Archives Mensuelles: janvier 2016

Amouroux (re) visite les légendes du rock’n’roll.


JPAmouroux_pochetteJean-Paul Amouroux, figure emblématique du piano à la sauce épicée au boogie-woogie, s’était fait discret ces dernières années. Le public amateur du genre peut néanmoins le retrouver tous les ans, fidèle au festival de Laroquebrou.

C‘est donc un bonheur de le retrouver sur disque, d’autant qu’il a entrepris un challenge intéressant : revisiter les standards du rock’n’ roll ainsi que quelques autres moins connus (soit 26 titres au total), tous écrits entre 1954 et 1969,  rendant ainsi hommage à leurs auteurs (Fats Domino, Chuck Berry, Gene Vincent, Little Richard…), en mode boogie-woogie. Ce disque est un retour aux sources pour lui, une évocation par la musique de son adolescence, de sa découverte du boogie-woogie, du rock’n’roll.

Pour l’accompagner dans ce retour vers le passé, Amouroux s’est attaché les services du guitariste Franck Fournet, d‘Enzo Mucci à la contrebasse, du saxophoniste ténor Claude Braud, et du batteur Simon Boyer. L’idée originale, pour séduisante et originale qu’elle soit,  est réussie dans sa plus grande partie, avec  des morceaux tels que « I’m walking » (Fats Domino), « Lucille » (Gene Vincent), ou le triptyque « Memphis Tennessee », « School days », « No particular place to go (Chuck Berry), « Pony time » (Chubby Cheker), « Tutti Frutti »  (Little Richard).

Cependant, sur les 26 morceaux de ce disque, figurent également à mon goût, quelques « jolis » ratés telles les adaptations de « Be Bop a Lulla » (Gene Vincent), « Rock around the clock » (Bill Haley and the Comets), « You talk to much » (Joe Jones) ou « Don’t be cruel »(Elvis Presley).

Au final, malgré les déceptions ci-dessus évoquées, le voyage vaut le détour, et démontre que Jean-Paul Amouroux reste la figure de proue du boogie-woogie made in France.

Guillaume.

Si vous l’avez loupée en 2015… A écouter


pochette_julia-holterL’année 2015 a vu arrivé le quatrième album de Julia Holter : Have you in my wilderness. Album légitimement encensé par les critiques. En effet cette compositrice, multi-instrumentiste californienne a réalisé ses premiers enregistrements en 2011 et ses 3 premiers albums invoquent un pop avant-gardiste.

Dans cet opus Julia Holter garde sa créativité décalée, mais elle nous ouvre un peu plus grand les portes de la richesse singulière de son univers musical. Un disque plus intime dévoilant ses paysages émotionnels.

L’artiste se  fait chanteuse, une voix délicatement raffinée, voguant sur des cordes, des synthés sombres et l’apparition inédite des cuivres. Des compositions plus simplistes, plus accessibles mais aussi très touchantes, donnant une atmosphère à la fois énigmatique et divertissante. Son écriture reste très créative, avec des influences jazz. Une pop expérimentale orchestrale intelligente.

Un nom à retenir, une parenthèse délicieuse…

Michèle

 

Les Mystères d’Isis ?


gls_15_07_fasolis_Isis_dgpk_af« Les Mystères d’ Isis » ne sont pas un opéra méconnu de Wolfgang Amadeus Mozart. Mais l’adaptation française de « Die Zauberflöte » présentée à Paris au théâtre de la République et des arts (salle Montansier) le 2 fructidor an IX (20 août 1801). A l’époque Mozart était peu connu en France (sauf de ceux qui voyageaient à l’étranger) et ce pour une raison très simple  : l’ opéra de Paris ne pouvait produire et interpréter que des œuvres adaptées en français, toute représentation opératique devait inclure des ballets et des récitatifs au lieu du « théâtre parlé » et surtout, l’œuvre devait pouvoir être interprétée par la compagnie nationale. L’adaptateur Ludwig Wenzel Lachnith et le librettiste Étienne Morel de Chédeville réalisèrent une version respectant le texte original de Schickaneder tout en renommant de nombreux personnages. Musicalement, il s’agit donc d’un pasticcio réalisée par Ludwig Wenzel Lachnith cette adaptation  a été jouée pendant 20 ans et a connu un énorme succès mais a été décriée par de nombreux compositeurs dont Berlioz. Pourquoi ce titre, pour correspondre aux goûts de l’époque pour  l’Egypte. Le contenu lui même a été modifié, enrichi d’airs empruntés à « Don Giovanni », « les noces de Figaro », « La clémence de Titus ». Si « Les Mystères d’Isis » est tombé dans l’oubli « Die Zauberflöte » a connu un succès jamais démenti. Le Concert Spirituel dirigé par Diego Fasolis nous permettent de découvrir cette version oubliée.

Françoise

Un samedi avec Hubert Dupont et son M’Brass Band.


BRASSBANDCOULEUR.Samedi 16 Janvier, l’espace musique de la médiathèque a eu le plaisir d’accueillir pour la seconde fois (après la fête de la musique en juin 2014), le musicien et chef de band(e) Hubert Dupont, accompagné de son M’Brass Band, pour l’occasion composé de 9 musiciens : 6 cuivres dont 5 saxophones et un Tuba, un percussionniste avec sa grosse caisse, et un accordéoniste.

Au menu de cette rencontre musicale, un répertoire varié que le public présent (50 personnes, petits et grands) a pu apprécier pendant 45 minutes. Hubert Dupont et ses acolytes ont ouvert la séance par un morceau composé par Pee Wee Ellis (ancien membre de la section cuivres de James Brown), intitulé « Chicken ». Selon ses propres mots Hubert et son Brass Band ne jouent « que des tubes », « évidemment par écrits pour être joués en Brass Band, mais c’est ça qui est intéressant ! ». Alors après « Chicken », nous eûmes droit à « Kadji » du pianiste de jazz Don Pullen. Puis le Brass Band enchaîna avec le célèbre « Isn’t she lovely » de Stevie Wonder, « No mercy for me » du pianiste-organiste Joe Zawinul, ancien compagnon de route de Miles Davis et créateur-leader du Joe Zawinul Syndicate dans les années 90.

Pour terminer ce voyage musical à travers les styles, les continents, le M’Brass Band a joué un morceau d’une chanteuse-danseuse sud-africaine, Busi Mhlongo,  intitulé « Awuku Umuzi ». Du jazz, de la soul, de la musique traditionnelle, Hubert et ses complices nous ont régalé et démontré que rien ne résistait à l’adaptation pour Brass Band.

Au final, un joli moment musical, une belle rencontre, très appréciée par le public présent.

Vivement la prochaine fois ! DessinBrassBandGilles

Homme aux multiples projets, aux horizons sonores variés, Hubert Dupont est à la recherche de musiciens / musiciennes, pour compléter son Brass Band. Alors si cela vous intéresse, vous pouvez le contacter en allant sur le site : http://www.ultrabolic.com/

ou bien en vous rendant le samedi après-midi, au bar musical « Musique au comptoir » situé sous la Halle Roublot http://www.musiquesaucomptoir.fr/ , lieu de répétitions entre 16h et 19h.

Guillaume.

 

 

 

Le retour du songwriter anglais


pochette_Richard-HawleyEn 2015 Richard Hawley, nous a proposé, je pense, son meilleur album. Un 8ème album composé de belles mélodies, de grandes ballades. Sa voix chaude, caverneuse, profonde colle complètement à cet univers intimiste, mélancolique et romantique.

Dans ce cd il nous chante toujours Sheffield, le Nord de l’Angleterre, mais pas que… Hollow Meadows est un album introspectif des plus touchants. Alors oui Richard Hawley n’a peut-être pas pris beaucoup de risques à faire ce disque, mais il fait mouche à chaque chanson, c’est un cd à la fois sombre et lumineux. Loin du psychédélique plutôt décevant de 2012, il signe là son grand retour, il nous rappelle quel grand chanteur et interprète il est.

Convient parfaitement à nos après-midis pluvieux. Welcome Back Mister Hawley.

Michèle

Musiques contemporaine et brésilienne pour débuter l’année….


DominiqueLemaitre_imageSamedi 9 janvier 2016 après-midi, l’espace musique de la médiathèque accueillait Myriam Chiapparin et Raquele Magalhaes, professeurs au conservatoire de Fontenay-sous-Bois, accompagnées d’une vingtaine d’élèves, dans le cadre d’un kiosque consacré au compositeur Dominique Lemaitre, qui vient de publier un album intitulé « Pulsars« . Cet album a été travaillé en collaboration avec François Veilhan ainsi que Patrick Mut, ancien directeur du conservatoire municipal.

Devant un public assez nombreux et composé d’adultes autant que d’enfants, Myriam Chiapparin a présenté l’esprit de chacun des  morceaux joués, interprétés, tirés de l’album  « Pulsars ». Les élèves, qu’ils soient percussionnistes, flutistes, guitaristes, ont joué parfois ensemble, parfois à tour de rôle des œuvres assez complexes, avec une grande maîtrise. Qu’il soit novice ou plus averti, le public présent à ce premier rendez-vous musical de l’année, a semble-t-il bien reçu et apprécié ces œuvres. En fin de présentation, Raquele Magalhaes, flûtiste d’origine brésilienne, a joué avec les élèves quelques compositions traditionnelles, revisitées dans une orchestration plus contemporaine.
ElevesChiapparin2
Vibraphone-Flûte Traversière

Pour celles et ceux qui souhaiteraient réentendre ces œuvres, ainsi que d’autres, du compositeur Dominique Lemaître, sachez qu’il se produira à l’Espace Gérard Philipe, le dimanche 17 janvier, accompagné de l’ensemble Campsis, des élèves de Myriam Chiapparin et Raquele Magalahaes, et des flûtistes Elise Patou et François Veilhan.

Guillaume.

 

 

 

Tcheky Karyo, la mélancolie en bandoulière…


TchékyKaryo_pochetteBien qu’il soit un comédien reconnu depuis très longtemps et possédant une filmographie impressionnante (L’Ours ; La Balance ; Nikita ; Jeanne D’Arc ; Les Lyonnais ; Jappeloup…..  ), Tchecky Karyo, né à Istanbul il y a 62 ans, de parents d’origines gréco-turques, a toujours eu l’envie de chanter. Il a ainsi mis le pied à l’étrier en 2006, avec « Ce lien qui nous unit », qui connut un succès modeste.

La pochette de « Credo » sorti en 2013,  est un portrait photo redessiné par Enki Bilal, offre le visage sérieux, mystérieux. Passionné de musique et de mots, Tcheky Karyo s’est entouré ici du poète Zéno Bianu, de Jean Fauque (parolier de Bashung), de Christiane Cohendy. Le résultat est déroutant au premier abord, car dès « Olive Tree Café », l’auditeur sait tout de suite que cet album ne sera pas une suite attendue de chansons telles qu’on les entend en radio. La voix toute en nuances, parfois tremblante, colle parfaitement à l’ambiance poétique, tourmentée, intimiste de « Credo« .

Cet album, mélange de jazz contemporain, de son rock, de poésie, est un ovni musical, un disque décalé, à l’image de ce comédien discret hors des plateaux de cinéma. Son univers renvoie à des chanteurs tels Jean Guidoni, Bernard Lavilliers époque « Les poètes », « Le Stéphanois ». Tcheky Karyo y alterne textes en français et en anglais, dans une diction une peu trop appliquée à mon goût. A noter la participation talentueuse du percussionniste Steve Shehan.

Mes titres préférés sont les suivants : « Olive Tree Café » ; « Autour de la Mémoire » ; « Indelicate transgression » ; « Les Toits du Monde ».

Guillaume.

Lemmy s’en est allé….


Lemmy.Il devait se produire en février prochain à Paris. Mais le public français ne le verra plus.

En effet, la voix de Mötörhead s’est tu. Soudainement. Quelques semaines seulement après le décès du batteur historique du groupe, Phil « Animal » Taylor (novembre 2015), Lemmy Kilmister, voix fondatrice et historique du groupe britannique de hard rock Mötörhead, est parti, au tournant des fêtes de fin d’année, rejoindre la confrérie des hurleurs de métal déjà installée au panthéon paradisiaque : Bon Scott, Paul Di’Anno, Ronnie James Dio.

La première fois que j’ai entendu Lemmy, ce fut en écoutant, alors adolescent, le superbe « Aces of Spades », l’un des premiers albums de Mötörhead. Ce son, énorme, ces morceaux à la rythmique ultra rapide, et surtout cette voix, rauque, violente de Lemmy, silhouette au visage de vieux loup de mer tendance corsaire, invariablement habillé de noir, les mains couvertes de bagues à têtes de mort, la tête coiffée de son éternel chapeau, noir évidemment, aux armoiries sudistes. Je me souviens avoir acheté 3 albums :  » Mötörhead », « Bomber », « Ace of Spades ».

Il fonda Mötörhead en 1975, après avoir joué au sein de Hawkwind (de 1971 à 1975, composant 6 albums en 3 ans!), et avoir été roadie pour le Jimi Hendrix Experience à la fin des années 60. D’emblée, ce groupe impose un son très agressif, des morceaux très rythmés, imprégnés de la voix charismatique, rauque, presque gutturale, de Lemmy, qui joue aussi de la basse.

Depuis 1975, Lemmy, figure emblématique et leader charismatique, a mené son groupe au succès, partout dans le monde, au gré des 35 albums parus en 40 ans de carrière. Le dernier en date, « Bad Magic« , est sorti en 2015.

Homme au caractère bien trempé, séducteur avéré, amateur d’alcool (bière, mezcal et whisky bourbon avaient ses faveurs), il a contribué a popularisé un genre, le hard rock, sans renier ses goûts initiaux pour le punk ou le rock’n’roll américain et ses figures légendaires : Buddy Holly, Eddie Cochran, Elvis Presley, Johnny Cash.

Devenu, au fil du temps, une figure, une influence majeure pour les groupes de rock, tels Metallica, le guitariste Slash, le batteur Dave Grohl (Foo fighters), parmi bien d’autres.

Avec le décès, à 70 ans, de son fondateur, s’arrête définitivement l’histoire de Mötörhead, qui marqua un pan de l’histoire du rock britannique de ces 40 dernières années.

Nous reste à écouter les albums… Merci pour tout Mr Kilmister!

Guillaume.

 

 

Un peu d’énergie pour débuter l’année


pochette_charlie&thesoapoperaPremier album de ce groupe lyonnais Charlie & The soap opera, composé de 7 musiciens, Many People nous embarque dans une soul/funk dynamique, exubérante. Avec son chapeau haut de forme, Charlie fait preuve  d’une énergie communicative, bref il nous met la patate. « J’adore le côté folklorique du funk américain » confie Rémi Tchango, chanteur-pianiste, dans son rôle de dandy atypique et excentrique qui mène la danse.

Peu d’artiste ont réussi à percer en France dans ce style de musique : Ben l’Oncle Soul par exemple… Il faut espérer qu’ils maintiendront ce cap avec succès.

En attendant préparez-vous à dodeliner de la tête en écoutant cet album.

Michèle

 

Perché sur sa Supernova, Satriani fait son grand retour.


JoeSatriani_pochette

La pochette de son nouvel album annonce la couleur : Joe Satriani,  traversé par les éclats météoriques de cet Univers qui semble le fasciner.

La musique ici offerte à nos oreilles est un voyage spatio-temporel, une ballade cosmique, telle que sait si bien les concocter ce génie de la guitare, ancien professeur notamment de Steve Vaï.

L‘alien de la six-cordes est de retour!  Après ses embardées musicales vers un hard rock musclé au sein de « ChickenFoot » (3 albums au menu) et  « Unstoppable Momentum », son précédent album paru en 2013, qui l’a vu tourner à travers le monde, jusqu’à remplacer au pied levé Jeff Beck à Marciac en août dernier, au cours de laquelle il a rejoint sur scène le légendaire bluesman Lucky Peterson pour un duo magistral, Joe Satriani, du lointain de sa galaxie musicale, nous revient en cette fin d’année 2015, avec dans sa besace le « Shockwave Supernova ». Si le précédent opus était plus heavy, « Shockwave Supernova » s’annonce comme un retour à des compositions plus aériennes, tout en gardant ce son de guitare inimitable.

Cet album, par son ambiance, renvoie à « Surfing with the Alien » (1997), ou « Crystal Planet » (1998). L’enchainement des morceaux tous composés par le guitariste californien se fait en douceur, et c’est un vrai plaisir que d’écouter Joe Satriani et son style aérien, fluide, soutenu par des compères de haut vol : Mike Kenneally aux claviers, Vinnie Colaiuta à la batterie et John Cuniberti aux percussions. Dès l’entame de l’album, le titre « Shockwave Supernova » nous embarque et nous montre que le guitariste est en grande forme!

Sur les morceaux qui suivent, de « Lost in Memory » à « On Peregrine wings », Satriani alterne les riffs très rock avec les envolées mélodiques dont il a le secret. Sans jamais perdre en qualité ni intensité de jeu, le virtuose reste très inventif, ses compositions partant dans des directions inattendues mais toujours intéressantes. Preuve en est avec  « Cataclysmic », aux allures de slalom entre les morceaux d’astéroïdes, qui ferme le premier tiers de l’album, en passant par le blues-rock de « San Francisco blue », jusqu’au virevoltant « Keep on movin' ».  « Butterfly and Zebra », petit joyau de légèreté, s’invite comme une rupture avant les 3 morceaux terminant ce magnifique album : « If there is no heaven » et sa rythmique rapide sur laquelle Satriani pose une mélodie crystalline, un morceau de rock progressif. « Star race across the sky », nous entrainant dans une ballade en compagnie des étoiles. « Goodbye SuperNova » qui clot l’album, est superbe.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce nouvel album concocté par Joe Satriani.

Pour les amateurs de guitare, de mélodies inspirées, il ne faut  pas le louper !

Guillaume.

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