La dernière danse de Charlie Haden.


Avec Keith Jarrett, qu’il avait rencontré en 1968, au sein de son premier trio, Charlie Haden, contrebassiste américain, venait de sortir un album, en duo, laconiquement intitulé « Last dance« , publié chez ECM. Cet album sera donc la dernière oeuvre enregistrée par Charlie Haden.

Né aux Etats-Unis en 1937, Haden ne démarre la contrebasse qu’à 19 ans, après avoir dû renoncer au chant à l’âge de 14 ans, pour cause de poliomélyte. Durant la décennie 50-6O, il fait ses débuts au sein du quartet de Ornette Coleman. Ensuite il joue avec Dexter Gordon, Art Pepper. La fin des années 60 est l’occasion pour Charlie Haden de s’engager dans des causes sociales, à travers la musique.

Ainsi, alors que le Free jazz, mouvement musical qui chamboule les codes du jazz, est à la mode, notamment à New-York, avec pour figures de proue Archie Shepp et Albert Ayler, il rejoint le Jazz Composer’s orchestra, fondé et dirigé par Bill Dixon, puis en 1969, décide de fonder avec la pianiste Carla Bley le Liberation Music Orchestra, qui existe encore aujourd’hui. Il s’engage pour dénoncer les initiatives américaines au Viet-Nam et en Amérique du Sud, écrit une chanson sur Che Guevarra « Song for Che » (1971), qui lui vaudra d’être arrêté et interrogé par les services secrets.

La décade 70-80’s marque un tournant dans les aventures musicales de Charlie Haden. Il participe à la musique du film « Dernier Tango à Paris », rejoue, cette fois en duo, avec ses accolytes préférés : Keith Jarrett, Alice Coltrane, Ornette Coleman, Archie Shepp. Charlie Haden fait par la suite connaissance avec la vague montante du jazz-rock, Pat Metheny (écouter l’album « Beyond Missouri Sky »), mais aussi Michael Brecker, John Scofield. Sa renommée, déjà grande, s’étend auprès du public.

Après une parenthèse longue dans les années 90, il est revenu sur le devant de la scène et a multiplié les collaborations musicales, les rencontres, les projets, enregistrant succesivement avec Enrico Pieranunzi (pianiste), Hank Jones (batteur), Kenny Barron (piano) ou Pat Metheny (guitare).

Duo, trio, quartet, en leader, ou en accompagnateur, du free jazz (Ornette Coleman, Alice Coltrane), au jazz rock (Pat Metheny, John Scofield, Michael Brecker) en passant par le latin jazz (collaborations avec Egberto Gismonti, Gonzalo Rubalcaba), Charlie Haden a tout essayé, joué, expérimenté.  il s’en est allé sans bruit au milieu de l’été, laissant une oeuvre aussi variée qu’intéressante.

Quelques albums  à (re) découvrir : « Life between the exit signs »  ; « Nocturne » ; « Jasmine » ; « Beyond the Missouri sky » ; « Rejoicing » ; « Land of the Sun » ; « Rambling boy » ; « Come sunday » ; « The Montreal Tapes ».

Guillaume.

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Publié le 11 septembre 2014, dans Chroniques, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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