Archives d’Auteur: Guillaume

Shemekia Copeland, le blues dans les veines.


Déjà 20 ans de carrière pour la fille du talentueux et regretté bluesman guitariste-chanteur Johnny Copeland. Depuis la sortie en 1998 de « Turn up the heat« sorti sur le label Alligator Records. Shemekia Copeland revient avec son neuvième album « America’s child« , toujours sur ce label, qu’elle a retrouvé en 2015. Le disque sort dans un contexte particulier, celui de l’Amérique version Trump. Une Amérique radicalisée, décomplexée, où les tensions entre communautés ont redoublées.

Mon premier souvenir de Shemekia Copeland, fut à l’occasion d’une interview pour le magazine « Standards », que j’avais cofondé au début des années 90’s avec Marc Sapolin, ancien programmateur musical de l’Espace Gérard Philipe de Fontenay. Une rencontre de 30 minutes avant un set dans le cadre du Hard Rock Café situé sur les Grands Boulevards à Paris. Bien que très jeune à l’époque, elle avait déjà une personnalité très assurée, une présence évidente. Ce qu’allait confirmer sa prestation scénique, devant le public et quelques journalistes conviés pour l’occasion. Un talent évident se révélait à nous, à moi.

Depuis j’ai eu l’occasion de la voir sur scène en France à plusieurs reprises. A l’évidence, sa voix puissante, son registre large, allant du blues à la country en passant la soul music, tout cela rend Shemekia Copeland intéressante, captivante. Elle ne reste pas enfermée sur les rails d’un blues qu’elle connait pourtant par coeur. C’est ce que confirme avec plaisir « America’s child« . Un album qui file à toute allure, une tornade musicale, une longue traversée des styles musicaux qu’elle chérie depuis toujours. Ce qui frappe quand on l’écoute chanter, c’est sa capacité à être aussi touchante sur des morceaux lents tels « Promised myself » (écrit par son père Johnny Copeland) que de lâcher la machine vocale sur des titres plus rythmés comme « Ain’t got time for hate », « Wrong Idea », « In the blood of the blues ».

Pour elle qui est désormais une jeune maman, le regard sur le monde tel qu’il est a radicalement changé. Elle est désormais plus à l’affût, plus à l’écoute des ses vibrations, de ses tensions, de ses changements. ainsi « Smoked ham and peaches » évoque la recherche et le besoin de vérité et de tranquillité aujourd’hui aux Etats-Unis. « Americans » quant à lui, se veut une évocation de la richesse de la diversité des origines fondatrices de la société américaine, à travers la différence de couleurs de peaux. Figure également sur cet album une reprise en mode blues d’un titre des Kinks, »I’m not like everybody else ». Une vraie déclaration d’indépendance, portée de superbe manière par la puissante voix de Shemekia Copeland. Sur cet album, la chanteuse s’est entourée du guitariste / producteur Will Kimbrough, et de pointures telles que Steve Cropper, Emmy Lou Harris. Excusez du peu ! « America’s child » se termine par une petite douceur, un chant traditionnel « Go to sleepy little baby ». Cet album nous fait retrouver une artiste revigorée, plus déterminée que jamais. Tant mieux!

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cet album. A vous maintenant de le découvrir.

Guillaume.

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Antibes 1961, Ray Charles débarque en France


Le festival de jazz d’Antibes-Juan-Les-Pins, créé en 1960, prenant ainsi la suite des festival de Nice (1948) et Cannes (1958), accueille pour sa première venue en Europe, celui dont la réputation et le talent sont déjà établis et reconnus outre-atlantique, à savoir « The Genius », Ray Charles en personne. 4 soirs durant, du 18 au 22 juillet 1961, le talentueux et fantasque musicien, pianiste-chanteur et auteur-compositeur-interprète, va régaler la foule venue le découvrir en live dans la pinède de Juan-Les-Pins. C’est ce morceau d’histoire musicale, capté sur bandes à l’époque, que l’éditeur Frémeaux & Associés, nous permet ici de redécouvrir.

Car oui, c’est un morceau d’histoire, un moment rare et privilégié que les chanceuses et chanceux qui y ont assisté(e(s) lors de chacun des 4 récitals donnés, que l’on redécouvre en parcourant ce coffret de 3 cd.

Ce qui frappe d’entrée, malgré la qualité sonore d’époque, certes retravaillée, mais qui n’a rien à voir avec le son d’aujourd’hui, oui malgré cela, ce qui saute aux oreilles, c’est le talent, la musicalité, la générosité incarnés par Ray Charles. Les musiciens qui l’accompagnent, l’entourent, sont tous excellents, ainsi que des choristes nommées les Raelettes, afin de rendre la prestation du « Genius » encore plus remarquable.

Sur le premier volet, on découvre un musicien qui honore un registre musical très varié en interprétant des compositeurs tels que Horace Silver (« Doodlin’ « ), James Moody (« The story »), Randolph Tombs (« One mint julep ») ou Sam Heard, auteur du fameux « let the good time roll ». Il interprète également 2 titres qu’il a lui -même écrit et deviendront des standards, « What’d I say » et « Hallelujah I love her so ». Figurent aussi des titres où il n’est qu’accompagnateur au piano, au service de Tommy Ridgley, Guitar Slim, sur des titres tels que « I’m gonna cross that river » ou « A letter to my girlfriend ». Be bop, swing, blues, tout est là, sans fioritures.

Le second volet nous permet d’écouter des titres tels que « in a little spanish town », « Sticks and Stones », ou le très beau « It should have been me » et « Early in the morning ». Le talent du bonhomme est là, éclatant, évident, qui enthousiasme le public qui découvre cet artiste. La restitution audio permet à l’auditeur de voyager, d’être emmener par le répertoire de Ray Charles. Les volets suivants, enregistrés les 21 et 22 juillet 1961, si les titres sont à peu de choses près les mêmes, exceptés « I wonder », »Hornful soul », Tell the truth », « Believe to my soul », on trouve aussi avec bonheur des bonus tels que le morceau du pianiste Joe Turner, « We baby blues » ou encore ceux où Ray Charles n’est présent qu’en accompagnateur au piano ou à l’orgue Hammond : « Trouble in mind », « Ain’t that love », « Just keep it up », « there he goes » tous composés par Lula Reed.

Au final, ce coffret de 4 cd est un petit bijou qu’il faut prendre le temps d’écouter, de découvrir, de savourer. The « Genius », après cette première apparition française et européenne, allait, dans les décennies qui suivent, faire de fréquents allers-retours entre sa terre natale américaine et le Vieux continent, la France en particulier. Je peux en témoigner pour l’avoir vu dans les années 90 au Palais des Congrès, où il était venu accompagné d’un big band. Un concert hélas tronqué par des soucis techniques non résolus, qui ont agacé le maestro, au point que celui-ci décida de racourcir sa prestation, au grand désarroi du public venu le voir. Mais le temps passé sur scène, il donna sa pleine mesure.

Ci-dessous, quelques extraits vidéos de sa venue à Antibes. Le reste est à découvrir sur disque. Régalez-vous!

Guillaume.

Il était une fois… 1978!


L’un des faits marquant  de l’année , tant politiquement que sportivement, sera le déroulement de la coupe du monde de Football en Argentine, alors théâtre d’une dictature sanglante dirigée par le général Videla (également la première dont je regarde certains matches, même tard le soir). Au plan international,  les accords de paix signés à Camp David entre Egypte et Israël, avec les Etats-Unis comme témoin, via la présence du président Jimmy Carter, vaudront à Anouar El Sadate et Menahem Begin le prix Nobel de la Paix cette année-là. En Algérie, 5 entreprises pétrolières françaises sont nationalisées. Au Sénégal, Léopold Sedar Senghor est réélu président pour la 5ème fois. En afrique du Sud, le nouveau premier ministre, Pieter Willem Botha, provoque un évènement en signant la reconnaissance officielle des syndicats de travailleurs noirs. Au Mexique, à Mexico, des ruines de temples aztèques sont retrouvées. En Europe, c’est l’Italie qui retient l’attention. D’abord avec l’enlèvement puis l’assassinat par les Brigades Rouges du leader de la démocratie chrétienne Aldo Moro. En Août, le Pape Paul VI décède, il est remplacé par l’Evèque de Venise, devenu Jean-Paul 1er, qui décèdera 33 jours après. En Octobre, c’est alors l’archevèque de Cracovie, Karol Wojtila, qui lui succèdera, sous le nom de Jean-Paul II. Il règnera jusqu’en 2005, et sera canonisé en 2014. Outre les noms précités, d’autres personnalités, issues des arts et du sport disparaissent : Les chanteurs Claude François et Jacques Brel, le comédien Charles Boyer, le navigateur français Alain Colas, à bord de son immense bateau à 4 mats Manureva (son destin inspirera une chanson à Alain Chamfort : « Manureva« ), pris dans un cyclone lors de la première route du Rhum. En France, en janvier la loi « Informatique et liberté » est adopté par le parlement. En Février, le Parti UDF, est fondé par Jean Lecanuet. Le ministre Roubert Boulin, est retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet (le mystère demeure toujours 40 ans après sur les circonstances réelles de son décès).

Voilà pour le décor de l’année. Place à l’histoire inventée :

C’était en septembre. Un groupe de musique, nommé les Sultans du Swing, débarqua aux Etats-Unis, à Los Angeles. Bizarrement, malgré leur nom, ils étaient origines de Copacabana, quartier de Rio de Janeiro, célèbre pour sa plage. Le leader du groupe s’appelle Tommy Gun, en hommage à un groupe de rock anglais. Grand gaillard au visage taillé à la serpe, et chanteur à la voix rauque, Tommy avait convaincu ses camarades de le suivre dans ce grand pays, pour retrouver sa meilleure amie, une dénommée Eruption. Il n’avait qu’un vague souvenir de sa dernière adresse, en colocation avec une certaine Roxane, fille de policiers. Roxane et lui s’étaient laissé sur un quai de gare, 10 ans plus tôt. Si Tommy avait eu du mal à accepter cette rupture, Roxane, elle, était parvenue à l’oublier. Le vrai but de Tommy, à travers ses retrouvailles avec Eruption, est donc de renouer le lien avec Roxane. Los Angeles, est une ville multiple, où tout est possible.

Pour lui, les concerts donnés avec son groupe au « Hustler Casino », repère de la pègre locale et de tous les hommes d’affaires en mal de sensations fortes en tous genres, n’étaient qu’un moyen de se distraire, de faire rentrer la money pour alimenter le trajet qui le mènerait pensait-il, à Roxane. « I love America », c’est son leitmotiv. Il se persuade ainsi que cela l’aidera à retrouver la trace de sa bien-aimée, en s’adressant aux gens qu’ils croisent, route faisant. Un soir, après un concert, il s’installe seul au bar du « Hustler Casino », laissant ses acolytes à leurs occupations, certains aux machines à sous, d’autres aux tables de jeux. Lui préfère noyer sa solitude et ses tourments dans les vapeurs d’alcools qui ne manquent pas de se présenter à lui. Le mélange est de rigueur. Lui viennent alors en tête des chansons qu’il chantait avec Roxane, et sur lesquelles ils bougeaient leur corps : « Rivers of Babylon », « Rasputin », « YMCA », « You make me feel », ou encore « Hold the line » et « Da ya think I’m sexy »… parmi tant d’autres. Dans les hauts-parleurs situés juste au-dessus du bar, la voix de Robert Palmer, crooner anglais, résonne d’une chanson qui va bien avec l’ambiance feutrée du lieu.

Cette quête de Roxane, pour Tommy, c’est un peu comme une dernière danse, un combat contre ses démons, disputé désespérément contre sa solitude qui chaque jour qui passe le mène, bien encadré par la possibilité d’excès en tous genres et de consommations de produits maléfiques qui le détruisent, le consument intérieurement, vers une issue fatale. Une course avec le Diable. Dont chacun sait que personne ne la gagne jamais.

Au matin d’une journée qui s’annonce encore une fois très chaude dans cette ville de Californie, la chambre occupée par Tommy résonne d’un silence étrange. La fenêtre est entrouverte, le rideau dansant au gré du vent chaud qui s’engouffre dans la pièce. Soudain, le room-service frappe à la porte, amenant le petit-déjeuner que Tommy avait pris l’habitude de faire monter dans sa chambrée. Mais à l’annonce, aucune réponse.Une, deux fois. Rien, silence. Et pour cause. Tommy dormait, à même le sol, d’un sommeil définitif, provoqué sans doute par l’excès de tous les ingrédients dont il a chargé son corps depuis des années. Son corps a dit stop. Dans un dernier sursaut, puis il a lâché. La voix de Tommy ne résonnera plus sur la scène du « Hustler Casino », et Roxane ne saura jamais qu’il était parti à sa recherche.

Guillaume.

Tony Bennett-Diana Krall, duo royal.


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Aimant autant la délicieuse et talentueuse artiste canadienne Diana Krall (que j’ai découvert grâce à ma soeur il y a longtemps, en 1993, via l’album « Stepping out ».. Merci Sista’! ), que le vétéran crooner Tony Bennett (vu en juin 2017 à l’Olympia, soirée mémorable dont j’ai déjà parlé ici), je me suis réjouis lorsque j’ai su que ces deux artistes allaient unir leurs talents vocaux pour revisiter ensemble des standards du jazz écrits par l’un des plus grands compositeurs du 20 ème siècle, George Gershwin et dont les paroles furent écrites par sa femme, Ira Gershwin. Ainsi est né l’album « Love is here to stay » paru en 2018.

A côté des duos, figurent également des titres en solo de chacun des artistes. Il s’agit de « But not for me » pour la canadienne, et de « Who cares! » pour le vétéran crooner.

Aussi quand je me suis mis à l’écouter, j’ai eu le plaisir de découvrir leur complicité artistique et la complémentarité vocale qui les unie. Le titre qui ouvre l’album  » ‘S wonderful » cher à Louis Armstrong, en est la parfaite illustration. Mis en confiance par ce premier morceau, j’attendais la suite. Et je ne fus pas déçu. De « My one and only » à « They can’t take that away from me », en passant par « Love is here to stay » ou « Somebody loves me », ou encore « I’ve got a crush on you », le duo nous régale, tout en nuances vocales, en intentions bien placées, en connivence sans fard, pour servir avec précision et justesse des chansons sublimes.
La chanteuse-pianiste canadienne, capable d’aborder tous les registres musicaux, du jazz langoureux à la pop, ici nous régale de sa chaude et grave, aux côtés des envolées parfois lyriques du timbre clair de Tony Bennett. Au delà de ce récital en duo, il faut souligner la performance du trio de Bill Charlap (Bill Charlap au piano, Peter Washington à la basse, Kenny Washington aux baguettes), qui réalise une très belle prestation, sans fioritures. Que du plaisir pour les oreilles !

Au final, ce disque est un délicieux moment de musique, servi par deux immenses artistes.
Ne passez pas à côté! Rien de tel pour bien démarrer l’année 2019.

Guillaume.

James Brown, aux origines de la légende.


Sorti en 2018, le triple album « essential original albums » consacré à la légende de la soul-music, au « Godfather » himself, est un petit bijou qu’il faut vite vous mettre dans les oreilles ou offrir à celle(s) ou celui / ceux dont vous savez qu’ils sont fans du grand chanteur -showman-producteur qu’était James Brown.

Oui ce triple album est un objet musical indispensable pour découvrir les origines musicales, le début de carrière de l’une des plus grandes figures de la musique américaine, de l’une des icônes de la communauté noire américaine dans les années 60-70-80. Il restitue le parcours musical du « Godfather of Soul » dans les années 50-60’s à travers des titres émanant de 5 albums (voir références plus bas). Au delà d’être un chanteur fantastique, une véritable bête de scène, un producteur très pointilleux, James Brown était également un homme et citoyen engagé, soucieux des conditions de vie des membres de sa communauté, à une époque où les droits civiques étaient encore limités pour les noirs aux Etats-Unis. A l’instar d’un Cassius Clay-Mohamed Ali à la fin des 60’s refusant d’aller auVietnam faire la guerre car » ces gens là ne m’ont rien fait », James Brown deviendra une voix écoutée et respectée, une conscience, un guide que l’on consulte.

Le premier cd de ce triple album regroupe des titres enregistrés entre 1956 et 1958 sur le label Federal. On y retrouve ou découvre des morceaux langoureux, des titres influencés par le gospel tel que « That’s when I los t my heart ». Un James Brown qui sait aussi chanter des ballades, loin de celui que nous connaissons. Car il fallait en ces temps-là certes séduire un auditoire, mais surtout convaincre la majorité blanche, les bourgeois, que les chanteurs noirs dont Brown allait être la tête de proue, pouvaenit être de grands artistes.Sur ce premier disque, j’ai personnellement aimé des titres comme «  »I feel That old feeling coming », « Try me », « Good good lovin », « You got the power ».

Le deuxième album qui figure ici nous offre des morceaux superbes tels que « Mashed Potatoes », « Three hearts in a triangle », « I don’t care », « In the wee wee hours », « Night Train » (enregistré en 1961), ou encore « Every beat of my heart ». Là encore, James Brown, donne toute sa mesure de vocaliste, aux registres étendus, emmenant avec lui des orchestrations superbes. Un régal. Moi qui ne connaissait pas cette période de cet artiste, je me suis régalé. Figurent également sur ce disque des titres appartenant à d’autres artistes de rhyhtm and blues de cette période, tels que « Doin’ everythin' », « Switch a roo » signées Henry Moore, « Bushy trail » de Clifford Scott, « Just a little bit of everything » de Herb Hardesty.

Dans la troisième partie, là aussi un enfilade de perles, rien que du bon, de la musique dont on se lasse pas…. le phénomène Brown frappe fort, et nous entraîne dans son sillage. Et ca régale encore et toujours… « Just you and me, darling », « Come over here », « Shout and Shimmy », « I’ve got to change », « Messin’ with the blues »… bref une succession de jolis morceaux.

Tous les titres présentés ici, de haute tenue, où figurent les Famous Flames, avec parfois également la présence de Bobby Byrd, sont issus des albums suivants : « Please Please Please » (1961) ; « Think » (1960) ; ( « Tour the U.S.A »(1962) ; « Night Train » et « The amazing James Brown »(1961). Ce coffret est un bijou, à posséder sur son étagère sans attendre. Ne le ratez pas!
James Brown était un grand artiste. Ce coffret nous le démontre encore une fois!

Guillaume.

1991, Prince, roi de Rio.


Le 18 janvier 1991, Prince est un artiste comblé, au top de sa renommée et de son talent. Il donne cette année-là quelques concerts à Rio, dans le célèbre stade du Maracana (qui peut accueillir près de 200.000 personnes) lors du Festival Rock in Rio. 90 minutes de pure musique. 90 minutes d’énergie, où tout y passe : funk, soul, improvisation, et la part belle donnée aussi à ses choristes. Le public très nombreux donc, ne semble pourtant pas totalement en phase ce soir-là, à moins que ce ne soit l’inverse. A l’écoute de ce live in Rio, il apparaît en effet que Prince ne soit pas en grande forme ce soir-là. 

Un des éléments le plus surprenant de cette soirée, surtout quand on connaît la réputation du bonhomme à tout maîtriser, contrôler, vérifier, dans le moindre détail, est la qualité du son rendu sur cet enregistrement. Le son est brouillon, comme étouffé, la voix et les instruments se font lointains, ce qui amoindrit la performance scénique et musicale du Kid de Minneapolis et de son orchestre. Néanmoins, tout au long du disque, on se rend compte que Prince se bat contre les éléments, qu’il essaye de chauffer le public, mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment. Le répertoire est pourtant bourré de tubes :  » Kiss », « Horny Pony », « Purple Rain », « Take me with U », la reprise de « Nothing compares to you »… bref de quoi réjouir un auditoire sans problème. Le son, je l’ai dit, étant des plus mauvais, cela donne un live moyen, desservant la performance scénique du Kid de Minneapolis. C’est très agaçant! Je n’ai hélas jamais vu ce génie sur scène, aussi, dans l’absolu, je me disais que ce live, enregistré dans le cadre du plus grand festival de rock d’Amérique du Sud, me permettrait de rattraper ce manque. Hélas, 3 fois Hélas!!!

Reste que les fans inconditionnels y trouveront peut-être satisfaction (sans jeu de mot avec la fameuse chanson des Pierres qui Roulent 🙂 )… Pour ma part, vous l’aurez saisi, je suis frustré, déçu, et j’attends impatiemment la ressortie d’un autre live plus à la hauteur du personnage, du musicien fantastique qu’était Prince Roger Nelson.

Guillaume.

Impressions d’aventures festivalières 2018.


l’année 2019 démarre tout juste, mais il est encore temps de revenir sur la 14ème édition du Festival des Aventuriers qui s’est achevé s’est donc terminée le 20 décembre avec les prestations de Péroké et de Général Elektriks. Edition qui a encore une fois réservé son lot de surprises, de déceptions, et de coup(s) de coeur. C’est pourquoi j’avais envie de vous faire part de ce que j’ai ressenti en voyant / découvrant les groupes programmés.

Pour l’ouverture du festival, mercredi 12, dans une salle bondée, j’ai vécu une soirée mitigée, entre grosse déception et  belle surprise. La déception est venu de Dani Terreur, qui faisait son retour dans ce festival 2 ans après sa première prestation, à l’époque en duo. Là il étreinait une nouvelle formule, en solo, seulement accompagné de sa guitare et de quelques machines et claviers. Toujours démuni d’une voix suffisamment expressive, j’ai été déçu de voir cet artiste nous proposer une prestation brouillonne, les compositions n’avaient que peu de relief. La seconde partie de soirée me réservait une très belle surprise : L’Impératrice. Sextet emmené par une jolie chanteuse dont la voix avait hélas parfois du mal à se faire entendre au milieu de ses comparses musiciens, ce groupe a chauffé la salle par son répertoire dansant entre pop et disco, ambiance 80’s, grâce à des morceaux très structurés et exécutés sans failles. 1 heure de bonheur, de générosité, de plaisir de jouer partagé avec un public bien chaud. Ils se produiront pour 2 dates fin janvier 2019 à l’Olympia.

Le lendemain, changement d’ambiance. Au programme, 2 trios dans des registres très différents. Le premier, Elias Dris, du nom de son jeune leader guitariste-chanteur. Le menu musical proposé nous renvoyait à des icônes de la pop-folk culture américaine, telles que Bob Dylan, Neil Young, ou Willie Nelson. Elias Dris, qui terminait sa tournée par la date des Aventuriers, a livré une belle prestation toute en sobriété, justesse, avec phrasé anglais pour une fois agréable à écouter. Un joli moment de musique.
Après une petite pause, c’est le trio Delgres, composé d’un batteur, d’un joueur de soubassophone et d’un guitariste-chanteur, qui prit possession de la scène. Mélange de langue créole, de français, d’anglais, ce trio a délivré un set tout en énergie, emmené par un chanteur très charismatique et qui nous a offert des textes forts sur la nécessité de la Mémoire, sur la lutte des hommes à certains moments de l’Histoire (esclavage, colonisation). Une heure de communion avec un public en fusion, une ambiance dansante, chaleureuse à souhait, ce qui a même valu un rappel au groupe. Très jolie soirée avec 2 belles surprises.

Le Vendredi 14, retour au contraste. Tout d’abord un vrai coup de foudre personnel et collectif (le public présent ce soir-là est également tombé sous le charme) pour le collectif Astéréotypie, groupe composé de 4 musiciens ayant un handicap et de 3 chanteurs autistes qui se sont relayés au micro pour déclamer écrits par eux-mêmes. Un moment de vérité rare, de générosité pleine, sans aucun artifice. Une performance forte, sincère, généreuse. Pour moi LE moment fort de cette édition 2018!
Venant après cela, le trio de punk-rock Pogo Car Crash Control, malgré une débauche d’énergie évidente, a paru bien fade et sans âme!

Je ne vous parlerai pas de la soirée du 15 décembre, car après le concert d’Agathe Da Rama qui se tenait à la médiathèque l’après-midi, votre serviteur s’est reposé quelque peu de cette entame festivalière.

Des 3 dernières soirées, du 18 au 20 décembre, je passerai sur celles des 18 et 19 où ni Vox Low ni Zombie Zombie et encore moins Inüit et Concrete Knives ne m’ont scotché réellement! Mais le public présent ces soirées-là a semble-t-il bien reçu les répertoires proposés. Je retiendrais les prestations la dernière soirée avec le duo électro Péroké, dans une posture étrange de ne pas être face au public, avant de laisser General Elektriks clôturer en fanfare dans une ambiance funky une excellente édition 2018 des Aventuriers. Signe que cette édition a très bien marché, 3 soirées ont affichées complet (dont l’ouverture et la clôture), le festival accueillant au total près de 1500 spectateurs!

Bravo à l’équipe qui a monté cette programmation. Vivement 2019!

Guillaume.

Bonne Année !


Comme le dit la chanson .. « Voilà c’est fini »(ou presque).. Oui 2018 se termine et chacun, chacune, seul(e) ou avec des ami-e-s, nous refaisons le monde, retraçons le parcours de ces 12 derniers mois, autour d’un bon repas, dans une ambiance festive ou plus feutrée, selon les goûts et les envies.

Alors pour bien terminer l’année dans 48 heures, à vous qui nous lisez en France, en Europe, ou ailleurs dans le monde, l’équipe de la médiathèque vous propose sa liste de morceaux pour agrémenter cette soirée toujours particulière. Il y en a pour tous les goûts, de la musique classique au jazz, de la chanson française à la musique de film. Des Clash à U2 en passant par La Callas, Luciano Pavarotti, Frank Sinatra, Claude Nougaro, John Williams, Stevie Wonder, Otis Redding et beaucoup, beaucoup d’autres, vous trouverez sans doute de quoi accompagner votre soirée de réveillon tout en vous remémorant des souvenirs à l’écoute de ces morceaux.

Savourez, appréciez cette guirlande musicale ! Nous vous donnons rendez-vous en 2019 pour de nouvelles aventures musicales sur ce blog, que vous êtes de plus en plus nombreux cette année encore à visiter, regarder, partout en Europe et dans le monde.
Merci à vous de ce soutien à courte, moyenne et longue distance.

Bon réveillon et bonne année à toutes et tous….. Et comme on dit ailleurs, avec donc un peu d’avance nous vous disons aussi : Buon Anno (Italien) ; Feliz Ano Nuevo (Espagnol) ; Frohes Neues Jahr (Allemand) ; Eam Saeid (Arabe) ; Xinnia Kuailè (Chinois) ; Akemashiteomedetogozaimasu (Japonais) ; S Novym Godom (Russe).

L’équipe de la Médiathèque.

Il était une fois… 1977!


J’ai 10 ans (tiens c’est le titre d’une chanson ça non?) cette année-là.

Dans le domaine des arts, c’est un cru marqué par le décès de la première grande star du rock américain, le chanteur Elvis Presley, à seulement 42 ans. Henri-Georges Clouzot (70), Jacques Prévert (77), Maria Callas (54), ainsi que Charlie Chaplin (88 ) et René Goscinny (51), père de « Astérix », figurent au nombre des célébrités qui nous quittent. Au Festival de Cannes, c’est le comédien Michel Galabru qui reçoit un prix pour son rôle dans « Le Juge et l’Assassin » de Bertrand Tavernier. A Paris, le centre national d’arts et de culture Georges-Pompidou est inauguré en janvier. En mars, Jacques Chirac est élu maire de Paris. En littérature, Didier Decoin obtient le prix Goncourt pour son roman  » John l’enfer ». C’est aussi l’arrivée sur les écrans d’une saga interstellaire, signée Georges Lucas, dont la musique deviendra un « tube », composée par le génial John Williams : « Star Wars : Un nouvel espoir », premier épisode d’une trilogie qui comprendra « L’empire contre-attaque » et « Le retour du Jedi ». La suite de cette saga s’étalera sur 40 ans. Le dernier épisode en date étant « Les derniers Jedi » sorti en 2017. Sans oublier le film musical « Saturday Night Fever » avec John Travolta, sur fond de musique disco. En sport, plusieurs évènements sont à retenir :
C’est l’année du fameux match Liverpool-Saint-Etienne, dans l’antre de Anfield Road. La France découvre ce soir-là un joueur qui va éclabousser la rencontre de son talent : Kevin Keegan.Les victoires en finales des simples dames et messieurs de Françoise Durr et Guillermo Vilas à Roland-Garros. Le grand chelem du XV de France, avec les 15 mêmes joueurs (unique!), dans le tournoi des Nations. Le match nul (2-2) historique de l’équipe de France de football face à Brésil dans le mythique stade du Maracana de Rio. Dans la foulée de cet exploit, elle se qualifiera pour le Mundial’78 en Argentine, alors en pleine dictature militaire. Les 70 ans de la création de la célèbre écurie de formule 1 italienne Ferrari par Enzo Ferrari. Toujours en formule 1, une révolution technique arrive lors du grand prix de Silverstone, avec la première apparition des voitures Renault à moteur turbo. En cyclisme, Francesco Moser est champion du monde. En ski, le suédois Ingemar Stenmark remporte le classement général de la coupe du monde.

Place à l’histoire inventée.

L’ Angleterre, Solsburry Hill, au sud de Bath. Cette colline, qui fut théâtre jadis, dit la légende, de phénomènes mystiques mais surtout d’une bataille entre anglo-saxons et bretons, est devenu un lieu de pelerinage pour la petite Marie, 20 ans tout juste. Chaque année depuis 3 ans, au printemps, elle prend son billet d’Eurostar pour franchir la manche et se rendre à cet endroit découvert par hasard l’année précédente avec son amie Betty, de 2 ans son aînée, rencontrée lors d’un séjour linguistique précédent, surnommée « Black Betty » en raison de son goût prononcé pour les vêtements noirs. Celle-ci l’accueille chaque fois dans son appartement. Ensemble elles y refont le monde, avant d’aller rejoindre la fameuse colline. Mais cette fois-ci, Marie a le coeur coupé en 2. Elle a délaissé son petit ami pour des vacances en solitaire, et rejoindre Betty. Choix cornélien, qui la tourmente. Le jour de leur départ, Marie et Betty sont assaillies par un déluge humide, aussi décident-elles alors de se mettre à chanter, sous cette pluie battante balayée par un vent froid comme si de la glace cinglait l’air. Arrivées à destination, en haut de colline de Solsburry après un périple qui les a vu prendre le car puis marcher pendant 2 heures, elles se posent au sommet. Contemplant le paysage, savourant le silence qui y règne, observant la nature sauvage. Elles passent la journée à discuter, rire, se confier l’une à l’autre, sur leurs aspirations de vies futures.

Avant que la nuit ne les enveloppe, elles redescendent vers la vallée, et décident de se rendre à Dublin. Un long trajet les attend. Train, bateau. Le lendemain matin, harassées de fatigue mais heureuses, elles dégustent un breakfast dans un pub local. L’ambiance du lieu, chaleureuse, les réconforte. Mais la vue d’un public uniquement masculin fait s’interroger Marie : « Où sont les femmes? ». Betty rigole, et lui indique qu’à cette heure matinale, seuls les hommes fréquentent les pubs. Marie, loin de chez elle, même si elle adore son amie, ressent de la nostalgie, réalisant en cet instant, qu’elle a oublié de vivre selon son instinct, ses envies profondes. Désormais, rien ne sera plus pareil. Betty lui dit alors « Stay just the way you are »…. »Stay alive… follow your dreams…. go your own way ». Le petit déjeuner avalé, elles partent bras dessus-dessous visiter Dublin. Hier pauvre, cette ville est devenue une cité riche presque à l’égal de Londres. Un choc pour les 2 jeunes amies. « et si on allait vers le nord, à Belfast? », propose Marie à Betty. Cette dernière, étonnée un instant, fit oui de la tête. Direction l’Irlande du Nord. Belfast est tout l’inverse de Dublin.

Capitale de l’Irlande du nord, cité marquée par le passé conflictuel avec l’Angleterre, puis les relations tendues voire haineuses entre catholiques et protestants. Une cité ouvrière. Le lin, le tabac et les chantiers navals constituent les principales industries locales. C’est d’ailleurs dans ces chantiers navals que fut construit le majestueux et funeste « Titanic ». Là bas, les gens ont la mémoire de ceux qui sont morts pour la cause de l’indépendance, comme Bobby Sands, nationaliste irlandais, député de la chambre des Communes du Royaume-Uni, décédé à 27 ans seulement. Un monument leur est dédié : « To the heroes of our city, of our country ». Elles restèrent 2 jours dans cette ville chargée d’histoire, de mémoire et de tristesse. Déambulant dans les rues, Betty fredonne « sweet talkin woman » et « more than a woman  » aux oreilles de Marie.

Au bout de ces deux jours, Betty et Marie repartent vers l’Angleterre, vers Bath. Ravies de ce périple dont elles gardent de jolis souvenirs, elles passent une dernière soirée ensemble. Derniers rires, ultimes confidences et effusions amicales, une dernière séance devant  « Annie Hall » film de Woody Allen, dans un mélange de bières et cigarettes. Demain matin, Marie reprend le chemin vers la France, Paris, le métro « c’est trop » … soupire-t-elle, désappointée. Une ultime embrassade, puis en choeur elles se disent « Vivement l’année prochaine ».

Oui.. « Vivement 1978! »

 

Guillaume.

 

 

 

Agathe Da Rama, moment de grâce à la Médiathèque.


Le 15 décembre dernier, dans le cadre de la 14 ème édition du Festival des Aventuriers de Fontenay-sous-Bois (qui se termine le 20 décembre avec le concert de Général Elektriks), en partenariat avec le service culturel, la médiathèque avait le plaisir d’accueuillir pour sa première et unique date parisienne, le quatuor toulousain Agathe Da Rama, que je vous avais présenté dans un précédent article. La salle des Arts, avec sa voûte vitrée, était l’écrin idéal pour recevoir ce quatuor talentueux, mené par la chanteuse Agathe Da Rama, dont le timbre de voix très chaud et la personnalité enjouée ont séduit le public présent. Dès le début, Agathe s’est adressé au public pour indiquer que ce serait un concert « comme à la maison », «  »entre nous »… de quoi rendre encore plus chaleureux ce moment musical.

1 heure durant, le public, venu en nombre (60 personnes, adultes et enfants) découvrir et écouter ce groupe, malgré la météo et surtout la période pré-fêtes de Noël, a pu apprécier le talent des musiciens ainsi que l’éventail des compositions et des ambiances musicales concoctées par Agathe Da Rama.En effet, le public fut tour à tour embarqué dans les contrées du sud des Etats-Unis, vers les bayous, mais aussi vers des sonorités chamaniques, des ambiances folk, blues, à travers l’évocation de thème comme les grands espaces, l’amour, la tristesse, l’enfance, la séparation. « Sound Castle », « No more water », « The visitor (rich loser) » ont particulièrement retenu mon attention.

 Oui, pendant 60 minutes, ce groupe venu de son sud originel (Toulouse), a régalé l’assistance, par sa générosité, sa fraîcheur, n’hésitant d’ailleurs pas à faire participer l’auditoire au cours d’un morceau. Ce concert « comme à la maison » selon l’expression même d’Agathe Da Rama, s’est prolongé par une discussion entre le public et le groupe. Ce concert était une jolie manière de terminer l’année en musique à la médiathèque.

Je souhaite bonne et longue route à ce quatuor dont je vous invite à suivre les prochaines traces sur disque ou sur scène, s’il venait à se produire à nouveau en région parisienne dans les mois qui viennent. En attendant, n’hésitez pas à les retrouver sur leur album « 7 times ». 

Guillaume.

Agathe Da Rama s’aventure dans nos murs le 15 décembre.


Le samedi 15 décembre prochain, à 15H30, le quatuor Agathe da Rama, viendra poser ses voix et instruments au sein de la médiathèque Louis Aragon de Fontenay, pour un concert qui marque donc la reprise du partenariat entre le service culturel et la médiathèque dans le cadre du Festival des Aventuriers, à l’occasion de sa 14ème édition. Le groupe fera pour l’occasion l’une ses premières dates de tournée en Ile-De-France. Un honneur pour nous donc de les recevoir!

Toulouse. Ville traversée par la Garonne, si joliment évoqué par la légende locale Claude Nougaro,  mais aussi célèbre par sa place du Capitole, son équipe de rugby, par son orchestre national et son opéra, véritable cité de mélanges des langues, d’Oc et d’Oil, de patois, d’accents venus des sud outre-pyrénéens, terre de poésie, terreau de nombreux artistes, a donc vu naître ce quatuor à l’univers musical fortement influencé par le blues, la musique de la Nouvelle Orléans. Mené vocalement par Agathe Da Rama, il est également composé de Joris Ragel (guitare), Tom Turtle (percussions), Guillaume Gendre (contrebasse) a notamment retenu l’attention de la grande chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater . On fait pire comme adoubement musical!

Fort d’un premier album sorti en 2015, « 7 times », qui évoquait le passage  à l’âge adulte et la nostalgie que l’on a tous et toutes plus ou moins ressenti(e) de cette adolescente qui était une période de rêves, découvertes, d’expérimentations diverses, le groupe aime a explorer les univers blues soul. Pour cela il se base sur la voix suave et envoutante de Agathe Da Rama. Je  vous laisse juger par vous-mêmes en regardant les vidéos ci-dessous.

Alors, le 15 décembre, la médiathèque résonnera au son du blues, de la soul, mise en musique par ce talentueux quatuor. NE RATEZ PAS CE MOMENT!


 

Aventuriers, 14ème édition!


Comme chaque année à la même période, la ville de Fontenay-sous-Bois, par le biais de son service culturel, organise et accueille un festival de musique rock dédié aux jeunes artistes en développement mais qui programme également des musiciens ou groupes déjà chevronnés. La 14ème édition du Festival des Aventuriers (du 12 au 20 décembre 2018, à l’Espace Gérard Philipe, au cinéma Kosmos-projection du film « Shut up and play the piano », du réalisateur Philipp Jedicke, et de « Léto » de Kirill Serebrennikov- et à la médiathèque Louis Aragon, voir plus bas) est encore là pour vérifier cet adage, ce subtil équilibre, cette alchimie fragile, qui consiste à pouvoir présenter au public qui viendra les voir, des groupes représentants des courants différents de la scène rock 2018, pop et électro française ou étrangère. C’est cette variété, cet éclectisme qui a, au fil des années, fait la force de ce festival et contribué à son évolution, à sa renommée grandissante au niveau local, puis national et enfin international. Et donc à fidéliser un public qui revient, parfois de loin, pour y assister. Cette édition marque aussi le retour d’un partenariat avec la médiathèque municipale Louis Aragon, puisque le groupe Agathe da Rama s’y produira le samedi 15 décembre à 15H30.

Ce festival, situé jusque avant les fêtes de Noël et du jour de l’an, est l’occasion pour le public de se retrouver, de vivre de jolis moments, d’échanger sans barrières aucunes avec les artistes après leurs prestations. De la convivialité, du partage, le tout dans la bonne humeur, entre quelques bonnes mousses (à consommer modérément, cela va de soit). 

Cette année, la programmation voit revenir un ex jeune aventurier à l’univers electro-pop, venu en 2016, (Dani Terreur, qui fera l’ouverture du festival le 12 décembre avec L’Impératrice ). Le public découvrira Elias Dris, groupe influencé par la folk américaine et ses figures iconiques que sont Neil Young, Joni Mitchell ou encore Leonard Cohen. Delgres, groupe de blues caribéen qui mélange gaiement John Lee Hooker, les Black Keys, et la soul des Touaregs. Le public pourra aussi découvrir l’univers punk-grunge du groupe Pogo Car Crash Control. Les univers de musique House et Deep House ne seront pas oubliés, avec les calaisiens de You Man et le gardois Joris Delacroix, le rock psychédélique avec Vox Low, l’électro experimentale du trio Zombie Zombie, la pop rock indie du sextet Concrete Knives (finalistes jeunes aventuriers en 2009), l’électro-pop d’Inüit, le groupe tourangeau Péroké avec son électro mêlée à l’afrobeat, sans oublier les vétérans de General Elektriks, qui mélange funk, pop, électro. Bref ça s’annonce comme un menu relevé, épicé, savoureux, de quoi réjouir toutes les oreilles!

Outre les concerts de la programmation, la Fish and Cheap Factory, créée en 2016, animera les avants et après concerts.

Le festival des Aventuriers est également l’occasion pour le public de découvrir des associations oeuvrant pour différentes causes : le développement durable, la lutte anti-sida, lutte contre le sexisme. Musique, débats, échanges, rencontres. Un éventail de possibles qui assurent au public de passer de jolis moments, comme un apéritif avant les agapes de Noël et du jour de l’An. Bon festival à toutes et tous!

Notez que vous pourrez retrouver certains albums des artistes programmés lors de cette édition à la médiathèque Louis Aragon de Fontenay. En l’occurrence : « Mo Jodi » / Delgres. « L’énergie positive des Dieux » / Astéréotypie. « Mata Hari » / L’Impératrice. Vox Low / Vox Low. « Our Hearts » / Concrete Knives. « Livity » / Zombie Zombie. « Action » / Inuit. « Carry No Ghosts » / General Elektriks.

Guillaume.

Il était une fois… 1976!



Année marquée par de nombreux évènements, politiques, culturels, sportifs. Janvier voit le Concorde réaliser son premier vol commercial de Paris à Rio de Janeiro. En février ont lieu les JO à Insbruck, en Autriche. Mars, l’Argentine entre dans la dictature, le pouvoir militaire est dirigé par le général Videla. Avril, Jean Gabin préside, pour sa dernière apparition publique, la première cérémonie des Césars. Mai voit l’apparition du FLNC en Corse, par le biais de la revendication d’une « nuit bleue » marquée de plusieurs attentats. Après une épopée européenne complètement folle, l’AS Saint-Etienne arrivera en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (mère de la Ligue des Champions actuelle), contre l’ogre du Bayern de Munich de Franz BeckenbauerJuin est le théâtre, en Afrique du Sud, dans le quartier pauvre de Soweto, d’émeutes sanglantes qui feront plusieurs centaines de morts. Juillet, Simone Veil faire voter une loi antitabac qui réglemente la publicité de ce produit et l’obligation de la mention « abus dangereux » sur les paquets.

Au Canada,  les JO d’été de Montréal verront le sacre de la jeune gymnaste roumaine Nadia Comaneci, du sprinteur français Guy Drut au 110 m Haies, et le double sacre du cubain Alberto Juantorena, sur 400 et 800 m. Novembre marque l’élection de Jimmy Carter à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Il sera le principal artisan des premiers accords de paix, signés à Camp David entre Israël et L’Egypte.

Déjà mise en avant par René Dumont en 1974, les problèmes liés au climat vont s’accentuer. La canicule très importante (déjà!!) survenue cette année-là, marquera les esprits, certains s’en souviennent encore. Et ne sera que le début d’une série qui se poursuivra jusqu’en 2018, un peu partout dans le monde.

De nombreuses personnalités tels la romancière Agatha Christie, le dirigeant chinois Mao Tsé Toung, l’acteur Jean Gabin, figure légendaire du cinéma français, le philosophe allemand Martin Heidegger, le compositeur de musique classique Benjamin Britten ou André Malraux, écrivain, ancien ministre de la culture sous De Gaulle, auteur du fameux discours dédié à l’entrée de Jean Moulin au Panthéon, disparaissent.

Place maintenant à l’histoire inventée :

Une maison cossue, dans le sud de l’Angleterre. Perchée en haut d’une colline. Bordée d’une forêt domaniale où se promènent biches et faons, rennes… en toute quiétude. La demeure, imposante, de style colonial, abrite en son sein un homme nommé Ringo Willy Cat, la soixantaine fringante et le cheveux poivre et sel, dont la maison laisser à penser l’homme fortuné. Jadis marié à une certaine Gabrielle, qui dit-il, lui a « brulé son esprit ».

Il a dû être un bel homme plus jeune. Les années passant, il a cultivé cet aspect de sa personnalité. Dans le village avoisinant, les gens parlaient de lui comme d’un « sale bonhomme », avare, distant, prétentieux. Amateur de chasse en Afrique, qu’il visitait régulièrement pour satisfaire sa soif de trophées animaliers.

Dans une pièce, au rez-de-chaussée, figure des « trophés » de ses pérégrinations chasseresses : Une tête de buffle accrochée au mur, une corne de rhinocéros, et une peau de crocodile du Nil, ainsi que des oiseaux de Thaïlande, spécimens aussi sublimes que rares. Cet homme avait pour fille, Sylvia, qui travaillait dans une boutique du village proche, le « shop around the corner ». Elle vivait de romances éphémères. L’élu du moment s’appelle Martin. Lui faisait partie d’un cirque. Entre eux, l’histoire était douce, et les au-revoir au petit matin sur le ton d’un « Bye bye Cherry ».. suivi d’un « you know.. I love you ».

Ringo, homme de principes ayant la culture des histoires au long cours, ne voyait pas d’un bon œil la façon d’aimer de sa fille. Malgré lui, il s’y soumettait. La première entrevue avec Martin fut un peu fraîche entre les deux hommes. Le premier voulant clairement faire sentir que Martin n’était qu’un oiseau de passage dans le ciel de Sylvia, se montra pourtant jovial, avenant, à la surprise de sa fille. Martin, lui, tout à l’envie de faire bonne impression, se retrancha derrière une timidité malvenue. Au sortir de ce premier face à face, Martin dit à Sylvia, qu’il surnommait tendrement « Sunny » : « Your daddy is cool ». Sylvia en sourit, connaissant la nature profonde de son père.

Un soir, les deux tourtereaux avaient décidé de sortir au village, d’aller dans le seul fish & chips local. En entrant, l’ambiance leur apparaît très étrange. Des tables fournies, où se jouaient des parties de backgammon, de poker, avec argent en jeu, d’autres avec des solitaires éclusant leur bière. Assis tranquillement dans cet endroit exigu et sentant fortement la cigarette, leur tête à tête avait été soudain troublé par une femme interpellant sèchement Paul. « Hey…Paul, who’s that lady with you..My man » lui dit-elle en regardant rageusement Sylvia. Blondie, ainsi se prénommait-elle, avait le regard noir et le cheveu blond peroxydé. Déchainée, Blondie avait poursuivi, s’en prenant cette fois à Sylvia qui ne demandait rien… : « If you wanna love somebedoy… live him now.. ’cause he’s MY man ». Paul et Sylvia sont surpris l’audace de Blondie. Paul s’interpose : « Blondie, please, stop this silly « love song »… I know you had me in the flesh, but now it’s over, my one and only love is for Sylvia ». Blondie, était considérée comme  la « Devil woman » du coin, caractère sauvage, fille sans peurs, aimant se faire respecter dans cet univers très masculin, quitte à n’avoir pas toujours des comportements très courtois.

Sylvia n’en revenait pas de ce qui venait d’arriver. Elle restait muette, interdite. Voyant que Paul ne céderait pas, Blondie rentra sa colère, puis s’en fut rejoindre une tablée où des amis de longue date lui dirent de s’asseoir volontiers. Reprenant ses esprits, Paul se retourna alors vers Sylvia, lui prit fortement la main comme pour la rassurer, lui faire sentir que tout allait bien, qu’il était AVEC elle, tout en s’excusant d’un timide « sorry for you living this…. ». Il décidèrent alors de quitter cet endroit à l’atmosphère tendue, rugueuse, pour retrouver l’ambiance douillette de la demeure de Ringo. Sur le chemin du retour, Sylvia ne pouvait s’empêcher de revenir sur l’incident avec Blondie. Mais Paul, plus amoureux que jamais, se montra plein de tendresse avec sa chérie. Elle seule comptait à ses yeux, elle seule le rendait heureux. Arrivés à la demeure paternelle, ils passèrent la nuit à s’aimer follement tout en écoutant une ribambelle de musiques différentes. « You know what sweetie? » dit Paul à sa douce… »The only thing I want is kissing you, you kissing me.. ». En fond sonore, Freddie Mercury et Queen jouent « Somebody to love ».

Les deux tourtereaux s’endorment, le bonheur plein la tête.

Guillaume.

Judas Priest, retour aux fondamentaux.


Le groupe anglais Judas Priest, originaire de Birmingham, qui a émergé dans les années 80, dans le sillage des Iron Maiden, Def Leppard notamment, a depuis mené une carrière aussi longue que dense, voyant ce groupe devenir un incontournable de la scène du heavy métal britannique et mondial. Mené par le charismatique Rob Halford au chant, ce groupe nous revient en force cette année avec un nouvel opus, « Firepower », concocté par son producteur historique, Tom Allom. Et le résultat est pour le moins détonnant.

Ce groupe, fondé en 1969, par le duo KK Downing (guitare) et Ian Hill (basse), ne démarrera sa vraie carrière qu’en 1974, avec l’enregistrement de l’album « Rockarolla ». Ensuite, de 1977 à 1984, le groupe, stabilisé dans sa formation la plus célèbre (Halford, Tipton, Downing, Hill, Holland), va voir sa popularité grandir, en Angleterre, en Europe et bientôt aux Etats-Unis. Il enchaine en effet pas moins de 6 albums, « Sin after sin », « Stained class », « Killing Machine », »Bristish Steel », « Screaming for  Vengeance », « Defender of the faith », qui vont asseoir la réputation du groupe évoluant dans un style  heavy metal très agressif mais où l’aspect mélodique n’est jamais loin grâce à la doublette de guitaristes Downing-Tipton. La voix puissante et aïgue de Rob Halford faisant le reste. 

Pour « Firepower« , le nouvel opus du groupe, ils ne sont plus que 3 à subsister de la formation historique du groupe : Rob Halford au chant, Ian Hill à la basse et Glenn Tipton à la guitare. A leurs côtés, la batteur Scott Travis arrivé en 1990, ainsi que le guitariste Richie Faulkner intégré en 2011, suite au départ de Downing, font plus que le job. Le groupe retrouve ici un son, une énergie brute, qui étaient sa marque de fabrique à ses débuts, notamment lors de sa période faste à la charnière des années 70-80.

Sur cet album, des titres comme « Firepower », « Evil never dies », « children of the sun », « Rising from ruins », ou encore « No surrender » et le final « Sea of Red », nous montrent qu’après quelques années à sortir des albums parfois discutables tels que « Turbo », « Ram it down », ou plus près de nous « Angel of Retribution », le groupe emmené par Rob Halford a enfin retrouvé toute sa verve et une envie décuplée. Cela s’entend et c’est très bon signe pour la suite.

Pour moi qui les avait délaissé tant scéniquement que sur albums, « Firepower » est une excellente surprise, qui me réconcilie avec Judas Priest. Il ravira sans doute les fans du groupe.  Pour celles et ceux qui voudraient découvrir ce genre musical et ce groupe, « Firepower » est une excellente porte d’entrée.

Guillaume.