Buddy Guy, le dernier des Géants.


Borntoplayguitar_pochetteA 79 printemps, Buddy Guy, après la récente disparition de BB King, est le dernier des représentants et gardien de la tradition, transmetteur de l’histoire du Blues, de ses douleurs, vicissitudes.

Beaucoup pourraient croire qu’à cet âge avancé, Buddy Guy pourrait se la couler douce, rester chez lui à savourer les jours qui passent… C’est mal connaître le bonhomme! Il est infatigable! Tel un véritable pèlerin du Blues, il parcourt encore et toujours le monde pour transmettre, faire connaitre l’histoire de cette musique. Son dernier album, « Born to play guitar« , dit tout! Dès le premier morceau, qui explique comment il a démarré la guitare, le ton est donné. L’homme est en forme et le musicien s’en donne à cœur joie. La voix posée et alerte, juste soutenue par un piano et un duo basse-batterie, il nous conte ses débuts, très précoces! Dès le second morceau « Wear you out« , en duo avec le barbu Billy Gibbons (ZZ Top), il offre du blues énergique, sans fioritures. La voix grave de Gibbons, le son gras des guitares, nous emmène directement dans ces contrées du sud des Etats-Unis, entre Louisiane, Mississippi, Texas, où les plus grands du Blues sont nés, ont vécus, se sont révélés (BB King, John Lee Hooker, Robert Johnson….).

Le plaisir est intact chez cet intarissable musicien. L’auditeur en profite pleinement à l’écoute de ce superbe disque gorgé de feeling, de peines éprouvées, de vécu, le tout porté par la  joie de jouer. Les titres défilent, nous embarquant sur les chemins de cette Histoire. Après le très beau « Back up Mama » très intimiste, il offre deux boogie-blues haletants, accompagné par le chanteur-harmoniciste Kim Wilson, « Too Late »  et « Kiss me quick!« .  Superbes ! Le reste de l’album est à l’avenant, savoureux, joyeux, enlevé, le plaisir est omniprésent et transpire à travers chaque morceau que je découvre.

Outre son jeu de guitare intacte, Buddy Guy est aussi un grand chanteur, avec ce grain de voix si particulier, qu’il met avec bonheur au service de ballades plaintives (écoutez donc « Crying out of one eye« ), ou plus enlevées comme sur « You’ve got what it takes« , chantée avec la talentueuse Joss Stone. Leur complicité vocale est totale. Les morceaux suivant ne dérogent pas, offrent de jolis moments à l’auditeur. Les 3 derniers titres « Thick like Mississippi Bud« , l’émouvant »Flesh and Bone » (duo avec Van Morrison) en hommage à BB King, « Come back Muddy« , en référence au génial Muddy Waters, referment cet écrin musical de haute tenue.

Vous l’aurez compris, « Born to play guitar » est un joyau à savourer sans modération, une pépite joliment ciselée par une légende du Blues!

Guillaume.

 

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Publié le 10 octobre 2015, dans Chroniques, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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