Archives d’Auteur: Laurent

Les Soulections #18 : The Isley Brothers


Makin’ sweeeeeeet loooooooove between the sheets… Allez, si vous n’avez pas reconnu les paroles, je vous promets que la grosse basse qui l’accompagne ne vous sera pas inconnue. “Between the sheets”, c’est l’un des morceaux les plus sexy que je connaisse et par dessus ça, pour ceux plus familier du rap que de la soul, il a aussi été rendu célèbre par le légendaire “Big poppa” de Notorious B.I.G, qui a réutilisé son sample à merveille.

Évidemment, l’immense carrière des Isley Brothers ne se résume pas à ce seul morceau, loin de là, à vrai dire, les frères Isleys ont quasiment une quarantaine d’albums à leur actif, entre la fin des années 50 jusqu’à nos jours, presque soixante ans de carrière, ça le fait quand même non? Au rythme des changements de casting au sein du groupe et de l’évolution musicale, le groupe a su rester constant dans leur carrière en s’adaptant aux époques sans perdre l’essence de ce qui a fait leur succès. Un fun fact, en parlant de casting, les Isley Brothers compteront pendant quelque temps dans leurs rangs, un certain Jimmy James, ça ne vous dit rien? Pas étonnant, peut-être que Jimmy Hendrix vous semble plus familier. Le légendaire guitariste de Seattle a tourné plusieurs fois avec les frères Isley. Mais en réalité, le véritable patron du groupe, c’est Ronald, alias Mister Biggs, qui même après la fin d’activité du groupe a continué une carrière solo plus que réussie, que ce soit avec les 3 disques solo qu’il a sorti ou bien les collaborations avec les petits nouveaux de l’époque du R’n’B contemporain, notamment le tristement célèbre R.Kelly, qui l’a clairement remis au goût du jour, au début des années 2000 avec des titres comme “Down Low” ou “Friend of mine” avec Kelly Price.

Très franchement, si les Isley Brothers manquent à votre mp3, c’est le moment de corriger le tir!

Laurent

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Quand les légendes s’en mêlent…


Je commence à en prendre l’habitude mais quand je peux rassembler deux disques sortis à peu près en même temps et que j’arrive à trouver un sujet correspondant, je les rassemble pour ne faire qu’une chronique. Honnêtement, il y a tellement de sorties chaque semaine, que je passe à côté (volontairement ou pas) de certaines et quand je tiens vraiment à vous parler de certaines, comme ici, je filoute un peu… Ici, il s’agit de deux mythes du rap game, deux des lyricistes les plus doués de leur génération et de l’histoire du hip hop en général, à savoir Method Man et Ice Cube.

Pour le premier, le mc phare du Wu-Tang Clan, le collectif de Staten Island, il nous propose la suite directe de son “Meth lab”, sorti 3 ans auparavant et on peut dire qu’à 47 ans, Meth (vu récemment dans The deuce”) n’a rien perdu de sa verve et de son flow sur ce “Lithium”. Décomposée en 22 plages, cette 2ème saison du “Meth Lab” et tout de même entrecoupée de 7 interludes, ce qui fait tout de même un peu beaucoup selon moi, même si celles-ci sont faites avec beaucoup d’humour, il aurait pu en faire un peu moins, mais c’est à peu près la seule critique que je puisse faire sur ce sixième album solo.

Si sa faculté a rappé n’est plus à faire depuis longtemps, peut-il encore s’adapter au game actuel, peut-il encore nous faire du method et plaire à la jeune génération? Et bien je pense que ce disque est l’exemple parfait de ce qui fait la longévité de Meth, il offre majoritairement du boom bap dans la pure tradition New Yorkaise, mais arrive aussi à rimer sur des sonorités plus tendances comme sur “Grand prix” et même là, ça fonctionne!!!

Il faut dire qu’il dispose de pas mal d’aide sur “Lithium”, des guests, presque sur tous les tracks et là aussi, il parvient à mixer les époques. Des légendes comme son acolyte Redman, Snoop ou Raekwon viennent lui prêter main forte, sur des morceaux comme “Wild cats” ou “Eastside”, quand pour la nouvelle donne, il offre du temps derrière le mic à des jeunes comme Cardi Express ou Youngin’ sur “Back blockz”.

Le tout est une très bonne recette sortie du labo du plus doué des chimistes du hip hop pour ce qui pourrait (on ne le souhaite pas) être le dernier album solo de Method man…

Pour le second, je vais vous parler de l’éternel ex-N.W.A, à savoir Ice Cube! Acteur, président de la ligue de basket des retraités NBA, O’shea Jackson Sr ne chôme pas et il a malgré tout, trouvé le temps de nous pondre “Everythangs corrupt”, son dixième album studio. Alors, comment garder la rage après toutes ces années? Comment garder la flamme quand on est dans l’opulence et qu’on n’est plus “l’Amerikkka’s most wanted” depuis des lustres? C’est ce qui a fait de Cube ce qu’il est, c’est sa rage derrière le mic et sa plume bien sûr, alors comment? Et bien déjà, le contexte socio-politique Américain aide un peu, disons que le président actuel n’est pas vraiment du goût du rappeur de South Central et ça se fait sentir très rapidement dans le disque avec dès le premier morceau, un “Arrest the president” qui laisse peu de place au doute quant au vote d’Ice Cube et ça continue avec “Chase down the bully” juste après.

Vous l’aurez compris, le thème de l’album, c’est la foi perdue en un système qui ne fonctionne pas pour la communauté noire américaine et ce, bien avant que Cube ne fasse ses premières armes derrière le micro.

Alors, vous ne trouverez pas que ça sur le disque, il y a aussi des tracks comme “The new funkadelic” ou “Ain’t got no haters” en featuring avec Too $hort, une autre légende du rap Californien, c’est d’ailleurs la seule collaboration de prestige du disque à l’inverse de celui de Method Man. Ces morceaux là sonnent plus G-Funk, nous ressortent des boucles à la Parliament et ce n’est pas pour me déplaire personnellement, ça offre un peu de légèreté dans un disque globalement assez dur.

Mon véritable coup de coeur c’est “Streets shed tears” que j’ai trouvé vraiment magnigique, l’instru très soulful, le flow de Cube et le superbe refrain de Shameia Crawford, c’est une pépite, pas de doutes!

Alors en conclusion, on est d’accord ou pas? On a encore de la place pour ces mythes du hip hop? Ces gars ont encore le feu sacré et ce, avec trente ans de carrière et sans jamais s’être vendus musicalement, on en veut encore les gars, la retraite, c’est pas maintenant!!!

Laurent

1 an en musique : 1986


Il y a des années pour lesquelles c’est plus facile que d’autres de faire son choix. C’est le cas pour cette année 1986 qui me plonge dans deux univers qui me parle énormément: Le hip hop et le cinéma!!!

Avant de parler du grand écran, je vais commencer par vous parler des morceaux Rap que j’ai choisi de mettre en avant pour 1986 avec en premier, l’un des groupes qui a changé la face de la culture hip hop, le trio le plus célèbre du Queens, Run DMC et leurs Adidas. Rev Run, étant le frère de Russell Simmons, le grand manitou de Def Jam, les 3 compères de Hollis avaient toutes les cartes en mains pour placer leurs célèbres chaussures sur la carte du rap New Yorkais et ils ont su transformer l’essai. Pas les seuls dans le domaine, on a aussi le génial Biz Markie et son “Make the music with your mouth”, ce gros fou de Harlem s’éclate sur le sample du formidable “Ike’s mood” d’Isaac Hayes, du génie!!! Le premier groupe “blanc” hip hop est là aussi, les Beastie Boys fusionnent à merveille le rap et le rock sur “No sleep til Brooklyn”. Et pour finir, le premier morceau estampillé “Gangsta rap” de l’histoire, “6 in the morning” d’Ice-T, que les plus jeunes connaissent sans doute plus pour son rôle dans New York Unité spéciale qu’en tant que rappeur et bien le premier à raconter les histoires de gangster de Los Angeles, avant NWA ou Snoop, c’est lui et ce morceau est le pionnier de cette tendance.

Bon, vous allez me dire qu’il n’y a que du rap? Non, non, rassurez-vous, je vous ai dit qu’on allait parler cinoche aussi, alors si je vous dit Top gun, vous me dites? Tom Cruise et sa moto, oui je sais, mais quelle était la musique qui rendait la scène si hot? Berlin et son “Take my breath away” et à l’époque, ça aurait été le summum du sensuel, si il n’y avait pas eu l’un des strip tease les plus chauds de l’histoire du cinéma de la part de Kim Basinger dans 9 semaines et demi, encore aujourd’hui, quand on parle strip tease, c’est la chanson de Joe Cocker qui vient à l’esprit, Mickey Rourke ne s’en est toujours pas remis!

Toujours dans le registre cinéma, mais dans un style plus funky, le parrain de la soul, James Brown, introduit Apollo Creed dans Rocky, bon ça ne lui portera pas bonheur, mais le show vaut le détour, sortez vos shorts US!!!

Et puisqu’on est dans la funk, pourquoi un peu de Cameo avec “Word up”? Et puis plus méconnu, mais les auditeurs de Fabe reconnaîtront sans doute le “I cant’ wait” des Nu Shooz, que la plume du 18ème avait samplé pour son “Mal partis” avec K-Reen et Koma sur le Cut Killer Show.

Enfin, deux morceaux frenchies, dont mon inavouable, qui n’en est pas vraiment un, “La chanson des restos” par Les Enfoirés originaux, bien moins commerciaux que ceux qui viennent gratter un peu de promo ces dernières années et puis l’un des pianos les plus reconnaissables de la chanson Française, le “Mistral gagnant” de Renaud, à écouter le paquet de Kleenex à la main.

Voilà c’est à peu près tout pour cette année 1986…

Laurent

La playlist

Beat makers, des hommes derrière les hits vol.2


Bon, je vous préviens direct, pour cette suite de mon focus sur quelques uns des meilleurs producteurs du game, je me suis lâché, mais alors complètement, au niveau du nombre de morceaux sur chaque playlist. Pour la première partie, je m’étais contenté d’une dizaine de tracks par bonhomme et j’ai regretté, alors cette fois, j’ai lâché les chevaux et j’espère que vous kifferez autant que moi…

Swizz Beatz

Swizzzzzzzzyyyyyyyy!!! Ah le petit gimmick vocal qui fait plaisir en club hip hop, c’est automatique, on sait qu’un morceau produit par Swizz Beatz fera bouger les foules, le gars n’est pas le style a faire dans le mellow, non c’est de la grosse caisse à tout va et des rythmes qui secouent fort!!! Avant de devenir Monsieur Alicia Keys était déjà un des beatmakers les plus prolifiques depuis la fin des 90’s. L’histoire a commencé très tôt, quand ses deux tontons ont eu la bonne idée de fonder le label Ruff Ryders, Swizz a 16 ans à l’époque et est plus attiré par le DJeeing que par la prod. a proprement parlé jusqu’à ce qu’a ce qu’a l’âge de 23 ans, il vende sa première production à un certain DMX, le titre deviendra le fameux “Ruff Ryders anthem” avec ce clip où le “Dog” fait des burn à moto dans les rues de New York. La suite est pour l’histoire, Swizz produit la majeure partie des disques du label, des artistes comme Eve, The Lox et les autres se régalent et c’est la période dorée du double R. Il n’a pas bossé que pour eux évidemment, comme on dit “game recognize game” et du coup les meilleurs s’adressent à lui pour booster leurs disques. De Busta Rhymes à son bon pote Jay-Z, toutes les stars du hip hop y vont de leur morceau estampillé Swizz Beatz!!! Il a bien sûr bossé avec son épouse mais aussi Beyoncé ou même Whitney Houston, le petit gars du Bronx a fait du chemin et il est devenu tellement incontournable qu’on lui a même consacré une rue, pas mal non?

Pete Rock

Quand on parle pionniers, les noms qui reviennent souvent, c’est Run DMC, Public Enemy, A tribe called quest etc… mais pour moi, l’un de ceux qui a changé l’histoire du hip hop est trop souvent oublié et c’est pour ça que je me devais de le mentionner aujourd’hui, le number 1 soul brother, MONSIEUR Pete Rock!!!

Véritable touche à tout, Pete Rock est aussi à l’aise derrière le mic qu’avec des platines, il fût d’ailleurs le DJ de Marley Marl en radio (j’ai dit pionnier!!!), mais là où il s’illustre véritablement selon moi, c’est à la prod. Pete Rock, c’est un peu le parrain des samples Soul et Jazz dans le rap, des tracks légendaires comme le “How to roll a blunt” de Redman ou “Rather unique” de Az peuvent en témoigner. Il est aussi un des grands acteurs avec du plus grand disque hip hop de l’histoire, Illmatic de Nas où il sera l’un des nombreux producteurs du disque et un consultant de choix pour le jeune mc du Queens.

En tant que rappeur, son duo avec CL Smooth est inoubliable, ces deux là étaient pour moi un pendant de Gangstarr, dommage qu’ils se soient séparés si tôt, le rap ne s’en serait que mieux porté. Cela dit, les morceaux que je préfère de sa discographie en tant que mc sont en solo, “Tha game” en featuring avec Raekwon et Ghost du Wu-Tang et Prodigy de Mobb Deep et puis le “Tru master” avec Inspektah Deck et Kurupt de Dogg pound. Ces deux là sont inoubliables pour moi, du grand grand hip hop!!! Pete Rock a produit, jusqu’à aujourd’hui pour un nombre d’artistes hallucinants, même Akhenaton a eu droit a son petit remix de la légende pour “La face B”, la classe quand même!!! Parce Que oui, j’allais presque oublier, Pete Rock, c’est aussi un peu le roi du remix!!! Je vous en ai pas mis tant que ça dans la playlist, mais si vous fouillez un peu, vous devriez trouver quelques pépites!  Alors j’espère que le Soul brother continuera de produire encore longtemps, car même si il se fait plus rare, quand il s’y met, ça rigole pas, le “Holy Moly” de Talib Kweli peut en témoigner ou encore plus récemment la sublime collaboration entre Estelle et De La Soul sur le dernier disque de ces derniers, que du bonheur!!!

RZA

Est-il encore besoin de présenter RZA? L’architecte du Wu-Tang, celui sans qui, le son de Shaolin n’aurait jamais vu le jour… On ne sait jamais alors, si vous ne le connaissez pas, RZA aka Bobby Steele aka Prince Rakeem aka Bobby Digital (le mec a plus de surnoms que de cheveux sur la tête!) est celui qui a eu l’idée de lancer ses 9 potes de Staten Island dans l’aventure Wu-tang clan, quelle bonne idée il a eu de les sortir des “corners” et de les mettre dans une cabine d’enregistrement, c’est Method Man lui même qui raconte l’anecdote. Sans cette idée de génie, le fameux “Enter the Wu Tang (36th chambers)” n’aurait jamais existé. Ils ont cassé les codes ces gars de Shaolin, poussé les portes des radios pour jouer leur son si différent de ce qui se faisait auparavant. Le style de RZA est plein de dissonance, très empreint de Soul et d’influences asiatiques aussi, je vous rappelle qu’ils sont tous fans de films de Kung-fu.

RZA n’a pas fait que produire pour son propre groupe, une fois la popularité des siens accomplie, les artistes se sont vite rendu compte du talent de “The abbott” et pas que dans le milieu hip hop, des gens comme Björk, Texas ou encore Catherine Ringer (oui oui) ont eu le droit a des prods du génie du Wu Tang. Bien sûr les rappeurs les plus aguerris ont voulu aussi un petit bout du RZA et pas des moindre, de Jay-Z à Kendrick Lamar, les grands ne cachent pas leur plaisir à poser sur les instrus de Rakeem.

Pour finir, le bonhomme et non seulement un génial producteur, un mc très talentueux, mais il est aussi un acteur plutôt décent, vous pourrez le retrouver dans Ghost dog ou encore dans la géniale “Californication”, série avec David Duchovny. Il est aussi réalisateur pour “The man with the iron fist”, dont il est également l’acteur principal, ça le fait non?

Large Professor

“Large Professor’s my mentor and that’s how the story ends”… Ces mots de Nas dans le morceau de J.Cole “Let Nas down” pèsent tellement lourd dans l’histoire du rap, quand on sait ce que Nas représente, qu’il reconnaisse Large Professor comme celui qui a fait de lui ce qu’il est, est un témoignage de la grandeur du gars.

Au départ, c’est son pote Paul C, qui bosse beaucoup avec Eric B. & Rakim à l’époque, qui lui apprend les bases et lui mets le pied à l’étrier en le faisant croquer sur l’album d’Eric B. & Rakim. C’est à peu près à ce moment là, qu’il rencontre Nas et qu’il rentre dans le groupe Main source avec qui il ouvrira les portes au jeune mc du Queens, qu’on entendra pour la première fois sur le mythique “Live at the BBQ”.

Tous les grands de l’époque bossent avec lui, Big Daddy Kane, Kool G Rap ou encore A tribe called quest profitent des prods qu’il crée en allant fouiller dans les boutiques de vinyl, pour trouver les meilleurs samples. Il raconte d’ailleurs qu’à l’époque, les samples n’étaient pas encore réglementés par les droits d’auteurs et c’était une bataille permanentes dans les bacs des boutiques de son, il dit qu’il était très commun qu’il se retrouve au même endroit que Pete Rock ou Q-Tip, en train de fouiller dans les mêmes bacs. C’était l’occasion aussi de partager leurs expériences, à ce moment là, l’ambiance était plutôt bon enfant dans le hip hop et d’ailleurs, la plupart de ces gars ont bossé ensemble sur le légendaire “Illmatic” de Nas, dont je parlais plus haut. Large Professor est également un excellent mc, même si ce n’est pas sa qualité première, son album solo après sa séparation avec Main Source, s’est longtemps fait attendre et même si il n’a pas rencontré le succès commercial attendu, les puristes reconnaissent que “The LP” est un disque de qualité et les suivants feront de même.

Alors pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est le moment de la séance de rattrapage, Large est un incontournable de l’histoire du rap New Yorkais.

No I.D.

Si vous avez un peu l’habitude de venir jeter un oeil à Sème la zic, vous avez peut-être vu que j’étais un gros fan de Common. Et bien sans No I.D., la carrière de la légende de Chicago n’aurait sans doute pas été ce qu’elle est aujourd’hui, car il est l’un des grands artisans du son de Common. Vous pourrez voir voir que les collaborations des deux potes apparaissent de nombreuses fois dans la playlist. Alors, je parle de Common, parce qu’ils marchent ensemble depuis le départ, au début des années 90, mais en réalité, c’est la majeure partie du rap de Chicago qui lui doit ses lettres de noblesse et notamment un certain Kanye West. Monsieur Kardashian le reconnaît ouvertement comme son mentor et le clame même dans plusieurs de ses morceaux. C’est No I.D. qui est aussi à l’origine de la rencontre de Kanye et Jay-Z.Vous imaginez le hip hop moderne sans la collaboration de ces deux monstres? Ca aurait été dommage non?

Bien sûr, No I.D. ne s’est pas contenté de produire pour ses confrères Chicagoans, avec un tel talent, ça aurait quand même été du gâchis! De nombreux artistes ont profité de ces prods, que ce soit dans le rap ou dans le R’n’B, Rihanna, Melanie Fiona ou encore Joy Denalane ont su exploiter le talent de No I.D. à des fins plus “vocales” et il en est ressorti des pépites comme “This time” ou “We all want love”. Pour ce qui est des rappeurs, Jay-Z bien sûr, mais aussi Rick Ross et Nas ont découpés les instrus du bonhomme.

Normalement, vous devriez vous régaler, personnellement, je trouve que No I.D. n’a pas la notoriété qu’il devrait avoir et c’est bien que les artistes pour qui il produit, le cite régulièrement, en ça, il me fait un peu penser à 9th Wonder dont je vous avais parlé dans la première partie du focus sur les Beatmakers.

Dr Dre

Je me suis gardé le plus gros morceau pour la fin!!! Le docteur le plus célèbre de l’histoire de la musique, LA LÉGENDE, ladies and gentlemans… Dr DRE!!!

Je vais pas vous refaire l’histoire, tout a déjà été dit sur Dre, c’est pour ça que je ne l’avais pas mis la première fois, mais je me suis dit: Quand même… comment je peux écrire sur les beatmakers, sans mentionner celui qui a produit une grosse partie des tracks qui m’ont fait tomber amoureux du hip hop. Au départ, quand j’ai commencé à écouter du rap, au début des 90’s, cette musique était un monstre à deux têtes, d’un côté RZA et son Wu-tang et de l’autre, la West Coast de Dr Dre, qui régnait sans partage sur le hip hop Californien et grossièrement sur toute la côte ouest en général. Alors, évidemment, la réalité était différente, il y avait des artistes comme Too Short, E-40 et d’autres qui n’était pas sous la coupe du docteur, mais bon avec mes oreilles de 12 ans, je faisais ce que je pouvais…

Cela dit, après avoir mis le gouvernement américain à l’écoute avec N.W.A, la carrière de Dre en tant que producteur a encore plus explosé quand il a signé chez Death Row, avec son futur meilleur ennemi, Suge Knight, c’est la période dorée des “The Chronic”, “Doggystyle” et autres “Dogg food”, quel bonheur pour mes oreilles, les sirènes distordues et les grosses basses inondaient mon walkman, je rêvais d’avoir une cadillac et de pouvoir la faire rouler sur 3 roues!!! En réalité, je dirais que sa rencontre avec Jimmy Iovine, grand ponte du rock a changé, à ce moment là, l’histoire de la musique. La suite, on la connaît, les conflits entre Dre et Suge, qui l’ont conduit à monter son propre label, “Aftermath records”, qui après des débuts un peu chaotiques avec “Dr Dre presents… The aftermath” ou “The firm”, finira par être le monstre qu’il est encore aujourd’hui, notamment grâce au tant attendu “Chronic 2001” qui relancera définitivement Dre. Le vrai 2ème tournant, c’est la rencontre avec Eminem, le rappeur blanc de Detroit, dont personne ne voulait! Et bien, le doc a su le soigner et en faire le “Rap God ”, le “Slim shady”!!! A ce jour, le succès de Dre n’est plus jamais retombé, un véritable sans faute avec des signatures comme Busta Rhymes, Eve ou Xzibit, puis 50 cent, The Game ou Kendrick Lamar et même encore plus récemment avec le génial Anderson .Paak, le Doc a le nez fin et se trompe rarement! Même chose pour ses décisions commerciales, le meilleur exemple étant bien sûr les fameux casques “Beats by Dre” et le rachat par Apple du produit en question, je suis d’ailleurs certain que nombre d’entre vous sont en train d’écouter les playlists avec ce fameux casque frappé du B conçu par le docteur du rap, allez avouez…

Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #32 : Future et “The Selma Album”



L’un des gros gros bangers de 2017, le fameux “Mask off” de Future, alors c’est pas le titre où il faudra chercher des paroles profondes hein? Le refrain “Molly, percocet” autrement dit le mélange détonnant de l’ecstasy et d’un anti-douleur bien bien costaud, l’une des habitudes des jeunes Américains résume assez bien le morceau. Future y parle de son addiction aux substances illicites, mais aussi de son ascension au succès, le “Rags to riches” comme ils disent.
Bon, si les paroles ne sont pas le point fort, le flow de Future, lui, est costaud et par dessus tout, ce beat produit par Metro Boomin’ est tout simplement une tuerie!!! Le producteur à succès du Missouri a utilisé le sample d’une comédie musicale à propos de Martin Luther King Jr et de son passage à Selma, composée par Tommy Butler, ce “Prison song” est un mélange de Gospel et de Soul qui ne peut laisser indifférent.
Les chants repris dans la boucle me font frissonner et la flûte, ah la la cette flûte est désormais mythique, une tonne de rappeur ont repris l’instru pour poser dessus, notamment Joey Badass, Joyner Lucas ou Dave East, mais le plus dingue, c’est le remix officiel de Future, qui choisit de mettre Kendrick Lamar en featuring et là, je sais pas si c’est une erreur ou un coup de génie, parce que K.Dot brule le beat et efface clairement Future du morceau, alors, oui, c’était vendeur, mais personnellement, depuis, j’écoute uniquement le remix et principalement pour la perf’ de “Kung-fu Kenny”, alors je vous laisse juger…

Laurent

Et pendant ce temps-là, dans le hip hop underground…


Avec toutes ces sorties ces derniers temps, c’est difficile pour moi de choisir et de vous parler de tous les disques qui me plaisent en ce moment, du coup, je triche un peu, je vais raccourcir un peu mes speechs (souvent un peu long) et vous parler de deux disques un peu plus souterrains, que j’ai beaucoup aimé et qui ont pu se noyer dans la masse des grosses sorties.

D’abord une collaboration en trio avec trois artistes habituellement solo, qui unissent leurs talents pour “Fetti” et il s’agit ici d’Alchemist, un producteur/rappeur de génie dont je vous ai déjà parlé dans la chronique sur les beatmakers, du plus grand représentant du rap de l’indiana, le seul et unique Freddie Gibbs et enfin, tout droit sorti de la Nouvelle Orléans, celui qu’on appelle Curren$y.

Si je suis clairement fan des deux premiers, Curren$y, est selon moi le maillon faible du trio. Pas qu’il ne soit pas talentueux, je l’avais par exemple beaucoup aimé dans le morceau avec Talib Kweli et Kendrick Lamar, où chacun parle de sa ville d’origine, “Push thru”, il est juste un cran en dessous de Freddie et Al, trop linéaire dans sa façon de rapper pour moi.Pour en revenir au disque, composé de neuf titres, il est très solide et assez varié dans sa production. Alchemist en a donné pour tout le monde, de la prod bien hardcore d’un “WillieLloyd” (où Gibbs est impérial), qu’il aurait pu réserver à un disque de Mobb Deep à un morceau plus cool comme “Bundy & Sincere” ou “The blow”, les trois compères se régalent et nous offre un petit plaisir pour les oreilles avec ce “Fetti”. Un disque assez court dans son nombre de plages, mais ça devient un format récurrent n’est-ce pas Kanye? en revanche, le produit est à la hauteur du trio de gala!

Quant au deuxième disque, “A Breukelen Story”, fruit de la combinaison de Masta Ace et Marco Polo c’est mon véritable coup de coeur de cette fin d’année, il représente tout ce que j’aime dans le hip hop, de grosses instrus, des choses à dire, bref du talent à revendre!!!

Ce disque est construit comme une histoire, comme souvent pour les skeuds de Masta, sauf que là,il n’est pas seul et les deux protagonistes ont donc choisis de raconter une histoire qu’ils connaissent mieux que personne, la leur.

L’arrivée de Marco Polo à Brooklyn, ville natale d’Ace, est racontée par des coups de fils à ses parents, dans les interludes qui viennent rythmer le disque et donner le cadre à cette “Breukelen story”.  D’ailleurs pourquoi Breukelen me direz-vous? Et bien, du temps de la colonisation Néerlandaise, les colons ont nommé la ville comme ça en hommage à la ville de Breukelen aux Pays-Bas. Voilà, pour le moment “Bouillon de culture”, revenons à notre histoire, celle de la rencontre entre les deux artistes. Tout commence avec “Nostalgia”, la première d’une longue liste de collaborations entre Polo et Ace jusqu’à cet album commun. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre et briller ensemble, les instrus Boom Bap de Marco Polo pour mettre en valeur les histoires rappées de Masta Ace, c’est juste un duo parfait!!!

Pour ce qui est de ce disque, franchement, c’est un de ceux que j’ai préféré cette année, du début à la fin, j’ai remué la tête, monté le son et bougé encore plus…

Dès “Kings”, le premier morceau du disque jusqu’au très touchant “Fight song”, où Ace parle de son combat contre la sclérose en plaque, il n’y a pas un raté et le climax, c’est sans doute ce “Breukelen Brooklyn”, véritable lettre d’amour à l’un des plus fameux quartier du hip hop. En plus de ça, vous aurez le droit à quelques feat de prestige, avec le bonheur de retrouver un Pharoahe Monch en grande forme ou Styles P, l’ex de The Lox.

Vous allez vous régaler, je vous le garantis!!! Alors, ensemble, abandonnons un peu l’autoroute du mainstream pour s’engager les chaotiques tranchées de l’underground avec ces deux disques.

Laurent

Avoue qu’Tu Kiffes toujours 20 ans après…


Mon année rap Français ne pouvait pas mieux se terminer!!! Le grand retour de l’un des collectif qui a le plus marqué ma jeunesse hip hop, peut être même celui qui m’a le plus marqué avec Mafia Trece, je parle bien sûr d’ATK.

Ils l’avaient promis à Fredy K, leur ami et partenaire de scène décédé en 2007, ils se retrouvent, reforment la troupe après vingt ans et nous pondent une pépite, “On fait comme on a dit” avec en tête de liste le morceau du même nom, véritable hommage à leur pote parti trop tôt, mis en image par un superbe clip en plan séquence, en noir et blanc, dans les rues de Paris, où Antilop SA, Axis, Test, Cyanure, DJ Tacteel et Freko déambulent, comme si ils n’avaient jamais quittés le devant de la scène hip hop Parisienne, j’en frissonne encore…

Moi j’ai été bercé par “Heptagone”, ce disque a pour moi, marqué toute une époque et si ATK n’a jamais connu le succès qu’il aurait dû avoir, pour beaucoup d’entre nous, ils restent l’un des groupes références du rap Français, alors quand j’ai vu qu’ils ressortaient quelque chose, j’ai fait trois tours dans mon casque!!!

Le risque dans ce cas, c’est toujours la déception, de se dire que c’était “mieux avant”, mais pour le coup, c’est loin d’être le cas, ce comeback est une vraie réussite, dès le premier track, j’ai capté que j’allais manger cet album!!! Alors, je parle de comeback, mais en réalité, les mc’s d’ATK ne sont jamais restés loin du rap et même si ils n’ont plus sorti d’albums studio depuis longtemps, chacun, suivant sa route est resté proche du mic et c’est sans doute ce qui fait que cet opus est si fort, ils y amènent tous leur plumes, leur styles si différents et pourtant si complémentaires.

ATK nous offre 17 titres avec des prods comme je les aime, vraiment adaptées aux thèmes de chaque plage, par exemple sur “Maisons closes”, une guitare mélancolique vient ponctuer les rimes tristes des cinq rappeurs, alors que sur le morceau d’après, “écoute écoute”, on retrouve une production beaucoup plus simple, qui va droit au but avec ces quelques notes répétitives qui laissent plus de place au texte qui lui, frappe fort!

Certains diront que ce disque est resté coincé dans une époque tant il est marqué du sceau du crew heptagonal, perso, je suis complètement fan et j’espère que les jeunes rappeurs vont s’inspirer de ce qui est proposé ici.Par exemple il suffit d’écouter Cyan sur “Infinitif” pour prendre une leçon de flow, il s’adapte à l’instru, accélère à 100 à l’heure quand il le faut, redescend en deux secondes et repart de plus belle, il n’a rien à envier à Talib Kweli la-dessus et dans ma bouche, croyez-moi c’est un sacré compliment!

Autre détail important pour moi: les refrains des morceaux! Vous allez dire, à force, que je suis en guerre contre l’autotune, mais mince!!! Vous voyez que c’est possible!!! On demande à personne d’être Luther Vandross, mais ici, vous voyez bien que les gars d’ATK le font et bien! La voix rocailleuse de Freko ou celle plus posée d’Antilop SA sont parfaites pour ce genre de choses. Sur “Jour J” par exemple, le Freko dingue introduit parfaitement le refrain du couplet en poussant un peu la chansonnette, j’adore ce passage.

Bon, après on va pas se mentir, c’est pas un disque qui respire la joie de vivre, des morceaux comme “Psychopate”, “Muses évaporées” ou la revisite géniale de “Petits bateaux” ne vous feront pas forcément démarrer 2019 avec la banane, mais bon le hip hop n’est-elle pas une musique d’époque? Et celle dans laquelle on vit aujourd’hui est loin d’être toute rose, donc je pense qu’on colle à merveille à l’actualité et que du coup, le moment semble idéalement pour nous offrir ce disque qui a tant de choses à dire.

Voilà, vous l’aurez compris, quand, j’ai été un peu déçu par les derniers opus des grands du rap comme Kery James, Youssoupha et Flynt, le retour du « crew qui prend du poids comme un gars obèse », lui m’a vraiment, mais alors vraiment fait kiffer!!! Merci pour le rap Français les gars!!!

Laurent

Les Soulections #17 : Joss Stone



La belle Anglaise aux pieds nues est donc la première artiste non Américaine et la première blanche de mes Soulections. A 31 ans, Joss Stone a déjà une belle carrière derrière elle avec huit albums, on peut dire que c’est une artiste confirmée et respectée.
Personnellement je l’ai découvert sur un duo avec Common, à savoir “Tell me what we’re gonna do now?” en cherchant dans la disco du mc de Chicago, mais en réalité Joss Stone n’en est pas à son coup d’essai, ce morceau étant en fait issu de son troisième album “Introducing Joss Stone”. Intrigué par cette vibe qu’elle dégage et sa superbe voix, je me dis qu’il faut que je creuse un peu et me rend compte que son premier disque “The soul sessions” est un disque de cover des standards de la Soul des années 60/70 avec par exemple des reprises d’Aretha Franklin ou des Isley brothers et j’en passe.
Stone se fait rapidement un nom en collaborant avec des grands noms de la musique US comme Lauryn Hill, Nas ou Raphael Saadiq, des productions de Questlove des Roots, bref, la nana sait s’entourer comme il faut…
Tout au long de sa discographie, vous retrouverez une soul positive, portée par un message d’amour et de bien être. A la voir déambuler pieds nus, avec ses tatouages et ses cheveux de toutes les couleurs, on pourrait la croire sortie tout droit de Woodstock, mais c’est bien dans les rues Anglaises, à Devon plus précisément que la jeune Joss grandit, dyslexique (un peu selon elle) et où son amour de la musique va se développer. A 16 ans, elle décide de quitter l’école pour se consacrer à la musique, prétextant sa dyslexie comme motif pour arrêter son cursus et écumer les télé crochets Anglais, elle part ensuite rapidement pour la grosse pomme pour auditionner sur les labels locaux. En choisissant du Otis Redding et du Aretha, elle ose et se fait remarquer par le label S-curve qui la signe instantanément, s’en suit donc les “Soul sessions” qui marche très bien et je pense que pour le label, c’était aussi une façon de s’assurer que ça prendrait bien et ça a été le cas.
Ensuite, ce sera un enchaînement de succès et de collaborations plus diverses les unes que les autres, de Damian Marley à Johnny Hallyday (oui oui!!!) la belle Anglaise a toujours su se renouveler tout en restant cette pépite Soul Jazzy hors des standards et du circuit commercial de la pop Anglaise.
Laurent

Les Soprano, une virée musicale au Bada-Bing!!!



Hormis The Wire, si il y a bien une série dont je me dois de vous parler, que ce soit pour sa bande originale ou simplement pour l’oeuvre dans son ensemble, c’est bien les Soprano. L’histoire de cette famille mafieuse du New Jersey est tout simplement passionnante, les six saisons de la série nous offre le quotidien d’une famille presque comme une autre, au détail près que Tony joué par l’inoubliable James Gandolfini, le père, est le boss d’une des familles de la pègre les plus importantes de l’Etat de New York. Si il est impitoyable comme capo, il est également empreint au doutes et à des crises de panique, ce qui est un peu le point de départ du show. A vrai dire, il en est au point où il consulte une psy, ce qui est absolument proscrit dans le milieu, il est donc obligé de faire ça en secret, ce qui donnera lieu à des situations rocambolesques. Voilà, plus ou moins le point de départ de la série, je ne vais pas vous en dire plus pour ne pas spoiler quoi que ce soit, on a affaire à un véritable bijou et en dévoiler quelconque détail serait un sacrilège, ce sont pour moi, avec le chef d’oeuvre de David Simon, mes 2 séries préférées.
Avant de vous parler musique, je vais quand même vous faire un petit point casting, parce qu’on est quand même sur du cinq étoiles. Vous pourrez retrouver dans le rôle de Carmela, la femme du patron, l’excellente Edie Falco, vue ensuite dans Nurse Jackie, Steven Van Zandt dans le rôle du consigliere, l’ex guitariste de Springsteen sera aussi consultant musical, sans oublier Michael Imperioli, génial en neveu de Tony. Plus que ce casting principal, qui parle surtout aux aficionados de séries, ce sont les guests qui sont impressionnants, de Steve Buscemi (Fargo), Frank et Nancy Sinatra, Frankie Valli, Sir Ben Kingsley, Michael B. Jordan (Black panther), Lady Gaga et j’en passe… Comme quoi, avoir un rôle dans les Soprano était un honneur, même pour les plus grands.
Bon, ça y est, on y vient à la playlist de la série! C’est sans doute la bande son la plus éclectique que j’ai pu entendre à ce jour. Il faut savoir que David Chase, le réalisateur a eu son mot à dire sur chaque morceau de la série, certains épisodes ont même été écrits en partant d’une chanson. Vous aurez de tout, vraiment tout dans cette B.O, j’ai même du mal à comprendre comment ils ont pu trouver une cohérence dans tout ça. Evidemment, vous retrouverez pas mal de crooners Italo-Américains, Frank Sinatra en tête de liste, notamment dans les scènes flashbacks où on voit la jeunesse de Tony et l’époque de ses parents. Du Doo-Wop aussi, de la Soul avec Otis Redding, les O’Jays ou les Temptations, de la musique Italienne avec Andrea Bocelli et son “Con te partiro” légendaire. C’est pas tout, j’ai dit que vous auriez de tout non? Du hip hop et du R’nB avec Ja Rule ou les TLC par exemple, du Rock aussi avec la sublime voix d’Annie Lennox, Metallica ou encore les Eagles. Evidemment, j’en passe et des meilleurs, il s’agit d’une sélection de 135 morceaux que je vous ai concocté, mais il en est un qui est absolument inoubliable, c’est le générique de la série, le fameux “Woke up this morning” des Alabama 3, impossible de ne pas se souvenir de ce générique conclu par l’arrivée de Tony devant chez lui. D’ailleurs, je vous en reparlerais probablement dans une édition de nos samples rendez-vous, en attendant… Bienvenue au Bada-Bing!

Laurent

Retour gagnant pour Lil’ Wayne!!!


Et bah… Ca fait longtemps qu’on l’attend celui-là!!! Le cinquième opus de la saga “Tha Carter” est enfin là, perso, je n’y croyais plus. Et du coup, boum!!! Wizzy nous offre 23 titres, vous me direz, avec toute cette patience, on méritait quelques extra tracks non?

Alors voilà, après six ans de batailles, de fausses annonces et de reports, “Tha Carter V” est enfin là! La cover avec la photo de Dwayne enfant présente depuis le troisième opus est bien là, il y est accompagné de sa maman. Le casting de featurings est à la hauteur de l’attente aussi, si je vous fais un petit survol de tout ça, vous allez retrouver Kendrick Lamar pour ce qui est pour moi le sommet de l’album, “Mona Lisa” où les deux mc échangent les couplets sur une “histoire d’amour” comme dans un match de boxe du plus haut niveau, l’un des meilleurs tracks de Wizzy depuis bien longtemps à mon avis. On retrouve également quelques anciens comme Snoop ou Ashanti, Wayne fait même participer sa fille Reginae dans le morceau “Famous” qui a du coup, une touche particulière.

Étonnamment, moi qui ne suis pas vraiment fan de la protégée de Wizzy, la sulfureuse Nicki Minaj, sur “Dark side of the moon”, je la trouve vraiment bonne et notamment au niveau de son registre vocal, elle nous pousse la chansonnette de façon étonnante et ça fonctionne très bien. Enfin, niveau feat. difficile de ne pas parler du premier track du disque “Don’t cry” avec feu XXXtentacion, le jeune rappeur assassiné il y a quelques mois. Ce qui est fou, c’est le côté prophétique du morceau, les lyrics de Wayne évoquent la mort et d’une façon tellement mélancolique que ça donne encore plus de résonnance à ce morceau et à la présence de XXX. Il y a aussi évidemment aussi le banger avec Swizz Beatz qui est à souligner, ce “Uproar” devrait inonder les clubs pendant un bon moment, l’ancien artisan des Ruff Ryders démontre qu’il sait encore faire bouger les gens!!!

Alors vous me direz que moi qui critique si souvent l’autotune, j’encense le disque de Lil’ Wayne qui est un peu celui qui a popularisé cet outil dans le rap moderne et bien je vous répondrais que je n’aime pas l’autotune en général, mais qu’il peut être un accessoire intéressant quand le talent existe derrière l’outil! C’est le cas pour Wizzy et ce n’est pas le premier, bien avant lui, des légendes comme Roger Troutman de Zapp l’utilisait déjà pour booster sa funk et non pour masquer ses défauts vocaux. Le fond du problème de l’autotune, il est là, selon moi, il permet à beaucoup de pseudo rappeurs/chanteurs de sortir de l’ombre quand ils auraient dû y rester, ce n’est bien sûr que mon avis. A bon entendeur…


Laurent

1 an en musique : 1985



Pour cette cinquième édition de ces années en musique, je dois reconnaître que mon objectivité musicale commence à mettre les voiles, l’émergence du hip hop est en bonne voie et le R’n’B mellow a encore de belles années devant lui aussi donc la pop et le rock commencent lentement à disparaître de la playlist.


En avant pour 1985, pour moi c’est la fin des couches et l’entrée en maternelle et pour d’autres dans le Queens, par exemple, c’est Kangol vissé sur la tête et boom box sur l’épaule. Un exemple parmi d’autres, un certain James Todd Smith, alias LL Cool J a signé chez Def Jam et s’apprête à faire les beaux jours du rap avec le génial “Rock the bells”, souvenez cette intro mythique: “LL Cool J is hard as hell, battle anybody, I don’t care who you tell, I excell…” et ce n’est pas le seul, l’un des tout meilleurs Storyteller du hip hop, l’homme à l’oeil bandé, Slick Rick himself, en compagnie de l’un des autres grands de l’époque, Doug E. Fresh pour “La da di da”, un autre grand classique du hip hop des 80’s.
Rassurez-vous, il n’y a quand même pas que du rap, j’ai aussi mis à l’honneur la B.O de l’un des films qui a bercé ma jeunesse, les goonies, avec Cyndi Lauper et “Good enough”, qui rythme la scène où les goonies attachent le grand frère de Mickey (Josh Brolin) a son banc de muscu et s’évadent en vélo à la recherche du trésor de Willy le borgne. Une grosse dédicace à mon père aussi, avec Dire Straits et leur “Walk of life” que j’ai entendu des centaines de fois sur les routes de vacances, donc vous voyez, le rock est toujours là, juste un peu moins présent…
Le R’n’B de l’époque lui, est bien présent avec les rois de l’époque, les Kool and the Gang, pour lesquelles j’ai choisi “Cherish”, mais c’était loin d’être le seul titre que j’aurais pu mettre, vous retrouverez aussi Atlantic Starr, un de mes groupes préférés, que vous retrouverez très certainement dans la rubrique Soulections. Voilà, reste comme chaque année un inavouable et là, quand j’ai fouillé un peu les sorties de 1985, deux morceaux sortaient clairement du lot: “Take on me” de A-Ha et “Je te donne” de Jean Jacques Goldman et étant donné que je n’arrivais pas à me décider, j’ai fait une exception à la règle, j’en ai mis 13 oups! A l’année prochaine…

Laurent

Dans les pensées de Black Thought…


Vous avez peut-être eu l’occasion de lire ma petite chronique sur The Roots et dans ce cas là, vous connaissez mon amour pour ce groupe hors normes, il est donc normal que je vous parle un peu de l’opus que tous les fans de la formation de Philly attendait: Le solo de Black Thought, le lead MC du groupe.

J’ai attendu le deuxième volume de ces “Streams of Thought” pour vous en parler, car je savais qu’une suite était à venir, la première était sortie au mois de juin, pour égayer mon été et celle-ci début Novembre pour réchauffer les soirées d’hiver.

Voilà donc Black Thought à nu, sans les musiciens qui l’accompagne depuis le début de sa carrière, sans la batterie Questlove, ni le clavier de Poyser, non, juste Thought et son micro.

Alors, je dis qu’il est seul, mais ce n’est pas tout à fait exact, pour ces 2 disques, Tariq a décidé de s’entourer de deux très grands producteurs du game, un pour chacun des volumes, à savoir, pour le 1er, 9th wonder dont je vous avais parlé dans mon post sur les beatmakers et pour le second, le non moins talentueux Salaam Remi.

Pour le premier volume (mon préféré), dès les premières secondes, on ressent la patte du beatmaker de Caroline du Nord, qui, empreint de Soul se marie parfaitement avec les lyrics engagés du “wordsmith” de Philadelphia, presque faits l’un pour l’autre je dirais.

Le disque s’ouvre sur un truc énorme concocté par 9th, il a été nous péché un sample d’une inconnue absolue, une certaine Jeanette, une chanteuse Anglaise d’origine Espagnole, qui chante en Français?!? Le morceau c’est “L’amour joue au violon” et 9th Wonder va en sampler non seulement la mélodie, mais aussi la voix de la dame, qu’il va pitcher pour en faire l’instru de “Twofifteen”, qu’évidemment Black va dégommer, une vraie pépite!!! Viens ensuite le top du top, le duel “9th vs Thought” et là, préparez-vous à du rap de haut niveau avec une instru Boom Bap du meilleur goût, c’est l’un des tracks de l’année pour moi.Pour la suite, vous aurez le droit à des invités de prestige, ce qui ne sera pas le cas du deuxième opus. Vous pourrez retrouver Rapsody, la protégée de 9thWonder, mais aussi Styles P, l’ancien de TheLox qui participe à “Making a murderer” le single qui a lançait les rumeurs sur le net.

Les Covers par Rashid Johnson et Leslie Hewitt

Dans le deuxième volume, Tariq a choisi pour nouveau partenaire, le producteur touche a tout, Salaam Remi. Celui qui a travaillé avec un peu tout types d’artistes, de Nas à Amy Winehouse en passant par Nelly Furtado, n’est pas celui auquel j’aurais pensé pour prendre la suite de 9th Wonder, pas qu’il n’est pas talentueux, bien au contraire, mais je n’aurais pas forcément associé les 2 styles … et pourtant, ça le fait grave!!!

Je dirais même de cette collaboration, qu’elle m’a offert mon track préféré des deux volumes, à savoir “Streets”, un peu dans le même style que “9th vs Thought” dans le 1er, le beat frappe fort et Black Thought est au sommet sur ce genre là, le refrain de Tysh Hyman vient sublimer le tout et en ressort une vraie bombe!!!

Globalement, ce volume est plus jazzy et comme dans le premier, si la part belle est faite à Black Thought, bien sûr, la prod. de Salaam Remi est impeccable, des morceaux comme “The new grit” ou “Fentanyl” puent le hip hop et je m’en régale à chaque écoute!

Le seul reproche que je pourrais éventuellement faire à cette deuxième mouture, c’est que Black Thought a doublé le nombre de morceaux, mais a raccourci les durées, souvent pas plus de deux minutes, comme pour les deux que je viens de citer, sauf que c’est tellement bon, qu’on voudrait que ça dure.

En dehors de ça, je peux vraiment pas reprocher grand chose à ces deux disques, Black Thought nous a fait attendre, mais ça valait le coup d’entrer dans ses pensées.

Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #31 : Daddy Lord C et Bill Withers.



Ah la la mais qu’est-ce que j’ai pu l’écouter ce morceau, le “Freaky flow” de Daddy Lord C, je l’ai fait tourner en boucle à l’époque, c’était la folie. Déjà, j’aimais beaucoup ce que faisait La Cliqua en général, mais là, ce solo de Daddy Lord C, dans un univers assez différent de ce que proposait le groupe, un petit storytelling amoureux tout simplement génial!
Le flow en question de notre MC est juste trop puissant, rapide et ses rimes percutent dans cette histoire de coup de coeur avec cette jeune femme qui lui donne “le freaky flow”.
Pour nous raconter ce “storytelling”, Daddy Lord C utilise une boucle d’un grand classique de la soul, par l’un de ces plus grands chanteurs, Bill Withers et le fameux “Just the two of us”.
Cette balade sortie en 1981 est issue de la collaboration entre Withers et un certain Grover Washington Jr l’illustre Jazzman New Yorkais, la chanson est un véritable hit et obtient 2 grammy awards, l’un pour la meilleure chanson R’n’B et l’autre, pour le meilleur album “Jazz Fusion” pour Grover Washington Jr. Cette balade sent la bonne humeur a plein nez et Daddy Lord C est loin d’être le seul à avoir repérer ce sample génial, Keri Hilson, Regina Belle et Urban Zakapa, star de la pop Sud Coréenne a repris ce morceau, mais la version la plus connue et qui a le mieux marchée, c’est celle de Will Smith, en 1997, dédiée à son fils, je vous la mets d’ailleurs en bonus, c’est cadeau!

Laurent

Anderson .Paak termine sa “Beach series” en beauté!!!


ALERTE À LA BOMBE!!!

Voilà le disque que j’attendais le plus en cette fin d’année (à part si The Roots nous lâche leur “End game” un jour…), le dernier opus d’Anderson .Paak, sous la direction de Dr. Dre s’il vous plaît, voici donc Oxnard!!!

Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, Paak, c’est le petit protégé du Docteur le plus célèbre de la musique Californienne et même si ça fait déjà un petit moment qu’il traîne son bonnet et sa voix cassé sur les scènes du monde entier, la véritable explosion de cet artiste ne se fait en réalité qu’avec sa collaboration sur “Compton” en 2015, dans un premier temps, mais surtout avec la sortie de “Malibu”, l’année suivante, le deuxième volet de sa “Beach series” où il met en lumière différentes ville de Californie en bord de mer, le premier étant en “Venice” en 2014. Alors, allons-y si vous le voulez bien…Direction Oxnard, la ville natale d’Anderson.

14 titres au programme avec des invités de prestige, l’un des producteur les plus talentueux du game et un Paak toujours aussi à l’aise entre Soul, Funk et Hip Hop, alors qu’est-ce qui pourrait aller de travers me direz-vous? Et bien pour ma part, pas grand chose, je ne me suis vraiment pas ennuyé pendant une heure, j’ai essayé, mais non, rien à faire, c’est vraiment trop bon!!!

Déjà, à la sortie du single “Tints” avec Kendrick Lamar, je me suis dit là, on tient quelque chose de LOURD!!! Ce titre est trop funky et les 2 pépites de Dre se complètent à merveille dessus, le clip aussi est assez dingue et complètement décalé du morceau, à voir absolument!

Alors, évidemment, c’est le 1er single, donc il a envoyé du bois et on aurait pu se demander si il lui en restait sous le pied, mais ce serait mal connaître l’enfant d’Oxnard. Je dirais qu’il y a encore mieux sur le disque, personnellement, j’ai un énorme coup de coeur pour “Cheers” avec le vétéran dA Tribe Called Quest, monsieur Q-Tip himself!!! C’est comme si, malgré le choc des époques, ces deux-là étaient fait pour bosser ensemble, Tip n’a rien perdu de son flow légendaire et Paak n’a franchement rien a lui envier non plus. Quant à la prod, elle respire la bonne humeur comme pour le premier single, d’ailleurs je dirais que ce disque, si il était sorti l’été, aurait tout casser au niveau des ventes.

Je suis loin d’être au bout des feat de prestiges dont je vous parlais, vous pourrez retrouver le Doggfather aussi!!! Snoop Dogg abandonnant ses trips Gospel ou Reggae pour briller sur ce track, on retrouverait presque le Snoop des 90’s sur “Anywhere”. Pusha T est également là pour accompagner Paak sur un morceau avec un titre sorti tout droit de New Jack City “Brother’s keeper” (Suis-je le gardien de mon frère?)

 

Je vais pas faire toute la chronique sur les feat, mais ils m’ont tellement régalé que je suis obligé d’insister un peu, J.Cole fait parti de l’aventure aussi sur “Trippy”, BJ The Chicago Kid dont je vous avais parlé il y a quelque temps, Dre, lui même fait une apparition (pas la meilleure) et je finirais par les petites merveilles de la Soul moderne que sont Norelle, mais surtout Khadja Bonet qui ouvre le disque sur “The chase” qu’on croirait tout droit sorti de la B.O d’un film de la Blaxploitation, une petite bombe!!! Je pense qu’au même titre qu’une Jorja Smith, on a pas fini d’entendre parler de ces 2 nanas!

Si… j’oubliais presque, l’unique raté du disque selon moi, le dernier morceau où Anderson s’essaye à un style quelque part entre Soul et Reggae avec un accent jamaïcain un peu étrange et inutile à mon avis, mais bref, c’est un morceau sur quatorze, je vais pas en tenir compte…

Au niveau des thèmes traités, tout y passe plus ou moins, des morceaux sexys au plus intimistes, Paak s’attaque même à la politique et au Président en place avec un brin de cynisme. On a même le droit à un petit clin d’oeil à son pote récemment décédé Mac Miller. Niveau production, le disque est bien entendu supervisé par Dr Dre, mais l’artiste, pour une fois sans son groupe les Free Nationals, garde quand même bien la main sur l’ensemble et laisse même une petite place pour le génial 9th wonder, en soit, c’est du solide tout ça!

Alors voilà, faites vous votre avis, j’ai lu plusieurs retours ou les gens étaient presque déçus, ils attendaient un Paak plus original encore, personnellement, je trouve qu’il a gagné en maturité et que si il n’a pas forcément pris de gros risques, il a fait ce qu’il sait faire et à la perfection, au fond, c’est ça qu’on aime non?

Laurent