoord, groupe d’Afrique du Sud, composé de Ninja, Yo-landi, accompagnés de DJ Hi-Tek. Ce groupe nous a proposé en septembre leur 4ème album, Mount Ninji and da nice time kid, qui est pour moi un peu plus accessible que les précédents, et en même très travaillé, très abouti avec des morceaux ultra-efficaces. Chacun d’eux nous entraîne dans des ambiances différentes avec des collaborations étonnantes.

Die Antwoord c’est un beau mélange hip-hop electro, leur plaisir c’est de provoquer, de déstabiliser. Un mélange de musiques de films d’horreurs, d’atmosphères à la Tim Burton, de choeurs d’opéras associés aux flows plus que rapides de Ninja et Yo-Landi. C’est un album fort, explosif, décalé, qu’il faut écouter plusieurs fois pour se l’approprier. La voix de Yo-Landi douce, plutôt enfantine peut parfois irriter, mais les rythmes sont entraînants, entêtants. Ce bazar, cet humour noir ils la justifient par le mouvement Zef : « Quand tu n’as rien à faire de ce que pensent les autes » (Ninja).

Laissez-vous déranger…

Des +++ à la comptine psychotique We Have Candy, et à Rats Rule avec Jack Black

Michèle

Billie Holiday, un dernier jazz à Paris


centjoursenun_imageBillie Holiday. Légende du jazz, à la vie plus que tourmentée (viol, femme battue, drogue, prison…), cette voix mythique du jazz s’est éteinte le 17 juillet 1959, reposant depuis dans un cimetière à l’écart de New-York, ville qui l’a vue triompher, et qui fut témoin de ses déboires, voire de ses addictions, de ses dérives nocturnes. L’artiste, devenue icône du jazz, fascine encore aujourd’hui, près de 50 ans après sa mort. Sa chanson « Strange fruit », évoquant le destin de ses frères de couleurs, dans l’Amérique raciste-ségrégationniste de la première moitié du 20ème siècle, finissant souvent se balançant au bout d’une corde, comme des « fruits étranges » tombant des arbres, fit d’elle une porte-voix antiraciste.

Outre le personnage mythique, la star adulée, c’est aussi l’enfant ballotée, la violence subie, morale et physique, les petits boulots, la chanteuse débutante, la femme en proie aux drogues, la séductrice, l’alcoolique, les déménagements, c’est toutes ces facettes que nous propose Philippe Broussard, journaliste, Prix Albret Londres en 1993,  dans son livre « Cent jours en un » (Editions Stock, 2013). De New-York, ville de triomphes et de chute finale, à sa dernière tournée européenne, à l’automne 1958, c’est le parcours chaotique Lady Day, artiste adulée et déchue. Un dernier baroud d’honneur, comme pour dire « Je suis la SEULE, l’UNIQUE ». Fierté humaine, orgueil artistique.

Contemporaine de Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, Billie Holiday effectuera donc une dernière tournée, une dernière virée, comme chant du cygne d’une star sur le déclin, fatiguée par la vie, les hommes, les excès en tous genres, que dépeint l’auteur avec beaucoup de justesse. Les témoignages recueillis de personnes ayant  connu, côtoyé de près Lady Day, complètent ce portrait : les musiciens Mal Waldron (son pianiste pendant 20 ans), Art Simmons (pianiste du Mars Club), le restaurateur Leroy Haynes, ou les propriétaires de jazz-club Barbara Butler (Mars Club) et Ben Benjamin (Blue Note), qui ont accueilli Lady Day  à Paris.

« Cent Jours en Un » nous embarque dans le sillage de cette femme emplie de douleurs, de cet artiste fragile, en proie aux doutes. L’auteur révèle son côté mentor auprès de jeunes talents rencontrés au hasard de la vie. Comme un prolongement de vie artistique, alors que son aura décline, que sa voix se perd. La peur sur scène, la voix qui va et revient, les colères, les caprices, la peur de l’abandon par les autres, peur de la solitude (liée à son enfance), sa générosité, son amour de l’humain (homme et-ou femme), ses rencontres avec le Paris des artistes ou de ceux qui, comme elles, y viennent (Duke Ellington, Miles Davis, Dizzy Gillespie), Philippe Broussard décrit cela avec justesse, respect, sans jamais prendre partie. C’est aussi un portrait du Paris , De Montmartre, à Saint-Germain, Pigalle, des bars louches, des dealers nocturnes, fournisseurs des jazzmen demandeurs. Une ambiance que le parolier Jacques Lanzmann mettra en mots, permettant à Jacques Dutronc, l’homme au cigare et ray-bans, de faire un tube avec « il est 5H.. Paris s’éveille ».

Oui ce livre est riche, bouleversant, drôle, triste, pathétique, rendant un bel hommage à l’une des plus grandes figures du jazz vocal du 20ème siècle.

A lire, sans hésiter.

Guillaume.