Tony Bennett, le dernier des Géants


Tony Bennett. Ce nom ne dira sûrement rien à la jeune génération. Mais leurs parents, à coup sûr, ont déjà entendu ou connaissent ce chanteur américain, contemporain des Dean martin, Sammy Davis Jr, Frank Sinatra.  A bientôt 91 ans (il les aura le 3 août prochain), ce chanteur américain né à New-York en 1926, continue de fouler les scènes partout dans le monde pour le plus grand plaisir du public qui vient le voir. Il a d’ailleurs fait escale à Paris, sur la scène du mythique de l’Olympia, le 30 juin. Il fallait au moins ça pour accueillir cet immense chanteur. Accompagné d’un quartet haut de gamme, dont le batteur fut le complice de Count Basie (!), il a livré sans faillir une prestations remarquable pendant 1H45.

Alternant les romances, les reprises de chansons de Sinatra, oun encore celle de la fameuse chanson de Sacha Distel « La Belle Vie », et clôturant le show par un moment unique, exceptionnel : « Fly me to the moon » chanté a cappella!!!  La salle était debout!!!!!

Avec sa silhouette et sa « gueule » de cinéma qui ne déparerait pas dans un film de Scorsese, il ne passe pas inaperçu mais c’est bien sûr sa voix, légèrement voilée, qui depuis plus 60 ans, séduit le public. Ayant grandi en écoutant Judy Garland ou Bing Crosby, mais également Louis Armstrong ou Jack Teagarden, Tony Bennett commencera à chanter dès l’âge de 10 ans et fera des études de peinture et de musique à la High School of Industrial Art de New-York. Après une période faste dans les années 50-60 (pas moins de 11 albums enregistrés de 1952à 1960!), dont l’apogée sera le succès de version anglaise de la chanson de Sacha Distel « La belle vie » devenue « The good life » en 1963, et bien qu’apprécié des jazzmen, l’arrivée du rock va provoquer un coup d’arrêt à sa carrière. Il a enregistré avec les plus grands jazzmen (Dave Brubeck, « White House Sessions » qui date de 1962 mais sera seulement publié en … 2013!!!,  Count Basie-album « In Person! »(1959), ou le pianiste Bill Evans avec qui il fera deux disques : « The Tony Bennett-Bill Evans album » en 1975, et sa suite « Together again » en 1976.

Ce n’est que dans les années 80 et 90 que ce chanteur va retrouver l’audience d’un public rajeuni, sans pour autant modifier sa façon de chanter  ni le style musical qui a fait son succès : Le jazz, le style crooner. Durant cette période il enregistrera deux disques marquants, hommages à deux immenses figures du jazz : « Tony Bennett on Holiday: Tribute to Billie Holiday » (1997), « Bennett sings Ellington » (1999).

Les années 2000 vont confirmer cette tendance. Devenu une référence auprès de qui il est de bon ton de chanter, la preuve en est les deux albums de duos qui sont sortis en 2006 (avec Barbara Streisand, Céline Dion, Michael Bublé, Sting ou George Michael) puis 2011 (avec deux duos marquants, celui enregistré avec Amy Winehouse, sur un titre de 1930, et une version revisitée de « My lady is a tramp » avec Lady Gaga).

En 2014, il a publié un album de jazz en compagnie de Lady Gaga, « Cheek to Cheek ».

Chanteur de jazz, crooner, Tony Bennett a su traverser le temps, les modes. Il est aujourd’hui le dernier de ces géants, chanteurs à voix dont je parlais au début. Un style inimitable, une voix, une élégance.

Guillaume.

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Publié le 2 juillet 2017, dans Chroniques, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Bonsoir Guillaume,
    Excellente chronique, commentaires judicieux,
    Félicitations !!!
    Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas ce « crooner », c’est simple, il faut l’écouter. Une voix pareille est tellement rare de nos jours !!!
    EIREM

  2. J’ai eu la chance de venir avec toi Vendredi dernier assister à ce concert…et ce plus de 20 ans après avoir vu Anthony Dominick Benedetto sur scène à San Francisco dans les années 80. Un jeune homme de 90 ans qui reste 1h45 debout, accompagné d’un sublime quatuor. Il nous a rappelé que Bob Hope lui avait trouvé son nom de scène.
    Un triomphe, sa voix une fois « chauffée » vous prend aux tripes, et je rejoins Guillaume, sur sa dernière chanson…il commence à fredonner dans le micro et le pose sur le piano pour nous interpréter un sublime « Fly me to the moon » a capella très joliment accompagné à la guitare, une guitare qui a su rester discrète et parfaitement dosée. Sublime!
    Ne vous y trompez pas, nous avons croisé et échangé quelques mots avec Hugues Aufrey venu applaudir Tony Benett, tout comme de jeunes personnes d’une vingtaine d’années. Tony Benett fédère encore et rassemble tous les âges…Il est en ce moment chez nos amis anglais qui doivent bien se régaler et qui l’adorent aussi. Il avait promis à Bob Hope de fêter ces 85 ans à Londres au Palladium, il avait comme toujours « cartonné ».
    Il passe le 14 juillet 2017 au Hollywood Bowl à Los Angeles, je n’ai qu’une envie…courir revoir son spectacle surtout en ce lieu mythique que j’adore.

  1. Pingback: Mister Bennett en 5 chapitres ! | Sème la Zic

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