Nos samples rendez-vous #21: Arsenik et William Bell


Villiers le Bel, Juin 2002, Lino et Calbo, les frangins du groupe Arsenik, nous offrent leur vision du monde sur leur second album “Quelque chose a survécu”. Le track en question, c’est “Regarde le monde” ou les deux mc’s ouvrent leurs coeurs à leurs enfants respectifs. Les deux papas font un speech à leurs bambins sur ce qu’est le monde dans lequel ils vont grandir, sur leurs propres parcours aussi. C’est l’un des textes les plus poignants du groupe, si vous voulez mon avis.

Le morceau produit par l’historique Djimi Finger reprend le sample d’un classique de la soul de la fin des années 60, le fameux “I forgot to be your lover” de William Bell ou le chanteur de Memphis, l’une des stars du label Stax, présente ses excuses à sa bien aimée pour l’avoir mise de côté, pas considérée à sa juste valeur et promet de se rattraper.

Au delà du texte qui bien que joli, est assez classique pour ce type de balade, c’est bien la mélodie qui marque les esprits, les arrangements de Booker T. Jones sont intemporels.

Et si les rappeurs du secteur A ne s’y sont pas trompés en utilisant cette boucle, ils ne sont pas les premiers artistes hip hop à s’en servir, 1 an plus tôt, en Californie, Alchemist concocte un beat quasi identique pour ceux qui allaient devenir l’un des groupes phare du hip hop underground west coast: Dilated peoples.

Le morceau c’est “Worst comes to worst” et même si, franchement j’adore le track d’Arsenik, celui-ci est encore un cran au dessus, Evidence et Iriscience se régalent au rythme des scratchs de leur DJ Babu et se payent le luxe d’être accompagné par l’incomparable Guru, qui dit mieux? C’est tout simplement pour moi, le meilleur morceau de Dilated, qui possède pourtant une discographie bien fournie, mais y’a pas, dès que j’entends les premières notes, quinze ans après, je monte toujours le son et ma tête bouge, c’est instantané!!!

 

Laurent

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Cage the Elephant, de l’énergie sans filet!


Cage The Elephant est un groupe de rock américain formé en 2006 et qui s’est transporté à Londres dès 2008. Composé de Matthew Shultz (chant), Brad Shultz et Nick Bockrath (guitares), Matthan Minster (claviers), Daniel  Tichenor (basse), Jared Champion (batterie), le groupe américain vient de publier « Unpeeled », leur 6ème album depuis le premier paru en 2008, réalisé durant la tournée américaine de l’été 2017, en mode acoustique.

Je ne connaissais pas ce groupe jusqu’au jour récent où je les ai découvert récemment en première partie du dernier des 3 concerts donnés par les Rolling Stones à Nanterre, dans la nouvelle Arena de 40.000 places. Autant dire que pour ce sextet, ce privilège relevait pour eux d’une opportunité unique, extraordinaire! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont accompli leur tâche sans faillir.

Mais revenons à leur album, « Unpeeled », sorti cette année. Il contient… 21 titres!! Rien que ça, marque l’audace des garçons de Cage The Elephant. D’entrée, l’atmosphère qui vous saisit est celle des 70’s, époque d’une pop électrique très élaborée, avec des effets, matinée parfois de sonorités issues de l’Inde ou d’ailleurs, comme l’ont fait les Beatles, Led Zeppelin, ou encore les Doors. Le groupe compose des mélodies qui vous rentrent facilement en tête, et le chanteur possède un joli timbre de voix, très expressif. Sur scène le bougre est un véritable zébulon, une boule d’énergie, une mix entre Mick Jagger, David Bowie, Syd Vicious et Iggy Pop. Les morceaux s’enchainent, en légèreté, nous proposant une pop bien ficelée, agréable à l’écoute. L’énergie qui se dégage des morceaux est, sur scène, rendue encore davantage présente.

Alors, cet « Unpeeled » ici en mode acoustique, est une petite pépite à découvrir. N’hésitez surtout pas!

Guillaume.

# La playlist de novembre : la chanson contestataire


visuel playlist chanson contestataire-page001La musique adoucit les mœurs… Mais elle permet aussi d’exprimer sa colère, de protester. De tout temps, nous avons utilisé et utiliserons nos voix et nos instruments pour se faire entendre. Rap, punk, reggae, rock, chant révolutionnaire, jazz, pop, tous les styles musicaux témoigneront et symboliseront les revendications des hommes.

Bonne écoute !

Carine

Tyler, the creator se réinvente avec Flower boy.


 

Pas spécialement fan d’Odd Future au départ, ou de la carrière solo de Tyler, the creator son lead, mais ce nouvel opus a fait tellement de bruit que je me suis dit que j’allais lui donner sa chance. J’avoue que j’avais un peu peur que l’annonce du coming out de Tyler, chose assez rare dans le milieu hip hop, pour être mentionnée, ait eu un tel effet de buzz que le disque n’avait été survendu. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas le cas!!!

“Flower boy”, dont le titre au départ, était “Scumfuck flower boy” (je me passerais de traduire…) est, je pense, le meilleur produit du rappeur Californien.

Le titre a donc été un peu édulcoré, ce qui n’est pas vraiment l’habitude de l’artiste et ça aussi, ça a attiré mon attention, Tyler, the creator et son ancien groupe était plutôt un collectif assez trash, avec des paroles assez tranchées et surtout un côté visuel très travaillé et bien hardcore!!! Alors, pourquoi ce revirement? Tyler a t-il changé?

En fait, non pas vraiment… Il a mûri, c’est sûr, mais au fond, le gars reste le même, ce personnage décalé, mais hyper talentueux du hip hop Californien. C’est plutôt l’ambiance du disque qui est différente, moins dark, même si sur certains morceaux comme “Who dat boy?” on retrouve l’atmosphère films d’horreur qu’on pouvait ressentir sur “Cherry bomb” ou sur les projets d’Odd future. C’est plus mélodieux, plus intimiste aussi et franchement l’écoute n’en est que facilité pour ceux qui, comme moi ne sont pas particulièrement adeptes du style de Tyler. Le disque est aussi plus court, environ 50 minutes et a du coup, moins de temps faibles, ce qui me dérangeait aussi sur l’opus précédent.

Les acolytes habituels sont présents avec Frank Ocean évidemment, mais aussi Lil’ Wayne et ASAP Rocky qui ont déjà été crédités sur les albums précédents de Tyler. Quelques petits nouveaux cependant, notamment avec la sublime voix d’Estelle qui vient accompagner le morceau central du disque “Garden shed”, où Tyler parle sans ambiguïté de sa sexualité.

“911/Mr. Lonely” avec son sample de Gap band est mon autre gros coup de coeur du disque, avec encore une fois Frank Ocean en featuring, mais aussi l’excellent guitariste de The internet, Steve Lacy.

Voilà, en conclusion, un disque qui m’a fait changé d’avis sur un artiste et c’est tant mieux, je vous laisse vous faire votre avis avec ces deux morceaux ci-dessous et bien sûr, le disque dans les bacs de la médiathèque.

 

Laurent

Mister Bennett en 5 chapitres !


Oui je sais, vous vous dites : « Quoi encore un article sur Tony Bennett! »… Je vous comprend. Si la fois précédente c’était pour chroniquer le concert triomphal du crooner à L’Olympia fin juin, cette fois-ci c’est à l’occasion de la réédition en coffret, sorti en 2015 chez Columbia/ Sony, de 5 albums du crooner américain. Histoire de faire un petit tour dans l’œuvre de ce chanteur.

5 albums différents répartis en 2 périodes, puis mis à part « I Left my heart inSan Francisco » paru en 1962, les 4 autres albums ici regroupés concernent la période 1992-1995, période au cours de laquelle le crooner va revenir sur le devant de la scène, conquérir un nouveau public, avec quatre albums renfermant des univers musicaux très différents :

Ca commence par un hommage à son alter ego Frank Sinatra avec « Perfectly Frank » paru en 1992. La pochette en noir et blanc, est une photo de Frank Sinatra jeune se produisant sur la scène d’un cabaret, entouré d’un petit orchestre. Des titres comme « I fall in love too easily », « Night and day », « You go to my head », The lady is a tramp », « Day in, day out », « Call me irresponsible », autant de standards immortalisés par « The voice », ici chantés par Tony Bennett et sa voix si particulière. Un régal!

Ensuite, dans la foulée, il enregistre en 1993 « Steppin out », qui se veut un album en hommage à Fred Astaire, l’un des plus grands danseurs de claquettes américains, qui, avec Gene Kelly, ainsi que la talentueuse Ginger Rogers, a écrit les plus belles pages du cinéma hollywoodien dans le domaine de la comédie musicale. Accompagné d’un trio piano-contrebasse-batterie, Bennett se ballade avec une joie non cachée dans cet univers swinguant, virevoltant. 18 titres qui sont un bonheur à écouter, savourer, découvrir.

En 1994, il profite de la vague initiée par la chaine musicale américaine MTV et sa série de concerts acoustiques (Unplugged) pour se plier à l’exercice, comme d’autres artistes avant lui, tels Eric Clapton ou Nirvana. Toujours entouré d’un trio piano-contrebasse-batterie, aussi précis qu’une montre suisse, ce soir-là, Tony Bennett donne toute sa mesure et régale le public d’une superbe performance vocale. A savourer!

Enfin, le dernier album ici présenté dans le coffret est « Here’s to the ladies » (pas besoin de traduire, n’est-ce pas mesdames!). A l’origine, « Here’s to the ladies » devait être un album de Franck Sinatra. Pour des raisons de business, ça ne s’est pas produit! Bref bien des années plus tard,  Tony Bennett a donc décidé de s’y coller. Au menu, de superbes interprétations de titres comme « I’m in love again », « Somewhere over the rainbow », ou encore « I got rhythm ».

Ce coffret permet un voyage dans le temps, dans l’histoire du jazz, du swing à la variété en passant par le jazz cool, guidé par la voix magique de Tony Bennett!
A ne pas rater!

Guillaume.

Les Soulections #6 : The Delfonics


Vous allez dire que je boycotte la Motown au privilège du Philly sound, rassurez-vous, on y viendra tôt ou tard, y’a eu tellement d’artistes de qualité sur le label de Detroit, mais pour le moment, restons sur des formations un peu moins célèbres (chez nous en tout cas).

Fans de Quentin Tarantino, levez la main si vous avez déjà chantonné les tubes Soul diffusés dans ses films… Plusieurs de ses sons étaient issus d’un groupe bien connu de Philadelphie: Les Delfonics.

Composé des frère Hart, William et Wilbert ainsi que de Greg Hill, les Delfonics sont l’une des formations avec les musiques les plus romantiques dans les années 60/70, à leur actif seulement une dizaine d’albums, c’est pas énorme mais cette discographie est pleine de hits qui vous resteront en tête dès que vous les entendrez.

Avec des titres tels que “La la la means i love you” ou “Didn’t i blow your mind this time?”, vos soirées romantiques sont assurées de bien démarrer, il faut savoir également que malgré leur relative brève discographie, les Delfonics reste l’un des groupes les plus samplés dans le hip hop avec par exemple “Walk right up to the sun” qui donna lieu au mythique “If I ruled the world” de Nas en duo avec la merveilleuse Lauryn Hill ou encore “Ready or not, here I come” repris par les Fugees sur “Ready or not” avec le refrain chanté par… je vous le donne en mille: Miss Lauryn Hill!!!

Due à des problèmes de contrat et de multiples changements de personnel, le groupe sortira des disques sporadiquement jusque dans les années 80, même si leurs belles années sont restés derrière eux.

Quoi qu’il en soit, ils restent l’un des groupes les plus marquants de cette période et notamment grâce aux films de la Blaxploitation et plus tard, ceux de Tarantino qui saura si bien les mettre en valeur.

Laurent

Aragon naissait il y a 120 ans déjà!


 

 

 

 

Né en 1897 à Paris et décédé également à Paris, la nuit de Noël 1982, cette année, Louis Aragon aurait eu 120 ans !

Et puisque c’est un chiffre marquant, que par ailleurs personne ou presque dans les médias spécialisés (radio-télé-presse écrite) ne célèbre cette figure importante du 20ème siècle dans les domaines de la littérature, de la poésie, de l’édition, de la résistance,  y compris de la politique (communiste, jusqu’à sa mort, et fidèles aux idéaux du stalinisme, personne n’est parfait!), je me suis dit que j’aillais m’y coller, ô de façon brève, modestement, et sans entrer dans tous les domaines, puisque seul celui de la poésie, de son écriture, qui sera mise en musique plus tard m’intéresse ici.

Je passerai donc sur sa jeunesse, ses engagements politiques auprès du parti communiste français, époque Maurice Thorez,  son travail dans les revues « La Commune » (1933-1939), « Ce soir » (1937-1953), puis les « Lettres Françaises« , hebdomadaire littéraire dont il est directeur) ou la maison d’éditions qu’il a fondé en 1953, « Les Editeurs Français Réunis« , qui publie des auteurs attachés au « réalisme socialiste » fidèles au modèle soviétique stalinien. Je ne parlerai pas de son engagement dans la résistance (médecin-auxiliaire sur la ligne de front, après l’invasion de la Pologne par les armées d’Hitler), moins encore de sa carrière de romancier.

Aragon, écrivain, était aussi journaliste, éditeur, mais également membre du courant littéraire des « surréalistes », aux côtés de Paul Eluard, André Breton ou Philippe Soupault. Bon et le poète alors?

Il ne cesse d’écrire, de livrer des textes, depuis le « Feu de Joie » en 1919, en passant par « les yeux d’Elsa » en 1942, ou « la Rose et le réséda » en 1943. Il poursuivra ses publications jusqu’en 1969. Si Georges Brassens a, dès 1953, mis un poème d’Aragon en musique (« Il n’y a pas d’amour heureux »), c’est le grand Léo Ferré qui va lui consacrer un album entier « Les chansons d’Aragon », en 1961.

Par la suite, Jean Ferrat, Yves Montand, Alain Barrière, Marc Ogeret, mais aussi Nicole Rieu, Francesca Solleville, Isabelle Aubret, Catherine Sauvage, mais aussi Philippe Léotard, Bernard Lavilliers, ont mis en musique et chantés la poésie de Louis Aragon.

Aujourd’hui, Louis Aragon reste un nom gravé dans les mémoires collectives. Il est aussi un symbole à plus d’un titre, de par son histoire, son parcours, ses écrits et cette histoire d’amour au long cours avec Elsa Triolet. Aragon évoque un pan de l’histoire parisienne et française de la culture, de la littérature, de l’adhésion à une idéologie politique. De même, des lieux culturels, salle de spectacle, ou … des médiathèques par exemple :-), portent son nom.

C’était aussi un merveilleux poète, parolier sans le savoir… il eu le temps d’apprécier l’adaptation de ses textes en chansons, qui sont rentrées depuis dans le répertoire, dans la mémoire des gens.

Je vous suggère un petit florilège, ci -dessous. Bonne écoute.

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Guillaume.

THE DEUCE, Sexe, Soul et David Simon.


Pour ceux qui ont l’habitude de lire mes chroniques, vous aurez compris que je suis un fan absolu du travail de David Simon, le réalisateur de THE WIRE, TREME et autres SHOW ME A HERO. L’ancien journaliste du Baltimore Sun nous propose sa nouvelle série, THE DEUCE, le démon en vieil anglais, qui prend place dans le New York des années 70, précisément sur la 42ème rue (également surnomée The deuce), où l’on s’apprête à vivre l’avènement du porno aux Etats Unis. Déjà populaire en Europe, il est encore interdit outre-Atlantique et cette saison n’est qu’une mise en bouche (si je puis dire…) de ce qui va arriver dans la grosse pomme.

Nous allons suivre le quotidien des prostituées, des macs, de la police qui doit gérer tout ça, mais aussi celui d’un barman et de son frère jumeau “maléfique”, tous deux joués par un James Franco de gala aux prises avec la mafia locale, incarnée par Michael Rispoli, le Jackie Aprile des SOPRANOS. Les séries de David Simon, c’est ça aussi, des galeries de personnages tous plus colorés les uns que les autres, chacun a son importance et comme il le dit si bien dans THE WIRE: All the pieces matters… La véritable étoile de la série pour le moment, c’est Maggie Gyllenhall, qui joue Candy/Eileen, une prostituée sans mac, avec une histoire mysterieuse et une double vie, elle veut en sortir et nous allons suivre son parcours… pour le moins tragique. Côté casting, on retrouve également des habitués de Simon, avec Gbenga Akinnagbe, Lawrence Gilliard ou encore Chris Bauer, autrement dit, que du très bon!

Gros bonus musical également, car non seulement la bande originale (j’y viens) est exceptionnelle, mais on a également deux invités de marque, deux des plus grands rappeurs de l’histoire, Method Man, qui avait déjà participé à THE WIRE et Black thought, l’incomparable lead de The Roots qui jouent le rôle de deux affreux proxénètes.

Le soundtrack donc, nous y voilà et si vous aimez l’ambiance Soul des années 70, la Blaxploitation et aussi du bon Rock, vous allez être servis!!! De l’ambiance sonore du Hi-Hat, le bar tenu par Vincent (James Franco), aux ruelles sombres, jusque dans les barbershops où les pimps parlent business, la Soul nous accompagne tout le long de la série, un vrai orgasme musical…

Dès le générique, du mythique “(Don’t worry) If there’s a hell below we’re all going to go” de Curtis Mayfield jusqu’au “Assume the position” de Lafayette Gilchrist, déjà entendue dans THE WIRE et utilisée ici comme générique de fin, on est vraiment baignés dans cet atmosphère seventies et on se croirait revenu à l’heure de gloire des Shaft et autres Foxy Brown.

Au programme de cette bande originale, vous retrouverez Al Green, Johnny guitar Watson, Rufus Thomas, je continue? On a aussi du Dean Martin (pour Guillaume), David Bowie, les Velvet underground et j’en passe…

Je vais pas vous spoiler le plaisir de l’écoute en vous en disant plus, car c’est vraiment l’une des playlists avec lesquelles j’ai pris le plus de plaisir cette année et si vous voulez voir la série, elle est disponible sur OCS, ici.

Alors, voilà, comme à chaque fois avec David Simon, la mise en place est longue, le thème est déprimant, mais l’excellence est au rendez-vous et vous ne ressortirez pas indemnes des recoins les plus sombres des allées New Yorkaises.

 

Laurent

 

Trust, 40 ans au compteur!


1977 : Alors que la vague punk sévit chez nos voisins grands- bretons mais aussi sur nos terres gauloises, un groupe de rock formé à Nanterre, du nom de Trust,  va vite émerger, avec à sa tête deux figures emblématiques : le guitariste Norbert Krief dit Nono, et le chanteur Bernie Bonvoisin, à la voix puissante. Yves « Vivi » Brusco les rejoindra à la basse, tandis que les baguettes seront aux de Jean-Emile Hanela dit Jeannot. Lui succèderont Nicko Mack Brain, qui partira rejoindre Iron Maiden  en 1983 pour en devenir le batteur indéboulonnable, et Clive Burr,  qui fera le  chemin inverse.

En 1978, Pendant que les Rolling Stones enregistrent leur album « Some girls » dans un studio, Trust, juste à côté,y parfait son premier 45 tours (je parle là d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre 🙂 ), avec les titres Paris by Night/ Prends pas ton flingue, adaptation d’un titre des Australiens d’ACDC, Love at first feel. A cette occasion, une amitié va se nouer entre les deux groupes, et permettra à Trust de tourner et faire connaitre son album, car dans le même temps, la maison de disque qui gère aussi Téléphone, privilégiera ces derniers. Le répertoire de Trust est un mélange de provocation (La Haine, L’Elite), avec des passages plus poétiques inspirés de Molière entre autres. Le tout sur fond de musique hard. Ce côté engagé, voire enragé de Trust, à travers les paroles écrites le plus souvent par Bernie Bonvoisin, vaudra au groupe une censure de la part des médias (radios, télés). Des titres comme  » Police-milice », « bosser Huit heures », « Préfabriqués », « L’élite », en sont la preuve. En 1980, « Répression » le second album de Trust, assoit définitivement la popularité du groupe, et des morceaux tels que « Antisocial », « le Mitard ». Sur « Marche aou crève », 3 album du groupe, figure des titres toujours joués tels que « Certitude… solitude »… « Les templiers », « Marche ou crève »,  » Ton dernier acte » en hommage à Bon Scott, chanteur d’ACDC décédé brutalement en 1980.

1985-2009 : le groupe, fatigué par des tensions internes, se sépare. Chacun sa route, chacun son chemin… comme le chantera si justement plus tard Tonton David! Nono part rejoindre Johnny Hallyday le temps d’une tournée, Bernie produisant des albums solos. Puis vient le temps des réconciliations suivies d’albums, de concerts ça et là, mais très vite les engueulades et ruptures reviennent! Cela va même permettre à Bernie Bonvoisin de se tourner vers le cinéma : « Les démons de Jésus », « Les Grandes Bouches », »Blanche ».

2007 : le 4 décembre Trust fête ses 30 ans d’existence à L’Olympia, là même où ils avaient débuté!

2016-2017 : Reformé avec un nouveau groupe hormis les 2 leaders, Trust  a effectué une grosse tournée qui devrait déboucher sur un album pour fêter dignement les 40 ans d’existence du groupe!

 

 

 

 

 

J’attends avec curiosité la sortie de l’album annoncé.. avant peut-être de les revoir sur une scène parisienne. Une affaire à suivre, qui devrait marquer l’année 2018!

Guillaume.

Queen sugar, une douceur visuelle et musicale…


Queen sugar, c’est ma nouvelle découverte série de cette rentrée, tiré du livre du même nom de Natalie Baszile, créée par Ava Duvernay, (Selma) et co-produite par Oprah Winfrey, qu’il n’est plus nécessaire de présenter.

L’histoire, c’est celle de la fratrie Bordelon, Charley, Nova et Ralph Angel qui, suite au décès de leur père, doivent reprendre la production de canne à sucre durement gagné par leurs ancêtres, sauf que ceux-ci n’y connaissent pas grand chose et n’en n’ont pas nécessairement l’envie, l’une est une journaliste activiste dans un journal local, l’autre est une femme d’affaire à succès, mariée à une star du basket et le cadet, sort tout juste de prison, avec son jeune fils à charge, dont la mère est une ex-toxicomane.

Bon, vous l’aurez compris, c’est du Oprah, donc le drame est au rendez-vous, préparez vos kleenex, mais c’est de très bonne facture, le drame familial ne tombe pas trop dans le pathos et les acteurs qui sont quasi tous inconnus du grand public, sont parfaits.

Oui, la musique, j’y viens, ne vous inquiétez pas… pourquoi j’ai choisi de vous parler de cette série, c’est évidemment que la bande son est de qualité, de très bonne qualité même. Certains ont critiqué ça, mais la direction a pris le parti de presque toujours laisser un fond musical et personnellement, je trouve que c’est très bien pensé et que ça accentue l’aspect dramatique de l’histoire.

Dès le générique (qui ressemble furieusement à celui de Power), j’ai été conquis, la sublime voix de Me’shell N’degeocello m’a envoûté sur le champ (mauvais jeu de mots je sais…), nous retrouverons d’ailleurs l’artiste aux multiples facettes plusieurs fois sur ce soundtrack car c’est elle qui a été choisie pour composer la musique de la série.

Ce choix d’Ava Duvernay et Oprah est une vraie réussite, un véritable melting pot musical, bien sûr, la Nu-soul est à l’honneur avec des artistes tels que Michael Kiwanuka, Jacob Banks, j’y ai découvert Lion Babe aussi, une artiste aux sonorités proche d’Erykah Badu, donc côté Soul, on se régale. Le hip hop aussi est bien représenté avec Jidenna et son “Long live the king” ou encore Odissee et j’en passe…

La série se déroule en Louisiane, donc le Blues est obligatoire aussi avec du John Lee Hooker pour “Sugar mama”, on a du rock aussi avec U2, Fleetwood mac et bien d’autres… Comme je vous le disais plus haut, le choix d’accompagner la série en musique quasiment constamment est un parti pris de la direction et tous les artistes que je viens de citer semblent ne faire qu’un avec les héros du show.

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y jeter un oeil je vous conseille vivement de partir pour St Josephine en Louisiane, vous ne serez pas déçu.

 

Laurent

Tom Petty, figure de la country.


Alors que l’Amérique était plongée dans l’horreur début octobre lors d’un concert folk country devant le casino Mandalay Bay de Las Vegas, autrefois haut lieu des soirées du Rat Pack, Tom Petty , musicien discret et talentueux, figure emblématique de la musique folk et de la culture américaine, est décédé brutalement, à 67 ans (il allait les fêter le 20 octobre prochain) seulement, suite à une crise cardiaque.

En 40 ans de carrière, Tom Petty aura enregistré une vingtaine d’albums avec son groupe, les Heartbreakers, sur la période 1976-2014, et enregistré 3 albums solos (« Full moon fever », 1989 ; « Wildflowers », 1994 ; « Highway Companion », 2006), sans oublier les 3 albums enregistrés avec les Traveling Wilburys, groupe comprenant également Jeff Lynne, Bob Dylan, Roy Orbison, George Harrison. A noter qu’il a aidé, en 1989, au démarrage de la carrière d’un jeune musicien, nommé Lenny Kravitz,  en le prenant en première partie de sa tournée du moment. Le jeune musicien a bénéficié de la bienveillance et des conseils de l’Oncle Tom, ou du Major Tom, comme dirait David Bowie.

Homme à l’allure juvénile, sa voix nasillarde et son jeu de guitare simple et efficace, en plus de talent d’auteur de chanson, firent de lui une figure majeur de la musique américaine ces 40 dernières années. Folk, country, blues parfois, ne refusant que rarement une apparirion sur scène lors d’évènements ou d’hommage à des confrères guitaristes-chanteurs, histoire de faire le bœuf comme on dit, Tom Petty se baladait entre les styles, les étiquettes, tout en revendiquant un amour sincère pour la culture populaire américaine. Il était un musicien apprécié et reconnu par le monde la musique.

Il nous reste à réécouter ses disques, sa musique. Je vous ai concocté une petite sélection.

A savourer. A réécouter.

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

SZA prend le CTRL.


Après plusieurs mixtapes et différentes apparitions sur les disques des artistes de Top Dawg Entertainment, le label entre autres de Kendrick Lamar, Solana Rowe, alias SZA sort enfin son premier album studio: CTRL.

Couvée par Anthony Tiffith, le boss de TDE, qui ne souhaitait pas lui brûler les ailes en sortant trop tôt son disque, SZA a eu le temps de faire ses armes auprès des géants de l’industrie musicale US. Elle écrit des morceaux pour Rihanna sur “Anti”, collabore avec des artistes tels que Chance The Rapper, la révélation de l’an dernier, mais aussi 50 cent ou encore Isaiah Rashad.

Elle propose 2 mixtapes nommées “S” et “Z” qui fonctionnent très bien et du coup, le 3ème opus devait s’appeler “A”, compléter son nom et il aurait été son premier album studio. En définitive, le projet se nommera donc “CTRL” et est donc sorti au mois de Juin de cette année 2017. Le disque est assez proche de son premier projet musicalement avec des influences très variées, la native de St Louis cite aussi bien Common que Björk, les Red hot chili peppers ou Billie Holiday, grand écart musical ou pas?

Difficile donc de la classer dans une case même si le disque sonne hip hop/Nusoul avec des influences trap, un soupçon d’électro et les vocalises de SZA nous ramène également à des aspects plus pop, voir rock parfois, nous dirons donc que c’est un disque éclectique.

Quoiqu’il en soit “CTRL” est un premier album très réussi avec un univers musical bien à lui, assez mélancolique dans son ensemble. Je vous propose les vidéos des excellents singles, mais mes gros coups de cœur sont “Doves in the wind” en featuring avec Kung-fu Kenny (Kendrick Lamar) et “The weekend”.

Je vous invite vivement à découvrir cette artiste, car vous risquez fortement d’en entendre parler dans les années à venir.

Laurent

Blue & Lonesome, dernière (?) livrée des Pierres qui Roulent … encore !!!


« Blue and Lonesome« , sorti fin décembre 2016, était un album très attendu par les fans des Pierres qui Roulent, pardon… des Rolling Stones! En effet, cela fait 11 longues années -depuis le discutable « Bigger Bang », 2005- que ces quatre gaillards (voir photo) ne s’étaient pas réunis et enfermés en studio pour concocter un album!!

Qu’allaient donc offrir cette fois-ci Mick, Keith, Charlie et Ron comme os à ronger musical en attendant une prestation scénique éventuelle (qui s’est depuis confirmée avec 3 dates parisiennes à l’automne pour l’inaugurtaion de L’Arena de Nanterre, salle couverte de 40.000 places!) ? La réponse est… un album de Blues, rien que ça! du blues, gras, au son qui fleure la période qui a vu émerger Robert Johnson, , Leroy Carr, Charley Patton, Blind Lemon.

La légende veut que Mick et Keith, s’étant rencontré sur le quai d’une gare et découvert une passion commune pour le Blues. Lorsque les Rolling Stones furent formés par Brian Jones, ils se mirent à jouer et chanter des airs de bluesmen de l’époque : Albert King, BB King, Freddie King, John Lee Hooker….et d’autres…! Oui quoi d’autre en effet pour passer du bon temps en studio, que de replonger dans l’histoire et le répertoire de ces bluesmen, plus ou moins connus, que le temps et la mémoire humaine ont oublié (je ne parle pas ici des 4 cités ci-dessus, qui eux ont faits de belles carrières).

J’étais donc curieux de découvrir « Blue and Lonesome« , album du retour au premier plan de ces géants de la musique, car il pourrait en effet  constituer le dernier album de ces monstres sacrés de l’histoire du Rock, 55 ans (!) après leur début!!!

Enregistré à Londres et façonné à Los Angeles, ce disque est surtout un hommage à des bluesmen un peu voire totalement oubliés aujourd’hui… tels que Walter Jacobs (4 titres), Chester Burnett (1 titre), Willie Dixon (2 titres), mais aussi Miles Grayson, Eddie Taylor, Samuel Maghett, Jimmy Reed. 12 morceaux remplis de feeling, avec un Jagger au top, totalement dans son élément ici, comme si il n’ avait toujours chanté que du blues!  Ses vieux comparses (seul Darryl Jones, basse, est bien plus jeune qu’eux, 55 ans… seulement !) ne sont évidemment pas en reste et le tout offre un pur moment de bonheur!  Jagger chante dans l’esprit des pionniers du blues, Robert Johnson JB.Lenoir, Charley Patton, Leroy Carr, Big Bill Broonzy.

Les quatre joyeux lurons, malgré leur âge presque canonique (Mick Jagger, 74 ; Keith Richards, 73 ; Charlie Watts, 75 ; Ron Wood, 70), prennent, et ça s’entend, un vrai plaisir à jouer du blues, cette musique qui vient des tripes, qui raconte la peine, la peur, la souffrance, le malheur, d’un peuple noir, qui, de sa condition d’esclave, a su en sortir de et par la musique, le chant, les spirituels, le gospel et donc le blues.

Ce « Blue and Lonsome » est un bel album,  à savourer sans modération… Un retour au sources de leurs vies de musiciens, comme un dernier salut et un ultime tribut à ceux qui ont écrits et établis la légende du Blues! Les Pierres qui Roulent sont en grande forme!

Dire que j’ai décroché un sésame pour les voir en octobre prochain à L’Arena de Nanterre! J’en salive déjà!!!

Guillaume.

 

 

# La playlist d’Octobre : Du vent dans mon brushing


CHEVAL PHOTOSHOP

Avec la playlist du mois d’Octobre, nous avons voulu faire un petit clin d’oeil à l’automne, petites bourrasques et feuilles virevoltantes. Mais aussi rendre hommage à tous ces talents de la fashion week qui s’est tenue il y a quelques jours. Nous avons voulu vous faire découvrir ces chanteurs et chanteuses – cheveux au vent de l’industrie musicale, au mystère capillaire que nous n’avons pas encore su percer… Je peux l’affirmer, pour beaucoup la mèche – sa muse…

Bonne écoute.

Carine