Nos Samples Rendez-vous # 36 : Akhenaton, le Wu-Tang Clan et Peter Nero



Je me concentre habituellement sur un sampleur et un samplé, mais là, ça valait le coup de faire un doublé sur le “Love them” de Roméo et Juliette par Peter Nero, tiré de l’album “Hits from Hair to Hollywood”. Je dois reconnaître que je ne connaissais pas absolument pas ce pianiste américain avant de chercher la provenance des samples des deux morceaux dont je vais vous parler, mais je dois dire qu’en fouillant un peu sur le net, j’ai découvert un artiste formidable, dont un certain Ray Charles disait qu’il est l’un des tout meilleurs qu’il est pu entendre jouer. Il a participé à de nombreuses bandes originales de films et comédies musicales aussi, Nero pouvait jouer ce qu’il voulait, du classique au tubes rythmées du disco, rien n’échappe à son piano.


Le morceau qui m’a donné envie de vous parler de cette boucle, c’est l’un des plus beaux textes de l’un des plus grands mc de l’hexagone et de la planète Mars en particulier, le seul et unique Akhenaton d’Iam. Il s’agit de “Mon texte le savon” sur le disque “Sol invictus” en 2001, ce morceau, c’est un peu comme une confidence entre Chill et son auditeur, sur sa vie, sa carrière dans la musique, rythmée par cette boucle de Nero, empreint d’une incroyable mélancolie. On connaît le goût des rappeurs d’Iam pour les Westerns et bien là, j’ai toujours eu la sensation d’écouter ce track dans l’arrière salle d’un saloon avec une bouteille de Jack à la main… C’est peut être mon morceau préféré d’AKH en solo.


Pour la deuxième partie de ce rendez-vous samplé, je vous parlerais d’un morceau du Wu Tang Clan, sur leur double album “Forever” en 1997, le track en question c’est “A better tomorrow”, avec ce titre en référence au film de John Woo du même nom. Comme pour celui d’Akhenaton, ce morceau ne respire pas la joie de vivre, je ne sais pas si c’est le morceau original qui inspire ça, mais le constat sur le monde en 1997 proposé par les rappeurs de Staten Island, c’est un peu la loose quand même… Celà dit, pour en revenir à l’aspect musical pur de la chose, 4th disciple, qui est au commande du morceau avec RZA a choisi d’utiliser une autre partie du “Love theme” de Peter Nero, il a favorisé un passage ou le pianiste glisse d’un côté à l’autre de son piano, la boucle est répétée 3 fois avant une variation de violon, qui accentue encore la tristesse de la chanson. Sur cette mélodie, tour à tour, Inspektah Deck, Masta Killa, U-God, RZA et Method Man se refile le mic et nous régale de leur rimes aiguisées.

Laurent

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Erick Sermon, pour le plaisir des anciens.


“Age ain’t nuthin’ but a number” disait Aaliyah et c’était vrai pour elle, à savoir, que du haut de ses 15 printemps, elle régnait déjà sur le R’n’B de l’époque et bien aujourd’hui, Erick Sermon, le E dans EPMD, nous prouve que l’inverse fonctionne tout pareil, à 50 ans tout rond, il nous pond “Vernia” et c’est du tout bon!!!

Le “Green eyed bandit” revient pour un huitième disque qui devrait régaler les trentenaires et plus, clairement, l’orientation musicale (très très Boom Bap) devrait moins accrocher la jeune génération, mais soit, il en faut pour tout le monde non?

Personnellement, je me suis régalé, le flow d’E-Dub ne s’est absolument pas étiolé avec le temps, l’amour que lui porte ses anciens compères non plus, il réunit un casting 5 étoiles, que ce soit à la prod. ou derrière le mic. Dans le désordre vous retrouverez aux manettes Rockwilder, Boogeyman et Sermon lui-même et de l’autre côté de la cabine, c’est le festival: Raekwon et N.O.R.E pour un trio de feu sur “My style”, Az et Styles P de The Lox sur “The game”, l’un des meilleurs de l’album, encore plus dingue sur le final de l’opus, avec X to the Z, Xzibit himself, David Banner et la surprise du chef, Shaquille O’Neal!!! Le géant de la NBA sort de sa retraite musicale, oui oui il rappait plutôt pas mal dans les 90’s avec les Fu-Schnikens notamment, alors pour un fan de basket tel que moi, c’est un peu la cerise sur la gâteau!

La West coast est là aussi avec Too $hort et Devin The Dude sur le funky “May sound crazy”, en réalité, la seule surprise pour moi niveau casting, c’est l’absence de PMD, Redman et Method, les potes de longue date d’Erick Sermon, mais bon, on ne va pas faire la fine bouche!

On pourrait se dire qu’avec tout ces invités de prestige, E-Dub se planque un peu, mais non, sur les trois morceaux où il est en solo, il nous régale! D’abord avec la composition de son “Cabinet” où il compose un gouvernement du rap qui vaudrait son pesant d’or, ensuite, il nous pond un furieux “Wake up/No fear” et finira par une ode à sa grand-mère sur “Vernia”, à qui il dédie ce disque.

En conclusion, je dirais comme Erick Sermon, “Where did the game go?” parce que quand j’entends des disques comme ça, je me dis que “mon hip hop” n’est pas mort!!!

Laurent

1 an en musique : 1989


NINETEEN EIGHTY NIIIIIIIINE!!! Ah la douce voix de Flavor Flav pour commencer cette petite liste, qui de mieux que le dingo avec son horloge en guise de collier pour nous lancer sur une nouvelle année en musique?

Outre les grands rebelles qu’étaient Public Enemy avec leur “Fight the power”, qu’est ce qui pouvait bien se passer en cette année 1989? Et bien le hip hop était en pleine ébullition après le meurtre de Scott LaRock, le compère de longue date de KRS-One et celui d’un fan à un concert de Public Enemy, le légendaire MC du South Bronx décide de fonder le mouvement Stop The Violence et en découle notamment, ce morceau “Self destruction”. Dans un registre plus léger, mais toujours rap, un autre excité du mic, Biz Markie, nous propose sa version du rap-romance avec “Just a friend”. Je suis également obligé de vous parler de l’un des mc à la carrière tristement écourté, pas pour une affaire de meurtre pour une fois, mais un accident de la route, qui privera The D.O.C. de sa voix, enfin qui va la modifier. Celui-ci ne pourra plus jamais rapper comme il l’avait fait sur “It’s funky enough” par exemple, quel dommage pour le monde du hip hop, il était considéré par beaucoup, comme l’un des grands espoirs de cette musique.

Alors, évidemment, la fin des années 80 voit l’avènement d’un autre courant musical qui va faire fureur pendant de longues années, la dance music et dans les tout débuts,a mi-chemin entre le rap et la dance, un jeune groupe Belge émerge: Technotronic et son “Pump up the jam”. Qui n’a pas dansé la Hype sur ce morceau? Qu’il se manifeste!!! En tout cas, avant la folie “Dance Machine” en France, nos cousins Belges ont bien mis le feu aux pistes de danse avec ce tube!

Dans la section romantique, du lourd aussi, Richard Marx survole les charts avec “Right here waiting”, pendant que Phil Collins continue sa carrière solo avec l’inoubliable “Another day in paradise”, que dire alors de Womack and Womack qui m’ont fait chanter sur les pistes du Palacio avec “Teardrops” et son fredonnement inoubliable…

Enfin, je n’oublie évidemment pas mon inavouable et là, ce n’en est presque pas un, plutôt un incontournable en fait, je veux bien sûr parler de Kaoma et sa “Lambada” qui ont battu tous les records en France et dans le monde! Les pas endiablés des jeunes Chico et Roberta sur ces rythmes Brésiliens si entraînants n’ont laissé personne indifférents, alors sortez les jupes à froufrou et les maracas et “Dançando lambada!” avant de retourner en 2019.

Laurent

Ari Lennox, le diamant soul de Dreamville.


Dans les années 90, on avait Bad Boy et Death Row qui se séparaient l’Amérique en deux niveau rap (je sais j’exagère le trait, mais c’est voulu!) et aujourd’hui, je trouve qu’on a un petit comparatif (à moindre mesure sans doute) avec les écuries respectives de J.Cole, Dreamville et celle de Kendrick Lamar, TDE.

Ding-Ding, le gong retentit, mesdames et monsieur, dans le coin West, on retrouve, hormis Kung-fu Kenny, Schoolboy Q ou Jay Rock et leur collègue féminine SZA et pour la East Coast, le boss de Dreamville, J.Cole est accompagné de JID, Bas et celle dont on va parler aujourd’hui, Ari Lennox. Vous voyez, il y a de quoi faire dans ses deux équipes, non?

Alors qu’en est-il de ce “Shea butter baby” tant attendu? Cela fait tout de même presque 4 ans qu’il est en préparation chez Dreamville et quand J.Cole nous racontait dans “Let Nas down” que Jay-Z ne lui laissait pas sortir son projet sans tubes à ses débuts, il en a fait un peu de même avec sa pépite. On ressent fortement l’influence de Cole tout au long du disque empreint d’une atmosphère jazzy hip hop qui n’est pas sans rappeler celle de “4 your eyez only”.

Mais soyons clair, la vraie star de ce disque, c’est bien la jeune chanteuse de 28 ans de Washington, pendant 45 minutes, elle nous fait voyager dans son univers en nous parlant de relations amoureuses, de sa fragilité, bref, elle s’ouvre pour nous plus grand bonheur.

Certains ont reproché une certaine légèreté dans les textes d’Ari, disant qu’avec ses déclarations sur le féminisme, la force et la beauté de la femme et de la femme noire en particulier, son premier opus aurait pu être plus engagé. Ce n’est pas faux, mais franchement, est-ce qu’on est pas en train de pinailler un peu? “Shea butter baby” reste un premier disque et rares sont ceux qui sont d’une telle qualité ces derniers temps selon moi.

Personnellement, de “Chicago boy” à “Static”, je me suis absolument régalé, le single éponyme du disque avec J.Cole est tout simplement une merveille, c’est sensuel et sombre à la fois, j’adore!J’irais pas jusqu’à dire qu’Ari Lennox me rappelle parfois une jeune Erykah Badu, mais presque et comme la reine de la Neo-Soul tarde à nous sortir quoi que ce soit, pourquoi ne pas se laisser porter par la jeune génération?

Enfin, je terminerais par vous faire remarquer la superbe pochette du disque, hommage à Diana Ross et son “Everything is everything”, comme quoi, la jeune femme ne néglige pas ceux et celles qui ont porté cette musique avant elle, bien au contraire. Cette “beauté au beurre de karité” est une artiste prometteuse et si elle continue sur cette voie, nous devrions nous régaler de son talent encore un bon moment…

Laurent

When they see us, le soundtrack fort d’une série coup de poing!!!


Je vais pas retenir mes mots et être clair tout de suite, When they see us, c’est la série de l’année selon moi. L’histoire, vous la connaissez peut être déjà, c’est le récit de l’affaire des « Central Park five », celle de la jeune joggeuse agressée et violée dans le plus fameux parc New Yorkais à la fin des années 80.

Pour Netflix, c’est Ava Duvernay, la réalisatrice du déjà excellent Queen Sugar, qui est à la direction de cette mini-série en quatres parties, portée par un casting fabuleux où vous pourrez retrouver quelques têtes d’affiches tels que Felicity Huffman (Desperate Housewives), Famke Janssen (X-Men), John Leguizamo (Summer of Sam) et l’incontournable Michael K.Williams de The Wire, mais les vrais stars de cette histoire, ce sont, bien sûr les enfants. Inconnus pour la plupart, ils sont terriblement poignants et notamment le jeune Jharrel Jerome vu dans Mr Mercedes, qui joue le rôle de Korey Wise.

Je vais pas m’étendre sur la série parce que je n’aurais de toute façon pas les mots pour décrire les sentiments que vous allez ressentir en voyant ces images complètement folles, donc je vais me focaliser sur la musique et vous allez voir que là aussi, c’est vraiment excellent.

Déjà à l’époque, à la sortie du trailer, j’avais entendu l’excellent Diplo et son “Look back”, je m’étais dit, ça sent bon cette affaire!!! Et bien je ne m’étais pas trompé!!! Le début de l’histoire se déroule à la fin des années 80 à Harlem, en plein boum du rap et la direction musicale a choisi de rester dans la temporalité avec les géants de l’époque que sont Public Enemy et Eric B.& Rakim, on retrouve également Special Ed et son classique “I got it made” qui ne se démode toujours pas.

Par la suite, le choix de mixer des musiques plus contemporaines tels que “Love & Hate” de Michael Kiwanuka déjà utilisé dans “The Get down” ou Andreya Triana, une petite découverte pour moi et des plus anciens comme Slave pour “Watching you” et Frankie Beverly & Maze aussi est judicieux, il permet, à la perfection le passage des enfants à l’âge adulte.

Vous retrouverez du Hip Hop plus dur aussi, qui sera là pour illustrer la rage des protagonistes contre les décisions prises à leur encontre, leurs situations respectives et qui de mieux qu’un DMX pour exprimer cela? Dead Prez aussi avec le génial “Happiness”. Un petit kiffe personnel aussi quand j’ai entendu Jay-Z et son “U don’t know”, un de mes préférés de la disco de Hov, là je vous ai mis le remix avec MOP parce que pourquoi pas?

Sans vous citer toute la liste, parce qu’il faut garder un peu de surprise, je suis quand même obligé de sortir trois autres tracks du lot parce qu’ils sont importants dans la série, tout d’abord The cinematic orchestra et Roots Manuva sur “All things men” pendant un passage critique dans la vie de Ray Jr, le morceau dure 10 minutes et c’est juste dingue! Ensuite, une cover tout simplement magique de “Moon river”, ici c’est Frank Ocean qui reprend le classique chanté par Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé. Vous me direz, de nombreux artistes l’ont repris de belle manière, notamment Ben E. King ou Sinatra, mais celle-là me touche particulièrement.

Enfin, conclure la série sur un morceau de Nipsey Hussle était pour moi, la cerise sur le gâteau, son “Picture me rollin” n’est pas loin d’être aussi beau que celui interprété par un autre roi de la West Coast avant lui, je parle bien sûr de 2pac.

En conclusion, je ne peux que vous recommander de regarder When they see us, qui est une série nécessaire pour ouvrir les yeux de ceux qui ne voudraient pas voir qu’on ne naît pas tous égaux et que si l’histoire se passe dans les années 80 à New York, la réalité est toujours la même de nos jours et aux quatre coins du monde, je vous conseille d’ailleurs de regarder le documentaire sur Kalief Browder et celui sur Steven Avery, également sur Netflix.

Laurent

Rémy Gauche, de l’obscurité à la lumière.


Rémy Gauche, musicien de jazz français, guitariste de qualification, est un émule des illustres John Scofield et Pat Metheny. Deux maîtres de l’instrument, qui ont longtemps silloné les rives du jazz-rock, depuis plus de 30 ans. Son registre est lui, davantage tourné vers le be bop.
C’est en tous cas ce qui ressort de « Obscurity of Light », album enregistré en 2017 avec un quartet constitué de Thomas Koenig au saxophone ténor, Philippe Monge aux claviers, à la basse et à la contrebasse, et de Julien Augier à la batterie. Tous travaillent ensemble depuis plus de 6 ans et cela s’entend, se sent, dès les premières notes, tant la cohésion, l’union est là pour servir une musique, qui sans tomber dans les clichés du genre, est de belle qualité.
La collégialité est d’ailleurs le maître mot puisque le répertoire de l’album est issu d’un travail commun. Se côtoient des ambiances acoustiques ou électriques, au sein desquelles parfois le sentiment de légèreté est bien présent. Mais l’énergie liée à la présence d’instruments électriques n’est jamais bien loin. Les compères se régalent.

L’album, qui contient onze morceaux, mène l’auditeur dans une belle balade, qui démarre avec « cursives ». D’emblée, l’ambiance est posée. le quatuor alterne les tempi, lent et rapide, laissant se glisser des sonorités proche du jazz -rock (grâace au jeu de claviers, comme sur « Il était une fois au royaume d’Oyo »). La musique, de construction parfois complexe, reste pour autant agréable à l’oreille, et chaque instrument y tient sa place avec justesse.

Je l’ai signalé plus haut, Rémy Gauche réclame des influences telles que Scofield ou Metheny. Cela s’entend, dans son jeu, son toucher, sa façon de construire ses soli. Mais cela ne va jamais jusqu’à la parodie, le plagiat.
Il reste authentique et c’est tant mieux.

Rémy Gauche se laisse aussi aller à des ambiances plus éthérées, plus calmes comme avec « Dark Song », morceau sur lequel le saxophone ténor de Thomas Koenig prend toute sa place au côtés de la guitare, sur fond de mélopées au clavier, signées de Philippe Monge.

Je n’irai pas nécessairement plus loin dans la description de cet album, vous laissant quand même la surprise de la découverte de ce musicien de talent.

Je vous laisse avec quelques extraits vidéos, histoire de vous faire une idée de la qualité musicale et instrumentale de Rémy Gauche.
A noter que Pierre de Bethmann vient prêter son talent de pianiste sur 5 morceaux.

Guillaume.

Nos Samples Rendez-Vous #35 : Common, J.Dilla et les Isley Brothers


Des chouchous, des chouchous et encore des chouchous dans cette édition de Nos Samples Rendez-Vous, au programme Common, J.Dilla et les Isley Brothers!!! C’est ce qu’on appelle un casting de all-stars si vous voulez mon avis.

Sur le EP “The shining”, en 2006, le magicien de la MPC de Detroit joue avec un sample des formidables Isley Brothers, le morceau en question, c’est “Don’t say goodnight” sur le disque “Go all the way”. Parfait pour le flow de Common, le groove Ron Isley et de ses frères est presque trop facile à découper pour un artiste comme J.Dilla, il récupère un petit bout de la mélodie, l’accélère, y ajoute la voix sensuelle de Ronald Isley, un beat à couper au couteau et boum! Ca donne “So far to go”, une véritable pépite!!!

Comme je le disais plus haut, l’instru est parfaitement taillé pour Rashid alias Common sense, qui au passage est l’un des meilleurs amis de Dilla, le mc de Chicago et le producteur de Detroit ont même partagé un appartement pendant un temps et leurs différentes collaborations font partie, selon moi des meilleurs performances de Common, “So far to go” en est l’exemple parfait.

Laurent

John Mayall, le pionnier anglais


Dans les années 60’s, alors que le blues est une musique avec un passé très riche aux Etats-Unis et des interprètes célèbres (Rober Johnson, le pionnier, mais aussi B.B. King, John Lee Hooker, Charley Patton….), l’Angleterre (déjà sous le charme absolu des Beatles et des Pierres Qui Roulent, que la presse se tient d’opposer alors que les garçons sont amis et se côtoient régulièrement, en studios ou au dehors) voit déferler le Bristish blues boom, mouvement initié par celui qui permis la véritable éclosion auprès du grand public d’Eric Clapton, de Jeff Beck, Jimmy Page . Après avoir donc évoqué les 3 guitaristes précités, je me devais de mettre en lumière celui qui leur a donné l’occasion de voir leur carrière décoller : John Mayall, guitariste-chanteur-harmoniciste-pianiste, entouré de ses Bluesbreakers, groupe qui a également compté dans ses rangs, Peter Green, (futur fondateur de Fleetwood Mac avec Mike Fleetwood), en 1967) ou Mick Taylor, futur membre des Rolling Stones.

Comme vous le voyez, « l’écurie » de John Mayall a permis l’éclosion, la révélation au grand public de nombreux très bons guitaristes, qui depuis les années 60, régalent nos oreilles, à travers de nombreux groupes et styles musicaux. C’est dire la contribution du bonhomme à l’histoire du rock, du blues, depuis les 55 dernières années. L’homme aux multiples talents, va dans les années 60, insufflé une nouvelle force à la musique anglo-saxonne, avec l’apport de ce blues dont il est grand fan. Mélangeant cette musique née des chants d’esclaves noirs dans les plantations des grands propriétaires blancs ou sur les chantiers de chemins de fer aux Etats-unis, où elle émergera sous la domination raciale alors en vigueur, puis donc arrivée en Europe après la seconde guerre mondiale, John Mayall va être la figure de proue de ce nouveau courant cité plus haut.

Nombre de musiciens passés par son groupe ont par la suite connu des carrières florissantes : Eric Clapton, Jeff Beck, Mick Taylor, Peter Green, ainsi que Walter Trout ou Coco Montoya. Belle brochette, de quoi satisfaire tous les amateurs de guitares des années 60’s, qui sans le savoir, découvrent à travers eux les grands noms du blues dont je parle plus haut. Cette mise en lumière d’une musique cachée, quand elle n’est pas interdite, aux Etats-Unis, aux début du 20 ème siècle, et de ses pionniers, va permettre au grand public de vraiment mettre le doigt sur un pan d’histoire musicale et sociale, jusqu’ici méconnue, si ce n’est inconnue.

Depuis sa période pionnière, John Mayall a poursuivi une carrière riche en albums, rencontres, lui permettant sans cesse de faire connaitre ou redécouvrir sa musique favorite aux générations qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui. Prolifique, avec 65 albums (live compris!) depuis 1965 jusqu’à 2019, le bonhomme n’a pas chômé! De quoi laisser une empreinte indélébile au panthéon de la musique britannique du 20 ème siècle.

Si vous avez l’occasion de le voir sur scène, foncez, car l’âge aidant, John Mayall se fait de plus en plus rare. En attendant je vous laisse le découvrir à travers une petite sélection de vidéos. Profitez bien !

Guillaume.

Lion Babe, pour rugir de plaisir!!!


Je vous en avais parlé lors de ma chronique sur la bande originale d’Insecure, la comédie d’Issa Rae, ça avait été ma grande révélation de cette bande son, le duo Lion Babe, composé de Jillian Hervey et Lucas Goodman.

Ne cherchez pas bien loin pour vous expliquer le nom du groupe, je pense qu’en voyant les cheveux de la chanteuse, vous comprendrez vite. Celle-ci, a de qui tenir vocalement et artistiquement, puisqu’elle est la fille de l’incomparable Vanessa Williams, qui avant de briller derrière l’écran dans Desperate Housewives ou Ugly Betty, avait eu une belle carrière musicale, je me souviens notamment d’un magnifique duo avec Brian McKnight, pour “Love is”, sur la B.O de Beverly Hills 90210, à tomber…

Bref, revenons un peu sur ce qui nous intéresse aujourd’hui, la carrière de sa fille et de son acolyte et croyez moi, ça promet, car ces deux-là ont du talent à revendre! Ils nous proposent leur second album studio, nommé “Cosmic wind” et c’est littéralement, ce qu’ils vont nous offrir, tant le disque est frais et cool!

Ces quinze titres que le duo nous offrent mélangent des sons actuels avec une vibe funky, qui auraient aussi bien pu passer dans les 90’s qu’aujourd’hui. Par dessus ça, la somptueuse voix de Jillian qui nous rappelle parfois, les plus beaux moments d’une Erykah Badu(qui nous laisse orphelin de nouveautés depuis trop longtemps), clairement, ces deux-là se sont trouvés, ils se complètent à merveille et la personnalité solaire de la chanteuse permet à Astro Raw d’être un peu plus en retrait, mais de laisser parler sa musique pour lui.

Peu de featuring pour accompagner le duo New Yorkais, mais ils sont triés sur le volet, la maîtrise incomparable du mic, du chef Raekwon, du Wu-Tang sur “Western world” est toujours aussi parfaite, le vocaliste Bilal, ne se débrouille pas mal non plus sur “Can I see it” et enfin, une petite découverte pour moi, une rappeuse masquée, Leikeli47, qui, si elle nous cache son visage, sait nous démontrer son talent, ici sur l’un des morceaux up-tempo de l’album “The wave”.

Je pense que comme moi, vous allez prendre plaisir à vous laisser porter par ce vent cosmique venu de la grosse pomme, nombreux grands tels que Pharrell, Childish Gambino et votre serviteur 😎 adoube déjà Lion Babe, alors pourquoi pas vous ?

Laurent


Le Boss, en mode intime.


Depuis près de 40 ans, Bruce Springsteen « The Boss » qui va fêter ses 70 ans en septembre prochain, dépeint depuis ses débuts sa vision de l’Amérique, ses travers, ses excès. Springsteen, c’est une voix lourde, rauque, un brin cassée, comme éprouvée par la vie. C’est aussi un physique de camionneur, ou d’homme ayant côtoyé de près les chantiers, une carrure! Une plume incisive, acérée, un conteur hors pair d’histoires du quotidien vécu par lui-même ou ses compatriotes. Une voix écoutée, à l’égal de celle de Aretha Franklin, pour d’autres raisons. Une référence artistique qui a traversé plus de 3 générations.

Le gaillard nous revient cette année avec « Springsteen on Broadway« , enregistré en 2 étapes (Octobre 2017 et Décembre 2018) au Walter Kerr Theater, dans une prestation très intimiste, presque comme si l’on était dans son salon, Bruce Springsteen, ayant convié ses spectateurs, et par ricochet ses auditeurs.

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Sur ce disque, entre les chansons, il se fait narrateur de ses rencontres humaines et / ou musicales qui ont jalonnées et bouleversées sa vie. Inconnu(e(s) ou célèbres. Il parle avec une profonde émotion de Clarence Clemons (voir plus bas). Il évoque également avec pudeur son enfance, puis de façon plus forte, son regard sur l’Amérique, lui qui a déjà connu plusieurs présidents sans forcément voire les choses foncièrement changer en positif, notamment depuis l’élection de Trump en 2017. Il constate avec désolation que les pauvres sont laissés pour compte, que la situation économique n’est pas florissante.

Tout au long de ce disque, Bruce Springsteen, seul sur scène la majeur partie du temps, puis en duo avec sa femme Patti Scialfa, qui vient l’accompagner sur deux titres, « Tougher than the rest » et « Brillant disguise », revisite son répertoire et ses classiques tels que « My hometown », « The promised land », évidemment le « Born in the USA », « Ghost of Tom Joad », « The rising », « Dancing in the dark », « Land of hope and dreams », en utilisant tantôt la guitare, le piano ou l’harmonica. Un régal! Son disque se termine par « Born to run », l’un des tous premiers titres qui ont rendus Bruce Springsteen célèbre à l’aube des années 80.

Lui qui a tout fait depuis plus de quarante ans, se produisant dans des stades immenses comme dans des salles à tailles plus humaine, en solo ou avec son fameux E.Street Band, au sein duquel évoluait son ami saxophoniste Clarence Clemons, disparu en 2011, nous offre ici sans doute ce qu’il affectionne de plus en plus. Se livrer, sans fioritures, à une audience attentive, dans un cocon qui lui va très bien.

Ce « On Broadway » est un petit bijou musical et émotionnel. Je vous laisse avec une petite sélection de morceaux, ainsi que quelques titres plus anciens.

A noter pour les adeptes du Boss, que son prochain album « Western Stars  » sort le 14 juin. Encore un peu de patience !

Guillaume.

Les Soulections #20 : Al Green


Pour la vingtième édition de mes Soulections, il me fallait un grand, un très grand de la musique Soul et Al Green m’a semblé être une évidence, je me le mettais sous le coude depuis un moment, mais là, ça y est, c’est le moment!

Pour moi, la véritable découverte de la star du label Hi-Records, s’est faite avec la série Ally McBeal, où il apparaît comme une hallucination à l’avocate star de la série, il est parfois un juge, parfois son co-conseiller, il lui apparaît sous plusieurs formes, mais toujours en chanson, lui soufflant son “Keep on pushing love” en plein procès, des vrais moments de grâce dans la série.

Bien évidemment, la carrière du pasteur le plus célèbre de la Soul, il a rempli les années 70 de hits qui vont traverser les époques, des morceaux comme “Let’s stay together” ou “Love and happiness” sont apparus dans nombres de films, de Tarantino au Menace II society des frères Hughes, les cinéastes n’ont jamais hésité à aller piocher dans la disco de Green.

Après un drame qui conduira au suicide de sa petite amie et une grave blessure pour le chanteur, il a une forme de révélation et se fait ordonner pasteur de l’Eglise qu’il vient d’acquérir. Il laisse progressivement la sonorité Soul pour se focaliser sur le Gospel ce qui lui offrira une belle 2ème partie de carrière dans les années 80, une période où la Soul connaît un temps faible. Ces années Gospel lui permettront d’obtenir un petit paquet de Grammy.

Avec l’arrivée du R’n’B contemporain, Al Green, reviendra progressivement vers ses premières amours avec, dans les années 90 des titres comme “Put a little love in your heart” en duo avec Annie Lennox, mais aussi le génial “Love is a beautiful thing” en 1993.

Le pasteur continuera de sortir des disques jusqu’en 2008, avec le remarquable “Lay it down” qui contient notamment des featurings avec deux autres de mes chouchous, Anthony Hamilton et John Legend.

Al Green a aujourd’hui 72 ans et continue de faire des tournées aux Etats Unis avec beaucoup de succès, personnellement, étant donné que le type a toujours la pêche et que son amour pour la musique semble intact, je ne serais pas contre une nouvelle production signé Al Green et vous?


Laurent


Happy birthday, Madame Sanson!


Très discrètement, cette immense artiste de la chanson française, à la carrière discographique autant que scénique bien remplie, vient donc de fêter ses 70 ans le 24 avril dernier! Il me semblait normal d’évoquer sa carrière, son parcours.

Enfant du baby-boom issue d’une famille où la musique tient une grande place grâce à des parents très mélomanes, ces derniers décident de lui faire apprendre le piano à Véronique ainsi qu’à sa soeur Violaine, de deux ans sa cadette. Très vite Véronique Sanson va se mettre à écrire des chansons. Sa première, sera enregistrée, date de 1967, alors qu’elle évolue au sein du groupe Roche Martin, groupe également composé de Violaine et du musicien-parolier, François Bernheim. Ce trio sera produit par un certain .. Michel Berger, épaulé par Claude Michel Schoenberg. Un bel assemblage de talents. Après 2 45 tours sortis et sans aucuns succès, le trio se sépare puisque Violaine prend un autre voie professionnelle. Reste donc Véronique Sanson et François Bernheim, qui vont entamer une collaboration qui s’avère de longue durée. En 1969, Véronique Sanson publie un 45 tours avec 2 chansons, dont l’une est une adaptation d’un titre de Donovan « Sunny Goodge Street », qui donnera « Le printemps est là ». L’autre étant « le feu du ciel ».

Je l’ai dit, sa rencontre avec Michel Berger va s’avérer déterminante pour elle, artistiquement parlant. En effet, Berger, est directeur artistique chez WEA, qui regroupe plusieurs labels, dont Elektra. En 1971, Sanson signe donc sur ce label, et va travailler avec un producteur nommé Bernard de Bosson. Un an plus tard, elle publie son premier album « Amoureuse », produit par Michel Berger, devenu entre-temps son compagnon à la ville. Le début d’une grande carrière. Compositrice, auteur, interprète, mais aussi chanteuse, pianiste, guitariste, Véronique Sanson est une véritable touche-à-tout.

Son premier album donc, intitulé « Amoureuse », va connaitre un treès gros succès grâce notamment à des titres comme « Besoin de personne », ou encore « Bahia » et le titre « Amoureuse », qui sera plus tard repris par Olivia Newton-John ou Shirley Bassey, sous le nom de « Emotion ». Bref un gros carton d’entrée. Qui sera suivi de près par un deuxième album, « De l’autre côté de mon rêve », nourri par sa rencontre avec Stephen Stills, guitariste américain membre de Crosby, Stills, Nash & Young. Là aussi des morceaux vont émerger et devenir des classiques de son répertoire : « Comme je l’imagine », « Une nuit sur son épaule ». En 1974, installée définitivement aux Etats-Unis, elle enregistre avec Stephen Stills et ses musiciens l’album « Le Maudit », au son est résolument rock, les textes plus sombres. L’album connaîtra malgré cela le succès, avec surtout deux titres comme « Alia Souza », « Maudit ».
Avec le disque « Vancouver » et sa chanson-titre, Véronique Sanson va définitivement installer son style, sa personnalité musicale, auprès du public, et se faire une place dans l’univers de la chanson française de l’époque, pour ne plus en sortir et devenir, au fil des années, à travers ses disques, ses tournées, une artiste très appréciée, au talent reconnu.
Sa musique, ses textes très écrits, sa voix tantôt très mélancolique, tantôt rock, font d’elle une interprète de grande qualité. Elle va, au fil des années qui vont suivre, délivrer des titres qui vont devenir des standards de son répertoire, comme : « Je serai là » (en réponse à la chanson de Michel Berger « Seras-tu là? »), « Ma révérence », « Bernard’song », « Je suis la seule ».

Dans les années 80, deux faits marquants vont concerner Véronique Sanson. Le premier, la controverse suscitée par sa chanson « Allah », sortie en 1988, qui est vue par certains comme une atteinte à la religion musulmane, alors qu’elle ne constitue qu’une supplique à celles et ceux (déjà) qui commettent des actes horribles en son nom. « C’est une chanson contre l’intolérance », dira Sanson. La polémique que soulèvera par ailleurs la publication du livre « Les versets sataniques » de l’écrivain Indien Salman Rushdie, va obliger Véronique Sanson à retirer ce titre de son tour de chant. Malgré cela, le titre reste très diffusé et deviendra un tube.

Le second fait, sera la première tournée des Enfoirés en 1989, à laquelle elle participera aux côtés de Jean-Jacques Goldman, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday et Michel Sardou. Cette même année, elle enregistrera un album intitulé « Symphonique Sanson », avec l’orchestre symphonique de Prague. Les années 90 qui arrivent la verront composer deux albums : « Sans Regrets », « Indestructible ». Deux titres, qui lui vont bien, au vu des nombreux tourments que connait sa vie hors scène. Mais l’artiste est toujours là, debout, active. Sa popularité ne redescend pas, au contraire. Même absente des feux de la rampe comme dirait l’illustre Charlie Chaplin (revoyez donc ce beau film), Véronique Sanson est présente à l’esprit de son public. Ses retours sur scène font toujours salles combles. Que ce soit à l’Olympia, sa salle fétiche, où en tournée en France comme à l’étranger.

Pour avoir eu le bonheur de la voir à de nombreuses reprises sur scène, il est juste de dire également que Véronique Sanson est une performeuse, qu’elle « tient » la scène, et qu’elle dégage une énergie très communicative, sachant parfaitement alterner les « climats » que requièrent ses chansons. Elle occupe une place à part dans l’univers de la chanson française. Sa qualité, son humilité, son talent, sa discrétion, sont aussi unanimement louées par celles et ceux, de Michel Berger à Julien Clerc, Maxime le Forestier, Michel Jonasz, Patrick Bruel, Michel Fugain, Maurane, Catherine Lara, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, et plus récemment Christophe Maé ou Juliette Armanet, qui l’ont côtoyées depuis toutes ces années.

Depuis 2000, les disques de « La Sanson », comme certains l’appellent, vont se faire rares. Seulement quatre au menu : « Longue Distance »(2004), « Plusieurs Lunes » (2010), une réédition des titres de sa période américaine « Les années américaines » (2012), et plus récemment, « Dignes, dingues, donc »(2016), « Duos Volatils »(2018).

A 70 ans, après 50 ans de carrière, Véronique Sanson est une artiste accomplie, qui n’a plus rien à prouver. Son parcours, riche et varié, parle pour elle.

Je vous laisse avec un florilège de ses titres. A n’en pas douter, vous en connaissez ou reconnaîtrez de nombreux. Bonne écoute.

Guillaume.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes…


Quel plus beau mélange qu’une belle voix et le flow d’un rappeur? Pour moi, ce mariage, quand il est bien réalisé est tout simplement génial et des années 90 à nos jours, en a découlé quelques trésors de la musique urbaine, voici quelques exemples parlants.

Si ma mémoire est bonne, celle qui a ouvert les portes pour ce genre de collaboration, ce n’est autre que Mariah Carey avec son remix de “Fantasy” où elle invite le génial, mais dingue rappeur du Wu-Tang, mister ODB. Il y en a eu d’autres avant ça, mais clairement, le morceau qui a popularisé ce genre de collaborations, c’est bien “Fantasy” et je vous invite à lire l’histoire de l’enregistrement de ce morceau qui est à mourir de rire, ici.

Malgré la rocambolesque aventure de ce morceau, Mimi n’en restera pas là avec ce genre de featuring et en fera son fond de commerce dans sa deuxième partie de carrière, la plupart de ces singles après ça, se feront avec des rappeurs. De Jay-Z à Nas en passant par Cam’ronJadakiss, je n’ai pu vous en mettre que quelques uns dans la playlist sinon, elle aurait été interminable…

Bien sûr, une fois les portes ouvertes et le succès avéré de ce “nouveau” genre, nombreux artistes se sont engouffrés dedans et ça a donné lieu à des duos vraiment mythiques et certaines collaborations entre les chanteurs sont devenus récurrentes, d’autres sont devenus des couples à la ville, je pense évidemment à Jay-Z et Beyonce, qui depuis leur “Crazy in love” il y a une quinzaine d’année sont devenus “The Carters” et sont toujours au jour d’aujourd’hui des “03 Bonnie and Clyde” “On the run” (oh la la je m’arrête plus là!!!).

Ce ne sont pas les seuls d’ailleurs, tout aussi célèbres, même si moins prolifiques et moins résistants, on a eu droit à Diddy et Jennifer Lopez, où plus récemment Big Sean et Jhene Aiko.

Pas un couple à la ville, mais sans doute mon binôme préféré, Method Man et Mary J. Blige, sont les auteurs de la mythique cover du tube de Marvin Gaye “All i need to get by” sur le premier album du mc de Staten Island, mais aussi le super “Love @ 1st sight”, ces deux-là ont une telle alchimie que j’ai toujours espéré un album commun, qui n’arrivera sans doute jamais à ce stade, malheureusement…

Cela dit, comme Mariah, la Queen of hip hop soul, elle non plus, n’en est pas à son coup d’essai et ne s’arrêtera pas à ces feat avec Meth, elle avait déjà brillée avec Biggie sur le remix de son “Real love”, Nas aussi collaborera avec la belle, Busta Rhymes en fera une ou deux, bref, vous voyez que les grands finissent toujours par se trouver.

Je vous ai jusque là parlé des morceaux de l’âge d’or (selon moi), mais de nos jours, ces mélanges entre les douces voix du R’n’B et les rimes aiguisées des rappeurs ont perdurés et les nouveaux maîtres du genre continuent à nous faire plaisir avec des duos qui fonctionnent à merveille.

Pour n’en citer que quelques uns, le “All the stars” sur la B.O de Black Panther en est l’exemple parfait, Kendrick Lamar et SZA subliment le générique du film, déjà génial, Wakanda Forever!!! K.Dot est assez coutumier de ces feat, il en a aussi fait avec Miguel, Alicia Keys et bien d’autres.

Son pendant East Coast, J.Cole a posé aussi avec quelques perles vocales, Janet Jackson pour commencer, sur “No sleep”, pas mal quand même… Il produit aussi la jeune Ari Lennox, avec qui il collabore sur “Shea butter baby”, il en a fait aussi avec les revenantes de TLC.

D’autres comme Joey Bada$$, Big Sean, même les Migos, même si c’est moins ma came ont participé à des tracks Hip hop/ R’n’B sur le disque de Calvin Harris, dont je vous avais parlé il y a quelques temps, l’album est d’ailleurs truffé de ces collaborations.

Je vais pas vous détailler toute la liste, ça vous gâcherait le plaisir et puis il y a quand même 80 morceaux, donc…

Par contre, je vous ai quand même glissé une dizaine de tracks de ce style, mais en Français, voir en Français et en US, des morceaux comme Kery James et Kayna Samet, Arsenik et Assia ou bien pour illustrer ces connexions internationales, le “I can’t let her go” de Driver et des mythiques Boyz II Men.

J’espère que vous allez apprécier écouter la playlist autant que moi, je me suis amusé à la faire.

Laurent


1 an en musique : 1988


Comme ça passe vite, j’en suis déjà à 1988 dans mon petit retour vers le passé et cette année, n’est pas une année comme les autres pour moi, puisque c’est celle qui marque mon arrivée à Fontenay sous bois.

Je m’y revois très bien arriver dans la Peugeot 505 grise de mes parents, sur le parking de ma nouvelle demeure, la ville de Fontenay sous bois. A l’époque, venant des Yvelines, j’avais l’impression d’avoir parcouru la Terre entière pour arriver dans le Val De Marne, alors quoi de mieux qu’une bande bande son pour accompagner mon voyage?

Bien sûr, je triche un peu, parce que dans le Pioneer de mon père, il n’y avait pas de rap et à 7 ans, je n’avais même aucune idée de ce que mes goûts musicaux pourraient bien être dans quelques années, tout ce qui m’intéressait, c’était taper dans un ballon en attendant le mercredi matin et mon rendez-vous avec le Club Dorothée. J’ai d’ailleurs été obligé d’y faire un clin d’oeil avec l’inoubliable “Bioman” de Bernard Minet, il y aura donc,exceptionnellement, deux “inavouables” dans ma playlist, parce que je ne pouvais quand même pas passer à côté de David et Jonathan, qui ont rythmé l’été 88 avec “Est-ce que tu viens pour les vacances?”

Toujours du son estival avec les débuts de l’Australienne Kylie Minogue, encore loin de son personnage sexy, elle était beaucoup plus axée “teen music” avec son “I should be so lucky”, lancement de l’immense carrière qu’est la sienne. Comme je suis arrivé en été à Fontenay, j’ai favorisé des musiques qui donne le moral et qui sente bon la chaleur des vacances, des sons comme le “Gimme hope Joanna” d’Eddy Grant et puis un gros clin d’oeil à mon papa et son tube de l’été, chanté par le Zoulou blanc, le “Asimbonanga” de Johnny Clegg.

Je vous ai évidemment parlé de rap plus haut et cette sélection en est à moitié remplie étant donné que cette année 1988 a été le lancement de la carrière de quelques unes des légendes du Hip Hop. Je vous ai donc choisi six morceaux, six légendes qui ont marqué cette année. Par exemple, quand on parle de panthéon du rap, rare sont ceux qui ne mentionnent pas Big Daddy Kane, alors son “Ain’t no half steppin” devrait vous faire la démonstration de son talent et du pourquoi il est sans doute le mc préféré de ton mc préféré!!! J’aurais pu dire la même chose de Slick Rick et son “Children’s story” repris magistralement par Nas et Kanye West l’an dernier avec leur “Cop shot the kid”. Une certaine MC Lyte a également fait ses débuts sur la scène Rap, avec un talent qui est tout sauf “Paper thin” et que dire d’EPMD?!? Erick Sermon et Parish Smith restent encore aujourd’hui des incontournables de cette musique.

Enfin et toujours dans le même registre, je terminerais avec celui que vous connaissez sans doute plus pour sa carrière d’acteur que de rappeur, mais ce qui a bel et bien lancé Will Smith, c’est son duo avec son éternel pote Jazzy Jeff et cette version musicale de Freddy, dans les griffes de la nuit, à savoir “A nightmare on my street” est tout simplement géniale! Demandez à Quincy Jones, ce qui lui a donné envie de lui offrir le rôle du Prince de Bel-Air…

Voilà, c’est tout pour cette année 1988 et c’est déjà pas mal non?

Laurent