Archives d’Auteur: Guillaume

Agathe Da Rama s’aventure dans nos murs le 15 décembre.


Le samedi 15 décembre prochain, à 15H30, le quatuor Agathe da Rama, viendra poser ses voix et instruments au sein de la médiathèque Louis Aragon de Fontenay, pour un concert qui marque donc la reprise du partenariat entre le service culturel et la médiathèque dans le cadre du Festival des Aventuriers, à l’occasion de sa 14ème édition. Le groupe fera pour l’occasion l’une ses premières dates de tournée en Ile-De-France. Un honneur pour nous donc de les recevoir!

Toulouse. Ville traversée par la Garonne, si joliment évoqué par la légende locale Claude Nougaro,  mais aussi célèbre par sa place du Capitole, son équipe de rugby, par son orchestre national et son opéra, véritable cité de mélanges des langues, d’Oc et d’Oil, de patois, d’accents venus des sud outre-pyrénéens, terre de poésie, terreau de nombreux artistes, a donc vu naître ce quatuor à l’univers musical fortement influencé par le blues, la musique de la Nouvelle Orléans. Mené vocalement par Agathe Da Rama, il est également composé de Joris Ragel (guitare), Tom Turtle (percussions), Guillaume Gendre (contrebasse) a notamment retenu l’attention de la grande chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater . On fait pire comme adoubement musical!

Fort d’un premier album sorti en 2015, « 7 times », qui évoquait le passage  à l’âge adulte et la nostalgie que l’on a tous et toutes plus ou moins ressenti(e) de cette adolescente qui était une période de rêves, découvertes, d’expérimentations diverses, le groupe aime a explorer les univers blues soul. Pour cela il se base sur la voix suave et envoutante de Agathe Da Rama. Je  vous laisse juger par vous-mêmes en regardant les vidéos ci-dessous.

Alors, le 15 décembre, la médiathèque résonnera au son du blues, de la soul, mise en musique par ce talentueux quatuor. NE RATEZ PAS CE MOMENT!


 

Publicités

Aventuriers, 14ème édition!


Comme chaque année à la même période, la ville de Fontenay-sous-Bois, par le biais de son service culturel, organise et accueille un festival de musique rock dédié aux jeunes artistes en développement mais qui programme également des musiciens ou groupes déjà chevronnés. La 14ème édition du Festival des Aventuriers (du 12 au 20 décembre 2018, à l’Espace Gérard Philipe, au cinéma Kosmos-projection du film « Shut up and play the piano », du réalisateur Philipp Jedicke, et de « Léto » de Kirill Serebrennikov- et à la médiathèque Louis Aragon, voir plus bas) est encore là pour vérifier cet adage, ce subtil équilibre, cette alchimie fragile, qui consiste à pouvoir présenter au public qui viendra les voir, des groupes représentants des courants différents de la scène rock 2018, pop et électro française ou étrangère. C’est cette variété, cet éclectisme qui a, au fil des années, fait la force de ce festival et contribué à son évolution, à sa renommée grandissante au niveau local, puis national et enfin international. Et donc à fidéliser un public qui revient, parfois de loin, pour y assister. Cette édition marque aussi le retour d’un partenariat avec la médiathèque municipale Louis Aragon, puisque le groupe Agathe da Rama s’y produira le samedi 15 décembre à 15H30.

Ce festival, situé jusque avant les fêtes de Noël et du jour de l’an, est l’occasion pour le public de se retrouver, de vivre de jolis moments, d’échanger sans barrières aucunes avec les artistes après leurs prestations. De la convivialité, du partage, le tout dans la bonne humeur, entre quelques bonnes mousses (à consommer modérément, cela va de soit). 

Cette année, la programmation voit revenir un ex jeune aventurier à l’univers electro-pop, venu en 2016, (Dani Terreur, qui fera l’ouverture du festival le 12 décembre avec L’Impératrice ). Le public découvrira Elias Dris, groupe influencé par la folk américaine et ses figures iconiques que sont Neil Young, Joni Mitchell ou encore Leonard Cohen. Delgres, groupe de blues caribéen qui mélange gaiement John Lee Hooker, les Black Keys, et la soul des Touaregs. Le public pourra aussi découvrir l’univers punk-grunge du groupe Pogo Car Crash Control. Les univers de musique House et Deep House ne seront pas oubliés, avec les calaisiens de You Man et le gardois Joris Delacroix, le rock psychédélique avec Vox Low, l’électro experimentale du trio Zombie Zombie, la pop rock indie du sextet Concrete Knives (finalistes jeunes aventuriers en 2009), l’électro-pop d’Inüit, le groupe tourangeau Péroké avec son électro mêlée à l’afrobeat, sans oublier les vétérans de General Elektriks, qui mélange funk, pop, électro. Bref ça s’annonce comme un menu relevé, épicé, savoureux, de quoi réjouir toutes les oreilles!

Outre les concerts de la programmation, la Fish and Cheap Factory, créée en 2016, animera les avants et après concerts.

Le festival des Aventuriers est également l’occasion pour le public de découvrir des associations oeuvrant pour différentes causes : le développement durable, la lutte anti-sida, lutte contre le sexisme. Musique, débats, échanges, rencontres. Un éventail de possibles qui assurent au public de passer de jolis moments, comme un apéritif avant les agapes de Noël et du jour de l’An. Bon festival à toutes et tous!

Notez que vous pourrez retrouver certains albums des artistes programmés lors de cette édition à la médiathèque Louis Aragon de Fontenay. En l’occurrence : « Mo Jodi » / Delgres. « L’énergie positive des Dieux » / Astéréotypie. « Mata Hari » / L’Impératrice. Vox Low / Vox Low. « Our Hearts » / Concrete Knives. « Livity » / Zombie Zombie. « Action » / Inuit. « Carry No Ghosts » / General Elektriks.

Guillaume.

Il était une fois… 1976!



Année marquée par de nombreux évènements, politiques, culturels, sportifs. Janvier voit le Concorde réaliser son premier vol commercial de Paris à Rio de Janeiro. En février ont lieu les JO à Insbruck, en Autriche. Mars, l’Argentine entre dans la dictature, le pouvoir militaire est dirigé par le général Videla. Avril, Jean Gabin préside, pour sa dernière apparition publique, la première cérémonie des Césars. Mai voit l’apparition du FLNC en Corse, par le biais de la revendication d’une « nuit bleue » marquée de plusieurs attentats. Après une épopée européenne complètement folle, l’AS Saint-Etienne arrivera en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (mère de la Ligue des Champions actuelle), contre l’ogre du Bayern de Munich de Franz BeckenbauerJuin est le théâtre, en Afrique du Sud, dans le quartier pauvre de Soweto, d’émeutes sanglantes qui feront plusieurs centaines de morts. Juillet, Simone Veil faire voter une loi antitabac qui réglemente la publicité de ce produit et l’obligation de la mention « abus dangereux » sur les paquets.

Au Canada,  les JO d’été de Montréal verront le sacre de la jeune gymnaste roumaine Nadia Comaneci, du sprinteur français Guy Drut au 110 m Haies, et le double sacre du cubain Alberto Juantorena, sur 400 et 800 m. Novembre marque l’élection de Jimmy Carter à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Il sera le principal artisan des premiers accords de paix, signés à Camp David entre Israël et L’Egypte.

Déjà mise en avant par René Dumont en 1974, les problèmes liés au climat vont s’accentuer. La canicule très importante (déjà!!) survenue cette année-là, marquera les esprits, certains s’en souviennent encore. Et ne sera que le début d’une série qui se poursuivra jusqu’en 2018, un peu partout dans le monde.

De nombreuses personnalités tels la romancière Agatha Christie, le dirigeant chinois Mao Tsé Toung, l’acteur Jean Gabin, figure légendaire du cinéma français, le philosophe allemand Martin Heidegger, le compositeur de musique classique Benjamin Britten ou André Malraux, écrivain, ancien ministre de la culture sous De Gaulle, auteur du fameux discours dédié à l’entrée de Jean Moulin au Panthéon, disparaissent.

Place maintenant à l’histoire inventée :

Une maison cossue, dans le sud de l’Angleterre. Perchée en haut d’une colline. Bordée d’une forêt domaniale où se promènent biches et faons, rennes… en toute quiétude. La demeure, imposante, de style colonial, abrite en son sein un homme nommé Ringo Willy Cat, la soixantaine fringante et le cheveux poivre et sel, dont la maison laisser à penser l’homme fortuné. Jadis marié à une certaine Gabrielle, qui dit-il, lui a « brulé son esprit ».

Il a dû être un bel homme plus jeune. Les années passant, il a cultivé cet aspect de sa personnalité. Dans le village avoisinant, les gens parlaient de lui comme d’un « sale bonhomme », avare, distant, prétentieux. Amateur de chasse en Afrique, qu’il visitait régulièrement pour satisfaire sa soif de trophées animaliers.

Dans une pièce, au rez-de-chaussée, figure des « trophés » de ses pérégrinations chasseresses : Une tête de buffle accrochée au mur, une corne de rhinocéros, et une peau de crocodile du Nil, ainsi que des oiseaux de Thaïlande, spécimens aussi sublimes que rares. Cet homme avait pour fille, Sylvia, qui travaillait dans une boutique du village proche, le « shop around the corner ». Elle vivait de romances éphémères. L’élu du moment s’appelle Martin. Lui faisait partie d’un cirque. Entre eux, l’histoire était douce, et les au-revoir au petit matin sur le ton d’un « Bye bye Cherry ».. suivi d’un « you know.. I love you ».

Ringo, homme de principes ayant la culture des histoires au long cours, ne voyait pas d’un bon œil la façon d’aimer de sa fille. Malgré lui, il s’y soumettait. La première entrevue avec Martin fut un peu fraîche entre les deux hommes. Le premier voulant clairement faire sentir que Martin n’était qu’un oiseau de passage dans le ciel de Sylvia, se montra pourtant jovial, avenant, à la surprise de sa fille. Martin, lui, tout à l’envie de faire bonne impression, se retrancha derrière une timidité malvenue. Au sortir de ce premier face à face, Martin dit à Sylvia, qu’il surnommait tendrement « Sunny » : « Your daddy is cool ». Sylvia en sourit, connaissant la nature profonde de son père.

Un soir, les deux tourtereaux avaient décidé de sortir au village, d’aller dans le seul fish & chips local. En entrant, l’ambiance leur apparaît très étrange. Des tables fournies, où se jouaient des parties de backgammon, de poker, avec argent en jeu, d’autres avec des solitaires éclusant leur bière. Assis tranquillement dans cet endroit exigu et sentant fortement la cigarette, leur tête à tête avait été soudain troublé par une femme interpellant sèchement Paul. « Hey…Paul, who’s that lady with you..My man » lui dit-elle en regardant rageusement Sylvia. Blondie, ainsi se prénommait-elle, avait le regard noir et le cheveu blond peroxydé. Déchainée, Blondie avait poursuivi, s’en prenant cette fois à Sylvia qui ne demandait rien… : « If you wanna love somebedoy… live him now.. ’cause he’s MY man ». Paul et Sylvia sont surpris l’audace de Blondie. Paul s’interpose : « Blondie, please, stop this silly « love song »… I know you had me in the flesh, but now it’s over, my one and only love is for Sylvia ». Blondie, était considérée comme  la « Devil woman » du coin, caractère sauvage, fille sans peurs, aimant se faire respecter dans cet univers très masculin, quitte à n’avoir pas toujours des comportements très courtois.

Sylvia n’en revenait pas de ce qui venait d’arriver. Elle restait muette, interdite. Voyant que Paul ne céderait pas, Blondie rentra sa colère, puis s’en fut rejoindre une tablée où des amis de longue date lui dirent de s’asseoir volontiers. Reprenant ses esprits, Paul se retourna alors vers Sylvia, lui prit fortement la main comme pour la rassurer, lui faire sentir que tout allait bien, qu’il était AVEC elle, tout en s’excusant d’un timide « sorry for you living this…. ». Il décidèrent alors de quitter cet endroit à l’atmosphère tendue, rugueuse, pour retrouver l’ambiance douillette de la demeure de Ringo. Sur le chemin du retour, Sylvia ne pouvait s’empêcher de revenir sur l’incident avec Blondie. Mais Paul, plus amoureux que jamais, se montra plein de tendresse avec sa chérie. Elle seule comptait à ses yeux, elle seule le rendait heureux. Arrivés à la demeure paternelle, ils passèrent la nuit à s’aimer follement tout en écoutant une ribambelle de musiques différentes. « You know what sweetie? » dit Paul à sa douce… »The only thing I want is kissing you, you kissing me.. ». En fond sonore, Freddie Mercury et Queen jouent « Somebody to love ».

Les deux tourtereaux s’endorment, le bonheur plein la tête.

Guillaume.

Judas Priest, retour aux fondamentaux.


Le groupe anglais Judas Priest, originaire de Birmingham, qui a émergé dans les années 80, dans le sillage des Iron Maiden, Def Leppard notamment, a depuis mené une carrière aussi longue que dense, voyant ce groupe devenir un incontournable de la scène du heavy métal britannique et mondial. Mené par le charismatique Rob Halford au chant, ce groupe nous revient en force cette année avec un nouvel opus, « Firepower », concocté par son producteur historique, Tom Allom. Et le résultat est pour le moins détonnant.

Ce groupe, fondé en 1969, par le duo KK Downing (guitare) et Ian Hill (basse), ne démarrera sa vraie carrière qu’en 1974, avec l’enregistrement de l’album « Rockarolla ». Ensuite, de 1977 à 1984, le groupe, stabilisé dans sa formation la plus célèbre (Halford, Tipton, Downing, Hill, Holland), va voir sa popularité grandir, en Angleterre, en Europe et bientôt aux Etats-Unis. Il enchaine en effet pas moins de 6 albums, « Sin after sin », « Stained class », « Killing Machine », »Bristish Steel », « Screaming for  Vengeance », « Defender of the faith », qui vont asseoir la réputation du groupe évoluant dans un style  heavy metal très agressif mais où l’aspect mélodique n’est jamais loin grâce à la doublette de guitaristes Downing-Tipton. La voix puissante et aïgue de Rob Halford faisant le reste. 

Pour « Firepower« , le nouvel opus du groupe, ils ne sont plus que 3 à subsister de la formation historique du groupe : Rob Halford au chant, Ian Hill à la basse et Glenn Tipton à la guitare. A leurs côtés, la batteur Scott Travis arrivé en 1990, ainsi que le guitariste Richie Faulkner intégré en 2011, suite au départ de Downing, font plus que le job. Le groupe retrouve ici un son, une énergie brute, qui étaient sa marque de fabrique à ses débuts, notamment lors de sa période faste à la charnière des années 70-80.

Sur cet album, des titres comme « Firepower », « Evil never dies », « children of the sun », « Rising from ruins », ou encore « No surrender » et le final « Sea of Red », nous montrent qu’après quelques années à sortir des albums parfois discutables tels que « Turbo », « Ram it down », ou plus près de nous « Angel of Retribution », le groupe emmené par Rob Halford a enfin retrouvé toute sa verve et une envie décuplée. Cela s’entend et c’est très bon signe pour la suite.

Pour moi qui les avait délaissé tant scéniquement que sur albums, « Firepower » est une excellente surprise, qui me réconcilie avec Judas Priest. Il ravira sans doute les fans du groupe.  Pour celles et ceux qui voudraient découvrir ce genre musical et ce groupe, « Firepower » est une excellente porte d’entrée.

Guillaume.

Le Bayou pleure Tony Joe White.


Né en Louisiane, terreau musical s’il en est, et décédé dans le Tennessee, autre lieu historique pour la musique noire américaine, notamment le blues, Tony Joe White, aura durant près de 50 ans (sa carrière démarrant en 1969, avec l’album « Black and White », avec notamment la chanson « Polk Salad Annie« , un succès, qui sera reprise plus tard par Elvis Presley ), tracé son sillon, sans bruit ni fureur, sans excès qui finissent dans les journaux, mais avec la discrétion d’un artisan qui travaille sans relâche à façonner avec exigence, une écriture vocale, instrumentale, musicale, qui influence encore aujourd’hui la génération actuelle.  Il était l’un des défenseurs (avec également le canadien Neil Young) de la musique « swamp » ce genre qui mélange allègrement le rock, le blues, la country, le boogie et le zydeco.  Bref une jolie « salade » musicale, avec laquelle il était en harmonie. S’il était donc un musicien respecté et reconnu pour son talent, Tony Joe White était également un auteur de textes pour les autres. En effet, au nombre des bénéficiaires de son talent d’écriture, on retrouve Ray Charles, Dusty Springfield, Waylon Jennings, Tina Turner (le fameux « steamy windows », titre qui figure à l’origine sur l’album « Closer to the Truth, sorti en 1991).  Egalement adaptateur de chansons, il avait repris « Le Marché aux Puces », signée à l’origine par Joe Dassin, qui donnera en anglais « The guitar don’t lie« , et qui sera reprise et adaptée par le parolier français Etienne Roda-Gil, pour donner en français « La guitare fait mal », que chantera Johnny Hallyday. En 50 ans de carrière, de 1968 à 2018, Tony Joe White aura publié 30 albums studios, ainsi quelques live et best-of. Sa dernière livraison, « Bad Mouthin' », est sorti cette année. Tony Joe White restera comme un artiste à part, secret, singulier, un chanteur à la voix chaude et unique, un guitariste au jeu fin, avec une oeuvre musicale riche.  Personnellement, je vous invite à découvrir ce musicien sur les disques suivants :  « The Train I’m on » (1972), « Clother to the Truth » (1991), « Deep Cuts (2008),  « Hoodoo »(2013).  Je vous laisse avec quelques-une de ses plus belles chansons. Guillaume.

Prince, seul face à lui-même.


C’est l’histoire d’une séance dont seul Prince Roger Nelson avait le secret. Une nuit de 1983, il s’enferme au Studio Kiowa Trail, et décide de s’installer seul à son piano. Au début du disque, on l’entend s’adresser à un ingénieur pour régler le son et mettre une ambiance lumineuse plutôt soft. Il se met ainsi dans un climat serein, tranquille. Et nous permet, en tant qu’auditeur, de nous sentir, très privilégiés, tout proche de lui, comme si nous étions tapis dans l’ombre du studio, écoutant le maître en pleine séance de travail intime.

Vient la magie. L’artiste se met à son piano, et commence par une petite improvisation, en guise d’échauffement, avant de se lancer dans l’interprétation de « 17 days ». Tout en finesse. Superbe. Il enchaîne alors avec une version toute en retenue, modulant sa voix à l’envie, sur son titre fétiche, « Purple rain ». Vient ensuite « Case of you », chanson composée par Joni Mitchell, dont il s’approprie très joliment l’univers musical. Ensuite, Prince nous offre une farandole de morceaux de sa composition, de « Strange relationship » au final « Why the butterflies », dont les versions piano-voix sont un vrai régal, car il transforme l’architecture originale des morceaux, en y intégrant parfois des digressions, et toujours avec une justesse, un sens du rythme incroyable, sans oublier bien entendu cette voix unique, ce timbre inimitable et reconnaissable qu’il modifie, travaille, teste, au fil des morceaux. Une introspection artistique, une séance de travail autant qu’un moment de plaisir pour ce génial musicien-compositeur.

Cette séance, longtemps restée dans les tiroirs de la Warner, dont il fut un temps co-président, est un petit bijou, qu’il faut écouter attentivement, et découvrir avec appétit toute la subtilité, les nuances que Prince amène à ses propres morceaux comme à la chanson de Joni Mitchell. Le tout est une enfilade savoureuse de morceaux sublimes concoctés par le génie de Minneapolis.

Prince, homme de scène, capable de performances scéniques incroyables tant par la qualité, que par la durée (celles et ceux qui le virent au New Morning il y a quelques années s’en souviennent encore.. il avait démarré à 22H pour terminer à 6H du matin!!!), nous montre ici toute l’intelligence de sa musique, de son immense talent. Un joyau à déguster sans aucune modération. Cet enregistrement sorti des tiroirs n’est sûrement pas le dernier que Warner nous proposera tant Prince passait son temps à composer, écrire, enregistrer dans son antre de Paisley Park. Du coup, il est facile d’envisager que d’autres joyaux, dormant dans les armoires des studios, ou de la compagnie Warner, ressortiront un jour ou l’autre. Pour notre plus grand bonheur. Prince manque clairement à la musique aujourd’hui. Qui sait ce qu’il aurait encore composé, imaginé.

Alors, que vous soyez fan de l’artiste ou que vous souhaitiez simplement le découvrir, ce disque est tout indiqué.

Guillaume.

   

Dans l’Ohio, les Players la joue funky.


L’aventure commence en 1959, dans la ville de Dayton. Bientôt le groupe fondé par Robert Ward, Marshall Jones, Clarence Satchell, Cornelius Johnson et Ralph « Pee Wee » Middlebrooks. En 1963, Robert Ward quitte le navire pour s’engager vers une carrière solo. Deux nouveaux membres rejoignent alors la troupe : Gary Webster, Leroy Bonner.

La décennie 70’s voit leur renommée grandir et s’établir grâce notamment au titre « Funky Worm », qui figurera en tête des charts en mai 1973, mais également avec « Love Rollercoaster » en 1976. Fort de ce succès le groupe enchaîne albums et tournées. Au total, jusqu’en 1988, les Ohio Players, dont le funk sonne furieusement années 60, mélange savoureux d’ambiances chaloupées et de titres plus rentre-dedans, va enregistrer 16 albums studios et 3 albums live. De quoi laisser une belle trace de leur existence.

C’est exactement ce que le triple album « Definitive collection », sorti cette année, propose à nos oreilles. Un passage en revue de l’oeuvre musicale de ce groupe, enregistrée successivement sous les labels Capitol Records, Westbound Records, Mercury et Island Records, ici retracée en 3 périodes distinctes : les débuts (CD1), les années d’or (CD2), les dernières années et les projets solos (CD3). Sans être absolument génial, les Ohio Players ont composé de superbes morceaux.

Le registre musical des Ohio Players est assez large puisqu’on retrouve aussi bien de la pure funk tel le « Walt’s first trip », ou encore des ambiances plus feutrées et bluesy avec « Here today and gone tomorrow ». « Funky worm » figure bien sûr en bonne place sur le premier cd. Un funk matinée de sons de claviers, une voix de femme (agée) ajoutée, le tout donnant un ovni musical. Un rappeur pourrait très bien s’en inspirer et poser un flow dessus.

Du CD2 (années d’or), il est facile de retenir une production plus léchée, moins brouillonne qu’à leurs débuts.Le son aussi a évolué. Il suffit d’écouter « Fire » pour s’en rendre compte. Il faut se remémorer qu’a cette période Isaac Hayes a frappé les esprit avec le morceau illustrant le film « Shaft » sorti en 1971, que George Clinton et son Funkadelic sont en plein essor, et que James Brown (Godfather of Soul) tourne à plein régime, déplaçant des foules toujours plus nombreuses partout où il se produit. Cela n’empêche pas les Ohio Players de concocter une musique funk-soul de haute tenue, alternant les ambiances suaves (« Sweet stincky thing ») et le morceaux plus punchy « Grammy’s funky Rolls Royce ». Leur tube « Love rollercoaster » figure évidemment sur ce disque. D’autres titres tels « Far east Mississippi », le très entraînant « Feel the Beat (everybody disco) », « Merry Go round » très syncopé, sont à écouter particulièrement sur ce second volet de la rétrospective.

Le 3ème disque, à mon sens le moins intéressant, est celui où figure des titres de la dernière période du groupe ainsi que des morceaux issus des carrières solo de membres du groupe. « Magic Trick » révèle à lui seul ce virage pris par le groupe : une musique plus facile et commerciale. Décevant.  Y figure également les célèbres titres d’Otis Redding « Sitting on the dock of the bay » et « Try a little tenderness ». En somme le choix assuré et assumé de succès facile commercialement grâce à la renommée initiale des morceaux choisis. D’où une démarche discutable. Alors oui, ce troisième cd est certes riche en morceaux proposés, il n’en reste pas moins que personnellement je n’ai pas été conquis, y compris par la reprise de « Try a little tenderness » évoquée un peu plus haut.

Reste que si vous aimez la funk, la soul music de cette période-là (1960’s-1970’s), alors cet album vous replongera avec bonheur parfois au coeur de cette époque où la musique noire américaine- à côté du jazz bien sûr- a pris une essor considérable avec des artistes tels que Ike et Tina Turner, Aretha Franklin, Steve Wonder, Diana Ross et j’en passe.

Guillaume.

Pour Fakear, tout continue de briller.


Fakear is back! ou plutôt Théo Le Vigoureux.

Celles et ceux qui aiment la musique électronique le connaissent sans doute déjà et ont pu apprécier son talent sur scène, notamment lors de son passage à Fontenay-sous-Bois, au Festival des Aventuriers en 2014. Cette année-là, Fakear avait publié un album, « Sauvage« .

« All Glows« , le nouvel album est dans la même veine de ce que l’artiste nous avait déjà laissé découvrir aux Aventuriers en 2014. A savoir une musique épurée, parsemée d’ajouts sonores (bruits de la nature, porte qui grince, cloches qui résonnent……), sans oublier les voix posées par les chanteuses Ana Zimmer (« Something Wonderful »), Noraa (« Lost in time »), ou Anna Majidson (« Give you ») dans des registres vocaux très différents. Tout au long du disque, Théo Le Vigoureux nous embarque dans son univers, où les synthés se taillent la part du lion, où les climats très planants et douillets nous enrobent de manière tranquille… on se laisse surprendre à se laisser faire.

A priori, cet univers sonore, cette musique même, ce n’est pas mon « kiff » comme disent les jeunes aujourd’hui (oui je sais ça fait remarque de vieux con, mais j’assume…). Mais j’avoue que le côté léger, aérien de cette musique, ses sonorités parfois japonisantes m’ont conquis. De plus, l’album est très bien produit, ce qui n’est pas toujours le cas, aussi il est bon de le souligner. Comme pour prouver s’il en était besoin qu’il est un artiste ouvert aux autres univers que le sien, il a fait appel au talentueux trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf sur le très beau morceau « Sacred Feminine ». Un mélange de mélopées orientales et de boucles électroniques très réussi.

J’ai été conquis par ce disque relativement frais, sans prétention ni artifice mais qui tient par sa qualité de bout en bout. 16 morceaux aux ambiances différentes qui font voyager l’esprit de l’auditeur dans un climat où l’imaginaire est aux commandes, la sérénité également.

Avec sa démarche, son ouverture aux autres couleurs musicales et sa touche personnelle, Fakear est un artiste complet, certainement l’un des plus intéressant du moment à suivre.

A écouter assurément. Et voir Fakear sur scène est aussi une belle découverte. Alors, n’hésitez pas!

Guillaume.

Il était une fois… 1975!


Cette année-là, en France, comme ailleurs, divers évènements vont se produire, dans les domaines politiques, sociétaux, sportifs, culturel. C’est d’abord l’adoption définitive de la Loi Veil sur le droit des femmes à l’avortement ainsi que la loi votée qui autorise le divorce par consentement mutuel, qui marquent les esprits et vont changer beaucoup de choses dans la place des femmes au sein de la société. Dans le domaine de l’éducation, la création du collège unique (Loi Habby) va être très importante. Dans le domaine de l’audiovisuel, suite à la disparition de l’ORTF, 3 chaines de télévision voient le jour : TF1, Antenne 2 et FR3 (France Régions 3). Bernard Pivot présentera la première de son émission littéraire, « Apostrophes », qui durera jusqu’en 1990. A l’étranger, le dictateur espagnol Franco meurt. Le roi Juan Carlos engage son pays sur la voie de la monarchie parlementaire. Au Vietnam, la chute de Saigon, rebaptisée Hô-Chi-Minh, marque la fin d’une guerre qui aura durée 20 ans!. Dans le domaine du sport, le Bayern de Munich est sacré champion d’Europe de football (équivalent Ligue des Champions d’aujourd’hui). En cyclisme, Bernard Thévenet remportera le tour de France, devançant Eddy Merckx et Lucien Van Impe. Pour la première fois, l’arrivée se fait sur les Champs-Elysées. Côté musique, deux albums vont marquer les esprits : l’enregistrement d’un album live du groupe Deep Purple à Paris ainsi que celui de Véronique Sanson lors de ses concert à l’Olympia. De nombreuses personnalités du monde politique comme de la culture disparaissent cette année-là : Jacques Duclos (Parti Communiste Français) et Guy Mollet, ancien secrétaire général de la SFIO, et président du Conseil sous la IVème république ; Les comédiens Pierre Fresnay, Michel Simon, le chansonnier Pierre Dac, le peintre Jean Dubuffet, l’écrivain-historien Robert Aron, le compositeur russe Dimitri Chostakovitch, le réalisateur italien Pier Paolo Pasolini, l’éditeur français Gaston Gallimard, la comédienne-chanteuse- meneuse de revue Joséphine Baker.

Maintenant, place à l’histoire inventée. Prêt(e(s)? Lisez!

C’était en septembre. Un été indien bienvenu, prolongeant la saison estivale habituelle. J’étais alors revenu de ce sud si cher au père de Mirza, un ami de la famille. De quoi garder le moral et le corps bronzé par longues heures passées alangui sur le sable brûlant. Je me remémorais alors la rencontre avec cette fille aux yeux clairs, une certaine Vanina. Un prénom venu du nord de l’Europe, du pays des tulipes. Elle résidait habituellement du côté de chez Swann. Avec ma belle, on s’était fait une promesse, se retrouver et partir… partir loin.. aussi loin qu’il nous serait possible. Quelques mois plus tard, l’hiver venu, nous avions décidé de nous embarquer à bord du « France« , ce majestueux paquebot, fleuron de la technologie et de l’industrie française de l’époque, surnommé le « petit frère » du « Normandie« , autre paquebot français. Nous nous sentions heureux de faire partie de ces voyageurs, qui allaient traverser l’atlantique jusqu’à l’autre bout du monde. Direction le grand sud, l’Argentine, Buenos-Aires. Dans la salle de cinéma, un film de Pasolini était projeté, « L’Evangile selon Saint-Mathieu »… Peu de spectateurs … ce pieux réalisateur transalpin ne rameutait pas les foules. A un autre niveau du Paquebot, dans un salon dédié aux soirées musicales, un excellent orchestre exécutait des œuvres de Dimitri Chostakovitch devant un pare-terre de spectateurs en tenues de soirées. Deux spectactrices de marque assistèrent à ce concert. l’actrice hollywoodienne Audrey Hepburn et la déjà princesse de Monaco, Grace Kelly.

Le premier soir, sur le bastingage, marchant serré l’un contre l’autre, Vanina et moi, observant le délicieux spectacle du ciel étoilé, avons rencontré un homme qui semblait un brin déprimé, la chevelure et la barbe hirsute, semblant légèrement alcoolisé. Nous hésitions à lui parler. Nous voyant, il s’est approché de nous et expliqua qu’il voyage en solitaire, comme un « chasseur », depuis la séparation d’avec sa compagne, avec qui il avait initialement prévu cette traversée aussi romantique que fabuleuse. Je m’appelle  « Bonsoir les jeunes.. je m’appelle..euh..(hésitant)…Christophe.. comme Colomb » nous asséna-t-il d’une voix rugueuse…avant d’enchainer… »Elle s’appelait Mélancolie » nous dit-il… les yeux embués de tristesse. Il nous avait également confié qu’il ne cessait de rêver d’elle chaque nuit. Originaire de la tribu des Acadiens, Christophe considérait d’ailleurs ce pays comme sa terre promise, un refuge où il désirait, du moins nous le l’assurait-il, finir sa vie.

Le trouvant passionnant, nous avions décidé de passer la soirée et une bonne partie de la nuit à écouter cet homme dévasté par un amour brisé, perdu.. « Mon cœur est malade »…se lamentait-il … »Oui… malade, vide ».. accentuait-il. Devant ce constat terrible, nous n’osions pas Vanina et moi afficher nos élans d’amoureux en pleine romance, nous enlacer, nous regarder langoureusement, de peur de vexer, de gêner cet homme sans amour. Nous offrions à ses yeux humides l’image de jeunes gens heureux à qui l’avenir et la vie souriaient. « What a difference a day makes » se mit-il à grommeler… je notais alors qu’il était amateur de jazz, de Dinah Washington.. »un homme de goût sous un aspect renfrogné me disais-je alors »… Mais nous constations qu’il nous signifiait être arrivé au bout de sa vie, qu’il n’y tenait plus… et que nous assistions peut-être sans le savoir, à ses ultimes soubresauts, redoutant qu’il pourrait très bien se foutre à l’eau sous nos yeux sans que nous n’y puissions rien faire. Cette simple perspective nous pétrifiait.
Alors que la nuit avait depuis longtemps posé son froid manteau sur nos épaules, Vanina et moi avons continués d’échanger, discuter, avec Christophe, surtout pour le convaincre de ne pas faire le grand saut, de ne pas s’en aller encore définitivement.. car la vie réserve bien des surprises… et qui sait si cet homme, que nous avions pris en protection et affection malgré nous, ne rencontrerait pas demain une femme à aimer, à qui dire les mots bleus, avant de mourir. Comme un dernier tour de manège sur la grande bleue.

Le pensant rassuré et réconforté par nos échanges de la nuit, nous avons pris congé de lui, le sommeil, très en retard, nous ayant rattrapé, nos corps ne demandant qu’à s’écrouler pour récupérer. Il nous a alors fait la promesse de nous retrouver le lendemain, même heure, même endroit, pour continuer la discussion. Le lendemain soir, à l’heure dite, un steward de bord vint nous avertir qu’il avait disparu.

La suite de notre traversée s’en trouva bouleversée, et notre arrivée à Buenos-Aires n’aurait pas le goût escompté. Christophe dit « le chasseur » serait dans nos esprits.

Guillaume.

Prince en mode jazz?… logique!



Déjà 2 ans et demi que le kid de Minneapolis, le lutin génial de la funk-soul des 30 dernières années, s’en est allé. Le surdoué, autant musicien que compositeur, producteur de sa propre œuvre, méticuleux jusqu’au plus infime des détails, baignant depuis toujours dans un univers musical où soul music, rythm and blues, gospel, funk se sont croisés, mêlés, méritait bien un hommage en musique. Quoi de plus justifié et logique donc que le monde du jazz honore ce monstre de la musique, tant les ponts sont évidents.

Le disque « Prince in Jazz » publié cette année le démontre parfaitement. Aussi, après Serge Gainsbourg, Jimi Hendrix, Les Beatles, la maison de disques Wagram a confié la tâche de réunir un casting de très haut vol à Lionel Eskenazi, journaliste spécialiste de jazz. Et quel casting!!! Jugez un peu :

Outre la regrettée Nina Simone, dont la version magistrale de « Sign’O times » ouvre l’album,  c’est rien moins que le pianiste Herbie Hancock « Thieves in the temple », la chanteuse Randy Crawford et sa voix de velours sur une version étourdissante de « Purple Rain », ou encore les voix de Cassandra Wilson, Viktoria Tolstoy, l’américain Heath Brandon sur « Little Red Corvette », la française Clotilde Rullaud sur le célèbre et très sensuel « Kiss ».  Si donc certains participants à cet hommage sont évidents, d’autre noms me sont apparus plus inattendus : Ray Lema & Laurent De Wilde sur « Around a world in a day », dans une version très bossa-nova agrémentée de sonorités électroniques. Surprenant mais ça fonctionne bien. Holy Cole, entourée du Bob Bolden Project, nous livre une version très langoureus ede « The Question of U », bluesy à souhait, ambiance cabret enfumé des années 40-50.  N’Dambi, chanteuse américaine de soul music, nous embarque avec sa voix puissante, souple, habitée, signant une version magistrale de « Soft and Wet », illustration parfaite des méandres funky à souhait qu’aimait à composer le Purple Man. Pour clore ce joyau musical, un duo composé du saxophoniste Heinz Sauer et du pianiste Michael Wollny interprétant une aérienne variation de « Nothing compares to you ».

En ce qui concerne les orchestrations et la production de l’album, ces deux aspects s’avèrent tout aussi remarquables, à la hauteur d’une telle entreprise, avec cette exigence qualitative identique à celle que pouvait avoir Prince sur son propre travail.

Au total, près d’une heure quinze de musique, répartie en 15 plages, qui sont autant de pépites. 15 moments de bonheur total qui rappellent s’il en était vraiment besoin, que Prince Roger Nelson a marqué de manière indélébile la musique noire américaine des 30 dernières années, laissant une œuvre formidable, moderne, swinguante, jazzy, funky, gorgée de cuivres ou plus intimiste.

Un album qui redonne de l’enthousiasme en ces périodes moroses et alors que l’automne pointe déjà ses premiers signes. J’ai moi-même découvert certains morceaux tels que « Little Red Corvette », « Thieves in the Temple », « Crazy You ». Et ça me donne envie de me replonger dans la musique de Prince. Quant à mes versions favorites, voyez ci-dessous.

Nul doute que Prince aurait apprécié cet hommage rendu à son talent, son univers créatif, par la fine fleur du jazz contemporain. Alors, à vous les fans inconditionnels du Nain Pourpre, comme à celles et ceux qui souhaiteraient le découvrir, ce disque est tout indiqué. Vous pourrez retrouver d’anciens albums du Maître dans nos rayons : « Graffiti Bridge », « Emancipation », « Lovesexy », « Diamonds and Pearls », « Purple Rain ». Et découvrir un album datant de 1983 sur lequel le Kid de Minneapolis enregistra des titres en mode piano-voix. Son titre : « A piano and a microphone » Un régal!

Guillaume.

Désormais… Aznavour est en haut de l’affiche pour l’éternité.


Le légendaire chanteur français Charles Aznavour (de son vrai nom Shahnour Varinag Aznavourian) s’en est allé discrètement, en ce début octobre 2018. Le dernier monstre sacré, arpentant inlassablement les scènes du monde entier (il était encore à Tokyo quelques jours avant de revenir en France dans sa maison des alpilles, où La Grande Faucheuse est venue le chercher dans son sommeil) est donc parti. Il devait bientôt entamer une énième tournée mondiale. Le rideau ne se lèvera donc plus pour lui.

Auteur-compositeur-interprète-comédien, Charles Aznavour (1924-2018) a connu une carrière de plus de 60 ans très dense, riche en rencontres avec de grandes figures de la chanson française, (Eddy Mitchell, Claude Nougaro, Johnny Hallyday, Francis Cabrel , Jean-Jacques Goldman, mais aussi Jacques Brel , Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Serge Reggiani et Serge Gainsbourg), du jazz (Count Basie, Duke Ellington, Oscar Peterson, Nancy Sinatra, Liza Minnelli ou encore Frank Sinatra-il était d’ailleurs considéré comme le « french Frank Sinatra »… par les américains), du monde classique également (voire ses duos avec Luciano Pavarotti, Andrea Bocelli. Il n’arrêtais jamais de travailler, passant d’une tournée à un enregistrement d’album, à l’écriture d’une comédie musicale, d’un livre, de chansons pour d’autres interprètes (j’en parle un peu plus bas).

Aussi loin que je me souvienne, j’ai dû entendre sa voix de crooner alors que j’avais onze-douze ans. C’était dans la voiture familiale ou à la maison. Très vite je vais aimer ce chanteur, sa voix, son phrasé inimitable, son sens du swing, qui d’ailleurs se retrouvait dans ses chansons et ses orchestrations. Il fera ses premiers pas sur scène à l’âge de 8-9 ans. Plus tard, couvé à ses débuts par la grande Edith Piaf pour qui il écrira des chansons, qui fut également la mentor de Yves Montand, il va trouver la force et le courage de se lancer dans la carrière de chanteur. En 1954, après avoir été remarqué par le directeur du Moulin Rouge, lors d’une précédente tournée au Maroc, Aznavour est embauché pour chanter au célèbre cabaret. L’année d’après il fera ses premiers pas sur la scène de l’Olympia. Le voilà désormais lancé, lui qui fut moqué à ses débuts pour sa voix chevrotante, son physique d’écorché vif. Il va pourtant s’accrocher, ne rien lâcher, convaincre les plus sceptiques, les professionnels et le public. Contrairement à nombre de ses collègues contemporains, il va comprendre l’importance de parler plusieurs langues étrangères, qui vont le rendre très populaire lors de ses tournées hors France. Chanter en italien, espagnol, japonais, anglais, russe lui permettra d’être compris par ses auditoires. La revanche est là. Hier conspué par la critique, il devient alors une vedette internationale. Le plus célèbre chanteur français à l’étranger. Preuve de sa renommée hors de France, ses chansons ont été chantées ou reprises par des gens comme Frank Sinatra, Bing Crosby, Ray Charles, Bob Dylan, Tom Jones, Petula Clark ou Nina Simone, Shirley Bassey. Excusez du peu!!!

Insatiable défenseur de la langue française, il verra l’arrivée du rap en France, comme une forme nouvelle de la poésie, qui aura son appui. Ainsi des artistes tels que Kery James sur le titre « à l’ombre du show business », plus récemment Grand Corps Malade, sur le morceau « Tu es donc j’apprends » qui figure sur l’album « 3ème Temps », auront eu le privilège d’un duo avec le maître. Kool Shen, membre du duo infernal NTM et précurseur du rap en France (avec les rivaux marseillais d’IAM), sera ainsi défendu par Aznavour en personne lors d’un débat avec des hommes politiques. Rare pour être souligné.

Chose méconnue chez lui, il écrivait donc beaucoup pour les autres. Ainsi des artistes tels que Johnny Hallyday (« retiens la nuit »), Sylvie Vartan (« la plus belle pour aller danser »), Edith Piaf bien sûr (« Plus bleu que tes yeux »), Francis Lemarque (« J’aime Paris au mois de Mai »), Eddy Mitchell (« Tu n’es pas l’ange que j’attendais »), Juliette Gréco (« Je hais les dimanches ») ou Marcel Amont (« Le mexicain »), ont tous bénéficié de la plume de Charles Aznavour.

S’il était homme de chanson, auteur de tous ses textes, il fut également un comédien, dès 1936, côtoyant des réalisateurs comme Jean-Pierre Mocky, Henri Verneuil, François Truffaut, Claude Chabrol, Pierre Granier-Deferre, Wolker Schlondörff, et comédiens tels que Danielle Darrieux, Anouk Aimée, Pierre Brasseur, Lino Ventura, Maurice Biraud, Nicole Garcia, Jacques Villeret ou encore André Dussolier… la liste est très longue! Les films? « La Guerre des Gosses » (1936), son premier, sera suivi de plusieurs films marquants dans lesquels il aura des rôles de premier choix : « Tirez sur le pianiste »(1960), « Un taxi pour Tobrouk »(1960), « Les lions sont lâchés »(1961), »La métarmorphose des cloportes » (1965), « Le Tambour »(1979), « Le fantôme du chapelier » (1982). En 2002, il jouera dans le film d’Atom Egoyan « Ararat », qui traite du génocide arménien, pour la reconnaissance-(ce qui n’est toujours pas le cas à ce jour!!!!!!) duquel Aznavour s’est inlassablement mobilisé toute sa vie. En France, la reconnaissance ne date que de 2001. La Turquie refuse toujours à ce jour de reconnaitre le martyr infligé en 1915 au peuple arménien.

Pour l’anecdote, Charles Aznavour était cousin avec Mike Connors (de son vrai nom Krékor Ohanian), acteur américain, rendu célèbre par la série « Mannix » dans les années 70’s.

A 94 ans, Charles Aznavour part en laissant une œuvre riche et foisonnante de 1200 chansons, parsemées de standards. Nul doute que Là-Haut (également titre d’un film animé ou son personnage-déjà- s’envole dans le ciel enfermé dans une cabane-), il va s’asseoir à la table qu’occupe déjà Trenet, Ferré, Brel, Brassens, Higelin, Gainsbourg, Reggiani, Barbara, Piaf, pour faire ensemble des battle de rimes. A ce petit jeu-là, Charles Aznavour, durant 65 ans de carrière, a prouvé qu’il n’était pas le dernier. Un pan de l’histoire de la chanson française se referme. Il nous restera donc ses chansons, dont je vous propose un florilège, chantées en solo ou en duo, en français, italien, russe, anglais.

Guillaume.

Feu! Chatterton, The Resets, pour bien démarrer la rentrée.


 

 

 

 

 

Quelle rentrée ! Fini les chaudes températures sur la plage, les tubes de crème, la bronzette, les apéros- barbecue!! La rentrée, professionnelle pour les un(e(s), scolaire pour les autres, a pris place… puis vient celle des actions culturelles! A L’honneur, deux groupes français. L’un professionnel, l’autre amateur. En premier lieu, Feu! Chatterton, quintet constitué de garçons qui se sont rencontrés dans les Lycées Louis-Le-Grand et l’Université de la Sorbonne dans le courant des années 2000, va ouvrir la saison musicale du service Culturel de Fontenay-sous-Bois, le 12 octobre prochain. Le répertoire musical de ce groupe français est un savant dosage de rock aux consonances anglo-saxonnes, de chanson française, de poésie. Mais vous vous demandez peut-être quelle est l’origine du nom de ce groupe… J’avoue que moi-même je n’en savais rien. Le patronyme de ce quintette fait référence à un poète et faussaire anglais, Thomas Chatterton, qui vécu brièvement au 18ème siècle (1752-1770). En 2012, le groupe sort un premier opus intitulé « La mort dans la pinède ». Quelques participations à des festivals de renom s’en suivront (Rock en Seine, Les Francofolies de La Rochelle, Le Printemps de Bourges) permettant au groupe de développer son public et se faire une réputation grandissante de phénomène musical à suivre de près. 2014 sera pour Feu! Chatterton celle de la reconnaissance de la profession avec notamment le prix Félix Leclerc pour le meilleur groupe francophone, et le prix Paris Jeunes Talents. Devenu une référence, ce groupe poursuit son chemin et publie en 2015 son deuxième album « Ici le jour (a tout enseveli) » chez le célèbre label Barclay. C’est donc fort de leur 3ème album « L’Oiseleur« , que Feu! Chatterton viendra fouler la scène de la salle Jacques Brel le 12 octobre.

 

 

 

 

A peine remis de vos émotions de  la veille, c’est avec le groupe The Resets, que vous aurez rendez-vous, à la médiathèque le samedi 13 octobre à 15H30, cette fois pour l’ouverture de sa saison musicale, à travers la reprise de ses kiosques musicaux. La médiathèque propose aux chanceux et chanceuses qui seront présent(e(s) de passer un moment en bonne compagnie musicale avec ce groupe. Quatuor formé de 3 hommes (Jonathan aux baguettes, Stéphane à la basse, et Frank à la guitare solo et rythmique) et d’une femme, Stéphanie, au chant, chose suffisamment rare dans le monde parfois encore trop macho du rock, y compris chez les formations dites amateurs ou semi-professionnelles, pour qu’elle mérite d’être soulignée. Cette dernière sait utiliser sa voix dans des registres aussi différents que ceux de Téléphone  avec « Un autre monde », des Pointer Sisters avec « I’m so excited », sa très belle interprétation du classique « Marcia Baila » de Rita Mitsouko ou de « Zombie » des Cranberries, si magnifiquement porté originellement par Dolores O’Riordan, décédé en janvier dernier. Chanson, rock, funk, disco, seront au menu musical pour ce premier kiosque de la saison 2018-2019.

Vous le constatez, la rentrée musicale se fait en des tonalités différentes, qui, chacune d’elles, à n’en pas douter nous ferons passer d’excellents moments.

Guillaume.

 

 

Orville Gibson, le Père d’une guitare devenue mythique.


 

Gibson. Ce nom sonne comme un « classique », au même titre que Marshall, Telecaster, Stradivarius. Les amateurs de rock, jazz, ou chanson française savent bien qu’il s’agit du nom d’un instrument très particulier, la guitare, et de l’une de ses marques représentatives les plus fameuses. Mais qui était donc ce fameux Gibson ? (pour les plus jeunes, sachez qu’il n’a rien à voir avec Mel « Mad Max »- « BraveHeart » Gibson, acteur australien).

Orville H.Gibson, né en 1856 aux Etats-Unis, a crée l’entreprise Gibson en 1902. Avant d’assumer la charge à temps plein au sein de son entreprise de lutherie spécialisée dans la fabrication de guitares, le jeune Orville Gibson s’essaya très tôt à confectionner des guitares et des mandolines, tout en ayant des petits métiers à côté. En 1898, il avait déposé un brevet pour modifier les mandolines, à savoir aplanir le fond de caisse, bomber la table d’harmonie et un allongement significatif du manche. Seulement 2 ans après avoir ouvert sa propre usine de fabrication de guitares, Orville H. Gibson doit céder ses droits sur son brevet à des hommes d’affaires américains. L’aventure s’arrêtera là pour lui.

Dès 1906, les guitares qui sont alors sorties des ateliers Gibson, ne sont plus des modèles créés, fabriquées, par leur inventeur. L’histoire, à priori banale, d’un génial inventeur qui se fait ensuite déposséder de sa création et des droits de regard sur celle-ci, est alors déjà monnaie courante. Depuis cette époque, aujourd’hui lointaine, le nom de Gisbon est devenu mythique chez les plus grands noms de la guitare du 20ème siècle et d’aujourd’hui. Les mondes du blues, bien sûr, du jazz, et du rock, regorgent de musiciens célèbres ayant exercé leur talent ou se produisant encore sur les scènes du monde entier. Pour exemple, voici quelques noms :

Parmi les bluesmen et jazzmen vous trouverez Robert Johnson (artiste auquel le dessinateur Mezzo a consacré une superbe bande dessinée (« Love in Vain », aux éditions Glénat, en compagnie de son complice Jean-Michel Dupont, qu’ils étaient venus présentés en 2016, et auquel le guitariste fontenaysien Michel Seban avait également rendu hommage lors d’un kiosque), Albert King, Freddie King, Eric Clapton, T-Bone Walker, Larry Carlton, Charlie Christian, Wes Montgomery entre autres. Dans l’univers du rock, on peut citer Jeff Beck (Yardbirds, Jeff Beck Group), Chuck Berry, Ritchie Blackmore (Deep Purple, Rainbow), Angus Young (ACDC), The Edge (U2), Peter Frampton (Humbe Pie), Ace Frehley (Kiss), Billy Gibbons (ZZ Top), Gary Moore (Thin Lizzy), David Gilmour (Pink Floyd), Jimi Hendrix (Jimi Hendrix Experience), Jimmy Page (Led Zeppelin), Joe Perry (Aerosmith), Keith Richards (Rolling Stones). Chez les guitaristes français je citerai surtout Louis Bertignac (Téléphone, Les Insus) et Paul Personne. Toutes ces personnalités ont donc eu le privilège d’avoir en main un des modèles de guitare Gibson. Certains d’entre eux possèdent des exemplaires « signées » de leu nom. Le plus célèbre étant Les Paul  devenue au fil des années un objet de convoitise et d’adoration pour tout guitariste qui se respecte. Un modèle à part. Unique.

Je vous laisse avec une belle brochette d’as de la 6-cordes en mode Gibson Majeur. Savourez!!!!

Guillaume.

 

 

 

Il était une fois … 1974!


 

Cette année-là, en France, dès janvier, Pierre Messmer est reconduit premier ministre de George Pompidou, qui décèdera le 2 avril. En mars, l’aéroport Charles-De-Gaulle est inauguré. Au cours de ce même mois a lieu le dernier voyage d’un train à vapeur. Le 19 mai, Valéry Giscard d’Estaing sera élu président de la République, Jacques Chirac nommé premier ministre. En juin, la majorité civile, jusque-là établie à 21 ans , est ramenée à 18 ans. En juillet, Françoise Giroud, journaliste-écrivain, entre au gouvernement et prend la tête du premier secrétariat d’Etat aux droits des femmes. En Août, Le plateau du Larzac voit débarquer 100.000 personnes, dans le cadre la suite de la contestation de l’élargissement du camp militaire basé à proximité. En décembre, une loi est votée autorisant l’accession  à la pilule pour les -18 ans, sans autorisation parentale, et remboursée par la sécurité sociale. De nombreux centres de planning familial vont ouvrir. Le 20 décembre, la loi présentée par Simone Veil sur l’interruption volontaire de grossesse est votée. Elle sera mise en application dès 1975. 1974 marque aussi la fin de L’ORTF. Place à 4 grands médias : TF1, Antenne 2, France 3, Radio France, et 3 sociétés de productions que seront TDF, la SFP, et L’INA.

Dans le monde, ce qui retient l’attention ce sont l’expulsion d’URSS de l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, la fin de la dictature militaire au Portugal, l’Inde qui devient le 6ème pays détenteur de l’arme nucléaire, la fin de la dictature en Grèce et le rétablissement de la démocratie, l’adoption (en juillet 74!) par son assemblée de la langue française comme langue officielle du Québec. A noter les disparitions de personnalités telles que le jazzman Duke Ellington, le violoniste russe David Oïstrakh, ou du réalisateur italien Vittorio de Sica .

Mais place à notre désormais rituelle petite histoire inventée.

Waterloo au printemps. Dans cette ville tristement célèbre pour une déroute militaire mémorable de Napoléon, le temps est gris ce jour-là. J’ai 10 ans, timide. Adossé à un muret, entouré de camarades de mon âge dans une école anglaise, j’en suis le mal-aimé. Celui sur qui il est bon de se défouler. Certains garçons se verraient bien en mode Gigi L’amoroso, incarnation latine du british-lover-dandy, comme savaient si bien les incarner David Bowie ou Bryan Ferry. Trop jeune pour comprendre les grands et leurs tourments amoureux, les parades amoureuses, les « I honestly love you », ou « je t’aime je t’aime je t’aime », ou encore « On se retrouvera », comme répétés pour mieux convaincre la personne convoitée, je me tiens à l’écart de ce monde qui m’est pour l’heure étranger. Mais pas pour longtemps.

J’ai un ami, nommé William. il a 3 ans de plus que moi. Les tourments de l’amour lui trottent dans le cerveau. Il aime une fille. Anna, de 2 ans son ainée. Il a écrit une chanson pour elle. Il me dit qu’à la première occasion, il lui chantera, au téléphone, si il ne peut la voir. William est tombé amoureux sans le savoir d’une super nana. Belle, quelques tâches de rousseurs parcourant son visage, l’allure assurée d’une fille qui sait déjà plaire aux garçons, elle écoute du rock, bercée par les 33 tours que son père Freddie, la quarantaine déjà fatiguée d’un homme travaillant en usine qui fabrique des voitures (Austin Mini), passant ses soirées dans les pubs à boire des coups avec sa bande potes et jouant son argent aux courses de chevaux, lui a fait découvrir… Stones, Beatles, Elton John, Queen.. tous les classiques y passent! Il a une devise : pour lui la vie « it’s only rock’n’roll ». Affectueusement, Anna surnomme William « Billy ». Ses amies, connaissant son goût pour les garçons plus âgés qu’elle, se demandent en me voyant à ses côtés : « Qui c’est celui-là? ». Un soir qu’il est chez son père, le téléphone sonne. Sa mère, vivant à Bruxelles pour le travail, au bout du fil (expression désuète aujourd’hui au vu des cellulaires de notre quotidien). Elle n’a pas vu son fils depuis trop longtemps. Freddie prend alors le combiné et après quelques minutes d’une âpre discussion, une décision est prise. William quitte Waterloo pour la Venise du nord, sa mère, et sans doute une vie un peu meilleure. Il comprend alors qu’il ne reverra sans doute jamais Anna. Le téléphone pleure.

Le cœur déchiré, l’âme en peine, William s’en va, me laissant seul, et abandonnant son père à ses beuveries partagés, sa solitude plombée par le climat local.

Et moi, je me dis : « Vivement 1975! »

Guillaume.