Il était une fois … 1979!


En Janvier, en France, René Monory, ministre des Finances, annonce la libéralisation générale des prix. Une loi est sur l’attribution aux partenaires sociaux de la gestion de l’indemnisation du chômage. Le mois suivant, des historiens s’associent et se mobilisent contre le négationniste Robert Faurisson (décédé en 2018), qui niait farouchement l’existence des chambres à gaz pendant la guerre 1939-1945. En avril, le magasine « Gai Pied » voit le jour. Juin voit la France céder le paquebot « France« , fleuron de la technologie navale de luxe, à un armateur norvégien. Il deviendra le « Norway ». Michel Sardou en fera une chanson « Le France« . Le 14 juillet, Jean-Miche Jarre réunit 1 million de spectateurs à la Concorde. En septembre, Jacques Chirac, maire de Paris, inaugure le Forum des Hallles. Robert Boulin, ministre du Travail, est retrouvé mort dans la forêt de Rambouillet (circonstances exactes non élucidées encore à ce jour!). En novembre, « Actuel », magazine culturel fondé par Jean-François Bizot, présente une nouvelle formule. Jacques Mesrine, ennemi public n°1 est assassiné par la police.

Au plan sportif, 1979 est une année marque par une première historique en alpinisme : L’ascension du K2, à plus de 8000 mètres d’altitude, dans l’Himalaya, sans bouteille d’oxygène, par Reinhold Messner. En athlétisme, l’anglais Sebastian Coe, devient recordman du monde du 800 mètres. L’italien Pietro Mennea en fera de même sur le 200 mètres. C’est aussi l’année qui voit naître le rallye Paris-Dakar, inventé et dirigé par Thierry Sabine. Le motard Cyril Neveu sur Yamaha et les frères Marreau sur Renault 4 en seront les premiers vainqueurs. En juillet Bernard Hinault remporte son deuxième Tour de France. En football, pendant que le RC Strasbourg devient champion de France, le FC Nantes et son capitaine emblématique Henri Michel (décédé en 2018), remportent la coupe de France face à l’équipe d’Auxerre, entraînée par Guy Roux.

Au cinéma, des films comme « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando, « Manhattan« de Woddy Allen, mais aussi « Alien,le 8ème Passager« , avec Seagourney Weaver, « Série Noire » d’Alain Corneau, avec Patrick Dewaere, ou encore « Monthy Python, Life of Bryan », « Buffet Froid » de Bertrand Blier, avec Bernard Blier, Jean Carmet et Gérard Depardieu, « Les Bronzés », « Le Tambour », « Kramer contre Kramer », avec Dustin Hoffman et Merryl Streep, marqueront fortement cette année-là.

Cette année-là des personnalités s’en vont, telles que la comédienne Jean Seberg, le romancier-écrivain-journaliste et auteur du fameux « chant des partisans » Joseph Kessel, le réalisateur américain Nicholas Ray (« La fureur de Vivre », avec James Dean ; « Johnny Guitar »avec Joan Crawford), l’acteur américain John Wayne, le composisteur de musique de film italien Nino Rota, l’acteur Paul Meurisse, les musiciens Sid Vicious (Sex Pistols), Ray Ventura.(avec qui débuta un certain Henri Salvador). Place à l’histoire inventée.

John a 20 ans en 1979. A la maison, l’éducation qui lui est appliqué ne lui convient pas. Trop stricte. Trop rigide. Lui rêve de liberté, d’espaces, d’indépendance. Il a un ami, Shane, qui compte s’engager dans la Navy. S’entendant comme larrons en foire depuis le temps qu’ils se connaissent, et désireux de ne pas se quitter, John décide alors de tout plaquer, famille, ami-e-s, habitudes, pour s’engager avec son ami, et servir son pays.

Très vite, passées les visites médicales requises et reçus les paquetages destinés à chacun, les voilà à bords de l’un des nombreux porte-avions de la 7ème flotte américaine, le « Supertramp ». Ils partent pour une mission de très longue durée, plusieurs mois au minimum. Leurs sentiments, à cet instant : se sentir enfin vivants, leurs destins partagés entre leurs mains, liés désormais à ceux des 800 autres marins qui vivent sur ce porte-avions. Jeunes matelots, John et Shane sont affectés à des tâches peu reluisantes : corvée de cuisine, nettoyage des chambres, des toilettes, bref, un bizutage en bonne et dû forme. Du « Hot Stuff  » pour démarrer leurs vies de matelots américains. Très vite les deux compères se lient d’amitié avec leurs camarades d’unité et ainsi oublient ce sentiment commun à tous les marins, appelé le « longway home »… loin de chez soi, solitude…. mais c’est leur choix, leur volonté! John et Shane laissent derrière eux ces années passées à écouter « ring my bell », « boogie wonderland », « gimme gimme gimme » et bien d’autres morceaux dont ils partageaient la qualité. Eux qui rêvaient de parcourir le monde, les voilà qui traversent les océans, « sailin’ over the oceans » diraient nos cousins américains.

Passées quelques semaines, leur dévouement ayant été repéré par leurs supérieurs, John et Shane se voient proposer, pour le premier d’être affecté à l’appontage-décollage des avions, l’autre au garage et à l’atelier de maintenance des engins embarqués. Les compères, fiers, les yeux grands ouverts, découvrent enfin le vrai monde pour lequel ils ont toujours rêvé d’embarquer, avec l’impression de marcher sur la Lune, alors qu’ils naviguent sur les flots, direction le grand sud pacifique, les eaux chaudes. Ils découvraient que la Navy est une famille, ce que répétaient à l’envi leurs camarades d’aventures : « Qu’est-ce que vous croyiez…. »We are Family »… haut et fort, comme pour se convaincre un peu plus chaque jour passe. Avec ses codes, ses usages, sa « mécanique » particulière. Et un sens de la hiérarchie évidemment, auquel il est interdit de se dérober.

Au bout de quelques semaines à bord, Shane, ancien danseur professionnel, homme violent ayant séjourné dans un pénitencier fédéral, s’est embarqué sur un coup de tête. Il commença à ressentir l’absence, le manque de présence, de contact, avec sa douce Sherryll, une belle brune aux yeux verts, grande et sportive comme lui.

C’est par ce biais qu’ils s’étaient d’ailleurs rencontrés. Il lui écrivait des lettres quotidiennes, remplies d’un peu de son amour parti voguer les mers, afin de ne pas rompre ce cordon qui les relie. « I wanna be your lover » lui répétait-il sans cesse, écrivant tous les projets qu’il avait envie de mener avec elle. Ses « I was made for lovin’ you » lancés comme des bouteilles à la mer, avec l’espoir que le message, toujours, sera bien reçu, perçu, et que là où elle l’attend désormais, Sherryll lui conserve tout son amour pour son retour.
Au début, Sherryll, depuis la terre ferme, prenait soin de répondre à chaque lettre de son chéri. Comme pour lui dire qu’elle ne l’oublie pas, qu’il est bien présent dans ses pensées au quotidien. Puis au fil des semaines, elle espace ses réponses, leur contenu devenant moins enflammé. Elle se lasse tout simplement de cette routine épistolaire. Tout comme son amour pour Shane s’étiole. Elle décide de ne pas attendre le retour à terre de Shane pour lui signifier la fin de leur idylle. Elle lui fait parvenir une ultime missive pour l’en avertir. Pour le danseur qu’a été Shane, c’est comme si le sol se dérobait là sous ses pieds… l’avalant vers un trou noir dont il ne ressortirait pas vivant. Un cauchemar. Désormais seul, il va devoir repenser sa vie, se reconstruire, maintenant que Sherryll n’en fait plus partie.

Garçon au caractère moins tourmenté et moins agressif que Shane, John parti sans femme laissée à quai, cultive une forme d’insouciance juvénile, tout en apprenant et scrutant avec application les rouages de son nouveau métier. Ca le passionne. Il avait trouvé sa voie. Son avenir, désormais, sera de faire carrière dans la marine américaine, en y poursuivant des études afin de devenir officier pour être affecté de nouveau sur un porte-avions ou mieux, sur un sous-marin. Bien qu’écrivant de temps en temps à sa famille qu’il avait quitté fâché, il n’en reçoit que peu de réponses. Loin des yeux… loin du coeur dit le proverbe!…Mais il s’en moque éperdument. Sa nouvelle vie, qu’il s’est choisi, lui offre des perspectives réjouissantes. Cela suffit à son bonheur.

Shane et John, bien qu’amis, voyaient leurs futurs s’écrire différemment. Les mois suivant, passés sur les flots, vers le sud, allaient confirmer cela. La bête blessée, endormie au fond de Shane allait hélas se réveiller. Quant à John, la vie ne serait qu’un grand soleil… « Vivement 1980 ».

Guillaume.

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Publié le 2 mars 2019, dans Il était une fois, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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