Chez les Wakenius, la guitare de père en fils.


J’entends certains d’entre vous se dire : « Quoi? Encore une chronique (après celle de l’album « Vagabond »), sur le guitariste suédois Ulf Wakenius!!! ».

Oui! absolument! car le disque dont il est question ici, « Father and son« , sorti chez ACT Music en 2017, vaut le détour. Pour deux raisons au moins : La première étant que c’est ici l’occasion d’un dialogue musical à la guitare acoustique avec son fils Eric. La seconde, vous l’aurez deviné, parce que ce duo nous offre un moment de grande qualité.

Dès que l’on écoute la guitare de Ulf Wakenius, il est impossible de ne pas songer au génial Pat Metheny (voir la vidéo ci-dessous enregistrée en 2003, où le duo est réuni sur scène). Même sens du toucher, de la légèreté, et une virtuosité indéniable. Ulf Wakenius s’il est un fervent adepte de la guitare acoustique, il n’en est pas de même de son fils, qui ayant vécu aux Etats-Unis pendant de nombreuses années, à Los Angeles,  s’est trouvé plongé dans des univers musicaux et sonores très divers, où la guitare… électrique avait la prédominance. Finalement attiré et converti à la guitare acoustique, il accompagne depuis maintenant plusieurs années son père autour du monde, pour des concerts en duo, ou des master class.

La connivence, évidente, palpable entre les deux musiciens, donne à la musique jouée une vraie fraîcheur, et ce quelle que soit la tonalité des morceaux. Mais ce disque est aussi l’occasion pour Ulf Wakenius de rendre hommage à deux grands figures du jazz : Joe Zawinul, claviériste ancien membre de Weather Report et fondateur du Zawinul Syndicate dans les années 90 (avec notamment Paco Sery aux baguettes) et Esbjörn Svensson, pianiste suédois trop tôt disparu. « Birdland » et « Dodge the Dodo/ When God created the coffee break » en sont la parfaite illustration. Un clin d’œil au vent du sud de la France, du côté d’Avignon avec « Mistral », morceau sur lequel Youn Sun Nah vient poser sa voix.

Quand on pense à la guitare acoustique, il est impossible de ne pas penser, évoquer le grand Paco de Lucia, chantre du flamenco. Puis s’ensuit « Scarborough fair », composé en pensant au duo Simon & Garfunkel, icones de la pop-culture des années 70-80. Leur version de « Eleanor Rigby »‘ est toute en douceur, subtile, gracieuse. Pour clore cet opus familial, « Father and son », composé par Eric Wakenius, et donc « Birdland », cher à Joe Zawinul.

Un très joli disque, tout en sensibilité, où le talent et la complicité sont au service de la musique. Superbe!

Guillaume.

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Publié le 18 février 2018, dans Chroniques, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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