Suzane, étoile naissante de la scène rock française.


En décembre 2019, cette jeune artiste a littéralement enflammé la scène de l’espace Gérard Philipe à l’occasion de la quinzième édition du festival des Aventuriers de la ville de Fontenay-Sous Bois. Je m’étais déjà attardé à faire un bilan de cette édition, je vais ici vous parler de l’album « Toï Toï » qu’elle était alors venu y présenter.

Derrière le côté tonique, virevoltant, Suzane nous avait révélé que cet album, dont les chansons furent parfois écrites sur un coin de bar, à la période où elle était serveuse dans un restaurant, oui elle nous avait confié que dans ce disque elle abordait des sujets parfois graves (La dégradation de la Nature, avec « Il est où le SAV? », L’homosexualité avec « P’tit gars »), l’insatisfaction (l’insatisfait »), l’addiction aux écrans portables et ordinateurs (« Monsieur Pomme »), le harcèlement moral et sexuel en entreprise (« SLT »). Le tout sur fond musique électro qu’elle maitrise parfaitement sans se laisser noyer par ce flow de sons. La voix est tantôt à la minaude, tantôt plus affirmée, revendicative, Suzane ne lâche pas le morceau. Elle chante aussi la réaction de ses parents à son rêve de devenir chanteuse (« Suzane »).

Il faut oser un premier album qui comporte 14 morceaux. Car celui ou celle qui le réalise peut s’y perdre, tant cela peut être un piège à l’homogénéité de l’ensemble. Fort heureusement pour elle, Suzane évite cet écueil, et fonce droit, affirmant tout au long du disque sa volonté de s’imposer, de faire sa place, son trou, dans ce monde de machos qu’est le show-bizz, ou le rock français. Bondissante, la jeune chanteuse a de la ressource.

Ce zébulon qui fait immanquablement penser à Mylène Farmer, par la rousseur de sa chevelure et les chorégraphies qu’elle ne manque pas de donner à voir, possède une plume qui peut sembler légère, mais qui s’avère bien plus incisive qu’elle n’y paraît.

Parmi la quatorzaine de titres ici livrés à mon écoute, je n’arrive pas à dégager un titre en particulier tant l’album dans son ensemble se tient et vous emmène dans l’univers inventif, frais, joyeux, vindicatif, de cette jeune artiste qui démarre en trombe une carrière qui s’annonce prometteuse.

Guillaume.

Eirem, une dernière Odyssée spatiale qui ne décolle hélas pas!


Après une longue pause créatrice (son dernier album, qui devait déjà être son ultime production musicale, date de 2018), Eirem, artiste fontenaysien, passionné de rock et musiques électroniques, nous revient donc pour un ultime tour de pistes sonores aux allures de balades intersidérales.
J’ai donc profité des longues semaines de confinement forcé, face au fléau viral qui nous y obligeait, pour écouter un peu de musique. « L’Odyssée Spatiale », concoctée par Eirem fut donc à mon menu.

Même si le titre me préparait à un voyage sonore particulier,  des ambiances travaillées, j’avoue que j’ai été un tant soit peu déçu par le contenu. Oh bien sûr, il n’est pas simple de réaliser un ultime tour de pistes, fut-il dédié aux étoiles. Et c’est tout le mérite d’Eirem que de s’y être penché, appliqué, patiemment, comme un ouvrier à sa tâche devant son établi.
Seulement voilà, est-ce parce que je m’attendais à un bouquet final flamboyant, à un carnaval sonore qui me ravirait les esgourdes, que je fus relativement déçu par cet ultime opus à vocation sidéral? Sans doute.

Ce qui frappe tout au long de cette quasi heure (55 minutes ) de musique spatiale, c’est outre la longueur des morceaux, surtout la relative répétitivité qui parfois prend place. 
Bon à ce stade,vous vous dites  » mais il aime pas ce disque… »…pas tout à fait.
Car ce disque,  comme tous ceux précédemment réalisés par Eirem, comporte des références musicales cachées ou non. Ici un hommage au grand Klaus Schulze (Magma), et puis des allusions à peine cachées à Jean-Michel Jarre, à Pink Floyd, à Stanley Kubrick (2001 L’odyssée de l’espace, bien sûr ) sont les petits moments de plaisirs que j’ai déniché dans cette odyssée stellaire.

Je trouve juste que cet album manque de lyrisme, d’envolées mélodiques qui me fassent décoller vers les étoiles, ce qui a l’heure où la capsule SpaceX à rejoint l’ISS là-haut dans l’espace pour un séjour de plusieurs semaines, oui cela est bien dommage.

Reste donc que cet album est tout de même agréable à écouter, ce qui est tout de même essentiel pour de la musique.

En tous cas, même si je suis donc mitigé sur sa dernière production musicalo-spatiale, Eirem nous aura gratifié tout au long de ces années de son amour pour la musique, le mélange des genres, en autodidacte complet. Merci à lui de nous avoir fait partager cela, et à vous, par ricochet. Je vous laisse ici les liens vers les articles précédents concernant Eirem.

https://semelazic.wordpress.com/2018/04/19/eirem-la-touche-finale

https://semelazic.wordpress.com/2017/03/27/eirem-dernier-chapitre/

https://semelazic.wordpress.com/2013/07/09/nouvelles-aventures-musicales-deirem/

https://semelazic.wordpress.com/2011/11/09/un-artiste-fontenaysien-eirem/

https://semelazic.wordpress.com/2015/12/12/et-maintenant-laller-retour-en-enfer/

https://semelazic.wordpress.com/2015/01/18/un-aller-retour-au-paradis/

https://semelazic.wordpress.com/2014/10/17/jall-blanc-30-ans-deja/

Guillaume.


Bedos, ton dernier sketch ne nous fait pas rire.


L’ironie est terrible. Mais la grande faucheuse, à l’heure de sa quête macabre, et Dieu sait combien elle a tristement été servie ces derniers temps, oui la grande faucheuse se fout bien de l’horloge du temps terrestre.

Ainsi, à peine quelques jours après la disparition de Jean-Loup Dabadie, qui lui écriera d’ailleurs plusieurs sketches dont « le boxeur », c’est donc Guy Bedos qui s’en va, inoubliable interprète du personnage de Simon, médecin et fils de Marthe Villalonga dans « Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au Paradis », aux côtés de Marthe Villalonga, Claude Brasseur, Jean Rochefort et Victor Lanoux. Du quatuor, seul reste aujourd’hui Claude Brasseur. Ces deux films ont été co-écrit par Dabadie et le réalisateur Yves Robert.

Né en juin 1934 à Alger, il arrive en France en 1949 avec ses parents. A 17 ans il entre à l’école de la rue Blanche, suit des cours de théâtre, y présente sa première mise en scène, un Marivaux « Arlequin poli par l’amour ». Il est repéré un peu plus tard par le grand Jacques Prévert, qui voyant ses talents de plume, l’inciter à écrire des sketches. Le conseil sera suivi avec le succès que l’on sait. La scène, il l’avait découvert dès 1951, à travers le théâtre en jouant dans « le cambrioleur », pièce mise en scène par… Jean-Paul Belmondo. Cette rencontre scellera leur amitié. Il a régulièrement joué au théâtre, et l’une des pièces qu’il considérait comme très importante et utile, était « la résistible ascension d’Arturo Ui » de Brecht en 1993, sous la direction de Jérôme Savary. La pièce sera un vrai triomphe.

Dans les années 70, ses duos avec sa compagne Sophie Daumier, notamment « la drague » ou « les vacances à Marrakech », vont devenir mythiques. Après cette période, il se lance dans une carrière en solo et ses sketches comme « Paulette », « Le foot », « le boxeur », « la mère et son fils », »Pauv’ Gosse » vont très vite lui assurer un public. Tantôt tendre, tantôt acerbe, Bedos ne voulait jamais faire mal mais juste poser son regard critique de citoyen engagé sur le monde qui l’entourait. Il raillait les travers d’une société injuste avec les faibles, indulgente avec les puissants.

Pour l’avoir vu à 2 reprises à l’Olympia au tournant des années 2000, j’avais été impressionné par l’énergie de Bedos sur scène. Près de deux heures durant, il avait dressé une galerie de portraits savoureux, avant bien sûr de gratifier l’assistance de sa célèbre revue de presse, qui durait une vingtaine de minutes et pendant laquelle il passait en revue l’actualité politique nationale et internationale. Il éparpillait façon puzzle, comme l’avait si joliment écrit Audiard pour Blier dans « les Tontons Flingueurs ».

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Cette scène, outre de l’occuper seul pendant longtemps, il aimait la partager. Avec Smaïn et Michel Boujenah en 1991, dans un spectacle intitulé « Coup de soleil ». Avec Muriel Robin, toujours en 1992. Puis au début des années 2000 avec son fils Nicolas (2004), qui tient de son père une plume incisive, précise, acérée, drôle, ironique. Partager, donner, vibrer. Tel était Bedos. Pendant sa carrière d’homme de scène, il a eu l’occasion de voir évoluer, grandir deux autres monstres sacrés de ce qu’on appelle les comiques à l’époque (lui-même détestait ce terme), qui deviendront ses amis, aujourd’hui renommés pudiquement humoristes, à savoir Coluche et Pierre Desproges. Ces derniers décèderont, trop vite et trop jeunes respectivement à 41 et 49 ans, à quelques mois d’intervalle, dans les années 80. Viendront ensuite Smaïn, Michel Boujenah, Anne Roumanoff, et enfin le dernier de la bande, un certain Jamel Debbouze, pour qui il avait un regard et une affection particulière, en raison des similitudes de parcours de vie personnelles et artistiques.

Mais outre d’être un homme de scène, Guy Bedos à également tourné au cinéma, une trentaine de films. Après des débuts en 1958 dans « Les tricheurs » de Marcel Carné, on le retrouve dans « Ce soir ou jamais » de Michel Deville (1960), « Les copains » d’Yves Robert (1965), « Le Pistonné » de Claude Berri (1970), avant bien entendu « Un éléphant ça trompe énormément « (1976), « Nous irons tous au Paradis »(1977), mais aussi « Réveillon chez Bob » de Denys Granier-Deferre (1984), « Sauve-toi Lola » de Michel Drach (1986), »Le bal des casse-pieds » d’Yves Robert (1992).Vous le voyez il a tourné avec certains des plus grands réalisateurs français.

Guy Bedos était un saltimbanque, au sens propre du terme. Il touchait à tout, le plus souvent avec brio et succès. Il laisse une belle carrière derrière lui.

Je lui laisse le mot de la fin en citant la phrase qu’il disait régulièrement à la fin de ses spectacles :

« La vie est une comédie italienne ».

Guillaume.

Michel Piccoli, un départ dans la Nuit.


Parti à 94 ans rejoindre la grande table des étoiles du cinéma français disparues, en nous quittant dans la nuit du 12 mai dernier, l’acteur et comédien de cinéma et théâtre Michel Piccoli laisse derrière lui un parcours unique, fait de 150 films et presque 70 pieces de théâtre, dont les plus grands classiques du répertoire. Petit retour sur une immense carrière.

Si entre sa première apparition en 1940 dans « Sortilèges ou les cavaliers de Riouclare », et son premier vrai rôle dans « le Doulos »(1962) de Jean-Pierre Melville, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, il n’enchaina que de petits rôles, les années 60 vont marquer le vrai début de sa carrière au cinéma.

En 1963, c’est le réalisateur Luis Bunuel qui le fera tourner dans « Journal d’une femme de chambre » aux côtés de la remarquable Jeanne Moreau. La même année, il tournera « le Mépris » de Jean-Luc Godard, dans lequel Brigitte Bardot lui donne la réplique. Quatre ans plus tard, en 1967, il sera à l’affiche de « Belle de jour » de Bunuel, et de la comédie musicale « Les demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy, avec Jacques Perrin, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.

Au tournant des années 70’s, Michel Piccoli va se diriger vers des comédies sociales, type « La grande bouffe » de Marco Ferreri en 1973, des films d’études de couples, ou les films de bande chers à Claude Sautet. Avec ce dernier, il va tourner « Les choses de la vie » en compagnie de Romy Schneider en 1970, puis « Vincent François Paul et les autres.. »( Yves Montand, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Ludmila Mickaël…). Ce film, tendre, rempli d’amitié masculine de quinquas installés m’a beaucoup marqué. Un autre dont je me souviens très bien est « le Prix du Danger »(1983), d’Yves Boisset, avec Gérard Lanvin. L’histoire de la téléréalité avant l’heure, à travers une chasse à l’homme. Il y incarne un présentateur cynique, froid, soutenant à peine les candidats. Mais Lanvin va tout bouleverser.

Entre les deux, il avait endossé le rôle d’un médecin-chirurgien dans une ville de province (« 7 morts sur Ordonnance », 1975, de Jacques Rouffio), en compagnie de Jane Birkin, Gérard Depardieu, et de l’immense Charles Vanel dans le rôle du patriarche d’une clinique privée.

Il a aussi tourné dans des films policiers comme « Espion lève-toi », en 1982, avec Bruno Cremer et Lino Ventura. Un espion en sommeil, est réveillé » pour une ultime mission. Ventura est parfait et Piccoli, en agent manipulateur, machiavélique.

Au début des années 90, il avait tenu sous le regard de Jacques Rivette, le rôle d’un peintre, dans « La belle Noiseuse ». Emmanuelle Béart incarne la nouvelle Belle Noiseuse, peinte par le personnage de Piccoli.

Acteur, Michel Piccoli était aussi comédien de théâtre. Il a joué dans « Spartacus »(1952), »Phèdre », dirigé par Jean Vilar (1957), »La cerisaie » de Tcheckhov mise en scène par Peter Brook en 1981, « La fausse suivante » de Marivaux, dirigée par Patrice Chéreau en 1985 ou « La jalousie » de Sacha Guitry, mise en scène par Bernard Murat(2001).

En 70 années de carrière, Michel Piccoli aura tout fait, tout joué, véritable caméléon devant la caméra ou sur les planches du théâtre. Nous reste sa silhouette, sa voix profonde, et donc sa filmographie pour nous rappeler l’immense acteur qu’il fut.

Guillaume.

Lucky Peterson fait pleurer le Blues.


Début de semaine brutal et triste, malgré la présence réchauffant du soleil. Après le cinéma touché par la disparition du géant Michrl Piccoli, à l’âge de 94 ans, c’est le bluesman Lucky Peterson qui est décédé brutalement hier, victime d’un AVC à 55 ans seulement. Cela méritait bien un petit hommage.

Né à Buffalo en 1964, la musique, le jeune Lucky Peterson y est confronté très tôt puisque son père James Peterson est chanteur-guitariste de blues, et tient un bar, le Governor’s Inn, au sein duquel il va rencontrer des monstres sacrées tels que Muddy Waters, Koko Taylor, Junior Wells. Dans la foulée il apprend à jouer de l’orgue auprès de Jimmy Smith, il a seulement 5 ans! C’est alors qu’il est repéré par le grand Wiliie Dixon.

Mais s’il apprend donc l’orgue Hammond, Lucky Peterson va très rapidement se tourner vers la guitare électrique, qui deviendra son second instrument favori. Il était prêt pour voler vers sa future carrière solo, délivrer sa version du blues, de la soul et rythm’ and blues, avec sa voix un peu cassée, parfois lente, plaintive comme un chat écorché par la vie, et offrir sa fougue scénique au public.

La première fois que j’ai vu Lucky Peterson sur scène, c’était lors du festival de jazz Banlieues Bleues, sous un chapiteau, ce devait être en 1992.
Je le vis  debardquer sur scène, avec un petit chapeau, des lubettes cerclées, et une chemise ample cachant un embonpoint. La salle était bondée. Il était entouré de 5-6 musiciens, tous très bons. Deux heures et quart durant, il nous avait régalé, passant sans problèmes d’ un instrument à l’autre, puisque outre la guitare, il joua évidemment de l’orgue hammond, un solo de batterie, et de l’harmonica. Rien que ça! Puis au cours de son concert, le sieur Peterson, généreux à souhait, était descendu dans la salle, partager au milieu de la foule un solo de guitare incroyable de dix minutes. Grand moment.

La deuxième fois que je l’ai vu c’était au festival de jazz de Marciac en 2014. Là aussi sous chapiteau. Devant six mille personnes il avait livré une prestation fantastique, mettant le public dans sa poche par son talent d’ homme de musicien bien sûr mais aussi d’homme de scène. Là encore j’étais ressorti de la soirée enchanté par le spectacle offert par ce musicien. Pour celles et ceux qui souhaitent se faire une idée de cette soirée-là, il existe un enregistrement sonore qui restitue bien qui était Lucky Peterson sur scène.

Reconnu pour son talent, Lucky Peterson a joué avec les p,usa grands noms du blues et du rock des 50 dernières années, de Buddy Guy à Wynton Marsalis, en passant par B.B King, les Rolling Stones, Robert Cray, ou encore le fantasque Bootsy Collins.

Ce n’ est qu’ en 1989 qu’il publiera son tout premier album ‘Lucky strikes’ sur le fameux Labelle blues Alligator. En 996, il publie un album « spirituals & gospels », chants avec lesquels il a grandi en fréquentant les églises et les chorales e dimanche.En 2001, il publie un livre sublime  » Double dealin’ ‘. Huit ans plus tard, il enr6egistre un album ou il joue uniquement de l’orgue hammond et reprend des titres soul music. Ces dernières années il a enregistré 2 albums, le premier en hommage à son mentor Jimmy Smith ( « Tribute tous Jimmy Smith » 2017), puis un disque pour célébrer ses 50 a’s de musique, « 50 warming up », sorti l’an dernier. Depuis quelques années il se produisait sur scène avec sa femme, la chanteuse soûl Tamara Peterson.

Fantasque, imprévisible, parfois capricieux mais au fond très généreux, Lucky Peterson a connu une carrière chaotique mais jonchée quand même de très grands moments et donc de belles perles musicales. Je vous laisse avec une sélection de très beaux morceaux, en solo et en duos avec d’autres grands noms.

Tout au long de sa carrière Lucky Peterson n’ aura eu de cesse que de tranmettre son amour de la musique blues, des gospels et spirituals, du rythme rythm’ and blues qui l’ont tant nourri étant jeune. C’était un passeur, dans la lignée des ses aînés B.B.King, Buddy Guy, Muddy Waters, Jimmy Smith.

Guillaume.

Little Richard, fondateur du Rock, s’est envolé.


Né Richard Wayne Penniman en 1932 à Maçon en Géorgie, aux États-Unis, « Little Richard » est apparu en 1956 à la télévision avec deux titres joué live, « Long tall Sally », »Tutti Frutti », qui allaient tout bouleverser. Comme ses acolytes musiciens noirs de l’époque, le pianiste Fats Domino (« On blueberry hill »), les guitaristes Chuck Berry et Bo Diddley, Little Richard va poser les bases du rock. Le musicien Little Steven dira d’ailleurs plus tard que Little Richard « a écrit la Bible du rock. »
Issus de parents religieux, Little Richard va grandir en allant chanter des Gospels le dimanche à l’église. Cette formation religieuse et vocale vont le marquer pour le restant de sa carrière sinon de sa vie. Ce jeune garçon, donc lorsqu’il apparaît en costume blanc, flanqué d’un petit orchestre avec cuivres, à la télévision, provoque un choc. Plus rien ne sera comme avant. Il offre en moins de 3 minutes le schéma de ce que sera la musique de demain, rythmée,  débridée, chantée fort, en bougeant énormément sur scène même en jouant du piano. Ce qu’il fait, levant la jambe droite sur le clavier ! Énorme !

Tenues exubérantes,  coiffure haute de 15 cm (!), yeux maquillés, voix parfois haute, presque criarde,  Little Richard a écrit parmi les plus belles chansons du rock, qui 60 ans après,  sont devenues des tubes : »Long Tall Sally », « Lucille » et donc « Tutti Frutti », repris entre autres par Elvis Presley.

Ce musicien noir, ultra talentueux, va inspirer nombre d’artistes dans les décennies futures : James Brown, Les Beatles, Les Stones, David Bowie, Elton John, ou encore Bob Dylan qui déclare en apprenant le décès de Little Richard : « il a été ma lumière quand j’ai démarré « .
Très marqué par le gospel de sa jeunesse, Little Richard a connu une carrière chaotique, faite d’allers-retours entre les sunlights et les retraites vers sa communauté, à chanter des gospels. Il l’a fait à de nombreuses reprises, ce qui l’a empêché d’avoir la carrière internationale que son talent méritait. Du coup ses rares apparitions étaient toujours très attendues. Il était d’ailleurs venu au Festival des Vieilles Charrues il y a quelques années, partageant l’affiche et la scène avec Chuck Berry et Jerry Lee Lewis.

A 83 ans Little Richard, géant de la musique du 20ème siècle, 
a donc tiré discrètement sa révérence. Nous reste sa musique.  Éternelle.

Guillaume.

Retrouvez à la médiathèque :
22 greatest / Little Richard.
The girl can’t help it / Little Richard.
Mega Gospel /

Et le livre :
50 years around the rock / Annie Goetzinger.

Jeff Goldblum, du cinéma au jazz.


Vous avez sûrement déjà vu sa grande silhouette et son sourire charmeur dans plusieurs films au cinéma ces 25 dernières années. Après des petits rôles dans des films de Woody Allen, Robert Altman, il se révéla dans le film « la Mouche » de David Cronenberg, en 1987, aux côtés de Geena Davis. Plus tard, on le retrouve dans « Jurassic Park » et « Jurassic Park, le monde perdu », aux côtés de Sam Neill, Laura Dern, Richard Attenborough. Il a également tourné dans « Silverado « , « L’étoffe des héros », avec Éd Harris et Sam Sheppard. Sans parler de « Independance Day », avec Bill Pullman. Bref, une belle carrière.

Mais Jeff Goldblum est aussi amateur de jazz. Normal me direz-vous lorsque l’on naît au pays-berceau de cette musique. Comme nombre de ses prédécesseurs et contemporains acteurs et même actrices (Franck Sinatra, Dean Martin, Sammy David Jr., Nathalie Wood, Marylin Monroe, Barbara Streisand, Shirley McLane, Bruce Willis… ), Goldblum à donc baigné tout au long de sa vie avec la musique, le jazz. Restait à franchir le pas de s’y consacrer le temps d’un album.

Il a donc entamé cette démarche voilà 2 ans avec « The Capitol Studios Sessions », déjà avec le Mildred Smitzer Orchestra. Et récidive ici avec « I shouldn’t be telling you this », toujours avec l’objectif de mettre en lumière des standards (« The thrill je gone »; « The Cat »..) mais pas uniquement, des compositeurs de jazz parfois oublié (Irving Berlin, Rube Bloom, Ray Henderson, Lew Brown, Lalo Schifrin) et des musiciens contemporains tels Herbie Hancock,Wes Montgomery, John Lewis.

Pour ce nouvel album, Jeff Goldblum s’est également entouré de quelques pointures vocales telles Sharon Von Etten, Miley Cirus, Fiona Apple, Gregory Porter. Le premier titre de l’album, « Let’s face the music and dance » est une belle entrée en matière, avec en prime la découverte pour moi de la voix de Sharon Von Etten. S’en suivent deux titres « The sidewilder » et « The beat goes on », composé par le saxophoniste Lee Morgan. Joyeux. Vient après un titre du pianiste légendaire Herbie Hancock, « Driftin' ». Un régal d’entendre une composition de ce génie du jazz. Le « Thrill is gone » qui suit, n’est pas celui, légendaire du bluesman B.B.King. Non ici, c’est un morceau écrit par Ray Henderson et Lew Brown. Le morceau est superbe et la voix de Miley Cirus se fond parfaitement à l’ambiance du titre. C’est pour moi l’un des plus beaux titres de l’album.

Après je me suis régalé sur « Don’t worry about me », écrit par Rube Bloom et Ted Koehler. Fiona Apple, chanteuse pop-folk, qui a un peu disparu des radars, se rappelle à nous avec talent. Reviens Fiona, Reviens!!! Ah, que dire de  » The Cat », morceau qui a baigné ma jeunesse, le son de l’orgue hammond de Jimmy Smith. Souvenirs, souvenirs…. ici c’est la version de Lalo Schifrin et Rick Ward qui nous est offerte…Le Chat ici est bien servi. Pour terminer, je vous conseille d’écouter « Make someone happy », porté par la voix chaude et profonde du colosse Gregory Porter.

Au final, cet album est très très agréable à écouter. Je vous souhaite une belle découverte.

Guillaume.

Joachim Des Ormeaux nous emmène dans son sillage.


Novembre 2019. Parfois le hasard fait bien les choses. Un jour, une adhérente (elle se reconnaîtra sans doute), me parle d’un groupe de jazz créole, Joachim Des Ormeaux & Friends, dont s’occupe une de ses amies, Makeni. Elle me propose de l’écouter, ce que j’accepte, et quelques jours plus tard, Makeni passe elle-même me le déposer (pochette ci- dessous).

Plusieurs semaines passent. Finalement, mettant à profit le confinement dû au Covid-19, j’ai le temps d’écouter enfin ce cd de jazz créole, intitulé « Sak Lanvi »(sac d’envies) paru en 2017.

Si je dois admettre que je ne suis pas très très sensible à la musique créole, dès lors que le mot jazz est dans la connexion, je ne pouvais qu’écouter.

L’album s’ouvre par le titre-éponyme, qui m’a immédiatement « embarqué ». Le décor est planté, la musique sera chaude, chaloupée, une invitation à danser, parfois sur des airs bossa ou biguine mélangées aux sons électrifiée du jazz.

Son équipage est de qualité : Arnaud Dolmen (batterie), Thierry Vaton (piano), Thierry Fanfant (contrebasse), Michel Cilla (tambour di bass), Allen Holst (flûte), ou Boris Reine-Adélaïde (tambour bèlè) et Johan Renard (violon) sans oublier les choristes. Le conteur-chanteur qu’est Joachim Des Ormeaux peut ainsi tranquillement exprimer son art, sa musique, livrer sa part d’intime.

Dans cet album trop court à mon goût ( 7 titres seulement !), Joachim Des Ormeaux traite de différents sujets comme ceux de la transmission entre un vieil homme et un enfant (no2, Zépon), l’enfance turbulente (no3, la fontaine Maman), l’héritage (no4, Oti Nono), avec à chaque fois une ambiance musicale qui met l’auditeur ne parlant pas créole (ce qui est mon cas) dans une douce connivence.

Ce qui se dégage de ce disque n’est rien mois que plaisir du partage, envie de donner à l’autre, joie de jouer, sans oublier le savant mélange des cultures musicales, qui fait tout le sel de cet album.

Pour terminer cette chronique, je dirais à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, d’écouter ce disque, d’aller voir ce groupe si jamais il devait se produire près de chez eux.

Sachez que le groupe travaille sur album de 18 titres, « Wou Se Mwen », qui sortira  en principe en 2021 en intégralité. D’ici là,  vous pourrez patienter en écoutant les morceaux à paraître d’ici fin 2020, ou vous rendre sur le site joachimdesormeaux.com.

Guillaume.

Il était une fois… 1984!


Cette année-là, je fête joyeusement mes 17 printemps. C’est aussi pour moi la période où je fréquente beaucoup deux amis prénommés Franck, ainsi qu’un autre prénommé Frédéric, qui vit du côté de Châtillon. A côté de cette anecdote, l’année 1984 (titre du fameux roman futuriste de George Orwell) est remplie de faits marquants en tous genres : Une fois n’est pas coutume, je commencerai par la victoire de l’Equipe de France, menée par le duo Hidalgo-Platini, lors de l’Euro de Football, première grande compétition sportive organisée en France depuis très longtemps. Les autres temps forts en France, seront notamment l’adoption de la loi Savary visant à réformer et fusionner l’école publique et privée, ce qui donne lieux à de grandes manifestations et une opposition musclée de la part des catholiques. Le président Mitterrand demandera le retrait de la loi, s’en suivra la démission de Savary, puis un changement de gouvernement et de premier ministre. Laurent Fabius succèdera à Pierre Mauroy. Une loi est voté permettant aux étrangers d’avoir une carte de séjour pour 10 ans.
Dans les médias, naissance, avec l’aval du président, de la première chaîne privée payante, Canal +, dirigée par l’un des ses anciens conseillers, André Rousselet. Dans le secteur économique, la barre des 2,5 millions de chômeurs est atteinte!. C’est aussi l’année de la tuerie de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. 10 militants Kanaks seront tués. Au cinéma, 3 films retiennent l’attention lors de leur sortie : « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone, « Scarface » de Brian de Palma, « Et vogue le navire » signé Federico Fellini. Côté cinéma français, c’est le film « Rive droite rive gauche » avec le duo Gérard Depardieu-Carole Bouquet, qui connait un gros succès. Au rayon des disparu.e.s célèbres de l’année, on peut citer le réalisateur François Truffaut, l’actrice Pascale Ogier, le philosophe Michel Foucault.

Place à l’histoire inventée.

L’homme, est assit à une terrasse, en plein soleil, dans Smalltown City, un bled paumé du nord de l’Europe. La silhouette massive, le regard perçant, tel est cet homme, prénommé Kirk. Dehors, l’agitation bat son plein. Des caravanes de touristes se préparent pour des expéditions vers le grand  froid, celui de l’Arctique et ses températures polaires.

Kirk traine sa carcasse lourde comme fatiguée d’une vie harassante de bûcheron et marquée d’expériences amoureuses plus ou moins longues, l’une d’entre elle, avec une femme nommée Pietra, brune italienne, qui l’a fortement marqué.

Kirk, devant ce vacarme de la rue, décide de repartir chez lui, loin de la ville, dans une maison située en bord de la nature sauvage. Une maison de bois à la décoration minimaliste.

Chaque matin, il s’exclame « Dieu que c’est beau »! Ce rituel quotidien lui permet de savourer son extraction volontaire  de la folie des hommes, du bruit, de la violence de la circulation routière. Anciennement résident à Hong-Kong pendant 20 ans, où il menait carrière dans cet antre de bruit permanent, il avait décidé de rompre avec cette vie.

Dans ce décor où le vent vient siffler le long des fenêtres très souvent, et où la pluie est presque omniprésente,  Kirk se sent comme un poisson dans l’eau. D’ailleurs,  propriétaire d’un petit bateau de pêche,  il ne perd jamais une occasion de sortir en mer taquiner les poissons,  poser des filets.
Dans le clin, depuis le temps, sa réputation le précède. Au point que des pêcheurs du coin demandent à pouvoir l’accompagner. Le bougre accepte,  ça lui changera sa routine.

Mais, outre la pêche, la nature, Kirk vous une véritable passion pour le foot. Jeune, il a manqué une carrière à cause d’un accident de santé. Mais la passion est restée. Intacte.

Malheureusement,  faute d’argent suffisamment gagné,  il n’a pu se rendre en France pour assister a des matches de l’Euro 84, dans lequel, la bande à Platini, sous la houlette de son sélectionneur Michel Hidalgo, forts d’un remarquable parcours,  battra en finale l’Espagne des Sanchis,  Michel, Butragueno, Arconada, sur le score de 2-0. Une symphonie fantastique en apothéose d’un tournoi parfait.

Oui Kirk à loupé tout cela.
Il s’est fait une promesse, ne pas rater le prochain,  qui aura lieu dans 4 ans en Belgique et aux Pays-Bas.

Je vous laisse avec la playlist de l’année 1984, qui vous rappellera sans doute de nombreux souvenirs.

Guillaume.
PS: j’ai volontairement changé la fin de l’histoire,  pour rendre saluer Michel Hidalgo, qui fut donc sélectionneur de l’équipe de France pendant 9 ans, et à qui je dois mes premières émotions de  jeune supporter de football.

La playlist de mars : Sorcières, sorcières…


En ce mois de mars, célébrons la Femme. Le 8 mars dernier, la journée du droit des femmes a eu lieu, et la médiathèque s’est liée aux différentes initiatives municipales liées à cette journée. Entre-temps annulées.
Nous avions mis en avant l’image de la femme « sorcière », par deux expositions, sur le thème « femme, magie et politique ». Nous espérons qu’elles seront visibles prochainement.
Alors si l’image n’est pour le moment pas disponible, la musique l’est encore. Voici donc cette playlist sur le thème de la femme « sorcière » : musiques variées, classique, punk, métal, rock, chamanique… qui aborderons les différentes facettes de cette femme « sorcière ».

Bonne écoute.

Carine

Föllakzoid – I


Föllakzoid

Avis aux amateurs de rock psychédélique, space rock, krautrock, techno, expérimentations sonores, boucles hypnotiques planantes s’étalant sur la face entière d’un disque vinyle… Föllakzoid débarque dans nos bacs !

Derrière ce nom de groupe improbable se cachent 3 amis d’enfance de Santiago du Chili : Domingo Garcia-Huibodro (guitare), Juan Pablo Rodriguez (basse) et Diego Lorca (batterie).

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, I n’est pas leur 1er album mais leur 3ème chez Sacred Bones Records, label indépendant new-yorkais dont le goût pour les ambiances sombres, sophistiquées et expérimentales n’est plus à démontrer.

Si les trois musiciens aiment manifestement nous prendre à contre pied, il est difficile de leur coller une étiquette (si tant est qu’on est envie de le faire.)

Une évidence s’impose toutefois très vite à l’écoute de leur musique : l’influence des groupes de rock allemand avant-gardistes des années 1970. De part à la fois :
– leur usage de nombreux effets électroniques,
– la longueur de leurs compositions (entre 13 et 17 min. sur I), quasi exclusivement instrumentales et faisant fi des habituels couplets/refrain,
– et surtout leurs rythmiques « motoriques » héritées de groupes comme Neu!, Can ou La Düsseldorf.
Réécoutez les titres Hallogallo ou Hero de Neu ! pour vous en convaincre, où le batteur Klaus Dinger pourrait tout aussi bien être remplacé par une boite à rythme.

Bref, un album à écouter au calme les yeux fermés, oreilles concentrées… ou mieux encore en live où l’expérience potentiellement transcendantale (vous êtes prévenu-e-s !) prend tout son sens.

Si vous voulez la tenter, le trio chilien repasse d’ailleurs à Paris la nuit du 8 avril, dans la petite salle de l’Espace B.

Föllakzoid au Petit Bain (Paris) le 29 octobre 2019

Mais si la démarche « radicalisée » du dernier album (encore moins de passages mélodiques qu’avant, il faut bien l’admettre..) vous invite plus à la sieste qu’à l’extase, tournez-vous plutôt vers les opus précédents, où les expositions de riffs de guitare survitaminée aux effets de saturation ou d’échos savaient rompre à merveille avec ce qui pouvait finir par être (faussement ?) ennuyant.

Exemple avec le titre Electric de l’album III.
Ou l’album II, prochainement aussi disponible en CD à la médiathèque.
Une interview pour en savoir plus sur le groupe.
Et plus d’écoutes sur Soundcloud.

Petit clin d’oeil pour finir à Alber Jupiter, duo nanto-rennais qui a fait la 1ère partie de Follakzoid lors du concert au Petit Bain en octobre dernier, et dont le krautrock – tout aussi cosmique que son patronyme et sa pochette d’album le suggèrent, voir ci-dessous – méritera sans doute toute notre attention dans un prochain article.

En attendant, vous pouvez les découvrir sur Bandcamp.

Album We Are Just Floating In Space d’Alber Jupiter

Julien

1 an en musique : 1986


Il y a des années pour lesquelles c’est plus facile que d’autres de faire son choix. C’est le cas pour cette année 1986 qui me plonge dans deux univers qui me parle énormément: Le hip hop et le cinéma!!!

Avant de parler du grand écran, je vais commencer par vous parler des morceaux Rap que j’ai choisi de mettre en avant pour 1986 avec en premier, l’un des groupes qui a changé la face de la culture hip hop, le trio le plus célèbre du Queens, Run DMC et leurs Adidas. Rev Run, étant le frère de Russell Simmons, le grand manitou de Def Jam, les 3 compères de Hollis avaient toutes les cartes en mains pour placer leurs célèbres chaussures sur la carte du rap New Yorkais et ils ont su transformer l’essai. Pas les seuls dans le domaine, on a aussi le génial Biz Markie et son “Make the music with your mouth”, ce gros fou de Harlem s’éclate sur le sample du formidable “Ike’s mood” d’Isaac Hayes, du génie!!! Le premier groupe “blanc” hip hop est là aussi, les Beastie Boys fusionnent à merveille le rap et le rock sur “No sleep til Brooklyn”. Et pour finir, le premier morceau estampillé “Gangsta rap” de l’histoire, “6 in the morning” d’Ice-T, que les plus jeunes connaissent sans doute plus pour son rôle dans New York Unité spéciale qu’en tant que rappeur et bien le premier à raconter les histoires de gangster de Los Angeles, avant NWA ou Snoop, c’est lui et ce morceau est le pionnier de cette tendance.

Bon, vous allez me dire qu’il n’y a que du rap? Non, non, rassurez-vous, je vous ai dit qu’on allait parler cinoche aussi, alors si je vous dit Top gun, vous me dites? Tom Cruise et sa moto, oui je sais, mais quelle était la musique qui rendait la scène si hot? Berlin et son “Take my breath away” et à l’époque, ça aurait été le summum du sensuel, si il n’y avait pas eu l’un des strip tease les plus chauds de l’histoire du cinéma de la part de Kim Basinger dans 9 semaines et demi, encore aujourd’hui, quand on parle strip tease, c’est la chanson de Joe Cocker qui vient à l’esprit, Mickey Rourke ne s’en est toujours pas remis!

Toujours dans le registre cinéma, mais dans un style plus funky, le parrain de la soul, James Brown, introduit Apollo Creed dans Rocky, bon ça ne lui portera pas bonheur, mais le show vaut le détour, sortez vos shorts US!!!

Et puisqu’on est dans la funk, pourquoi un peu de Cameo avec “Word up”? Et puis plus méconnu, mais les auditeurs de Fabe reconnaîtront sans doute le “I cant’ wait” des Nu Shooz, que la plume du 18ème avait samplé pour son “Mal partis” avec K-Reen et Koma sur le Cut Killer Show.

Enfin, deux morceaux frenchies, dont mon inavouable, qui n’en est pas vraiment un, “La chanson des restos” par Les Enfoirés originaux, bien moins commerciaux que ceux qui viennent gratter un peu de promo ces dernières années et puis l’un des pianos les plus reconnaissables de la chanson Française, le “Mistral gagnant” de Renaud, à écouter le paquet de Kleenex à la main.

Voilà c’est à peu près tout pour cette année 1986…

Laurent

François Truffaut-Georges Delerue, 2 talents associés.


Pour la cinquième fois, je vais évoquer un duo associant un réalisateur et un compositeur de musiques de films. Après avoir parlé du duo Luc Besson-Eric Serra, je vais revenir dans les années 60-70 avec la paire François Truffaut-Georges Delerue.

Né à Paris en 1932, François Truffaut d’une fille mère issu de milieu catholique fervent, puis confié à une nourrice. En 1933, sa mère rencontre et épouse Roland Truffaut qui reconnaît l’enfant civilement. Le jeune Truffaut est ensuite, à l’êge de 3 ans, confié à ses grands-parents, qui habitent en bas de Montmartre, à deux pas de chez ses parents. A 7 ans, passionné par la lecture et le cinéma qu’il fréquente plus que souvent, y compris pendant le temps d’école, il dévore tout ce qui concerne Jean Renoir, René Clair, Jean Vigo, Claude Autant-Lara, Jean Cocteau ou Yves Allégret.

Quand sa grand-mère maternelle décède, en 1942, Truffaut réintègre le domicile parental qui se trouve non loin de celui d’un jeune chanteur qui fera une immense carrière : Charles Aznavour. Le hasard fera que 18 ans plus tard, ce dernier sera le personnage principal de « Tirez sur le pianiste ». A 12 ans seulement, il fait ses premiers « 400 coups » au Lycée Rollin. Apprenant la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, il est bouleversé et devient fugueur. Il fréquente alors les salles obscures des cinémas de Pigalle.

Après une enfance et adolescence difficile, ballotté entre parents, nourrice et grands-parents, puis la révélation de la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, Truffaut se réfugie dans les cinémas. Puis vient à fonder un cinéclub, sur les conseils d’André Bazin, qu’il retrouvera quelques mois plus tard, au sein de la revue Travail et culture ». En 1959, Truffaut démarre la saga des aventures du personnage d’Antoine Doinel avec le film « les 400 coups » avec le jeune comédien Jean-Pierre Léaud. Ce film obtiendra d’ailleurs le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année. La suite, ce sera « Antoine et Colette »(1962), « Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970) et « l’amour en fuite » (1979).

Henri-Pierre Roché auteur de « Jules et Jim », « Deux anglaises et le continent » verra François Truffaut adapter ses deux romans. Il se basera, pour ces adaptations,  sur les notes laissées à sa veuve. François Truffaut, tout au long de sa filmographie, a fait tourner et parfois débuter devant sa caméra, les plus grandes actrices françaises ou américaines. Jugez plutôt :

Claude Jade (« Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970), « L’amour en fuite »(1979), Nathalie Baye (début dans « La nuit américaine »,1973, rôle titre dans « La chambre verte », Isabelle Adjani dans « L’histoire d’Adèle H »(1975), Jacqueline Bisset dans « La nuit américaine »(1975), avec la jeune débutante Nathalie Baye. Catherine Deneuve dans « La sirène du Mississippi »(1969), « Le dernier métro »(1980), Marie-France Pisier fit ses débuts à 17 ans dans « Antoine et Colette »(1962). Fanny Ardant, qui fut son dernier amour, joua dans « La femme d’à côté »(1981) et « Vivement dimanche »(1983).

Côté acteurs, il y eut bien sûr Jean-Pierre Léaud dans « Les 400 coups »(1959), « Antoine et Colette », « Baisers volés », « Domicile conjugal », Jean-Paul Belmondo (« La sirène du Mississippi »), Jean-François Stévenin, lui, fut son assistant et joua dans « l’Argent de poche » et « La nuit américaine », Gérard Depardieu dans « La femme d’à côté », « Le dernier métro « , Jean-Louis Trintignant dans « Vivement dimanche ». Vous le voyez, un éventail de comédien.n.e.s très large. Disparu en 1984, François Truffaut laisse une oeuvre très riche et des films devenus des classiques du cinéma.

Georges Delerue, naît à Roubaix en 1925, au sein d’une famille qui aime la musique. Son père, contremaître dans une usine et sa mère, qui parfois chante des airs de Gounod ou Bizet tout en jouant au piano, emmènent leur fils assez souvent au cinéma. Un déclic et la naissance d’une passion qui le conduira à en faire son métier.

En 1939, alors élève dans une école formant aux métiers de la métallurgie, sa mère décide de l’inscrire au Conservatoire. Il y apprend la clarinette, sans plaisir. A 14 ans, il stoppe tout et retourne à l’usine pour aider sa famille. Des études de solfège au Conservatoire, une admission en classe de piano lui permettront de découvrir des compositeurs comme Bach, Mozart, Chopin, Beethoven.

1945 est un tournant. Auréolé de 3 premiers prix de Conservatoire à Roubaix (clarinette, piano, harmonie), il rentre au Conservatoire de Paris. Quatre ans plus tard, il remporte le premier prix de composition.

En 1952, Georges Delerue obtient le poste de compositeur et chef d’orchestre à la Radiodiffusion française. Créateur du Conservatoire de Nancy en1957, deux ans plus tard, sur les conseils de Darius Milhaud, il se lance dans la composition pour le cinéma, avec « Hiroshima mon amour »d’alain Resnais (1959). Dans les années 60, en plein mouvement de la Nouvelle Vague, Delerue fera deux rencontres qui vont faire basculer son destin, celles de François Truffaut et Jean-Luc Godard. Il composera pour le premier la musique de « Jules et Jim », et pour le second celle du film « Le Mépris ». Ces deux films obtiendront un tel succès à l’étranger que Georges Delerue verra son statut de compositeur changer. Il est désormais un musicien qui compte, un compositeur que l’on s’arrache.

Georges Delerue verra son travail salué et récompensé à plusieurs reprises. En France, ce sont 3 Césars successifs en 1979, 1980 et 1981 pour respectivement les films « Préparez vos mouchoirs », « L’amour en fuite », et « Le dernier Métro ».  Aux Etats-Unis, c’est pour le film « I love you, je t’aime » qu’il recevra un Oscar en 1981.

Outre son travail pour les musiques de film, Delerue a aussi composé des musiques au registre plus classique, comme des musiques de chambre, des musiques pour orchestres. Décédé à l’âge de 67 ans, Georges Delerue laisse derrière lui une œuvre musicale considérable, riche, variée.

Le début d’une prodigieuse carrière ornée de 300 musiques de films, dont  outre « Jules et Jim « , « Le mépris », il signera « Le corniaud », « Le cerveau », « Platoon », »Le dernier métro », »Les rois maudits »… et j’en passe.

Outre Francois Truffaut et Jean-Luc Godard, Georges Delerue aura également prêté son talent à des réalisateurs tels que Gérard Oury, Oliver Stone, Claude Barma, Agnès Varda, René Clair, Georges Lautner, Philippe de Broca, Alain Corneau, Bertrand Blier.
Un casting de rêve pour ce compositeur qui côtoiera les plus grands comédiens : Yves Montand, Bourvil, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Louis de Funès, Jacqueline Bisset, Kevin Bacon et bien d’autres encore…

En tous cas,  le travail commun mené par le duo Truffaut-Delerue a laissé en héritage de très beaux films.

Je vous laisse avec un sélection des musiques de Georges Delerue.

Guillaume.

Kirk Douglas, Spartacus pour l’éternité !


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Issur Danielovitch Nemsky s’en allé… Pardon… Kirk Douglas! Il s’était retiré des plateaux de cinéma depuis longtemps. Pourtant son nom, sa carrière, si elle inspira tout d’abord son fils aîné Michael, qui devint lui même producteur et acteur, oui la carrière de Kirk Douglas fut magnifique et maquée par de très grands rôles : Un esclave rebelle qui prend la tête d’un mouvement contre le pouvoir romain dans « Spartacus », film dont il fut le producteur et dont il confia les rennes à un jeune réalisateur qui fera carrière, Stanley Kubrick.

Homme de conviction, démocrate convaincu, il a évoqué plusieurs sujets qu’il dénonçait dans ses films. Le Mac cartysme tout d’abord. Accusé d’être communiste car de parents juifs ukrainiens, il avait subi ça. Mais souhaitant se battre contre cela, il avait demandé à un scénariste banni d’Hollywood, victime du mac cartysme, Dalton Trumbo, d’écrire le scénario. Celui-cile fit sous un pseudonyme mais finalement, Douglas décida d’afficher son vrai nom au générique. Un acte de rébellion. Puis il dénonça le racisme contre les indiens, la stupidité de la guerre, la cupidité de l’homme.

Les autres grands rôles de Kirk Douglas furent ceux tenus dans « La femme aux chimères », aux côté de Lauren Baccal (1950, Rick Martin), »Rendez-vous à O.K Corral »(1957, John Sturges), aux côtés de Burt Lancaster, dans lequel il incarne le rôle de Doc Holiday, dans « 20.000 lieues sous les mers » (1954, Richard Fleisher), adapté de l’oeuvre de Jules Vernes avec James Mason dans le rôle du capitaine Nemo, celui d’un marin, Ned Land, intrépide au caractère bien trempé , dans « Les sentiers de la Gloire », film dont il est producteur, et réalisé par Stanley Kubrick en 1957, celui d’un militaire, le capitaine Dax, qui va se rebeller contre l’ordre qui lui est donné par son supérieur, d’avancer ver les positions adverses. En 1952, il tourne devant la caméra de Howard Hawks pour « La captive aux yeux clairs ». En 1954, outre « Vingt Mille Lieues sous les Mers », il sera du casting pour le film « Le dernier train de Gun Hill » mis en scène par John Sturges. A cette époque du cinéma hollywoodien, Kirk Douglas est une immense star. Il est réclamé par les plus grands cinéastes : Brian de Palma, King Vidor, Elia Kazan, Joseph Mankiewicz, Otto Preminger, sans parler de ceux déjà cités plus haut.

Dans les années 60, la star qu’est désormais Kirk Douglas, va s’impliquer dans la production de certains films comme « Spartacus ». Il va continuer d’enchaîner les très bons films auprès de grands réalisateurs : Ainsi Vincente Minelli (le père de Liza), le dirigera dans « Quinze jours ailleurs » (1962). deux ans plus tard, c’est devant la caméra de John Frankenheimer qu’il joue dans « 7 jours en mai ». Puis en 1965, Anthony Mann le prendra pour le film « Les héros de Télémark », qui se situe pendant la seconde guerre mondiale. En 1966, il participe au film de Clément « Paris brûle-t-il? »(il y incarne le Général Patton). Ce film bénéficiera d’un casting hors norme. Côté français, on y trouve Yves Montand, Jean-Pierre Cassel, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Pierre dux, bruno Cremer, Michel Piccoli… (etc.. ), côté international, là aussi, c’est de très haut niveau : Charles Boyer, Georges Chakiris, Gert Froebe, Glenn Ford, Orson Welles, Anthony Perkins. En 1967, il tourne 2 westerns « La route de l’Ouest », puis « La caravane de feu » aux côtés du légendaire John Wayne.

Durant les années qui suivent à tourner dans des films qui vont moins marquer le public, ou à de rares exceptions, comme avec  » Le reptile », tourné sous la houlette de Joseph Mankiewicz en 1970, « Furie » en compagnie de Brian de Palma en 1978. Durant les années 80 et les décennies qui suivent, Kirk Douglas semble se désintéresser du cinéma, prendre ses distances. En 1996, victime d’un accident vasculaire cérébral, il tournera définitivement le dos au 7ème Art, qu’il a talentueusement servi durant toute sa carrière.

Kirk Douglas laisse donc une immense carrière et des rôles à jamais marquants dans l’histoire du cinéma américain.

En 1988, il publie « le fils du chiffonnier », première partie d’une auto-biographie en 3 volets. Il y a raconte ses origines familiales. Les deux autres volets, publiés en 2000 (« Climbing the mountain ») et 2002 (« My stuck of life » ) seront consacrés à la decouverte de sa judéité et aux conséquences de son avc en 1996.

Son fils Michael, a depuis longtemps perpétué la tradition familiale, puisque dès le début des années 60, il a entamé une carrière de comédien, puis ensuite, sa carrière a décollé grâce au succès de la série policière « les Rues de San Francisco » (1972), aux côtés de Karl Malden, puis donc dans le cinéma. Mais je parlerai de Michael Douglas une autre fois.

Guillaume.