L’orgue Hammond orphelin d’Eddy Louiss.


EddyLouiss2_imageParti discrètement, en juin dernier, Eddy Louiss n’arpentera plus les scènes en ce bas monde.

Nul doute que Duke Ellington, Jimmy Smith, Oscar Peterson, Michel Petrucciani, et tous les autres l’auront joyeusement accueilli, pour agrandir le « Paradise Piano Orchestra ».

Issu d’une famille de musiciens,  Eddy Louis fera des études de piano et … trompette, sans doute influencé par le père lui-même trompettiste, dont il intègrera, adolescent, l’orchestre. Dans les années 60, il intègre le groupe Les Doubles  Six, fondé par Mimi Perrin, qui comptera aussi en ses rangs Christiane Legrand, sœur de Michel Legrand. Ce groupe connaitra un vrai succès international. Après cette expérience vocale, Eddy Louiss  se tourne vers l’orgue Hammond, puis collabore avec des pointures telles que le saxophoniste Johnny Griffin, les trompettistes Dizzy Gillespie, Stan Getz.

Se lançant alors en solo, il va multiplier les rencontres, les expériences musicales, jusqu’en 2011. Au cours de sa riche carrière, il va bien sûr produire des disques en leader tels que  » Eddy Louiss, Kenny Clarke, Réné Thomas » (1968), « Louiss Trio » (1991), « Sang mêlé » (1987), « Louissiana » (1995), parmi beaucoup d’autres.

Il va croiser la route de musiciens avec lesquels il va mener de belles aventures musicales ou humaines : le violoniste Stéphane Grappelli pour un duo « Grappelli-Louiss », sorti en 1970, le pianiste Michel Petrucciani pour  deux disques en duo « Conférence de presse, volume 1 & 2 » (1995), l’accordéoniste Richard Galliano pour « Face to face » (2001), sans oublier « Créole Swing » (1995), enregistré en duo avec son père.  Il fondera également en 1989, un collectif musical, le Multicolore Feeling Fanfare. Avec cet ensemble riche de 60 musiciens, il enregistra un album « Multicolore Feeling Fanfare » en 1989 ainsi qu’un album live, trace de ce projet particulier, simplement intitulé « Live », en 1991. En 2010, qui le verra célébrer 50 ans de carrière à l’Olympia, l’ensemble musical se reformera pour l’occasion.

Il a également côtoyé le monde de la chanson française, en tant que musicien accompagnateur. Il a joué aux côtés de Henri Salvador, Charles Aznavour, Barbara, Serge Gainsbourg, ou encore Jacques Higelin. Avec Claude Nougaro, il collaborera sur « Locomotive d’Or » (1974) et sur le titre « L’enfant phare », extrait de l’album « Embarquement Immédiat »(1997). Il fera d’ailleurs partie des musiciens, avec Maurice Vander, Richard Galliano ou encore Bernard Lubat, qui rendront hommage au petit taureau gascon, à l’homme des mots entremêlés, sur l’album intitulé « O Toulouse »  (2004).

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage » dit l’adage. Eddy Louiss musicien aux multiples facettes, en a fait de nombreux, en des territoires musicaux variés. Du haut de son étage Paradisiaque, il éprouve sûrement ce sentiment, nous laisse orphelins de son talent, laissant derrière lui un sillage riche de ses mélodies superbes.

Guillaume.

 

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Publié le 18 août 2015, dans Chroniques, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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