Nadoo, Chapitre 1


Le voilà enfin! Annoncé depuis des mois et son passage l’an dernier à la médiathèque lors d’un hommage à Robert Johnson, travaillé, sculpté, fignolé, mijoté pendant plusieurs mois à l’ombre des studios, Nadir Moussaoui alias Nadoo, nous livre enfin son premier bébé musical, « Radio Dounia« .

La gestation aura été longue mais cela en valait le coup! Producteur (via le site https://www.kasbah-officiel.com/music), artiste autodidacte, multi instrumentiste, chanteur, bidouilleur de sons venus d’ailleurs (n’y voyez rien de péjoratif), Nadoo nous présente enfin « Radio Dounia« , réalisé avec le soutien de Fontenay-en-scène et de la ville de Fontenay-sous-Bois, et enregistré entre Paris et Montreuil. Album de 7 titres, qui dès l’intro, nous transporte vers un ailleurs coloré, rythmé, chaleureux… tout le portrait de ce jeune musicien, généreux dans l’âme, sourire constamment accroché au visage et qui promène son univers musical en bandoulière, pour le partager partout où c’est possible!

Entouré de 3 complices talentueux, Richard Cailleux (batterie-percussions), Esteban Salmona (contrebasse) et le flûtiste Olivier Hutin. L’humeur dansante et festive de la musique concoctée par Nadoo et ses acolytes est bienvenue.  Il nous emmène sur des rythmes de la musique algérienne (terre de ses ancêtres), puis avec « Llamo » nous offre une balade tranquille sur des nuances de reggae que n’aurait pas renié Manu Chao ou les Négresses Vertes et son chanteur Elno (ça rappelle des souvenirs à certains-certaines). « Sur les toits de Paris », véritable ode amoureuse à la capitale française, il nous fait déambuler au son de sa voix chaleureuse. « Demain y a pas », qui referme l’album est un morceau plein d’énergie, dansant, puisque ce n’est rien d’autre qu’un rockabilly bien senti qui nous est offert.

Vous l’aurez bien compris, ce premier disque de Nadoo, respire la bonne humeur, le goût de l’ailleurs, l’envie de partager les cultures qui composent notre monde.

Mon petit doigt me dit qu’il devrait faire partie de la prochaine édition du Festival des Aventuriers 2017. Une belle occasion pour découvrir et apprécier cet artiste brillant et talentueux!

Guillaume.

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50 cent a toujours le Power!!!


Non, ce n’est pas une chronique à propos de 50 cent, pas uniquement en tout cas! A vrai dire ça fait un moment que je voulais vous parler de la série qu’il co-produit: POWER, donc la diffusion de sa quatrième saison, actuellement aux USA semblait le moment tout indiqué pour ça. Comme chaque série dont je vous ai parlé jusque-là, il s’agira principalement de sa bande originale, bien sûr, mais avant tout, voyons voir de quoi il s’agit.

James St Patrick (Omari Hardwick), est le gérant d’une boîte de nuit New Yorkaise, mais ce n’est qu’une partie de sa vie, dans la rue, il est Ghost, l’un des plus gros distributeurs de drogues de la grosse pomme. Avec son ami d’enfance Tommy (Joseph Sikora), ils gèrent d’une main de fer le trafic New Yorkais. Seulement, Ghost veut sortir de ce cercle vicieux, protéger sa famille et investir dans le monde de la nuit (légal). Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu, surtout quand son amour d’enfance, qui travaille pour le FBI pointe le bout de son nez.

Bref, Power est un peu un Scarface moderne dans le milieu de la nuit de New York, le casting est très solide et Courtney Kemp Agboh, la créatrice du show est une valeure sûre et gère ce beau petit monde à merveille. Certains diront que c’est un show “bling bling”, tourné comme un clip hip hop à rallonge, personnellement je n’ai pas du tout cette sensation, l’histoire bien qu’assez classique me tient en haleine depuis quatres saisons et a fait de Power l’une de mes séries préférées actuellement.

Voilà pour la mise en bouche, maintenant parlons musique et comme une partie de l’histoire se déroule dans des clubs hype et que Fifty est derrière les choix musicaux, autant vous dire tout de suite qu’on est gâtés!!! Le générique nous mets direct dans le bain avec l’excellent “Big rich town” de 50 cent et Joe, mais ce n’est qu’un avant goût du régal Hip hop/ Rn’B qu’on nous propose, à tel point que je n’ai pas pu me résoudre à beaucoup cutter, je vous ai préparé une playlist d’une quarantaine de morceaux, merci Tunefind!!!

Au programme, le patron de G-Unit est évidemment à l’honneur, mais on retrouve aussi Erykah Badu, 2pac ou encore Angie Stone et même du Smokey Robinson, ça c’est pour les anciens. Pour la nouvelle école, du lourd aussi avec Schoolboy Q, Mack Wilds, qui jouait Mike dans The Wire, Wiz Khalifa, Lil’Wayne, bref que des pointures du hip hop actuel.

Le R’nB et la Nu-soul ne sont pas en manque non plus, on retrouve SZA, la nouvelle perle de TDE, Chris Brown, Lalah Hathaway, pour ne citer qu’eux.

Mais je dois que cette B.O m’a fait découvrir deux pépites, que je souhaitais mettre en avant plus spécialement, Jacob Banks, dont la chronique est à venir sur Sème la zic et Jones, qui pourrait devenir l’une des nouvelles voix de la Pop/Soul Londonienne avec le titre “Indulge” que j’ai adoré!

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de découvrir la série et sa B.O car elle valent vraiment le coup, le lien vers l’intégrale des morceaux de la série se trouve ici et vous pouvez retrouver la série sur OCS.

 

Laurent

# La playlist de septembre : sur la route


visuel playlist sur la route-page001C’est la rentrée. Oui, c’est la rentrée, tous les ans, elle revient…. Mais elle nous permet de se remémorer les beaux souvenirs de nos vacances (il faut lui bien lui trouver des points positifs). Alors pour accompagner ces souvenirs, nous vous proposons quelques musiques de voyage dans la #playlist de septembre : Sur la route. Montons dans le van et laissons-nous porter sur le macadam.

Bonne écoute !

Carine

Guts, du rap français de bonne facture!


Hé oui cher Laurent, une fois n’est pas coutume, je m’aventure hors des sentiers du jazz, du rock, pour chroniquer un disque de Rap/ Hip-Hop!…. Bon, passé ce clin d’œil à mon acolyte blogueur, je me lance.

Ceux qui étaient à la salle Jacques Brel en décembre 2016 pour venir notamment y applaudir le gang funky Electro Deluxe, ont eu le plaisir de découvrir le rappeur Guts, accompagné de son Live Band, au sein duquel figurait Beat Assailant et la talentueuse Mary May. La soirée, ouverte par le trio Dani Terreur, vainqueur du Tremplin Jeunes Aventuriers, avait été aussi chaude que réussie, tant le public était nombreux et heureux de pouvoir festoyer en ce frais mois de Décembre.

A cette occasion, Guts et ses complices avaient présentés des titres figurant sur l’album « Stop the Violence« , qui s’ouvre d’ailleurs avec le titre éponyme chanté par le rappeur américain Beat Assaillant. Ce titre est un véritable plaidoyer pour la paix, un appel à la tolérance, au respect entre les gens. L’album est coupé en deux parties, d’abord les 5 titres (!:-() du combo, et par la suite les versions instrumentales de ces mêmes morceaux…. Ca me semble un peu trop … PEU!

« Pick me up », est un morceau qui mélange les voix masculines et féminines, de Wolfgang et Mary May, des boucles de synthés, de la rythmique parfois proche du reggae-ragga… c’est dansant et frais! « Everybody wants to be a star », est une plongée dans le rétroviseur, époque 80’s,  cheveux gominés, vêtements flashy, avec ces nappes de synthés qui font passer ce morceau pour une aimable bluette, sur des rythmes résolument disco, sur lesquels (n’est-ce pas Laurent?!:-) ) il était possible d’enflammer le dancefloor, dans les discothèques de Paris et d’ailleurs! « Ain’t  perfect », duo vocal entre Beat Assaillant et Mary May (au chant parfois très jazzy), est un morceau tout en douceur! Enfin le final « Drummer’s delight » est un morceau laissant la place aux rythmes issus de batteries, percussions, sur lesquels les voix de Beat Assaillant en lead secondé par Mary May et Wolfgang, viennent se poser.

« Stop the violence » est un bon album, rempli de fraicheur et de bonnes idées de compositions. A découvrir.

Guillaume.

Nos samples rendez-vous #19


Un de mes groupes de rap Français préférés à l’honneur aujourd’hui avec Les sages poètes de la rue et un des morceaux de leur deuxième album “Jusqu’a l’amour”, produit par Zoxea, l’un des trois rappeurs du groupe: “J’rap pour les mino(rités)”.

Le track date de 1998 et c’est un lâchage total des 3 mc’s de Boulogne, pas de refrain, les compères kickent sur l’instru de Zoxea, qui ouvre lui même le bal. C’est sans doute l’un des morceaux les plus marquants de l’album et de la discographie des Sages Po’.

Pour cette production, Zoxea s’est servi des quelques notes de synthé au début de “Doin’ what you’re doin’” de Shannon, plus connue pour son morceau “Let the music play”, elle fut l’une des figures de l’electro-funk du début des années 80, même si malheureusement elle ne connaîtra pas un succès durable. Ce sample utilisé par les Sages Po’ est l’occasion de découvrir cette artiste à ranger dans les “One hit wonders”.

Laurent

Monicka Amarilys, la voix à suivre.


Venue en 2015, à la médiathèque, dans le cadre d’un kiosque, avec un quatuor de musiciens, dont Gladys N’toumi, pianiste et compagne du contrebassiste-compositeur-directeur de Brass Band, Hubert Dupont, la chanteuse Monicka Amarilys, avait régalé le public présent par son phrasé limpide et sa voix très à l’aise sur des ambiances suaves telles que « Your love is king » de Sade, « Va savoir » de Liane Foly ou « Summertime » de Ella Fitzgerald.

Ce sont ces titres et cette ambiance, très agréable et cosy, digne d’un jazz-club, que l’on retrouve sur « Volume 1 ». Si l’orchestration fait parfois défaut comme sur « So nice » ou le son du piano est très synthétique, presque comme un orgue Bontempi… (c’est dire!), fort heureusement, le reste des titres, 14 au total, est de très bonne qualité et laisse à l’auditeur le plaisir de découvrir cette voix singulière, suave, mélancolique parfois, qu’est celle de Monicka.

« Volume 1 » est donc un album de reprises de chansons qui ont été soit des standards de jazz (« Summertime » ; « Cry me a river »), des succès pop (« Your love is king » de Sade ; « I don’t know » de Noa ; Baby Can I hold you de Tracy Chapman) ou de la bossa nova ( l’inévitable « Girl from Ipanema » chère à Antonio Carlos Jobim), sans oublier quelques chansons du répertoire français (« Va savoir » et « Au fur et à mesure » de Liane Foly » ; le très chaloupé « Jardin d’hiver » de Henri Salvador ; « Que reste-t-il de nos amours »de Charles Trenet).

Il s’écoute très agréablement et par ces temps de grosses chaleurs, convient parfaitement pour démarrer en douceur une soirée, à l’heure où le soleil se fait moins fort, à l’heure de l’apéro ou en fin de soirée, après un excellent repas… A vous de choisir!

Si Monicka se produit près de chez vous, n’hésitez pas, allez l’écouter. Vous passerez un joli moment!

J’attends le « Volume 2 » avec curiosité.

Guillaume.

« Awake » vous tiendra éveillé


L’album « As we fall » du groupe Awake fait partie du label participatif JazzandPeople, et c’est une pure merveille. Beaucoup de douceur. Perfection et pureté des orchestrations. Des musiciens dans une parfaite synergie, c’est ce qui se dégage de ce quintet, qui s’est forgé sur les scènes parisiennes notamment au Baiser Salé. Chacun pourra apprécier les solos-impros des artistes mais soutenus par chacun des membres du groupe dans une incroyable harmonie.
On retrouve Romain Cuoq (saxophoniste), Anthony Jambon (guitare), Léo Montana (piano), Florent Nisse (contrebassiste), Nicolas Charlier (batteur), et la participation d’Émile Parisien (saxophoniste), membre du collectif lors du premier album.
« La musique de ce nouvel album se veut dans la lignée du précédent, guidée par la mélodie et le son de groupe que l’on a essayé d’emmener encore un peu plus loin, des couleurs que l’on espère personnelles mais puisées dans les chansons, le folk ou le classique. « As We Fall », comme une invitation à se perdre, à une rêverie éveillée. » — Romain Cuoq & Anthony Jambon
De quoi faire de beaux rêves. Bonne écoute !

Carine

Essai transformé pour Gaël Faye.


Comme il était attendu ce second opus de Gaël Faye… Après son premier “Pili pili sur un croissant au beurre” de haut niveau et surtout ses prix littéraire pour “Petit pays”, nombre de ses auditeurs étaient curieux de savoir ce qu’allait nous pondre le mc Franco-Burundais, moi le premier.

Ce n’est pas véritablement un album que nous propose Gaël, mais un EP, puisqu’il n’est composé que de cinq titres, encore plus risqué donc puisqu’avec si peu de morceaux proposés, le droit à l’erreur n’est pas permis et là encore, le pari est réussi, vous allez pouvoir écouter ce disque en boucle sans problème.

Drôle de titre que “Rythmes et botanique” me direz-vous, surtout pour un disque rap, mais l’artiste n’est pas coutumier de faire comme les autres alors pourquoi pas…C’est le mélange entre la MPC et le piano, les deux éléments sonores de l’album avec d’un côté DJ Blanka et Guillaume Poncelet pour le piano, mais selon Gaël Faye, l’idée du titre lui est véritablement venu au jardin botanique de Lisbonne, devant un ficus elastica, dont les racines lui firent penser aux câbles que l’on peut retrouver par terre sur une scène musicale et l’envie lui est venu d’envoyer un freestyle végétal, j’adore le concept!!!

Musicalement, c’est très léché et assez proche de l’univers de “Pili Pili” sans thème défini, l’artiste est parfois révolté, comme dans “Irruption” parfois pensif, comme avec Saul Williams (seul invité de l’album) sur “Solstice”, Gaël jongle d’un style à l’autre avec brio.

Pour conclure, je dirais que ce disque n’est, j’espère, qu’un prémice à un disque encore plus fourni, car je suis absolument conquis par Gaël Faye, un artiste aux multiples facettes.

Laurent

Deep Purple…. infiniment….éternel


Sorti en avril dernier, « Infinite » est le nouvel album des vétérans anglais de Deep Purple.  La pochette, sobre (un bateau pris dans la banquise du Grand Nord), serait-elle un message caché?

Le Bateau « Deep Purple » en route vers le lointain, à l’écart de ce monde qu’ils sillonnent depuis 50 ans? Une retraite en somme? Autant de questions auxquelles le Pourpre Profond apporte une réponse. Evidente.

Moi qui suis fan de ce groupe depuis que j’avais découvert  « In rock » de 1970 (avec les têtes des 4 premiers présidents américains gravées dans le Mont Rushmore), « Machine Head » de 1972, ou le sublime live « Made in Japan » (1972 également) avec le morceau de bravoure « Child intime ».  Ayant été un brin déçu par les dernières productions musicales qui sentaient clairement la grosse fatigue, j’étais curieux de découvrir « Infinite ».

Et là, force est de constater que le groupe (Ian Gillan, Roger Glover, Ian Paice, les historiques depuis le début ; Steve Morse et Don Airey, qui sont là depuis 20 ans!) a retrouvé une certaine fraîcheur, une légèreté, qui fait plaisir. Le son rappelle les albums « Perfect Strangers » (1984) et le très beau « House of Blue Light » (1987). Si l’album démarre avec le beau « Time For Bedlam », le reste,  hormis le surprenant « Hip Boots », est à l’image de ce que sait le mieux faire le Pourpre Profond : Un rock solide, mélodieux, au sein duquel les guitares de Steve Morse, et le clavier de Don Airey, nous offrent de belles mélodies. La paire rythmique légendaire Paice-Glover joue les yeux fermés, dans une aisance tranquille. Là-dessus, le vieux lion Gillan, dont la voix perd un peu en hauteur, garde sa puissance et montre qu’il a encore de beaux restes vocaux. Ecoutez donc « One night in Vegas », « The surprising », « Johnny’s Band », sans parler de la reprise qui clôt l’album : le célèbre « Roadhouse Blues » des Doors du roi Lézard James Morrison. Bluesy, groovy, Gillan est parfait là-dessus.

Alors, oui, je sais, c’est pas, ce n’est plus, des compositions telles que l’on en a connu par le passé, mais c’est un excellent disque de rock qui s’écoute avec plaisir! Les puristes seront sans doute déçus, mais à titre personnel, je suis séduit. La tournée accompagnant ce disque s’appelle « The Long Goodbye« , dont le message semble clair.

Ce groupe mythique de l’histoire du rock des 50 dernières années, a engendré quelques groupes emmenés par certains de ses ex-membres (Whitesnake-David Coverdale ; Rainbow-Ritchie Blackmore, Joe Lynn Turner … ), semble avoir encore un peu d’essence dans le moteur. Profitons-en tant que ça dure !

Comme le dit la chanson « Roadhouse Blues » (magnifique version enregistrée en 10 minutes!!!, dixit Ian Paice, batteur du Pourpre) : Let it roll, let it roll, all night long !!!

Guillaume.

Underground, une série et sa B.O à couper le souffle…


Evidemment Sème la zic est un blog à vocation musicale et on va y venir plus tard, mais pour le coup, je vais un peu plus me pencher sur la série que sa B.O, car celle-ci est malheureusement assez méconnue et a été annulé prématurément, mais elle est, selon moi, avec Roots, ce qui s’est fait de mieux à la télévision sur le thème de l’esclavage.

L’histoire en soit, est assez classique, au XIXème siècle, en Géorgie, se trouve la plantation Macon, d’où un petit groupes d’esclaves vont décider de s’enfuir avec à leur tête Noah (Aldis Hodge, vu dans Friday night lights). Evidemment, rien ne va se passer comme prévu et cette évasion vers la liberté changera la vie de la plantation et de ses protagonistes.

La série est aussi l’occasion de découvrir le fonctionnement du fameux “Underground railroad” qui permettait aux fugitifs de passer la ligne Mason-dixon et traverser jusqu’au Canada avec l’aide des abolitionnistes et sympathisant à la cause.

L’histoire est une fiction, mais les scénaristes se sont permis d’y ajouter quelques personnages historiques tels que William Still, Harriet Tubman (interprétée par une Aisha Hinds incroyable!) ou encore Frederick Douglass, joué par John Legend, également coproducteur de la série et en charge de sa bande originale, oui on y vient… Ces personnages ajoutent encore une dose de réalisme, si c’était nécessaire tant la réalisation, le travail sur les costumes est superbe. Difficile de vous en dire plus, sans vous spoiler des moments importants du show et ce serait un sacrilège, je vais donc passer à la musique.

Et la aussi, quelle merveille!!! Comme je vous disais, c’est John Legend qui s’y colle, y’a quand même pire comme chef d’orchestre. Ici, les créateurs de la série ont pris le parti d’utiliser de la musique contemporaine et ce qui pourrait passer pour une absurdité et c’est en fait un coup de génie. On y retrouve quelques morceaux de John Legend lui-même et de plusieurs de ses proches du milieu Hip Hop et R’n’B tels que Kanye West pour “Black Skinhead”, Beyonce et Kendrick Lamar sur “Freedom” et j’en passe. La B.O aurait pu se limiter à la crème de musique noire américaine, mais ce n’est pas le cas, le tour de force de cette sélection, c’est d’y mélanger également de l’électro, du rock et des gospels.

Des artistes tels que Rag’n’Bone man, Ibeyi même la France est représentée, avec La femme et Blacko en duo avec Joeystarr et petit bonus, les acteurs se prêtent également au jeu avec notamment l’excellente Amira Vahn qui joue Ernestine, la mère de Rosalee, l’héroïne de notre histoire.

Voilà, j’espère vous avoir donné un peu envie car cette série est plus qu’une fiction, c’est un devoir de mémoire et son annulation n’est probablement pas anodine vu le climat actuel aux Etats Unis et comme les producteurs cherchent encore à l’heure actuelle une nouvelle chaîne qui leur permettrait de finir leur histoire, ça s’est déjà vu avec Black mirror par exemple, alors forcément plus les fans feront du bruit, plus grandes seront les chances d’obtenir une vraie conclusion à l’histoire des Macon 7.

Si vous êtes intéressé par la véritable histoire de cet “Underground railroad” et notamment celle de Harriet Tubman, nous avons mis à disposition un livre sur sa vie à la médiathèque.

#Riseup

Laurent

Memphis, Tennessee, berceau de la Soul Music.


Memphis, Tennessee. Ce nom résonne comme un évidence à celles et ceux qui aiment la soul music, le rhythm and blues, le blues. A l’instar de Chicago, Detroit, New-Orleans, Bâton Rouge, Memphis est une ville traversée par l’histoire de la musique noire américaine , qui a contribué au développement d’une part importante de l’industrie de la musique, notamment et surtout pour les musiciens noirs américains (on dirait aujourd’hui afro-américains, terme que je déplore), qui cherchaient alors, en pleine période discrimination aux Etats-Unis, à pouvoir jouer, s’exprimer, enregsitrer, et vivre si tant est que cela soit possible de leur talent…. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, avec le recul c’est que Memphis, au même titre que les autres villes déjà citées, a largement eu sa part avec ses labels mythiques,  ses studios d’enregistrements reconnus parmi les meilleurs au monde, ainsi que le nombre de musiciens, chanteurs-chanteuses qui en sont issus, et ont fait carrière. OUI, Memphis, est une ville incontournable de l’histoire de la musique du 20ème siècle et du début de ce 21 ème siècle. TANT MIEUX!

Des artistes tels que Al Green, Isaac Hayes, Steve Cropper, Wilson Pickett , ou encore Carla et Rufus Thomas, leur fils Marvell, pianiste, compositeur pour les plus grands noms du genre, parmi beaucoup, beaucoup d’autres…. ont débuté à Memphis avant d’aller conquérir le reste des Etats-Unis puis le reste du Monde.

Des lieux d’enregistrements tels que le Willie Mitchell’s Royal Studios, ou encore la fameuse Beale Street et ses nombreux bars et restaurants où le soir, artistes célèbres ou non se produisent, ont « fait »la renomée de cette cité du sud des états-unis, y amenant nombre de touristes au fil des années, et y prolongeant sa propre histoire, par des festivals, allant du blues à la soul music. La transmission d’un patrimoine, d’une culture, d’un savoir-jouer et savoir-vivre, telle semble être la mission au cœur de chaque habitant, musicien, producteur de Memphis.

Alors, si un jour l’occasion d’aller à Memphis, Tennessee, se présente à vous, foncez et vous vivrez sans doute une belle expérience, à travers ce saut dans l’un des berceaux de l’histoire de la musique noire américaine.

Guillaume.

 

 

Blood par Lianne La Havas


Lianne-La-Havas-BloodOriginaire de Londres, d’un père grec et d’une mère jamaïcaine, Lianne La Havas, sort en 2015, un album intitulé Blood  – le deuxième – et qui est à son image, un beau mélange de styles.Une superbe voix, un léger grain, une « soul » envoûtante, cet album confirme son talent, après son premier album Is your love big enough. Entre ces deux opus, elle a entre autre collaboré avec Prince sur l’album Art Official Age.
C’est un album soul, mais aussi rock, jazz, et on pourrait dire folk. Et c’est tout ce qui fait la richesse de sa musique et de cet opus. Une variété de rythmes, de thèmes, d’ambiances et c’est cette diversité qui fait de cet album une belle histoire à écouter. Des récits personnels comme son voyage en Jamaïque avec sa mère.
Le titre phare de cet album est « Unstoppable ». C’est vrai, c’est un superbe morceau, avec un groove incroyable. Mais j’apprécie aussi beaucoup la sensibilité, la douceur de ces mélodies comme pour les titres « wonderful » ou « Good goodbye ».

On attend la suite.

Carine

Les Soulections #4: Gladys Knight & The Pips


L’une des grandes voix de la soul, des années 60 à nos jours, Gladys Knight est difficilement dissociable de son groupe, les fameux Pips, composé de son frère MeraldBubbaKnight, Edward Patten et William Guest puisqu’ils ont joué ensemble la quasi-totalité de leurs carrière.

Près d’une quarantaine de disques plus tard, des hits inoubliables et indémodables, petit retour dans le passé quand le groupe était composé encore de cinq membres avec la soeur de Gladys, Brenda et Eleanor Guest, à ce moment-là, ils sont encore Les Pips.

Ils débutent à la toute fin des années 50 et se produisent dans les soirées de la région d’Atlanta et le dimanche dans les églises. A force, le groupe se fait remarquer et se voit proposer d’enregistrer leur version du hit de Johnny Otis: “Every beat of my heart”, les Pips décrochent leur premier contrat, mais deviennent Gladys Knight & The Pips, tant la chanteuse éclabousse tout le monde de son talent.

Ca fonctionne plutôt bien pour eux, mais le vrai déclic se produit en 1966, quand ils sont signés par un certain Berry Gordy, le patron du label Motown, icône de la Soul. Celui-ci va déployer ses meilleurs auteurs/compositeurs et musiciens au service de son nouveau groupe et là, ce sera l’explosion, ils vont enregistrer “I heard it through the grapevine” et quelques autres hits tous écrits par Norman Whitfield. Au départ, plutôt Blues, les Pips et Gladys vont se fondre dans le moule Motown et offrir une soul plus pop et ce qui fera définitivement leur succès.

En 1973, ils quittent la Motown et signent chez Buddah records, qui continueront à leur faire enregistrer des pépites telles que “Midnight train to Georgia” (mon morceau préféré!) ou “The best thing that ever happened to me”, Curtis Mayfield (dont nous parleront une autre fois) écrira également pour eux.

Après quelques soucis avec le label, le groupe est forcé de se séparer et Gladys débute une carrière solo tout aussi fructueuse, ils pourront de nouveaux jouer ensemble au début des années 80 et leur rencontre avec Ashford et Simpson qui leur permettra de se réinventer à nouveau et de s’orienter vers le disco/funk plus en vogue à l’époque.

Gladys Knight et les Pips se séparent définitivement à la fin des années 80 et la lead continuera, elle à enregistrer de nombreux albums jusqu’en 2014 et son dernier album en date “Where My Heart Belongs”.

Tout au long de sa carrière, Gladys également décroché quelques rôles au cinéma ou à télévision, parfois, dans son propre rôle, comme dans la série Las Vegas, où elle joue la tante de l’un des employés et lui fait faire les choeurs lors d’un concert.

Tout ça pour dire que “The empress of Soul” d’Atlanta possède l’une des plus belles discographies qu’il m’ait été donné d’écouter.

Laurent

Watermelon Slim, l’homme à la gueule cassée


Watermelon Slim, de son vrai nom Bill Homans, est un bluesman rare, discret, authentique. Une vraie gueule aussi. Il n’est qu’a observer la pochette recto-verso de son dernier album « Golden Boy », pour constater que ce gaillard au regard profond et à la peau du visage marquée des rides d’une vie qu’on imagine pas simple, possède à n’en pas douter une « gueule » à faire du cinéma. A l’image du regretté Calvin Russell, (que j’avais eu le privilège de rencontrer pendant une heure pour une interview avant un concert à la Cigale dans les années 90) ou de l’encore vivant grizzly Neil Young.

Je le disais, Watermelon Slim est un musicien rare sur scène, rare dans les médias, aussi quant il publie un album comme « Golden Boy », le 12ème depuis 1973 et Merry Airbrakes », son premier album, c’est un évènement! A l’époque il avait attendu 26 ans pour refaire surface avec « Fried Okra Jones » (1999) avant de devenir plus régulier depuis les années 2000.

Sa voix éraillée, il la pose sur une guitare dobro et s’accompagne également d’un harmonica, dans la plus pur tradition des premiers bluesmen (Robert Johnson, Charley Patton, Sonny Boy Williamson, John Lee Hooker…). Il nous offre un blues minimaliste mais très dense, ancré, et il est facile de l’imaginer jouer sous un porche un peu délabré, dans une région un peu venteuse, ou dans les bayous, magnifiquement chanté par Tony Joe White, et mis en images par Bertrand Tavernier dans « Les brumes électriques » (film avec Tommy Lee Jones, qui mène une enquête policière dans cette région soumise aux croyances vaudou, aus superstitions).

« Golden Boy » est un disque subtil, un petit joyau bluesy à savourer, un verre de Bourbon  (juste un, gare à la santé!) pas loin de soi !

Guillaume.

 

et une version live du classique « Key to the Highway », dans un Bar…