PAUSE ESTIVALE…


Après un début d’année marquée par le confinement en raison du COVID-19, voici venu le temps des vacances, de la détente, du repos, des joies simples retrouvées en famille ou entre ami(e(s)., à la mer, à la montagne, à la campagne, bref partout où il est possible de respirer de l’air pur.

Le blog fait donc lui aussi sa pause estivale, pour mieux revenir en forme à la rentrée, avec pleins de nouveautés, musicales, cinématographiques, à vous faire découvrir.

Bel été à vous toutes et tous qui, où que vous soyez, en France ou dans le monde, nous suivez régulièrement, depuis peu ou depuis longtemps. Portez-vous bien.

Pour vous faire patienter jusqu’à la rentrée, et agrémenter vos différents moments de vacances, nous vous proposons une playlist. Amusez-vous bien.

A bientôt donc.

L’EQUIPE DE SEMELAZIC.

Yugen Blakrok, le rap sud-africain débarqué à Marseille.


Cette rappeuse sud-africaine et son DJ, basés à Marseille, la ville de L’OM, de la bouillabaisse, de la Bonne Mère, le public fontenaysien a fait sa connaissance par un concours de circonstance en décembre 2019 au Festival des Aventuriers. En effet, non prévu à la programmation, le duo avait remplacé au pied levé comme cela arrive parfois, une autre artiste de sud-africaine qui pratique le rap, Dope Saint Jude. Là encore, comme pour Suzane, que j’évoquais dans un article précédent, je ne vais pas revenir sur la prestation tonitruante effectuée ce soir d’hiver, devant une salle bien remplie. Non je vais m’attarder sur l’album « Anima mysterium ».

C’est un disque plein d’énergie, à l’image de celle que met sur scène la rappeuse sud-africaine, une galette pleine de révolte aussi, car la chanteuse ne manque de dénoncer la situation sociale dans son pays, le racisme toujours présent malgré la période Mandela, la difficulté d’être une femme noire, métisse, la misère, bref, tout un tas de sujets qui restent d’une brûlante actualité dans ce pays aux immenses ressources (diamants, pétrole…).

Le disque se déroule sans lasser jamais l’auditeur, ce qui est un vrai gage de qualité, et prouve surtout que Yugen Blakrok sait avoir une écriture qui si elle va dans différentes directions, n’égare pas celui ou celle qui écoute. Ca fait un bien fou, surtout pour moi, qui ne suis pas de base un énorme auditeur de ce genre musical. Mais sa prestation au Festival des Aventuriers m’avait convaincu que cette artiste, désormais basée en terre marseillaise, serait à suivre. Son album confirme cette sensation.

Pour accompagner votre pérégrination estivale, vos soirées en bord de mer, de piscine, ou de cascade de montagne, après une longue marche, et une observation de la nature, rien qu’un petit Yugen Blakrok pour se donner la pêche.

Alors, si un jour, vous voyez une affiche annonçant le passage de cette artiste dans votre ville, n’hésitez surtout, vous passerez un moment plein d’énergie, de feeling, de bonnes vibes.

Guillaume.

Shapshifting, le nouveau bijou de Joe Satriani.


La dernière fois que j’avais eu des nouvelles du célèbre guitariste chauve, c’était au festival de jazz de Marciac il y a quelques années où il était venu remplacé au pied levé un Jeff Beck ayant déclaré forfait pour raisons de santé. Il avait partagé la soirée avec le fantasque, génial Lucky Peterson qui nous a quitté récemment.

Succédant au très beau « What happens next » paru en 2018, voilà donc « Shapeshifting », le nouvel album de Joe Satriani, le 17ème de l’ancien professeur de guitare de Kirk Hammett (Metallica), Steve Vaï ( Franck Zappa, Whitesnake, David Lee Roth Band), à la Berkeley University, et « Not of this Earth » paru en 1986. Pour moi qui suit ce génial et inventif musicien depuis cette époque, chaque nouvel album est une friandise que j’ai hâte de déguster.
Pour ce nouveau disque, Satriani s’entoure d’une nouvelle section rythmique composée du bassiste Chris Chaney qui a accompagné Alanis Morissette entre 1995 et 2002, puis Slash, l’ex- Gun’s’n’Roses, sur « Slash », paru en 2009, et du batteur Kenny Aronoff, qui a joué derrière John Mellencamp, Melissa Etheridge, le groupe de blues-rock Cinderella, John Fogerty, ou encore la légnde du rock’n’roll Jerry Lee Lewis, excusez du peu, avant de rencontrer Joe Satriani en 2011 sur le projet ChickenFoot en remplacement de Chad Smith, parti rejouer avec ses potes de Red Hot Chili Peppers. Bref, Satriani s’appuie sur du lourd, de la valeur sûre.

Et comme très souvent depuis de nombreuses années, je ne suis pas déçu par Joe Satriani.
Alternant les morceaux coups de fouet, comme l’introductif éponyme,  et ceux plus épurés, plus calmes tel « All for love », avec un son planant, rappelant ses albums précédents, ainsi que des envolées lyriques lors desquels Satriani laisse parler ses sentiments. Le titre « Big distorsion » donne toute la dimension d’un hit dans la galaxie Satriani. Un régal.

Bien sûr, il nous régale d’ambiances mélancoliques comme avec le très très beau « Tear Drops », nous fait voyager aux frontières des cultures africaines et occidentales avec « Ali Farka, Dick Dame, an alien and me », puis déboule « Nineteen eighty », titre qui porte la vraie marque Satriani, un son épuré,  du tapping ultra rapide qui ravira les fans de plans de guitare. Un tube en puissance. Ce morceau me renvoie à des titres comme « Surfing with the alien », « The  exremist » ou encore « Crystal planet ».

Les autres morceaux marquants de ce nouvel album sont pour moi « Spirits, Ghosts, and Outlaws », un morceau qui ne traîne pas, un son de guitare gras, qui sent la poussière par moment, le très joli « Waiting » et son intro au piano. Très planant et mélodique.
Vient ensuite, posé sur une rythmique reggae, « Here the blue river ». Seule déception, « Yesterday’s yesterday », qui clôt l’album, ressemble davantage à un morceau inachevé posé là pour faire le nombre, que par réelle achèvement artistique. Ça ne ressemble pas à Joe Satriani.

Si depuis longtemps « Satch » nous a habitué à un son de guitare très spatial, ici il n’en est rien ou si peu. Retour au son parfois brut, aux rythmes qui ont bercé sa jeunesse, le blues, le boogie, la country (« Perfect Dust »). On trouve même un morceau, en fin d’album, qui s’appuie sur une rythmique reggae (« Here the blue river »)…si si!

Oui assurément ce disque est une très belle réussite car Satriani y apparaît en grande forme, et sa technique semble toujours évoluer, ce qui compte tenu de son niveau d’excellence déjà atteint, est tout simplement ahurissant. Ses deux acolytes loin de n’être que des faire valoir. Ils constituent au contraire un socle solide sur lequel peut s’appuyer le guitariste, cela se vérifie généralement en concert. Il sera d’ailleurs sur la scène de l’Olympia le 10 mai 2021 (report du concert prévu le 2 juin dernier, annulé pour raison de Covid-19). Avis aux amateurs.

Guillaume.

« Just warming up »: Comme un testament musical de Lucky Peterson.


Cet album, paru en 2019, Lucky Peterson aurait dû venir le présenter en Europe cet été sur les scènes de Festivals si la parenthèse désenchantée et mortelle du Covid-19 n’avait pas frappé aussi durement en Europe, notamment en France, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne. Mais, hélas, Lucky Peterson, rattrapé par la maladie dû à ses nombreux excès de bon vivant, n’aura jamais eu le temps de le faire, puisqu’ il est décédé voilà quelques semaines seulement. Lucky Peterson était un multi-instrumentiste de génie (chant, guitare, harmonica, orgue hammond, batterie) et un showman accompli depuis sa jeunesse.

Mais donc ici je vais m’attarder sur ce qui restera son ultime album : 50, »Just warming up »(50 ans, »je démarre l’échauffement »). Titre étonnant et plein d’humour qui nous dit en forme de clin d’oeil que les 50 premières années de sa carrière étaient un échauffement musical, rien que ça! Quand on connait le talent qu’avait Peterson pour improviser à partir d’une vocalise, d’une note, pour démarrer un solo, on se dit qu’effectivement le décès précoce de ce musicien laisse un trou béant dans l’histoire du blues. Parmi les 15 titres qui le composent, 10 ont été écrits ou composé par Lucky Peterson.

L’album commence par « 50 years » en référence aux années de sa carrière (il a commencé à chanter à 5 ans).
Sur Youtube la vidéo qui accompagne la présentation de l’album nous montre le chef de bande en interview nous expliquer qu’après 50 ans de carrière (qui pour lui n’étaient qu’un début) il avait encore beaucoup de choses à faire et à dire musicalement, puis en train de répéter-enregistrer entouré de ses musiciens, la séquence se terminant par un gros sourire face caméra.
L’album est comme toujours une ode à cette musique sacrée pour lui, avec laquelle il a grandi,  dans laquelle il a baigné avant d’en faire sa mère nourricière et son inspiration quotidienne pendant 50 ans. Si sa voix s’en trouvé moins puissante que par le passé pas si lointain, sa technique instrumentale reste intacte quel que soit celui joué. A chaque note on sent le plaisir profond du jeu, du respect pour cette musique, et son devoir de transmettre. De perpétuer le lien, l’histoire de cette musique,  de ses origines, pour ne pas en perdre traces.
Oui un disque de Lucky Peterson,  comme de Buddy Guy ou du patriarche B.B.King,  c’est tout cela rassemblé.
Et « Just warming up »n’échappé pas à la règle. Il offre à l’auditeur un plaisir d’écoute, des moments de purs beautés comme ces duos avec sa femme Tamara (« Dont want nobody but you », un blues-soul avec cuivres, déclaration à sa femme ; « I Will die 4 U », morceau en mode acoustique, voix-percussion-guitare) ou encore comme toujours ces morceaux gorges de groove tel « Repossess your love ». Peterson, comme ses devanciers, est un conteur, un de ces bluesman qui vous tiennent avec cette façon de raconter ses histoires. Il a tellement écouté de musiques, rencontré de pointures de la scène musicale afro-américaine des années 70 et 80 (je pense ici à Prince, James Brown, Maceo Parker entre énormément d’autres), que sa musique ici s’ en ressent, en écoutant « Clickety Click ».
Le blues l’a toujours guidé, il le prouve joliment sur « The blues is driving me », sur une rythmique reggae. « Going where my roots come from » est un blues bien comme je les aime, lourd, posé, solide. Peterson y raconte son retour aux sources, sa « rencontre » avec la musique, le blues. Sa voie était tracée. Puis s’en vient « Let the Good time party begin » avec la chanteuse Daniella Cotton et l’harmoniciste Sugar Blue (Rolling Stones, Prince, Bob Dylan, Stan Getz…). Ça groove, ca roule, c’est bon.
Enfin pour terminer l’album, il nous gratifie de ces gospels, Amazing Grace / Precious Lord, en hommage à ceux qu’il chantait le dimanche à l’église, petit, avec ses parents, puis un peu plus tard en chorale.

Je vous laisse avec 4 extraits de son album qui sonne comme son testament à cette musique qu’il a chéri toute sa vie et a fait de lui une des plus grandes figures du style blues-rythm’n’blues de ces 40 dernières années.

Sûr que Là-Haut, avec Ray Charles, Dr.John, Prince ou encore James Brown les bœufs musicaux doivent déjà voler haut!

Guillaume.

Suzane, étoile naissante de la scène rock française.


En décembre 2019, cette jeune artiste a littéralement enflammé la scène de l’espace Gérard Philipe à l’occasion de la quinzième édition du festival des Aventuriers de la ville de Fontenay-Sous Bois. Je m’étais déjà attardé à faire un bilan de cette édition, je vais ici vous parler de l’album « Toï Toï » qu’elle était alors venu y présenter.

Derrière le côté tonique, virevoltant, Suzane nous avait révélé que cet album, dont les chansons furent parfois écrites sur un coin de bar, à la période où elle était serveuse dans un restaurant, oui elle nous avait confié que dans ce disque elle abordait des sujets parfois graves (La dégradation de la Nature, avec « Il est où le SAV? », L’homosexualité avec « P’tit gars »), l’insatisfaction (l’insatisfait »), l’addiction aux écrans portables et ordinateurs (« Monsieur Pomme »), le harcèlement moral et sexuel en entreprise (« SLT »). Le tout sur fond musique électro qu’elle maitrise parfaitement sans se laisser noyer par ce flow de sons. La voix est tantôt à la minaude, tantôt plus affirmée, revendicative, Suzane ne lâche pas le morceau. Elle chante aussi la réaction de ses parents à son rêve de devenir chanteuse (« Suzane »).

Il faut oser un premier album qui comporte 14 morceaux. Car celui ou celle qui le réalise peut s’y perdre, tant cela peut être un piège à l’homogénéité de l’ensemble. Fort heureusement pour elle, Suzane évite cet écueil, et fonce droit, affirmant tout au long du disque sa volonté de s’imposer, de faire sa place, son trou, dans ce monde de machos qu’est le show-bizz, ou le rock français. Bondissante, la jeune chanteuse a de la ressource.

Ce zébulon qui fait immanquablement penser à Mylène Farmer, par la rousseur de sa chevelure et les chorégraphies qu’elle ne manque pas de donner à voir, possède une plume qui peut sembler légère, mais qui s’avère bien plus incisive qu’elle n’y paraît.

Parmi la quatorzaine de titres ici livrés à mon écoute, je n’arrive pas à dégager un titre en particulier tant l’album dans son ensemble se tient et vous emmène dans l’univers inventif, frais, joyeux, vindicatif, de cette jeune artiste qui démarre en trombe une carrière qui s’annonce prometteuse.

Guillaume.

Eirem, une dernière Odyssée spatiale qui ne décolle hélas pas!


Après une longue pause créatrice (son dernier album, qui devait déjà être son ultime production musicale, date de 2018), Eirem, artiste fontenaysien, passionné de rock et musiques électroniques, nous revient donc pour un ultime tour de pistes sonores aux allures de balades intersidérales.
J’ai donc profité des longues semaines de confinement forcé, face au fléau viral qui nous y obligeait, pour écouter un peu de musique. « L’Odyssée Spatiale », concoctée par Eirem fut donc à mon menu.

Même si le titre me préparait à un voyage sonore particulier,  des ambiances travaillées, j’avoue que j’ai été un tant soit peu déçu par le contenu. Oh bien sûr, il n’est pas simple de réaliser un ultime tour de pistes, fut-il dédié aux étoiles. Et c’est tout le mérite d’Eirem que de s’y être penché, appliqué, patiemment, comme un ouvrier à sa tâche devant son établi.
Seulement voilà, est-ce parce que je m’attendais à un bouquet final flamboyant, à un carnaval sonore qui me ravirait les esgourdes, que je fus relativement déçu par cet ultime opus à vocation sidéral? Sans doute.

Ce qui frappe tout au long de cette quasi heure (55 minutes ) de musique spatiale, c’est outre la longueur des morceaux, surtout la relative répétitivité qui parfois prend place. 
Bon à ce stade,vous vous dites  » mais il aime pas ce disque… »…pas tout à fait.
Car ce disque,  comme tous ceux précédemment réalisés par Eirem, comporte des références musicales cachées ou non. Ici un hommage au grand Klaus Schulze (Magma), et puis des allusions à peine cachées à Jean-Michel Jarre, à Pink Floyd, à Stanley Kubrick (2001 L’odyssée de l’espace, bien sûr ) sont les petits moments de plaisirs que j’ai déniché dans cette odyssée stellaire.

Je trouve juste que cet album manque de lyrisme, d’envolées mélodiques qui me fassent décoller vers les étoiles, ce qui a l’heure où la capsule SpaceX à rejoint l’ISS là-haut dans l’espace pour un séjour de plusieurs semaines, oui cela est bien dommage.

Reste donc que cet album est tout de même agréable à écouter, ce qui est tout de même essentiel pour de la musique.

En tous cas, même si je suis donc mitigé sur sa dernière production musicalo-spatiale, Eirem nous aura gratifié tout au long de ces années de son amour pour la musique, le mélange des genres, en autodidacte complet. Merci à lui de nous avoir fait partager cela, et à vous, par ricochet. Je vous laisse ici les liens vers les articles précédents concernant Eirem.

https://semelazic.wordpress.com/2018/04/19/eirem-la-touche-finale

https://semelazic.wordpress.com/2017/03/27/eirem-dernier-chapitre/

https://semelazic.wordpress.com/2013/07/09/nouvelles-aventures-musicales-deirem/

https://semelazic.wordpress.com/2011/11/09/un-artiste-fontenaysien-eirem/

https://semelazic.wordpress.com/2015/12/12/et-maintenant-laller-retour-en-enfer/

https://semelazic.wordpress.com/2015/01/18/un-aller-retour-au-paradis/

https://semelazic.wordpress.com/2014/10/17/jall-blanc-30-ans-deja/

Guillaume.


Bedos, ton dernier sketch ne nous fait pas rire.


L’ironie est terrible. Mais la grande faucheuse, à l’heure de sa quête macabre, et Dieu sait combien elle a tristement été servie ces derniers temps, oui la grande faucheuse se fout bien de l’horloge du temps terrestre.

Ainsi, à peine quelques jours après la disparition de Jean-Loup Dabadie, qui lui écriera d’ailleurs plusieurs sketches dont « le boxeur », c’est donc Guy Bedos qui s’en va, inoubliable interprète du personnage de Simon, médecin et fils de Marthe Villalonga dans « Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au Paradis », aux côtés de Marthe Villalonga, Claude Brasseur, Jean Rochefort et Victor Lanoux. Du quatuor, seul reste aujourd’hui Claude Brasseur. Ces deux films ont été co-écrit par Dabadie et le réalisateur Yves Robert.

Né en juin 1934 à Alger, il arrive en France en 1949 avec ses parents. A 17 ans il entre à l’école de la rue Blanche, suit des cours de théâtre, y présente sa première mise en scène, un Marivaux « Arlequin poli par l’amour ». Il est repéré un peu plus tard par le grand Jacques Prévert, qui voyant ses talents de plume, l’inciter à écrire des sketches. Le conseil sera suivi avec le succès que l’on sait. La scène, il l’avait découvert dès 1951, à travers le théâtre en jouant dans « le cambrioleur », pièce mise en scène par… Jean-Paul Belmondo. Cette rencontre scellera leur amitié. Il a régulièrement joué au théâtre, et l’une des pièces qu’il considérait comme très importante et utile, était « la résistible ascension d’Arturo Ui » de Brecht en 1993, sous la direction de Jérôme Savary. La pièce sera un vrai triomphe.

Dans les années 70, ses duos avec sa compagne Sophie Daumier, notamment « la drague » ou « les vacances à Marrakech », vont devenir mythiques. Après cette période, il se lance dans une carrière en solo et ses sketches comme « Paulette », « Le foot », « le boxeur », « la mère et son fils », »Pauv’ Gosse » vont très vite lui assurer un public. Tantôt tendre, tantôt acerbe, Bedos ne voulait jamais faire mal mais juste poser son regard critique de citoyen engagé sur le monde qui l’entourait. Il raillait les travers d’une société injuste avec les faibles, indulgente avec les puissants.

Pour l’avoir vu à 2 reprises à l’Olympia au tournant des années 2000, j’avais été impressionné par l’énergie de Bedos sur scène. Près de deux heures durant, il avait dressé une galerie de portraits savoureux, avant bien sûr de gratifier l’assistance de sa célèbre revue de presse, qui durait une vingtaine de minutes et pendant laquelle il passait en revue l’actualité politique nationale et internationale. Il éparpillait façon puzzle, comme l’avait si joliment écrit Audiard pour Blier dans « les Tontons Flingueurs ».

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Cette scène, outre de l’occuper seul pendant longtemps, il aimait la partager. Avec Smaïn et Michel Boujenah en 1991, dans un spectacle intitulé « Coup de soleil ». Avec Muriel Robin, toujours en 1992. Puis au début des années 2000 avec son fils Nicolas (2004), qui tient de son père une plume incisive, précise, acérée, drôle, ironique. Partager, donner, vibrer. Tel était Bedos. Pendant sa carrière d’homme de scène, il a eu l’occasion de voir évoluer, grandir deux autres monstres sacrés de ce qu’on appelle les comiques à l’époque (lui-même détestait ce terme), qui deviendront ses amis, aujourd’hui renommés pudiquement humoristes, à savoir Coluche et Pierre Desproges. Ces derniers décèderont, trop vite et trop jeunes respectivement à 41 et 49 ans, à quelques mois d’intervalle, dans les années 80. Viendront ensuite Smaïn, Michel Boujenah, Anne Roumanoff, et enfin le dernier de la bande, un certain Jamel Debbouze, pour qui il avait un regard et une affection particulière, en raison des similitudes de parcours de vie personnelles et artistiques.

Mais outre d’être un homme de scène, Guy Bedos à également tourné au cinéma, une trentaine de films. Après des débuts en 1958 dans « Les tricheurs » de Marcel Carné, on le retrouve dans « Ce soir ou jamais » de Michel Deville (1960), « Les copains » d’Yves Robert (1965), « Le Pistonné » de Claude Berri (1970), avant bien entendu « Un éléphant ça trompe énormément « (1976), « Nous irons tous au Paradis »(1977), mais aussi « Réveillon chez Bob » de Denys Granier-Deferre (1984), « Sauve-toi Lola » de Michel Drach (1986), »Le bal des casse-pieds » d’Yves Robert (1992).Vous le voyez il a tourné avec certains des plus grands réalisateurs français.

Guy Bedos était un saltimbanque, au sens propre du terme. Il touchait à tout, le plus souvent avec brio et succès. Il laisse une belle carrière derrière lui.

Je lui laisse le mot de la fin en citant la phrase qu’il disait régulièrement à la fin de ses spectacles :

« La vie est une comédie italienne ».

Guillaume.

Michel Piccoli, un départ dans la Nuit.


Parti à 94 ans rejoindre la grande table des étoiles du cinéma français disparues, en nous quittant dans la nuit du 12 mai dernier, l’acteur et comédien de cinéma et théâtre Michel Piccoli laisse derrière lui un parcours unique, fait de 150 films et presque 70 pieces de théâtre, dont les plus grands classiques du répertoire. Petit retour sur une immense carrière.

Si entre sa première apparition en 1940 dans « Sortilèges ou les cavaliers de Riouclare », et son premier vrai rôle dans « le Doulos »(1962) de Jean-Pierre Melville, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, il n’enchaina que de petits rôles, les années 60 vont marquer le vrai début de sa carrière au cinéma.

En 1963, c’est le réalisateur Luis Bunuel qui le fera tourner dans « Journal d’une femme de chambre » aux côtés de la remarquable Jeanne Moreau. La même année, il tournera « le Mépris » de Jean-Luc Godard, dans lequel Brigitte Bardot lui donne la réplique. Quatre ans plus tard, en 1967, il sera à l’affiche de « Belle de jour » de Bunuel, et de la comédie musicale « Les demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy, avec Jacques Perrin, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.

Au tournant des années 70’s, Michel Piccoli va se diriger vers des comédies sociales, type « La grande bouffe » de Marco Ferreri en 1973, des films d’études de couples, ou les films de bande chers à Claude Sautet. Avec ce dernier, il va tourner « Les choses de la vie » en compagnie de Romy Schneider en 1970, puis « Vincent François Paul et les autres.. »( Yves Montand, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Ludmila Mickaël…). Ce film, tendre, rempli d’amitié masculine de quinquas installés m’a beaucoup marqué. Un autre dont je me souviens très bien est « le Prix du Danger »(1983), d’Yves Boisset, avec Gérard Lanvin. L’histoire de la téléréalité avant l’heure, à travers une chasse à l’homme. Il y incarne un présentateur cynique, froid, soutenant à peine les candidats. Mais Lanvin va tout bouleverser.

Entre les deux, il avait endossé le rôle d’un médecin-chirurgien dans une ville de province (« 7 morts sur Ordonnance », 1975, de Jacques Rouffio), en compagnie de Jane Birkin, Gérard Depardieu, et de l’immense Charles Vanel dans le rôle du patriarche d’une clinique privée.

Il a aussi tourné dans des films policiers comme « Espion lève-toi », en 1982, avec Bruno Cremer et Lino Ventura. Un espion en sommeil, est réveillé » pour une ultime mission. Ventura est parfait et Piccoli, en agent manipulateur, machiavélique.

Au début des années 90, il avait tenu sous le regard de Jacques Rivette, le rôle d’un peintre, dans « La belle Noiseuse ». Emmanuelle Béart incarne la nouvelle Belle Noiseuse, peinte par le personnage de Piccoli.

Acteur, Michel Piccoli était aussi comédien de théâtre. Il a joué dans « Spartacus »(1952), »Phèdre », dirigé par Jean Vilar (1957), »La cerisaie » de Tcheckhov mise en scène par Peter Brook en 1981, « La fausse suivante » de Marivaux, dirigée par Patrice Chéreau en 1985 ou « La jalousie » de Sacha Guitry, mise en scène par Bernard Murat(2001).

En 70 années de carrière, Michel Piccoli aura tout fait, tout joué, véritable caméléon devant la caméra ou sur les planches du théâtre. Nous reste sa silhouette, sa voix profonde, et donc sa filmographie pour nous rappeler l’immense acteur qu’il fut.

Guillaume.

Lucky Peterson fait pleurer le Blues.


Début de semaine brutal et triste, malgré la présence réchauffant du soleil. Après le cinéma touché par la disparition du géant Michrl Piccoli, à l’âge de 94 ans, c’est le bluesman Lucky Peterson qui est décédé brutalement hier, victime d’un AVC à 55 ans seulement. Cela méritait bien un petit hommage.

Né à Buffalo en 1964, la musique, le jeune Lucky Peterson y est confronté très tôt puisque son père James Peterson est chanteur-guitariste de blues, et tient un bar, le Governor’s Inn, au sein duquel il va rencontrer des monstres sacrées tels que Muddy Waters, Koko Taylor, Junior Wells. Dans la foulée il apprend à jouer de l’orgue auprès de Jimmy Smith, il a seulement 5 ans! C’est alors qu’il est repéré par le grand Wiliie Dixon.

Mais s’il apprend donc l’orgue Hammond, Lucky Peterson va très rapidement se tourner vers la guitare électrique, qui deviendra son second instrument favori. Il était prêt pour voler vers sa future carrière solo, délivrer sa version du blues, de la soul et rythm’ and blues, avec sa voix un peu cassée, parfois lente, plaintive comme un chat écorché par la vie, et offrir sa fougue scénique au public.

La première fois que j’ai vu Lucky Peterson sur scène, c’était lors du festival de jazz Banlieues Bleues, sous un chapiteau, ce devait être en 1992.
Je le vis  debardquer sur scène, avec un petit chapeau, des lubettes cerclées, et une chemise ample cachant un embonpoint. La salle était bondée. Il était entouré de 5-6 musiciens, tous très bons. Deux heures et quart durant, il nous avait régalé, passant sans problèmes d’ un instrument à l’autre, puisque outre la guitare, il joua évidemment de l’orgue hammond, un solo de batterie, et de l’harmonica. Rien que ça! Puis au cours de son concert, le sieur Peterson, généreux à souhait, était descendu dans la salle, partager au milieu de la foule un solo de guitare incroyable de dix minutes. Grand moment.

La deuxième fois que je l’ai vu c’était au festival de jazz de Marciac en 2014. Là aussi sous chapiteau. Devant six mille personnes il avait livré une prestation fantastique, mettant le public dans sa poche par son talent d’ homme de musicien bien sûr mais aussi d’homme de scène. Là encore j’étais ressorti de la soirée enchanté par le spectacle offert par ce musicien. Pour celles et ceux qui souhaitent se faire une idée de cette soirée-là, il existe un enregistrement sonore qui restitue bien qui était Lucky Peterson sur scène.

Reconnu pour son talent, Lucky Peterson a joué avec les p,usa grands noms du blues et du rock des 50 dernières années, de Buddy Guy à Wynton Marsalis, en passant par B.B King, les Rolling Stones, Robert Cray, ou encore le fantasque Bootsy Collins.

Ce n’ est qu’ en 1989 qu’il publiera son tout premier album ‘Lucky strikes’ sur le fameux Labelle blues Alligator. En 996, il publie un album « spirituals & gospels », chants avec lesquels il a grandi en fréquentant les églises et les chorales e dimanche.En 2001, il publie un livre sublime  » Double dealin’ ‘. Huit ans plus tard, il enr6egistre un album ou il joue uniquement de l’orgue hammond et reprend des titres soul music. Ces dernières années il a enregistré 2 albums, le premier en hommage à son mentor Jimmy Smith ( « Tribute tous Jimmy Smith » 2017), puis un disque pour célébrer ses 50 a’s de musique, « 50 warming up », sorti l’an dernier. Depuis quelques années il se produisait sur scène avec sa femme, la chanteuse soûl Tamara Peterson.

Fantasque, imprévisible, parfois capricieux mais au fond très généreux, Lucky Peterson a connu une carrière chaotique mais jonchée quand même de très grands moments et donc de belles perles musicales. Je vous laisse avec une sélection de très beaux morceaux, en solo et en duos avec d’autres grands noms.

Tout au long de sa carrière Lucky Peterson n’ aura eu de cesse que de tranmettre son amour de la musique blues, des gospels et spirituals, du rythme rythm’ and blues qui l’ont tant nourri étant jeune. C’était un passeur, dans la lignée des ses aînés B.B.King, Buddy Guy, Muddy Waters, Jimmy Smith.

Guillaume.

Little Richard, fondateur du Rock, s’est envolé.


Né Richard Wayne Penniman en 1932 à Maçon en Géorgie, aux États-Unis, « Little Richard » est apparu en 1956 à la télévision avec deux titres joué live, « Long tall Sally », »Tutti Frutti », qui allaient tout bouleverser. Comme ses acolytes musiciens noirs de l’époque, le pianiste Fats Domino (« On blueberry hill »), les guitaristes Chuck Berry et Bo Diddley, Little Richard va poser les bases du rock. Le musicien Little Steven dira d’ailleurs plus tard que Little Richard « a écrit la Bible du rock. »
Issus de parents religieux, Little Richard va grandir en allant chanter des Gospels le dimanche à l’église. Cette formation religieuse et vocale vont le marquer pour le restant de sa carrière sinon de sa vie. Ce jeune garçon, donc lorsqu’il apparaît en costume blanc, flanqué d’un petit orchestre avec cuivres, à la télévision, provoque un choc. Plus rien ne sera comme avant. Il offre en moins de 3 minutes le schéma de ce que sera la musique de demain, rythmée,  débridée, chantée fort, en bougeant énormément sur scène même en jouant du piano. Ce qu’il fait, levant la jambe droite sur le clavier ! Énorme !

Tenues exubérantes,  coiffure haute de 15 cm (!), yeux maquillés, voix parfois haute, presque criarde,  Little Richard a écrit parmi les plus belles chansons du rock, qui 60 ans après,  sont devenues des tubes : »Long Tall Sally », « Lucille » et donc « Tutti Frutti », repris entre autres par Elvis Presley.

Ce musicien noir, ultra talentueux, va inspirer nombre d’artistes dans les décennies futures : James Brown, Les Beatles, Les Stones, David Bowie, Elton John, ou encore Bob Dylan qui déclare en apprenant le décès de Little Richard : « il a été ma lumière quand j’ai démarré « .
Très marqué par le gospel de sa jeunesse, Little Richard a connu une carrière chaotique, faite d’allers-retours entre les sunlights et les retraites vers sa communauté, à chanter des gospels. Il l’a fait à de nombreuses reprises, ce qui l’a empêché d’avoir la carrière internationale que son talent méritait. Du coup ses rares apparitions étaient toujours très attendues. Il était d’ailleurs venu au Festival des Vieilles Charrues il y a quelques années, partageant l’affiche et la scène avec Chuck Berry et Jerry Lee Lewis.

A 83 ans Little Richard, géant de la musique du 20ème siècle, 
a donc tiré discrètement sa révérence. Nous reste sa musique.  Éternelle.

Guillaume.

Retrouvez à la médiathèque :
22 greatest / Little Richard.
The girl can’t help it / Little Richard.
Mega Gospel /

Et le livre :
50 years around the rock / Annie Goetzinger.

Jeff Goldblum, du cinéma au jazz.


Vous avez sûrement déjà vu sa grande silhouette et son sourire charmeur dans plusieurs films au cinéma ces 25 dernières années. Après des petits rôles dans des films de Woody Allen, Robert Altman, il se révéla dans le film « la Mouche » de David Cronenberg, en 1987, aux côtés de Geena Davis. Plus tard, on le retrouve dans « Jurassic Park » et « Jurassic Park, le monde perdu », aux côtés de Sam Neill, Laura Dern, Richard Attenborough. Il a également tourné dans « Silverado « , « L’étoffe des héros », avec Éd Harris et Sam Sheppard. Sans parler de « Independance Day », avec Bill Pullman. Bref, une belle carrière.

Mais Jeff Goldblum est aussi amateur de jazz. Normal me direz-vous lorsque l’on naît au pays-berceau de cette musique. Comme nombre de ses prédécesseurs et contemporains acteurs et même actrices (Franck Sinatra, Dean Martin, Sammy David Jr., Nathalie Wood, Marylin Monroe, Barbara Streisand, Shirley McLane, Bruce Willis… ), Goldblum à donc baigné tout au long de sa vie avec la musique, le jazz. Restait à franchir le pas de s’y consacrer le temps d’un album.

Il a donc entamé cette démarche voilà 2 ans avec « The Capitol Studios Sessions », déjà avec le Mildred Smitzer Orchestra. Et récidive ici avec « I shouldn’t be telling you this », toujours avec l’objectif de mettre en lumière des standards (« The thrill je gone »; « The Cat »..) mais pas uniquement, des compositeurs de jazz parfois oublié (Irving Berlin, Rube Bloom, Ray Henderson, Lew Brown, Lalo Schifrin) et des musiciens contemporains tels Herbie Hancock,Wes Montgomery, John Lewis.

Pour ce nouvel album, Jeff Goldblum s’est également entouré de quelques pointures vocales telles Sharon Von Etten, Miley Cirus, Fiona Apple, Gregory Porter. Le premier titre de l’album, « Let’s face the music and dance » est une belle entrée en matière, avec en prime la découverte pour moi de la voix de Sharon Von Etten. S’en suivent deux titres « The sidewilder » et « The beat goes on », composé par le saxophoniste Lee Morgan. Joyeux. Vient après un titre du pianiste légendaire Herbie Hancock, « Driftin' ». Un régal d’entendre une composition de ce génie du jazz. Le « Thrill is gone » qui suit, n’est pas celui, légendaire du bluesman B.B.King. Non ici, c’est un morceau écrit par Ray Henderson et Lew Brown. Le morceau est superbe et la voix de Miley Cirus se fond parfaitement à l’ambiance du titre. C’est pour moi l’un des plus beaux titres de l’album.

Après je me suis régalé sur « Don’t worry about me », écrit par Rube Bloom et Ted Koehler. Fiona Apple, chanteuse pop-folk, qui a un peu disparu des radars, se rappelle à nous avec talent. Reviens Fiona, Reviens!!! Ah, que dire de  » The Cat », morceau qui a baigné ma jeunesse, le son de l’orgue hammond de Jimmy Smith. Souvenirs, souvenirs…. ici c’est la version de Lalo Schifrin et Rick Ward qui nous est offerte…Le Chat ici est bien servi. Pour terminer, je vous conseille d’écouter « Make someone happy », porté par la voix chaude et profonde du colosse Gregory Porter.

Au final, cet album est très très agréable à écouter. Je vous souhaite une belle découverte.

Guillaume.

Joachim Des Ormeaux nous emmène dans son sillage.


Novembre 2019. Parfois le hasard fait bien les choses. Un jour, une adhérente (elle se reconnaîtra sans doute), me parle d’un groupe de jazz créole, Joachim Des Ormeaux & Friends, dont s’occupe une de ses amies, Makeni. Elle me propose de l’écouter, ce que j’accepte, et quelques jours plus tard, Makeni passe elle-même me le déposer (pochette ci- dessous).

Plusieurs semaines passent. Finalement, mettant à profit le confinement dû au Covid-19, j’ai le temps d’écouter enfin ce cd de jazz créole, intitulé « Sak Lanvi »(sac d’envies) paru en 2017.

Si je dois admettre que je ne suis pas très très sensible à la musique créole, dès lors que le mot jazz est dans la connexion, je ne pouvais qu’écouter.

L’album s’ouvre par le titre-éponyme, qui m’a immédiatement « embarqué ». Le décor est planté, la musique sera chaude, chaloupée, une invitation à danser, parfois sur des airs bossa ou biguine mélangées aux sons électrifiée du jazz.

Son équipage est de qualité : Arnaud Dolmen (batterie), Thierry Vaton (piano), Thierry Fanfant (contrebasse), Michel Cilla (tambour di bass), Allen Holst (flûte), ou Boris Reine-Adélaïde (tambour bèlè) et Johan Renard (violon) sans oublier les choristes. Le conteur-chanteur qu’est Joachim Des Ormeaux peut ainsi tranquillement exprimer son art, sa musique, livrer sa part d’intime.

Dans cet album trop court à mon goût ( 7 titres seulement !), Joachim Des Ormeaux traite de différents sujets comme ceux de la transmission entre un vieil homme et un enfant (no2, Zépon), l’enfance turbulente (no3, la fontaine Maman), l’héritage (no4, Oti Nono), avec à chaque fois une ambiance musicale qui met l’auditeur ne parlant pas créole (ce qui est mon cas) dans une douce connivence.

Ce qui se dégage de ce disque n’est rien mois que plaisir du partage, envie de donner à l’autre, joie de jouer, sans oublier le savant mélange des cultures musicales, qui fait tout le sel de cet album.

Pour terminer cette chronique, je dirais à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, d’écouter ce disque, d’aller voir ce groupe si jamais il devait se produire près de chez eux.

Sachez que le groupe travaille sur album de 18 titres, « Wou Se Mwen », qui sortira  en principe en 2021 en intégralité. D’ici là,  vous pourrez patienter en écoutant les morceaux à paraître d’ici fin 2020, ou vous rendre sur le site joachimdesormeaux.com.

Guillaume.

Il était une fois… 1984!


Cette année-là, je fête joyeusement mes 17 printemps. C’est aussi pour moi la période où je fréquente beaucoup deux amis prénommés Franck, ainsi qu’un autre prénommé Frédéric, qui vit du côté de Châtillon. A côté de cette anecdote, l’année 1984 (titre du fameux roman futuriste de George Orwell) est remplie de faits marquants en tous genres : Une fois n’est pas coutume, je commencerai par la victoire de l’Equipe de France, menée par le duo Hidalgo-Platini, lors de l’Euro de Football, première grande compétition sportive organisée en France depuis très longtemps. Les autres temps forts en France, seront notamment l’adoption de la loi Savary visant à réformer et fusionner l’école publique et privée, ce qui donne lieux à de grandes manifestations et une opposition musclée de la part des catholiques. Le président Mitterrand demandera le retrait de la loi, s’en suivra la démission de Savary, puis un changement de gouvernement et de premier ministre. Laurent Fabius succèdera à Pierre Mauroy. Une loi est voté permettant aux étrangers d’avoir une carte de séjour pour 10 ans.
Dans les médias, naissance, avec l’aval du président, de la première chaîne privée payante, Canal +, dirigée par l’un des ses anciens conseillers, André Rousselet. Dans le secteur économique, la barre des 2,5 millions de chômeurs est atteinte!. C’est aussi l’année de la tuerie de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. 10 militants Kanaks seront tués. Au cinéma, 3 films retiennent l’attention lors de leur sortie : « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone, « Scarface » de Brian de Palma, « Et vogue le navire » signé Federico Fellini. Côté cinéma français, c’est le film « Rive droite rive gauche » avec le duo Gérard Depardieu-Carole Bouquet, qui connait un gros succès. Au rayon des disparu.e.s célèbres de l’année, on peut citer le réalisateur François Truffaut, l’actrice Pascale Ogier, le philosophe Michel Foucault.

Place à l’histoire inventée.

L’homme, est assit à une terrasse, en plein soleil, dans Smalltown City, un bled paumé du nord de l’Europe. La silhouette massive, le regard perçant, tel est cet homme, prénommé Kirk. Dehors, l’agitation bat son plein. Des caravanes de touristes se préparent pour des expéditions vers le grand  froid, celui de l’Arctique et ses températures polaires.

Kirk traine sa carcasse lourde comme fatiguée d’une vie harassante de bûcheron et marquée d’expériences amoureuses plus ou moins longues, l’une d’entre elle, avec une femme nommée Pietra, brune italienne, qui l’a fortement marqué.

Kirk, devant ce vacarme de la rue, décide de repartir chez lui, loin de la ville, dans une maison située en bord de la nature sauvage. Une maison de bois à la décoration minimaliste.

Chaque matin, il s’exclame « Dieu que c’est beau »! Ce rituel quotidien lui permet de savourer son extraction volontaire  de la folie des hommes, du bruit, de la violence de la circulation routière. Anciennement résident à Hong-Kong pendant 20 ans, où il menait carrière dans cet antre de bruit permanent, il avait décidé de rompre avec cette vie.

Dans ce décor où le vent vient siffler le long des fenêtres très souvent, et où la pluie est presque omniprésente,  Kirk se sent comme un poisson dans l’eau. D’ailleurs,  propriétaire d’un petit bateau de pêche,  il ne perd jamais une occasion de sortir en mer taquiner les poissons,  poser des filets.
Dans le clin, depuis le temps, sa réputation le précède. Au point que des pêcheurs du coin demandent à pouvoir l’accompagner. Le bougre accepte,  ça lui changera sa routine.

Mais, outre la pêche, la nature, Kirk vous une véritable passion pour le foot. Jeune, il a manqué une carrière à cause d’un accident de santé. Mais la passion est restée. Intacte.

Malheureusement,  faute d’argent suffisamment gagné,  il n’a pu se rendre en France pour assister a des matches de l’Euro 84, dans lequel, la bande à Platini, sous la houlette de son sélectionneur Michel Hidalgo, forts d’un remarquable parcours,  battra en finale l’Espagne des Sanchis,  Michel, Butragueno, Arconada, sur le score de 2-0. Une symphonie fantastique en apothéose d’un tournoi parfait.

Oui Kirk à loupé tout cela.
Il s’est fait une promesse, ne pas rater le prochain,  qui aura lieu dans 4 ans en Belgique et aux Pays-Bas.

Je vous laisse avec la playlist de l’année 1984, qui vous rappellera sans doute de nombreux souvenirs.

Guillaume.
PS: j’ai volontairement changé la fin de l’histoire,  pour rendre saluer Michel Hidalgo, qui fut donc sélectionneur de l’équipe de France pendant 9 ans, et à qui je dois mes premières émotions de  jeune supporter de football.

La playlist de mars : Sorcières, sorcières…


En ce mois de mars, célébrons la Femme. Le 8 mars dernier, la journée du droit des femmes a eu lieu, et la médiathèque s’est liée aux différentes initiatives municipales liées à cette journée. Entre-temps annulées.
Nous avions mis en avant l’image de la femme « sorcière », par deux expositions, sur le thème « femme, magie et politique ». Nous espérons qu’elles seront visibles prochainement.
Alors si l’image n’est pour le moment pas disponible, la musique l’est encore. Voici donc cette playlist sur le thème de la femme « sorcière » : musiques variées, classique, punk, métal, rock, chamanique… qui aborderons les différentes facettes de cette femme « sorcière ».

Bonne écoute.

Carine