Archives d’Auteur: Guillaume

Du Boléro de Ravel à What now my love.


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Quand Maurice Ravel, grand compositeur de musique classique, a écrit son fameux « Boléro », il était évidemment très loin de se douter que plusieurs décennies après, sa musique servirait de base à Gilbert Bécaud pour écrire sa fameuse chanson « Et maintenant », qui sera elle même transformé pour le crooner américain Franck Sinatra (l’un des très nombreux interprète de ce tube mondial, vous verrez les autres dans la playlist en fin d’article), sous le titre « What now my love ».

Tout commence donc à l’automne 1928, lorsque Maurice Ravel, compositeur français de musique classique, se décide à écrire un boléro, qui est à l’origine une musique de ballet pour orchestre en Ut majeur. Cette musique possède un thème principal répétitif, entêtant, par celles et ceux qui l’écoutent, encore aujourd’hui. C’est aussi devenu un morceau de musique travaillé au collège pour les élève de 6ème et 5ème, j’en parle par expérience personnelle). Cette oeuvre sera créée le 22 novembre 1928 à l’Opéra Garnier, avec la danseuse russe, Ida Rubinstein. Ce morceau de musique deviendra par la suite un « classique », l’oeuvre étant jouée partout dans le monde, sous plein de formes différentes.

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En 1961, Gilbet Bécaud, suite au hasard d’une double rencontre dans un avion avec une jeune femme, Elga Andersen, partie se marier, et retrouvée le lendemain, effondrée de tristesse, qui lui confiera « Et maintenant qu’est-ce que je vais faire? », composera les premières mesures de ce qui deviendra la chanson « Et maintenant », sur la quelle une caisse claire sera jouée au rythme d’un boléro qui évoque fortement celui de Ravel. Le parolier Pierre Delanoë (auteur de plus de 5000 chansons pour des artistes tels que Michel Sardou, Edith Piaf, Juliette Gréco, Michel Fugain, Michel Polnareff, Gérard Lenorman, Joe Dassin, Hugues Aufray, et beaucoup d’autres…), se chargera de trouver les paroles de la chanson. Dès sa sortie, la chanson devient un tube en France. Des chanteurs français tels que Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Charles Aznavour en donneront des versions assez remarquables grâce à leurs qualités d’interprétations.

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A l’étranger, ce titre, dans un premier temps, va connaitre un triomphe aux Etats-Unis, par le biais d’une adaptation en anglais dont les paroles sont signées Carl Sigman, sous le titre « What now my love? ». Dès lors, des artistes aussi célèbres et chantant dans des registres aussi divers allant du rock à la soul-music, du jazz, mais aussi issus de la country-music (Elvis Presley, Ben E. King, Franck Sinatra, Sarah Vaughan, Willie Nelson… parmi beaucoup d’autres) vont donner un retentissement nouveau au titre issu de la collaboration Delanoë-Bécaud.

Aimant beaucoup le jazz, et surtout Franck Sinatra, j’ai un gros faible pour sa version magnifique de ce titre. La magie de ce chanteur était qu’il avait, outre un sens du rythme absolument impeccable, un timbre vocal qui lui permettait de s’aventurer dans tous les genres. Un acrobate vocal. Un chanteur inégalé. Mais d’autres, telles Sarah Vaugahn, Aretha Franklin, Dakota Stanton, Judy Garland, y appportent cet indéfinissable touche personnelle, ce style vocal personnel qui donne à leur version un charme sans pareil. Chez les hommes, que dire de Ben E. King, de l’inattendue version de Roy Orbison (l’auteur de « Pretty woman« , plus tard repris par le groupe Van Halen), sans parler évidemment de la superbe interprétation du King Elvis Presley, pourtant très malade au moment où il chante cette chanson.

Comme vous le constaterez en parcourant la playlist ci-dessous, le boléro de Ravel, a traversé le temps, les modes musicaux, et trouvé des interprètes aussi inattendus que majeurs pour perpétuer cette musique, qui dans un premier temps avait été adopté par Gilbert Bécaud, et devenir malgré lui un titre qui traverse le temps. L’expression « La musique est un art intemporel, universel », n’a jamais aussi trouvé sa justification.

Je vous laisse découvrir la playslist. Le bonheur est au bout de l’écoute.

Guillaume.

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Bauer / Personne, artistes singuliers.


Cette fois-ci, j’ai décidé, pour la première fois depuis très longtemps, d’évoquer deux artistes, chanteurs-guitaristes-auteurs-compositeurs, dans la même chronique. Deux artistes aux parcours un brin similaires, singuliers, en marge des grands noms de la chanson française, mais qui, petit à petit, patiemment, ont su se forger une place dans cet univers parfois sauvage et difficile. Je veux ici parler d’Axel Bauer et Paul Personne (à qui j’ai déjà consacré une chronique sur ce blog), à l’occasion de leurs respectifs nouveaux albums, « Peaux de serpent » et « Funambule (ou tentative de survie en milieu hostile »).

Par respect pour l’alphabet, je commencerai par évoquer « Peaux de serpent » d’Axel Bauer, sorti en 2013. Oui je sais cela va vous sembler étranger de ne le chroniquer que maintenant, mais voilà, je suis tombé dessus récemment (mieux vaut tard que jamais dit-on), et j’ai littéralement craqué! Ce qui me frappe d’entrée en écoutant ce nouvel album, c’est l’est la qualité d’écriture de Axel Bauer. Bien sûr je ne la découvre pas. Il n’est qu’à se souvenir de son premier album avec le tube « Cargo de Nuit », et ce superbe clip réalisé par le génial Jean-Baptiste Mondino, tout en ambiance noire et blanc. Puis bien entendu, ses albums « Nouveaux seigneurs » (1987), « Sentinelles » (1990), ou le très beau « Personne n’est parfait » (2000). En 2003, Zazie et lui avaient chanté en duo sur le joli titre « A ma place ». Un vrai succès, tant critique que public. »Bad Cowboy », qui est paru en 2006, m’avait par contre assez déçu. Je l’avais trouvé brouillon, avec des titres de qualités très inégales. Ce n’est donc pas le cas de « Peaux Sensibles ». D’entrée il nous saisit avec « Souviens-toi », magnifique et sur lequel il nous régale de sa voix timbrée tout en maîtrise. S’en suivent des tires qui sont comme des perles, je veux parler ici « Pense à nous » ou le très subtil « Elle est SM » (évocation de la relation sado-maso). Puis viennent « Les hommes à la mer » (la mer, les marins, ambiances balade bretonne) , sur lequel intervient Jean-Louis Aubert. « Aveugle », avec cette ambiance acoustique, ce rythme qui n’est pas sans rappeler certaines chansons de Bashung, Le reste de l’album, à savoir « Je fais de mon corps » (évocation du corps qui vieillit), « Lève-toi » (rythmique un brin hypnotique), « L’enfer » (l’amour mortel), « Orfèvre de l’inutile » (l’amour), sont de superbes compositions qui montrent que Axel Bauer est revenu en grande forme .Je vous le recommande. J’attends maintenant de voir cet album joué sur scène.

Pour ce qui concerne le nouvel opus de Paul Personne, « Funambule (ou tentative de survie en milieu hostile) », sorti en mai dernier, là aussi il s’agit d’un retour à signaler, car le bonhomme, toujours très discret sur ses projets collaboratifs ou personnels, a écrit un des meilleurs albums (à mon goût) qu’il ait produit depuis longtemps.

Si le talent guitaristique de Paul Personne n’est plus à démontrer, sa plume est toujours aussi acérée lorsqu’il s’agit de traiter de sujets tels que les médias (écoutez donc « Comédia« ) la solitude et le repli vers la nature avec « Chez moi« ), les dégâts faits par les décisions prises au niveau mondial (« Les dégâts »). Paul Personne se révèle ici être un citoyen très préoccupé (mais cela ne date pas d’hier en ce qui le concerne) par le devenir de notre planète. L’aspect très rock de ce disque renforce à mon sens le cri, la préoccupation de cet artiste, le regard qu’il jette sur la société qui l’entoure. Superbement entouré, Paul Personne nous régale de son talent, de ses soli dont il a le secret. La voix rauque de ce musicien colle toujours parfaitement aux mélodies qu’il concocte savamment, tel un orfèvre, loin de l’inutile (petit clin d’oeil à Axel Bauer). La tonalité générale n’est pas sans me rappeler « Rêve sidéral d’un naïf idéal » paru en 1994.

En somme, vous l’aurez compris, je recommande les 2 disques concoctés par ces artistes aussi discrets que talentueux. Je serai curieux de les voir réaliser un album ensemble, tant leurs univers, leurs voix, leurs talents de guitaristes et compositeurs pourraient si bien se marier. Paul Personne l’a déjà fait avec Hubert-Félic Thiéfaine, en 2007, avec le très beau »Amicalement blues ». En attendant, il sera possible de le voir sur la scène de l’Olympia en mars 2020. Moi j’y serai, et vous?

Guillaume.

Yngwie Malmsteen, l’archange du Hard néo-classique.


Parfois une discussion avec un ami sur des guitaristes que l’on a aimé dans notre adolescence nous rappelle à de bons souvenirs. C’est donc grâce à l’un de mes amis, Fred, à qui je dédicace cette chronique, que j’évoque aujourd’hui le prodige suédois Yngwie Malmsteen.

Né en 1970 dans une famille de musiciens, Lars Johan Yngve Lannerback, alias Yngwie Malmsteen, décide de devenir guitariste le jour du décès de Jimi Hendrix, le 18 septembre 1970. Il va découvrir la guitare à 7 ans, lorsque sa mère lui offre une guitare acoustique. 2 ans après, il s’offre une guitare électrique. Après avoir découvert Jimi Hendrix, il va aussi faire connaissance avec la musique du violoniste Nicolas Paganini. Un peu plus tard, il s’intéressera à Bach, Vivaldi. Il développe très vite une technique qui se veut proche du celle de Paganini. Dans les années 70, le guitariste Uli Jon Roth, qui fera partie un temps du groupe Scorpions (écoutez le live « Tokyo Tapes, de 1978, un bijou), avant de voler vers une carrière solo, sera sa référence absolu, tout comme Ritchie Blackmore, le sombre guitar-hero de Deep Purple.

Après avoir fondé différents groupes, dont le dernier, Rising Force, il est repéré au début des années 80 par le producteur Mike Varney (dans son « écurie » figurent des talents comme Jason Becker, Vinnie Moore ou Patrick Rondat, qui travaille pour le label Scharpnel Records . A sa demande, en 1984, Malmsteen s’envole pour les Etats-Unis. Sa carrière va alors décoller. la sortie de son premier album « Ingwie J. Malmsteen’s Rising Force » va constituer une vraie révolution dans la manière de jouer et la manière de combiner musique classique et hard-rock. Je l’avais d’ailleurs acheter, sur les conseils avisés d’un disquaire ( à une époque où ceux-ci existaient encore et où on pouvait trouver des 33 tours, mais là je m’adresse aux plus de 30 ans seulement 🙂 ). J’avais en effet pris une claque musicale et m’était pris de passion pour ce jeune prodige, dont j’allais acquérir les albums suivants. Malheureusement je ne l’ai jamais vu en concert.

Il a également joué les seconds, notamment au sein du groupe Alcatrazz, dont le chanteur n’était autre que Graham Bonnett (photo ci-dessus) qui officia au sein de Rainbow et MSG (Michael Schenker Group), dont la vedette était le virtuose Michael Schenker (frère de Rudolf, membre fondateur de Scorpions).

Mais loin de n’être qu’un monstre de technique, un virtuose de la six-cordes, Malmsteen va s’évertuer à jouer dans différents styles. Des morceaux néo-classiques bien sûr comme « Black star », mais aussi des ballades telles « Save our love », des morceaux très mélodiques comme « Heaven tonight », même du hard-blues avec « Bedroom eyes ».

Comme tous les génies, et à l’image de son idole Ritchie Blackmore, il change très souvent le casting des musiciens de son groupe, naturellement nommé « Yngwie Malmsteen ». Depuis ses débuts, le virtuose suédois a enregistré pas moins d’une vingtaine de disques, dont personnellement je ne retiendrais que la première période. Je l’ai un peu perdu de vue ces dernières années, car j’estime qu’il a une fâcheuse tendance à se répéter musicalement et parfois même à se parodier. D’où mon désintérêt, mais je reste évidemment convaincu qu’il est un, sinon le guitariste le plus doué de sa génération comme avant lui Eric Clapton, Jimmy Page, ou Edouard « Eddie » Van Halen, ou plus près de nous Joe Satriani, Steve Vaï.

A la fin des années 90’s, il décide de laisser de côté pour un temps ses amours pour le hard-rock et enregistre des compositions personnelles inspirées de Vivaldi avec l’orchestre philharmonique de Prague. Quelques années plus tard, en 2003, il rejoint le supergroupe constitué par Joe Satriani et Steve Vaï, G3, pour donner quelques concerts. En 2008, Suite au départ du chanteur Dougie White, remplacé par Tim Owens (ex Judas Priest). Leur collaboration débouchera entre autre sur l’album « Perpetual Flame », premier disque sorti sur le label… Rising Force, fondé par …. Yngwie Malmsteen évidemment ! Depuis, le guitariste se fait rare, outre des apparitions dans des shows télévisés (il a notamment participé en 2018 à la version américaine de « The Voice« , où il subjugue un jury en audition à l’aveugle).

Aux dernières nouvelles, Yngwie Malmsteen a sorti « Blue Lightning » en 2019, ce qui ravira les fans de la première heure, comme les plus récents. Alors, une prochaine tournée pour voir le génie en action? Probable… reste à surveiller les dates.

En attendant je vous laisse avec quelques morceaux de bravoures guitaristiques de ce seigneur de la six-cordes.

Guillaume.

Ronnie James Dio, chanteur diabolique.


Ronnie James Dio, de son vrai nom Ronald Padavona, est né en 1942, à Portsmouth, dans l’état du New-Hampshire, aux Etats-Unis. Il fut l’un des chanteurs majeurs du genre hard-rock dans les années 70’s-80’s, 90’s. Issu d’une famille où la tradition catholique est omniprésente. Poussé à des études de pharmacologie, il n’en délaissera pas pour autant sa passion pour la musique, le rock. Garçon curieux, il se tournera vers l’apprentissage de la trompette et du cor français. Mais son goût pour le rock va vite reprendre le dessus. Il fut successivement le leader vocal des groupes Elf, Rainbow (avec Ritchie Blackmore à la guitare), Black Sabbath et Dio. Sa qualité principale était sa voix puissante, qui lui permettait de tenir des notes assez longtemps comme de monter assez haut dans les notes. Sans oublier que c’était une bête de scène.

Sa carrière de musicien, il l’entame donc avec le groupe Elf, qui publiera un album éponyme en 1972. Repéré par le duo Roger Glover-Ian Paice, respectivement bassiste et batteur de Deep Purple, qui produiront l’album, Elf fera la première du groupe anglais lors de très nombreuses dates. L’occasion pour Ronnie James Dio de montrer tout son savoir-faire vocal. En 1973, le groupe sort un nouvel album, « Carolina County Ball ». Dans la foulée, il participe à l’album de Roger Glover « The Butterfly Ball and the Grasshopers Feast, sur lequel il chante le titre « Love is all« . Carton ! « Trying to burn the sun », sorti en 1975, sera le dernier album du groupe. Ritchie Blackmore, qui vient de laisser le Pourpre Profond continuer sa route, propose à Ronnie James Dio et ses musiciens de fonder un nouveau groupe. Ainsi est né Rainbow. Durant les trois années de la collaboration Dio-Blackmore, le groupe va connaitre un véritable succès, tant par les ventes d’albums que sur scène. Les disques « Ritchie Blackmore’ s Rainbow » (1975), « Rising » (1976), « Long live Rock’n’roll » (1978), que j’ai longuement fait tournés sur ma platine, époque adolescent blouson de cuir et cheveux longs (oui je sais Laurent et Carine, ça parait difficilement imaginable, mais pourtant c’était vrai!) témoignent de ce succès.

Le live double « On stage », sorti en 1977, restitue parfaitement l’univers musical du groupe et certains titres sont joués de façon magistrale : « Kill the King », « Catch the Rainbow », « Mistreated », « Sixteen Century Greensleeves », « Still I’m sad », sans oublier « Man on the silver mountain » ou « Starstruck ». Cet album a longtemps et très souvent tourné sur ma platine disque quand j’étais adolescent. Malheureusement, je n’ai pas vu ce groupe sur scène, à l’époque. Comme il est coutume de dire, c’est en raison de « divergences musicales » que Ronnie James Dio quitte Rainbox et Blackmore en 1978.

Viendra ensuite la période Black Sabbath, groupe au sein duquel, à la demande du guitariste Tommy Iommi, il succèdera au fantasque autant qu’excellent vocaliste Ozzy Osbourne. Suivront deux albums qui vont redonner de la vigueur à ce groupe alors en grande difficulté : « Heaven and Hell » (1980), « Mob Rules » (1981). Finalement, il claquera la porte du groupe en 1982. Prêt à se lancer dans une carrière solo. Les années 80’seront celles du succès pour lui. Il forme le groupe Dio, avec le batteur Vinie Appice, ex-Black Sabbath, le bassiste Jim Bain, et un jeune prodige de la guitare, Vivian Campbell, bientôt remplacé par Craig Goldy. Le groupe va enregistrer l’album « Holy Diver » en 1983. Gros succès international. Le groupe attire un public de plus en plus nombreux. S’en suivra « The Last in Line » en 1984. Je me souviens très bien de cette tournée car j’avais vu le groupe au Zénith de Paris. Salle comble, ambiance énorme. Concert exceptionnel et Dio au sommet de son art. Grand moment!

En 1987 parait « Dream Evil », que à titre personnel, je trouve moins abouti que ses prédécesseurs. Malgré l’énorme succès de ce dernier album, Dio se sépare de tous ses musiciens, et fait appel respectivement à Simon Wright (ex- ACDC) aux baguettes, Rowan Robertson à la guitare, Teddy Cook (basse) et Jens Johansson (claviers auprès du virtuose Yngwie Malsteem). Un sang neuf bienvenu.

Au tournant des années 90’s, alors que son groupe tourne bien, une rencontre fortuite avec Geezer Butler, bassiste du Sabbath Noir, va le faire changer de route. Il met donc entre parenthèses ses projets musicaux et rejoint la bande de Tommy Iommi, pour enregistrer un album assez moyen au final « dehumanizer », en 1992. La suite sera plus cahotique.

En 2002, il enregistre « Killing the Dragon », album qui connait pas un bon écho public, tout comme le suivant , sorti en 2004  » Master of the Moon ». Mais le chanteur a la bougeotte. En 2006, il retrouve à nouveau ses vieux complices de Black Sabbath. Enregistrement d’albums et tournées vont suivre, avec un succès jamais démenti. Rebaptisé « Heaven & Hell », le groupe publie des albums comme « Live from Radio City Hall » en 2007 et « Devil you know » en 2009. Malade, Ronnie James Dio doit cesser de chanter. Il décédera en mai 2010.

Ronnie James Dio, chanteur exceptionnel et personnalité forte, laisse une belle trace dans l’univers du hard-rock et du heavy metal des 30 dernières années. Je vous laisse découvrir ce chanteur à travers une sélection de chansons.

Guillaume.


Gregory Alan Isakov, la country-folk new look.


Il n’avait rien enregistré depuis »The weatherman » paru en 2014. Qui ça donc, vous demandez-vous sûrement? Je veux évoquer le chanteur-guitariste-auteur-compositeur Gregory Alan Isakov. Parcours atypique que le sien, puisque né en Afrique du Sud à Johannesburg, puis émigré très jeune aux Etats-Unis, précisément à Philadelphie (ville sujet d’une chanson de Bruce Springsteen et lieu principal d’un film avec Tom Hanks, Denzel Washington et Jason Robards, »Philadephia », sorti en 1993).

Issu de ce mélange de cultures, de sons, de musiques, Gregory Alan Isakov, va se tourner vers la folk, la country. Auteur-compositeur de ses textes et musiques, il va, en plus de chanter, jouer alternativement de la guitare et du banjo. Musicien prolixe, depuis 2003 et son premier disque « Rust colored stone », il a publié déjà 5 albums. « Evening machines« , sortie en 2018, est donc son septième opus.

A l’égal d’Emilie Marsh, dont je vous ai parlé dans une précédente chronique pour son album « J’embrasse le premier soir », j’ignorais également jusqu’à l’existence de Gregory Alan Isakov. Il n’est jamais trop tard pour apprendre dit-on. Voilà donc cette omission réparée. Malgré son patronyme a consonance russe, je l’ai indiqué plus haut, Isakov vient d’Afrique du Sud.

Très loin des conventions que requiert la musique folk-country (usage de guitare dobro, harmonica, un peu de violon et une voix traînante sinon nasillarde), dont les maîtres furent successivement Woody Guthrie, Willie Nelson, Kris Kristofferson, Emmy Lou Harris, sans oublier évidemment Bob Dylan, Isakov concocte une folk-music aux orchestrations léchées, voire sophistiquées, sans pour autant que cela trahisse la nature de ses textes. d’ailleurs, étonnement, le premier morceau, entamé par un duo piano-voix sur lequel vient vite se greffer le reste de l’orchestre, avec notamment un violon, nous laisse à penser que nous écoutons de la pop. Loin s’en faut.Le morceau est emprunt de nostalgie, à l’image de la photo de couverture, en noir et blanc.Une jolie entrée en matière. Dès « San Luis », on bascule vraiment dans la folk comme il semble aimer la construire. légère, souple, avec des instruments bien présents, ici une batterie à balais, une contrebasse et des choeurs.

Puis l’album défile, déroule tranquillement et Isakov propose toujours à nos oreilles, enfin les miennes en l’occurence, une folk inventive, où le banjo vient parfois se glisser comme sur « Bullet hole ». Gregory Alan Isakov possède une façon de chanter, presque narrative, qui n’est pas sans rappeler Roger Waters dans « The Wall », Bono dans « One », « America », « Where the streets have no name », ou bien encore Bruce Springsteen dans « Streets of Philadelphia », entre autres exemple. C’est un vrai bonheur pour moi de découvrir ce musicien.

« Was I just another one », « Caves », « Chemicals » s’enchainent par la suite sans que l’attention de l’auditeur ne retombe, même si le dernier nommé, une petite perle démarrée guitare-voix, ambiance début de journée, devant un café, mal réveillé, est d’une grâce à ravir. « Dark, Dark, Dark » nous ramène à un schéma plus traditionnel, avec l’appui de violon, de tambourin et de percussions.Sur ce morceau, Isakov nous gratifie de son talent au banjo.Tranquillement. Si j’aime un peu moins les deux titres qui suivent, « too far away » et « Where you gonna go », j’adore par contre « Wings in all black » qui clôt l’album. Une chanson qui pourrait se chanter au coin d’une cheminée ou sur une plage, devant un feu de camp.

Globalement, ce « Evening machines » est pour moi une belle réussite, que je vous invite à écouter, découvrir. Gregory Alan Isakov, un musicien sur lequel il faut s’attarder.

Guillaume.

Emilie Marsh, talent à suivre.


Parmi les nouveautés musicales de cette année, je suis tombé sur le nouvel album de la chanteuse-musicienne Emilie Marsh. Un choc. Je ne connaissais rien de l’univers musical ni de l’écriture de cette artiste qui a déjà un joli back-ground a son actif. En effet, une B.O. du film « Vies formidables », avec notamment le titre « Haut le coeur », 3 albums (dont »La rime orpheline ») précédents, dont deux 6 titres, des collaborations ici et là en tant qu’arrangeuse avec Emmanuelle Seigner notamment.

Cette rochelaise de naissance, multi-instrumentiste, amatrice de poésie, ce qui lui vaudra un prix lors du concours « Poésie en liberté ». Elle y fera ainsi la connaissance d’Etienne Champollion, musicien, arrangeur. La connivence musical va s’établir et Champollion va permettre à Emilie Marsh d’élargir sa palette musicale, sonore, les couleurs de ses chansons, grâce à l’apport de nouveaux instruments. Depuis une dizaine d’années, Emilie Marsh a enchaîné les premières parties d’artistes comme Michel Jonasz, Jil Caplan, Philippe Lafontaine.

Mais venons-en à l’objet de cette chronique, son nouvel album « J’embrasse le premier soir« . Elle y traite de différents sujets comme le désir charnel (« J’embrasse le premier soir »), la nostalgie (« Haut le coeur »), le couple, le désamour et l’envie d’aller voir ailleurs (« Où vas-tu la nuit »). Moi qui ne connaissait pas du tout cette artiste, j’ai été séduit par la qualité de son écriture, la musicalité et la diversité de ses orchestrations, entre ambiances mélancoliques, rock, pop (« Où vas-tu la nuit ? » fait furieusement penser à Indochine.). L’autre qualité d’Emilie Marsh réside dans sa voix, très expressive, et qui se balade avec une aisance déconcertante du grave à l’aigu. Parfois son phrasé fait penser à celui de Bernard Lavilliers (je sais ça peut paraître étonnant mais sur « Goodbye comédie », c’est assez notable) Nicolas Sirkis donc, et même Mylène Farmer, quand elle monte dans les aigus (écoutez « vents violents »). A noter sur ce disque le très beau duo avec Dani sur la chanson « Sur les ondes ».

Sur cet album qu’elle a quasiment écrit et composé seule, mis à part « Sur les ondes » dû à l’écriture de Pierre Grillet et « Vents violent » à Céline Ollivier, Emilie Marsh nous prend et nous emmène dans des univers très variés. C’est un vrai plaisir à l’écouter. Je vous laisse découvrir cette artiste, qui mérite qu’on s’y attarde.

Guillaume.

De Paris à Amsterdam avec Rémy Gauche.


Après deux ans passés à faire des allers-retours entre Paris et Amsterdam, le guitariste Rémy Gauche a décidé de composer un album racontant ses sensations ressenties à ces occasions. »Panamsterdam« , sorti en 2007, est son premier album. Vous retrouverez également la chronique de son plus récent « Obscurity to light » sur le blog.

Pour « Panamsterdam » donc, Rémy Gauche s’est entouré d’une belle brochette de talents, jugez vous-même : Benni von Gutzeit (violon), Shankar Kir Palani et Stéphane Kéréki (contrebasse), Jens Ellerhold et Anne Pacéo (batterie), Alice Zulkarnain (chant), Thomas Savy (clarinette basse).

« Panamsterdam » est un album sur lequel figure des titres de longue durée (le plus court fait 4’40, le plus long 11’40), ce qui permet à ses joyeux compagnons d’exprimer leur talent au service des nuances voulues. Aucune surenchère instrumentale individuelle. Le collectif prime. La musique est ainsi très bien servie. Dès « Chelsea bridge », dont le nom résonne du quartier huppé de Londres, Rémy Gauche offre à l’auditeur une ambiance douce, posée, idéale pour une déambulation dans les rues d’Amsterdam (chère à Jacques Brel bien sûr), comme de Paris. Après ce début en douceur, changement d’ambiance avec « Des abîmes aux cîmes », morceau le plus long du disque (11’40). Il démarre par des notes de clarinette basse installant un climat inquiétant. Puis, lentement le morceau s’installe, disparaît la notion de durée, pour laisser la place à une remontée vers la surface, comme une remise en place progressive de la capacité thoracique. S’annonce alors une marche vers les cîmes d’une montagne que l’on s’imagine escalader. Son successeur « Rémy’s tune »me fait véritablement penser , par le jeu de guitare ici produit, le son du morceau, au grand guitariste Pat Metheny, tout en fluidité, finesse. Personnellement, c’est l’un de mes morceaux préférés. Rémy Gauche rend également hommage à une autre grande figure du jazz, français en l’occurence, le violoniste Didier Lockwood. Le jeu de Benni Von Gutzeit sonne comme un rappel à cet immense musicien. L’ambiance est colorée, virevoltante. « African Mood »s’en trouve être un morceau très agréable à écouter.

Si donc Rémy Gauche rend hommage à de grands jazzmen sur ce disque, il sait aussi surprendre l’auditeur et nous demande de respirer « Take a breath »… il a raison, car ce titre est très rapide, sans.. respiration. Une vraie chevauchée musicale. Annoncée dans le casting du groupe, je me languissais d’entendre le son de voix de Alice Zulkarain. Ce fut donc le cas sur « Despite all ». Un joli timbre, souple, efficace. Ensuite ce fut tout ou rien… non « All or nothing »… un morceau qui m’a laissé sur ma faim musicalement, ne réussissant jamais à rentrer dedans.

Enfin, pour clore ce premier album, Rémy Gauche et son talentueux groupe nous jouent « The straw that breaks the camel’s beck ». Belle composition tout en nuances, marquée par des soli dûs à Stéphane Kéréki, Rémy Gauche, Anne Pacéo et Thomas Savy. Un feu d’artifice terminal.

Au final, « Panamsterdam » est un bel album, une jolie promenade musicale dans laquelle chacun(e) pourra y trouver sa pépite personnelle.

Guillaume.

Bashung l’immortel.


2009-2019. Voilà donc déjà 10 ans que la voix de Alain Bashung s’est tû. L’occasion de revenir sur la carrière d’un musicien doué, d’un chanteur-interprète, mais également compositeur (notamment pour Dick Rivers, avec qui il travaillera sur 3 albums entre 1972 et 1974).

Bien que né à Paris, c’est en terre alsacienne au sortir de la seconde guerre mondiale, que le jeune Bashung va grandir. Il va très rapidement découvrir la musique classique, à travers Richard Strauss, Richard Wagner ou encore Kurt Weill, mais également le rock’n’roll, via les radios des bases américaines situées en Allemagne, qui diffusent régulièrement Buddy Holly, Gene Vincent, ou encore le King Elvis Presley.

Plus tard, le BTS de comptabilité en poche, il va se diriger vers la musique et fonder un groupe, les « Dunces » (les cancres), au répertoire oscillant entre rockabilly et musique folk. Puis viendra le temps de deux rencontres déterminantes, celles du réalisateur Andy Scott, et du parolier Boris Bergman, en 1977. l’album « roman-photos » qui en résulte s’avère un échec commercial en pleine vague punk. Mais la roue va vite tourner. 1979 est l’année de « Roulette russe », qui malgré un échec lors de sa sortie, va connaître un second souffle grâce à l’apport l’année suivante du titre « Gaby oh Gaby », sorti en 45 tours (je sais que ça ne parle pas du tout au moins de 30 ans, mais oui, cela a bel et bien existé). Ca y est, la voie est tracée. Bashung va enfin pouvoir laisser son empreinte durablement dans le monde de la française. Véritable orfèvre de la chanson ciselée, mélodiste éprouvée, voix au timbre ultra-reconnaissable, le chanteur va alors écrire des chansons qui vont laisser leur empreinte : « Vertige de l’amour » (album « Pizza, 1981), puis « J’écume », « les grands voyageurs », le fameux « Osez Joséphine » et la reprise tout en subtilité de « Night in white satin », tous ces titres au menu de l’album « Osez Joséphine ». Sur « Chatterton »(sur lequel on retrouve Stéphane Belmondo, Marc Ribot ou encore Sonny Landreth), qui date 1994, on peut se régaler à écouter « ma petite entreprise », « J’passe pour une caravane » « A Ostende ». Au répertoire de ce chanteur figurent aussi des morceaux tels « l’irréel », « Cantiques des cantiques (enregistré avec sa femme chanteuse Chloé Mons, que nous avions reçu en 2006 dans le cadre du festival des Aventuriers, accompagnée par le guitariste Yann Péchin).

Les dernières années sont notamment l’occasion pour lui de composer « La Ballade de Calamity Jane » avec sa femme Chloé Mons et  Rodolphe Burger en 2006, enfin le sublime « Bleu Pétrole » (2008).

Parti bien trop tôt à 61 ans, Alain Bashung nous laisse une œuvre riche, variée. La subtilité de ses textes (qui mériteraient parfois d’être étudiés en classe) et musiques, sans parler de cette voix légèrement nasale, font de cet artiste un personnage majeur de la chanson française. Immortel. A jamais.

Je vous laisse avec un petit florilège de chansons, à savourer-écouter sans aucune modération.

Guillaume.

Who Else? Bjorn Berge of course!


Il est de retour après 5 ans d’absence discographique. Qui donc? Bjorn Berge, dont je vous avais précédemment parlé à l’occasion de son album « Mad fingers ball » qui date de 2013. Le guitariste-chanteur norvégien, toujours aussi déterminé dans sa démarche musicale, nous revient en grande forme avec « Who else? », sorti voilà quelques mois déjà. Au menu de ce nouvel opus, un savoureux mélange de blues, de blues rock, voire carrément de boogie-rock, le tout servi par Berge et sa bande, à savoir Odin Staveland (morceaux 3,4,5, 9), Kim Christer (morceaux 1,2,6,7) et Vidar Stoyva (morceau 8) qui se partagent les baguettes, le bassiste Kjetil Ulland, et la choriste Dagny Christensen. L’odeur de la sueur, de la poussière sont bien présentes. Berge nous régale avec sa voix grave, profonde, qui n’est pas sans rappeler celle de Tony Joe White, apôtre du swamp-rock, ce blues-rock venu des bayous, du fin fond de la Louisiane.

D’entrée de jeu, avec le puissant « Monkey ship », Berge nous prévient. Il n’est pas revenu pour plaisanter. Le morceau a la rythmique échevelée. Suivent 3 titres qui s’enfilent comme des perles,  » Lost pearl », « Mr. Bones » et « It just ain’t so ».. du bon vieux blues, tout droit issu du sud des Etats-Unis. Plus les morceaux défilent et plus Berge me convainc de sa qualité de song-writer, de chanteur, sans omettre ses purs talents guitaristiques.

Vraiment, ce « Who else? » est un pur plaisir d’écoute, qui n’est pas sans rappeler parfois le trio texan ZZ TOP, période « La Grange », « Tres hombres », « Fandango », notamment, et même un peu « Eliminator ». Le morceau « Bitter sweet » est un régal, véritable petite ballade, genre de musique qu’on s’imagine aisément écouter en conduisant une vieille Buick décapotable sur la mythique route 66.. le pied, en somme!

Avec « Speed of light, finie la récréation, la pause tendresse. Les choses sérieuses reprennent. C’est un titre très rock. Suit « the Calling », petite perle bluesy comme je les aime auquel succède le « Ginger Brandy Wine », aux accents « ZZ TOP ». Ca déménage, c’est efficace, et le talent vocal de Bjorn Berge surfe avec aisance tout au long du morceau. Pour clore ce « Who Else? », Berge et son groupe finissent avec « The sun’s going down », un blues-rock de toute beauté.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce nouvel album de Bjorn Berge.Je suis certain qu’il ravira les amateurs/ trices de blues, blues-rock. Pour les autres, la belle découverte est à portée d’oreille.

Guillaume.

Il était une fois… 1982!


L’année de mes 15 ans! il s’en est passé des choses marquantes! A titre personnel, j’ai vécu mon premier concert de hard-rock au Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne, après une attente sous un soleil de plomb. A l’affiche, un groupe de la NWOBHM (nouvelle vague du Hard-rock britannique, j’y reviendrai dans une prochaine série d’articles, patience!), à savoir Iron Maiden (« La Vierge de Fer »), à l’occasion de la sortie de l’album « Number of the Beast« , avec leur nouveau chanteur Bruce Dickinson, et en première partie, le groupe américain Blackfoot, mélange de rock et de blues sudiste, mené par le chanteur-guitariste Rickie Medlock. Année de coupe du monde de football qui se déroulait en Espagne, j’ai assisté dans un bar près de Millau, à la sublime autant que dramatique demie-finale entre la France et la RFA.

Après ce petit préambule personnel, 1982 fut aussi le théâtre d’évenements très importants tant en France qu’ailleurs dans le monde. En France tout d’abord, l’ISF est créé (impôt sur la fortune, qui sera transformé en impôt de solidarité sur la fortune en 1989, par Michel Rocard). Puis la 5ème semaine de congés payés, la loi sur la décentralisation, le vote d’un nouveau statut pour la Corse, le vote d’une ordonnance pour la retraite à 60 ans et le travail à temps partiel. Ensuite, dans le domaine de la société, les lois anti-homosexuels sont abrogées, et la majorité sexuelle est portée à 15 ans pour tous. Dans le domaine audio-visuel et culturel, l’émission « les enfants du rock » de Philippe Manoeuvre (Rock&Folk) et Antoine de Caunes, verra le jour, de même que « la dernière séance » animée et présentée par Eddy Mitchell (oui Laurent j’ai réussi à le placer !!).

La première édition de la fête de la musique aura lieu le 21 juin.
Ailleurs dans le monde, entre le 2 avril et le 14 juin, aura lieu guerre dite des « Malouines » entre l’Argentine et l’Angleterre.

En sport, le pilote suédois Keke Rosberg devient champion du monde de Formule 1, Bernard Hinault réalise le doublé Giro-Tour de France, Jimmy Connors, tennisman gaucher américain (que j’adorais voir jouer), remporte le tournoi de Wimbledon.
L’équipe de France perd en finale de la coupe Davis face aux Etats-Unis d’Amérique.
En musique, l’album « Thriller » de Michael Jackson sort au mois de décembre et va connaitre un succès sans précédent, devant le disque plus vendu au monde (25 millions d’exemplaires).
Côté cinéma, l’année 1982 a été riche en bons films, tant français qu’étrangers : « les fantômes du chapelier » de Claude Chabrol, « Garde à vue « de Claude Miller, avec Lino Ventura, Michel Serrault, Romy Schneider , mais aussi la « La balance » de Bob Swaim, avec Richard Berry et Nathalie Baye, « Tootsie » de Sydney Pollack, avec Dustin Hoffman, Jessica Lange, « E.T » de Steven Spielberg », mais aussi « Missing » de Costa-Gavras, ou « Yul » de Yilmaz Guney.
 Parmi les personnalités qui disparaissent cette année-là, on peut noter Romy Schneider, Patrick Dewaere, Curd   Jurgens, Ingrid Bergman, Grace Kelly, Jacques Tati, Maurice Biraud (cinéma), Louis Aragon, Philip K.Dick (littérature), Pierre Mendès-France (homme politique), Sonny Stitt (musicien de jazz).

Place à l’histoire inventée.

  Le nord de la France. Lille. Les années 80. Francis et Gérald, père et fils. Le père, écrivain public, le fils, en fin d’adolescence, dans un service culturel, entre musique et littérature. Francis écoutait Nougaro, Ferré, Brel, Ataualpa Yupanqui et j’en oublie. Gérald, lui, est plutôt branché chanson française option Eddy Mitchell, Véronique Sanson, mais aussi découvre le rock et le hard-rock, aux sons de Led Zeppelin, Deep Purple, Iron Maiden, Van Halen. L’amour du jazz viendra plus tard.

Dans cet univers de corons, entre maison de briquettes rouges écartées par des ruelles étroites, Gérald se fait des amis. Une grande bande se forme alors, révélant des caractères et personnalités diverses. Certains ont une âme d’aventuriers, l’un d’eux, fan de la blonde chanteuse Kim Wilde clamant sans cesse son rêve d’aller un jour voir le Cambodge. D’autres, amateurs de poésie, les mots permettant d’échapper à la grisaille du quotidien. D’autres encore, amateurs de boxe, ne rêvent que de gros combats et d’histoire à la « Rocky », en écoutant « Eye of the Tiger ». Une manière de vivre ou survivre pour tous.

De cette grande bande adolescente rêveuse à des lendemains meilleurs, à des futurs dorés, les filles ne sont pas en reste. Rosanna, Mathilde et Sarah, 3 amies, issues de la même école de quartier, ont davantage que juste une illusion pour leurs futurs respectifs. des certitudes. Rosanna se voit musicienne plus tard. Mathilde rêve de fouler les planches au théâtre, Sarah s’imagine à la tête d’un restaurant. 3 destinées diverses. Au fil des années qui passent, leur amitié se renforce jusqu’à devenir indéfectible. Aucune d’entre elle ne gardera le contact avec Gérald.

Francis et Gérald, se retrouvent pour partager des moments de sports télévisés tels le Tour de France, le tennis ou l’athlétisme. Francis, malgré la distance kilométrique, amènera d’ailleurs son fils alors tout jeune, voir chanter Paco Ibanez à Paris, dans les anciens abattoirs de la Villette. Plus tard, en 1984 ou 1985, père et fils iront au fameux meeting de Saint-Denis, où un jeune perchiste soviétique, Sergueï Bubka, va faire sensation, en titillant déjà les perchistes français, sur le toit du monde à cette époque, à savoir Thierry Vigneron, Philippe Houvion. Un moment magique pour Gérald. Un beau moment de connivence partagé entre père et fils.

En grandissant, Gérald n’a qu’une seule obsession. Sortir de ce décor quotidien tristounet. Il le sait, le sent, son avenir est ailleurs, loin. Avec ou sans ses ami.e.s du nord. Chacun sa route, chacun son chemin.
Son travail dans une structure culturelle locale, qui lui plaît totalement, il l’envisage davantage à Paris, ville de lumière (s), foisonnante culturellement. Passionné de musiques (jazz, rock, chanson française), Gérald a aussi développé une passion pour le cinéma grâce à des films vus très tôt comme « il était une fois dans l’Ouest », « Duel », l’univers de Chaplin ou les comédies italiennes avec Marcelo Mastroianni, Vittorio Gassman. Il est sûr que c’est à Paris qu’il pourra assouvir ses deux passions et un travail qui les relie.

Face à cette décision, Francis, se rappelle alors celle qu’il avait pris, au même âge, pour quitter ses études et se lancer notamment dans le théâtre, au désespoir de son paternel. Il lui lance simplement « comme toi », pour valider sa décision. L’adolescent va quitter le nid.

Un peu aventurier dans l’âme, Gérald, part donc à Paris, ville où, plus qu’ailleurs, chacun fait, fait, fait ce qui lui plait, par le premier train venu. Quelques sous en poche, un sac à dos rempli du strict nécessaire, pour commencer. Le grand voyage vers l’inconnu peut démarrer. Très vite Gérald, par l’entremise d’un ami d’enfance, retrouvé par hasard dans un café place de la contrescarpe, il déniche une chambre de bonne, en attendant mieux, pour se loger. Rassuré d’avoir un toit, il se lance dans la recherche d’un boulot.

Les annonces ne sont pas légion. Celles qui lui conviendraient encore moins. Après quelques semaines, il finit par dégoter un poste dans une bibliothèque (on ne disait pas encore médiathèque à cette époque pourtant pas si ancestrale 🙂 ). Ce sera documentaliste, à la bibliothèque André Malraux (« entre ici Jean Moulin.. « ). Il faut un début à tout. L’équipe qui l’accueille est très sympa. Loin des clichés liés au métier. Dynamique, rieuse, avec des projets en tous genres menés grâce aux moyens de l’époque.

Gérald se sait chanceux. Un jour, une lectrice franchit les portes de la structure. Regards croisés, coup de foudre immédiat. Elle se prénomme Julie. Brune d’allure élégante, yeux d’un bleu électrique, accent anglais, londonien. Famille d’intellectuels. Les sujets de conversations ne manquent pas, dans un franglais parfait qui amuse les deux tourtereaux.
Dès lors, après ses journées de travail, Julie et Gérald sillonnent Paris, Paname pour les amateurs d’argot, des rues du 6ème au Sacré Coeur qui domine Paris, de la Madeleine au jardin des plantes, du parc de Luxembourg à Châtelet, ils enchaînent les promenades, voyant parfois des Corvette Rouge passer. Gérald, éperdument amoureux, dit régulièrement à Julie « I can’t take my eyes of you ». Il lui fredonne aussi « Femmes je vous aime ». Elle est sous le charme. Julie, amatrice de rock, aime à entendre « Rock the Casbah », « The number of the beast », ou encore « Thriller ». Eclectique est son univers. Gérald se dit que Julie est la femme de sa vie. Un soir, alors que la journée a été pluvieuse, suivie d’une belle éclaircie, les deux amants se promènent sur les quais de Seine, à hauteur de la Conciergerie. L’endroit est beau, le jour décline joliment, le ciel enveloppe les derniers rayons de soleil. Attablés en terrasse, dégustant une belle salade, accompagnée d’une bière, ils sont surpris par un orage violent. Julie, loin de se démonter, entonne « It’s raining again ». Une façon comme une autre de passer ce moment délicat, Gérald est tout heureux d’entendre « sa » Julie chanter.

Un jour, Julie annonce à Gérald qu’elle doit retourner en Angleterre. Sans donner aucune explication. Depuis quelques temps déjà, elle se montrait un peu distante face à Gérald. Moins câline, plus sèche dans sa manière de s’exprimer. Gérald ne comprend pas ce brutal changement d’attitude de sa bien-aimée. Désemparé devant cette ultimatum aussi soudain qu’inattendu, il crie « Don’t go, please don’t go », « Do you really wnat to hurt me? »… « Do you really want to make to make me cry? »… Bien que voyant la tristesse de Gérald, Julie ne revient pas sur sa décision, irrévocable. Gérald n’a plus que ses yeux pour pleurer cet amour qui s’en va, cette histoire qui se termine. Décidé à ne pas se laisser abattre pas ce coup du sort, il se replonge dans le boulot. La mise en place d’actions culturelles de qualités lui fait du bien au moral. L’enthousiasme de l’équipe finit de le remotiver.

Il n’entendra plus jamais parler de « sa » Julie.

Gérald, qui reste optimiste face à la vie, se dit alors :  » Vivement 1983! ».

Guillaume.

Havin Fun with Tower of Power? Yes we can !


Bon, ça y est! finis les bains de mer, les ballades en montagne, les tongues aux pieds et les maillots de bains qui sèchent sur la terrasse de la location, les apéros enterrasse ou bord de mer… Oui tout ça c’est bel et bien ter-mi-né!!! C’est l’heure de le rentrée, scolaire pour les uns, professionnelle pour les autres. Et épistolaire en ce qui me concerne ! Pour accompagner ce nouveau départ (désormais sans mon compère Laurent, dont vous pouvez néanmoins suivre les aventures sur radiolowlow.video.blog) je vous propose une chronique sur un groupe phare de la funk et de la soul-music des années 70-80, au même titre que Funkadelic, George Clinton, James Brown et quelques autres, à savoir Tower of Power.

Encore aujourd’hui il continue son bonhomme de chemin. Le label Soul Music Records a la très bonne idée de ressortir une anthologie de titres publiés chez Columbia et sur le label Epic, entre 1976 et 1997, sous le titre « You ought to be havin’ fun », cher au groupe qui sortit ce morceau en 1977.

Des années 70’s, période de formation du groupe, à 2009, Tower of Power a publié pas moins de 17 albums studios (notons le premier « East Bay Grease » (1970) puis dans la foulée « Bump city » (1972), « Tower of Power » (1973, disque d’or), « Back to Oakland » (1974) et « urban renewal » (1975) ainsi que 4 albums live (« Live and living color », 1976 ; « Direct », 1988 ; « Direct plus », 1997 ; « Soul vaccination live », 1999). Bref les gars n’ont pas lésiné.

Sur le double cd qui nous occupe, nous sommes veinards car les deux périodes (Columbia et Epic), sont très bien représentées. Le premier est donc consacré aux années « Columbia ». Et le moins que je puisse dire c’est que cette période recèle de nombreuses pépites musicales avec bien sûr « Ain’t nothin’ stoppin’ us now » dans lequel ils annoncent que rien ne les arrête (ils nous en apporte la preuve par la suite), qui ouvre le bal, mais aussi l’invitation au positivisme et à la fête avec « You ought to be havin’ fun », « Am I a fool », le très beau et sentimental « By your side », ou encore « Just make a move and be yourself ». Oui cette première face dirais-je si c’était un double-album vinyle (cette remarque vaut pour les plus de 30 ans…), est un régal musical, une enfilade de perles, de moments jouissifs au cours des lesquels autant la section cuivre que la partie rythmique s’en donnent à coeur joie. Cela me fait regretter de ne pas les avoir vu sur scène. Ce groupe de dix musiciens produit une musique festive, plaisante, ultra dansante, mais aussi parfois très expressive quant aux sentiments de tristesse ou nostalgie.

Sur la deuxième face de ce double-album, l’orgie musicale continue. Pour mon plus grand plaisir (et le vôtre quand vous écouterez ce double-album). Il s’agit donc ici des titres enregistrées lorsque le groupe était sous contrat avec le label Epic, en 1993, au moment de leur album T.O.P. A cette période, la section cuivre du groupe subissait bien des modifications mais cela n’altérait pas sa qualité. Pour preuve, elle était demandée par des artistes tels que Rufus et Chaka Khan ou Elton John.

Dès l’entame de cette seconde partie, T.O.P. nous met dans l’ambiance avec « Soul with a capital S ». Les gars ne plaisantent pas du tout. Pour eux, et ils ont raison, la soul est une musique majeur du 20ème siècle. Au vu de ses nombreuses et nombreux contributeurs/ trices, c’est devenu une évidence. Pour n’en citer que quelques-un.e.s. je vous donnerai : Ray Charles, James Brown, Tina Turner, Otis Redding, Marvin Gaye, Martha and the Vandellas, Prince, Teddy Pendergrass, Whitney Houston, Beyoncé, Aretha Franklin, Luther Vandros (tu vois Laurent je n’oublie personne 🙂 ) et je pourrai en citer encore beaucoup d’autres.

Oui donc, sur le second volet de cette compilation, il est possible de trouver des pépites comme « Please come back », « You », « Who do you think you are », le brownien (même la section cuivre joue « à la manière de » du duo Fred Wesley-Maceo Parker) « Diggin » with James Brown« .

Allez, bonne rentrée à toutes et tous, et que cette nouvelle année vous soit pleine de belles surprises musicales. Un petit salut amical à Laurent, parti vers d’autres aventures.

Guillaume.

Les Confesseurs du Blues !


Afin de clore ma série sur le blues, il me semblait évident de rendre hommage à plusieurs des figures marquantes de cette musique, puisqu’ayant déjà évoqué Robert Johnson, Charley Patton, BB King, dans des articles précédents. Ici je vais donc vous parler de Muddy Waters (littéralement « eaux boueuses »), John Lee Hooker, Little Walter et Howlin’Wolf (« loup hurlant », en référence à sa voix). Je l’ai dit précédemment dans des articles sur Eric Clapton, John Mayall, les pionniers du blues ne seront connus du grand public européen que grâce au British blues boom, mais aussi au Rolling Stones, qui ont allègrement « pioché » dans le répertoire blues pour se faire connaître et établir leur réputation. En France, cette musique ne percera jamais vraiment jusque dans les annees 80 auprès du grand public, bien que les musiciens du genre soient nombreux.

Mais revenons aux pionniers. Mckinley Morganfield « Muddy Waters » (1913-1983) né dans le Mississippi, est un homme de stature haute au visage jovial. Apres avoir utilisé la guitare acoustique à ses débuts, une fois débarqué à Chicago, il se tournera pratiquement uniquement vers la guitare électrique pour évoquer ses blues, avec une voix très expressive. Il se servira également de l’harmonica.

Après des débuts sur le label Chess Records, il va rencontrer des musiciens comme Howlin’ Wolf ou Chuck Berry, les accueillant même chez lui pour des jam sessions. Il hébergera le pianiste Otis Spann. Les Rolling Stones doivent leur nom à une chanson de Waters intitulée « Rollin Stone ». Muddy Waters aura une influence sur le blues, mais aussi me rythm and blues, la country.

John Lee Hooker (1917-2001), également natif du Mississippi, à Clarksdale, est physiquement l’inverse de son collègue. Petit, frêle, un visage marqué, et un particularité : il joue un blues très brut, quasi rural. Son chant parfois plaintif est très prenant. Pour jouer ce blues très primitif, Hooker privilégie la guitare sèche, acoustique. L’ayant vu sur scène à Bercy dans les années 80, j’avais pu admirer le talent immense de ce little big man du blues Assis sur une chaise les 3/4 du temps, son art consommé de la scène lui avait permis de livrer une performance de haute volée devant un public aussi ébahi que conquis. Un super souvenir pour moi. Hooker a eu une influence sur les bluesmen britanniques, sur le blues-rock.

Marion Walter Jacobs, connu sous le nom de Little Walter (1930-1968), originaire de Louisiane, est comme les 2 premiers nommés, comme étant chanteur-guitariste et harmoniciste. Connu pour son caractère acariâtre, le louisianais s’est vite fait une grosse réputation de musicien talentueux, surtout avec son harmonica, dont l’utilisation moderne avec le micro comme caisse de résonnance, a révolutionné l’approche de cet instrument, ceci afin de se faire entendre à égalité des guitaristes. Il a joué et perfectionné son art auprès de talents tels que Sunnyland Slim, Sonny Boy Williamson II. Il est l’auteur du premier tube instrumental à l’harmononica, « Juke » en 1952. Il décèdera en 1968, suite à des coups reçus au cours d’une tixe dans un club de Chicago.

Chester Arthur Burnett alias Howlin’Wolf (1910-1976) est également un enfant du Mississippi. Sa haute stature (1,92m pour 124 kg!) lui a longtemps valu des moqueries. Le bonhomme à connu un.parvours cahotique : chassé de chez lui pour refus de participer aux travaux domestiques, recueilli et battu par son oncle, il fuit retrouver son paternel dans une plantation de coton. A l’approche de ses 18 ans, il fait connaissance avec Charley Patton, qui lui apprend la guitare. Arrivent les années 30, pendant lesquelles il apprendra l’harmonica auprès de Sonny Boy Williamson et tournera avec Robert Johnson, Son House. Plus tard, en 1951, il rencontrera Ike Turner qui lui présentera Sam Phillips de Sun Records. Par la suite il enregistrera pour Chess Records avec Willie Dixon, arrangeur du label, qui deviendra son contrebassiste atitré. James Cotton et Hubert Sumlin’ seront les 2 autres même du groupe de Howlin’ Wolf. Dans les années 60, l’album « London Session » permettra à Wolf de rencontrer quelques-un des musiciens anglais qui lui doivent beaucoup, comme Steve Winwood, Eric Clapton, Bill Wyman, ou Charlie Watts. Il reste encore aujourd’hui une influence majeure pour la jeune génération.

Ces quatre musiciens, véritables figures légendaires du blues, ont légué un patrimoine musical riche dans lequel il est bon de se replonger.

Guillaume.

Rory Gallagher, le discret irlandais.


A l’instar de son compatriote Gary Moore, Rory Gallagher était un brillant instrumentiste, guitariste. Il était également chanteur, producteur. Son registre musical tournait quasi uniquement autour du blues-rock, du blues. Il découvre le jazz, grâce aux émissions de la radio US Navy basée non loin de Cork, ville dont est originaire sa maman. Brillant, précoce, il apprend la guitare à 8 ans, donne ses premiers concerts à seulement 10, remporte un prix à 12 ans. Sa voie est tracée Il veut devenir musicien professionnel. Il est aussi joueur de mandoline, harmonica, saxophone. Bref un touche à tout doué.

A quinze ans, son rêve se réalise en intégrant le groupe Fontana. Après seulement 2 albums au sein de la formation, il le quitte en 1966, pour fonder le groupe Taste (« goût », en anglais). Devenu le groupe de rock référence de la ville de Cork, avant d’aller s’installer à Belfast, ville où le groupe assurera les premières parties de John Mayall, Jethro Tull, Fleetwood Mac avec son leader Peter Green, ou encore Cream, si cher à Eric Clapton.

A une époque où enregistrer des albums se faisait très rapidement, Taste va publier des albums dans un temps trsè courts, tant studios, que live. En effet, « Taste first »sorti en 1967, sera suivi de autres galettes musicales « Taste » puis « On the Boards ».2 albums live seront aussi publiés pour garder trace du talent de Rory Gallagher. Il s’agit de « Live at the Isle of Wight », enregistrement témoin du passage du groupe au festival du même nom, en 1970, mais hélas publié bien plus tard, et enfin le « Live at Montreux », enregistré dans le cadre du déjà prestigieux festival de jazz.

En 1971, il abandonne le projet, et se consacre à sa carrière solo, qui démarre avec un album éponyme « Rory Gallagher ». Au cours des années 70, ce talentueux musicien va voir sa popularité s’accroître avec la publication de 3 albums que sont « Deuce », « Blueprint », « Tattoo », les deux derniers sortant la même année, en 1973. Il livrera 2 albums live qui sont devenus des références dans sa carrière : « live in Europe », en 1972 et « Iris tour » sorti en 1974.

Les années 80 ne seront guère plus prolixe. « Jinx » en 1982, « Defender » en 1987. « Fresh evidence » en 1990.

Le guitariste irlandais, souffrant d’aviophobie (peur de l’avion), tourne de moins en moins et cède par ailleurs  au démon de l’alcool, liée aussi à une prise de médicaments trop importante comme des somnifères. Sa surconsommation lui vaudra des ennuis de santé, un foie très abîmé,qui nécessitera une greffe en urgence. Son corps ne la supportera pas. Il décèdera à 47 ans.

Rory Gallagher était un guitariste très talentueux qui n’a pas forcément eu la reconnaissance méritée. La postérité s’en charge désormais.

Je vous laisse (re) découvrir son talent.

Guillaume.

Dr. John, l’âme soul.


Malcom John Rebennack, alias « Dr. John« , originaire de la Nouvelle-Orléans, est parti sans prévenir au début du mois de juin.

Son allure toujours excentrique, avec des costumes incroyables, parfois surmontés de plumes, sa voix traînante, nasillarde à souhait, le rendait très identifiable et en faisait un personnage à part dans l’univers du jazz, de la soul-music.

Ce pianiste, également chanteur et guitariste, a démarré sa carrière en 1959 avec le double 45 tours Storm Warning / Foolish Little Girl. Il était aussi à l’aise dans les domaines du blues, du rock, du rythm and blues, mais aussi de la musique zydeco. « Mélangeur »de sons très doué, son talent, sa capacité a tout jouer ou presque, lui ont valu de côtoyer la fine fleur des musiciens jazz et rock, des années 70 à aujourd’hui. Il a en effet joué aux côtés de Etta James, B.B. King, Johnny Winter, Eric Clapton… parmi beaucoup d’autres. C’est dire l’éclectisme du bonhomme!

A l’image d’un Elton John (bonne nouvelle pour les amateurs-trices fans de Sir Elton, il viendra nous rendre visite en octobre … 2020, patience!!!), il cultivait une image de musicien excentrique, jovial, fêtard. Le gaillard, prolifique compositeur a écrit une trentaine d’albums !

Son dernier album paru en 2014 (« Ska-Dat-De-Dat » : The spirit of Satch »), est l’ultime preuve de son talent, qui était immense.

Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille de filer découvrir cet artiste particulier, ce compositeur si spécial, dont vous pouvez voir une participation dans le film réalisé par Clint Eastwood, « Piano blues » (2003), qui fait partie de la série produite par Martin Scorsese sur les différents aspects, musiciens, origines du blues. A voir absolument pour les amateurs du genre!!!

Je vous laisse en compagnie Mister Dr. John. Savourez… sans modération !

Guillaume.