Dylan Prix Nobel de Littérature !!! ???


bob-dylanBOB DYLAN !!! Qui l’eût cru ? Oui vous ne rêvez pas ! C’est bien Robert Zimmerman, alias Bob Dylan,  qui s’est vu récemment attribué rien moins que le Prix Nobel de Littérature 2016 ! La nouvelle, en date de jeudi 13 octobre a été salué par certains, mais également surpris, décontenancé le monde des lettres, aux Etats-Unis, bien sûr, mais ailleurs aussi dans le monde !

Si depuis plus de 50 ans, Bob Dylan régale son public de ses chansons contestataires (apparu dans les années 60 aux côtés de Joan Baez, notamment), le chanteur américain, qui a fédéré un large public, malgré une voix nasillarde, et une qualité d’instrumentiste sans être un virtuose de la 6 cordes, j’avoue que l’annonce du comité Nobel, pour décerner le prix Littéraire de l’année 2016,  a suscité chez moi un étonnement, mêlé d’incompréhension.

Car si l’œuvre composée par Bob Dylan est considérable, s’il a contribué, au même titre que Neil Young ou Johnny Cash, au développement et à la reconnaissance de la chanson, de la culture américaine, dans les années 60, 70, devenant une véritable icône des nostalgiques de cette période bénie, il n’a jamais été considéré, de près comme de loin, par le monde de la culture américaine, voire européenne, comme un véritable écrivain, développant une œuvre au fil des années, des décennies. Ses chansons sont parfois étudiées dans les universités, son répertoire adapté, repris, lui garantissant un écho maximal. Venu du folk, en vogue dans les années 60, il a traversé les genres et les décennies, en se nourissant de country, blues, pop… un vrai caméléon. En 1988, suite à une session d’enregistrement initialement prévue par George Harrison, pour la chanson « Handle with care », il fit un temps partie d’un groupe, Traveling Wilburys, qui regroupait rien moins que Jeff Lynne, Roy Orbison, George Harrison et Tom Petty !!!…

Auteur-compositeur-interprète depuis 1962 (37 albums en 55 ans de carrière), parfois acteur (15 films, dont « Pat Garrett et Billy the Kid », au côté de Robert Redford ; « Eat the Document », 1973 ; « Renaldo et Clara », « The Last Waltz », 1978), ses chansons, son allure bohême, gardant un avis aiguisé sur la culture américaine, il n’est pour autant pas un écrivain, au sens premier du terme. Chanteur-auteur, il est considéré, à l’image d’un Jim Morrison (Doors), ou d’un Bruce Springsteen, comme un poète, pour la qualité de son écriture. « Blowin in the Wind », « Knockin’ on Heaven’s door », « Just like a woman », « Like a rollin’ stone » ou encore « desolation row » font partie des classiques de son répertoire.

Donc, côté livres, là, c’est morne plaine. Bien sûr, comme nombre de grandes figures contemporaines de la culture américaine, Bob Dylan a été l’objet de biographies, notamment celle de Robert Shelton « Bob Dylan, sa vie, sa musique » (Editions Albin Michel, 1987), ou d’un recueil de ses écrits sur la période 1968-2010, par Greil Marcus « Bob Dylan Writings » (Editions Faber & Faber, 2011). Mais jamais il n’a pris le temps d’écrire un livre, un roman, un essai. Alors, cette attribution, fruit d’un lobbying intense ? ou volonté affichée de saluer un artiste important de la seconde moitié du 20ème siècle ? Sans doute un peu des deux… mais que penseront alors les écrivains contemporains américains ou non, dont l’œuvre considérable aurait sans nul doute mérité une reconnaissance officielle après celle du public ?

A 75 ans, voilà Bob Dylan panthéonisé de son vivant par ce prix Nobel de Littérature. Voilà qui fera sans doute jaser, jetant un (petit) voile de discrédit sur le sérieux de cette institution.

Parmi les albums de référence, je citerai « Blonde on Blonde » (1966) ; « Desire » (1976) ; « Slow Train Coming » (1979) ; « Oh mercy » (1989) ; « Love and theft » (2001).

Guillaume.

 

 

Publicités

Publié le 18 octobre 2016, dans Chroniques, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Pas d’accord, je suis ravie que l’on reconnaisse enfin le talent de ces grands troubadours. Pour moi Dylan est un écrivain à part entière, il joue , il crée avec les mots, il fait naître des images, des émotions avec le verbe. De plus il a publié « Chroniques » qui n’est pas qu’une biographie, on y retrouve son style acerbe, cinglant et concis (que l’on retrouve dans ses 500 compositions). Comme l’a dit l’académicienne suédoise Sara Danius « Homère et Sappho écrivaient déjà des textes poétiques qui étaient faits pour être joués… »
    Maintenant la question est : sera-t-il là le 10 décembre pour la remise de son prix ?
    Avec toute ma cordialité musicale cher collègue

  2. Michèle,
    La contradiction, la différence de point de vue nourrit le débat!
    Mon article est moins dirigé contre Bob Dylan et son œuvre musicale, poétique que je reconnais volontiers, que contre le choix, au final, de l’institution Nobel de le célébrer en tant qu’écrivain, ce qu’il n’est évidemment pas, contrairement à Jim Harrison, Toni Morrison, Paul Auster, Paolo Coelho, Salman Rushdie, la liste est longue…

    Musicalement,
    Guillaume.

  3. Merci pour cette interrogation, j’admire Bob Dylan mais ai trouvé plus le choix « people » que littéraire.

    • Isabelle,
      Oui j’étais en effet interrogatif quant à cette récompense à Bob Dylan, alias Robert Zimmerman.
      Espérons que l’an prochain, un véritable écrivain soit couronné pour son œuvre.
      Cordialement,
      Guillaume.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s