Archives Mensuelles: septembre 2020

Jean-Loup Dabadie, une plume aux mille vies.


Il est décédé ce printemps, entre les disparitions de ses amis de longue date Guy Bedos et Michel Piccoli. Terrible mois de Mai 2020. Dabadie, c’était donc un homme de lettres, d’écritures, de paroles, surtout et avant tout. Une aventure qu’il va embrasser en 1957 quand il publie son premier roman « Les yeux secs » (Editions du Seuil), puis les « Dieux du foyer », l’année qui suit. 2 romans à seulement 21 ans!! Le jeune homme démarre fort!

Au cours de ce période, il participe à différentes revues journalistiques et côtoye Pierre Lazareff (fondateur du journal télévisé en 1949, avec Pierre Tchernia, Pierre Sabbagh notamment), ou encore Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier. Dabadie se fait la main au journalisme critique d’art et de cinéma, pour la revue Arts. Au début des années 60, il se met à écrire des sketches, dont deux vont devenir très célèbres grâce à Guy Bedos, à savoir « le boxeur » et « bonne fête Paulette ». La malice du jeu de Bedos sur les textes de Dabadie fait merveille. Mais les années 60, c’est également une période durant laquelle Jean-Loup Dabadie va devenir scénariste de film pour des réalisateurs qui vont devenir très en vogue, et non des moindres, au début et dans le courant des des années 70. Jugez plutôt : Claude Sautet (« César et Rosalie »; « Vincent, François Paul et les autres » ; « Les choses de la vie »; « Une histoire simple » ; « Max et les ferrailleurs » ; « Garçon! »), Yves Robert (« Un éléphant ça trompe énormément »; « nous irons tous au Paradis » ; « Clérambard » ; « Courage fuyons! ») ou encore Claude Pinoteau (« La gifle »; « Le silencieux » ; « La septième cible »).

Romancier, auteur de sketches, scénariste, Jean-Loup Dabadie n’en finit plus d’élargir sa palette artistique créatrice. Ainsi se lance t-il dans l’écriture de chansons, et il va proposer ses textes à des artistes aux styles et voix très différentes. Cela va aller de Gilbert Bécaud à Juliette Gréco, en passant par Julien Clerc, Yves Montand, Alice Dona, Régine, Michel Polnareff, Michel Sardou, Romy Schneider et beaucoup beaucoup d’autres. Dabadie était un auteur prolifique, et vu la qualité de ses textes, qui obtenaient beaucoup de succès une fois interprétés. Pour l’exemple je pense à « Quel jeu elle joue » ou « ma préférence », de Julien Clerc, « Le chanteur de Jazz », « Qu’est-ce que j’aurai fait moi » de Michel Sardou, « Lettre à France » et « Dans la maison vide » de Michel Polnareff, « La chanson d’Hélène » de Romy Schneider pour le film « Les choses de la vie » de Claude Sautet, ou encore « L’addition » de Yves Montand, « Ta jalousie » de Juliette Gréco, Barbara avec « Marie-Chenevance » et Marie Laforêt avec « La ballade de Clérambard ». Bref il n’arrêtait jamais., Il a également écrit pour Régine « L’accident », Alice Dona avec « L’homme aux bras fermés ». Dans la jeune génération, Vianney a bénéficié de sa plume. Sacrée veine.

A côté de toutes ces vies de plume, il va connaître la consécration en 2008, en étant nommé à l’Académie Française. Il prendra ainsi la suite du cinéaste René clair, qui avait intégré cette haute institution en 1960. Il trimballait un sourire éclatant, une regard clair et joyeux, un esprit vif, cultivé, toujours prêt à rire aux bons mots de ses camarades de jeu.
Amateur de sport, de football et tennis surtout, il n’était pas rare d’apercevoir sa silhouette dans les tribunes présidentielles du Parc des Princes ou dans des loges en bord du court central de la porte d’Auteuil, aux côtés de ses amis Belmondo, Rochefort, Villeret et quelques autres esthètes de la petite balle jaune.

Jean-Loup Dabadie, laisse donc une trace importante et variée dans le monde de l’écriture, de la variété, du cinéma.

Guillaume.

Il était une fois…1985!


Je sais ! Je sais!  je sais ! (comme disait Jean Gabin). Nous sommes juste en période post-rentrée scolaire, pour certains, en plein Tour de France pour d’autres. Mais, pour paraphraser la chanson d’Aznavour, en 1985, « à 18 ans… j’suis devenu responsable » m’a dit mon grand-père paternel lors d’un déjeuner dominical de circonstance. Cette année-là, en France, il s’est passé un certains nombre d’événements, dans tous les domaines. En voici quelques-uns afin de vous rafraîchir la mémoire :

Lancement du plan informatique pour tous, autorisation par le gouvernement de création de chaînes télévisuelles privées. En mai, La Géode, nouvelle structure culturelle située à la Villette, est inaugurée par François Mitterrand. Jack Lang, ministre de la culture, lance la première fête du cinéma, en juin. Coluche lance les restos du Cœur en Décembre. Côté sport, Mats Wilander remporte Roland-Garros, Chris Evert chez les femmes. Le FC Girondins de Bordeaux est champion de France de Football. La Juventus de Turin remporte la coupe d’Europe des clubs champions face à Liverpool, dans une ambiance de tragédie, au stade du Heysel à Bruxelles, où une bousculade fera plusieurs dizaines de victimes. Alain Prost devient le premier français champion du monde de formule 1.

Parmi les décès célèbres de cette année-là, on retrouve l’écrivain américain, spécialiste du polar, James Hadley Chase, les comédiens américains Rock Hudson, Rick Nelson et Yul Brynner, la comédienne américaine Louise Brooks, l’actrice française Simone Signoret, les réalisateurs américains Henry Hathaway et Orson Welles, le sismologue américain Charles Francis Richter (qui donna son nom au système de mesure des tremblements de terre, la fameuse échelle de Richter), le peintre franco-russe Marc Chagall. Enfin la primatologue Diane Fossey, spécialiste des grands singes, des Gorilles notamment. Elle est morte assassinée par des braconniers.

Place à l’histoire.

Nikita et Aziza sont amies de longue date. Nikita, grande blonde au port altier, Aziza, brune au regard revolver avec ses yeux d’un noir profond. Elles ont grandi dans la banlieue de Toulouse, cette ville rose chère à Claude Nougaro, qu’il a si magnifiquement chanté. Très complices, elles ont fréquenté les mêmes écoles, suivi les mêmes études d’architectures. Nikita se dirigea vers l’architecture des temps anciens, Aziza elle a préféré se tourner vers l’architecture d’intérieur. Un marché en plein essor. Ces deux amies, au vu de leur activité professionnelle très prenante, avaient bien sûr besoin de se détendre, se défouler. Pour cela, elles avaient l’habitude d’aller, trois nuits par semaine, au Macumba, club où se produisait régulièrement Phil Wonder, un pianiste-chanteur de jazz. Celui-ci s’employait chaque soir, à les distraire, et les emmener sur les chemins du jazz, encore et encore. Elles vivaient ainsi, par procuration, les tragédies subies par le peuple noir, au travers du talent de Phil Wonder.

Nikita fit un soir la connaissance d’un certain Johnny, photographe professionnel, qui travaillait pour des agences de voyages. Il leur ramenait des photos de voyages pour leurs différents catalogues. L’alchimie fut immédiate. Mais, de caractère dominante et cérébrale dans ses relations amoureuses, elle allait mettre à mal l’amour que lui porte Johnny, qui ne cessait jour après jour de dire à Nikita « I’am crazy for you ». En fait Nikita s’amusait avec Johnny. Il était son jouet.

Dans cette relation devenue particulière au fil du temps, Johnny avait de plus en plus l’impression de marcher seul, sinon à côté de Nikita. Devenir un étranger, voire un homme objet aux yeux de Nikita lui était insupportable. Il va vivre ce calvaire amoureux  pendant 1 an. Un soir, il s’est dit que ça ne pouvait plus durer. « Je me suis perdu à l’aimer « . Cela ne pouvait plus durer.

De son côté, son amie Aziza, caractère bien trempée, passionnée, vit une belle histoire d’amour avec Rebecca, jolie brune aux verts, qui travaille avec elle. Tout en relation fusionnelle, les deux amoureuses, se disent souvent « dear, I Will save all my love for you ». Installées dans le Lot de Rebecca situé près de la place du Capitole, elles n’hésitent pas à s’octroyer un week-end en amoureuses dans l’Ariège, près du Tourmalet et de la vallée d’Asp. Rebecca, dont la famille est originaire du coin, adore faites découvrir la région, sa beauté, son côté sauvage, à Aziza.

Il faut dire que les jolis endroits ne manquent pas. Des plateaux d’envols pour les parapentes, à la station de du plateau de Beille, connue pour ses parcours de skis de fond, ou encore Ax-les-Thermes et la jolie bourgade d’Ussat-les-Bains, ville thermales appréciées des habitants de la région. La montagne du Quié aussi, qui peut se gravir aux aurores matinales est un paradis pour les marcheurs, les vrais (petit clin d’œil ici à mon oncle Pierre, marcheur-grimpeur autrefois, qui n’hésitait pas à partir à l’aube le gravir pour revenir en pleine matinée. Courageux Pierrot!).

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Nikita et Aziza, bien que s’éloignant parfois au regard de leurs vies personnelles, quand elles se retrouvent, aiment à partager leurs péripéties de vies. Les années passent, la complicité reste intacte, les fous rires sont toujours là, comme aux premiers instants. Les deux amies croquent la vie, sereinement. Aujourd’hui, Nikita et Aziza sont des femmes épanouies, professionnellement et personnellement. Le temps passe mais n’a pas d’emprise sur leur relation. 

Je vous laisse avec une jolie playlist qui vous rappellera sans doute quelques souvenirs.

Guillaume.

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