Archives d’Auteur: Laurent

Le rap, un art masculin? Détrompez-vous…


Trop souvent vu comme une musique hyper macho, réservé à la gente masculine, le rap est en réalité un art où les femmes ont une place historique et n’ont jamais été que des accessoires sexys pour les clips, elles ont du talent à revendre et des choses à dires et je vais vous en faire la démonstration aujourd’hui, j’ai pris le parti de diviser les artistes dont je vais vous parler en plusieurs catégories en commençant par celles qui ont ouvert les portes.

 

LES PIONNIÈRES:

A la fin des années 80, le rap est déjà bien installé comme la musique urbaine qui monte et il est vrai qu’à cette époque, le milieu est principalement masculin jusqu’à l’arrivée d’une certaine Roxanne Shanté, qui, selon mes connaissances est la première rappeuse a enregistré un morceau avec son “Roxanne’s revenge” en réponse à “Roxanne Roxanne” du groupe UFTO, voilà la guerre des Roxanne lancée et les débuts du rap au féminin. Les deux autres grandes figures de la genèse des filles dans le rap et ces deux-là ont probablement encore plus marquées l’histoire que Shanté, je parle évidemment de Queen Latifah et MC Lyte, les vrais fers de lance du mouvement ce sont elles. Queen Latifah propose un rap engagé, politique, sorte de pendant femme d’un Rakim, son “U.N.I.T.Y” résonne encore aujourd’hui comme un hymne à la paix. Quant à MC Lyte, c’est le talent à l’état pur, un flow génial, des rimes super affûtées, capable de proposer des morceaux engagés, comme des chansons pour faire la fête, la belle de Brooklyn sait tout faire. Il y eut bien sûr d’autres artistes marquantes à l’époque comme Yo-Yo, Salt’n Pepa ou Angie Martinez, la fameuse animatrice/rappeuse de la radio Hot 97 et vous les retrouverez dans la playlist.

 

LES FRENCHIES:

Avant de continuer sur les rappeuses US, je vous propose de traverser l’atlantique et de re/découvrir les talents hexagonaux, parce que mine de rien,on est gâtés aussi, en France. Vous connaissez probablement tous Diam’s, pas besoin d’en rajouter à mon avis, mais je vous conseille vraiment de fouiller un peu sur ce qu’elle faisait avant d’être célèbre, notamment avec Mafia Trece, “la boulette” envoyait du lourd. Je préfère me concentrer sur Casey, qui pour moi, textuellement est l’une des artistes les plus intéressantes, hommes/femmes confondus, son flow ne plaira pas à tout le monde, c’est sûr, moi j’adore, mais au niveau de l’écriture, peu de mc’s sont au niveau, son “Chez moi” où elle parle de “sa” Martinique est tout simplement génial. Dans le même genre, mais de l’autre côté de la carte, il y a Keny Arkana, cette jeune Marseillaise n’a que deux disques studios, mais de nombreuses mixtapes et des collaborations à gogo. Mais avant tout ça, nous aussi on avait des pionnières et si les noms de Lady Laistee, Sté Strausz ou Princess Aniès ne vous disent rien, s’il vous plaît, écoutez la playlist, parce que ces 3 nanas ont ouvert les portes pour les femmes dans le rap Français.

 

LES RAPPEUSES A TEXTE:

Retour aux US avec cette autre catégorie, celles qui ont message à faire passer et elles sont nombreuses dans ce cas. En réalité, c’est en écoutant une rappeuse actuelle que j’ai eu envie de faire cette chronique, l’artiste en question, c’est Rapsody, la nouvelle signature de Roc Nation (le label de Jay-Z) est tout simplement ma rappeuse préférée actuellement, techniquement, textuellement, je ne vois vraiment pas qui peut rivaliser avec cette nana. Ce n’est évidemment pas la seule, j’aimais énormément l’égérie féminine des Ruff Ryders, Eve, cette blonde avec ces pattes de chiens tatouées sur la poitrine avait un style unique et des morceaux mythiques. Sans doute moins connue mais tout aussi talentueuse, son équivalent dans le Flipmode Squad, la bande à Busta Rhymes, la géniale Rah Digga, au début des années 2000, elle régnait sur le rap underground, selon moi. D’autres telles que Jean Grae, l’acolyte de Talib Kweli ou Bahamadia sont à découvrir dans la playlist.

 

LES “SEXYS”:

L’autre catégorie et je mentirais si je disais qu’elle n’existe pas, je dirais même qu’elles sont sans doute les plus connues, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elles ne regorgent pas de talent, ce sont les mc’s sexys, évidemment, c’est aussi l’un des thèmes récurrents du rap, chez les hommes, comme chez les femmes. Récemment, le phénomène Cardi B qui a enflammé le web avec son “Bodak Yellow” ou Nicki Minaj avant elle, voire Iggy Azalea, même si carrière est un peu partie en flamme depuis, elles sont les fers de lance de cette génération est vous en avez sans doute déjà entendu parler, alors je vais revenir en arrière et plutôt faire la lumière sur les anciennes, qui étaient, à mon avis bien meilleures. Je parle de la sulfureuse Lil’Kim, le visage féminin de la grande époque Bad Boy, celle-ci même, qui se disputait les faveurs de Notorious B.I.G et au delà de son côté hot, elle a su proposer des morceaux très hip hop comme “Lighters up” ou “Whoa” par exemple. Même chose pour Foxy Brown, l’autre grand nom de l’époque, qui avec “Get me home” pertubait tous les gars qui écoutait, mais pouvait aussi nous sortir des tracks comme “I’ll be good” ou encore sa collaboration avec The Firm. Pour finir, je citerais Remy Ma, l’atout charme du Terror Squad, même si carrière a été interrompu par un séjour à l’ombre, elle est encore capable de nous sortir des bangers mémorables comme son “All the way up” sorti en 2016.

 

LES “BONUS”:

Pas forcément des rappeuses à plein temps, elles varient entre chants et rap, mais sont parfois même meilleures que les “vraies” mc’s, quelques noms en vracs qui apparaîtront dans la liste écoutables, je vous citerais en premier lieu, Ms Lauryn Hill, l’ex des Fugees est l’exemple parfait de la chanteuse capable de rapper mieux que la plupart, sur “Lost ones” par exemple, ou à l’époque des Fugees avec “Boof baf” par exemple. Missy Elliott aussi, difficile à classer, elle oscille entre rap et morceaux plus R’n’B, mais excelle à chaque fois. Que dire alors de Janelle Monae ou Kelis, géniales également dans les 2 rôles et j’ai failli oublier les anciennes de Salt’ N Pepa, pourtant inoubliables avec leur “Let’s talk about sex”.

 

Voilà, j’espère vous avoir convaincu que les clichés, ne sont pas toujours vrais et que même si certains sont réels, il faut parfois savoir passer au-delà pour découvrir de belles choses.

 

Laurent

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L’histoire d’une chanson: Eleanor Rigby


Voilà une chanson dont j’aurais pu parler dans “Nos samples rendez-vous”, mais il me semblait plus intéressant d’en faire un nouveau volet de “L’histoire d’une chanson” car c’est vraiment l’un des mythes de l’immense discographie des Beatles et elle a été reprise par un nombre d’artistes incalculable.

Qui est en réalité cette Eleanor Rigby? Ca a torturé les fans des Beatles pendant un moment et du coup, plusieurs théories ont émergées, a t-elle été réelle? Est-elle sortie tout droit de l’imagination de Paul McCartney? C’est cette dernière qui a été validée par l’intéressé après plusieurs années de débats entre les Beatlemaniacs.

C’est en 1966 que la chanson sort sur le septième album de nos quatres garçons dans le vent, mais en réalité, ça faisait un moment déjà que cette mélodie trainait dans la tête de McCartney, le premier vers aussi, cette femme qui ramasse le riz dans les églises après les mariages, cette femme, ce n’est pas encore Eleanor, au départ, Paul McCartney l’appelle Daisy Hawkins. Il insiste pendant un temps, mais ça ne lui convient pas, ça ne semble pas crédible et cette Daisy lui paraît trop jeune pour ce genre de vécu, il décide donc de la vieillir et de lui donner un autre prénom et opte pour Eleanor, l’actrice Eleanor Bron avec qui il partage l’affiche de “Help” qui lui aurait donné l’idée. Reste le nom de famille… L’histoire dit que le nom Rigby lui serait venu d’un négociant de vin de Bristol, “Rigby & Evens Ltd, Wine & Spirit Shippers”, nom et prénom avait une bonne sonorité et lui paraissait mieux adapté pour cette femme isolée, d’un certain âge et qui évoque cette solitude mélancolique, forcément Daisy, c’était un peu trop sexy pour cette situation.

A ce stade, le texte avance bien avec l’aide de Pete Shotton et John Lennon, nous est introduit un nouveau personnage, le père McKenzie, qui était au départ le père McCartney, le chanteur ne voulait pas qu’on confonde avec son véritable père, il a donc décidé de modifier le nom, mais garda la même consonance. C’est ce révérend qui officie dans l’église ou Eleanor et qui, lui aussi est affecté par la solitude, il écrit des sermons que personne n’écoute et passe ses soirées à repriser ses chaussettes. La rencontre entre ces deux personnages se fera lors du dernier couplet ou Eleanor décède et c’est le père McKenzie qui l’enterrera, oui c’est pas très gai tout ça et c’est un vrai tournant dans la carrière des Beatles, qui étaient à la base bien plus pop et plus fun que ça.

Pour coller à ce texte, ils leur fallait une mélodie qui prenne un peu aux tripes et la guitare acoustique de McCartney n’aurait pas suffi et c’est la qu’interviendra George Martin, producteur historique des Beatles, qui va y ajouter des violons et des violoncelles, en s’inspirant des musiques de films d’Alfred Hitchcock.

Le résultat est tout simplement géniale et elle inspirera de nombreux artistes, très variés, de Ray Charles à Alice Cooper, en passant par Tété ou Talib Kweli, tous les styles sont touchés et la playlist à suivre n’en est qu’une petite illustration.

 

Laurent

Deux disques qui me donnent espoir pour le rap Français.


Je vais faire quelque chose que je ne fais pas habituellement, mais vu le nombre de sortie actuellement, je vais faire une exception à la règle, à savoir vous parler de deux albums dans la même chronique, à savoir celui de Demi Portion, “Super héros” et de “Masque blanc” pour S.Pri Noir.

Je dis dans le titre que ces deux disques me donnent de l’espoir pour le rap Français, parce que ça fait un bon moment que je n’avais pas accroché un album de rap hexagonal, comme ces deux-là, je pense depuis le dernier opus de Demi Portion à vrai dire… Il s’agit de deux styles assez différents, celui d’S.Pri Noir est estampillé du hip hop Parisien actuel, assez dur, sans concessions, avec une majeure partie de productions assez sombres, mais vraiment bonnes, c’est d’ailleurs par là que j’ai commencé à accrocher le disque, je me suis attardé seulement après sur les textes d’S.Pri, qui sont en réalité super bien écrit, après, j’ai toujours ce gros blocage à propos de l’autotune et ça m’a un peu freiné au départ.

Mais je dois dire que parmi les mc’s de la nouvelle génération qui (pour moi) sur-utilise cette technique, qui, à petite dose peut être une valeur ajoutée, S.Pri Noir se démarque quand même, parce que d’abord il n’oublie pas de kicker le mic au profit de ce chant robotique et en plus de ça, il a des textes vraiment marquants, notamment celui de “Seck” que j’ai trouvé magnifique. Les morceaux phares comme “Highlander” et “Skywalker” aussi sont puissant, j’aime beaucoup le featuring avec Nekfeu pour “Juste pour voir”, ce n’est pas la première collaboration entre les deux et franchement, ils tournent vraiment bien ensemble.

Par contre, en étant tout à fait objectif, les morceaux plus orientés club, comme “Fusée ariane”, ça ne prend pas pour moi, pour les raisons ci-dessus, mais aussi sans doute que c’est générationnel, donc passons…

Alors voilà, avec ce disque, je me dis que cette nouvelle générations de mc Parisien n’est pas dénué de talent et que peut être, j’arriverais de nouveau à m’intéresser à ce qui se fait près de chez nous.

Pour ce qu’il en est de “Super héros”, le cinquième album de Demi Portion, c’est plus une évidence pour moi, je vous en avais parlé pour son précédent disque, “2 chez moi” et j’avais déjà été très clair sur ce que je pense de Rachid de Sète, c’est un des grands du rap Français, aucun doute pour moi!!!

Pour “Super héros”, Demi P a rassemblé son équipe habituelle, DJ Rolxx et Sprinter, s’est enfermé à Sète et a masterisé la galette à Paris, le résultat : 14 titres solides, toujours ce message de paix et de respect, ses textes toujours pleins de références pop culture dans lesquelles je me retrouve beaucoup aussi, j’ai parfois l’impression qu’on a grandi dans la même chambre (rires), par exemple dans “Super héros” où il conclut par “Ma voix dans l’equalizer, le gardien de ma galaxie, un super héros qui s’appelle juste MC”. On entend d’ailleurs le fils de Demi P à la fin du track et on sent la relation entre eux, très forte et là aussi je m’y retrouve.

Côté featuring, un seul au programme sur les quatorze titres, un seul me direz-vous? Oui, mais ce n’est que l’un des 2 groupes les plus marquants de l’histoire du rap Français, ces messieurs d’IAM, pour le morceau “Comme un prince”, qui reprend le même sample que Dr Dre avait utilisé sur son dernier disque, pour le morceau “It’s all on me”. J’adorais déjà celui de Dre et je me suis posé la question quand j’ai entendu les premières notes, mais franchement, Demi P, Shurik’n et Akhenaton sont au niveau de la légende de Compton, le morceau est l’un de mes préférés du disque.

J’ai beaucoup aimé “Salam” aussi, qui revient sur ses origines Marocaines, le clip est vraiment chouette aussi, simple, mais les paysages sont magnifiques, le message de ce jeune qui a besoin d’autre chose, mais pas forcément de quitter son pays est intéressant, contraire à ce qu’on voit habituellement, à savoir que tout les Marocains veulent venir en France et que ceux qui sont là, veulent repartir au pays, ici, non, le gars aime son pays et part à sa découverte sans besoin d’ailleurs, c’est un bel hymne à ce beau pays qu’est le Maroc.

Pour finir, je vous dirais que le track que je préfère, c’est “Retour aux sources”, où Rachid raconte son histoire et son parcours dans le hip hop, simple, vrai, un véritable super héros du rap.

 

Laurent

Les Soulections #13 : D’Angelo


Seulement trois albums studio entre 1995 et aujourd’hui, alors comment se fait-il que D’Angelo soit un artiste si marquant de l’univers Soul depuis le début des années 90? Certes la quantité ne fait pas tout mais bon…

Pour ma part, je dirais que sa voix un peu comparable à celle de Marvin Gaye (oui j’ose) y est pour beaucoup et son aide pour ouvrir les portes à la Nu-Soul aussi, avec Erykah Badu, c’est l’un de ceux que l’on peut appeler précurseur dans cette générations d’artistes.

Mais revenons un peu dans le passé, car dans le genre surdoué, Michael Archer (C’est son vrai nom) est quand même un cas officiel! Surpris par son grand frère à l’âge de trois ans en train de jouer du piano à merveille, le gamin va vite s’engager sur la voie de la musique et saute de concours en open mic en ayant plus que souvent la faveur des auditeurs.

Un jour de 1993, après avoir envoyé une démo au label EMI, on lui propose une audition où il scotche les producteurs avec un récital de piano/voix de près de trois heures. EMI le signe instantanément et lui demande de composer pour d’autres artistes pour commencer, notamment sur la B.O de “Jason’s lyrics” (Sang noir en Français) pour le fameux Black Men United et leur titre “You will know”, pour rappel Black Men United, c’était un super collectif d’artistes R’nB composé entre autre de Boyz II Men, Joe, Brian McKnight, Raphael Saadiq et Lenny Kravitz à la guitare (rien que ça).

Point de départ, d’une drôle de carrière, faite de succès mais aussi d’immenses trous d’air… Quoi qu’il en soit, en 1995, soit un an après le succès de “U will know”, D’Angelo sort son premier disque solo, “Brown sugar”, qui au départ, n’obtient pas le succès escompté par le label, ça marche, oui, mais EMI en attendait plus, ce n’est que quelques semaines plus tard que les ventes grimpent, peut être que le public n’était pas encore prêt pour ce son un peu moins “mainstream” que celui auquel il était habitué, faut dire qu’en 1995 on sort à peine de la New Jack, alors un retour vers un son plus proche de celui de la soul des 70’s que du R’nB des 80’s, ça a du choquer un peu au départ! Mais voilà, avec les talents vocaux et musicaux du gamin de 21 ans et porté par des titres tels que “Brown Sugar”, “Lady” ou “Cruisin”, ce disque se devait de devenir un classique et c’est le cas.

A la suite de ça, D’Angelo part en tournée pendant plus de deux ans pour promouvoir l’album et vu le niveau qu’il propose en live, ça marche très fort et le public en redemande… seulement, selon les dires de l’artiste, il se retrouve dans une longue période de “feuille blanche” et n’arrive plus à écrire, donc, les années passent et le deuxième album ne pointe toujours pas le bout de son nez.

Pour ne pas se faire oublier, il sort plusieurs covers de titres légendaires tels que “Your precious love” avec Erykah Badu ou la reprise du titre de Prince “She’s always in my hair” et continue à tourner en live avec ses proches jusqu’à devenir le co-créateur des fameux Soulquarians en compagnie de Questlove des Roots, Common, J.Dilla et autres…

La période de disette se conclut en 2000 avec la sortie de son deuxième disque, “Voodoo”, LE disque qui va le consacrer comme un artiste incontournable et notamment à cause d’un morceau ou plutôt un clip, celui du troisième single de l’album “Untitled”. Dans cette vidéo, D’Angelo commence sur un close up sur son visage et au fur et à mesure, la caméra recule lentement et on découvre un D’Angelo nu, huilé et hyper musclé, mesdames, attention les yeux, ça pique!!! Le clip est censuré sur MTV et pourtant rien de dévoilé en dessous de la ceinture, mais c’est clairement très suggestif!

D’Angelo devient instantanément un icône sexy et ces concerts deviennent un déchaînement de groupies, au delà de ça, le disque est vraiment génial et devient un classique du genre.

Malheureusement, ce succès est un peu trop intense pour l’artiste et il sombre dans une grosse dépression, alcool, drogues, prises de poids sa relation avec Angie Stone prend fin et en réalité entre 2002 et 2013, hormis quelques collaborations, le peu de fois où on entend parler de Dee, c’est plutôt pour des faits divers qu’autre chose…

Il essaie bien de sortir un disque, quasi fini, mais l’affaire ne se conclut pas et c’est repoussé jusqu’en 2014 avec un tout nouveau projet du nom de “Black Messiah”, en étant complètement honnête, c’est clairement le disque que j’aime le moins, un peu trop rock pour moi, mais l’ensemble reste quand même de qualité.

Alors voilà, en attendant une suite à tout ça, D’Angelo reste un des génies qui nous a permit de découvrir la Nu-Soul et rien que pour ça, une petite playlist est de rigueur…

 

Laurent

1 an en musique : 1982


1 an plus tard… 1982, j’ai 1 an, l’heure pour moi de me tenir debout et d’effectuer mes premiers pas de danse dans mes pampers, mais j’y viendrais plus tard, en attendant, préparez-vous pour un retour dans le passé, montez dans la Delorean…

WooooooW!!! Ca décoiffe non? Ca y est vous êtes remis? Je vais donc vous proposer une playlist pour résumer 1982 en douze morceaux, en incluant, mon inavouable. Un peu moins Funky que l’année précédente et plus orientée pop, cette playlist reste quand même assez proche de mon univers musical habituel.

Comment commencer autrement qu’avec LE morceau qui a ouvert les portes du rap au monde entier, à savoir « The message » de Grandmaster Flash et les Furious Five, je vous en avais parlé dans la chronique sur « Hip Hop Evolution » de Netflix, qui traite de l’histoire du hip hop, des origines à nos jours.

Vous y retrouverez aussi la chanson la plus célèbre du plus célèbre de tous les artistes Soul, l’immense Marvin Gaye et son inoubliable “Sexual healing”, probablement la chanson ou l’une des chansons les plus sensuelles de tous les temps et une de mes favorites, toutes catégories confondues. Toujours au rayon Soul, si Marvin Gaye est le roi, sa reine ne peut être autre qu’Aretha Franklin, ici son “Jump to it”, composé par Marcus Miller et écrit par mon chouchou Luther Vandross marque un virage plus funky dans la carrière de la Queen of soul.

Quelle chanson pour illustrer le mieux un pont entre la soul et la pop que le duo entre Stevie Wonder et Paul McCartney pour “Ebony and Ivory” sur l’album “Tug of war”, enregistré juste après l’assassinat de John Lennon. Chanson de paix et d’amour où les deux géants nous démontre que si les notes, blanches et noires de leurs piano peuvent cohabiter, alors pourquoi les hommes n’en feraient pas autant?

J’ai choisi aussi l’excellent “Come on Eileen” des Dexys Midnight Runners, la chanson qui donne la pêche par excellence. Vous retrouverez aussi “The eye of the tiger”, de Survivor, qui avant d’être la B.O géniale qui accompagnait l’entrainement de Rocky pour le combat contre Clubber Lang était le hit qui allait faire connaître le groupe.

Un peu de Culture club aussi avec “Do you really want to hurt me?” et puis mon inavouable, Philippe Lavil, pour “Il tape sur des bambous”, le titre qui m’a permis de tenir sur deux pattes!!! Et oui, c’est la petite anecdote perso du jour, j’aimais tellement cette chanson et je voulais tellement la remettre en boucle, ce qui devait rendre fou mes parents, que je me suis levé et bien accroché à ma couche j’ai couru jusqu’au tourne disque…

Voilà, ma petite séance nostalgie est terminée donc…

Laurent

Dirty computer ou le Pussy Power par Janelle Monae.


“And we gon’ start a motherfuckin’ pussy riot or we gon’ have to put em on a pussy diet” dans le genre punchline féministe, Janelle pouvait difficilement faire plus fort, issu de “Django Jane”, l’un des quatres singles qui ont lancé la promo du disque, sur un track très hip hop, c’est comme ça que j’ai découvert que Monae allait sortir un album il y a quelques mois, je vous laisse imaginer comme j’étais impatient.

Je vous en avais parlé à retardement pour son “Electric Lady” et je disais déjà à l’époque que Janelle Monae serait l’une des artistes majeures de cette décennie, donc, vous avez compris, mon attente était grande à propos de son nouveau projet. En cinq ans, il s’en est passé des choses pour Janelle, elle brille au cinéma, possède son propre label (Wondaland) et est très investie politiquement et socialement, alors, avec tout ça, a t-elle eu le temps de nous concocter du costaud ou est-ce une déception?

Et bien, je dirais que si j’avais adoré ces précédents opus, ce “Dirty Computer” les surclasse tous!!! Janelle est libérée, libératrice et nous offre son disque le plus personnel en date, elle, qui a fait son coming out le 26 avril, s’affirmant comme “pansexuelle”, le terme a depuis explosé les moteurs de recherche, alors je vous laisse fouiller pour l’explication, quoi qu’il en soit, l’ex Cindi Mayweather s’assume et ça fonctionne à merveille!!!

Et musicalement me direz-vous? C’est Funky, c’est Pop, c’est Hip-Hop, ça respire l’influence de Prince à plein nez, notamment sur “Make me feel”, il aurait d’ailleurs travaillé avec Janelle sur le projet avant de nous quitter. On a aussi des ballades avec “Don’t judge me” ou le magnifique “I like that” et dans chaque style, la belle du Kansas excelle.

Le travail visuel aussi, est a souligné, comme à chaque fois, les clips sont très soignés et notamment celui de “Pynk”, si vous ne l’avez pas vu, je ne vous gâche pas le plaisir et je vous laisse le découvrir. Le disque est également accompagné d’un moyen métrage que je vous mets aussi en lien, il dénonce, sous couvert de science fiction, la politique de Trump et les difficultés pour ceux qui ont des orientations sexuelles autre que les hétéros.

Clairement, c’est pour moi, l’un des meilleurs disques de ce début d’année et je pense qu’on a pas fini d’entendre parler de Janelle Monae.

 

Laurent

The Chi, digne héritière des séries de David Simon


Ne perdons pas de temps, je me dois d’être clair de suite sur mon point de vue à propos de The Chi, c’est MON COUP DE COEUR de ce début d’année 2018 en terme de séries et vous verrez que niveau bande originale, on est pas mal non plus, mais j’y viendrais plus tard.

La série est réalisée par Lena Waithe, qui vous sera peut être familière si vous avez regardé Master of none sur Netflix, elle y joue le rôle de l’amie lesbienne de Dev, le héros de la série. Elle a également participée à l’écriture du show et a gagné un Emmy pour celle-ci, mais voilà ça ne suffisait pas à la jeune actrice/réalisatrice, elle avait en tête un tout autre projet, la création originale d’une série qui raconterait sa vision de sa ville natale de Chicago, la vie de la communauté Afro-Américaine de la “Windy city”. Pour ça, elle s’est offert un allié de poids et un Chicagoan par dessus ça, un certain Common, je vous en ai déjà parlé 2 ou 3 fois, je sais… Mais ici, il s’agit d’une autre facette de son talent, la comédie et la production aussi.

Voilà, l’histoire me rappelle un peu le film Collision dans sa manière d’être traitée, à savoir qu’en partant d’un événement bien précis, toute une communauté peut être impactée par les répercussions et que même des gens qui ne se connaissent pas peuvent être touchées… et pas qu’un peu.

Nous rencontrerons un jeune cuisinier de talent qui lutte pour se faire une place dans le monde de la restauration, un groupe de pré-ados tiraillés entre les gangs et l’école, un ancien gangster sur le retour ou encore un vétéran militaire qui lutte pour trouver sa route après l’armée et bien d’autres encore…

C’est difficile de vous en dire plus sans spoiler le récit, je n’en dirais donc pas plus sur l’histoire, par contre au casting, vous allez retrouver quelques visages familiers: Jason Mitchell qui jouait le rôle d’Eazy-E dans le biopic de NWA, Sonja Sohn, ma Kima de The Wire, Common donc, vous connaissez déjà si vous me lisez et puis le tout jeune Alex Hibbert, qui jouait un des rôles titres de Moonlight, le film oscarisé en 2016, on est pas mal en résumé… Quant à l’écriture, elle est très juste, efficace sans trop en faire, Lena prend son temps pour nous introduire les personnages et c’est en ça, que The Chi me rappelle beaucoup les séries de David Simon et plus particulièrement The Wire et Treme, où le personnage principal n’est autre que la ville elle-même, en l’occurrence, Chicago.

Bon et la musique dans tout ça me direz-vous? Et bah, là aussi, on a du très bon au programme, la ville de Chicago est assez fournie musicalement et dès l’intro de la série et la ballade de Coogie sur son vélo, les personnes en charges du soundtrack ont tapé très fort avec Chance The Rapper, la révélation musicale de Chicago et son “Coloring book”, personnellement, ça m’a plongé directement dans la série. Et ce ne sont que les premières minutes du show… Après ça, c’est une avalanche de bons sons, on oscille entre hip hop, R’n’B et Soul classique, moi qui suis clairement porté sur ce type de musique, j’ai compris ici, l’étendue du boulot qu’il me reste à accomplir pour parfaire mes connaissances tant j’ai fait des découvertes en regardant la série, je peux vous assurer que mon Shazam a chauffé!!! De Taylor Bennett à Noname en passant par The Cool kids, j’ai pas arrêté!!! Rassurez-vous, vous allez reconnaître quelques noms sur la tracklist, évidemment on retrouve Common, ce serait quand même un scandale qu’il n’y soit pas, Kendrick Lamar, le type est partout, mais aussi Mick Jenkins et Vince Staples, deux visages phares de la new school et côté Soul, l’excellent Lee Fields ou encore Sharon Jones.

Vous voyez, je vous ai pas menti, c’est du lourd!!! Pour conclure, je vous conseille fortement de tendre l’oreille durant l’épisode de la Block party, là, y’a vraiment des pépites!!!

En attendant la saison 2 avec impatience, je vous laisse dans les rues de Chicago en compagnie de Brandon, Kevin, Papa, Laverne et les autres… ENJOY.

 

Laurent

 

Nos samples rendez-vous #27 : Oxmo Puccino et Con Funk shun


Je vous en parlais il n’y a pas si longtemps dans l’article sur le hip hop et le storytelling car Oxmo Puccino est un des maîtres dans le genre et le morceau dont je vais vous parler aujourd’hui en est un autre exemple, “Le mensongeur”.
La chanson parle d’une histoire de séduction entre Oxmo et K-Reen, avec qui, il a enregistré plusieurs duo à l’époque, ces deux-là ont toujours fonctionnés à merveille ensemble et “Mensongeur” en est sans doute l’exemple le plus parlant.
Ici, Ox essaye par tous les moyens de séduire une K-Reen réfractaire à ses avances, car elle connait le pedigree de dragueur de ce dernier. La boucle ultra funky de Con Funk Shun a fait danser toute une génération, moi y compris et jusqu’à aujourd’hui, c’est l’un de mes morceaux préférés de l’immense discographie de Puccino.
Quant au sample, de Con Funk Shun donc, il provient de la chanson “If I’m your lover”, tiré de l’album “Fever” en 1983, c’est le dernier morceau du disque et il n’a étonnamment pas fait l’objet d’un single, je pense qu’avec le recul, ils auraient dû!
Pour le thème, on reste sur l’amour, mais c’est l’inverse du “Mensongeur”, il s’agit d’un couple en perdition, ou le gars essaie tant bien que mal de garder la flamme vivante, se sentant délaissé par sa tendre et douce…
Oxmo a réutilisé la boucle sans vraiment la retravailler, comme quoi, Funk, Rap et une bose dose d’amour sont un savant mélange qui fonctionne.
Laurent

Elijah Blake, free at last…



Aussi talentueux comme auteur qu’en tant que chanteur lui-même, Elijah Blake nous revient après avoir quitter Def Jam, en indépendant sur le label Steel Wool et mon dieu que c’était une bonne idée!!! Pas que ses productions antérieures n’étaient pas de qualité, non, simplement, avec “Audiology”, on redécouvre un artiste libéré, qui drive son propre navire et avec le talent qui est le sien, c’est du lourd!!!
Le jeune Dominicain nous revient donc avec un deuxième album studio, deux ans après le très bon “Shadows and diamonds”, composé de quatorze titres, pour près d’une heure de bonheur musical, le ton me fait un peu pensé à un mix entre du Bruno Mars et Khalid, dont je vous avais parlé plus tôt cette année, cinq fois nominé aux Grammy depuis.
Le disque a des vibes 80’s et c’était le souhait de Blake, lui qui considère que cette décennie était la plus fournie en talent R’n’B/Pop avec évidemment Michael Jackson, mais aussi les plus beaux moments de Prince, l’une de ses idoles. Le single “Technicolor” illustre parfaitement cette tendance, j’ai eu l’impression de replonger dans le temps et de renfiler mon jean large et mon bomber’s pour aller aux après-midi du SMJ!!!
Assez de nostalgie, parlons actualité avec ce super disque où Elijah Blake dit avoir eu besoin de se sentir écouté par sa maison de disque et les producteurs et qu’être noyé dans la masse d’artistes chez Def Jam ne lui convenait plus, il a donc pris son envol et ce disque s’en ressent, il ne cherche pas le hit radio, il veut faire SA musique, du coup, on a des choses très variées, de l’up-tempo avec “Occupied”, par exemple, qui reprend la mélodie de “Around the way girl” de LL Cool J ou “Dopeamine” aussi. De la ballade bien sûr, avec notamment le superbe “Black and blue” et “Momma knows” qui est proche du Gospel.
Que ce soit sur du rapide ou du plus lent, Elijah se régale et nous aussi, mais le morceau dont je tenais vraiment à vous parler, c’est le bonus, “Hanging tree”, où l’artiste s’engage profondément dans les problèmes de société actuels aux Etats Unis, le retour des “White supremacists” avec la présidence de Trump. Il dit qu’il ne veut pas des chaînes de ses ancêtres, qu’il ne veut pas être une autre victime et finir sur les arbres de pendaisons.
La chanson est le premier single d’un album produit pour et par l’association Sankofa, créée par Harry Bellafonte, en collaboration avec de nombreux artistes, musicaux, cinéma et autres, pour donner une voix à ceux qu’on oublie et en faveur d’une justice égale pour tous.
L’album en question, “Broken window” bénéficiera d’un casting exceptionnel, avec des artistes tels que Nas, Sting, John Legend, Black Thought ou encore Joss Stone, à suivre dans une prochaine chronique, évidemment.
En attendant, je vous laisse découvrir l’immense talent d’Elijah Blake à travers ces quelques morceaux de son dernier opus.
Laurent

Les Soulections # 12 : Teddy Pendergrass


Alerte musique pour faire des enfants!!! Teddy Pendergrass est dans la place! On a affaire ici à un poids lourd de la soul suave et sensuelle. Ce type a une voix à faire fondre un igloo, mesdames, vous n’êtes pas prêtes
La carrière de “Teddy Bear” a subi de nombreux rebondissements, nous y reviendrons plus tard, pour le moment, on va se concentrer sur l’immense talent de celui qui était considéré pour beaucoup comme le Marvin Gaye du label Philadelphia.
Comme nombreux chanteurs Soul, Teddy a commencé par le Gospel dès son plus jeune âge et plus tard, s’est tourné également vers la batterie, pour laquelle il avait également un talent certain, c’est d’ailleurs par là que sa carrière va véritablement se construire.
Il intègre “The cadillacs” comme batteur et tourne avec eux pendant un certain temps avant que le groupe ne fusionne avec une autre formation: Harold Melvin and the Blue Notes.
La fusion est un véritable succès et le groupe explose aux yeux du grand public avec des titres comme “Wake up everybody”, un morceau fait pour éveiller les consciences et repris par un sacré paquets d’artistes, mais surtout les deux tubes interplanétaires: “Don’t leave me this way” et “If you don’t know me by now” . Ces deux chansons, vous les connaissez forcément, le premier va devenir un standard du disco et sa reprise par Thelma Houston sera encore plus spectaculaire! Quant au deuxième, c’est l’un des slows les plus romantiques jamais écrit.
Pendant quelques années, tout marche comme sur des roulettes, sauf que, Teddy Pendergrass commence à faire sérieusement de l’ombre à Harold Melvin, le fondateur du groupe, qui supporte mal que la plupart des titres soient chantés par Teddy et que le groupe devienne au fur et à mesure, le sien. La séparation est inévitable et si Pendergrass va continuer sa carrière solo avec le succès qu’on lui connait, les Blue notes vont disparaitres des charts.
En 1977, Teddy sort donc son premier album éponyme et quel album!!! Avec “The whole town’s laughing at me” et “You can’t hide from yourself”, le crooner tient ses singles et le public est conquis!!!
Jusqu’en 1982, au rythme d’un disque par an et avec des titres inoubliables tels que “Love TKO” ou “Close the door” Teddy Pendergrass devient la nouvelle icône sexy, image de la virilité avec ses concerts réservés aux femmes (pleins à craquer), sa voix puissante et suave fait tourner les têtes jusqu’à ce jour de Mars 1982 où il est victime d’un terrible accident qui va le laisser paralysé des deux jambes.
L’accident fait en plus des dégats physique, une grosse polémique car la déclaration officielle est que la Rolls du chanteur n’avait plus de freins, sauf que, Teddy n’était pas seul dans la voiture, il était en compagnie d’un danseur transexuel ayant déjà été arrêté pour des faits de prostitutions, ce qui, à l’époque est un petit scandale, surtout pour un séducteur comme Teddy. Du fait que le chanteur ait dédommagé fortement le danseur et sa famille, certains ont supposé que ceux-ci étaient en train d’avoir des relations au moment de l’accident et que Pendergrass aurait perdu le contrôle du véhicule, rumeur ou faits, on ne saura jamais…
Cependant, la carrière de celui-ci est mise en suspens le temps de la rééducation et si, il continuera d’avoir du succès sur ses albums studios, il refusera de monter sur scène en fauteuil roulant jusqu’en 1985 où il fera son retour acclamé par la foule, lors du concert “Live Aid” à Philadelphie.
Après ça, il a continué à sortir des disques jusqu’à la fin des années 90 avec plus ou de moins succès à la fin, il a ensuite fait le choix de se retirer du monde de la musique et de se concentrer sur des oeuvres caritatives.
En 2009, Teddy Pendergrass est hospitalisé pour une opération suite à son cancer du colon, tout se passe bien en apparence et l’artiste peut rentrer chez lui pour reprendre des forces auprès des siens. Seulement quelques semaines plus tard, il doit être de nouveau hospitalisé pour des problèmes respiratoires et cette fois, il va rester au Bryn Mawr Hospital, chez lui en Pennsylvanie jusqu’à son dernier souffle sept mois plus tard, le 13 Janvier 2010.
Laurent

The Roots, quand le hip hop prend vie sur scène.


Ladies and gentlemens, i give you … THE LEGENDARY ROOTS CREEEEEEWWWWW!!!

Je fais un peu le malin à commencer mon post en vous faisant une intro à la Jimmy Fallon, mais en réalité, je suis un peu frileux à l’idée de m’attaquer à un gros morceau comme le collectif de Philadelphie. Leur répertoire est tellement immense que c’est difficile d’en parler en quelques lignes sans faire du déjà vu, mais disons que pour les 30 ans de carrière (31 en réalité), je pouvais difficilement passer à côté, alors, je vais pas vous faire un historique, mais simplement mon ressenti sur la musique de ce groupe de génie.

J’ai entendu The Roots pour la première fois dans la nuit rap sur M6 (ça remonte, mine de rien…) avec le titre “Proceed” et je dois reconnaître qu’au départ, je trouvais ça sympa, mais décalé en comparaison de mes goûts de l’époque en matière de rap, on était quand même assez loin de ce que proposait le Wu-Tang, Redman, où du Gangsta rap Californien. Je me disais des instruments en live dans le rap?!? Bizarre… mais cool! En fait, mes jeunes oreilles musicales n’étaient pas encore prêtes à ce mélange étonnant et pourtant si logique.

Si pour moi, ça a commencé à la moitié des années 90, le point de départ, c’est la rencontre entre Tarik Trotter et Amir Thompson, alias Black Thought (le MC) et ?uestlove (le batteur), les 2 seuls membres présents depuis le début dans le line up, en 1987 et c’est une anecdote assez rigolote qui les a rapprochés, ils étaient au lycée et Black Thought avait été convoqué dans le bureau du proviseur pour avoir séché les cours, préférant fricoter avec sa copine de l’époque dans les couloirs du lycée, pendant qu’il se faisait réprimander, entre un autre élève, qui lui vient plutôt se faire bien voir, en apportant l’encas du proviseur. Les 2 protagonistes, déjà amoureux de musique connectent très vite, Questlove reproduisant les beats préférés de Thought, pour qu’il rappe dessus et c’est ainsi que l’histoire des Roots a commencé, mais j’ai promis de pas faire l’historique, je m’arrête donc là…

Pour en revenir à mon rapport avec leur musique, je dirais que c’est l’un des groupes qui m’a fait grandir musicalement parlant, qui m’a ouvert d’autres horizons, je me suis autorisé à écouter des morceaux de jazz, de rock etc… et sans The Roots et leurs lives légendaires, je n’y serais peut-être pas venu, pas si vite en tout cas et comme le nom du collectif le suggère, ils m’ont permis de découvrir les origines du hip hop, le jazz, le blues, la soul et j’en passe.

Si j’ai évolué au fil des années, eux aussi, aussi bien musicalement qu’au niveau du line-up, comme je le disais au début, hormis Quest et Black Thought, le collectif a été modifié très souvent, au gré des disponibilités et des changements d’orientations musicales des disques et même si depuis quelques années, le noyau reste inchangé avec Kamal Gray, James Poyser, “Tuba” Gooding Jr et “Captain Kirk Douglas notamment, d’autres figures importantes du hip hop sont passés par le Roots crew, Malik B. qui était le second rappeur au début du groupe, mais aussi Scott Storch (Eh oui!!!), le hitmakers peut-être le plus prolifique des années 2000, vous savez “Still Dre”, “Baby boy” ou “Poppin’ them thangs” c’était lui et j’en passe… Enfin, comment ne pas mentionner Rahzel? The human beat box himself était un membre important des Roots pendant six ans, ses performances vocales restent inoubliables et même si sa carrière solo n’a pas décollée comme elle l’aurait pu, le gars est un incontournable dans son art.

The Roots, pour moi, comme pour nombreux amateurs de rap Français entre 90 et 2000, c’est aussi leurs instrumentaux uniques, repris pour les freestyles de nos mc’s hexagonaux quand Generations ne ressemblait pas encore autant à Skyrock, les émissions de DJ Mars, Logilo, Pone et les autres regorgeaient des  instrus de “Clones”, “Episodes” ou encore “The next movement”, y’en a qui se sont régalés, je crois même de mémoire, que le jingle de Générations à l’époque c’était sur l’instru de “Clones”.

Autre chose, je vous ai souvent parlé des Soulquarians dans mes chroniques précédentes, bah, sans Questlove, pas de Soulquarians, c’est lui et D’Angelo qui ont lancé ce concept, plus tard sont venus se greffer James Poyser et J.Dilla pour former le quatuor de base qui nous a offert des morceaux mythiques, mais sans le batteur à l’afro légendaire, pas de Soulquarians, on serait quand même passé à côté de quelquechose non? Je vous mets un p’tit doc qui va rapidement vous retracer l’histoire de ce collectif.

Alors, vous saviez que ces 4 là étaient à l’origine de tous ces classiques? Etonnant non? Bref, tout ça pour dire qu’autour de The Roots, ont gravités pas mal d’artistes de légendes et que sans ces collaborations, leurs carrières n’auraient peut-être pas été ce qu’elles sont aujourd’hui. The Roots, c’est un état d’esprit aussi et des artistes tels que Common, Talib Kweli, Erykah Badu ou Jill Scott, s’inscrivent parfaitement dans cette dynamique.

Bon j’ai quand même déjà bien blablaté (et je le savais en commençant à écrire, tant ce groupe me passionne), mais je vous ai pas trop parlé de leur discographie et pourtant, avec onze albums studio, des lives, des albums en collaboration avec John Legend ou Elvis Costello, y’a de quoi faire… J’ai promis de pas refaire l’historique des disques, je vais juste vous sortir mes 5 morceaux préférés des Roots (C’EST PAS FACILE!!!) et laisser la playlist parler d’elle-même après ça, petite précision, ils ne sont pas par ordre de préférence, la ça aurait été mission impossible!

1.You got me sur “Things fall apart”

En featuring avec Erykah Badu et Eve, Black Thought nous raconte son histoire d’amour à distance, avec une fille, interprétée par Eve, il traite de la confiance dans un couple, des problèmes avec l’entourage, bref, d’amour complexe. Le morceau, crée par Scott Storch, était, à la base pour Jill Scott, mais Questlove, n’a pas pu s’empêcher de le piquer à sa copine pour son album.

2. What they do? sur « Illadelph Halflife »

L’un des tout premiers morceaux qui m’a fait accroché The Roots, qui nous raconte leur vision du hip hop et tout le mal que l’industrie musicale a pu lui faire, le clip en est l’illustration absolument géniale, où tous les clichés bling bling sont démontés en 5 minutes.

3. How i got over sur « How I got over »

Un véritable manuel sur ce que c’est de grandir dans les rues froides de Philly et comment s’en sortir et faire les bons choix. Dans ce morceau Thought, alterne rap et chant avec brio, trop de talent ce gars et pas d’autotune!!!

4. Now or never sur « How I got over »

Black Thought partage le mic avec Dice Raw et Phonte pour avoir une réflexion sur les changements de vie passé la quarantaine, sur le fait qu’il faille prendre le taureau par les cornes, maintenant ou jamais. Ici les percus de Quest me donnent une pêche incroyable!

5. Guns are drawn sur « Tipping point »

L’une des chansons les plus révoltées des Roots, aussi bien au niveau rythmique que textuel, la batterie frappe fort, les rimes de Black Thought sont aiguisées comme jamais et le refrain de Son Little aurait eu toute sa place dans un classique de Reggae.

Il va bien falloir que je m’arrête d’écrire à un moment quand même, mais voilà, vous l’aurez compris, c’est un de ces groupes qui me tiennent à coeur alors je m’emballe un peu, sur ce, j’espère avoir pu vous faire partager ma passion pour The Roots, en espérant un prochain album… “End game”, le douzième opus qui est prévu normalement pour cette année. Vous pouvez retrouver les Roots avec Jimmy Fallon dans le Tonight show, où ils sont le groupe qui accompagne l’émission et en plus d’être l’ambiance musicale, ils participent souvent au côté comique du show et ça marche vraiment pas mal, la preuve ici et et sinon vous pouvez toujours retrouver Black Thought dans le rôle de Reggie Love, dans la série The Deuce, dont je vous avais parlé il y a peu.

Pour finir donc, je vous ai concocté une petite playlist (surtout ne pas rater le freestyle de Tarik à la fin et le Tiny Desk pour « It ain’t fair ») et deux lives, dont un du fameux picnic organisé par The Roots, chaque année à Philadelphie, celui-ci, date de 2015 et vous réserve quelques gros guests surprise…

 

Laurent

 

Don’t fuck with the Peaky Blinders!!!


Après les vendettas Napolitaine de Gomorra, continuons notre voyage en séries à travers l’Europe vers les rues crasseuses du Birmingham des années 20 en compagnie des Peaky Blinders. La série Anglaise de Steven Knight est librement inspiré d’un gang du quartier de Small Heath à Birmingham, les Peaky Blinders, qui selon ce qui est su de ce groupe, tiraient leur surnom de leur fameux béret, dans lequel une lame de rasoir était cachée sous la visière, avec laquelle ils frappaient leurs opposants au visage et les aveuglait.
Evidemment, la série romance pas mal l’histoire et nous rend les protagonistes un peu plus chevaleresques qu’ils n’étaient en réalité. Cela dit, la qualité de l’écriture est bien au rendez-vous, sans parler du casting 4 étoiles que vous allez découvrir, Cilian Murphy, dans le rôle de Thomas Shelby, le leader familial, on retrouve également Sam Neill, Tom Hardy, Helen McRory ou encore Adrien Brody et c’est juste un aperçu… Bref, vous allez suivre la vie de cette famille pas comme les autres et un petit moment d’histoire Anglaise d’entre deux guerres. Préparez-vous, violence, trahisons et tout ce qui va avec sont au programme.
Musicalement parlant, c’est la surprise, car pour une histoire qui se déroule dans les années 20, on ne s’attend pas à entendre du rock moderne et de l’électro, d’ailleurs je n’aurais jamais cru que ça fonctionnerait et pourtant… c’est tout simplement génial!!!
Déjà, le générique pose les bases avec Nick Cave and the bad seeds et leur “Red right hand” qui nous mettent de suite dans le bain, ca sent la transpi et la crasse comme les rues de Birmingham. C’est eux que l’on retrouvera le plus souvent dans la bande originale, mais aussi les White Stripes, PJ Harvey ou encore les Arctic Monkeys et même Tom Waits.
Je vais pas faire semblant d’être un connaisseur en Rock, je laisse ça à Guillaume, tout ce que je peux dire, c’est que le choix anachronique est un vrai coup de maître, la bande son se marie parfaitement à l’action et je crois bien que c’est la première fois que ça marche aussi bien pour moi, je ne suis pas fan de ce choix habituellement, mais là, je me dis que si Knight avait choisi de la musique d’époque, ça aurait peut être été un peu trop et là, c’est tout simplement parfait! Donc, je vais en rester la sur la musique et laisser la playlist parler d’elle-même.
Je conclurais sur la performance des acteurs et particulièrement de Cilian Murphy, que j’ai toujours trouvé talentueux, mais qui là, sublime le personnage de Tommy Shelby, son regard, son sang froid et ses accès de folie en font un perso à part, inoubliable…
Ah oui, une dernière chose… DON’T FUCK WITH THE PEAKY BLINDERS!!!

Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #26 : Ja Rule et Ashanti/ Patrice Rushen



Always there when you call, always on time… allez, si vous avez écouté un peu de hip hop dans les années de 2000, vous avez forcément entendu ce refrain et la grosse voix de Ja Rule qui rappe les couplets, ça y est? Ca vous revient? C’était la belle Ashanti, compère historique du rappeur qui était en charge du refrain.
C’était la grosse période ou Ja Rule régnait sur le rap mainstream New Yorkais, il était une sorte de DMX édulcoré et ses nombreux duos avec les chanteuses R’n’B de l’époque lui ont garantit un succès pendant une petite dizaine d’années.
Le morceau dont il est question aujourd’hui, c’est, vous l’aurez compris, “Always on time”, ou le New Yorkais reprend le standard de la chanteuse funky Patrice Rushen.

Si vous ne la connaissez pas forcément, vous avez malgré tout sans doute déjà entendu ses tubes, “Always on time” donc ou le plus connu de tous, “Forget me nots”, repris par un certain Will Smith pour la B.O de Men in black.
La chanteuse tressée à a son actif une bonne douzaine d’albums entre 1974 et 1997 et a connu un beau succès pendant l’ère du disco et de la funk. Cependant, vous ne retrouverez pas ce morceau sur l’un des albums de Patrice, il a en fait été enregistré pour la collection “Unwrapped” du label Hidden beach, sur le volume 2.
Ces disques qui étaient, à l’origine, fait pour rester uniquement, à disposition du label, sont tombés dans l’oreille des DJ locaux, qui ont complètement halluciné du niveau de ces disques et du coup, ont poussé pour sortir ceux-ci, et heureusement pour nous, on serait passé à côté de sacrées pépites!!!
Quoi qu’il en soit, Rule, lui en a bien profité et ne s’est pas trop cassé la tête, le refrain est identique, la mélodie aussi, ils ont juste ajouté des grosses basses et le tour était joué, pour le plaisir de nos oreilles.

Laurent

1 an en musique : 1981



Nouvelle rubrique avec cette “année en musique” et donc un peu de nostalgie… Je vais essayer de vous faire une petite chronologie musicale, avec pour chaque année, douze chansons à l’honneur et comme il fallait bien choisir un point de départ, mon année de naissance, 1981, me semblait une bonne idée, prêt pour un retour dans le passé?


Hormis la naissance de “Yours truly”, 1981, c’était l’année Mitterrand et la perte de deux grands de la musique, le roi du Reggae, Bob Marley et le non moins inoubliable guitariste moustachu George Brassens, mais bon, on est pas vraiment la pour ça, je voulais juste vous remettre un peu dans le contexte.
Musicalement, le disco est “mort” selon la presse et on s’apprête à voir arriver le “New wave”, mais dans ma petite playlist perso, c’est la funk qui règne en maître avec en tête de liste “Never too much” de Luther Vandross, je vous en ai déjà parlé, mais c’était le single phare de son premier album et au jour d’aujourd’hui, je ne m’en lasse toujours pas. Au rayon Funk toujours, des incontournables avec Earth Wind and Fire ou Prince et son “Do me baby” langoureux…
Les lecteurs de mes “Samples rendez-vous” essaieront de retrouver quels morceaux ont réutilisé la boucle de Tom Tom Club sur “Genius of love” ou celle de Rick James sur “Super freak”, c’est facile, allez un petit effort…
Il n’y a évidemment pas que de la Funk, j’ai quelques mythes Pop/Rock en stock aussi avec Police et son “Every little thing she does is magic”, Phil Collins et sa batterie pour “In the air tonight” et surtout l’immense “Rapture” de Blondie, premier morceau de l’histoire contenant du rap à se classer numéro 1 aux Etats Unis, il a d’ailleurs été écrit par Grandmaster Flash et Fab five Freddy.
Je vous glisserais aussi un “inavouable” et pour 1981, c’est pas n’importe lequel, c’est Richie e Poveri et son “Sara perché ti amo”, allez, dites la vérité, vous aussi vous avez chanté ça au moins une fois : E vola vola si sa…”
Voilà, j’espère que l’idée vous plaît et que vous serez au rendez-vous pour les années à venir, alors ne soyez pas tristes et en attendant un prochain voyage dans le temps, retour en 2018…


Laurent