Les Aventuriers ont 15 ans!


Comme chaque année à la même période, c’est à dire juste avant les agapes de Noël avec son cortège de cadeaux reçus ou faits en famille, son lot de repas qui se veulent soignés, entre le sacro-saint saumon, le foie gras et les bulles de champagne, oui avant tout cela, un évènement a lieu à Fontenay-sous-Bois, le festival des Aventuriers, qui fêtera joyeusement ses 15 ans cette année, du 11 au 20 décembre 2019.
Une fois encore, selon la volonté des programmateurs, l’affiche sera variée, audacieuse, alliance de jeunes artistes et de vieux briscards. Bref, un cocktail qui, depuis 15 ans, à doucement fait ses preuves, auprès d’un public mélangé, intergénérationnel.

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L’histoire a commencée en 1993, jusqu’en 1998, à l’initiative de Marc Sapolin, alors programmateur de l’Espace Gérard Philipe, soutenu à l’époque par Bernard Pieterharens, directeur du service culturel, et la ville de Fontenay. Hélas,devant la difficulté de trouver son rythme ( 2 fois dans l’année, Juin et décembre) et un public, le festival est mis entre parenthèse en 1998. La programmation était un mélange de rock et de chanson française au départ. Y figurèrent entre autres des artistes tel(les) que La Grande Sophie, Peter Kröner, Louise Attaque, Shaï no Shaï, Christine Lidon, Michel Herblin, Les Objets, RoadRunners ou encore Mathieu Boogaerts et Mathieu Chédid. Vous le voyez, l’éclectisme était de mise, la qualité également.

Quelques années plus tard, en 2005, l’idée de relancer le festival est posée. L’équipe du service culturel cherche à relancer ce festival. Se pose alors la question de contacter une tête d’affiche médiatique. Coup de chance, l’ex-batteur de Téléphone et actuel membre des Insus, Richard Kolinka, est un habitant de Fontenay. Le contact est noué par l’entremise de Denis Monfleur, scultpteur, ami commun de Richard Kolinka et Marc Sapolin. Après une discussion, accord est rapidement trouvé pour qu’il organise la soirée de clôture avec des mais musiciens, sous forme de boeuf musical. C’est ainsi qu’il réunira le plateau suivant : M, Raphaël, Daniel Darc, et son complice de toujours, Jean-Louis Aubert. Cette première édition de la nouvelle formule est un succès public. Le festival relancé. Pendant encore 2 ans, Richard Kolinka parrainera le festival et fera la fête en soirée de clôture avec ses potes musiciens tels que Alain Bashung, Brigitte Fontaine, Cali, Sanseverino ou Hubert-Félix Thiéfaine. France Cartigny, Jeanne Cherhal, Elli Mereiros viendront également participer à ces soirées spéciales, faire la fête et communier avec le public présent. Car oui ce festival, qui clôt l’année civile, est avant une fête, un rassemblement d’aventuriers de la musique, de curieux de nouveautés sonores, issus d’horizons divers, parfois venus de très très loin.

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Depuis 2005, sous l’impulsion de son « parrain » Richard Kolinka, mixée avec la volonté affichée par le service culturel d’offrir la chance à des artistes évoluant dans les sphères rock, reggae, électro, chanson française, world-music, le festival a trouvé son rythme de croisière, son public qui revient chaque année, avec même son lot de nouveaux spectateurs, avertis par le fameux « bouche à oreille ».

Lors des 14 éditions précédentes, le public, tout comme moi, a eu l’occasion de découvrir des artistes comme Anis, Jasmine Vegas, Foreign Office (2005), Holden, Claire Diterzi, Véronique Pestel, Asyl (2006), Alex Beaupain, Florent Marchet, Shaï no Shaï (photo du dessus), Chloé Mons (passée à la médiathèque, avec Yann Péchin en 2007), La bestiole, Poney Express, K-Lame (reçu à la médiathèque, en, 2008), Barcella, Adrienne Pauly (2008), Emily Jane White, Eiffel, Aqme (2009), Jim Jones Revue, Jessie Evans (2010), Mustang, The Legendary Tiger Man, The Toxic Avenger (2011), Stuck in the sound, François and the Atlas Mountains, Isaac Delusion, Rover (2012), Tuung, Frankie Rose, La Femme, Poni Hoax, Skip and Die, Dom La Nena (2013), Tuxedo Moon, Moodoid, Fakear, Slow Joe & the Ginger Accident (2014), Jeanne Added, Lonelady, Marie Modiano (2015), Demi Portion, Kacem Wapalek, Grand Blanc, Electro Deluxe, Guts, Dani Terreur (2016), Chilli Bump, Cannibale, Jasmine, Kasbah (2017), L’impératrice, Général Electriks, le trio Delgres, Agathe da Rama (reçue à la médiathèque en décembre 2018), Péroké, Elias Dris (2018).

Vous le constatez, tous les styles sont représentés dans ces programmations. C’est la volonté affichée par le service culturel.

Sachez que vous pouvez retrouver nombre (plus de 200!) cd de ces artistes à la médiathèque Louis Aragon de Fontenay-sous-Bois. A noter également que la musicienne-chanteuse Estelle Meyer se produira le samedi 14 décembre à 17h à la médiathèque, après une rencontre de 15h30 à 17h avec le photographe rock Eric Tandy, qui viendra parler du livre qu’il a réalisé à l’occasion de cet anniversaire, intitulé « Aventuriers, depuis 1993, l’épopée musicale du festival », et de l’exposition sur le festival, qui sera installée à l’Espace Gérard Philipe, à la médiathèque, et pour la dernière soirée du festival (20 décembre) à la salle Jacques Brel.
Reste à découvrir donc le menu musical concocté par l’équipe du service culturel.

Bon anniversaire à ce festival! Et merci à l’équipe du service du culturel qui d’année en année oeuvre pour nous régaler,avant la trêve de Noël. Place donc à la quinzième édition! Bon festival à toutes et tous! Pour vous donner un avant-goût, consulter la programmation en allant sur le site ci-dessous.

Guillaume.

https://www.festival-les-aventuriers.com/programmation

Diabolique est cette Epée…!


Un nouveau groupe de rock fait surface sur la scène musicale française. Il s’agit de L’Epée. Quatuor composé de la comédienne et chanteuse Emmanuelle Seigner, d’Anton Newcombe (ex Bryan Jonestown Massacre) et du duo perpignais The Limanas, ce groupe nous propose son deuxième bébé musical, après « Shadow People » du groupe The Limanas qui réunissait déjà ce quatuor. « Diabolique« , le nouvel opus enregistré en partie à Berlin, nous montre que le groupe ne lésine pas. Il sait où il va. Proposant à son auditeur.trice une musique très bien ficelée, le tout emmenée par la voix et le charisme d’Emmanuelle Seigner, qui n’en est pas à son coup d’essai musical puisqu’elle a par le passé déjà enregistré 2 albums solos (« Dingue » en 2010 ; « Distant Lover » en 2014).

Au cours des 10 titres figurant sur « Diabolique« , il nous est proposé de rêver à des lunes étranges, en tentant d’échapper à la brigade des maléfices, de danser avec la Grande dans un rituel inhabituel, sur fond de Springfield 61 au moment du Last picture show. Se promenant sans cesse dans les méandres du rock psychédélique et progressif aux accents 70’s très évidents. Bertrand Belin, chanteur français injustement méconnu, participe à ce disque. Anton Newcombe en assure la production. La réverb utilisée parfois sur la voix d’Emmanuelle Seigner ne dénature pas son chant ni ne nuit à la mélodie des morceaux. Cela lui donne même un aspect très aéré, très planant, intéressant. Car nous en avons vus des comédiennes s’essayer au chant et n’être pas toujours hélas à la hauteur, surtout quand il s’agit de chanter dans la langue de Shakespeare. Volontairement je ne citerai pas de noms, mais je vous laisse remonter dans les 30-40 dernières années. Cela suffit largement pour se faire une idée.

Bien que composé d’éléments venants d’horizons divers, L’Epée s’avère être un vrai groupe, dont se dégage une véritable osmose musicale. Ce qui n’est pas nécessairement le cas de tout groupe de rock, même les plus expérimentés.

Même si j’avoue que j’étais dubitatif à l’idée d’écouter ce disque avec Emmanuelle Seigner au chant, je dois reconnaître qu’au final la surprise est plutôt bonne. Il n’y a plus qu’à voir ce groupe sur scène pour définitivement se faire une idée de la qualité réelle de L’Epée.

Je vous laisse en leur compagnie, pour que vous vous fassiez votre propre idée.

Guillaume.

Fellini-Rota, au nom du cinéma Italien.


Dans les années 60-70, le cinéma italien était l’un des plus productifs et importants au monde. Outre Sergio Leone, déjà évoqué ici, et Federico Fellini, objet de mon article du jour, il y avait de grands réalisateurs tels que Ettore Scola, Luchino Visconti, Franco Zeffirelli, Michelangelo Antonioni.
Côté acteurs-actrices, on peut citer Vittorio Gasman, Marcelo Mastroianni, Nino Manfredi, Ugo Tognazzi, Giuletta Massina, Sophia Loren, Gina Lolobrigida, ou encore Monica Vitti, Silvana Mangano. Les  studios Cinecitta fonctionnaient à plein régime.

Mais revenons à Federico Fellini, génie consacré du cinéma italien et mondial. Né à Rimini en 1920, avant d’être réalisateur,  Fellini s’était penché sur la bande dessinée, la satire, puis sur l’écriture de scénario. Considéré à juste titre comme l’un des plus importants cinéastes du 20ème siècle, à l’égal de Charlie Chaplin, Ordon Celles, Jean Renoir ou John Ford, il fut de nombreuses fois honoré,  notamment en 1960 pour la « Dolce Vita »(palme d’or à Cannes), puis 4 fois oscarisé à Hollywood pour ses films « La strada », « Les nuits de Cabiria », « Huit et demi  » et « Amarcord ».  Il est l’auteur d’une oeuvre aussi immense que singulière, qui, au tournant des années 70 va s’imprégner de modernité et dessiner des films emprunts de grande qualité comparables parfois à des tableaux de peintres. En cela il rejoindra des cinéastes comme Ingmar Bergman ou Alain Resnais.
Mais toute oeuvre cinématographique ne peut exister sans musique pour la porter, l’illustrer. Pour cela, très tôt, Fellini va s’attacher les services du talentueux Nino Rota.

Nino Rota, de son vrai nom Giovanni Rota, est né à Milan en 1911. Après des études de musique, il va se tourner vers l’écriture de musiques de films sans pour autant délaisser la musique classique puisqu’il composera notamment un oratorio dès l’age de 12 ans (!), « L’infanzia di San Giovanni Battista », oeuvre qui sera présentée et  jouée respectivement à Milan et Paris. A 18 ans, il entre au Conservatoire Sainte-Cécile, et apprend la direction d’orchestre auprès d’Alfredo Casella. En 1937, après un passage après des études de littérature, il s’oriente vers l’enseignement musical, parallèlement à sa carrière de compositeur. Ensuite de 1950 à 1979, année de son décès, il dirigera le conservatoire de Bari. Il écrira plus tard des concertos pour piano, violoncelle ainsi que 4 symphonies, et 11 opéras

Avant sa rencontre avec le maître Fellini, dont il deviendra le « peintre musical », Rota entamera sa carrière de compositeur de musiques de films en 1933 avec le film de Raffaelo Matarazzo, « Il treno popolare ». Sa rencontre avec Fellini se fait à l’occasion du premier film du maestro « Le cheikh Blanc », en 1952. Il deviendra alors celui qui mettra en musique nombreux des plus grands films de Fellini, des « Vitteloni » à « Amarcord » en passant par « La dolce vita », « Satyricon » ou bien sûr « Huit et demi ». La connivence, qui débouchera sur une profonde amitié entre les deux hommes, permettra que les films et les musiques, indépendamment, connaissent un énorme succès populaire, critique, et professionnel. 

A côté de son travail avec Fellini, Nino Rota a bien entendu composé des musiques pour d’autres réalisateurs tels que « Le Parrain » et « Le Parrain II », réalisés par Francis Ford Coppola, « Roméo et Juliette » de Franco Zefirreli, « Le Guépard » et « Rocco et ses frères » de Luchino Visconti. Il a aussi écrit des partitions pour des réalisateurs comme Luigi Comencini, (« La belle de Rome »), Henri Verneuil (« le Serpent »). Au total, celui qui déclarait ne pas s’intéresser au cinéma en dehors des films sur lesquels il travaillait, aura écrit, composé, pas moins de 170 musiques de films !. Une oeuvre considérable, qui fait encore aujourd’hui de ce musicien l’un des plus importants du 20ème siècle.

Vous le voyez, Federico Fellini et Nino Rota, sont rentrés ensemble et séparemment au panthéon du 7ème Art.

Je vous laisse en compagnie des ses plus célèbres musiques en dehors de celles réalisées pour Fellini. L’ occasion de replonger dans les univers cinématographiques des différents cinéastes avec lesquels il a collaboré.

Guillaume.

Besson-Serra, à l’unisson.


En 1983, le cinéma français va voir débarquer un jeune réalisateur dont il faudra désormais retenir le nom: Luc Besson. Réalisateur de son premier film, »le dernier combat » tourné en noir et blanc, Besson va révéler in acteur, une nature physique, du nom de Jean Reno.

Luc Besson fera donc tourner le colossal Jean Reno dans plusieurs de ses films, « le Grand Bleu », (film hommage à Jacques Mayol, avec Jean-Marc Barr, Rosanna Arquette), « Leon », tourné avec la jeune Nathalie Portman, puis bien plus tard « Immortal ». Mais aussi un musicien, qui va composer pratiquement toutes ses musiques de films par la suite. Son nom, Eric Serra. Bassiste, mais également batteur, il a notamment accompagné Jacques Higelin lors des concerts donnés à Bercy, alors qu’il n’avait que 20 ans et fut nommé directeur musical à l’époque par Maître Jacques.

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Suite au succès de son premier film, Besson va s’attaquer à ce qui sera son plus grand succès populaire, « le grand bleu », qui raconte la relation d’amitié sur fond de concurrence, ayant lié le plongeur-apnéiste français Jacques Mayol et l’italien Enzo Pelizzari.

Ce film, invité de dernière minute au prestigieux festival de Cannes, sous la pression du succès public, va concrétiser le succès du duo Besson-Serra.

 

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Dès lors, Besson va enchaîner les films à succès aidés du talent musical de Eric Serra. Suivront donc « Subway » avec une distribution de haut vol (Isabelle Adjani, Jean-Hugues Anglade, Christophe Lambert), « Léon », avec Jean Reno, la jeune révélation Nathalie Portman, et le comédien Gary Oldman. A chaque fois, Serra compose des musiques qui collent à l’identité des films, avec un talent évident et une « patte » sonore très reconnaissable.

Plus tard, le réalisateur nous offrira un « Cinquième élément » futuriste, aux allures de bd sur grand écran. La musique de Serra là encore est de toute beauté. Par la suite « Nikita », avec dans le rôle-titre Anne Parillaud, ou le superbe et épique « Jeanne D’Arc » avec Mila Jovovic, seront des films là aussi totalement opposés d’un point de vue du style, et le travail musical d’Éric Serra une bénédiction.
Le duo Besson-Serra travaille en parfaite symbiose. Cela se voit à l’écran.

Chaque nouveau film est un pari pour les deux compères. Qu’il s’agisse du milieu aquatique, de nettoyeur, de polar dans le métro, de film futuriste, de fresque historique, Besson et Serra s’entendent si bien que le premier fait une confiance aveugle au second pour écrire la musique.

Depuis plus d 35 ans après leur première collaboration artistique, ce binôme fonctionne encore, la dernière preuve en est « Anna » sorti cette année. Cette longévité est extrêmement rare dans le milieu du cinéma. A l’étranger, seul le « couple » hollywoodien Spielberg-Williams les devance;avec un travail commun entamé en 1975, sur le film « Duel », et qui se poursuit encore aujourd’hui. Sans oublier évidemment les deux duos mythiques du cinéma italien, Rota-Fellini (que j’évoquerai prochainement ) et Morricone-Leone (précédemment évoqué sur ce blog) les devance.

Je vous laisse (re)découvrir les musiques de film composées par Éric Serra. Cela vous rappellera sans doute des souvenirs.

Guillaume.

Elias Dris, jeune aventurier, a pris son envol.


A quelques semaines du début de la quinzième édition des Aventuriers  (11 -20 décembre 2019) à Fontenay- sous-Bois, j’avais envie de revenir sur un artiste qie j’ai découvert, comme beaucoup de ceux et celles venu.e.s. en décembre 2018 au festival des Aventuriers de Fontenay-sous-Bois.

Il est arrivé sur scène, discrètement. Tel un oiseau frêle qui vient se poser sur une branche. Son allure fine, ses cheveux longs, laissaient penser que le garçon était timide. Elias Dris, c’est son nom, venait là présenter son premier album, « Gold in the ashes », sorti en 2017, avant la parution dès mars 2019, de « Beatnik or not to be ».

Très à l’aise au chant avec une voix douce très caractéristique, il s’avère être un excellent mélodiste, instrumentiste, aussi à l’aise à la guitare semi-acoustique que devant un clavier. Il nous avait ce soir là régaler pendant une heure, alternant le chant en anglais ou en français.

Il est aussi multi-instrumentiste, puisqu’il pratique la basse, le banjo, le piano, en plus de la guitare. Cette palette instrumentale lui ouvre un champ très large pour composer, écrire.

Depuis ce festival, lors duquel il était à l’affiche aux côtes d’artistes comme le trio Delgres, du groupe pop l’Impératrice, de General Electriks, ou des toulousains Agathe da Rama (venus se produire à la médiathèque le 14 décembre 2018, devant une belle assistance conquise), le jeune artiste poursuit son chemin, qui l’a déjà mené à côtoyer, lors de premières parties, des noms de la musique comme Lou Doillon, Shannon Wright, ou encore Selah Sue. De quoi nouer de jolies rencontres, et se forger une belle expérience, à seulement 25 ans. 

Si vous êtes amateur de pop-folk ciselée, de jolis textes délivrés tout en subtilité, alors je vous conseille d’aller voir et écouter-découvrir ce jeune artiste, s’il passe pres de chez vous.

Elias Dris est donc un musicien, auteur-compositeur-interprète des plus intéressants, qu’il faut suivre de près. J’attends avec impatience de le revoir sur scène et surtout d’écouter son prochain album. En attendant cela, je vous propose une plongée dans son univers musical.

Guillaume.

Il était une fois… 1983!


 Nous voici donc en 1983. Une année fertile en événements en tous genres. En France, sur le plan politique, c’est la dissolution annoncée par le gouvernement du FLNC (Front de Libération Nationaliste Corse). A l’étranger, En Bolivie, l’arrestation de Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, qui fut responsable de la capture de Jean Moulin, a soulevé une vague d’émotions en France. Son procès en 1987, sera télévisé. Une première depuis le procès de Adolf Eichmann en Israël le 11 avril 1961, qui sera exécuté en mai 1962. Aux Etats-Unis, le président Ronald Reagan met en route un projet de « Guerre des Etoiles ». Toujours aux USA, une grande première à lieu dans le domaine spatial. Une navette habitée, dénommée « Challenger » va décoller vers l’espace. Un retour aux affaires qui est un succès. Dans le domaine des sciences humaines, la revue « Science » publie un article sur la découverte par des chercheurs français, du virus HIV. En sport, Yannick Noah crée l’événement en remportant Roland-Garros, face au suédois Mats Wilander. La dernière victoire française datait de… 1937 avec Jean Borotra, à l’époque des fameux « mousquetaires » dont étaient membres également Jacques Brugnon, Henri Cochet, René Lacoste. Une éternité!!

Au cinéma, plusieurs films connaîtront un gros succès : « L’été meurtrier » de Jacques Becker avec Alain Souchon et Isabelle Adjani. « Le Marginal » avec Jean-Paul Belmondo. « Les compères », de Francis Véber avec Pierre Richard et Gérard Depardieu. « A nos amours » de Maurice Pialat avec la jeune débutante Sandrine Bonnaire. « Scaface » de Brian de Palma, avec le talentueux Al Pacino, sans parler du fameux « Tchao Pantin » de Claude Berri avec Coluche dans un registre dramatique et les jeunes Richard Anconina et Agnès Soral à ses côtés. Parmi les disparitions notoires il faut signaler Georges Ballanchine, Georges Auric, René Fallet, Luis Bunuel, David Niven, Marcel Dalio, Robert Aldrich, Joa Miro, Jean-Marc Reiser, Raymond Aron, Georges Cukor, Tenessee Williams, Hergé.

Place à l’histoire inventée.

C’est l’été. Sud de la France. Il fait chaud, presque brûlant. Sur les hauteurs d’une colline, abritée des regards, une fastueuse demeure, sur 3 étages, avec une piscine. Les propriétaires, Floyd, italo-russe porte ce prénom car son père, dénommé Vladimir Illitch Dassaev, passionné de boxe, adorait le champion Floyd Patterson, et Layla, d’origine chinoise, issue d’une famille bourgeoise de Pékin, qui a fui le régime en place, forment un couple jeune et beau, à l’amour fusionnel. Aux yeux de Floyd, Layla est se petite « China girl ». Floyd, porte une balafre au visage façon « Scarface », souvenir d’une rixe qui a mal tournée. Ancien déserteur de l’armée, il a réussi dans les affaires, pas toujours légales. . Floyd, caché derrière ses lunettes de soleil, est un personnage cynique, parfois brutal, mais éperdument amoureux de Layla, qu’il nomme aussi parfois « Baby Jane », en raison de sa passion pour Rod Stewart.

Layla, ancien mannequin, silhouette élancée, a un corps de liane, les yeux couleurs menthe à l’eau (hé oui Mister Low Low je l’ai placé 🙂 ). Elle avait vaguement fait des essais pour les studios de la Paramount. Elle envisageait de faire carrière au cinéma. Ses espoirs furent hélas déçus. Leur demeure, baptisée « Sweet Dreams », est leur havre de paix. Layla passe son temps à se dorer la peau au soleil brûlant, le long de la piscine. Pourtant, aujourd’hui c’est une jeune femme, récente veuve, qui malgré les souffrances familiales, est toujours debout. Quand elle a rencontré Floyd, elle en est tombé « morgane » au premier regard. Too shy pour l’aborder, elle a eu pour lui un vrai coup de foudre. La générosité autant que le caractère charmeur de Floyd l’ont séduit. Un italiano vero. Grande gueule, flambeur, caractériel, mais très attentionné a son égard. Floyd est un personnage capable de verser dans le sombre, d’avoir des idées noires, de se fermer aux autres, y compris Layla. Entre les deux, C’est parfois l’amour violent, très violent. Mais Layla ne dit rien, subit. Pour ne pas perdre Floyd, elle « accepte » cet enfer et continue de vivre dans ce paradis sur Terre, loin du bruit et de la fureur de la ville. Quand l’orage des coups se calme, elle enfile un pull bleu marine et descend rejoindre la piscine, pour s’y plonger. L’élément liquide est son refuge, sa bulle de protection. Quand elle refait surface, elle s’allonge longuement au bord, casque sur les oreilles, aux sons de Elton John, Al Jarreau, Chaka Khan ou encore Yes. Des quoi se détendre, s’évader, ne penser à rien d’autre. Oublier la dureté de l’ homme qu’elle aime surtout. Avant tout.

Les années passent. Les été se suivent. Toujours avec le même rituel, mélange de lascivité, de sensualité, de coups.Un mélange de bonheur et d’horreur. Lassée de ce qu’elle vit avec Floyd, Layla décide de prendre les choses en main. Quitter Floyd, fuir, loin. changer de vie. Redevenir une « still standing woman ». Elle veut retrouver force et dignité, joie et plaisir de vivre, tellement Floyd l’avait privé de tout ceci à force de coups et de propos dégradants, humiliants. Quitter l’homme qu’elle a chérit pendant si longtemps et si intensément n’est pas chose aisée. Pourtant le salut passe par là. Evident. Alors elle saute le pas. Mais où aller ? Elle ne sait. Septembre venu, elle décide de partir pour San Diego. Là-bas, son seul objectif, refaire sa vie, chasser les idées noires, et pourquoi pas retenter sa chance auprès de studios de cinéma ou à la télévision, jouer dans des séries. « Everything counts » se dit-elle. Donc toutes les opportunités seront bonnes.

Bientôt, après de multiples refus, comme serveuse dans les restaurants ou bars, ou donc dans les studios locaux, la chance va lui sourire. Un soir qu’elle prenait un verre dans un bar du centre ville, un homme l’aborde. Il se nomme John Sembello, la soixantaine, le teint bronzé, le cigare vissé aux lèvres. C’est un producteur de séries pour la télévision. Méfiante tout d’abord, elle le laisse pourtant engager la conversation. Il recherche des nouvelles têtes pour tourner le pilote d’une série policière, « Boogie down ». Il pense que Layla, vu son allure, sa prestance, pourrait incarner un des rôles importants. Ayant peu d’expérience, Layla hésite devant cette proposition, pourtant très alléchante, et qui lui sauverait la mise. Elle demande au producteur si elle peut y réfléchir l’espace de 24h. L’homme acquiesce positivement. Il glisse sa carte de visite. Ils conviennent de se téléphoner le lendemain à midi.

Après une nuit de réflexion, elle le rappelle comme convenu. La voix tremblante, mais très désireuse de ne pas rater cette chance que la vie lui offre, elle appelle le producteur et lui signifie qu’elle tient absolument à ce rôle, qu’elle est même prête à prendre quelques cours de comédie pour cela. Devant tant de volontarisme, John Sembello donna son accord. Layla, radieuse, voyait définitivement son avenir se dégager. Elle appela ses parents pour leur annoncer la bonne nouvelle et décida de sortir fêter cela en chantant à tue-tête « I’m a lucky star ».

Guillaume.

Jamiroquai, retour mitigé !


Depuis « Rock Dust Light Star », paru en 2010, Jamiroquai et son chanteur charismatique Jay Kay n’avaient pas produit d’album, ce qui ne les empêchaient pas de tourner à travers le monde.
Aussi la sortie d’ « Automaton », le 31 mars 2017, marquait à l’époque le retour de ce groupe légendaire. C’est seulement le huitième opus des anglais depuis « Emergency on planet Earth », en 1993! La sorti de l’album sera suivi d’une triste nouvelle puisque l’ancien claviériste (période 1992-2002), Toby Smith, décède des suites d’un cancer en avril 2017.

Moi qui n’écoute pas régulièrement ce groupe ni même ne l’ai vu en concert, malgré une réputation plus que méritée de groupe de scène, aux prestations toujours aussi inattendues qu’éblouissantes selon les « followers » depuis ses débuts, et bien qu’ayant déjà entendu des albums précédents, qui révèlent un groupe et un chanteur très talentueux et maîtres de leur sujet, j’avais envie de jeter une oreille curieuse sur cet album sorti voilà 2 ans.

J’ avoue qu’ « Automaton » est un album qui m’a moyennement convaincu. Je m’attendais à une boule d’énergie, avec ce mélange savamment dosé de funk, soul et électro, très dansant, mélodieux. Dans la droite ligne des productions antérieurs. Le résultat est ici inégal, parfois décevant. Alors si « Shake it on » d’entrée nous met dans le mood…. ambiance dancefloor… boule périscopique…. et « lâchez-vous »! « Automaton » qui donne son nom à ce nouvel opus possède un son plus clinique, un univers davantage futuriste…un côté spatial… tout en restant dansant. « Cloud 9 », « Superfresh » et « Hot Property » avec ce début de morceau au son étouffé, sont dans ce droit fil, intemporels, mais follement modernes! « Something about you » nous fait revenir à du classique, dansant, bien produit, où la voix de Jay Kay, qui ne perd pas en qualité depuis toutes ces années, se balade avec aisance et tranquillité. » « Summer Girl » est un titre qui sonne comme les classiques de la soul music des 70’s. Et ca s’arrête là! Enfin pour moi! Car ce n’est pas la suite, avec « Nights out in the Jungle », « Dr. Buzz », « We can do it », Vitamin » qui s’enchaînent, qui me convaincra, et surtout me donneront l’image d’un album abouti. Ces derniers morceaux relèvent d’une production trop « propre »…. trop aseptisée! Pour finir, « Carla »un titre un brin évanescent où se mêle sans génie des boucles électroniques sans magie, des nappes de synthés, sur lesquelles Jay Kay pose sa voix sans grande conviction.

Au final, un album mi figue- mi raisin. Les puristes et les adorateurs / trices me trouveront sans doute sévère, mais pour avoir pu écouter « The return of the space cowboy » ou « Funky Odyssey« , deux albums superbes qui datent un peu dans le temps, « Automaton » tient difficilement la comparaison. J’ose espérer que son prochain album sera bien meilleur.

A vous de juger.

Guillaume.

1969, « Abbey Road », ultime album des Scarabées.


Si pour l’homme à la tête de chou, l’année 1969 est avant tout une année érotique, de l’autre côté de la manche, les cousins anglais ne pensaient vraiment pas (quelle idée!) qu’un jour ils demanderaient le Brexit, pour quitter cette Europe qu’ils ont contribué à bâtir au lendemain de la seconde guerre mondiale. C’est l’époque du boom de la pop music, emmené par les deux grosses locomotives que sont alors les Beatles (« Scarabées ») et les Rolling Stones (« Pierres qui roulent »). Deux groupes que tout oppose, du style musical aux tenues vestimentaires, mais qui, au contraire de ce que mettent en scène les journaux de l’époque, sont très amis, complices. Je vais ici m’attarder sur la fabrication de l’un meilleurs albums des Beatles, à savoir « Abbey Road ».

Le 20 juillet 1969, veille d’un autre événement planétaire (première alunissage de l’homme, avec la fameuse phrase prononcée par Neil Armstrong (« C’est un petit pas pour l’Homme, Un bon de géant pour l’Humanité »), le groupe de Liverpool, quitte le studio Abbey Road, où sous la direction de leur historique producteur-mentor, ils ont enregistré pour la dernière fois ensemble. Une sorte de testament musical, avant dispersion générale, en 1970, pour des aventures en solo.. John Lennon, auteur du célèbre « Imagine », se consacrera à des projets artistiques et humanitaires avec sa compagne Yoko Ono, enregistrera 12 albums jusqu’à son assassinat, un soir de décembre 1980, alors qu’il sortait de son immeuble, Paul Mac Cartney, après une courte pause, fondera un groupe, les « Wings », tandis que Ringo Starr fera des sessions pour nombre de musiciens, et George Harrison entamera également une carrière solo.

Séparément, les 4 scarabés vont connaître des fortunes diverses. Le premier d’entre eux, Lennon, va s’enfermer dans un monde fait méditation, de manifestations pour la paix dans le monde, de projets en duo avec Yoko Ono. Il va aussi se mettre à peindre, à faire de la photo, à l’instar de sa compagne. Paul Mac Cartney, lui, véritable machine à composer de la musique, tous genres confondus (40 ans plus tard, il écrira une oeuvre … classique, »Ecce Cor Meum », un oratorio, en 2006). En 1971 avec sa femme Linda et Denny Laine, l’ancien chanteur-guitariste de Moody Blues, il fonde le groupe « Wings ». Ce sera un beau succès, puisque de 1971 à 1979, le groupe va publier pas moins de 7 albums. Il continuera par la suite, entremêlant sa carrière solo de collaborations prestigieuses (avec Stevie Wonder, sur le titre « Ebony and Ivory »), Michael Jackson (« Thriller », « Say say say »), Johnny Cash (Water from the Wells of home), George Benson et Al Jarreau (« Givin it up), Kanye West (« Fourfive seconds). Il est aussi un producteur très éclectique puisqu’il a travaillé avec des gens comme les Beach Boys, Elvis Costello, George Harrison, Ringo Starr, Steve Miller Band, ou James Taylor. Depuis plus de 20 ans, il tourne avec son groupe, remanié parfois, et connait un succès jamais démenti. Les salles toujours pleines. Ce musicien d’aujour’hui 76 ans, multi-instrumentiste, à la voix toujours intacte, affiche une santé de fer, un enthousiasme adolescent. Des deux autres, Ringo Starr, est celui qui a sans doute moins bien réussi sa carrière post-Beatles. Batteur talentueux mais fantasque, toujours prêt pour une bonne blague, va connaitre des lendemains moins heureux mais restera un musicien demandé, dont le talent reconnu autant que sa personnalité son appréciés par les rock stars des 70’s-80’s. Sa carrière discographique n’atteint pas l’égal de Paul Mac Cartney. La qualité de ses albums reste très inégale. Au bon vouloir du musicien, qui semble prendre la musique à la légère, vivre sur ses rentes. Un choix de vie. George Harrsion, lui, le plus porté sur les cultures du monde, fera de nombreux voyages en Inde, organisera un concert pour le Bengladesh, après la catastrophe causée par des inondations terribles en 1970.

Mais avant tout cela, les 4 compères, à l’apogée de leur carrière en groupe, minés par des tensions internes et déjà des envie de projets solos, entrent donc aux fameux studios d’enregistrements qui’ils fréquentent depuis 1962, situés sur Abbey Road. C’est là, sous la conduite de Georges Martin, leur illustre producteur de toujours, qu’ils vont écrire et enregistrer l’un des plus grands albums de rock des 60 dernières années. Il sortira le 26 septembre 1969. C’est ce moment que choisit John Lennon pour annoncer à ses amis qu’il a décidé de quitter le groupe. Officiellement, cette décision ne sera révélée qu’en avril 1970.

Sur ce disque devenu mythique, qui fit un carton au moment de sa sortie puis dans les décennies suivantes, tant par sa qualité, que par sa pochette, on trouve des titres extrêmement forts comme « Come Together », « Maxwell’s Silver Hammer, morceau composé par Mac Cartney et proposé pour être le titre de l’album, mais l’idée sera refusée par John Lennon, amis également, »Here comes the sun », « She came into the bathroom windows », magistralement reprise et interprétée par le regretté Joe Cocker, « Carry the Weight ». Des titres qui aujourd’hui encore sont des tubes.

Pour les nostalgiques de ce groupe, de cette période musicale, ce disque figure en bonne place sur les étagères, pour la nouvelles générations, c’est un disque qu’il faut absolument écouter, découvrir !! Je vous laisse en compagnie de ces génies etde quelques-un.e.s de leurs interprètes. Cet album annonçait un vrai virage musical, plus pop que jamais, avec des orchestrations magnifiques, ciselées, très élaborées. Hélas, le groupe se séparera donc, laissant derrière lui une discographie unique de par sa qualité.

Guillaume.

Steve Vaï, sombre héro de la guitare.


Né à New-York en 1959, à 20 ans, Steve Vaî a officié aux côtés du génial Franck Zappa. De quoi se forger une solide expérience musicale et scénique auprès du grand musicien américain.

Steve Vaï fut aussi l’élève du professeur…Joe Satriani!
Comme j’adore le divin chauve guitariste, dont j’ai déjà parlé sur ce blog,  il me semblait donc évident d’évoquer son élève. Les deux hommes se retrouveront plusieurs années plus tard au sein du supergroupe G3 ( voir plus bas).

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Ayant « grandi »avec Franck Zappa, Steve Vaï à très vite pris goût au mélange des genres, en l’occurrence le jazz et le rock. Il a ainsi développé un style particulier, qui allie virtuosité technique, sens de la mélodie.

Le garçon est donc si doué que sorti des arcanes de Zappa en 1978, il décide de mener une carrière solo. Bien lui en prend. Il enregistre ainsi « Flex-able » en 1984.
Dans la foulée il part vers d’autres horizons en ralliant le groupe de hard-rock Alcatrazz, mené par le chanteur Graham Bonnett (MSG) où il prend le relais du virtuose suédois Yngwie Malmsteen, pour le temps d’un album, « Disturbing the peace » (1985), et d’une tournée.

 

Après quoi, pendant 4 ans, il va côtoyer le virevoltant David Lee Roth et enregistrer 2 disques à ses côtés : « Eat ‘Em and Smile »en 1986 puis « Skycraper » en 1988.
Revenant à ses projets solos, il  décide de réaliser le disque « Passion & Warfare »(1990). L’album connaît un gros succès et asseoit la réputation du guitariste auprès du grand public. Sa carrière solo véritablement lancée.

Pourtant, il va rejoindre le groupe anglais Whitesnake (Le Serpent Blanc ), mené par le charismatique chanteur David Coverdale. Il enregistre « Slip of the tongue »(pas le meilleur, et de loin, pour moi qui suis fan de ce groupe, de la discographie du Serpent Blanc), suivi d’une tournée.
Après cette expérience, Vaī enchaine alors les albums, comme « Sex and Religion »(1993), « Alien love secrets » (1995), « Fire garden »(1996).

En 1997, il s’offre une parenthèse dans sa carrière solo en rejoignant le génial Eric Johnson, et son ancien professeur Joe Satriani, pour une tournée avec le supergroupe G3. Un succès.

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Il reprend ses travaux personnels et sort « Ultra zone »(1999), puis retrouve Joe Satriani et Yngwie Malmsteen pour un live « Rockin’in à free world », en 2004. Une troisième fois, l’année suivante, il rejoint le G3, aux côtés de Satriani et du virtuose John Petrucci.

Après ces récréations musicales scéniques, Steve Vaï reprend le cours de ses oeuvres personnelles, avec « Real illusions reflections »(2005), suivi quelques années plus tard de « The story of light »(2012), « Modern primitive »(2016). A chaque fois Vaï innove, à la manière de ses mentors Zappa et Satriani. Ce qui le rend parfois déroutant à suivre, mais c’est aussi ce qui fait son intérêt. Et celui des auditeurs, dont je suis.

Steve Vaï n’est pas qu’un soliste, ou un excellent membre de groupe. Il est également un interprète de haut vol, à l’image de sa participation au morceau « Highway Star » sur l’album « re-machined: a tribute to Deep Purple’s Machine Head ».  Il joue aux côtés du mythique Glenn Hugues ( Trapeze, Deep Purple, Black Sabbath) et du batteur Chad Smith, membre des Red Hot Chili Peppers, et du supergroupe Chickenfoot, qui rassemble Joe Satriani, Sammy Hagar (Montrose,Van Halen), Michael Anthony (Van Halen).

Steve Vaï, depuis ses débuts avec le maître Zappa, a connu des collaborations avec les plus grands. Preuve que c’est un musicien reconnu et recherché pour l’originalité de son jeu, sa technique, son adaptabilité aux différents styles.

A 60 ans, ce superbe guitariste est à mes yeux l’un des plus intéressants à écouter.

Je vous laisse avec une sélection de morceaux composés, joués par Steve Vaï.
Bonn écoute.

Guillaume.

Spielberg-Williams, une complicité en cinémascope.


Deuxième volet de notre nouvelle rubrique, qui met en lumière le couple « realisateur-compositeur de musiques de films ».
L’une des plus célèbres est celle reliant Steven Spielberg à John Williams. D’autres seront évoquées dans les semaines qui viennent.

Après avoir réalisé « Duel » en 1971, chef d’oeuvre de suspens entre une voiture conduite par un cadre qui rentre du boulot et un camion, dont on ne voit jamais le visage du conducteur, le jeune Spielberg se fera connaitre au monde le film d’épouvante « La Chose » en 1972, puis « Sugarland Express » (première collaboration entre les deux hommes) en 1974. L’année suivante, il réalise le fameux « Jaws » (« Les dents de la mer »). Ce film qui met en scène un grand requin blanc mangeur d’hommes (ce qui dans la réalité n’est pas la autant la vérité, fort heureusement, que celle montrée dans le film), fera un carton mondial.
Je me souviens avoir vu « Duel »( avec Dennis Weaver) avec mon père, puis  « Jaws » (avec Roy Scheider, Lorraine Gary, Richard Dreyfuss et Robert Shaw) dans un cinéma du quartier Latin. Les deux fois, j’en étais sorti remué.

Les deux histoires, très différentes évidemment,  formidablement mises en scène, étaient portés par des musiques très identifiables, fortes. Si celle de « Duel » est l’oeuvre de Bill Goldenberg, celle de « Jaws » est donc signée de Williams.

John Williams, pianiste mais  également compositeur de musique, va se faire connaître du grand public, après « Jaws », en signant la musique (certes fortement inspirée de Gustav Holst et de son « Lost Planet ») de la première trilogie intergalactique sortie de l’esprit de Georges Lucas, à savoir « Star Wars ».
Cette saga, débutée en 1977, avec le fameux épisodes IV « la guerre des étoiles : un nouvel espoir », puis V « l’Empire contre-attaque »,  enfin le VI « le retour du Jedi », fera de lui une véritable référence en la matière.
La trilogie fera une pause jusqu’en 1999, année où sortira l’épisode 1″la menace fantôme », bientôt suivi des épisodes 2 « l’attaque des clônes »(2002) et 3 « La revanche des Sith » (2005).

Partagé désormais entre ces deux monstres du cinéma, il composera aussi les musiques de la saga « Aventuriers de l’arche perdue », avec Harrison Ford dans le rôle titre. 2 autres films seront tournés, ‘Indiana Jones et le temple maudit », « Indiana Jones et La dernière croisade » (avec Sean Connery).

Il signera aussi les formidables musiques de « E.T », »La liste de Schindler », « il faut sauver le soldat Ryan », « Rencontres du Troisième type », le drôle « Arrête-moi si tu peux « , la fresque historique « Lincoln », sans oublier « Amistad », fresque sur la période esclavagiste aux États-Unis,  « A.I intelligence », sur l’intelligence artificielle, « 1941 », sur l’attaque de Pearl Harbour par le Japon, qui fera entrer les États-Unis dans la seconde guerre mondiale, et le superbe « Tintin ».
Il a également composé la musique de « Harry Potter », d’abord « l’école des sorciers » (2001), puis les deux suivants,  avant de passer le relais à d’autres musiciens.

Bref, vous le voyez, les deux hommes ont travaillé ensemble sur de très nombreux films, qui pour la plupart sont devenus des classiques du cinéma.

Revoir ces films de Spielberg, c’est aussi pouvoir réécouter la musique de John Williams. Ecouter John Williams nous replonge dans les films de Spielberg.
Pourquoi se priver de ce double plaisir ?
Je vous laisse donc ici en compagnie de John Williams.

Guillaume.

Leone-Morricone, initiateurs du nouveau western.



Nouvelle rubrique pour vous sur ce blog : la relation entre un réalisateur de films et un compositeur de musiques de films. Nous commençons par un duo mythique : Sergio Leone-Ennio Morricone.

Tout d’abord, je dois rendre à César,  c’est à dire en l’occurrence à mon père, d’avoir découvert, alors que j’étais jeune et fasciné par les westerns américains, incarnés par les acteurs comme John Wayne, James Stewart, ou encore Burt Lancaster, et des réalisateurs comme John Ford, John Sturges, oui d’avoir pu découvrir le nouveau western, à la sauce italienne, avec des films comme « Le bon, La brute, Le truand » (Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Élie Wallach), et les deux autres films de cette trilogie, « Pour une une poignée de dollars »(Clint Eastwood, Gian Maria Volonte), « Et pour quelques dollars de plus » (Clint Eastwood, Lee Van Cleef. Gian Maria Volonte, Klaus Kinski).

Cette trilogie, tournée principalement en Espagne, met en scène des personnages qui manient tour à tour cynisme, malice, humour. Dans un autre registre, qui marque la rencontre entre un jeune cowboy et une légende de l’Ouest, il y a « Mon nom est Personne » (Henry Fonda, Terence Hill). Cela m’a donc permis de découvrir un réalisateur, Sergio Leone, ainsi qu’un compositeur de musiques de films, Ennio Morricone. C’était au temps béni du magnétoscope et des cassettes VHS, sur lesquelles il était possible d’enregistrer des émissions,  concerts, ou donc des films. Une époque que les moins de 30 ne peuvent pas avoir connu.

Jusqu’à cette découverte, ces films, ces noms m’étaient totalement étrangers. Avoir un père cinéphile a eu du bon. Parmi les nombreux westerns « spaghetti » (ainsi nommé car ils seraient tourné aux studios de Cinecitta, mais également en Espagne, ou donc réalisé par des italiens). Il en est un qui a marqué mon esprit : « il était une fois dans l’Ouest ». Son rythme lent, ses gros plans appuyés sur les personnages (Henry Fonda, Claudia Cardinale, Jason Robbards, Charles Bronson), les silences volontaires, les gros plans sur les personnages, voire même les plans serrés sur leurs yeux, ses longs plans séquences, le tout magistralement mis en musique par Ennio Morricone, ont fait de ce film, à mes jeunes yeux, un film culte, que je prends toujours autant de plaisir à voir plus de 30 ans après.

Mais ce binôme italien, loin de se cantonner au seul genre du western qu’il à donc grandement révolutionné par le style de narration, le jeu des acteurs, l’aspect minimaliste parfois des dialogues, et surtout par la place accordée à la musique, un peu à l’image du travail de Léonard Bernstein en 1962 sur le mythique « West Side Story », histoire elle-même inspirée de Roméo et Juliette.

En effet, après avoir travaillé ensemble sur « Il était une fois dans l’Ouest » (1968), puis sur « Il était une fois la Révolution » (1971, avec James Coburn), ils boucleront cette autre trilogie par  « Il était une fois l’Amérique » (1984, avec Robert de Niro, James Woods, Elizabeth Mac Govern). 

Sergio Leone, avant de se lancer dans le western, s’était frotté au genre Péplum. Naîtront ainsi « Le colosse de Rhodes » (1961, avec Rory Calloun, Georges Marshall), « Romulus et Rémus », sur lequel il n’est que scénariste (1962, avec Steve Reeves), puis dans la foulée « Sodome et Gomorrhe », qu’il co-réalisera avec Robert Aldrich. L’acteur Stewart Granger sera la vedette du film.

Pendant plus de 30 ans, ces deux artistes, devenus par leur travail respectif des références dans leur domaine, ont régalé le public, par la qualité de leur collaboration.
Sergio Leone, mort en 1989, laisse derrière lui une oeuvre considérable, un nombre incroyable de films devenus cultes qui sont pour certains étudiés dans les écoles de cinéma du monde entier.

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Ennio Morricone, 90 ans, continue infatigablement de donner des récitals un peu partout également.
En 2007, il sera également honoré par un oscar d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre et sa contribution artistique, musicale, au monde du cinéma.

Neuf ans plus tard, il recevra un Oscar pour le film « Huit Salopards » (2016). Ennio Morricone a également composé les musiques de films comme « Le clan des Siciliens »(1969, avec Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura), « Sacco & Vanzetti »(1971), »Le Professionnel » (1982, avec Jean-Paul Belmondo, Robert Hossein, Michel Beaune)  « Mission » (1987, avec Jeremy Irons et Robert de Niro), « Les Incorruptibles » (1988, avec Sean Connery, Andy Garcia, Kevin Costner), « Cinema Paradiso » (1991, avec Philippe Noiret) et beaucoup d’autres, comme Pier Paolo Pasolini « les petits et les grands oiseaux »), Roman Polanski (« Frantic », avec Harrison Ford et Emmanuelle Seigner, 1987) Brian de Palma (« Mission », avec Robert de Niro et Jeremy Irons, 1987), Quentin Tarantino (« Django Unchanined », avec Christopher Waltz, Brad Pitt, 2013), Henri Verneuil (« Le clan des Siciliens », 1969; « I comme Icare », avec Yves Montand,1979). Vous le voyez, ce compositeur et chef d’orchestre a travaillé avec les plus grands cinéastes, depuis plus de 50 ans.

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Si vous n’avez vu aucun des films cités ci-dessus, de Sergio Leone ou donc les autres, alors foncez, vous vous régalerez, tant du point de vue des films que des musiques. 

Guillaume.

 

Michael Schenker, Prince de la Flying V.


Parfois, regarder des vidéos de ses guitaristes préférés sur Youtube peut avoir du bon. Je m’explique.
Voilà quelques temps, je tombe sur une interview de Michael Schenker expliquant les raisons de sa rancoeur profonde envers le groupe Scorpions, au sein duquel évolue son frère aîné Rudolph. Et le moins que l’on puisse dire est que l’homme à la célèbre Flying V noire et blanche ne mâche pas ses mots. Le tout entre colère froide et détachement blasé. Il y explique son rôle dans le succès du groupe aux États-Unis, à l’époque de leurs premiers albums , »Lonesome Crow » (1972), « Loverdrive » (1979), »The Best of Scorpions » (1979), les parties de guitare enregistrées en studios non créditées sur certains albums du groupe même après son départ. S’il garde rancoeur profonde et tenace, c’est pourtant grâce à son frère, enfin à la guitare de celui-ci, que Michael, alors gamin, se mit à jouer de l’instrument. D’abord de l’acoustique puis très vite de l’électrique. Après, ses qualités personnelles, ses aptitudes à composer ont fait le reste.

Mais pourquoi vous dis-je cela?
Sans doute parce que adolescent, comme mon ami Fred, si j’écoutais déjà Scorpions, je n’ai pas tardé à découvrir Michael Schenker avec son groupe …MSG. Le premier disque (33 tours, y avait pas encore Deezer ou Spotify à l’époque 😉) que j’ai acheté chez un disquaire (là aussi, ça va rien dire aux moins de 30 ans😉), fut le double « live at Budokan ». Ce qui m’a tout de suite plu, c’est le côté mélodieux, lyrique (écoutez donc « On and On », « Let Sleeping dog’s lie », « Courvoisier concerto », « Lost horizons », « Victim of Illusion ») du jeu pratiqué par Schenker. Virtuose mais sans en faire trop. Juste ce qu’il faut, efficacité d’abord. Une pure merveille. D’autres morceaux, plus hard, sont auusi très bons à écouter, tels « Attack of the mad Axman », « Armed and Ready ».  Au chant il y avait un certain Gary Barden. Pour moi, en fait, il fut le seul chanteur qui collait parfaitement au style, à la personnalité de Schenker. Une voix puissante, à l’aise dans les aigus, bon performer sur scène. C’était le binôme parfait. Le « Live à Budokan » le souligne d’ailleurs parfaitement.

Ce live s’ouvrait par un extrait de la tétralogie de Wagner ( qui servit également à illustrer un vol d’hélicoptères dans la fameuse scène du film « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola,  avec un casting de stars, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford, Laurence Fishburne, Robert Duvall, Dennis Hopper, Aurore Clément…), puis très vite le titre « Armed and Ready »démarre. Tout est là, déjà. Un sens mélodique évident, un son ultra reconnaissable, et des compositions qui vont marquer mon esprit tel « Into the Arena », « Lost horizons », « On and on », « Let sleeping dogs lie », »Never trust a stranger ». Schenker montre toute l’étendu de son talent, alternant les ambiances plus intimistes, les compositions plus planantes. Bref, pour l’amateur de guitare que je suis déjà à l’époque (mais je ne pousserai pas jusqu’à apprendre l’instrument), c’est un véritable plaisir d’écouter ce musicien.
Le groupe de l’époque était composé outre Barden et Schenker, de Paul Raymond à la guitare et aux claviers, de Chris Glen (Ian Gillan-Deep Purple, Ian Gillan Band) à la basse, et du cogneur Cozy Powell ( Jeff Beck Group, Whitesnake, Rainbow, Black Sabbath, Brian May, Yngwie Malmsteen), aux baguettes. Ce live a longtemps et souvent tourné sur ma platine. J’ai donc suivi le parcours de Schenker, acheté parfois en confiance aveugle ses disques, et parfois je me suis trompé, comme lorsqu’il a changé de chanteurs, engageant notamment Robin Mac Auley, le MSG devant alors le Mac Auley-Schenker Group.

Les trois albums isssus de cette association ne sont pas les meilleurs de la carrière de l’ange de la Flying V. Que ce soit « Perfect Timing » (1987), « Save Yourself » (1989) ou « MSG » (1992), je ne fut pas du tout convaincu, voir très déçu, car le style avait alors dérivé vers un rock commercial qui ne colle pas du tout au personnage de Schenker. Se rendant compte de ces échecs commerciaux, le guitariste mettra fin à cette association, pour retourner seul à son travail de compositeur-musicien. Schenker travaille loin des cannons, en véritable artisan.

Avant cela il n’avait pas eu plus de réussite hélas avec le pourtant très rock Graham Bonnett (ex chanteur de Rainbow, Alcatrazz), lorqu’il enregistre « Assault Attack » en 1982, puis « Built to Destroy » en 1983. L’énergie du chanteur, sa voix très puissante, ont certes permis à Schenker d’assurer des shows de très bonnes qualités (j’en fus témoin), mais sur disque, cette énergie se diluait hélas. C’est vraiment dommage.

Mais s’il a eu des déconvenues avec ses chanteurs, hormis Gardy Bartden, il a néanmoins travaillé avec de grands noms : Cozy Powell (il a joué au côtés de Gary Moore, Black Sabbath, Jeff Beck Group, Whitesnake, Robert Plant, Bryan May, Simon Phillips (batteur de Toto, mais aussi aux cotés de la pianiste jazz Hiromi), Neil Murray (basse, ex Whitesnake, Black Sabbath, Gary Moore), Paul Raymond (ex UFO, Waysted)… bref le garçon savait s’entouré de pointures au service de son projet.

Aujourd’hui, à 64 ans, celui qui est passé par UFO, Scorpions, avant de se lancer dans sa propre carrière, continue de tourner à travers le monde, d’offrir son talent intact au public qui se déplace pour le voir, l’écouter.

Je vous laisse en sa compagnie. Bonne découverte à vous.

Guillaume.

La playlist d’octobre : l’automne


Fin de l’été. Les derniers rayons de septembre. Nous voici dans le vif du sujet. Octobre, et l’automne qui a bien pris ses marques, et nous nos plaids et nos tisanes. Pour accompagner l’entrée dans cette nouvelle saison, quelques musiques – un brin de mélancolie, quelques touches de nostalgie. Des airs d’introspection, des mélodies pour accompagner nos réflexions.
On commence à hiberner, tout doucement…
Bonne écoute

Carine

Photo by Jeremy Thomas on Unsplash

Du Boléro de Ravel à What now my love.


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Quand Maurice Ravel, grand compositeur de musique classique, a écrit son fameux « Boléro », il était évidemment très loin de se douter que plusieurs décennies après, sa musique servirait de base à Gilbert Bécaud pour écrire sa fameuse chanson « Et maintenant », qui sera elle même transformé pour le crooner américain Franck Sinatra (l’un des très nombreux interprète de ce tube mondial, vous verrez les autres dans la playlist en fin d’article), sous le titre « What now my love ».

Tout commence donc à l’automne 1928, lorsque Maurice Ravel, compositeur français de musique classique, se décide à écrire un boléro, qui est à l’origine une musique de ballet pour orchestre en Ut majeur. Cette musique possède un thème principal répétitif, entêtant, par celles et ceux qui l’écoutent, encore aujourd’hui. C’est aussi devenu un morceau de musique travaillé au collège pour les élève de 6ème et 5ème, j’en parle par expérience personnelle). Cette oeuvre sera créée le 22 novembre 1928 à l’Opéra Garnier, avec la danseuse russe, Ida Rubinstein. Ce morceau de musique deviendra par la suite un « classique », l’oeuvre étant jouée partout dans le monde, sous plein de formes différentes.

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En 1961, Gilbet Bécaud, suite au hasard d’une double rencontre dans un avion avec une jeune femme, Elga Andersen, partie se marier, et retrouvée le lendemain, effondrée de tristesse, qui lui confiera « Et maintenant qu’est-ce que je vais faire? », composera les premières mesures de ce qui deviendra la chanson « Et maintenant », sur la quelle une caisse claire sera jouée au rythme d’un boléro qui évoque fortement celui de Ravel. Le parolier Pierre Delanoë (auteur de plus de 5000 chansons pour des artistes tels que Michel Sardou, Edith Piaf, Juliette Gréco, Michel Fugain, Michel Polnareff, Gérard Lenorman, Joe Dassin, Hugues Aufray, et beaucoup d’autres…), se chargera de trouver les paroles de la chanson. Dès sa sortie, la chanson devient un tube en France. Des chanteurs français tels que Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Charles Aznavour en donneront des versions assez remarquables grâce à leurs qualités d’interprétations.

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A l’étranger, ce titre, dans un premier temps, va connaitre un triomphe aux Etats-Unis, par le biais d’une adaptation en anglais dont les paroles sont signées Carl Sigman, sous le titre « What now my love? ». Dès lors, des artistes aussi célèbres et chantant dans des registres aussi divers allant du rock à la soul-music, du jazz, mais aussi issus de la country-music (Elvis Presley, Ben E. King, Franck Sinatra, Sarah Vaughan, Willie Nelson… parmi beaucoup d’autres) vont donner un retentissement nouveau au titre issu de la collaboration Delanoë-Bécaud.

Aimant beaucoup le jazz, et surtout Franck Sinatra, j’ai un gros faible pour sa version magnifique de ce titre. La magie de ce chanteur était qu’il avait, outre un sens du rythme absolument impeccable, un timbre vocal qui lui permettait de s’aventurer dans tous les genres. Un acrobate vocal. Un chanteur inégalé. Mais d’autres, telles Sarah Vaugahn, Aretha Franklin, Dakota Stanton, Judy Garland, y appportent cet indéfinissable touche personnelle, ce style vocal personnel qui donne à leur version un charme sans pareil. Chez les hommes, que dire de Ben E. King, de l’inattendue version de Roy Orbison (l’auteur de « Pretty woman« , plus tard repris par le groupe Van Halen), sans parler évidemment de la superbe interprétation du King Elvis Presley, pourtant très malade au moment où il chante cette chanson.

Comme vous le constaterez en parcourant la playlist ci-dessous, le boléro de Ravel, a traversé le temps, les modes musicaux, et trouvé des interprètes aussi inattendus que majeurs pour perpétuer cette musique, qui dans un premier temps avait été adopté par Gilbert Bécaud, et devenir malgré lui un titre qui traverse le temps. L’expression « La musique est un art intemporel, universel », n’a jamais aussi trouvé sa justification.

Je vous laisse découvrir la playslist. Le bonheur est au bout de l’écoute.

Guillaume.