Archives d’Auteur: Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #29 : Drake et Timmy Thomas


Attention blockbuster!!! L’un des titres les plus hot de ces dernières années, le “Hotline bling” de Drake. Alors c’est un petit défi pour moi car je suis pas un gros fan du Canadien, je sais que je vais probablement me faire canarder par les jeunes, mais malgré son talent, il en a, c’est évident, je le trouve un peu trop “facile” sur ces morceaux, trop mainstream! C’est pas un mal en soi, mais c’est juste moi, j’aime un peu plus d’épaisseur chez les rappeurs.

Bref, si vous avez passé ces quelques lignes sans m’insulter, revenons ensemble au morceau qui nous intéresse aujourd’hui, “Hotline bling” donc, le morceau club de 2015 de l’artiste, hyper sexy où Drake nous raconte son histoire avec son “Booty call” pour rester poli et respectueux.

Alors, le sujet est assez récurrent dans le rap actuel et ici, il nous explique que la jeune fille en question faisait sonner son téléphone pour un projet bien précis et que lui, gentleman qu’il est, se faisait une joie d’accomoder madame, bref…

Pour le track il a samplé Timmy Thomas et son morceau “Why can’t we live together?”, j’avoue que je ne connaissais pas cet auteur/compositeur avant ce morceau et même si sa carrière de chanteur n’a pas été des plus aboutis, ce titre a été un succès et je pense vraiment que je ne suis pas le seul à l’avoir découvert à travers le titre de Drake, alors rendons à César ce qui est à César…

Comme quoi, ça a du bon ces affaires de samples non?

 

Laurent

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L’été musical de Kanye West.



Il l’avait promis et il l’a fait! Je vais pas perdre du temps sur ses déclarations scandaleuses ni ses prises de positions, ce blog n’a pas vocation à ça, mais je vais parler musique, là où Kanye West aurait dû rester, parce que c’est là qu’il est bon… parfois.
Quoi qu’il en soit, West avait dit qu’il allait produire cinq albums et les sortir au rythme de un par semaine, soit chaque vendredi entre fin Mai et fin Juin, perso, j’en doutais un peu, le type n’est pas hyper carré sur ses dates de sorties habituellement, mais cette fois-ci, il a géré un sans fautes et la prise de risque était maximum avec des artistes de haute volée dans les studios, au programme: Pusha T, Nas, Teyana Taylor, Kid Cudi et Kanye himself!!!
Voici une petite revue d’effectif rapide avec pour tous les disques, un format de sept titres, ce qui est honnêtement l’un des coups de maître de cette série, ça évite clairement les temps morts.

Pusha T avec “Daytona”
J’ai choisi de les prendre par ordre de sortie parce que sans ça, je l’aurais gardé pour la fin, car, clairement, c’est le meilleur opus des cinq! L’album était attendu depuis un long moment par la communauté hip hop et Push a su être à la hauteur de celle-ci, je ne peux rien enlever des ces sept titres. La prod de Kanye est au top avec des instrus comme ils savaient en produire à sa grande époque, plus orienté Soul qu’Electro et clairement, quand il revient à ce qu’il connaît le mieux, il est au sommet. Pusha T quant à lui détruit les beats un à un, que ce soit sur l’ouverture plutôt cool “If you know you know” ou sur le très dark “Santeria”, Push est égal à lui-même, son flow est passe partout et ici, c’est une vraie réussite! A noté le “Hard piano” avec Rick Ross en featuring, excellent aussi, bref, je valide à 200%.

Kanye West avec “Ye”
Voilà donc le disque qui sert plus ou moins de lettre ouverte pour expliquer les récents dérapages de West, d’abord la couv’ qui confirme sa bipolarité (qu’il considère selon ses dires comme un super pouvoir, mouais…), il parle aussi de ses problèmes d’addiction, ses brouilles avec Jay-Z, de sa famille, miss Kardashian comprise bien sûr, bref Kanye s’ouvre à son public après l’avoir tant choqué et perdu nombre de fans. Cela-dit, musicalement, c’est, selon moi le projet le plus abouti de l’enfant de Chicago depuis bien longtemps, pendant ces 25 minutes, il abandonne un peu ses expériences musicales et c’est tant mieux, on retrouve un peu de l’artiste qui faisait sensation avec son “College dropout”. Ici “No mistakes” avec le toujours génial Charlie Wilson et Kid Cudi et “Ghost town” ou Ye se permet des vocalises sont mes coups de coeur du disque.

Kanye et Kid Cudi avec “Kid see ghost”
Là, déjà je suis moins convaincu, même si le duo fonctionne plutôt bien et que j’ai eu une grosse période Kid Cudi avec ces “Man on the moon”, je trouve qu’il manque quelque chose à ce projet et c’est le cas aussi sur le disque dont je parlerais ensuite, je trouve le mix un peu léger, on a l’impression que le disque sort mais qu’il n’est pas finalisé. Alors qui suis-je, me direz-vous pour juger de la qualité de mixage d’un album comme celui-ci? Et bien je me permets de le faire car je trouve qu’un producteur aussi talentueux que Kanye ne devrait pas se la jouer aussi facile, parfois les voix semblent trop fortes, parfois c’est le beat, je sais pas, quelque chose cloche dans mon oreille! Malgré tout, le disque reste correct et nous offre quelque bons moments, notamment avec le morceau “Reborn” où Cudi semble le plus à son aise, mais aussi le featuring avec Yasiin Bey alias Mos Def sur “Kids see Ghosts”.

Nas avec “Nasir”
Pour cette quatrième sortie de la série, la pression était d’un tout autre niveau, puisqu’il s’agit de la légende du Queens, Nasty Nas himself!!! Six ans qu’on attendait un disque d’Esco, alors clairement, il ne fallait pas se rater sur ces sept titres! Et le sentiment est … mitigé!!! Comme pour Kids see Ghosts, je trouve qu’il y a parfois un sentiment de bâclé mais à contrario, ici, on retrouve aussi l’excellence de Nas, “Not for radio” et “Adam and Eve” sont tout simplement géniaux, “Everything” vraiment pas mal aussi, Nas nous expose sa vision du monde actuel et ce qu’il aimerait y changer, un brin utopiste, mais intéressant. Le tour de maître du disque, c’est sans doute “Cops shot the kid” où Kanye a concocté tout une instru autour d’un scratch de Slick Rick (idole de Nas), c’est hyper rythmé, le texte est tendu, on y parle des violences policières et West y va même de son couplet, c’est pas mon morceau favori mais c’est super bien bossé!!! Après, le reste de “Nasir” est très très en dessous, “Bonjour” semble être du remplissage et sur un sept titres, c’est juste pas possible! “White label” et “Simple things” pas vraiment plus passionnants, c’est correct, on va pas se mentir, mais on attend plus d’Esco, surtout sur un format aussi compact! Donc on alterne le très fort et le moyen, après six ans, je me permets d’être quand même un peu déçu.

Teyana Taylor avec “KTSE”
Dernier projet de la série et c’est un projet un peu à part, puisque c’est le seul disque R’N’B parmi les cinq, alors, ce n’est pas un problème parce que West est un producteur aux multiples talents et que les instrus qu’ils proposent ne se limitent pas au rap, loin de là. Teyana Taylor aussi, était attendu, tant son premier disque avait fait sensation et on peut dire qu’elle maîtrise son sujet cette fois encore, l’album est posé, la voix de Teyana envoûtante, des tracks sexys comme “Hurry” ou Kanye fait son apparition comme sur les cinq disques de la série où ceux plus Soul comme “Rose in Harlem” ou “Gonna love me”, la jeune New Yorkaise assure et je dirais qu’elle conclut cet été musical estampillé GOOD MUSIC de belle manière.
Laurent

Les Soulections #14 : India Arie


Voilà une artiste aux multiples talents, India Arie, virtuose de la guitare, elle joue également de la flûte, du piano et elle est aussi actrice à ses heures perdues, qui dit mieux? Tout ça enrobé d’une voix de miel, la chanteuse née à Denver a t-elle des défauts artistiques? Je ne crois pas… Alors oui, elle est un peu en décalage avec le reste de l’industrie musicale R’n’B, mais peut-on lui en vouloir?

Parfois plus proche de l’univers Jazz, elle a sans doute manqué quelques récompenses pour son travail, mais a quand même réussi à glaner 4 Grammys dont celui du meilleur album R’n’B pour “Voyage to India”.

Ce que j’aime chez elle, c’est la constance dans sa musique, la douceur de sa voix et ses mélodies envoûtantes, c’est typiquement le genre d’artiste que je peux écouter pendant des heures sans me lasser, j’adore mettre ses disques pour ambiancer un dîner, sa musique est très emprunt de soul mais c’est aussi très bien pour les ambiances plus lounge.

Moi je l’ai découvert avec “Video” qui partageait la même mélodie que le “Put it in your mouth” d’Akinyele, bien moins romantique, je vous l’accorde, mais les deux morceaux sont bons, chacun dans leur registre. Quoi qu’il en soit, en 2001, pleine explosion des Destiny’s child et du R’nB sexy, mon oreille a été chatouillée par cette artiste et sa chanson qui revendiquait toutes les valeurs contraires aux codes du R’n’B féminin de l’époque, elle nous dit qu’elle s’aime telle qu’elle est, pas attirée par l’appel du bistouri, une belle femme, naturelle et qui ne répond pas aux standards des clips, mais qui s’en moque, en somme, elle portait le message qu’une Alicia Keys reprend aujourd’hui (je vous en parlais dans la chronique de son dernier disque), simplement 15 ans avant…

Du coup, je me suis intéressé de plus près à cette “originale” et j’ai jamais décroché, tout au long de ces sept disques, elle a bercé mes soirées avec des titres comme “The truth” ou “Brown skin” jusqu’au formidable “Breathe” inspiré de l’histoire tragique d’Eric Garner, ce New Yorkais de 44 ans, décédé aux suites d’un étranglement lors d’un contrôle d’identité, ce morceau deviendra l’un des morceaux forts qui viennent automatiquement à l’esprit quand on parle du mouvement “Black lives matter”.

J’espère vraiment vous avoir donné envie de découvrir cette artiste encore trop méconnue en France et si ce n’est pas le cas, je suis sûr que la playlist  ci dessous fera le boulot.

 

Laurent

 

1 an en musique : 1983


Aie aie aie!!! Très très dur de faire des choix en cette année 1983, je crois que jusque là, c’est celle qui a été la plus compliqué à composer, pardonnez-moi si votre chanson favorite n’a pas fait le cut… allez DJ, Rewiiiiiiiiind!!!

Rien à faire, ce gif m’éclate toujours!!! Nous voici donc en 1983 et comme je vous le disais en préambule, c’est une énorme année en terme de sorties musicales, notamment l’incontournable “Billie Jean” du “King of pop” Michael Jackson himself!!! L’un des titres les plus fort de l’un des albums les plus incroyables de tous les temps, “Thriller”, vous vous rappelez, Michael qui en marchant, illumine le sol? Les débuts du fameux moonwalk, ah la la, rien que d’en parler j’ai des frissons!

Mais ce n’est pas tout, une autre immense star de la pop explose aux yeux du monde cette année-là, Louise Ciccone, alias Madonna! Vous voyez, je vous racontais pas de bêtises, 1983 était chargée musicalement et c’est pas fini!!! Pour la Madone, j’ai choisi le titre “Holiday” issu de son premier album éponyme, la chanson est fraîche, Madonna n’est pas encore l’icône sexy qu’elle s’apprête à devenir et ça fonctionne tout aussi bien à mon avis.

Hormis les deux plus grandes stars de l’histoire de la pop, le reste de la liste à également du talent à faire valoir, vous retrouverez notamment l’un des plus beaux morceaux de U2 avec “Sunday bloody sunday” en hommage aux 14 personnes décédées durant la marche pour les droits civiques en Irlande du nord, Bono et son groupe ont écrit un morceau intemporel qui résonne encore aujourd’hui dans notre actualité. Plus léger, mais pas moins talentueux, Eurythmics et son “Sweet dreams” ou Annie Lennox nous éclabousse de son talent, d’ailleurs je vous en reparlerais plus longuement dans un Sample Rendez-vous à venir…

Plus festif encore, l’inoubliable “Reggae night” de Jimmy Cliff, dans le genre chanson qui donne la pêche, ça le fait non?

Je continue aussi dans la douce insertion du rap dans le monde de la musique et après Blondie et son “Rapture” en 1983, c’est un autre géant de la musique qui donne un coup de pouce au hip hop, MONSIEUR Herbie Hancock avec “Rock it”. Je vous parlais de MJ plus haut, on retrouve aussi le groupe qui a été considéré comme la relève des Jackson 5, les New Edition et leur “Candy girl” dont je vous ai déjà parlé.

Plutôt pas mal non? Je vais vous laisser découvrir le reste de la liste que j’ai découpé au laser, croyez-moi, j’ai eu des choix cornéliens à faire et je vous laisse choisir selon vous lequel de ces douze morceaux est mon inavouable…

Je serais aussi curieux de savoir quel morceau vous auriez choisi, savoir si ils faisaient parti de ma liste de départ, en attendant retour en 2018…

Laurent

I’m dying up here, tout sauf une mauvaise blague!!!


Alors, celle-là, c’est la série surprise de l’année pour moi, je m’attendais vraiment pas à accrocher autant cette petite troupe d’inconnus qui se risquent à monter sur scène pour faire rire un public pas toujours des plus sympas.

Au moment ou j’écris, je n’ai pas encore vu la deuxième saison, mais je peux déjà vous dire que la première est vraiment de qualité. A la production, nous retrouvons un petit “novice” en matière de comédie, à savoir Jim Carrey, ce qui est déjà un premier gage de qualité, non?

Dans IDUH, vous suivrez la troupe de Goldie, gérante d’un établissement où des jeunes comédiens, viennent s’essayer à l’exercice périlleux du stand up, bien connu en France aujourd’hui avec le Jamel Comedy Club, qui a lancé la majeure partie de la jeune génération de comiques Français. L’histoire se déroule dans les années 70 et à l’époque, le graal, c’est de passer dans le fameux “Tonight show”, présenté par Johnny Carson. Pour se faire, les comédiens doivent faire leurs armes chez Goldie, incarnée par la formidable Melissa Léo (vue dans Treme), seule véritable tête d’affiche de la série. Pour incarner les comédiens, vous retrouverez quand même quelques visages connus des amateurs de séries, comme Ari Graynor, qui joue Cassie, une jeune femme à l’humour corrosif, sorte de Blanche Gardin avant l’heure, qui s’emploie à pousser les portes du showbiz, pas encore prêt à accueillir des femmes avec une telle répartie sur le devant de la scène. Il y a également Michael Angarano (vu dans l’excellent “The Knick”), dans le rôle d’Eddie, un jeune comique qui débarque à L.A avec son acolyte Ron, dans l’espoir de percer dans la cité des anges, ils forment un duo à mourir de rire, vous penserez à moi pendant la scène des crevettes sauce piquante. Ca, c’est pour les visages les plus connus, mais IDUH m’a permis de découvrir des acteurs vraiment touchants et talentueux comme celui qui joue Adam, Ralph ou Brandon Ford Green, qui rentre dans les pompes de l’une des références de l’époque Richard Pryor. Il faut comprendre, que la série est bien plus qu’une comédie, on vit avec les humoristes, leurs moments de gloire, comme les passages les plus difficiles, la route vers Hollywood et le canapé de Carson est longue et chaotique.

Va-t’on parler musique me direz-vous? Oui et maintenant même!!! Car la B.O a la part belle dans IDUH, elle aide à retranscrire l’atmosphère des seventies. Empreinte de Soul et de Rock, un peu à la manière de The Deuce, dont je vous avais parlé il y a quelque temps, elle est aussi importante que les costumes et les décors qui sont eux aussi, très réussis.

Au programme, vous retrouverez quelques standards, mais pour ma part, ça a vraiment été l’occasion de découvrir pas mal de chansons et de groupes tel que Les Soulsations, Lynn Castle ou Python Lee Jackson. Après, pour ce qui est des plus connus, ça va de David Bowie aux Isley Brothers en passant par Donny Hathaway ou Iggy Pop. Ca y est ça vous donne envie? Pas encore? Alors, je vous propose de jeter un oeil à la bande annonce et à la playlist ci-dessous.

 

Laurent

New Edition, les héritiers New Jack des Jackson 5


Voilà une de ces soirées où vous ne savez pas quoi regarder à la télé et en zappant, je tombe sur BET et la, le choc!!! Je tombe sur une mini série en 3 parties, le biopic des New Edition, le groupe phare du R’n’B, ou plutôt de la New Jack des années 80. Si le nom ne vous dit rien, peut être que vous connaissez les chanteurs, un au moins, le seul et unique in/fameux Bobby Brown, a.k.a monsieur Whitney Houston. A l’origine de la formation avec ses deux copains d’enfance, Ronnie Devoe et Michael Bivins, ils seront bientôt rejoint par deux autres membres Ralph Tresvant et Ricky Bell.

J’y reviendrais, mais pour le moment, focus sur le biopic que BET nous a concocté. Servi par un casting quatre étoiles avec notamment Wood Harris, Avon Barksdale dans The wire, Michael Rappaport ou Lala Anthony vu dans Power, on y retrouve aussi Bryshere Y. Gray, Akeem d’Empire et mon petit coup de coeur, Caleb Mc Laughlin, l’excellent Lucas de Stranger Things et j’en passe, vous allez suivre l’histoire de ces jeunes enfants des cités de Boston devenus stars jusque dans les années 90.

Pour revenir au véritable groupe, je dis que c’est les dignes héritiers des Jackson 5, car c’est Brook Payne, oncle de Ronnie Devoe et manager du groupe à leurs débuts qui leur a donné ce nom des New Edition, car ils étaient, selon lui, la nouvelle version de la formation de MJ, version 80’s à Boston. En réalité, leur trajectoire me rappelle plus les Temptations, rythmée par les trahisons, les changements de casting dans le groupe etc…

L’histoire des New Edition est loin d’être un conte de fées, même si elle commence comme tel en se faisant repérer par Maurice Starr dans un concours de talents locaux, où ils ne gagnent pas, mais sont malgré tout signé sur le label de Starr ,qui va leur produire un album avec notamment le titre “Candy girl” qui va faire des cinq gamins, une sensation instantanée.

L’album est un succès, les enfants partent en tournée dans tout le pays et à leur retour, chaque famille recevra un chèque de 1,87 dollars!!! Que c’est beau l’industrie du disque des fois… Après multiples divergences avec Maurice Starr, le groupe va signer chez MCA, du moins c’est ce qu’ils pensent… Ils cartonnent de nouveau dans les charts avec leur 2ème disque et des hits comme “Cool it now” ou “Mr Telephone man”, n’étant pas beaucoup mieux rémunérés que chez Starr, ils commencent à se poser des questions et se rendent compte qu’ils se sont de nouveaux fait avoir et sont en réalité sur “Jump and Shoot” un petit label qui a lui même son contrat chez le géant MCA et qui s’en met plein les poches sur le dos des gamins.

Ces soucis de management ne sont pas les plus gros problèmes au sein du groupe. C’est la personnalité extravagante de Bobby Brown qui devient vraiment gênante en réalité, problèmes d’addictions, trop envie d’être la star, même si en réalité c’est Ralph Tresvant qui est le plus souvent le lead vocal, c’est Brown qui fait le show man lors des concerts au point d’agacer ses copains qui finiront par l’exclure de la formation après une bagarre sur scène avec Michael Bivins, qui mettra fin à une de leurs tournées.

Les New Edition continuent un peu à 4 pendant un temps, mais sont un peu moins populaires, c’est l’arrivée au sein du groupe de Johnny Gill, déjà un peu connu en solo, qui relance la formation, seulement, cette arrivée a été validée sans le consentement de Tresvant, les 3 autres membres craignant que celui-ci prenne son envol en solo comme Brown avant lui. Finalement tout rentre dans l’ordre et sous la coupe de Jimmy Jam et Terry Lewis, les producteurs historiques de Janet Jackson, le groupe sort le disque “N.E Heartbreak”, leur plus gros succès jusque là. Plus orienté vers un public adulte, l’album est porté par l’une des plus belles ballades de la décennie et l’une de mes préférées tout court, “Can you stand the rain”.

Le succès de l’album leur permet de partir de nouveau en tournée et cette fois, accompagné de Bobby Brown pour son disque “Don’t be cruel” et Al B. Sure, la tournée est un immense succès.

A la suite de ça, Jam et Lewis propose aux membres du groupe de s’autoriser des projets annexes, une façon édulcorée de séparer les New Edition sans perdre la fan base qu’ils ont créer à travers les années. Tresvant et Gill sortent chacun des disques solo et les trois derniers compères deviennent Bell Biv Devoe, un groupe à la croisée du rap et de la New Jack. Chacun de son côté a du succès et ça semble convenir à tout le monde, Bivins s’essaye même à la production et découvrira un certain nombre de talents, dont un petit quatuor de Philadelphie… les Boyz II men, qui ont choisi leur nom en hommage au morceau du même nom des New Edition.

Cela dit, l’attente des fans, en vue d’un album du groupe au complet se fait pressante et vu les problèmes d’argent auquel les chanteurs sont confrontés et comme ils sont toujours sous contrat, ils décident de repartir en studio, avec le retour de Bobby Brown et sortent “Home again”, partent de nouveau en tournée et là, tout s’effondre à nouveau, un soir où Brown pousse le bouchon sur scène, une bagarre éclate en plein concert, la tournée s’arrête et le groupe retombe un peu dans l’oubli jusqu’au début des années 2000 où un certain Puff Daddy leur propose de relancer l’aventure, tout le monde est partant, mais malgré l’enthousiasme, le disque “One love” ne connaît qu’un succès modeste.

Malgré toutes ces brouilles internes, les coups de folies de Brown, les disques solo etc… Les membres sont toujours restés amis et jusqu’à maintenant, continue de tourner et d’être suivis par les nostalgiques de l’époque.

En tout cas, pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir l’histoire de cette formation qui a inspiré toute une génération de chanteurs-euses, je ne saurais vous conseiller de sauter sur ce super biopic disponible sur BET, ça vaut vraiment le coup!!!

Profeys, dans la joie et la bonne humeur…



Comme je l’avais fait l’an dernier pour Bibo, je vais vous parler d’un artiste que vous ne trouverez pas dans les bacs de la médiathèque, mais que vous pourrez retrouver sur à peu près toutes les bonnes plateformes de streaming musical.
Il s’agit ici de Profeys, originaire de Dammarie Les Lys en Seine et marne, ce jeune homme d’une trentaine d’année nous propose un hip hop jazzy, qui à mon goût, manque un peu trop dans le paysage musical hexagonal, un peu dans le même style que le Toulousain cité plus haut, on retrouve cette musicalité qui mélange mes deux genres de prédilection, le rap et la soul.

Profeys, c’est une de ces découvertes par la magie de l’internet mondial (Scully si tu m’entends…), c’est aussi ça le bon côté des réseaux sociaux, des plateformes de streaming, on peut y découvrir des artistes talentueux, qui n’ont pas eu (encore) l’exposition qu’ils méritent. Profeys, c’est un rappeur à la cool, afro en l’air, la banane en permanence, un flow qui s’adapte à tout type de tempo, bref, le gars ne se prends pas la tête, il s’adapte…
Son univers musical est un peu semblable au mien, on sent l’influence du hip hop 90’s des Roots, des Fugees ou encore des groupes comme The Pharcyde et si je devais citer des exemples Français, je me tournerais vers Hocus Pocus, voilà pour vous situer un peu la gamme de Profeys.
Avec déjà 3 disques à son actif, en l’occurrence “Ville délavée”, “Moleskine” et le dernier en date “Strawberry hills”, Profeys nous propose un répertoire varié avec des morceaux up-tempo, festif comme “Friday night” qui reprend le beat de Biggie et son Juicy légendaire, mais aussi des tracks plus introspectifs comme “Inspiration” ou “Pauvre con” où l’artiste se permet des vocalises bien senties, j’aime aussi beaucoup les titres laid back comme “Flemme à la folie” ou “Sanctuaire” avec une atmosphère west coast et des lignes de basses bien funky, c’est vraiment un bon délire.
Pour finir, je vous donne mon gros gros coup de coeur sur “Strawberry Hills” avec “Portail vert”, ce sample très soul et le texte très mélancolique sur le passé de Profeys nous transporte derrière les portes de ce portail.
Alors voilà, j’espère avoir rendu hommage à ce jeune talent, qui, j’espère saura trouver sa place dans l’univers musical hexagonal, en attendant, à vos mp3 et retrouvez Profeys ici, Ichiooooouuuu!!!

Laurent

Rapsody, dernière gardienne du temple?


Je dois dire que ça fait un moment que je voulais vous parler de Rapsody, mais pas évident de trouver son Laila’s wisdom sur notre plateforme de commande alors j’attendais… Et puis récemment, j’ai regardé Rapture sur Netflix, un documentaire en huit parties sur quelques figures du hip hop actuel, dont une sur Rapsody et là, je me suis dit stop, je me dois d’en parler tant cette nana est géniale!

Rapsody a un parcours assez peu commun dans le milieu du rap, loin de New York, L.A ou Atlanta,non elle est originaire de Snow Hill, un petit bled de Caroline du Nord, peut être que c’est ça qui a fait que son amour pour cet art est arrivé sur le tard, à savoir sur les bancs de la fac, avec un petit groupe de potes, ils deviennent les Kooley High et s’éclatent à l’université, mais pour Rap, c’est plus que du fun, elle se prend véritablement d’amour pour l’écriture et le hip hop et décide d’en faire une carrière quand avec son groupe, elle rencontre un certain 9th wonder, qui est bluffé par sa qualité derrière le mic et lui propose de poser un couplet sur son disque à venir, “The dream’s merchant”. A partir de là, ça clique professionnellement entre les 2 et jusqu’à ce jour, c’est un duo gagnant, l’entente entre ces deux-là semblent écrite Rap signe avec 9th sur It’s a wondeful world music group et se fait remarquer par un certain Jay-Z, accessoirement l’une des idoles de la  rappeuse, qui au fil des mixtapes impressionne la légende de Marcy jusqu’au point de proposer un contrat chez Roc Nation, son label.

9th et Rapsody garde quand même un certain contrôle artistique en créant Jamla Records, un label à part entière au sein de Roc Nation et ils continuent d’y parfaire le style de Rapsody. La jeune femme de Caroline du Nord a su être patiente et se laisser guider par l’expérience de 9th Wonder, sorte de Yoda pour elle, d’autres se serait lassé, mais 9th ne veut pas la sortir trop tôt et lui brûler les ailes, alors ils continuent à travailler, de mixtapes en tournées, de featurings en freestyle…jusqu’à l’an dernier.

Après presque une décennie dans le game, elle sort enfin son premier disque studio, “Laila’s wisdom” et croyez moi, si l’attente a été longue, le résultat en vaut la peine, c’est un disque de haute volée, sans faux pas avec des invités de prestige, qui d’autre peut se permettre d’avoir, sur un premier album, Kendrick Lamar, avec qui elle avait collaborée sur son “To pimp a butterfly”, mais aussi Busta Rhymes, Black Thought de The Roots ou encore BJ The Chicago Kid… Je vous mets au défi de m’en trouver un autre comme ça.

Et par dessus tout, la qualité est au rendez-vous, on retrouve le style de Rapsody, très New Yorkais des 90’s, parfois on a presque l’impression de retrouver une version féminine de Jay-Z sur Reasonable doubt (j’exagère pas, je vous promets). 

Alors voilà, pour résumer, perdue au milieu des Nikki Minaj, Cardi B et les autres filles sexys du “rap” actuel, se trouve Rapsody et si je parlais de dernière gardienne du temple, c’est que selon moi, elle est une descendante directe de la lignée des MC Lyte et Queen Latifah, Rapsody respire le hip hop a des kilomètres, je ne me suis donc pas restreint a des morceaux de son album mais je vous propose une playlist élargie avec des tracks de ses anciennes mixtapes, qui sont tout aussi bons que ce qu’elle nous donne sur Laila’s wisdom.

 

Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #28 : Kanye West et Luther Vandross


Luther Vandross, c’est fait je vous en ai déjà parlé dans une édition des Soulections, donc si vous me lisez un peu, vous savez que j’adore le type et le morceau dont il sera question aujourd’hui ne fera pas exception, “A house is not a home”.
A l’origine, le titre est chanté par Dionne Warwick pour la B.O du film du même nom en 1964, il connut un succès assez modeste et passa vite aux oubliettes jusqu’à ce jour de 1981, où MONSIEUR Luther a sorti son premier album solo, “Never too much”.

Dionne Warwick, elle-même a reconnu que le titre était fait pour Vandross et que selon elle, sa version était bien meilleure que l’originale.
Quant au sample utilisé par Kanye West, c’est sur le morceau “Slow jamz” en featuring avec Jamie Foxx, aussi doué comme acteur que comme chanteur et le rappeur le plus rapide de Chicago, Twista. Un track rap/séduction où Kanye a samplé la voix de Luther, l’a accéléré et en a fait un accompagnement à la mélodie de sa chanson.
Les 3 artistes font tour à tour un numéro de séduction aux demoiselles présentes à une soirée, notamment en leur proposant une sélection musicale pour leur faire passer un agréable moment, au programme, Luther, bien sûr, Marvin Gaye, Minnie Ripperton et j’en passe… On se croirait presque dans une édition des Soulections 〈( ^.^)ノ
A ce jeu-la, c’est Twista qui s’en sort le mieux, il balance des jeux de mots à la vitesse de la lumière avec le nom des artistes, un vrai exercice de style!
La chanson est issue du premier album de Kanye, le meilleur, si vous voulez mon avis, quand Yeezus était l’un des plus gros sampleurs de l’industrie hip hop et il n’allait pas piocher dans du n’importe quoi non plus…
Ca m’étonne d’ailleurs d’avoir attendu le 28ème pour vous en parler, ce que je peux vous promettre par contre, c’est que j’y reviendrais…
Laurent

Le rap, un art masculin? Détrompez-vous…


Trop souvent vu comme une musique hyper macho, réservé à la gente masculine, le rap est en réalité un art où les femmes ont une place historique et n’ont jamais été que des accessoires sexys pour les clips, elles ont du talent à revendre et des choses à dires et je vais vous en faire la démonstration aujourd’hui, j’ai pris le parti de diviser les artistes dont je vais vous parler en plusieurs catégories en commençant par celles qui ont ouvert les portes.

 

LES PIONNIÈRES:

A la fin des années 80, le rap est déjà bien installé comme la musique urbaine qui monte et il est vrai qu’à cette époque, le milieu est principalement masculin jusqu’à l’arrivée d’une certaine Roxanne Shanté, qui, selon mes connaissances est la première rappeuse a enregistré un morceau avec son “Roxanne’s revenge” en réponse à “Roxanne Roxanne” du groupe UFTO, voilà la guerre des Roxanne lancée et les débuts du rap au féminin. Les deux autres grandes figures de la genèse des filles dans le rap et ces deux-là ont probablement encore plus marquées l’histoire que Shanté, je parle évidemment de Queen Latifah et MC Lyte, les vrais fers de lance du mouvement ce sont elles. Queen Latifah propose un rap engagé, politique, sorte de pendant femme d’un Rakim, son “U.N.I.T.Y” résonne encore aujourd’hui comme un hymne à la paix. Quant à MC Lyte, c’est le talent à l’état pur, un flow génial, des rimes super affûtées, capable de proposer des morceaux engagés, comme des chansons pour faire la fête, la belle de Brooklyn sait tout faire. Il y eut bien sûr d’autres artistes marquantes à l’époque comme Yo-Yo, Salt’n Pepa ou Angie Martinez, la fameuse animatrice/rappeuse de la radio Hot 97 et vous les retrouverez dans la playlist.

 

LES FRENCHIES:

Avant de continuer sur les rappeuses US, je vous propose de traverser l’atlantique et de re/découvrir les talents hexagonaux, parce que mine de rien,on est gâtés aussi, en France. Vous connaissez probablement tous Diam’s, pas besoin d’en rajouter à mon avis, mais je vous conseille vraiment de fouiller un peu sur ce qu’elle faisait avant d’être célèbre, notamment avec Mafia Trece, “la boulette” envoyait du lourd. Je préfère me concentrer sur Casey, qui pour moi, textuellement est l’une des artistes les plus intéressantes, hommes/femmes confondus, son flow ne plaira pas à tout le monde, c’est sûr, moi j’adore, mais au niveau de l’écriture, peu de mc’s sont au niveau, son “Chez moi” où elle parle de “sa” Martinique est tout simplement génial. Dans le même genre, mais de l’autre côté de la carte, il y a Keny Arkana, cette jeune Marseillaise n’a que deux disques studios, mais de nombreuses mixtapes et des collaborations à gogo. Mais avant tout ça, nous aussi on avait des pionnières et si les noms de Lady Laistee, Sté Strausz ou Princess Aniès ne vous disent rien, s’il vous plaît, écoutez la playlist, parce que ces 3 nanas ont ouvert les portes pour les femmes dans le rap Français.

 

LES RAPPEUSES A TEXTE:

Retour aux US avec cette autre catégorie, celles qui ont message à faire passer et elles sont nombreuses dans ce cas. En réalité, c’est en écoutant une rappeuse actuelle que j’ai eu envie de faire cette chronique, l’artiste en question, c’est Rapsody, la nouvelle signature de Roc Nation (le label de Jay-Z) est tout simplement ma rappeuse préférée actuellement, techniquement, textuellement, je ne vois vraiment pas qui peut rivaliser avec cette nana. Ce n’est évidemment pas la seule, j’aimais énormément l’égérie féminine des Ruff Ryders, Eve, cette blonde avec ces pattes de chiens tatouées sur la poitrine avait un style unique et des morceaux mythiques. Sans doute moins connue mais tout aussi talentueuse, son équivalent dans le Flipmode Squad, la bande à Busta Rhymes, la géniale Rah Digga, au début des années 2000, elle régnait sur le rap underground, selon moi. D’autres telles que Jean Grae, l’acolyte de Talib Kweli ou Bahamadia sont à découvrir dans la playlist.

 

LES “SEXYS”:

L’autre catégorie et je mentirais si je disais qu’elle n’existe pas, je dirais même qu’elles sont sans doute les plus connues, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elles ne regorgent pas de talent, ce sont les mc’s sexys, évidemment, c’est aussi l’un des thèmes récurrents du rap, chez les hommes, comme chez les femmes. Récemment, le phénomène Cardi B qui a enflammé le web avec son “Bodak Yellow” ou Nicki Minaj avant elle, voire Iggy Azalea, même si carrière est un peu partie en flamme depuis, elles sont les fers de lance de cette génération est vous en avez sans doute déjà entendu parler, alors je vais revenir en arrière et plutôt faire la lumière sur les anciennes, qui étaient, à mon avis bien meilleures. Je parle de la sulfureuse Lil’Kim, le visage féminin de la grande époque Bad Boy, celle-ci même, qui se disputait les faveurs de Notorious B.I.G et au delà de son côté hot, elle a su proposer des morceaux très hip hop comme “Lighters up” ou “Whoa” par exemple. Même chose pour Foxy Brown, l’autre grand nom de l’époque, qui avec “Get me home” pertubait tous les gars qui écoutait, mais pouvait aussi nous sortir des tracks comme “I’ll be good” ou encore sa collaboration avec The Firm. Pour finir, je citerais Remy Ma, l’atout charme du Terror Squad, même si carrière a été interrompu par un séjour à l’ombre, elle est encore capable de nous sortir des bangers mémorables comme son “All the way up” sorti en 2016.

 

LES “BONUS”:

Pas forcément des rappeuses à plein temps, elles varient entre chants et rap, mais sont parfois même meilleures que les “vraies” mc’s, quelques noms en vracs qui apparaîtront dans la liste écoutables, je vous citerais en premier lieu, Ms Lauryn Hill, l’ex des Fugees est l’exemple parfait de la chanteuse capable de rapper mieux que la plupart, sur “Lost ones” par exemple, ou à l’époque des Fugees avec “Boof baf” par exemple. Missy Elliott aussi, difficile à classer, elle oscille entre rap et morceaux plus R’n’B, mais excelle à chaque fois. Que dire alors de Janelle Monae ou Kelis, géniales également dans les 2 rôles et j’ai failli oublier les anciennes de Salt’ N Pepa, pourtant inoubliables avec leur “Let’s talk about sex”.

 

Voilà, j’espère vous avoir convaincu que les clichés, ne sont pas toujours vrais et que même si certains sont réels, il faut parfois savoir passer au-delà pour découvrir de belles choses.

 

Laurent

L’histoire d’une chanson: Eleanor Rigby


Voilà une chanson dont j’aurais pu parler dans “Nos samples rendez-vous”, mais il me semblait plus intéressant d’en faire un nouveau volet de “L’histoire d’une chanson” car c’est vraiment l’un des mythes de l’immense discographie des Beatles et elle a été reprise par un nombre d’artistes incalculable.

Qui est en réalité cette Eleanor Rigby? Ca a torturé les fans des Beatles pendant un moment et du coup, plusieurs théories ont émergées, a t-elle été réelle? Est-elle sortie tout droit de l’imagination de Paul McCartney? C’est cette dernière qui a été validée par l’intéressé après plusieurs années de débats entre les Beatlemaniacs.

C’est en 1966 que la chanson sort sur le septième album de nos quatres garçons dans le vent, mais en réalité, ça faisait un moment déjà que cette mélodie trainait dans la tête de McCartney, le premier vers aussi, cette femme qui ramasse le riz dans les églises après les mariages, cette femme, ce n’est pas encore Eleanor, au départ, Paul McCartney l’appelle Daisy Hawkins. Il insiste pendant un temps, mais ça ne lui convient pas, ça ne semble pas crédible et cette Daisy lui paraît trop jeune pour ce genre de vécu, il décide donc de la vieillir et de lui donner un autre prénom et opte pour Eleanor, l’actrice Eleanor Bron avec qui il partage l’affiche de “Help” qui lui aurait donné l’idée. Reste le nom de famille… L’histoire dit que le nom Rigby lui serait venu d’un négociant de vin de Bristol, “Rigby & Evens Ltd, Wine & Spirit Shippers”, nom et prénom avait une bonne sonorité et lui paraissait mieux adapté pour cette femme isolée, d’un certain âge et qui évoque cette solitude mélancolique, forcément Daisy, c’était un peu trop sexy pour cette situation.

A ce stade, le texte avance bien avec l’aide de Pete Shotton et John Lennon, nous est introduit un nouveau personnage, le père McKenzie, qui était au départ le père McCartney, le chanteur ne voulait pas qu’on confonde avec son véritable père, il a donc décidé de modifier le nom, mais garda la même consonance. C’est ce révérend qui officie dans l’église ou Eleanor et qui, lui aussi est affecté par la solitude, il écrit des sermons que personne n’écoute et passe ses soirées à repriser ses chaussettes. La rencontre entre ces deux personnages se fera lors du dernier couplet ou Eleanor décède et c’est le père McKenzie qui l’enterrera, oui c’est pas très gai tout ça et c’est un vrai tournant dans la carrière des Beatles, qui étaient à la base bien plus pop et plus fun que ça.

Pour coller à ce texte, ils leur fallait une mélodie qui prenne un peu aux tripes et la guitare acoustique de McCartney n’aurait pas suffi et c’est la qu’interviendra George Martin, producteur historique des Beatles, qui va y ajouter des violons et des violoncelles, en s’inspirant des musiques de films d’Alfred Hitchcock.

Le résultat est tout simplement géniale et elle inspirera de nombreux artistes, très variés, de Ray Charles à Alice Cooper, en passant par Tété ou Talib Kweli, tous les styles sont touchés et la playlist à suivre n’en est qu’une petite illustration.

 

Laurent

Deux disques qui me donnent espoir pour le rap Français.


Je vais faire quelque chose que je ne fais pas habituellement, mais vu le nombre de sortie actuellement, je vais faire une exception à la règle, à savoir vous parler de deux albums dans la même chronique, à savoir celui de Demi Portion, “Super héros” et de “Masque blanc” pour S.Pri Noir.

Je dis dans le titre que ces deux disques me donnent de l’espoir pour le rap Français, parce que ça fait un bon moment que je n’avais pas accroché un album de rap hexagonal, comme ces deux-là, je pense depuis le dernier opus de Demi Portion à vrai dire… Il s’agit de deux styles assez différents, celui d’S.Pri Noir est estampillé du hip hop Parisien actuel, assez dur, sans concessions, avec une majeure partie de productions assez sombres, mais vraiment bonnes, c’est d’ailleurs par là que j’ai commencé à accrocher le disque, je me suis attardé seulement après sur les textes d’S.Pri, qui sont en réalité super bien écrit, après, j’ai toujours ce gros blocage à propos de l’autotune et ça m’a un peu freiné au départ.

Mais je dois dire que parmi les mc’s de la nouvelle génération qui (pour moi) sur-utilise cette technique, qui, à petite dose peut être une valeur ajoutée, S.Pri Noir se démarque quand même, parce que d’abord il n’oublie pas de kicker le mic au profit de ce chant robotique et en plus de ça, il a des textes vraiment marquants, notamment celui de “Seck” que j’ai trouvé magnifique. Les morceaux phares comme “Highlander” et “Skywalker” aussi sont puissant, j’aime beaucoup le featuring avec Nekfeu pour “Juste pour voir”, ce n’est pas la première collaboration entre les deux et franchement, ils tournent vraiment bien ensemble.

Par contre, en étant tout à fait objectif, les morceaux plus orientés club, comme “Fusée ariane”, ça ne prend pas pour moi, pour les raisons ci-dessus, mais aussi sans doute que c’est générationnel, donc passons…

Alors voilà, avec ce disque, je me dis que cette nouvelle générations de mc Parisien n’est pas dénué de talent et que peut être, j’arriverais de nouveau à m’intéresser à ce qui se fait près de chez nous.

Pour ce qu’il en est de “Super héros”, le cinquième album de Demi Portion, c’est plus une évidence pour moi, je vous en avais parlé pour son précédent disque, “2 chez moi” et j’avais déjà été très clair sur ce que je pense de Rachid de Sète, c’est un des grands du rap Français, aucun doute pour moi!!!

Pour “Super héros”, Demi P a rassemblé son équipe habituelle, DJ Rolxx et Sprinter, s’est enfermé à Sète et a masterisé la galette à Paris, le résultat : 14 titres solides, toujours ce message de paix et de respect, ses textes toujours pleins de références pop culture dans lesquelles je me retrouve beaucoup aussi, j’ai parfois l’impression qu’on a grandi dans la même chambre (rires), par exemple dans “Super héros” où il conclut par “Ma voix dans l’equalizer, le gardien de ma galaxie, un super héros qui s’appelle juste MC”. On entend d’ailleurs le fils de Demi P à la fin du track et on sent la relation entre eux, très forte et là aussi je m’y retrouve.

Côté featuring, un seul au programme sur les quatorze titres, un seul me direz-vous? Oui, mais ce n’est que l’un des 2 groupes les plus marquants de l’histoire du rap Français, ces messieurs d’IAM, pour le morceau “Comme un prince”, qui reprend le même sample que Dr Dre avait utilisé sur son dernier disque, pour le morceau “It’s all on me”. J’adorais déjà celui de Dre et je me suis posé la question quand j’ai entendu les premières notes, mais franchement, Demi P, Shurik’n et Akhenaton sont au niveau de la légende de Compton, le morceau est l’un de mes préférés du disque.

J’ai beaucoup aimé “Salam” aussi, qui revient sur ses origines Marocaines, le clip est vraiment chouette aussi, simple, mais les paysages sont magnifiques, le message de ce jeune qui a besoin d’autre chose, mais pas forcément de quitter son pays est intéressant, contraire à ce qu’on voit habituellement, à savoir que tout les Marocains veulent venir en France et que ceux qui sont là, veulent repartir au pays, ici, non, le gars aime son pays et part à sa découverte sans besoin d’ailleurs, c’est un bel hymne à ce beau pays qu’est le Maroc.

Pour finir, je vous dirais que le track que je préfère, c’est “Retour aux sources”, où Rachid raconte son histoire et son parcours dans le hip hop, simple, vrai, un véritable super héros du rap.

 

Laurent

Les Soulections #13 : D’Angelo


Seulement trois albums studio entre 1995 et aujourd’hui, alors comment se fait-il que D’Angelo soit un artiste si marquant de l’univers Soul depuis le début des années 90? Certes la quantité ne fait pas tout mais bon…

Pour ma part, je dirais que sa voix un peu comparable à celle de Marvin Gaye (oui j’ose) y est pour beaucoup et son aide pour ouvrir les portes à la Nu-Soul aussi, avec Erykah Badu, c’est l’un de ceux que l’on peut appeler précurseur dans cette générations d’artistes.

Mais revenons un peu dans le passé, car dans le genre surdoué, Michael Archer (C’est son vrai nom) est quand même un cas officiel! Surpris par son grand frère à l’âge de trois ans en train de jouer du piano à merveille, le gamin va vite s’engager sur la voie de la musique et saute de concours en open mic en ayant plus que souvent la faveur des auditeurs.

Un jour de 1993, après avoir envoyé une démo au label EMI, on lui propose une audition où il scotche les producteurs avec un récital de piano/voix de près de trois heures. EMI le signe instantanément et lui demande de composer pour d’autres artistes pour commencer, notamment sur la B.O de “Jason’s lyrics” (Sang noir en Français) pour le fameux Black Men United et leur titre “You will know”, pour rappel Black Men United, c’était un super collectif d’artistes R’nB composé entre autre de Boyz II Men, Joe, Brian McKnight, Raphael Saadiq et Lenny Kravitz à la guitare (rien que ça).

Point de départ, d’une drôle de carrière, faite de succès mais aussi d’immenses trous d’air… Quoi qu’il en soit, en 1995, soit un an après le succès de “U will know”, D’Angelo sort son premier disque solo, “Brown sugar”, qui au départ, n’obtient pas le succès escompté par le label, ça marche, oui, mais EMI en attendait plus, ce n’est que quelques semaines plus tard que les ventes grimpent, peut être que le public n’était pas encore prêt pour ce son un peu moins “mainstream” que celui auquel il était habitué, faut dire qu’en 1995 on sort à peine de la New Jack, alors un retour vers un son plus proche de celui de la soul des 70’s que du R’nB des 80’s, ça a du choquer un peu au départ! Mais voilà, avec les talents vocaux et musicaux du gamin de 21 ans et porté par des titres tels que “Brown Sugar”, “Lady” ou “Cruisin”, ce disque se devait de devenir un classique et c’est le cas.

A la suite de ça, D’Angelo part en tournée pendant plus de deux ans pour promouvoir l’album et vu le niveau qu’il propose en live, ça marche très fort et le public en redemande… seulement, selon les dires de l’artiste, il se retrouve dans une longue période de “feuille blanche” et n’arrive plus à écrire, donc, les années passent et le deuxième album ne pointe toujours pas le bout de son nez.

Pour ne pas se faire oublier, il sort plusieurs covers de titres légendaires tels que “Your precious love” avec Erykah Badu ou la reprise du titre de Prince “She’s always in my hair” et continue à tourner en live avec ses proches jusqu’à devenir le co-créateur des fameux Soulquarians en compagnie de Questlove des Roots, Common, J.Dilla et autres…

La période de disette se conclut en 2000 avec la sortie de son deuxième disque, “Voodoo”, LE disque qui va le consacrer comme un artiste incontournable et notamment à cause d’un morceau ou plutôt un clip, celui du troisième single de l’album “Untitled”. Dans cette vidéo, D’Angelo commence sur un close up sur son visage et au fur et à mesure, la caméra recule lentement et on découvre un D’Angelo nu, huilé et hyper musclé, mesdames, attention les yeux, ça pique!!! Le clip est censuré sur MTV et pourtant rien de dévoilé en dessous de la ceinture, mais c’est clairement très suggestif!

D’Angelo devient instantanément un icône sexy et ces concerts deviennent un déchaînement de groupies, au delà de ça, le disque est vraiment génial et devient un classique du genre.

Malheureusement, ce succès est un peu trop intense pour l’artiste et il sombre dans une grosse dépression, alcool, drogues, prises de poids sa relation avec Angie Stone prend fin et en réalité entre 2002 et 2013, hormis quelques collaborations, le peu de fois où on entend parler de Dee, c’est plutôt pour des faits divers qu’autre chose…

Il essaie bien de sortir un disque, quasi fini, mais l’affaire ne se conclut pas et c’est repoussé jusqu’en 2014 avec un tout nouveau projet du nom de “Black Messiah”, en étant complètement honnête, c’est clairement le disque que j’aime le moins, un peu trop rock pour moi, mais l’ensemble reste quand même de qualité.

Alors voilà, en attendant une suite à tout ça, D’Angelo reste un des génies qui nous a permit de découvrir la Nu-Soul et rien que pour ça, une petite playlist est de rigueur…

 

Laurent

1 an en musique : 1982


1 an plus tard… 1982, j’ai 1 an, l’heure pour moi de me tenir debout et d’effectuer mes premiers pas de danse dans mes pampers, mais j’y viendrais plus tard, en attendant, préparez-vous pour un retour dans le passé, montez dans la Delorean…

WooooooW!!! Ca décoiffe non? Ca y est vous êtes remis? Je vais donc vous proposer une playlist pour résumer 1982 en douze morceaux, en incluant, mon inavouable. Un peu moins Funky que l’année précédente et plus orientée pop, cette playlist reste quand même assez proche de mon univers musical habituel.

Comment commencer autrement qu’avec LE morceau qui a ouvert les portes du rap au monde entier, à savoir « The message » de Grandmaster Flash et les Furious Five, je vous en avais parlé dans la chronique sur « Hip Hop Evolution » de Netflix, qui traite de l’histoire du hip hop, des origines à nos jours.

Vous y retrouverez aussi la chanson la plus célèbre du plus célèbre de tous les artistes Soul, l’immense Marvin Gaye et son inoubliable “Sexual healing”, probablement la chanson ou l’une des chansons les plus sensuelles de tous les temps et une de mes favorites, toutes catégories confondues. Toujours au rayon Soul, si Marvin Gaye est le roi, sa reine ne peut être autre qu’Aretha Franklin, ici son “Jump to it”, composé par Marcus Miller et écrit par mon chouchou Luther Vandross marque un virage plus funky dans la carrière de la Queen of soul.

Quelle chanson pour illustrer le mieux un pont entre la soul et la pop que le duo entre Stevie Wonder et Paul McCartney pour “Ebony and Ivory” sur l’album “Tug of war”, enregistré juste après l’assassinat de John Lennon. Chanson de paix et d’amour où les deux géants nous démontre que si les notes, blanches et noires de leurs piano peuvent cohabiter, alors pourquoi les hommes n’en feraient pas autant?

J’ai choisi aussi l’excellent “Come on Eileen” des Dexys Midnight Runners, la chanson qui donne la pêche par excellence. Vous retrouverez aussi “The eye of the tiger”, de Survivor, qui avant d’être la B.O géniale qui accompagnait l’entrainement de Rocky pour le combat contre Clubber Lang était le hit qui allait faire connaître le groupe.

Un peu de Culture club aussi avec “Do you really want to hurt me?” et puis mon inavouable, Philippe Lavil, pour “Il tape sur des bambous”, le titre qui m’a permis de tenir sur deux pattes!!! Et oui, c’est la petite anecdote perso du jour, j’aimais tellement cette chanson et je voulais tellement la remettre en boucle, ce qui devait rendre fou mes parents, que je me suis levé et bien accroché à ma couche j’ai couru jusqu’au tourne disque…

Voilà, ma petite séance nostalgie est terminée donc…

Laurent