Archives du 8 octobre 2021

Asia, Phoenix du rock progressif.


Pour fêter dignement ses 40 années d’existence, le groupe anglais de rock progressif Asia (photo ci-dessous), a décidé de publier un coffret qui contient de 5 cd, avec un double album live enregistré à Tokyo en, 2007, qui marquait la réunion du band initial (Geoff Downes, Steve Howe, John Wetton, Carl Palmer), ainsi que 3 albums studios, témoins de ce regroupement, à savoir « Phoenix » (2008), « Omega » (2010), enfin « XXX » (2012). De quoi nourrir donc la curiosité des fans comme de celles et ceux qui ne connaitraient pas encore ce groupe, malgré sa déjà longue et riche carrière tant scénique que discographique. Ce groupe a en effet publié 12 albums entre 1982 (« Asia ») et 2014 (« Gravitas »). Dont 7 portent un titre avec pour base la lettre A (outre Asia déjà cité, Alpha, Astra, Aqua, Aria, Arena, Aura).

A titre personnel, j’avais découvert ce groupe à l’orée des 80’s, lors de la sortie de leurs deux premiers albums, « Asia » en 1982 suivi de « Alpha » en 1983. Pochettes au design très élaboré, musique très planante, orchestrations faisant parfois penser à du Supertramp (deuxième photo ci-dessus) ou à des groupes tels que Genesis période Peter Gabriel, ou encore Barclay James Harvest, Yes ou Rush. La seule chose qui les détachait des groupes précités étaient la voix de Greg Lake (bien que celles de Rick Davies ou Peter Gabriel soient de très bon niveau) et ce son de claviers-synthés très particulier, moderne, aérien. Dans ces albums, j’avais pu découvrir des titres comme « Heat of the moment« , « Don’t cry« , ou encore le très beau « Sole Survivor « . De purs joyaux. 

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Mais revenons au coffret qui nous occupe, le fameux « Reunion Albums, 2007-2012 ». Sur le double live enregistré à Tokyo en 2007 (pochette ci-dessus) marquant les vraies retrouvailles du groupe, il est possible de découvrir des perles comme « Time again », « Wildest dreams », « Cutting it fine », le célèbre « Don’t cry », ou encore le complexe « Fanfare for the Common man ». Ce qui saute aux yeux sur ce double live, c’est que les comparses ont tout de suite retrouvés leurs marques musicales, faisant du même coup renaître la magie de leurs compositions. Bien sûr, la voix de John Wetton n’est plus tout à fait la même mais se défend cependant très bien lorsqu’il s’agit de monter un peu haut. Les plus grincheux diront certainement que le son a un peu vieilli, mais là encore, le groupe a apporté un soin particulier afin de faire en sorte que ses anciennes compositions reprennent une fraicheur bienvenue. Et ça fonctionne. Ce qui saute aux oreilles, c’est la différence entre l’aspect propre, très léché, presque clinique parfois des morceaux en versions studios et leurs restitutions en live, plus échevelées, plus rock dans l’esprit. On passe même parfois du rock progressif au jazz-rock dans le même morceau. Les compères s’en donnent à coeur joie.

Sur « Phoenix« , qui donc date de 2008, soit un an après la reformation du groupe, si les musiciens ont pris de l’âge, ce qui frappe l’auditeur, c’est que leur musique reste puissante, dynamique, mélodique, et que John Wetton semble de retour avec une voix en pleine possession de ses moyens. « Never again » ouvre joliment l’album. Le quatuor est en osmose totale. S’ensuit le superbe « Nothing’s Forever », avec introduction d’une guitare acoustique aux accents flamenco, jouée par le talentueux Steve Howe. Figure aussi un triptyque « Sleeping giant / No way back / Reprise », qui mélange parties instrumentales et chantées dans une maîtrise remarquable. La chanson « I will remember you » est un pur joyau avec son introduction de cordes (violons), mélodieux à souhait. Le reste du disque est au diapason, une enfilade de morceaux soyeux, virtuoses, parfois qui pourraient être de vraies saga, mais une chose est sûre, l’auditeur ne s’ennuie pas une seconde en écoutant ce disque.

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Passons maintenant à « Omega« , sorti en 2010. La pochette (voir ci-dessus), un regard de tigre avec deux yeux bleus, genre tigre des neiges. Et ça démarre fort avec « Finger on the Trigger », un morceau entraînant, solide. « Through my veins », qui suit, est magnifique de subtilité, de musicalité. Certains titres sont plus ronflant tels « Listen, children » ou « End of the world ». Le titre « Emily » est une belle composition. Sur cet album résolument plus pop que ses prédécesseurs, on trouve un titre « I’m still the same », qui illustre cela. Gros son, rythme soutenu, avec des synthés peu originaux pour une fois. « There was a time » nous plonge dans une ambiance médiévale. Plaisant. Le rythme est celui d’une promenade dans les landes irlandaises ou écossaises. Dépaysant.

Pour terminer cette chronique, intéressons-nous au dernier album de ce coffret, à savoir « XXX« , publié en 2012. Sur la pochette verte (au-dessus), un dragon survole une nature luxuriante. Preuve des préoccupations du groupe. Préserver la nature, le monde qui nous entoure. Là encore, nos gaillards britanniques démarrent pieds au plancher avec « Tomorrow the World », une ode à la Terre. Ensuite arrive « Burry me in the willow », qui a tous les atouts d’un tube, et d’une chanson à reprendre en choeur par le public en concert. « No religion » est aussi un excellent titre, tout comme « I know how you feel ». Le clavier martelé donne le tempo du morceau, puis tout s’envole progressivement. « Face on the bridge » est très rock, loin des aspects progressif connus de leur répertoire. Pour terminer cet album, deux titres, « Reno (Silver and Gold) » et « Ghost of à chance ». Si le premier s’avère à les yeux assez classique et donc fort peu intéressant, le second qui renoue davantage avec l’essence de la musique de ce groupe, emmené ici par la voix retrouvée John Wetton, est marquant par son amplitude orchestrale. Je l’imagine joué par un orchestre symphonique. Ce serait sublime.

En conclusion, ce coffret très complet nous donne l’occasion de redécouvrir un des plus importants groupes de rock progressif qui a vu le jour dans les années 80, remettant au goût du jour un style musical qui datait de la décennie précédente. Ne boudez pas ce plaisir.

Guillaume.

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