1 an en musique : 1986


Il y a des années pour lesquelles c’est plus facile que d’autres de faire son choix. C’est le cas pour cette année 1986 qui me plonge dans deux univers qui me parle énormément: Le hip hop et le cinéma!!!

Avant de parler du grand écran, je vais commencer par vous parler des morceaux Rap que j’ai choisi de mettre en avant pour 1986 avec en premier, l’un des groupes qui a changé la face de la culture hip hop, le trio le plus célèbre du Queens, Run DMC et leurs Adidas. Rev Run, étant le frère de Russell Simmons, le grand manitou de Def Jam, les 3 compères de Hollis avaient toutes les cartes en mains pour placer leurs célèbres chaussures sur la carte du rap New Yorkais et ils ont su transformer l’essai. Pas les seuls dans le domaine, on a aussi le génial Biz Markie et son “Make the music with your mouth”, ce gros fou de Harlem s’éclate sur le sample du formidable “Ike’s mood” d’Isaac Hayes, du génie!!! Le premier groupe “blanc” hip hop est là aussi, les Beastie Boys fusionnent à merveille le rap et le rock sur “No sleep til Brooklyn”. Et pour finir, le premier morceau estampillé “Gangsta rap” de l’histoire, “6 in the morning” d’Ice-T, que les plus jeunes connaissent sans doute plus pour son rôle dans New York Unité spéciale qu’en tant que rappeur et bien le premier à raconter les histoires de gangster de Los Angeles, avant NWA ou Snoop, c’est lui et ce morceau est le pionnier de cette tendance.

Bon, vous allez me dire qu’il n’y a que du rap? Non, non, rassurez-vous, je vous ai dit qu’on allait parler cinoche aussi, alors si je vous dit Top gun, vous me dites? Tom Cruise et sa moto, oui je sais, mais quelle était la musique qui rendait la scène si hot? Berlin et son “Take my breath away” et à l’époque, ça aurait été le summum du sensuel, si il n’y avait pas eu l’un des strip tease les plus chauds de l’histoire du cinéma de la part de Kim Basinger dans 9 semaines et demi, encore aujourd’hui, quand on parle strip tease, c’est la chanson de Joe Cocker qui vient à l’esprit, Mickey Rourke ne s’en est toujours pas remis!

Toujours dans le registre cinéma, mais dans un style plus funky, le parrain de la soul, James Brown, introduit Apollo Creed dans Rocky, bon ça ne lui portera pas bonheur, mais le show vaut le détour, sortez vos shorts US!!!

Et puisqu’on est dans la funk, pourquoi un peu de Cameo avec “Word up”? Et puis plus méconnu, mais les auditeurs de Fabe reconnaîtront sans doute le “I cant’ wait” des Nu Shooz, que la plume du 18ème avait samplé pour son “Mal partis” avec K-Reen et Koma sur le Cut Killer Show.

Enfin, deux morceaux frenchies, dont mon inavouable, qui n’en est pas vraiment un, “La chanson des restos” par Les Enfoirés originaux, bien moins commerciaux que ceux qui viennent gratter un peu de promo ces dernières années et puis l’un des pianos les plus reconnaissables de la chanson Française, le “Mistral gagnant” de Renaud, à écouter le paquet de Kleenex à la main.

Voilà c’est à peu près tout pour cette année 1986…

Laurent

François Truffaut-Georges Delerue, 2 talents associés.


Pour la cinquième fois, je vais évoquer un duo associant un réalisateur et un compositeur de musiques de films. Après avoir parlé du duo Luc Besson-Eric Serra, je vais revenir dans les années 60-70 avec la paire François Truffaut-Georges Delerue.

Né à Paris en 1932, François Truffaut d’une fille mère issu de milieu catholique fervent, puis confié à une nourrice. En 1933, sa mère rencontre et épouse Roland Truffaut qui reconnaît l’enfant civilement. Le jeune Truffaut est ensuite, à l’êge de 3 ans, confié à ses grands-parents, qui habitent en bas de Montmartre, à deux pas de chez ses parents. A 7 ans, passionné par la lecture et le cinéma qu’il fréquente plus que souvent, y compris pendant le temps d’école, il dévore tout ce qui concerne Jean Renoir, René Clair, Jean Vigo, Claude Autant-Lara, Jean Cocteau ou Yves Allégret.

Quand sa grand-mère maternelle décède, en 1942, Truffaut réintègre le domicile parental qui se trouve non loin de celui d’un jeune chanteur qui fera une immense carrière : Charles Aznavour. Le hasard fera que 18 ans plus tard, ce dernier sera le personnage principal de « Tirez sur le pianiste ». A 12 ans seulement, il fait ses premiers « 400 coups » au Lycée Rollin. Apprenant la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, il est bouleversé et devient fugueur. Il fréquente alors les salles obscures des cinémas de Pigalle.

Après une enfance et adolescence difficile, ballotté entre parents, nourrice et grands-parents, puis la révélation de la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, Truffaut se réfugie dans les cinémas. Puis vient à fonder un cinéclub, sur les conseils d’André Bazin, qu’il retrouvera quelques mois plus tard, au sein de la revue Travail et culture ». En 1959, Truffaut démarre la saga des aventures du personnage d’Antoine Doinel avec le film « les 400 coups » avec le jeune comédien Jean-Pierre Léaud. Ce film obtiendra d’ailleurs le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année. La suite, ce sera « Antoine et Colette »(1962), « Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970) et « l’amour en fuite » (1979).

Henri-Pierre Roché auteur de « Jules et Jim », « Deux anglaises et le continent » verra François Truffaut adapter ses deux romans. Il se basera, pour ces adaptations,  sur les notes laissées à sa veuve. François Truffaut, tout au long de sa filmographie, a fait tourner et parfois débuter devant sa caméra, les plus grandes actrices françaises ou américaines. Jugez plutôt :

Claude Jade (« Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970), « L’amour en fuite »(1979), Nathalie Baye (début dans « La nuit américaine »,1973, rôle titre dans « La chambre verte », Isabelle Adjani dans « L’histoire d’Adèle H »(1975), Jacqueline Bisset dans « La nuit américaine »(1975), avec la jeune débutante Nathalie Baye. Catherine Deneuve dans « La sirène du Mississippi »(1969), « Le dernier métro »(1980), Marie-France Pisier fit ses débuts à 17 ans dans « Antoine et Colette »(1962). Fanny Ardant, qui fut son dernier amour, joua dans « La femme d’à côté »(1981) et « Vivement dimanche »(1983).

Côté acteurs, il y eut bien sûr Jean-Pierre Léaud dans « Les 400 coups »(1959), « Antoine et Colette », « Baisers volés », « Domicile conjugal », Jean-Paul Belmondo (« La sirène du Mississippi »), Jean-François Stévenin, lui, fut son assistant et joua dans « l’Argent de poche » et « La nuit américaine », Gérard Depardieu dans « La femme d’à côté », « Le dernier métro « , Jean-Louis Trintignant dans « Vivement dimanche ». Vous le voyez, un éventail de comédien.n.e.s très large. Disparu en 1984, François Truffaut laisse une oeuvre très riche et des films devenus des classiques du cinéma.

Georges Delerue, naît à Roubaix en 1925, au sein d’une famille qui aime la musique. Son père, contremaître dans une usine et sa mère, qui parfois chante des airs de Gounod ou Bizet tout en jouant au piano, emmènent leur fils assez souvent au cinéma. Un déclic et la naissance d’une passion qui le conduira à en faire son métier.

En 1939, alors élève dans une école formant aux métiers de la métallurgie, sa mère décide de l’inscrire au Conservatoire. Il y apprend la clarinette, sans plaisir. A 14 ans, il stoppe tout et retourne à l’usine pour aider sa famille. Des études de solfège au Conservatoire, une admission en classe de piano lui permettront de découvrir des compositeurs comme Bach, Mozart, Chopin, Beethoven.

1945 est un tournant. Auréolé de 3 premiers prix de Conservatoire à Roubaix (clarinette, piano, harmonie), il rentre au Conservatoire de Paris. Quatre ans plus tard, il remporte le premier prix de composition.

En 1952, Georges Delerue obtient le poste de compositeur et chef d’orchestre à la Radiodiffusion française. Créateur du Conservatoire de Nancy en1957, deux ans plus tard, sur les conseils de Darius Milhaud, il se lance dans la composition pour le cinéma, avec « Hiroshima mon amour »d’alain Resnais (1959). Dans les années 60, en plein mouvement de la Nouvelle Vague, Delerue fera deux rencontres qui vont faire basculer son destin, celles de François Truffaut et Jean-Luc Godard. Il composera pour le premier la musique de « Jules et Jim », et pour le second celle du film « Le Mépris ». Ces deux films obtiendront un tel succès à l’étranger que Georges Delerue verra son statut de compositeur changer. Il est désormais un musicien qui compte, un compositeur que l’on s’arrache.

Georges Delerue verra son travail salué et récompensé à plusieurs reprises. En France, ce sont 3 Césars successifs en 1979, 1980 et 1981 pour respectivement les films « Préparez vos mouchoirs », « L’amour en fuite », et « Le dernier Métro ».  Aux Etats-Unis, c’est pour le film « I love you, je t’aime » qu’il recevra un Oscar en 1981.

Outre son travail pour les musiques de film, Delerue a aussi composé des musiques au registre plus classique, comme des musiques de chambre, des musiques pour orchestres. Décédé à l’âge de 67 ans, Georges Delerue laisse derrière lui une œuvre musicale considérable, riche, variée.

Le début d’une prodigieuse carrière ornée de 300 musiques de films, dont  outre « Jules et Jim « , « Le mépris », il signera « Le corniaud », « Le cerveau », « Platoon », »Le dernier métro », »Les rois maudits »… et j’en passe.

Outre Francois Truffaut et Jean-Luc Godard, Georges Delerue aura également prêté son talent à des réalisateurs tels que Gérard Oury, Oliver Stone, Claude Barma, Agnès Varda, René Clair, Georges Lautner, Philippe de Broca, Alain Corneau, Bertrand Blier.
Un casting de rêve pour ce compositeur qui côtoiera les plus grands comédiens : Yves Montand, Bourvil, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Louis de Funès, Jacqueline Bisset, Kevin Bacon et bien d’autres encore…

En tous cas,  le travail commun mené par le duo Truffaut-Delerue a laissé en héritage de très beaux films.

Je vous laisse avec un sélection des musiques de Georges Delerue.

Guillaume.

Kirk Douglas, Spartacus pour l'éternité !


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Issur Danielovitch Nemsky s’en allé… Pardon… Kirk Douglas! Il s’était retiré des plateaux de cinéma depuis longtemps. Pourtant son nom, sa carrière, si elle inspira tout d’abord son fils aîné Michael, qui devint lui même producteur et acteur, oui la carrière de Kirk Douglas fut magnifique et maquée par de très grands rôles : Un esclave rebelle qui prend la tête d’un mouvement contre le pouvoir romain dans « Spartacus », film dont il fut le producteur et dont il confia les rennes à un jeune réalisateur qui fera carrière, Stanley Kubrick.

Homme de conviction, démocrate convaincu, il a évoqué plusieurs sujets qu’il dénonçait dans ses films. Le Mac cartysme tout d’abord. Accusé d’être communiste car de parents juifs ukrainiens, il avait subi ça. Mais souhaitant se battre contre cela, il avait demandé à un scénariste banni d’Hollywood, victime du mac cartysme, Dalton Trumbo, d’écrire le scénario. Celui-cile fit sous un pseudonyme mais finalement, Douglas décida d’afficher son vrai nom au générique. Un acte de rébellion. Puis il dénonça le racisme contre les indiens, la stupidité de la guerre, la cupidité de l’homme.

Les autres grands rôles de Kirk Douglas furent ceux tenus dans « La femme aux chimères », aux côté de Lauren Baccal (1950, Rick Martin), »Rendez-vous à O.K Corral »(1957, John Sturges), aux côtés de Burt Lancaster, dans lequel il incarne le rôle de Doc Holiday, dans « 20.000 lieues sous les mers » (1954, Richard Fleisher), adapté de l’oeuvre de Jules Vernes avec James Mason dans le rôle du capitaine Nemo, celui d’un marin, Ned Land, intrépide au caractère bien trempé , dans « Les sentiers de la Gloire », film dont il est producteur, et réalisé par Stanley Kubrick en 1957, celui d’un militaire, le capitaine Dax, qui va se rebeller contre l’ordre qui lui est donné par son supérieur, d’avancer ver les positions adverses. En 1952, il tourne devant la caméra de Howard Hawks pour « La captive aux yeux clairs ». En 1954, outre « Vingt Mille Lieues sous les Mers », il sera du casting pour le film « Le dernier train de Gun Hill » mis en scène par John Sturges. A cette époque du cinéma hollywoodien, Kirk Douglas est une immense star. Il est réclamé par les plus grands cinéastes : Brian de Palma, King Vidor, Elia Kazan, Joseph Mankiewicz, Otto Preminger, sans parler de ceux déjà cités plus haut.

Dans les années 60, la star qu’est désormais Kirk Douglas, va s’impliquer dans la production de certains films comme « Spartacus ». Il va continuer d’enchaîner les très bons films auprès de grands réalisateurs : Ainsi Vincente Minelli (le père de Liza), le dirigera dans « Quinze jours ailleurs » (1962). deux ans plus tard, c’est devant la caméra de John Frankenheimer qu’il joue dans « 7 jours en mai ». Puis en 1965, Anthony Mann le prendra pour le film « Les héros de Télémark », qui se situe pendant la seconde guerre mondiale. En 1966, il participe au film de Clément « Paris brûle-t-il? »(il y incarne le Général Patton). Ce film bénéficiera d’un casting hors norme. Côté français, on y trouve Yves Montand, Jean-Pierre Cassel, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Pierre dux, bruno Cremer, Michel Piccoli… (etc.. ), côté international, là aussi, c’est de très haut niveau : Charles Boyer, Georges Chakiris, Gert Froebe, Glenn Ford, Orson Welles, Anthony Perkins. En 1967, il tourne 2 westerns « La route de l’Ouest », puis « La caravane de feu » aux côtés du légendaire John Wayne.

Durant les années qui suivent à tourner dans des films qui vont moins marquer le public, ou à de rares exceptions, comme avec  » Le reptile », tourné sous la houlette de Joseph Mankiewicz en 1970, « Furie » en compagnie de Brian de Palma en 1978. Durant les années 80 et les décennies qui suivent, Kirk Douglas semble se désintéresser du cinéma, prendre ses distances. En 1996, victime d’un accident vasculaire cérébral, il tournera définitivement le dos au 7ème Art, qu’il a talentueusement servi durant toute sa carrière.

Kirk Douglas laisse donc une immense carrière et des rôles à jamais marquants dans l’histoire du cinéma américain.

En 1988, il publie « le fils du chiffonnier », première partie d’une auto-biographie en 3 volets. Il y a raconte ses origines familiales. Les deux autres volets, publiés en 2000 (« Climbing the mountain ») et 2002 (« My stuck of life » ) seront consacrés à la decouverte de sa judéité et aux conséquences de son avc en 1996.

Son fils Michael, a depuis longtemps perpétué la tradition familiale, puisque dès le début des années 60, il a entamé une carrière de comédien, puis ensuite, sa carrière a décollé grâce au succès de la série policière « les Rues de San Francisco » (1972), aux côtés de Karl Malden, puis donc dans le cinéma. Mais je parlerai de Michael Douglas une autre fois.

Guillaume.

Années 60, berceau du psychédélisme.


Musicalement, les années 60 aux Etats-Unis sont un terreau de naissances de différents courants musicaux : le rock’n’roll (Elvis Presley, Little Richard, Chuck Berry…), les prémices de la pop-music importée d’Angleterre (Beatles, Rolling Stones), le free jazz (John Coltrane, Miles Davis, Thelonious Monk…), et donc à l’occasion du festival de Woodstock (1969), déjà évoqué sur ce blog, une forme de contre-culture sociale, musicale, artistique, qui, fortement « aidé » par la consommation de substances hallucinogènes, va donner naissance au courant appelé le psychédélisme.

Né outre-atlantique,en 1965 à San Francisco, ce phénomène socio-culturel va débarquer en Europe dans la foulée. Principalement présent dans le milieu artistique, le psychédélisme est le résultat de l’influence de psychotropes sur l’activité neurologique, qui dans un cadre de créativité « permet » à l’artiste de concevoir son oeuvre avec une vision très particulière, très décalée.

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Psychédélique est un terme qui est apparu quelques années plus tôt, en 1956, lors d’un échange épistolaire entre un médecin, Humphry Osmond, qui fera des recherches sur les effets de produits psychédéliques en matière médicale et un écrivain-philosophe, Aldous Huxley. Allen Ginsberg, poète, écrivain, fondateur du courant « Beat generation » dans les années 50, pronnera la consommation de ces produits telles que les plus connues à l’époque : le LSD (Les Beatles ont chanté une chanson au titre très évocateur : « Lucy in the Sky with Diamonds« ), la mescaline, l’ecstasy. Ces substances, très puissantes, mettent leurs consommateurs-trices, principalement des hippies, dans un état second, avec des hallucinations, parfois dans un état de transe. Ces produits ont été très utilisés par de nombreux artistes ou groupes : Grateful Dead, Jefferson Airplane, Tame Impala, Love, Quicksilver Messenger, Iron Butterfly, Les Beatles, Les Doors, Les Rolling Stones, puis au début des années 70, par des groupes comme Pink Floyd, Led Zeppelin, Genesis, Yes, Barclay James Harvest. D’autres substances, comme la marijuana, étaient aussi très en vogue à l’époque, mettant leurs consommateurs-trices dans un état très spécial. Ils-elles planaient littéralement. Le résultat donnait le plus souvent des créations musicales très longues, prêtant à la rêverie, au laisser-aller.
En 1965, devant les ravages causés par sa consommation, c’est surtout le LSD qui est visé par des mesures d’interdiction, d’abord aux Etats-Unis puis en Angleterre en 1966.

D’après les historiens du rock, c’est en 1967, lors du Summer of Love que seraient nées les prémices du courant New Age, qui déboucheront plus tard sur des courants de pensées liés au Bouddhisme, au Taoïsme (qui permettra notamment la popularisation du symbole regroupant le ying et le yang), à l’Hindouisme.

En 1968, un film d’animation, « Yellow Submarine », avec les personnages des 4 Beatles, démontre parfaitement l’univers psychédélique, tout comme plus tard, le film « Easy Rider »(1969) et la comédie musicale « Hair » (1979), qui décrivent le mouvement hippie et la volonté de celui-ci de ne pas se soumettre aux injonctions de corps constitués comme l’armée ou d’être en opposition franche avec la partie réactionnaire de la population américaine.

Mais si la musique fut un vecteur essentiel du courant psychédélique ( vêtements, pochettes de disques, tenues de scène…), et de la sociologie hippie, les arts tels que la peinture, le dessin, le prêt à porter, et même la décoration intérieure furent influencés par ce mouvement, fait de couleurs, laissant place à une création sans limites,  aux formes parfois extravagantes, n’y ont pas échappé.

Alors que l’on pensait ce courant installé pour un long moment, aux États-Unis comme en Europe, il a été vite bousculé par une vague issue du vieux continent, qui a vu la naissance du Hard-rock avec deux fers de lance venus d’Angleterre : Deep Purple et Led Zeppelin. Finie la musique planante, les tenues colorées, extravagantes, la cool attitude. Place au gros son, aux tenues à clous,  aux guitares saturées et aux vocalises puissantes. Mais ceci est une autre histoire.

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Si vous voulez bien comprendre ce phénomène, cette culture qui, l’espace de quelques années, à envahie les Etats-Unis et l’Europe, je vous conseille la lecture du livre de Philippe Thieyre , publié aux éditions Babelio .en 2007 (voir image ci dessous).

Pour retourner à cette belle époque de la musiue rock, je vous ai concocté uen playlist riche et variée, qui j’en suis sûr, saura contenter la curiosité de toutes et tous.

Guillaume.

Eddy Mitchell, de Belleville à Nashville.


Eddy Mitchell, né Claude Moine naît en pleine seconde guerre mondiale, en 1942 à Paris, grandit à Belleville, quartier qu’il honorera dans une chanson, « Nashville ou Belleville ». Sa mère travaille dans une banque, son père à la société des transports parisiens. Quelques années plus tard, il sera même garçon de courses au Crédit Lyonnais, dans une agence proche du Golf-Drouot, club qu’il fréquente alors régulièrement et y découvre nombre d’artistes américains. A l’âge de 11 onze ans, le jeune Claude découvre le rock’n’roll par le biais de Elvis Presley, la star de l’époque, mais aussi Bill Haley, qu’il découvre en concert à Paris en 1958. Un choc pour le jeune Claude Moine. Puis ce sera Chuck Berry, Gene Vincent, Eddy Cochran et Buddy Holly. Il évoquera d’ailleurs Eddy Cochran et Buddy Holly, morts tous les deux très jeunes dans des circonstances tragiques, dans une chanson, « J’avais deux amis ».

En 1961, lui l’amateur de rock, country, va créer le premier groupe de rock français : Les Chaussettes Noires, au sein duquel il va également côtoyer un saxophoniste du nom de Michel Gaucher. les deux hommes ne se quitteront plus, le saxophoniste, devenant même au fil das années, le directeur musical de… Eddy Mitchell. Eddy en référence à l’acteur-chanteur américain Eddie Constantine, et Moine devient Mitchell.

Adolescent, traînant souvent à Pigalle, à la Trinité, et donc au Golf-Drouot, cité plus haut. Il va y faire deux rencontres qui vont changer sa vie. Celles d’un certain Jean-Philippe Smet, devenu Johnny Hallyday, qui retient déjà la nuit jusqu’au petit matin, cette aube merveilleusement chantée par le 3ème larron, Jacques Dutronc, dans la fameuse chanson « Paris s’éveille » (texte de Jacques Lanzmann). L’homme au cigare et Ray-Ban étant même un temps pressenti comme guitariste dans le groupe d’ Eddy Mitchell. Bref, dès le milieu des 60’s, avant même l’arrivée de la vague Yéyé, ces trois amis ont scellé un pacte qui durera toute leur carrière. Mais revenons à Eddy Mitchell.

Personnellement, je l’ai découvert à l’âge de 14-15 ans, époque à laquelle il chantait des titres comme « Couleur menthe à l’eau » (c’est pour toi LowLow 🙂 ), un slow qui passait en boucle dans les surprises-party de l’époque, mais aussi  » La dernière séance » chanson qui évoque son amour pour le cinéma (l’émission, diffusée le mardi soir sur FR3-toute une époque-, était tournée notamment au cinéma Royal Palace de Romainville, classé depuis aux Monuments Historiques!), la fin des cinéma de quartiers. A l’époque son « Cimetière des éléphants » a connu également un grand succès. Eddy Mitchell, s’il a débuté à l’époque du rock’n’roll, s’est donc très vite tourné vers la country, le jazz, genre dans lequel sa voix souple fait merveille, raison pour la quelle il a toujours voulu avoir un grand orchestre avec lui. Une année, il avait d’ailleurs relevé le défi de se produire dans 3 ou 4 endroits de Paris, avec des formations différentes, allant donc de la formation rock au grand orchestre jazz, en passant par la country.

Précis, méticuleux, il a toujours aimé des arrangements très soignés signés de son complice Michel Gaucher. Fidèle en amitié comme avec ses musiciens, il a depuis très longtemps à ses cotés la même équipe, des cuivres à la guitare de Basile Leroux, qui à aussi accompagné beaucoup d’autres artistes français, du pianiste Jean-Yves D’angelo, et surtout celui qui lui écrit beaucoup de ses textes, Pierre Papadiamandis.

Celui que l’on appelle indifféremment Schmoll ou Mr. Eddy, est un passionné de BD, il en fera mention dans une superbe chanson » Le portrait de Norman Rockwell », dédié à ce grand dessinateur américain. Il parlera aussi des grands espaces américains « Rio Grande », « Route 66 », « Sur la route de Memphis ». C’est d’ailleurs son amour pour ce pays qui lui fera enregistrer nombre de ses albums là-bas, mais aussi à Londres et Paris. Durant cette période américaine, pendant laquelle il réalisera des albums à la sonorité country-rock, il sera parfois accompagné de l’harmoniciste américain Charlie Mc Coy, une véritable pointure. En 2006, il part à La Nouvelle-Orléans, enregistrer l’album « Jambalaya ». Pour ce disque, il fait appel à la légende Little Richard, au célèbre pianiste de jazz Dr. John, à Beverly Jo Scott, à l’harmoniciste français Jean-Jacques Milteau, et bien sûr à son fidèle ami, Johnny Hallyday, avec qui il chante sur « On veut des légendes ».

Ayant débuté en faisant surtout des adaptations de chansons de Gene Vincent, il ne cesse depuis, de chanter des artistes comme Ray Charles, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, mais aussi les Beatles « You’ve to hide your love away » devenue « Tu ferais mieux de l’oublier », et la liste est longue. Il a le goût également d’évoquer des artistes qu’il apprécie dans plusieurs chansons : « Otis » (Otis redding), « j’avais deux amis » (Buddy Holly et Eddie Cochran », « Mister J.B. » (James Brown), « La voix d’Elvis » (Elvis Presley).

il aime partager la scène et ses chansons avec des ami.e.s. Ainsi, Michel Sardou, Véronique Sanson, Axelle Red, mais aussi Maxime Le Forestier, et plus récemment, Alain Souchon et Laurent Voulzy, (qui lui ont composé le titres « L’esprit des grandes prairies ») ont eu l’occasion, rare, de chanter live en duo avec Mr.Eddy.

Si Johnny Hallyday etait reconnu, outre ses qualités vocales, pour avoir été une vraie bête de scène, Eddy Mitchell, dans un registre très différent, est capable de tenir jusqu’à 2h voire plus sur scène, en alternant les registres rock, crooner, country. Un éclectisme musical qui a fait son succès. Son registre vocal lui permettant également de belles envolées, certes moins spectaculaires que celles de Johnny Hallyday. Pour l’avoir vu à plusieurs reprises sur scène, à Bercy à 2 reprises ( te souviens-tu Florent ?), puis à l’Olympia ou au Palais des sports pour sa « dernière séance », j’ai à chaque fois pu vérifier ce que j’avance.

Mais revenons aux duos. Cette pratique initiée par les artistes anglo-saxons dans les 70’s, et régulièrement pratiquée, en France dans les années 70 également, il la reprend à son compte en 2017 pour signer un bel album, « La même Tribu » (2017). Eddy Mitchell y rassemble autour de lui, outre Hallyday et Dutronc, des artistes comme Renaud débarassé de Mister Renard, Julien Clerc l’homme qui aimait les femmes, Arno descendu du plat pays qui est le sien, Keren Ann ex muse de Benjamin Biolay, Ibrahim Maalouf et sa trompette multicolore, le soulman Charles Bradley, Sanseverino et sa guitare manouche, le « papa » d’ « Aline » Christophe, et donc sa fille Marylin Moine. Du beau linge.

Il le fera bien sûr avec ses compères Johnny Hallyday et Jacques Dutronc, ces dernières années lors des concerts, en 2014 puis en 2017, des « Vieilles Canailles« , sur le mode Rat-Pack du trio Franck Sinatra-Dean Martin, Sammy Davis Jr. Il a parfois rejoint sur scène son « frère », Johnny Hallyday, au Parc des Princes en 1993 notamment à l’occasion des 50 ans de son ami, pour chanter « Excuse-moi partenaire », puis plus tard, celui-ci lui rendra la pareil, au Zénith (j’y étais) pour un mémorable « Bon vieux temps du rock’n’roll ». Mais je ne peux pas oublier le fameux duo avec le regretté Serge Gainsbourg sur « Vieille Canaille ». Il a effectué sa dernière tournée en 2010, intitulée « Ma dernière séance ». Il terminait toujours ses concerts par le fameux « Pas de Boogie Woogie »…

Parallèlement à sa longue et riche carrière de chanteur, Eddy Mitchell a également foulé les planches des plateaux de cinéma, devant la caméra des plus grands, de Bertrand Tavernier à Claude Lellouch, en passant par Jean-Pierre Mocky, Etienne Chatilliez. « Attention une femme peut en cacher une autre », »La totale », « Ronde de Nuit », film dans lequel je l’avais découvert en tant que comédien, puis « Coup de torchon », « Le bonheur est dans le pré », « La totale », « A mort l’arbitre », « Les vieux fourneaux », « Salaud on t’aime », « Ville à vendre »… et j’en passe. Il a mélangé les genres, avec bonheur parfois et moins de réussite par ailleurs. Cette carrière au cinéma lui a permis de côtoyer des comédiens tels que Michel Serrault, Philippe Noiret, Roger Hanin, Gérard Lanvin, Miou-Miou, Thierry Lhermitte, Carole Laure, Stéphane Audran, Michel Boujenah, Jean-Pierre Marielle, Sandrine Bonnaire…là aussi la liste est longue.

Aujourd’hui, il se consacre surtout au théâtre, au cinéma, mais la chanson n’est jamais bien loin, un album toujours en gestation. Je vous laisse avec ce géant de la chanson française et quelques unes de ses plus belles chansons.

Guillaume.

Top films et B.O.F. 2019


Pour commencer cette année 2020, nous vous proposons d’abord une sélection des meilleurs films sortis en salles l’année dernière.

Parmi les critères parfaitement subjectifs retenus pour constituer ce Top 20 films de fiction : la qualité du film (évidemment !), le plaisir pris pendant la projection (ça ne va pas toujours de pair), la diversité des genres et des nationalités : de la France aux Etats-Unis en passant par la Corée du Sud.

Un cru 2019 où se dégagent des films à la croisée des genres (Parasite, Once upon a time… in Hollywood), à l’approche documentaire (Grâce à Dieu, Le Traître) et surtout engagés (Joker, Les Misérables, Bacurau), y compris sous l’angle de la comédie (Green book, Tel Aviv on fire).

Certains de ces films sont déjà disponibles en DVD à l’Espace Musique et cinéma de la Médiathèque (cliquez sur les titres soulignés pour vérifier leur disponibilité) et d’autres le seront prochainement.
Autre possibilité : la plateforme de ressources en ligne Eurêka, dont le catalogue de film est régulièrement enrichi de nouveautés. En savoir plus sur Eurêka.

En vous souhaitant de bons visionnages et surtout une très bonne année 2020 !

01. Joker de Todd Phillips
Un « blockbuster d’auteur » sur la persécution et la folie du futur meilleur ennemi de Batman, magistralement interprété par un Joaquin Phoenix qui fait froid dans le dos.

02. Douleur et gloire de Pedro Almodóvar
Une autofiction bouleversante et magnifiquement écrite. Un nouveau coup de maître après Julieta du cinéaste espagnol, qui vient de remporter pas moins de 7 prix Goya.

03. Parasite de Joon-ho Bong
La Palme d’or du dernier Festival de Cannes, où s’entremêlent brillamment le drame, la comédie, l’horreur… le tout revisitant la lutte des classes.

04. Les Oiseaux de passage de Ciro Guerra & Cristina Gallego
Un film sur la naissance des cartels de la drogue en Colombie dans les années 1970, dont l’approche ethnologique tranche avec les films de gangsters habituels.

05. Bacurau de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles
Un village brésilien disparaît brutalement de la carte… Point de départ scénaristique mystérieux d’une dystopie aussi réjouissante sur la forme qu’inquiétante sur le fond.

06. Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
Un film à la mise en scène épurée et d’une rare délicatesse sur la passion amoureuse naissante entre une peintre et son modèle.

07. Midsommar d’Ari Aster
Un film d’épouvante original, riche et parfaitement mis en lumière (d’autant que c’est le soleil de minuit l’été en Suède où se passe l’action !) par une B.O. aussi anxiogène que réussie.

08. Les Misérables de Ladj Ly
Un état des lieux coup de poing échappant subtilement au manichéisme. Grand prix du jury au Festival de Cannes, il défendra la France et ses quartiers (!) aux prochains Oscars.

09. L’Adieu à la nuit d’André Téchiné
Un film sur la radicalisation religieuse mettant en scène une fracture générationnelle et qui ne sombre jamais dans le pathos.

10. L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier
Un film intriguant de bout en bout (mais que préparent donc ces ados surdoués bizarres ?) où la musique électronique sombre de Zombie Zombie joue un rôle essentiel.

11. Grâce à Dieu de François Ozon
Un hommage à ceux qui ont le courage (et la foi oserait-on dire…) de briser le silence, et dont l’importance nous est rappelé par l’actualité de ce début d’année…

12. Once upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino
Un film tragi-comique sur le cinéma, l’un des plus touchants et nostalgiques (et des moins violents ! quoique…) de Tarantino.

13. Ad Astra de James Gray
Un autre film où Brad Pitt excelle ! Une aventure spatiale où le réalisateur américain préférés des critiques français (sinon pas loin) parvient à poursuivre son exploration des relations familiales.

14. La Favorite de Yórgos Lánthimos
Avec son habituel mélange de drôlerie et férocité, ici magnifié par Olivia Coleman (à qui les rôles de reines d’Angleterre réussissent bien), le sulfureux réalisateur grec revisite cette fois le film d’époque en costume.

15. Geen book : sur les routes du sud de Peter Farrelly
Un road movie drôle et émouvant inspiré d’une histoire vraie, du temps de l’Amérique ségrégationniste.

16. Tel Aviv on fire de Sameh Zoabi
Un autre exemple de comédie insolite autour d’un sujet lourd, cette fois… le conflit israélo-palestinien, oui oui c’est possible !

17. Le Traître de Marco Bellocchio
Le portrait classieux et fascinant de Tommaso Buscetta, l’un des premiers repentis de la mafia sicilienne Cosa nostra.

18. Sibel de Çagla Zencirci & Guillaume Giovanetti
L’histoire envoûtante d’une jeune femme en quête d’émancipation… ne « parlant » que le langage sifflé des montagnes turques !

19. So long, my son de Wang Xiaoshuai
Une fresque familiale déchirante, magnifiquement écrite et filmée. 40 ans d’histoire de la Chine en 3h05 dont on ne peut ressortir indemne.

20. Rêves de jeunesse d’Alain Raoust
Une ode à l’utopie où l’on retrouve une certaine… Estelle Meyer, récemment vue en concert à la Médiathèque lors du dernier Festival Les Aventuriers !! Lire l’article Les Aventuriers 2019, Clap de fin!

Et pour finir :
2 films d’animation particulièrement sensibles et émouvants : J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin et Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman & Eléa Gobbé-Mévellec.
Sans oublier pour un public plus familial : Toy Story 4 de Josh Cooley, Le Roi Lion de Jon Favreau et la relecture de Dumbo par Tim Burton

– et 1 film documentaire pour les fans de foot mais pas que : Diego Maradona d’Asif Kapadia.

Autres films de 2019 à voir disponibles en DVD :
Les Crevettes pailletées de Cédric Le Gallo & Maxime Govare, Qui a tué lady Winsley ? d’Hiner Saleem, La Mule de et avec Clint Eastwood, Arctic de Joe Penna, Les Météorites de Romain Laguna, Border d’Ali Abbasi, Vice d’Adam McKay, Une intime conviction d’Antoine Raimbault, Styx de Wolfgang Fischer…

Et du coté des meilleures bandes originales de films 2019 :
Disponibles en CD : Midsommar de Bobby Krlic, L’Heure de la sortie de Zombie Zombie, Grâce à Dieu des frères Evgueni et Sacha Galperine, Green book de Kris Bowers, Brooklyn affairs de Daniel Pemberton, Les Hirondelles de Kaboul d’Alexis Rault, Yesterday interprétée par l’acteur du film Himesh Patel…

Et à écouter en streaming sur diMusic depuis Eurêka : Douleur et gloire d’Alberto Iglesias, Roubaix, une lumière de Grégoire Hetzel, Au nom de la terre de Thomas Dappelo, Papicha de Rob, Yves de Bertrand Burgalat… et de nombreuses autres !

Le meilleur du meilleur dans la playlist YouTube ci-dessous :

Julien

Jacques Demy-Michel Legrand, inititateurs de la comédie musicale française.


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Originaire de Pontchâteau, près de Nantes, Jacques Demy est né en 1931, d’un père garagiste, et de mère  coiffeuse. Le père tient son garage jusqu’en 1934, année au cours de laquelle il décède. Il a toujours imaginé que son fils prendrait sa suite. Mais le jeune Jacques a d’autres projets en tête. Lui qui dès l’âge de quatre ans utilisait des marionnettes pour raconter des histoires, puis ensuite à neuf il utilise un petit projecteur de cinéma, et va même jusqu’à peindre la pellicule pour travailler à des films d’animations.

Fin 1944, il achète sa première caméra, et réalise alors des films avec des comédiens puis plus tard des documentaires, comme « Le Sabot » (1947) et « Le sabotier du Val de Loire » (1955). Dans les années 50’s, il réalise quelques courts-métrages, comme « Le bel indifférent » (1957), « La mère et l’enfant »(1959).


Dès 1961, Jacques Demy réalise le film qui va vraiment lancer sa carrière et le faire connaitre auprès du public. « Lola », avec Anouk Aimée, qui interprète le rôle titre, à savoir une danseuse-entraîneuse dans un cabaret nommé « L’Eldorado ». Tombée enceinte très jeune d’un aventurier, Michel, qui part en Amérique, elle élève son enfant seule puis avec un marin fraîchement débarqué de Chicago, qui lui rappelle Michel. C’est aussi grâce à ce film que l’actrice va voir sa carrière décoller.

Par la suite, il va tourner, dans la belle ville de Nantes, deux films qui vont devenir des classiques, tout d’abord « Les parapluies de Cherbourg », en 1964, film pour lequel il obtiendra la palme d’Or au festival de Cannes et le prix Louis Delluc. La comédie musicale à la française est née. Au casting, une certaine Catherine Deneuve. La musique est signée Michel Legrand.

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Grâce au succès international du film, Deneuve et Legrand verront leur notoriété exploser. Suite à ce très grand succès, Jacques Demy travaille sur le scénario des « Demoiselles de Rochefort »(1967), avec Catherine Deneuve et sa sa soeur, la regrettée Françoise Dorléac (photo ci-dessous), mais également le jeune Jacques Perrin (qui produira le film animalier « Microcosmos », sorti en 1996), les danseurs et comédiens américains Gene Kelly (connu notamment pour ses prestations dans « Chantons sous la pluie », aux côté de Fred Astaire), et Georges Chakiris, qui a signé une très belle prestation dans le film « West Side Story » (1962), aux côtés notamment de la jeune comédienne Nathalie Wood.

En 1970, il tournera « Peau d’âne » avec Catherine Deneuve dans le rôle titre avec également la star française Jean Marais. Michel Legrand composera évidemment la musique du film. Dans la foulée, Jacques Demy s’attaque à nouveau scénario, celui de « une chambre en ville »(un des rares films dont de Jacques Demy dont Michel Legrand n’a pas fait la musique, confiée à à Michel Colombier). Tout d’abord prévu pour être tourné en 1972, il subira de nombreux avatars (problème de productions, refus de comédiens), puis après moult péripéties, verra le jour en 1982, avec au casting une belle brochette de talents, puisque Dominique Sanda, Michel Piccoli, Jean-François Stevenin, Richard Berry, Danielle Darrieux. Du très lourd!

Au milieu des années 70’s, Jacques Demy écrit un scénario intitulé « Dancing »… qui attendra quelques années avant de voir le jour sous le titre « 3 places pour le 26 » (1988), avec au casting Yves Montand, acteur-chanteur, Mathilda May, mais aussi Françoise Fabian. Le film ne rencontrera pas un grand succès auprès du public.

Michel Legrand, né en 1932 à Paris, baigne dans un environnement musical, son père Raymond Legrand étant compositeur et sa mère n’est autre que la soeur du chef d’orchestre arménien Jacques Hélian. De 1942 à 1949, Michel Legrand étudie le piano et la composition sous la férule de Nadia Boulanger notamment. Mais loin de cet univers classique, il se prend de passion pour le jazz, après avoir découvert le trompettiste américain Dizzy Gillespie, avec qui il travaillera quelques temps plus tard, en 1952, à l’occasion de la venue en Europe du musicien. Véritable touche à tout, il pratique pas moins de 12 instruments! Devant tant de facilités, son père décide de l’introduire dans le milieu musical de Paris. Il devient ainsi arrangeur au célèbre cabaret des Trois Baudets, dirigé par Jacques Canetti, qui a vu passer Brel, Brassens, Gainsbourg… Legrand travaillera auprès d’Henri Salvador, Catherine Sauvage, ou encore Jacques Brel.

L’année 1954 marque un tournant dans la carrière de Michel Legrand. En effet, la firme Columbia, par l’intermédiaire de Jacques Canetti, lui passe une commande, composer des relectures de standards français en versions jazzy. Cet album, « I Love Paris », lui conférera une renommée internationale. Quatre ans plus tard, il fait connaissance avec trois monstres de l’histoire du jazz, Miles Davis, John Coltrane et Bill Evans, enregistrant avec eux « Legrand jazz ».

Les années 60, l’arrivée de la « nouvelle vague » au cinéma,  avec des noms comme Godard, Truffaut,  Chabrol, Demy, Varda, Resnais,  Rivette, vont permettre à Michel Legrand de démarrer une carrière dans le cinéma en tant que compositeur de musique. Dans les années 70, il ira aussi aux États-Unis, où aidé de Quincy Jones et Henry Mancini, il intégrera les studios de Hollywood et travaillera avec plusieurs grands noms du cinéma américain.

Bref, Legrand est partout, il touche à tout. Un bourreau de travail, travaillant sur plusieurs projets de front. Comme il déclare dans l’une de ses ultimes interviews, il « aime apprendre, changer de discipline, de style, d’univers, ça (lui) permet de garder l’esprit ouvert, vif, alerte ». Apprendre est son moteur pour tout projet dans lequel il se lance.

Nombre de stars ont eu le privilège de côtoyer, travailler avec lui. De la chanson française comme Claude Nougaro, Henri Salvador, Charles Aznavour, Nana Mouskouri, Franck Sinatra, du jazz avec Lena Horne, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, du classique comme Natalie Dessay, Kiri Te Kanawa, Jessye Norman, ou encore le monde la variété internationale avec Barbara Streisand. Sacré casting !

Lui et Jacques Demy ont donc écrits ensemble quelques unes des plus belles pages du cinéma français des 60 dernières années. Quant à Michel Legrand, outre donc son travail avec le réalisateur nantais, il a collaboré avec de très nombreux grands noms du cinéma français, mondial : Marcel Carné, François Reichenbach, Henri Verneuil, Yves Allégret, Jean-Luc Godard, Jean-Paul Rappeneau, Edouard Molinaro, Norman Jewison, Richard Brooks, John Sturges, Richard Lester ou encore Clint Eastwood, pour n’en citer que quelques-uns.

Disparu il y a tout juste un an, Michel Legrand, compositeur, musicien, producteur, chanteur, laisse une oeuvre musicale aussi considérable (200 musiques !!) que variée.

Je vous laisse donc (re) découvrir l’univers de ces deux grands noms du 7ème art, avec des musiques de films qui vous rappelleront sans doute des souvenirs de cinéma.

Guillaume.

Alfred Hitchcock-Bernard Hermann, maîtres de la psychose.


Quand on évoque le lien entre le cinéma et la musique, il est impossible de passer à côté de ce duo constitué de Alfred Hitchcock et Bernard Herrmann. Dans le cinéma américain des années 50-60, Alfred Hitchcock et sa silhouette ronde passe-partout, avait réussi à imposer, au travers de films aux genres différents ( j’y reviendrai), un style narratif très reconnaissable et une manière de filmer ses personnages très précise.

Alfred Joseph Hitchcock, réalisateur-producteur, est né à Londres en 1899. Issu d’une famille catholique, notamment par la filiation maternelle, d’origine irlandaise, Hitchcock va pour autant suivre une éducation dans un collège tenu par des jésuites. Comparativement à son frère et sa soeur, il passe une enfance marquée par la solitude, due surtout à son obésité précoce, se mettant alors à l’écart de ses camarades. Subissant parfois des punitions sévères de la part de sa mère, il s’inspirera de cela pour forger le portrait de Norman Bates (joué par Anthony Perkins), dans le film « Psychose ».
A 14 ans, suite au décès de son père en 1914, il part s’inscrire à la London County Council School of Enginering and Navigaton. Diplôme en poche, il se tourne alors vers l’écriture de petites nouvelles.

Plus tard, après un passage dans le monde la publicité où il peaufine ses talents de graphiste, il se tourne vers le cinéma au début des années 20. Engagé aux Studios d’Islington, il y fait ses armes. En 1923, profitant de la maladie du réalisateur de « Always tell your wife », il fait ses grands débuts derrière la caméra. Le pied à l’étrier, Hitchcock ne quittera plus ce rôle, lui l’amateur de suspense, d’humour noir, grinçant, amateur d’expressionnisme puisé dans le cinéma allemand, surtout Murnau.

Après une première tentative américaine dabs les années 30, décevante malgré des films qui deviendront des références comme « L’homme qui en savait trop »(1934), « les 39 marches »(1935), « La taverne de la Jamaïque » (1939) et des débuts avec le producteur David Selznick dans les années 40 pour qui il réalisera 4 films (« Rebacca », 1940 ; « La Maison du Docteur Edwardes », 1945 ; « Les Enchainés », 1946 ; « Le Procès Paradine », 1947), il décide de devenir son propre producteur, d’être ainsi totalement libre et maître de son travail.

Après un retour en Angleterre, il revient au pays du cinéma dans les années 50 et entame alors une période faste et réalise des films qui deviendront des « classiques » du cinéma. Pêle-mêle, outre « Rebecca »(1940) et « La maison du docteur Edwardes »(1945) déjà cités, viendront ensuite « Les amants du Capricorne »(1949), « L’inconnu du Nord-Express » (1951), »Le crime était presque parfait » (1954), »Fenêtre sur Cour » (1954), « La main au collet » (1955), « Vertigo » (1958), « La mort aux trousses »(1959), « Psychose »(1960), « Les Oiseaux »(1963). Chaque film est un bijou, que l’on ne se lasse pas de revoir. Intrigue, suspense, description des personnages, castings très judicieux, bref Hitchcock maîtrisait son art à la perfection.

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Castings : A propos des acteurs et actrices qu’il a eu devant sa caméra, on peut citer John Gielgud, Peter Lorre, Madeleine Carroll, Laurence Olivier, Maureen O’hara, Charles Laughton, Joan Fontaine, James Stewart, Kim Novak, Martin Landau, Cary Grant, Gregory Peck, James Mason, Ingrid Bergman, ou encore Grace Kelly… vous le voyez, une pluie d’étoiles du cinéma américain, à l’époque de l’âge du cinéma hollywoodien.

Personnage aussi mystérieux sur lui-même que directif sur les plateaux de tournage, Hitchcock avait toujours dans ses films deux stéréotypes concernant ses personnages principaux : L’homme était toujours un être élégant, séducteur, parfois naïf, fragile, parfois curieux plus que de rigueur, embarqué malgré lui dans une histoire qui le dépasse (James Stewart et Cary Grant ont incarnés ces rôles-là à merveille. L’héroïne, souvent interprétée par Kim Novak, Eva Marie-Saint, Grace Kelly, est un brin naïve, tombe sous le charme du héros et / ou le manipulent à dessein. Hitchcock traita tout au long de ses films de sujets aussi divers que la folie, l’espionnage, le polar, la voyeurisme.

Bernard Herrmann a d’abord travaillé chez CBS, entre 1934 et 1939, comme chef d’orchestre, pour illustrer les pièces radiophoniques diffusées à l’époque sur ce média incontournable. Il a démarré sa carrière en écrivant la musique du fameux « Citizen Kane »(1940) d’Orson Welles, pour qui il composera aussi la partition musicale de « la splendeur des Amberson »(1942).

C’est David Selznick, qui, en 1955, impressionné par le travail d’ Herrmann sur le film »Tous les biens de la Terre », facilite la rencontre avec Alfred Hitchcock. De 1958 à 1963, Herrmann compose des musiques pour des films de genres très différents comme l’aventure avec « le 7eme voyage de Sinbad », « L’île mystérieuse » (1961) ou le fantastique avec « Jason et les Argonautes » (1963).

Outre d’avoir composé les musiques de beaucoup de films d’Alfred Hitchcock, Herrmann travaillera avec des réalisateurs très différents comme Robert Stevenson (« Jane Eyre », 1944), Joseph Mankiewicz (« L’aventure de Madame Muir », 1947 ; « L’affaire Ciceron », 1954), Martin Scorsese ( « Taxi Driver », 1976) ou Robert Wise (« le jour où Terre s’arrêta », 1951), François Truffaut (« Farenheit 451 », 1966 ; « La mariée était en noir », 1967), Brian de Palma (« Soeur de sang », 1973 ; « Obsession », 1974).

Musicien qui s’est adapté à tous les genres de cinéma, Bernard Herrmann a cotoyé les plus grands du cinéma du 20ème siècle. Il laisse une oeuvre très importante et remarquable par sa qualité.

N’hésitez pas à vous plonger ou à redécouvrir sa musique, cela vous emportera sans doute ou vous rappellera des souvenirs de cinéma, et vous donnera pourquoi pas l’envie de revoir des films d’Hitchcock et les autres.

Guillaume.

Les loups s'invitent à la Médiathèque !


L’animal fascine depuis la nuit des temps. Solitaire ou en meute, il se déplace dans de nombreuses contrées, des Pyrénées orientales aux forêts de  la Pologne, du grand nord canadien aux  grands espaces américains.
Longtemps associé au Diable, au Mal, craint par les enfants, redouté par les adultes, notamment les éleveurs de chevaux et de troupeaux de vaches, brebis, moutons, cet animal mystérieux à été et reste encore sujet de légendes, d’histoires, de contes pour les enfants, de films documentaires, de films. C’est pourquoi la médiathèque de Fontenay a décidé de mettre un coup de projecteur sur cet animal mal connu.

Samedi 18 janvier 2020, contrairement à la fameuse chanson de serge Reggiani, les loups n’entreront pas dans Paris mais a la médiathèque de Fontenay, qui accueillera, de 17h à 18h30, la journaliste et auteure Caroline Audibert, pour son livre « Des loups et des hommes » (Editions Plon, 2018), dans le cadre de la manifestation « Les sciences des Livres » (manifestation départementale du Val-de-Marne). Ensuite une vente-signature aura lieu.

Si vous arrivez en avance, vous aurez la possibilité de découvrir l’exposition d’oeuvres lupestres réalisées par Luc Arrigon (peintre calligraphe), Dana Radulescu (graveure),Valérie Stetten (illustratrice) et Vincent François (plasticien), tous membres du collectif d’artistes de La Fonderie, lieu de création artistique pluridisciplinaire située rue de Neuilly à Fontenay-sous-Bois. C’est le début du programme de « La nuit des Bibliothèque »(manifestation culturelle nationale), à laquelle s’associe cette année la médiathèque Louis Aragon.

Dès 19h, le public aura l’occasion d’écouter une « meute de loups »-harmonicistes. Luc Arrignon, homme à l’harmonica (parallèlement à son travail de calligraphe), viendra avec sa meute de louveteaux âgés de 8 à 65 ans, ils feront résonner leurs instruments aux sons des hurlements de loups.

A 20h, pendant une heure et quart, avec « Le Bal des Loups », Virginie Basset et Patric Rochedy nous feront voyager dans l’univers de cet animal méconnu, à la réputation de tueur de troupeaux, parfois solitaire, sauvage. Le spectacle s’adresse à toutes et tous à partir de 10 ans. Puis après le spectacle, de 21h à 22h une rencontre aura lieu autour de la relation de l’homme au loup. A 22h, la meute reviendra nous offrir ses sonorités avant de disparaître dans l’obscurité de la nuit. Parallèlement à la rencontre, des lectures en cabine seront proposées au public (petits et grands) de 21h30 à 23h.

Nous vous attendons donc nombreux, nombreuses pour venir participer à ces moments qui s’annoncent forts joyeux et intéressants. N’oubliez pas de réserver car le nombre de places est limité. Informations et réservations au : 01.49.74.79.60.

En attendant, je vous laisse avec quelques titres évoquant cet animal mystérieux, mais également des extraits de films ou dessins dessins animés, qui parlent de façon romancée, contée, mise en musique, ou portées à l’écran, cet mythique qu’est le loup.

Guillaume.

Woodstock 1969 : Musique-Paix-Amour.


En 1969, alors qu’en France un artiste décrète par la voix de sa muse anglaise que ce sera une année érotique, aux Etats-Unis, c’est une révolution en douceur, qui va s’opérer, après des années de tumultes liées successivement à l’établissements des droits civiques pour les noirs à l’égal des blancs, aux assassinats de John Fitzgerald Kennedy à Dallas en 1963, puis de son frère Bobby en 1968, le soir de son investiture pour la future campagne présidentielle, et de Martin Luther King, pasteur qui lutta pendant des années pour la fin de la ségrégation des noirs dans son pays. Sans oublier la Guerre du Vietnam, qui divisa fortement le pays.

Le festival est né de l’idée de 2 garçons, Michael Lang, déjà organisateur d’un précédent festival « Miami Pop Festival », Artie Kornfeld, alors vice-président  de Capitol Records. Leur volonté, réussir à réunir du monde pendant 3 jours, sous la bannière de la musique et de la paix, en plein air, de façon totalement gratuite, relevait du tour de force. Aidés de 2 jeunes entrepreneurs, ils mettent le projet en route. Devant se dérouler près de Woodstock, le festival est finalement délocalisé à 100 kms de là, mais garde son appellation originelle. Ce sera finalement sur un terrain immense de 243 hectares. Prévu pour accueillir 50.000 personnes, il en accueillera donc dix fois plus.

Mais le pari, fou, est très vite gagné. Arrivent des 4 coins du monde, jeunes, moins jeunes, de tous horizons sociaux, professionnels, étudiants, hippies, de toutes religions ou origines, dans le seul et unique but de communier autour de la musique et de la paix, dans le respect et la tolérance, pendant 3 jours. C’est près de 500.000 personnes qui déboulent sur la fameuse colline du Comté de Sullivan, dans l’Etat de New-York. Un peu dépassé par le nombre de spectateurs, les organisateurs doivent se résoudre à laisser le public s’installer sur place, camper, dormir à même le sol, malgré la météo déplorable (la pluie elle aussi participe de sa présence). Des files interminables de voitures garées sur des kilomètres, de gens marchant à pieds en file indienne vers le lieu du festival, vers la grand messe tant attendue. Rien, décidément rien, n’arrête le déroulement de ce rendez-vous qui va devenir mythique, marquer l’histoire, musicale et sociétale du 20 ème siècle.

Pour attirer tout ce monde, il faut que l’affiche musicale soit au niveau. Et elle l’est. Jugez plutôt : Joe Cocker, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Canned Heat, Mountain, Carlos Santana, Joan Baez, Jefferson Airplane, The Who, Richie Havens, Ten Years After, Sly and the Family Stone, Crosby Stills Nash & Young, Johnny Winter, The Band… Plateau exceptionnel donc!!! et très éclectique en terme de style musical, puisque l’on va du blues, au rock en passant par la soul, le rhythm’ and blues. Si hélas certaines têtes d’affiches n’ont pas connu une carrière longues, fauché.e.s en plein vol par le cocktail célébrité-tournée-consommation de médicaments et autres produits illicites, je pense notamment à Janis Joplin et Jimi Hendrix, morts tous les deux à l’âge de 27 ans (« complété » plus tard par Jim Morrison, Kurt Cobain, Jeff Buckley, Amy Winhouse), pratiquement tous les autres mèneront de grandes carrières solo ou en groupe.

Car oui, si ce festival connaîtra un succès absolument colossal au vu du public présent, c’est surtout par l’aspect lié à la libération des mœurs, au changement des mentalités, que ce festival sera associé, tout comme le sera celui de l’Ile de Wight. En effet, à la bascule des années 60-70, si le courant hippie est très présent, avec son cortège de signes de reconnaissance, allant de la coiffure (cheveux longs pour garçons et filles), vestimentaire (les jeans, chemises à fleurs, fleurs dans les cheveux, bijoux, colliers, bracelets), et la naissance de la vie en communauté (début de la volonté de refaire le monde, autosuffisance alimentaire, culture partagée), et bien entendu un discours politique porté vers la volonté de paix, venant d’une jeunesse qui vit de plein fouet la guerre du Vietnam et ses conséquences.

Vous le voyez, la devise du festival « 3 jours de musique et de paix » prend ici toute sa mesure. Le public présent sympathise, fraternise, échange dans plusieurs langues. Le début d’une nouvelle ère. Une cassure nette et définitive avec les années post seconde guerre mondiale, ou la rigueur, les carcans éducatifs, l’omniprésence des religions catholique, mormone, protestante, oui tout cela vole en éclat à l’occasion de cette grand messe champêtre le temps d’un week-end.

Dans la foulée de ce rendez-vous, la mode hippie, le flower power vont prendre leur essort, accompagnant le changement d’époque et obligeant la société américaine à accepter cette évolution, ce changement de moeurs. Liberté d’aimer, liberté de penser, liberté d’être.

La société américaine ne sera plus jamais comme avant.
Musicalement, un courant musical apparaît, sous la forme de groupes au style planant, avec des morceaux très longs, favorisant la rêverie, l’évasion vers des paradis artificiels. Au tournant des 70’s, Pink Floyd, Barclay James Harvest, Genesis, Yes, et enfin Marillion en seront les têtes d’affiche.

Au festival, à l’image du groupe The Who chantant « My generation », de Jimi Hendrix interprétant à sa façon l’hymne américain « Star Spangled Banner », en pleine période de guerre du Vietnam, ou de Janis Joplin interprétant une version bouleversante de « Summertime », initialement un titre de Billie Holiday, ou encore la présence du génial musicien indien de Sitar Ravi Shankar, « Woodstock, 3 days of peace and music » a généré de grands moments, de très beaux souvenirs pour le public et les musiciens. A signaler, chose rare pour l’époque, si bien sûr il y a des concerts en journée, le festival se poursuit de nuit, les groupes se succédant sur la scène. Ce qui donne parfois, selon les prestations, des ambiances très calmes, planantes.

Si vous souhaitez vous replonger dans l’ambiance de cet évènement, vous pouvez vous procurer le superbe documentaire réalisé par Michael Wadleigh, « Woodstock, 3 jours de musique et de paix ». 3h45 de pur bonheur!

A celles et ceux qui ont des souvenirs, à celles et ceux qui en ont entendu parler, à celles et ceux qui ne le connaissent pas, je vous laisse en compagnie d’un certain nombre des artistes qui se sont produit lors de ce festival devenu mythique à plus d’un titre.

Burton / Elfman, duo inséparable.


Pour démarrer 2020, remis des agapes traditionnelles et son cortège de bulles notamment, j’avais envie, après Leone-Morricone, Spielberg-Williams, Besson-Serra, d’évoquer ici un quatrième duo de cinéma réalisateur / compositeur de musique de film, à savoir l’association entre le réalisateur-scénariste-producteur Tim Burton et son acolyte de toujours, le musicien Danny Elfman.

Le premier souvenir que j’ai de l’univers concocté par l’alchimie de ces deux talents, fut quand j’ai découvert au cinéma le film génial qu’est « Edward au mains d’argent ». Un film brillant, drôle, grinçant, qui met en avant un Johnny Depp brillantissime dans le rôle d’Edward, ce personnage aux mains en forme de ciseaux, au sein d’une petite ville de province dans l’Amérique des années 50. Un formidable plaidoyer sur la tolérance, le respect de la différence.

Tim Burton n’est pas un cinéaste qui se laisse enfermer dans un genre cinématographique. Sa filmographie parle pour lui, puisqu’il a exploré aussi bien le monde l’animation, avec des films comme « Noces Funèbres », « L’étrange Noël de Monsieur Jack » en tant que co-scénariste), « Frankenweenie », « James et la pêche géante » ou encore « Vincent », les grosses productions hollywoodiennes telles la série des Batman (« Batman », « Batman returns » et « Batman forever »), avec dans chaque film tout ce qui le caractérise, à savoir la noirceur, la dérision, l’ironie, sur fond de critique du monde tel qu’il est aujourd’hui, servi par des castings étincelants, puisqu’on retrouve aussi bien Michael Keaton (Batman), Jack Nicholson (The Joker), Michelle Pfeiffer (Catwoman), Christopher Walken (Max Shreck), ou encore Danny de Vito (Osvald Cobblepot).

Dans le dernier volet, Burton réunit là aussi un casting de prestige avec Val Kilmer (Batman), Chris O’Donnell (Robin), ou encore le génial Tommy Lee Jones, les talentueuses Drew Barrymore, Nicole Kidman et le fantasque comédien Jim Carrey.

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Il a aussi réalisé « La planète des Singes », avec là aussi une distribution 5 étoiles, jugez plûtot : Marc Wahlberg(« Boogie Nights », « Les infiltrés » avec Leonardo Di Caprio), Tim Roth (« Reservoir Dogs », « Pull Fiction »), Michael Clarke Duncan (« La ligne verte », « Armageddon », « La planète des Singes », « Sin City », avec Mickey Rourke), Helena Bonham Carter (« Frankenstein », avec aussi Robert De Niro et Kenneth Brannagh), ou encore le chanteur de country-folk et comédien américain Kris Kristofferson, et la présence de Charlton Heston ( « Ben Hur », « Les Dix Commandements »), et Linda Harrison, qui étaient les rôles principaux de la première version de ce film réalisé en 1968 par Franklin J. Shaffner. Mais à côté de ça, Tim Burton nous a aussi offert des films pleins de poésie, tels « Charlie et La Chocolaterie », « Alice in Wonderland », un biopic sur le comédien-réalisateur-producteur Ed Wood, des films plus ténébreux comme « Dark Shadows », inspiré d’une série des années 60-70’s. Son acteur fétiche, tout au long de sa filmographie reste sans conteste le fantasque Johnny Depp avec qui il a tourné 7 films.

Bref le gars est éclectique, brillant, et la réussite est souvent là, en terme de succès critique et populaire, ce qui lui permet d’être encore aujourd’hui assez libre dans ses choix de films.

Mais son oeuvre ne serait pas ce qu’elle est sans le travail, à ses côtés, depuis de très nombreuses années, du compositeur Danny Elfman. Issu d’un père militaire et d’un mère romancière, il grandit à Los Angeles. Adolescent, il décide de partir rejoindre son frère aîné à Paris, et joue du violon dans la troupe du Grand Magic Circus, dirigée par le comédien et metteur en scène Jérôme Savary.

En 1973 il rejoint le groupe formé par son frère, une formation orienté New Wave, voire parfois attirée par le ska, genre musical issu de la Jamaïque, popularisé en Europe par le groupe anglais Madness et son fameux tube « One step beyond ». Il compose en 1982 sa première musique pour le film de son frère « Forbidden zone », puis rencontre Tim Burton en 1985 et compose la musique de « PeeWee Big Adventure ». La collaboration entre les deux hommes est lancée. Après ce premier essai, il écrira les musiques de : « Beetlejuice », « Batman », « Batman returns », « Edward aux mains d’argent », « Mars attacks ! », « Sleepy hollow », »La planète des Singes » ou encore « Les noces funèbres », « Big fish », « Dark shadows »… Bref une sacrée collaboration, qui a accouché de très beaux succès.

Mais Danny Elfman n’a pas travaillé uniquement avec ce génie de Tim Burton. Il a en effet composé des musiques pour de très illustres réalisateurs tels que Martin Brest (« Midnight Run »), Warren Beatty (« Dick Tracy »), Henry Sellick (« L’étrange Noël de Monsieur Jack »), Brian de Palma (« Mission : Impossible »), Barry Sonenfeld (« Men in Black) ou encore Sam Raimi (« Spider-man » et « Spider-man 2 ». Il a également travaillé pour la télévision, puisque c’est à lui que l’ont doit la musique des fameux « Simpsons », et des célèbres « Desperate Housewives » et les « Contes de la Crypte ».

Pour autant donc, le travail du duo Burton-Elfman est assez remarquable, et en général le public retient bien l’ambiance, le climat sonore créé par le compositeur pour illustrer le récit du réalisateur.. La marque des très grands. Espérons que ce duo, qui travaille ensemble depuis bientôt 35 ans soit encore prolixe dans les années qui viennent, pour notre plus grande joie.

En attendant, je vous laisse avec un florilège de musiques de films de Danny Elfman, à écouter ou découvrir.

Bonne année à vous toutes et tous.
Qu’elle vous apporte cinématographiques et de belles musiques de films.

Guillaume.

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Joyeux Noël & Bonne Année ! Happy New Year ! Feliz Ano Nuevo !


Chères et chers lecteurs de ce blog, où que vous soyez, de France où des 4 coins du monde, l’équipe de Sème La Zic vous souhaite de passer de très belles fêtes de fin d’année dans la joie, le bonheur, le partage, la paix. Nous tenons à vous remercier d’avoir été encore plus nombreux et nombreuses cette année à nous lire, à nous suivre. Cela nous incite à toujours nous améliorer, et nous motive pour continuer. Merci de votre confiance.

Nous vous donnons rendez-vous en 2020 pour de nouvelles aventures musicales.

En attendant, pour bien accompagner vos soirées à venir, entre ripailles, rires et connivences, et faire la fête, nous vous proposons un florilège musical.

Bonnes fêtes à toutes et tous !

L’équipe de Sème La Zic.

Les Aventuriers 2019, Clap de fin!


Pour sa 15ème édition, le festival des Aventuriers aura une fois encore révélé son lot de bonnes surprises. Je ne m’attarderai pas sur les déceptions. A noter que parmi la programmation figuraient 8 femmes (La Dame Blanche, Muthoni Drummer Queen, Soom T & the Stone Monks, Suzane, Yugen Blakrok, Irene Dresel, La Chica, Estelle Meyer). Une volonté affichée de la part de la programmation de montrer qu’aujourd’hui les femmes ont bel et bien toute leur place dans le monde macho-masculin de la musique, comme le démontre le très beau film documentaire « Haut Les Filles » de Luc Armanet et Bayon, qui fut programmé au cinéma Kosmos le 16 décembre.

La première des satisfactions tient à la fréquentation, qui malgré les difficultés à trouver des transports, s’est avéré encore une fois plutôt satisfaisante pour les organisateurs (Service Culturel). A titre personnel, ayant assisté à plusieurs concerts du festival, voilà mon palmarès du cru 2019 :

-La première soirée, le 11 décembre, avec la rappeuse cubaine La Dame Blanche, qui dès son entrée théâtrale (cigare cubain aux lèvres, excusez du peu !) sur la scène de l’EGP a mis la foule dans sa poche. Une belle présence, un art consommé de la scène, et un set d’une heure parfaitement mené ont conquis le public présent pour cette soirée d’ouverture.

Le lendemain, j’ai été, comme le public dans la salle, très agréablement surpris par la prestation scénique de groupe Normcore, dont les membres se sont rencontrés lors des éditions précédentes du festival. Comme quoi, un festival ça sert aussi à ça, et le destin fait le reste. Une prestation très péchue, 4 garçons qui se donnent à plein… et le résultat fut là, le public étant conquis par ce jeune groupe. A revoir sur d’autres scènes.

La rappeuse Yugen Blakrok et son DJ, duo sud-africain venus de Marseille au pied levé remplacer l’artiste initialement prévue (Dope Saint Jude), ont livré une belle performance, mélange subtil de rap et de nappes électro. Le tout fonctionne très bien. Ensuite, Muthoni Drummer Queen, venue du Kenya, accompagnée de 2 danseuses et de musiciens, livra le 13 décembre, une prestation endiablée, chaleureuse. La salle fut encore une fois sous la charme de cette artiste.

Avant de terminer, je ne peux pas passer sous silence le très joli moment offert par Estelle Meyer, au public venu l’écouter à la médiathèque Louis Aragon le 14 décembre dernier. Une heure de bonheur, en mode piano-voix, entre textes intimistes et plus osés, mais avec une écriture superbe et parfois très poétique. Une chanteuse rayonnante, qui aime à se rapprocher du public, à circuler parmi ses rangs. Bref, ce fut un joli concert donné par une artiste généreuse. Au piano, Grégoire Letouvet, pour qui c’était la première au côtés d’Estelle Meyer, a sû parfaitement accompagné Estelle Meyer. Le public est sorti conquis de ce concert.

Enfin, comment ne pas évoquer la bondissante Suzane, seule en scène avec son synthé, véritable caméléon scénique, bondissante, qui enflamma la scène de L’EGP le 17 décembre, passant du morceau virevoltant au plus tragique, avec des références aussi élargies que Brel, Mylène Farmer, et un sens aigu de l’écriture. Ancienne serveuse dans un restaurant, théâtre professionnel où elle fit ses ses premières armes d’écritures après observations, elle a déjà une belle maîtrise de la scène. Si elle passe près de chez vous, ne la ratez pas! Un vrai talent !

Pour clore cette quinzième édition, Richard Kolinka a convié quelques ami.e.s. à venir faire la fête sur la scène de la salle Jacques Brel, . Ainsi le public pourra apprécier les prestations de Cali, Jeanne Cherhal, Bachar Mar Khalifa, Stéphane Eicher entre autres. A noter qu’une sculpture magistrale, un cavalier Samouraî réalisée par Fabrice Brunet a troné sur la scène. Un double rappel, puisque cette oeuvre avait été emmenée en tournée en 2006, par Kolinka et consorts (Bashung, Raphael, Aubert, Cali), et qu’elle figure parmi les nombreuses très belles oeuvres présentées actuellement à la halle Roublot, dans le cadre de l’exposition « Ciel Terre Homme » qui se tient jusqu’au 22 février 2020.
La soirée fut belle, bien que longue à prendre son vrai envol. De belles et émouvantes prestations signées tour à tour Jeanne Cherhal ( « l’an 40 », « Tombé du ciel » en hommage à Jacques Higelin), Mademoiselle K dans un registre plus rock ou Bachar Mar Khalifa, mélangeant sonorités arabes et musique rock, sans parler de Stéphane Eicher, qui visiblement affaibli et marchant avec une canne, nous livra quelques-uns de ses joyaux et une superbe version de « Déjeuner en paix ». La suite, après l’arrivée sur scène de Jean-Louis Aubert,  offrit au public près d’1h de rab musical.. en mode Téléphone… »ça c’est vraiment toi », »New-York avec toi », « la bombe humaine », et une reprise en duo avec Cali de « One » du groupe U2. Cali se fendant même de reprendre « Beds are burning » de Midnight Oil.
Bref la fête fut belle pour cette 15ème édition du festival des Aventuriers.

Rendez-vous l’an prochain, pour une nouvelle édition de ce festival qui est devenu un vrai temps fort de la vie culturelle à Fontenay-sous-Bois.

Guillaume.

Irene Dresel, la techno en douceur.


Samedi 14 décembre, après avoir assister à la conférence avec Eric Tandy puis au concert d’Estelle Meyer à la médiathèque Louis Aragon (un superbe moment, entre douceur et chaleur humaine), les plus courageux-geuses ont rejoint la foule qui sera venue écouter Irène Dresel à l’Espace Gérard Philipe. Cette jeune femme, au look de Judith Henry (actrice française qui a un peu disparu des radars), proposera au public présent une techno très aérée, un brin sophistiquée.

Elle aussi passée (et diplômée ) par les Beaux-Arts, Irène Dresel n’hésite pas à concocter une recette musicale qui attire le spectateur autant qu’elle peut parfois le repousser. Si l’écoute s’avère parfois un exercice de style, aller « rencontrer » l’artiste sur scène relève toujours du meilleur moyen de juger.

Depuis ses débuts, Irène Dresel a eu l’occasion de fouler les planches de différents festival comme le Printemps de Bourges, Fnac Live, Nuits Secrètes. Autant d’occasion de conquérir, d’élargir son audience, de présenter sa musique, captivante autant que spatiale. Elle a également joué dans de grands salles tels des Zénith, à l’occasion de première partie d’artistes comme Rone.

Irène Dresel, qu’elle soit seule en scène, ou peut-être en duo avec le percussionniste Sizo de Givry, nous offrira son univers technoïde, fait de beat répétitifs, un rien allégoriques, qui parfois vous emmène dans des songes.

Cette musicienne-productrice, retirée du monde parisien pour le calme apaisant de la campagne, a néanmoins produit ces dernières années pas moins de 2 EP (« Rita » en 2017 ; « Icône » en 2018 ), et un album, paru au printemps 2019, « Hyper Cristal », qu’elle nous présentera à l’occasion de ce festival. Mélange de basse très présente et de nappes synthétiques quasi hypnotiques, le style de Irène Dresel est là. Désireux de nous attraper, de nous emmener, de nous transporter, le temps d’un disque, d’un concert.

Guillaume.