Agathe Da Rama s’aventure dans nos murs le 15 décembre.


Le samedi 15 décembre prochain, à 15H30, le quatuor Agathe da Rama, viendra poser ses voix et instruments au sein de la médiathèque Louis Aragon de Fontenay, pour un concert qui marque donc la reprise du partenariat entre le service culturel et la médiathèque dans le cadre du Festival des Aventuriers, à l’occasion de sa 14ème édition. Le groupe fera pour l’occasion l’une ses premières dates de tournée en Ile-De-France. Un honneur pour nous donc de les recevoir!

Toulouse. Ville traversée par la Garonne, si joliment évoqué par la légende locale Claude Nougaro,  mais aussi célèbre par sa place du Capitole, son équipe de rugby, par son orchestre national et son opéra, véritable cité de mélanges des langues, d’Oc et d’Oil, de patois, d’accents venus des sud outre-pyrénéens, terre de poésie, terreau de nombreux artistes, a donc vu naître ce quatuor à l’univers musical fortement influencé par le blues, la musique de la Nouvelle Orléans. Mené vocalement par Agathe Da Rama, il est également composé de Joris Ragel (guitare), Tom Turtle (percussions), Guillaume Gendre (contrebasse) a notamment retenu l’attention de la grande chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater . On fait pire comme adoubement musical!

Fort d’un premier album sorti en 2015, « 7 times », qui évoquait le passage  à l’âge adulte et la nostalgie que l’on a tous et toutes plus ou moins ressenti(e) de cette adolescente qui était une période de rêves, découvertes, d’expérimentations diverses, le groupe aime a explorer les univers blues soul. Pour cela il se base sur la voix suave et envoutante de Agathe Da Rama. Je  vous laisse juger par vous-mêmes en regardant les vidéos ci-dessous.

Alors, le 15 décembre, la médiathèque résonnera au son du blues, de la soul, mise en musique par ce talentueux quatuor. NE RATEZ PAS CE MOMENT!


 

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1 an en musique : 1985



Pour cette cinquième édition de ces années en musique, je dois reconnaître que mon objectivité musicale commence à mettre les voiles, l’émergence du hip hop est en bonne voie et le R’n’B mellow a encore de belles années devant lui aussi donc la pop et le rock commencent lentement à disparaître de la playlist.


En avant pour 1985, pour moi c’est la fin des couches et l’entrée en maternelle et pour d’autres dans le Queens, par exemple, c’est Kangol vissé sur la tête et boom box sur l’épaule. Un exemple parmi d’autres, un certain James Todd Smith, alias LL Cool J a signé chez Def Jam et s’apprête à faire les beaux jours du rap avec le génial “Rock the bells”, souvenez cette intro mythique: “LL Cool J is hard as hell, battle anybody, I don’t care who you tell, I excell…” et ce n’est pas le seul, l’un des tout meilleurs Storyteller du hip hop, l’homme à l’oeil bandé, Slick Rick himself, en compagnie de l’un des autres grands de l’époque, Doug E. Fresh pour “La da di da”, un autre grand classique du hip hop des 80’s.
Rassurez-vous, il n’y a quand même pas que du rap, j’ai aussi mis à l’honneur la B.O de l’un des films qui a bercé ma jeunesse, les goonies, avec Cyndi Lauper et “Good enough”, qui rythme la scène où les goonies attachent le grand frère de Mickey (Josh Brolin) a son banc de muscu et s’évadent en vélo à la recherche du trésor de Willy le borgne. Une grosse dédicace à mon père aussi, avec Dire Straits et leur “Walk of life” que j’ai entendu des centaines de fois sur les routes de vacances, donc vous voyez, le rock est toujours là, juste un peu moins présent…
Le R’n’B de l’époque lui, est bien présent avec les rois de l’époque, les Kool and the Gang, pour lesquelles j’ai choisi “Cherish”, mais c’était loin d’être le seul titre que j’aurais pu mettre, vous retrouverez aussi Atlantic Starr, un de mes groupes préférés, que vous retrouverez très certainement dans la rubrique Soulections. Voilà, reste comme chaque année un inavouable et là, quand j’ai fouillé un peu les sorties de 1985, deux morceaux sortaient clairement du lot: “Take on me” de A-Ha et “Je te donne” de Jean Jacques Goldman et étant donné que je n’arrivais pas à me décider, j’ai fait une exception à la règle, j’en ai mis 13 oups! A l’année prochaine…

Laurent

Aventuriers, 14ème édition!


Comme chaque année à la même période, la ville de Fontenay-sous-Bois, par le biais de son service culturel, organise et accueille un festival de musique rock dédié aux jeunes artistes en développement mais qui programme également des musiciens ou groupes déjà chevronnés. La 14ème édition du Festival des Aventuriers (du 12 au 20 décembre 2018, à l’Espace Gérard Philipe, au cinéma Kosmos-projection du film « Shut up and play the piano », du réalisateur Philipp Jedicke, et de « Léto » de Kirill Serebrennikov- et à la médiathèque Louis Aragon, voir plus bas) est encore là pour vérifier cet adage, ce subtil équilibre, cette alchimie fragile, qui consiste à pouvoir présenter au public qui viendra les voir, des groupes représentants des courants différents de la scène rock 2018, pop et électro française ou étrangère. C’est cette variété, cet éclectisme qui a, au fil des années, fait la force de ce festival et contribué à son évolution, à sa renommée grandissante au niveau local, puis national et enfin international. Et donc à fidéliser un public qui revient, parfois de loin, pour y assister. Cette édition marque aussi le retour d’un partenariat avec la médiathèque municipale Louis Aragon, puisque le groupe Agathe da Rama s’y produira le samedi 15 décembre à 15H30.

Ce festival, situé jusque avant les fêtes de Noël et du jour de l’an, est l’occasion pour le public de se retrouver, de vivre de jolis moments, d’échanger sans barrières aucunes avec les artistes après leurs prestations. De la convivialité, du partage, le tout dans la bonne humeur, entre quelques bonnes mousses (à consommer modérément, cela va de soit). 

Cette année, la programmation voit revenir un ex jeune aventurier à l’univers electro-pop, venu en 2016, (Dani Terreur, qui fera l’ouverture du festival le 12 décembre avec L’Impératrice ). Le public découvrira Elias Dris, groupe influencé par la folk américaine et ses figures iconiques que sont Neil Young, Joni Mitchell ou encore Leonard Cohen. Delgres, groupe de blues caribéen qui mélange gaiement John Lee Hooker, les Black Keys, et la soul des Touaregs. Le public pourra aussi découvrir l’univers punk-grunge du groupe Pogo Car Crash Control. Les univers de musique House et Deep House ne seront pas oubliés, avec les calaisiens de You Man et le gardois Joris Delacroix, le rock psychédélique avec Vox Low, l’électro experimentale du trio Zombie Zombie, la pop rock indie du sextet Concrete Knives (finalistes jeunes aventuriers en 2009), l’électro-pop d’Inüit, le groupe tourangeau Péroké avec son électro mêlée à l’afrobeat, sans oublier les vétérans de General Elektriks, qui mélange funk, pop, électro. Bref ça s’annonce comme un menu relevé, épicé, savoureux, de quoi réjouir toutes les oreilles!

Outre les concerts de la programmation, la Fish and Cheap Factory, créée en 2016, animera les avants et après concerts.

Le festival des Aventuriers est également l’occasion pour le public de découvrir des associations oeuvrant pour différentes causes : le développement durable, la lutte anti-sida, lutte contre le sexisme. Musique, débats, échanges, rencontres. Un éventail de possibles qui assurent au public de passer de jolis moments, comme un apéritif avant les agapes de Noël et du jour de l’An. Bon festival à toutes et tous!

Notez que vous pourrez retrouver certains albums des artistes programmés lors de cette édition à la médiathèque Louis Aragon de Fontenay. En l’occurrence : « Mo Jodi » / Delgres. « L’énergie positive des Dieux » / Astéréotypie. « Mata Hari » / L’Impératrice. Vox Low / Vox Low. « Our Hearts » / Concrete Knives. « Livity » / Zombie Zombie. « Action » / Inuit. « Carry No Ghosts » / General Elektriks.

Guillaume.

Dans les pensées de Black Thought…


Vous avez peut-être eu l’occasion de lire ma petite chronique sur The Roots et dans ce cas là, vous connaissez mon amour pour ce groupe hors normes, il est donc normal que je vous parle un peu de l’opus que tous les fans de la formation de Philly attendait: Le solo de Black Thought, le lead MC du groupe.

J’ai attendu le deuxième volume de ces “Streams of Thought” pour vous en parler, car je savais qu’une suite était à venir, la première était sortie au mois de juin, pour égayer mon été et celle-ci début Novembre pour réchauffer les soirées d’hiver.

Voilà donc Black Thought à nu, sans les musiciens qui l’accompagne depuis le début de sa carrière, sans la batterie Questlove, ni le clavier de Poyser, non, juste Thought et son micro.

Alors, je dis qu’il est seul, mais ce n’est pas tout à fait exact, pour ces 2 disques, Tariq a décidé de s’entourer de deux très grands producteurs du game, un pour chacun des volumes, à savoir, pour le 1er, 9th wonder dont je vous avais parlé dans mon post sur les beatmakers et pour le second, le non moins talentueux Salaam Remi.

Pour le premier volume (mon préféré), dès les premières secondes, on ressent la patte du beatmaker de Caroline du Nord, qui, empreint de Soul se marie parfaitement avec les lyrics engagés du “wordsmith” de Philadelphia, presque faits l’un pour l’autre je dirais.

Le disque s’ouvre sur un truc énorme concocté par 9th, il a été nous péché un sample d’une inconnue absolue, une certaine Jeanette, une chanteuse Anglaise d’origine Espagnole, qui chante en Français?!? Le morceau c’est “L’amour joue au violon” et 9th Wonder va en sampler non seulement la mélodie, mais aussi la voix de la dame, qu’il va pitcher pour en faire l’instru de “Twofifteen”, qu’évidemment Black va dégommer, une vraie pépite!!! Viens ensuite le top du top, le duel “9th vs Thought” et là, préparez-vous à du rap de haut niveau avec une instru Boom Bap du meilleur goût, c’est l’un des tracks de l’année pour moi.Pour la suite, vous aurez le droit à des invités de prestige, ce qui ne sera pas le cas du deuxième opus. Vous pourrez retrouver Rapsody, la protégée de 9thWonder, mais aussi Styles P, l’ancien de TheLox qui participe à “Making a murderer” le single qui a lançait les rumeurs sur le net.

Les Covers par Rashid Johnson et Leslie Hewitt

Dans le deuxième volume, Tariq a choisi pour nouveau partenaire, le producteur touche a tout, Salaam Remi. Celui qui a travaillé avec un peu tout types d’artistes, de Nas à Amy Winehouse en passant par Nelly Furtado, n’est pas celui auquel j’aurais pensé pour prendre la suite de 9th Wonder, pas qu’il n’est pas talentueux, bien au contraire, mais je n’aurais pas forcément associé les 2 styles … et pourtant, ça le fait grave!!!

Je dirais même de cette collaboration, qu’elle m’a offert mon track préféré des deux volumes, à savoir “Streets”, un peu dans le même style que “9th vs Thought” dans le 1er, le beat frappe fort et Black Thought est au sommet sur ce genre là, le refrain de Tysh Hyman vient sublimer le tout et en ressort une vraie bombe!!!

Globalement, ce volume est plus jazzy et comme dans le premier, si la part belle est faite à Black Thought, bien sûr, la prod. de Salaam Remi est impeccable, des morceaux comme “The new grit” ou “Fentanyl” puent le hip hop et je m’en régale à chaque écoute!

Le seul reproche que je pourrais éventuellement faire à cette deuxième mouture, c’est que Black Thought a doublé le nombre de morceaux, mais a raccourci les durées, souvent pas plus de deux minutes, comme pour les deux que je viens de citer, sauf que c’est tellement bon, qu’on voudrait que ça dure.

En dehors de ça, je peux vraiment pas reprocher grand chose à ces deux disques, Black Thought nous a fait attendre, mais ça valait le coup d’entrer dans ses pensées.

Laurent

Il était une fois… 1976!



Année marquée par de nombreux évènements, politiques, culturels, sportifs. Janvier voit le Concorde réaliser son premier vol commercial de Paris à Rio de Janeiro. En février ont lieu les JO à Insbruck, en Autriche. Mars, l’Argentine entre dans la dictature, le pouvoir militaire est dirigé par le général Videla. Avril, Jean Gabin préside, pour sa dernière apparition publique, la première cérémonie des Césars. Mai voit l’apparition du FLNC en Corse, par le biais de la revendication d’une « nuit bleue » marquée de plusieurs attentats. Après une épopée européenne complètement folle, l’AS Saint-Etienne arrivera en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (mère de la Ligue des Champions actuelle), contre l’ogre du Bayern de Munich de Franz BeckenbauerJuin est le théâtre, en Afrique du Sud, dans le quartier pauvre de Soweto, d’émeutes sanglantes qui feront plusieurs centaines de morts. Juillet, Simone Veil faire voter une loi antitabac qui réglemente la publicité de ce produit et l’obligation de la mention « abus dangereux » sur les paquets.

Au Canada,  les JO d’été de Montréal verront le sacre de la jeune gymnaste roumaine Nadia Comaneci, du sprinteur français Guy Drut au 110 m Haies, et le double sacre du cubain Alberto Juantorena, sur 400 et 800 m. Novembre marque l’élection de Jimmy Carter à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Il sera le principal artisan des premiers accords de paix, signés à Camp David entre Israël et L’Egypte.

Déjà mise en avant par René Dumont en 1974, les problèmes liés au climat vont s’accentuer. La canicule très importante (déjà!!) survenue cette année-là, marquera les esprits, certains s’en souviennent encore. Et ne sera que le début d’une série qui se poursuivra jusqu’en 2018, un peu partout dans le monde.

De nombreuses personnalités tels la romancière Agatha Christie, le dirigeant chinois Mao Tsé Toung, l’acteur Jean Gabin, figure légendaire du cinéma français, le philosophe allemand Martin Heidegger, le compositeur de musique classique Benjamin Britten ou André Malraux, écrivain, ancien ministre de la culture sous De Gaulle, auteur du fameux discours dédié à l’entrée de Jean Moulin au Panthéon, disparaissent.

Place maintenant à l’histoire inventée :

Une maison cossue, dans le sud de l’Angleterre. Perchée en haut d’une colline. Bordée d’une forêt domaniale où se promènent biches et faons, rennes… en toute quiétude. La demeure, imposante, de style colonial, abrite en son sein un homme nommé Ringo Willy Cat, la soixantaine fringante et le cheveux poivre et sel, dont la maison laisser à penser l’homme fortuné. Jadis marié à une certaine Gabrielle, qui dit-il, lui a « brulé son esprit ».

Il a dû être un bel homme plus jeune. Les années passant, il a cultivé cet aspect de sa personnalité. Dans le village avoisinant, les gens parlaient de lui comme d’un « sale bonhomme », avare, distant, prétentieux. Amateur de chasse en Afrique, qu’il visitait régulièrement pour satisfaire sa soif de trophées animaliers.

Dans une pièce, au rez-de-chaussée, figure des « trophés » de ses pérégrinations chasseresses : Une tête de buffle accrochée au mur, une corne de rhinocéros, et une peau de crocodile du Nil, ainsi que des oiseaux de Thaïlande, spécimens aussi sublimes que rares. Cet homme avait pour fille, Sylvia, qui travaillait dans une boutique du village proche, le « shop around the corner ». Elle vivait de romances éphémères. L’élu du moment s’appelle Martin. Lui faisait partie d’un cirque. Entre eux, l’histoire était douce, et les au-revoir au petit matin sur le ton d’un « Bye bye Cherry ».. suivi d’un « you know.. I love you ».

Ringo, homme de principes ayant la culture des histoires au long cours, ne voyait pas d’un bon œil la façon d’aimer de sa fille. Malgré lui, il s’y soumettait. La première entrevue avec Martin fut un peu fraîche entre les deux hommes. Le premier voulant clairement faire sentir que Martin n’était qu’un oiseau de passage dans le ciel de Sylvia, se montra pourtant jovial, avenant, à la surprise de sa fille. Martin, lui, tout à l’envie de faire bonne impression, se retrancha derrière une timidité malvenue. Au sortir de ce premier face à face, Martin dit à Sylvia, qu’il surnommait tendrement « Sunny » : « Your daddy is cool ». Sylvia en sourit, connaissant la nature profonde de son père.

Un soir, les deux tourtereaux avaient décidé de sortir au village, d’aller dans le seul fish & chips local. En entrant, l’ambiance leur apparaît très étrange. Des tables fournies, où se jouaient des parties de backgammon, de poker, avec argent en jeu, d’autres avec des solitaires éclusant leur bière. Assis tranquillement dans cet endroit exigu et sentant fortement la cigarette, leur tête à tête avait été soudain troublé par une femme interpellant sèchement Paul. « Hey…Paul, who’s that lady with you..My man » lui dit-elle en regardant rageusement Sylvia. Blondie, ainsi se prénommait-elle, avait le regard noir et le cheveu blond peroxydé. Déchainée, Blondie avait poursuivi, s’en prenant cette fois à Sylvia qui ne demandait rien… : « If you wanna love somebedoy… live him now.. ’cause he’s MY man ». Paul et Sylvia sont surpris l’audace de Blondie. Paul s’interpose : « Blondie, please, stop this silly « love song »… I know you had me in the flesh, but now it’s over, my one and only love is for Sylvia ». Blondie, était considérée comme  la « Devil woman » du coin, caractère sauvage, fille sans peurs, aimant se faire respecter dans cet univers très masculin, quitte à n’avoir pas toujours des comportements très courtois.

Sylvia n’en revenait pas de ce qui venait d’arriver. Elle restait muette, interdite. Voyant que Paul ne céderait pas, Blondie rentra sa colère, puis s’en fut rejoindre une tablée où des amis de longue date lui dirent de s’asseoir volontiers. Reprenant ses esprits, Paul se retourna alors vers Sylvia, lui prit fortement la main comme pour la rassurer, lui faire sentir que tout allait bien, qu’il était AVEC elle, tout en s’excusant d’un timide « sorry for you living this…. ». Il décidèrent alors de quitter cet endroit à l’atmosphère tendue, rugueuse, pour retrouver l’ambiance douillette de la demeure de Ringo. Sur le chemin du retour, Sylvia ne pouvait s’empêcher de revenir sur l’incident avec Blondie. Mais Paul, plus amoureux que jamais, se montra plein de tendresse avec sa chérie. Elle seule comptait à ses yeux, elle seule le rendait heureux. Arrivés à la demeure paternelle, ils passèrent la nuit à s’aimer follement tout en écoutant une ribambelle de musiques différentes. « You know what sweetie? » dit Paul à sa douce… »The only thing I want is kissing you, you kissing me.. ». En fond sonore, Freddie Mercury et Queen jouent « Somebody to love ».

Les deux tourtereaux s’endorment, le bonheur plein la tête.

Guillaume.

Nos Samples Rendez-Vous #31 : Daddy Lord C et Bill Withers.



Ah la la mais qu’est-ce que j’ai pu l’écouter ce morceau, le “Freaky flow” de Daddy Lord C, je l’ai fait tourner en boucle à l’époque, c’était la folie. Déjà, j’aimais beaucoup ce que faisait La Cliqua en général, mais là, ce solo de Daddy Lord C, dans un univers assez différent de ce que proposait le groupe, un petit storytelling amoureux tout simplement génial!
Le flow en question de notre MC est juste trop puissant, rapide et ses rimes percutent dans cette histoire de coup de coeur avec cette jeune femme qui lui donne “le freaky flow”.
Pour nous raconter ce “storytelling”, Daddy Lord C utilise une boucle d’un grand classique de la soul, par l’un de ces plus grands chanteurs, Bill Withers et le fameux “Just the two of us”.
Cette balade sortie en 1981 est issue de la collaboration entre Withers et un certain Grover Washington Jr l’illustre Jazzman New Yorkais, la chanson est un véritable hit et obtient 2 grammy awards, l’un pour la meilleure chanson R’n’B et l’autre, pour le meilleur album “Jazz Fusion” pour Grover Washington Jr. Cette balade sent la bonne humeur a plein nez et Daddy Lord C est loin d’être le seul à avoir repérer ce sample génial, Keri Hilson, Regina Belle et Urban Zakapa, star de la pop Sud Coréenne a repris ce morceau, mais la version la plus connue et qui a le mieux marchée, c’est celle de Will Smith, en 1997, dédiée à son fils, je vous la mets d’ailleurs en bonus, c’est cadeau!

Laurent

Judas Priest, retour aux fondamentaux.


Le groupe anglais Judas Priest, originaire de Birmingham, qui a émergé dans les années 80, dans le sillage des Iron Maiden, Def Leppard notamment, a depuis mené une carrière aussi longue que dense, voyant ce groupe devenir un incontournable de la scène du heavy métal britannique et mondial. Mené par le charismatique Rob Halford au chant, ce groupe nous revient en force cette année avec un nouvel opus, « Firepower », concocté par son producteur historique, Tom Allom. Et le résultat est pour le moins détonnant.

Ce groupe, fondé en 1969, par le duo KK Downing (guitare) et Ian Hill (basse), ne démarrera sa vraie carrière qu’en 1974, avec l’enregistrement de l’album « Rockarolla ». Ensuite, de 1977 à 1984, le groupe, stabilisé dans sa formation la plus célèbre (Halford, Tipton, Downing, Hill, Holland), va voir sa popularité grandir, en Angleterre, en Europe et bientôt aux Etats-Unis. Il enchaine en effet pas moins de 6 albums, « Sin after sin », « Stained class », « Killing Machine », »Bristish Steel », « Screaming for  Vengeance », « Defender of the faith », qui vont asseoir la réputation du groupe évoluant dans un style  heavy metal très agressif mais où l’aspect mélodique n’est jamais loin grâce à la doublette de guitaristes Downing-Tipton. La voix puissante et aïgue de Rob Halford faisant le reste. 

Pour « Firepower« , le nouvel opus du groupe, ils ne sont plus que 3 à subsister de la formation historique du groupe : Rob Halford au chant, Ian Hill à la basse et Glenn Tipton à la guitare. A leurs côtés, la batteur Scott Travis arrivé en 1990, ainsi que le guitariste Richie Faulkner intégré en 2011, suite au départ de Downing, font plus que le job. Le groupe retrouve ici un son, une énergie brute, qui étaient sa marque de fabrique à ses débuts, notamment lors de sa période faste à la charnière des années 70-80.

Sur cet album, des titres comme « Firepower », « Evil never dies », « children of the sun », « Rising from ruins », ou encore « No surrender » et le final « Sea of Red », nous montrent qu’après quelques années à sortir des albums parfois discutables tels que « Turbo », « Ram it down », ou plus près de nous « Angel of Retribution », le groupe emmené par Rob Halford a enfin retrouvé toute sa verve et une envie décuplée. Cela s’entend et c’est très bon signe pour la suite.

Pour moi qui les avait délaissé tant scéniquement que sur albums, « Firepower » est une excellente surprise, qui me réconcilie avec Judas Priest. Il ravira sans doute les fans du groupe.  Pour celles et ceux qui voudraient découvrir ce genre musical et ce groupe, « Firepower » est une excellente porte d’entrée.

Guillaume.

Anderson .Paak termine sa “Beach series” en beauté!!!


ALERTE À LA BOMBE!!!

Voilà le disque que j’attendais le plus en cette fin d’année (à part si The Roots nous lâche leur “End game” un jour…), le dernier opus d’Anderson .Paak, sous la direction de Dr. Dre s’il vous plaît, voici donc Oxnard!!!

Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, Paak, c’est le petit protégé du Docteur le plus célèbre de la musique Californienne et même si ça fait déjà un petit moment qu’il traîne son bonnet et sa voix cassé sur les scènes du monde entier, la véritable explosion de cet artiste ne se fait en réalité qu’avec sa collaboration sur “Compton” en 2015, dans un premier temps, mais surtout avec la sortie de “Malibu”, l’année suivante, le deuxième volet de sa “Beach series” où il met en lumière différentes ville de Californie en bord de mer, le premier étant en “Venice” en 2014. Alors, allons-y si vous le voulez bien…Direction Oxnard, la ville natale d’Anderson.

14 titres au programme avec des invités de prestige, l’un des producteur les plus talentueux du game et un Paak toujours aussi à l’aise entre Soul, Funk et Hip Hop, alors qu’est-ce qui pourrait aller de travers me direz-vous? Et bien pour ma part, pas grand chose, je ne me suis vraiment pas ennuyé pendant une heure, j’ai essayé, mais non, rien à faire, c’est vraiment trop bon!!!

Déjà, à la sortie du single “Tints” avec Kendrick Lamar, je me suis dit là, on tient quelque chose de LOURD!!! Ce titre est trop funky et les 2 pépites de Dre se complètent à merveille dessus, le clip aussi est assez dingue et complètement décalé du morceau, à voir absolument!

Alors, évidemment, c’est le 1er single, donc il a envoyé du bois et on aurait pu se demander si il lui en restait sous le pied, mais ce serait mal connaître l’enfant d’Oxnard. Je dirais qu’il y a encore mieux sur le disque, personnellement, j’ai un énorme coup de coeur pour “Cheers” avec le vétéran dA Tribe Called Quest, monsieur Q-Tip himself!!! C’est comme si, malgré le choc des époques, ces deux-là étaient fait pour bosser ensemble, Tip n’a rien perdu de son flow légendaire et Paak n’a franchement rien a lui envier non plus. Quant à la prod, elle respire la bonne humeur comme pour le premier single, d’ailleurs je dirais que ce disque, si il était sorti l’été, aurait tout casser au niveau des ventes.

Je suis loin d’être au bout des feat de prestiges dont je vous parlais, vous pourrez retrouver le Doggfather aussi!!! Snoop Dogg abandonnant ses trips Gospel ou Reggae pour briller sur ce track, on retrouverait presque le Snoop des 90’s sur “Anywhere”. Pusha T est également là pour accompagner Paak sur un morceau avec un titre sorti tout droit de New Jack City “Brother’s keeper” (Suis-je le gardien de mon frère?)

 

Je vais pas faire toute la chronique sur les feat, mais ils m’ont tellement régalé que je suis obligé d’insister un peu, J.Cole fait parti de l’aventure aussi sur “Trippy”, BJ The Chicago Kid dont je vous avais parlé il y a quelque temps, Dre, lui même fait une apparition (pas la meilleure) et je finirais par les petites merveilles de la Soul moderne que sont Norelle, mais surtout Khadja Bonet qui ouvre le disque sur “The chase” qu’on croirait tout droit sorti de la B.O d’un film de la Blaxploitation, une petite bombe!!! Je pense qu’au même titre qu’une Jorja Smith, on a pas fini d’entendre parler de ces 2 nanas!

Si… j’oubliais presque, l’unique raté du disque selon moi, le dernier morceau où Anderson s’essaye à un style quelque part entre Soul et Reggae avec un accent jamaïcain un peu étrange et inutile à mon avis, mais bref, c’est un morceau sur quatorze, je vais pas en tenir compte…

Au niveau des thèmes traités, tout y passe plus ou moins, des morceaux sexys au plus intimistes, Paak s’attaque même à la politique et au Président en place avec un brin de cynisme. On a même le droit à un petit clin d’oeil à son pote récemment décédé Mac Miller. Niveau production, le disque est bien entendu supervisé par Dr Dre, mais l’artiste, pour une fois sans son groupe les Free Nationals, garde quand même bien la main sur l’ensemble et laisse même une petite place pour le génial 9th wonder, en soit, c’est du solide tout ça!

Alors voilà, faites vous votre avis, j’ai lu plusieurs retours ou les gens étaient presque déçus, ils attendaient un Paak plus original encore, personnellement, je trouve qu’il a gagné en maturité et que si il n’a pas forcément pris de gros risques, il a fait ce qu’il sait faire et à la perfection, au fond, c’est ça qu’on aime non?

Laurent

 

Le Bayou pleure Tony Joe White.


Né en Louisiane, terreau musical s’il en est, et décédé dans le Tennessee, autre lieu historique pour la musique noire américaine, notamment le blues, Tony Joe White, aura durant près de 50 ans (sa carrière démarrant en 1969, avec l’album « Black and White », avec notamment la chanson « Polk Salad Annie« , un succès, qui sera reprise plus tard par Elvis Presley ), tracé son sillon, sans bruit ni fureur, sans excès qui finissent dans les journaux, mais avec la discrétion d’un artisan qui travaille sans relâche à façonner avec exigence, une écriture vocale, instrumentale, musicale, qui influence encore aujourd’hui la génération actuelle.  Il était l’un des défenseurs (avec également le canadien Neil Young) de la musique « swamp » ce genre qui mélange allègrement le rock, le blues, la country, le boogie et le zydeco.  Bref une jolie « salade » musicale, avec laquelle il était en harmonie. S’il était donc un musicien respecté et reconnu pour son talent, Tony Joe White était également un auteur de textes pour les autres. En effet, au nombre des bénéficiaires de son talent d’écriture, on retrouve Ray Charles, Dusty Springfield, Waylon Jennings, Tina Turner (le fameux « steamy windows », titre qui figure à l’origine sur l’album « Closer to the Truth, sorti en 1991).  Egalement adaptateur de chansons, il avait repris « Le Marché aux Puces », signée à l’origine par Joe Dassin, qui donnera en anglais « The guitar don’t lie« , et qui sera reprise et adaptée par le parolier français Etienne Roda-Gil, pour donner en français « La guitare fait mal », que chantera Johnny Hallyday. En 50 ans de carrière, de 1968 à 2018, Tony Joe White aura publié 30 albums studios, ainsi quelques live et best-of. Sa dernière livraison, « Bad Mouthin' », est sorti cette année. Tony Joe White restera comme un artiste à part, secret, singulier, un chanteur à la voix chaude et unique, un guitariste au jeu fin, avec une oeuvre musicale riche.  Personnellement, je vous invite à découvrir ce musicien sur les disques suivants :  « The Train I’m on » (1972), « Clother to the Truth » (1991), « Deep Cuts (2008),  « Hoodoo »(2013).  Je vous laisse avec quelques-une de ses plus belles chansons. Guillaume.

# La playlist de novembre 18 : ma chanson d’ado


Avec la playlist de ce mois-ci, retour aux années collège. Avec tous nos amis-collègues bibliothécaires, toute génération confondue (des années 60 aux années 90), on a joué à : « quand tu penses au collège, quelle musique te vient dans la tête ?  »
Ce jeu a beaucoup plu. Nous nous sommes tous replongés dans nos souvenirs de classe, nos profondes réflexions d’adultes en devenir, anecdotes avec les « bandes de copains ». Le résultat de cette playlist : des morceaux souvenirs, des chansons délire, des chansons ultra commerciales, des tubes, des paroliers, des chansons de « quand on faisait l’ado renfermé dans sa bulle pseudo-intellectuello-déprimo… » des chansons récentes (quoique…) , des chansons plus anciennes (même plus !)… Mais il y a forcément une chanson qui vous parlera, qui vous rappellera une boum, tous ces bons moments avec vos potes, cette rupture sentimentale, un souvenir fort de votre adolescence.

A vous de jouer, à vous de vous souvenir !

Bonne écoute.

Carine

Les 90’s, âge d’or du R’n’B.


Gros challenge aujourd’hui pour moi : réaliser l’ultime playlist R’n’B des années 90, je suis large, je m’accorde 100 morceaux, mais malgré ça, je sais que j’ai du tri à faire et pas qu’un peu, souhaitez-moi bonne chance…

Les 90’s c’est le début de la fin pour le New Jack Swing de Teddy Riley et des New Edition et le début du règne d’Andre Harrell et son label Uptown ainsi que le retour en force de la Motown avec l’émergence des Boyz II Men, Erykah Badu et Brian McKnight. Pour la petite histoire, Andre Harrell deviendra d’ailleurs le CEO de la Motown au milieu de la décennie.

Alors voilà, cette période, c’est toute ma jeunesse, je n’écoutais quasiment que du R’n’B et du Rap à l’époque, un brin de Soul aussi, mais je ne m’y suis vraiment mis que vers la fin des 90’s. Que ce soit mes premières soirées, les boîtes de nuits (le Palacio, l’Acropole et j’en passe…), dans mon Walkman (je sais je suis vieux…), les premiers slows (on était la dernière génération du ¼ d’heure Américain), mes oreilles ont été inondées de ce style musical. Les bandes originales des films que je regardais aussi, les Poetic Justice, Boyz’n the hood, Menace II Society et bien sûr New jack city y ont été pour beaucoup, j’y ai découvert des tonnes d’artistes, sans Youtube, Spotify ou Deezer, fallait bien se débrouiller, alors, j’écoutais, j’attendais le générique pour les crédits et je filais à la médiathèque pour emprunter les CD. Même chose à la radio, c’était les débuts d’Ados FM (aujourd’hui Swigg), Skyrock n’était pas encore “Numéro 1 sur le rap”, nous on attendait le soir pour écouter Nova et Générations qui nous balançait toutes les dernières tendances R’n’B/ HipHop et on espérait que l’animateur balance le nom de l’artiste à la fin du morceau, heureusement Dieu a créé Shazam depuis…

Bref, assez de nostalgie, passons un peu au programme de la playlist à venir, j’ai essayé de mettre au maximum, 3 morceaux par artiste, sinon, pour certains j’étais fichu, j’aurais mis la disco complète de Mary J., même chose pour R.Kelly etc… donc, 3, ça semblait honnête. J’ai choisi volontairement de ne pas mettre des artistes comme Erykah Badu ou D’angelo, parce que je considère qu’ils entrent plus dans le registre Soul, que R’n’B et puis je vous en avais déjà parlé dans “Les Soulections”, donc place aux autres, sans quoi ils auraient fait le cut sans aucun doute.

Donc, vous retrouverez les slows phares de l’époque avec les Boyz II Men, Brian Mc Knight ou Joe pour ne citer qu’eux. La fraîcheur d’Aaliyah et Usher, ainsi que les premiers pas de Beyoncé, encore sous la coupe de Wyclef avant de devenir Madame Jay-Z et la superstar qu’elle est aujourd’hui. Des Boys band aussi comme Jodeci (mes préférés), 112 et Dru Hill, les filles aussi seront à l’honneur avec les TLC et leur “Creep” ou encore plus précurseurs, les SWV, premier groupe féminin à régner sur le R’n’B de la décennie.

Voilà, une petite mise en bouche de ce qui vous attend, je ne vous en dit pas plus et sur ce, je vous souhaite une bonne écoute et si vous souhaitez retrouver quelques unes de ces perles, sachez qu’il nous reste quelques trésors dans nos bacs, à bon entendeur…

Laurent

Prince, seul face à lui-même.


C’est l’histoire d’une séance dont seul Prince Roger Nelson avait le secret. Une nuit de 1983, il s’enferme au Studio Kiowa Trail, et décide de s’installer seul à son piano. Au début du disque, on l’entend s’adresser à un ingénieur pour régler le son et mettre une ambiance lumineuse plutôt soft. Il se met ainsi dans un climat serein, tranquille. Et nous permet, en tant qu’auditeur, de nous sentir, très privilégiés, tout proche de lui, comme si nous étions tapis dans l’ombre du studio, écoutant le maître en pleine séance de travail intime.

Vient la magie. L’artiste se met à son piano, et commence par une petite improvisation, en guise d’échauffement, avant de se lancer dans l’interprétation de « 17 days ». Tout en finesse. Superbe. Il enchaîne alors avec une version toute en retenue, modulant sa voix à l’envie, sur son titre fétiche, « Purple rain ». Vient ensuite « Case of you », chanson composée par Joni Mitchell, dont il s’approprie très joliment l’univers musical. Ensuite, Prince nous offre une farandole de morceaux de sa composition, de « Strange relationship » au final « Why the butterflies », dont les versions piano-voix sont un vrai régal, car il transforme l’architecture originale des morceaux, en y intégrant parfois des digressions, et toujours avec une justesse, un sens du rythme incroyable, sans oublier bien entendu cette voix unique, ce timbre inimitable et reconnaissable qu’il modifie, travaille, teste, au fil des morceaux. Une introspection artistique, une séance de travail autant qu’un moment de plaisir pour ce génial musicien-compositeur.

Cette séance, longtemps restée dans les tiroirs de la Warner, dont il fut un temps co-président, est un petit bijou, qu’il faut écouter attentivement, et découvrir avec appétit toute la subtilité, les nuances que Prince amène à ses propres morceaux comme à la chanson de Joni Mitchell. Le tout est une enfilade savoureuse de morceaux sublimes concoctés par le génie de Minneapolis.

Prince, homme de scène, capable de performances scéniques incroyables tant par la qualité, que par la durée (celles et ceux qui le virent au New Morning il y a quelques années s’en souviennent encore.. il avait démarré à 22H pour terminer à 6H du matin!!!), nous montre ici toute l’intelligence de sa musique, de son immense talent. Un joyau à déguster sans aucune modération. Cet enregistrement sorti des tiroirs n’est sûrement pas le dernier que Warner nous proposera tant Prince passait son temps à composer, écrire, enregistrer dans son antre de Paisley Park. Du coup, il est facile d’envisager que d’autres joyaux, dormant dans les armoires des studios, ou de la compagnie Warner, ressortiront un jour ou l’autre. Pour notre plus grand bonheur. Prince manque clairement à la musique aujourd’hui. Qui sait ce qu’il aurait encore composé, imaginé.

Alors, que vous soyez fan de l’artiste ou que vous souhaitiez simplement le découvrir, ce disque est tout indiqué.

Guillaume.

   

Alpha serait-il le number Wann?


“Une main lave l’autre”, c’est l’album tant attendu d’Alpha Wann, “l’autre” mc issu de 1995, le pote de Nekfeu a toujours été pour moi, le plus talentueux des 2 rappeurs, mais resté plus underground alors que son acolyte explosait aux yeux de tous.

Alors, je parle de number one dans le titre, je vais être plus précis: je dirais qu’Alpha est certainement l’un des rappeurs de cette génération les plus doués, surtout techniquement. Il a une maîtrise du flow que peu sont capable d’égaler à l’heure actuelle. Il me rappelle énormément Ill, des X-men. Je trouve que ce disque marque d’autant plus les similarités entre les 2 mc’s, dans leurs qualités, comme dans leurs défauts. La qualité première, c’est la maîtrise de l’art, Don Dada, comme son illustre aîné, peut rapper sur n’importe quel beat avec brio, lent, rapide, peu importe! Il sait où poser sa voix, où reprendre son souffle, où placer les punchlines, bref, il sait ce qu’il fait! Maintenant, pour l’aspect négatif (qui n’en est pas vraiment un), je trouve que là aussi, les deux ont un manque de morceaux à thèmes, enfin, en réalité je trouve qu’ils s’enferment un peu dans le freestyle et encore une fois, le boulot est très bien fait, mais sur 17 morceaux, j’aurais aimé qu’Alpha nous propose aussi, du rap à histoire, du rap avec un message, parce qu’avec un tel talent, il serait l’arme idéale pour donner une parole à une génération qui en manque cruellement.

Ceci étant dit, je ne vais pas cracher dans la soupe, “UMLA” est un disque de qualité, l’un des meilleurs au niveau rap Français cette année, à mon goût en tout cas.

Si je dois sortir quelques titres du lot et c’est pas facile, je miserais sur “Cascade remix”, qui est pour moi, carrément le meilleur du disque, c’est peut être le seul où Alpha s’ouvre le plus, il nous raconte des anecdotes et ça envoie ce track au dessus des autres à mon avis.

“Flamme olympique” aussi est une tuerie, c’est un festival de prouesses techniques derrière le mic, l’instru hyper simpliste est parfaite pour cet egotrip de haut niveau!

Enfin, j’ai beaucoup aimé “Langage crypté”, un morceau bien street avec une instru très dark de Diabi, c’est presque les prods du Queens Bridge dans les 90’s.

Après, c’est difficile de parler d’UMLA sans mentionner “Ca va ensemble”, 7 minutes divisées en 3 beats différents dédiés au savoir faire d’Alpha, que dire? C’est du champagne, alors régalez-vous avec le Don Dada, qui n’est pas loin d’avoir raison quand il dit qu’il est “le dernier rappeur qui rappe”.

Laurent


Dans l’Ohio, les Players la joue funky.


L’aventure commence en 1959, dans la ville de Dayton. Bientôt le groupe fondé par Robert Ward, Marshall Jones, Clarence Satchell, Cornelius Johnson et Ralph « Pee Wee » Middlebrooks. En 1963, Robert Ward quitte le navire pour s’engager vers une carrière solo. Deux nouveaux membres rejoignent alors la troupe : Gary Webster, Leroy Bonner.

La décennie 70’s voit leur renommée grandir et s’établir grâce notamment au titre « Funky Worm », qui figurera en tête des charts en mai 1973, mais également avec « Love Rollercoaster » en 1976. Fort de ce succès le groupe enchaîne albums et tournées. Au total, jusqu’en 1988, les Ohio Players, dont le funk sonne furieusement années 60, mélange savoureux d’ambiances chaloupées et de titres plus rentre-dedans, va enregistrer 16 albums studios et 3 albums live. De quoi laisser une belle trace de leur existence.

C’est exactement ce que le triple album « Definitive collection », sorti cette année, propose à nos oreilles. Un passage en revue de l’oeuvre musicale de ce groupe, enregistrée successivement sous les labels Capitol Records, Westbound Records, Mercury et Island Records, ici retracée en 3 périodes distinctes : les débuts (CD1), les années d’or (CD2), les dernières années et les projets solos (CD3). Sans être absolument génial, les Ohio Players ont composé de superbes morceaux.

Le registre musical des Ohio Players est assez large puisqu’on retrouve aussi bien de la pure funk tel le « Walt’s first trip », ou encore des ambiances plus feutrées et bluesy avec « Here today and gone tomorrow ». « Funky worm » figure bien sûr en bonne place sur le premier cd. Un funk matinée de sons de claviers, une voix de femme (agée) ajoutée, le tout donnant un ovni musical. Un rappeur pourrait très bien s’en inspirer et poser un flow dessus.

Du CD2 (années d’or), il est facile de retenir une production plus léchée, moins brouillonne qu’à leurs débuts.Le son aussi a évolué. Il suffit d’écouter « Fire » pour s’en rendre compte. Il faut se remémorer qu’a cette période Isaac Hayes a frappé les esprit avec le morceau illustrant le film « Shaft » sorti en 1971, que George Clinton et son Funkadelic sont en plein essor, et que James Brown (Godfather of Soul) tourne à plein régime, déplaçant des foules toujours plus nombreuses partout où il se produit. Cela n’empêche pas les Ohio Players de concocter une musique funk-soul de haute tenue, alternant les ambiances suaves (« Sweet stincky thing ») et le morceaux plus punchy « Grammy’s funky Rolls Royce ». Leur tube « Love rollercoaster » figure évidemment sur ce disque. D’autres titres tels « Far east Mississippi », le très entraînant « Feel the Beat (everybody disco) », « Merry Go round » très syncopé, sont à écouter particulièrement sur ce second volet de la rétrospective.

Le 3ème disque, à mon sens le moins intéressant, est celui où figure des titres de la dernière période du groupe ainsi que des morceaux issus des carrières solo de membres du groupe. « Magic Trick » révèle à lui seul ce virage pris par le groupe : une musique plus facile et commerciale. Décevant.  Y figure également les célèbres titres d’Otis Redding « Sitting on the dock of the bay » et « Try a little tenderness ». En somme le choix assuré et assumé de succès facile commercialement grâce à la renommée initiale des morceaux choisis. D’où une démarche discutable. Alors oui, ce troisième cd est certes riche en morceaux proposés, il n’en reste pas moins que personnellement je n’ai pas été conquis, y compris par la reprise de « Try a little tenderness » évoquée un peu plus haut.

Reste que si vous aimez la funk, la soul music de cette période-là (1960’s-1970’s), alors cet album vous replongera avec bonheur parfois au coeur de cette époque où la musique noire américaine- à côté du jazz bien sûr- a pris une essor considérable avec des artistes tels que Ike et Tina Turner, Aretha Franklin, Steve Wonder, Diana Ross et j’en passe.

Guillaume.