Avec « Border Lines », Stéphane Tsapis dépasse les frontières.


La vie est curieuse. Je me retrouve dans la position de vous parler du nouvel album de Stéphane Tsapis,BorderLines_image membre de ma famille, que j’ai vu grandir pendant quelques années, avant de le perdre de vue, puis de le retrouver au sein de Norig, de le reperdre de vue, pour enfin le « retrouver » à l’occasion de son nouvel album « Border Lines« , en mode trio.  Dans cette aventure musicale, Stéphane est accompagné du contrebassiste Marc Buronfosse, du batteur Arnaud Biscay. Le sujet central de ce disque, pour moi tourne autour d’un thème : la Famille, les familles. Je m’explique.

C’est d’abord lié à l’histoire de sa famille : Stéphane à grandi, nourri à la double culture hellénique (par son père) et française (par sa mère). C’est sans doute son album le plus personnel, important, au regard des ses origines, de son parcours, des lien familiaux et culturels qui le nourrissent.

Ensuite c’est une histoire de musiques : il a démarré le piano sur les genoux de son grand-père à l’âge de 3 ans (!) (je fus témoin de ces jeunes années), étudie d’abord l’instrument par la voie classique. Par la suite,tombé sous le charme de Duke Ellington et son sens de l’improvisation il délaisse alors le classique et s’oriente vers le jazz et ses différentes couleurs, qui lui offrent davantage l’occasion d’improviser, ce qu’il aime. Lauréat du concours… Duke Ellington en 2012, il est passé par les cours et conseils de Benjamin Moussay. Après cet apprentissage, il démarre en tant que sideman (Norig),  évolue dans des formations différentes, (Kaïmaki ; duo Nakano) qui lui correspondent.  Puis il forme son trio, y jouant une musique plus personnelle. Aujourd’hui, il est un musicien sans frontières, allant jouer partout où c’est possible. Histoire humaine enfin : le titre « Border lines » n’est pas choisi au hasard. Outre son parcours personnel, et un hommage à ses racines helléniques, c’est aussi un clin d’œil à la situation d’un pays (La Grèce), des hommes, femmes et enfants, qui ont subi une grave crise économique, sociale.

Au fil d’un jeu tout en subtilité, en douceur, en maîtrise éprouvée, il nous délivre une carte de la géographie musicale de la Grèce. D’entrée il nous dit « Welcome to my country », dans ce pays berceau de la culture moderne, carrefour des cultures entre Orient et Occident. La suite, un régal de feeling, d’intelligence, de complicité avec ses deux acolytes. Stéphane nous livre son univers musical, à travers les pièces issues de la culture hellénique, macédonienne, moyen-orientale. A l’écouter jouer, je lui trouve des similitudes avec Shaï Maestro, Or Solomon, Gilad Atzmon ou Ahmad Jamal… finesse, légèreté, musicalité, sens de la mélodie.

Stéphane est également compositeur  de musiques pour le cinéma. « Khaos, les visages humains de la crise grecque » (2012), pour lequel il fut récompensé, ainsi que « Chaplin, The Immigrant » (2016) sont les plus récentes. Stéphane Tsapis livre avec « Border Lines » un album sans frontières musicales de très belle facture!  J’attend déjà la suite de l’histoire de ce trio.

Guillaume.

 

 

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Publié le 24 juin 2016, dans Chroniques, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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