Archives de Catégorie: Chroniques

Erick Sermon, pour le plaisir des anciens.


“Age ain’t nuthin’ but a number” disait Aaliyah et c’était vrai pour elle, à savoir, que du haut de ses 15 printemps, elle régnait déjà sur le R’n’B de l’époque et bien aujourd’hui, Erick Sermon, le E dans EPMD, nous prouve que l’inverse fonctionne tout pareil, à 50 ans tout rond, il nous pond “Vernia” et c’est du tout bon!!!

Le “Green eyed bandit” revient pour un huitième disque qui devrait régaler les trentenaires et plus, clairement, l’orientation musicale (très très Boom Bap) devrait moins accrocher la jeune génération, mais soit, il en faut pour tout le monde non?

Personnellement, je me suis régalé, le flow d’E-Dub ne s’est absolument pas étiolé avec le temps, l’amour que lui porte ses anciens compères non plus, il réunit un casting 5 étoiles, que ce soit à la prod. ou derrière le mic. Dans le désordre vous retrouverez aux manettes Rockwilder, Boogeyman et Sermon lui-même et de l’autre côté de la cabine, c’est le festival: Raekwon et N.O.R.E pour un trio de feu sur “My style”, Az et Styles P de The Lox sur “The game”, l’un des meilleurs de l’album, encore plus dingue sur le final de l’opus, avec X to the Z, Xzibit himself, David Banner et la surprise du chef, Shaquille O’Neal!!! Le géant de la NBA sort de sa retraite musicale, oui oui il rappait plutôt pas mal dans les 90’s avec les Fu-Schnikens notamment, alors pour un fan de basket tel que moi, c’est un peu la cerise sur la gâteau!

La West coast est là aussi avec Too $hort et Devin The Dude sur le funky “May sound crazy”, en réalité, la seule surprise pour moi niveau casting, c’est l’absence de PMD, Redman et Method, les potes de longue date d’Erick Sermon, mais bon, on ne va pas faire la fine bouche!

On pourrait se dire qu’avec tout ces invités de prestige, E-Dub se planque un peu, mais non, sur les trois morceaux où il est en solo, il nous régale! D’abord avec la composition de son “Cabinet” où il compose un gouvernement du rap qui vaudrait son pesant d’or, ensuite, il nous pond un furieux “Wake up/No fear” et finira par une ode à sa grand-mère sur “Vernia”, à qui il dédie ce disque.

En conclusion, je dirais comme Erick Sermon, “Where did the game go?” parce que quand j’entends des disques comme ça, je me dis que “mon hip hop” n’est pas mort!!!

Laurent

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Ari Lennox, le diamant soul de Dreamville.


Dans les années 90, on avait Bad Boy et Death Row qui se séparaient l’Amérique en deux niveau rap (je sais j’exagère le trait, mais c’est voulu!) et aujourd’hui, je trouve qu’on a un petit comparatif (à moindre mesure sans doute) avec les écuries respectives de J.Cole, Dreamville et celle de Kendrick Lamar, TDE.

Ding-Ding, le gong retentit, mesdames et monsieur, dans le coin West, on retrouve, hormis Kung-fu Kenny, Schoolboy Q ou Jay Rock et leur collègue féminine SZA et pour la East Coast, le boss de Dreamville, J.Cole est accompagné de JID, Bas et celle dont on va parler aujourd’hui, Ari Lennox. Vous voyez, il y a de quoi faire dans ses deux équipes, non?

Alors qu’en est-il de ce “Shea butter baby” tant attendu? Cela fait tout de même presque 4 ans qu’il est en préparation chez Dreamville et quand J.Cole nous racontait dans “Let Nas down” que Jay-Z ne lui laissait pas sortir son projet sans tubes à ses débuts, il en a fait un peu de même avec sa pépite. On ressent fortement l’influence de Cole tout au long du disque empreint d’une atmosphère jazzy hip hop qui n’est pas sans rappeler celle de “4 your eyez only”.

Mais soyons clair, la vraie star de ce disque, c’est bien la jeune chanteuse de 28 ans de Washington, pendant 45 minutes, elle nous fait voyager dans son univers en nous parlant de relations amoureuses, de sa fragilité, bref, elle s’ouvre pour nous plus grand bonheur.

Certains ont reproché une certaine légèreté dans les textes d’Ari, disant qu’avec ses déclarations sur le féminisme, la force et la beauté de la femme et de la femme noire en particulier, son premier opus aurait pu être plus engagé. Ce n’est pas faux, mais franchement, est-ce qu’on est pas en train de pinailler un peu? “Shea butter baby” reste un premier disque et rares sont ceux qui sont d’une telle qualité ces derniers temps selon moi.

Personnellement, de “Chicago boy” à “Static”, je me suis absolument régalé, le single éponyme du disque avec J.Cole est tout simplement une merveille, c’est sensuel et sombre à la fois, j’adore!J’irais pas jusqu’à dire qu’Ari Lennox me rappelle parfois une jeune Erykah Badu, mais presque et comme la reine de la Neo-Soul tarde à nous sortir quoi que ce soit, pourquoi ne pas se laisser porter par la jeune génération?

Enfin, je terminerais par vous faire remarquer la superbe pochette du disque, hommage à Diana Ross et son “Everything is everything”, comme quoi, la jeune femme ne néglige pas ceux et celles qui ont porté cette musique avant elle, bien au contraire. Cette “beauté au beurre de karité” est une artiste prometteuse et si elle continue sur cette voie, nous devrions nous régaler de son talent encore un bon moment…

Laurent

When they see us, le soundtrack fort d’une série coup de poing!!!


Je vais pas retenir mes mots et être clair tout de suite, When they see us, c’est la série de l’année selon moi. L’histoire, vous la connaissez peut être déjà, c’est le récit de l’affaire des « Central Park five », celle de la jeune joggeuse agressée et violée dans le plus fameux parc New Yorkais à la fin des années 80.

Pour Netflix, c’est Ava Duvernay, la réalisatrice du déjà excellent Queen Sugar, qui est à la direction de cette mini-série en quatres parties, portée par un casting fabuleux où vous pourrez retrouver quelques têtes d’affiches tels que Felicity Huffman (Desperate Housewives), Famke Janssen (X-Men), John Leguizamo (Summer of Sam) et l’incontournable Michael K.Williams de The Wire, mais les vrais stars de cette histoire, ce sont, bien sûr les enfants. Inconnus pour la plupart, ils sont terriblement poignants et notamment le jeune Jharrel Jerome vu dans Mr Mercedes, qui joue le rôle de Korey Wise.

Je vais pas m’étendre sur la série parce que je n’aurais de toute façon pas les mots pour décrire les sentiments que vous allez ressentir en voyant ces images complètement folles, donc je vais me focaliser sur la musique et vous allez voir que là aussi, c’est vraiment excellent.

Déjà à l’époque, à la sortie du trailer, j’avais entendu l’excellent Diplo et son “Look back”, je m’étais dit, ça sent bon cette affaire!!! Et bien je ne m’étais pas trompé!!! Le début de l’histoire se déroule à la fin des années 80 à Harlem, en plein boum du rap et la direction musicale a choisi de rester dans la temporalité avec les géants de l’époque que sont Public Enemy et Eric B.& Rakim, on retrouve également Special Ed et son classique “I got it made” qui ne se démode toujours pas.

Par la suite, le choix de mixer des musiques plus contemporaines tels que “Love & Hate” de Michael Kiwanuka déjà utilisé dans “The Get down” ou Andreya Triana, une petite découverte pour moi et des plus anciens comme Slave pour “Watching you” et Frankie Beverly & Maze aussi est judicieux, il permet, à la perfection le passage des enfants à l’âge adulte.

Vous retrouverez du Hip Hop plus dur aussi, qui sera là pour illustrer la rage des protagonistes contre les décisions prises à leur encontre, leurs situations respectives et qui de mieux qu’un DMX pour exprimer cela? Dead Prez aussi avec le génial “Happiness”. Un petit kiffe personnel aussi quand j’ai entendu Jay-Z et son “U don’t know”, un de mes préférés de la disco de Hov, là je vous ai mis le remix avec MOP parce que pourquoi pas?

Sans vous citer toute la liste, parce qu’il faut garder un peu de surprise, je suis quand même obligé de sortir trois autres tracks du lot parce qu’ils sont importants dans la série, tout d’abord The cinematic orchestra et Roots Manuva sur “All things men” pendant un passage critique dans la vie de Ray Jr, le morceau dure 10 minutes et c’est juste dingue! Ensuite, une cover tout simplement magique de “Moon river”, ici c’est Frank Ocean qui reprend le classique chanté par Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé. Vous me direz, de nombreux artistes l’ont repris de belle manière, notamment Ben E. King ou Sinatra, mais celle-là me touche particulièrement.

Enfin, conclure la série sur un morceau de Nipsey Hussle était pour moi, la cerise sur le gâteau, son “Picture me rollin” n’est pas loin d’être aussi beau que celui interprété par un autre roi de la West Coast avant lui, je parle bien sûr de 2pac.

En conclusion, je ne peux que vous recommander de regarder When they see us, qui est une série nécessaire pour ouvrir les yeux de ceux qui ne voudraient pas voir qu’on ne naît pas tous égaux et que si l’histoire se passe dans les années 80 à New York, la réalité est toujours la même de nos jours et aux quatre coins du monde, je vous conseille d’ailleurs de regarder le documentaire sur Kalief Browder et celui sur Steven Avery, également sur Netflix.

Laurent

Rémy Gauche, de l’obscurité à la lumière.


Rémy Gauche, musicien de jazz français, guitariste de qualification, est un émule des illustres John Scofield et Pat Metheny. Deux maîtres de l’instrument, qui ont longtemps silloné les rives du jazz-rock, depuis plus de 30 ans. Son registre est lui, davantage tourné vers le be bop.
C’est en tous cas ce qui ressort de « Obscurity of Light », album enregistré en 2017 avec un quartet constitué de Thomas Koenig au saxophone ténor, Philippe Monge aux claviers, à la basse et à la contrebasse, et de Julien Augier à la batterie. Tous travaillent ensemble depuis plus de 6 ans et cela s’entend, se sent, dès les premières notes, tant la cohésion, l’union est là pour servir une musique, qui sans tomber dans les clichés du genre, est de belle qualité.
La collégialité est d’ailleurs le maître mot puisque le répertoire de l’album est issu d’un travail commun. Se côtoient des ambiances acoustiques ou électriques, au sein desquelles parfois le sentiment de légèreté est bien présent. Mais l’énergie liée à la présence d’instruments électriques n’est jamais bien loin. Les compères se régalent.

L’album, qui contient onze morceaux, mène l’auditeur dans une belle balade, qui démarre avec « cursives ». D’emblée, l’ambiance est posée. le quatuor alterne les tempi, lent et rapide, laissant se glisser des sonorités proche du jazz -rock (grâace au jeu de claviers, comme sur « Il était une fois au royaume d’Oyo »). La musique, de construction parfois complexe, reste pour autant agréable à l’oreille, et chaque instrument y tient sa place avec justesse.

Je l’ai signalé plus haut, Rémy Gauche réclame des influences telles que Scofield ou Metheny. Cela s’entend, dans son jeu, son toucher, sa façon de construire ses soli. Mais cela ne va jamais jusqu’à la parodie, le plagiat.
Il reste authentique et c’est tant mieux.

Rémy Gauche se laisse aussi aller à des ambiances plus éthérées, plus calmes comme avec « Dark Song », morceau sur lequel le saxophone ténor de Thomas Koenig prend toute sa place au côtés de la guitare, sur fond de mélopées au clavier, signées de Philippe Monge.

Je n’irai pas nécessairement plus loin dans la description de cet album, vous laissant quand même la surprise de la découverte de ce musicien de talent.

Je vous laisse avec quelques extraits vidéos, histoire de vous faire une idée de la qualité musicale et instrumentale de Rémy Gauche.
A noter que Pierre de Bethmann vient prêter son talent de pianiste sur 5 morceaux.

Guillaume.

John Mayall, le pionnier anglais


Dans les années 60’s, alors que le blues est une musique avec un passé très riche aux Etats-Unis et des interprètes célèbres (Rober Johnson, le pionnier, mais aussi B.B. King, John Lee Hooker, Charley Patton….), l’Angleterre (déjà sous le charme absolu des Beatles et des Pierres Qui Roulent, que la presse se tient d’opposer alors que les garçons sont amis et se côtoient régulièrement, en studios ou au dehors) voit déferler le Bristish blues boom, mouvement initié par celui qui permis la véritable éclosion auprès du grand public d’Eric Clapton, de Jeff Beck, Jimmy Page . Après avoir donc évoqué les 3 guitaristes précités, je me devais de mettre en lumière celui qui leur a donné l’occasion de voir leur carrière décoller : John Mayall, guitariste-chanteur-harmoniciste-pianiste, entouré de ses Bluesbreakers, groupe qui a également compté dans ses rangs, Peter Green, (futur fondateur de Fleetwood Mac avec Mike Fleetwood), en 1967) ou Mick Taylor, futur membre des Rolling Stones.

Comme vous le voyez, « l’écurie » de John Mayall a permis l’éclosion, la révélation au grand public de nombreux très bons guitaristes, qui depuis les années 60, régalent nos oreilles, à travers de nombreux groupes et styles musicaux. C’est dire la contribution du bonhomme à l’histoire du rock, du blues, depuis les 55 dernières années. L’homme aux multiples talents, va dans les années 60, insufflé une nouvelle force à la musique anglo-saxonne, avec l’apport de ce blues dont il est grand fan. Mélangeant cette musique née des chants d’esclaves noirs dans les plantations des grands propriétaires blancs ou sur les chantiers de chemins de fer aux Etats-unis, où elle émergera sous la domination raciale alors en vigueur, puis donc arrivée en Europe après la seconde guerre mondiale, John Mayall va être la figure de proue de ce nouveau courant cité plus haut.

Nombre de musiciens passés par son groupe ont par la suite connu des carrières florissantes : Eric Clapton, Jeff Beck, Mick Taylor, Peter Green, ainsi que Walter Trout ou Coco Montoya. Belle brochette, de quoi satisfaire tous les amateurs de guitares des années 60’s, qui sans le savoir, découvrent à travers eux les grands noms du blues dont je parle plus haut. Cette mise en lumière d’une musique cachée, quand elle n’est pas interdite, aux Etats-Unis, aux début du 20 ème siècle, et de ses pionniers, va permettre au grand public de vraiment mettre le doigt sur un pan d’histoire musicale et sociale, jusqu’ici méconnue, si ce n’est inconnue.

Depuis sa période pionnière, John Mayall a poursuivi une carrière riche en albums, rencontres, lui permettant sans cesse de faire connaitre ou redécouvrir sa musique favorite aux générations qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui. Prolifique, avec 65 albums (live compris!) depuis 1965 jusqu’à 2019, le bonhomme n’a pas chômé! De quoi laisser une empreinte indélébile au panthéon de la musique britannique du 20 ème siècle.

Si vous avez l’occasion de le voir sur scène, foncez, car l’âge aidant, John Mayall se fait de plus en plus rare. En attendant je vous laisse le découvrir à travers une petite sélection de vidéos. Profitez bien !

Guillaume.

Lion Babe, pour rugir de plaisir!!!


Je vous en avais parlé lors de ma chronique sur la bande originale d’Insecure, la comédie d’Issa Rae, ça avait été ma grande révélation de cette bande son, le duo Lion Babe, composé de Jillian Hervey et Lucas Goodman.

Ne cherchez pas bien loin pour vous expliquer le nom du groupe, je pense qu’en voyant les cheveux de la chanteuse, vous comprendrez vite. Celle-ci, a de qui tenir vocalement et artistiquement, puisqu’elle est la fille de l’incomparable Vanessa Williams, qui avant de briller derrière l’écran dans Desperate Housewives ou Ugly Betty, avait eu une belle carrière musicale, je me souviens notamment d’un magnifique duo avec Brian McKnight, pour “Love is”, sur la B.O de Beverly Hills 90210, à tomber…

Bref, revenons un peu sur ce qui nous intéresse aujourd’hui, la carrière de sa fille et de son acolyte et croyez moi, ça promet, car ces deux-là ont du talent à revendre! Ils nous proposent leur second album studio, nommé “Cosmic wind” et c’est littéralement, ce qu’ils vont nous offrir, tant le disque est frais et cool!

Ces quinze titres que le duo nous offrent mélangent des sons actuels avec une vibe funky, qui auraient aussi bien pu passer dans les 90’s qu’aujourd’hui. Par dessus ça, la somptueuse voix de Jillian qui nous rappelle parfois, les plus beaux moments d’une Erykah Badu(qui nous laisse orphelin de nouveautés depuis trop longtemps), clairement, ces deux-là se sont trouvés, ils se complètent à merveille et la personnalité solaire de la chanteuse permet à Astro Raw d’être un peu plus en retrait, mais de laisser parler sa musique pour lui.

Peu de featuring pour accompagner le duo New Yorkais, mais ils sont triés sur le volet, la maîtrise incomparable du mic, du chef Raekwon, du Wu-Tang sur “Western world” est toujours aussi parfaite, le vocaliste Bilal, ne se débrouille pas mal non plus sur “Can I see it” et enfin, une petite découverte pour moi, une rappeuse masquée, Leikeli47, qui, si elle nous cache son visage, sait nous démontrer son talent, ici sur l’un des morceaux up-tempo de l’album “The wave”.

Je pense que comme moi, vous allez prendre plaisir à vous laisser porter par ce vent cosmique venu de la grosse pomme, nombreux grands tels que Pharrell, Childish Gambino et votre serviteur 😎 adoube déjà Lion Babe, alors pourquoi pas vous ?

Laurent


Le Boss, en mode intime.


Depuis près de 40 ans, Bruce Springsteen « The Boss » qui va fêter ses 70 ans en septembre prochain, dépeint depuis ses débuts sa vision de l’Amérique, ses travers, ses excès. Springsteen, c’est une voix lourde, rauque, un brin cassée, comme éprouvée par la vie. C’est aussi un physique de camionneur, ou d’homme ayant côtoyé de près les chantiers, une carrure! Une plume incisive, acérée, un conteur hors pair d’histoires du quotidien vécu par lui-même ou ses compatriotes. Une voix écoutée, à l’égal de celle de Aretha Franklin, pour d’autres raisons. Une référence artistique qui a traversé plus de 3 générations.

Le gaillard nous revient cette année avec « Springsteen on Broadway« , enregistré en 2 étapes (Octobre 2017 et Décembre 2018) au Walter Kerr Theater, dans une prestation très intimiste, presque comme si l’on était dans son salon, Bruce Springsteen, ayant convié ses spectateurs, et par ricochet ses auditeurs.

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Sur ce disque, entre les chansons, il se fait narrateur de ses rencontres humaines et / ou musicales qui ont jalonnées et bouleversées sa vie. Inconnu(e(s) ou célèbres. Il parle avec une profonde émotion de Clarence Clemons (voir plus bas). Il évoque également avec pudeur son enfance, puis de façon plus forte, son regard sur l’Amérique, lui qui a déjà connu plusieurs présidents sans forcément voire les choses foncièrement changer en positif, notamment depuis l’élection de Trump en 2017. Il constate avec désolation que les pauvres sont laissés pour compte, que la situation économique n’est pas florissante.

Tout au long de ce disque, Bruce Springsteen, seul sur scène la majeur partie du temps, puis en duo avec sa femme Patti Scialfa, qui vient l’accompagner sur deux titres, « Tougher than the rest » et « Brillant disguise », revisite son répertoire et ses classiques tels que « My hometown », « The promised land », évidemment le « Born in the USA », « Ghost of Tom Joad », « The rising », « Dancing in the dark », « Land of hope and dreams », en utilisant tantôt la guitare, le piano ou l’harmonica. Un régal! Son disque se termine par « Born to run », l’un des tous premiers titres qui ont rendus Bruce Springsteen célèbre à l’aube des années 80.

Lui qui a tout fait depuis plus de quarante ans, se produisant dans des stades immenses comme dans des salles à tailles plus humaine, en solo ou avec son fameux E.Street Band, au sein duquel évoluait son ami saxophoniste Clarence Clemons, disparu en 2011, nous offre ici sans doute ce qu’il affectionne de plus en plus. Se livrer, sans fioritures, à une audience attentive, dans un cocon qui lui va très bien.

Ce « On Broadway » est un petit bijou musical et émotionnel. Je vous laisse avec une petite sélection de morceaux, ainsi que quelques titres plus anciens.

A noter pour les adeptes du Boss, que son prochain album « Western Stars  » sort le 14 juin. Encore un peu de patience !

Guillaume.

Happy birthday, Madame Sanson!


Très discrètement, cette immense artiste de la chanson française, à la carrière discographique autant que scénique bien remplie, vient donc de fêter ses 70 ans le 24 avril dernier! Il me semblait normal d’évoquer sa carrière, son parcours.

Enfant du baby-boom issue d’une famille où la musique tient une grande place grâce à des parents très mélomanes, ces derniers décident de lui faire apprendre le piano à Véronique ainsi qu’à sa soeur Violaine, de deux ans sa cadette. Très vite Véronique Sanson va se mettre à écrire des chansons. Sa première, sera enregistrée, date de 1967, alors qu’elle évolue au sein du groupe Roche Martin, groupe également composé de Violaine et du musicien-parolier, François Bernheim. Ce trio sera produit par un certain .. Michel Berger, épaulé par Claude Michel Schoenberg. Un bel assemblage de talents. Après 2 45 tours sortis et sans aucuns succès, le trio se sépare puisque Violaine prend un autre voie professionnelle. Reste donc Véronique Sanson et François Bernheim, qui vont entamer une collaboration qui s’avère de longue durée. En 1969, Véronique Sanson publie un 45 tours avec 2 chansons, dont l’une est une adaptation d’un titre de Donovan « Sunny Goodge Street », qui donnera « Le printemps est là ». L’autre étant « le feu du ciel ».

Je l’ai dit, sa rencontre avec Michel Berger va s’avérer déterminante pour elle, artistiquement parlant. En effet, Berger, est directeur artistique chez WEA, qui regroupe plusieurs labels, dont Elektra. En 1971, Sanson signe donc sur ce label, et va travailler avec un producteur nommé Bernard de Bosson. Un an plus tard, elle publie son premier album « Amoureuse », produit par Michel Berger, devenu entre-temps son compagnon à la ville. Le début d’une grande carrière. Compositrice, auteur, interprète, mais aussi chanteuse, pianiste, guitariste, Véronique Sanson est une véritable touche-à-tout.

Son premier album donc, intitulé « Amoureuse », va connaitre un treès gros succès grâce notamment à des titres comme « Besoin de personne », ou encore « Bahia » et le titre « Amoureuse », qui sera plus tard repris par Olivia Newton-John ou Shirley Bassey, sous le nom de « Emotion ». Bref un gros carton d’entrée. Qui sera suivi de près par un deuxième album, « De l’autre côté de mon rêve », nourri par sa rencontre avec Stephen Stills, guitariste américain membre de Crosby, Stills, Nash & Young. Là aussi des morceaux vont émerger et devenir des classiques de son répertoire : « Comme je l’imagine », « Une nuit sur son épaule ». En 1974, installée définitivement aux Etats-Unis, elle enregistre avec Stephen Stills et ses musiciens l’album « Le Maudit », au son est résolument rock, les textes plus sombres. L’album connaîtra malgré cela le succès, avec surtout deux titres comme « Alia Souza », « Maudit ».
Avec le disque « Vancouver » et sa chanson-titre, Véronique Sanson va définitivement installer son style, sa personnalité musicale, auprès du public, et se faire une place dans l’univers de la chanson française de l’époque, pour ne plus en sortir et devenir, au fil des années, à travers ses disques, ses tournées, une artiste très appréciée, au talent reconnu.
Sa musique, ses textes très écrits, sa voix tantôt très mélancolique, tantôt rock, font d’elle une interprète de grande qualité. Elle va, au fil des années qui vont suivre, délivrer des titres qui vont devenir des standards de son répertoire, comme : « Je serai là » (en réponse à la chanson de Michel Berger « Seras-tu là? »), « Ma révérence », « Bernard’song », « Je suis la seule ».

Dans les années 80, deux faits marquants vont concerner Véronique Sanson. Le premier, la controverse suscitée par sa chanson « Allah », sortie en 1988, qui est vue par certains comme une atteinte à la religion musulmane, alors qu’elle ne constitue qu’une supplique à celles et ceux (déjà) qui commettent des actes horribles en son nom. « C’est une chanson contre l’intolérance », dira Sanson. La polémique que soulèvera par ailleurs la publication du livre « Les versets sataniques » de l’écrivain Indien Salman Rushdie, va obliger Véronique Sanson à retirer ce titre de son tour de chant. Malgré cela, le titre reste très diffusé et deviendra un tube.

Le second fait, sera la première tournée des Enfoirés en 1989, à laquelle elle participera aux côtés de Jean-Jacques Goldman, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday et Michel Sardou. Cette même année, elle enregistrera un album intitulé « Symphonique Sanson », avec l’orchestre symphonique de Prague. Les années 90 qui arrivent la verront composer deux albums : « Sans Regrets », « Indestructible ». Deux titres, qui lui vont bien, au vu des nombreux tourments que connait sa vie hors scène. Mais l’artiste est toujours là, debout, active. Sa popularité ne redescend pas, au contraire. Même absente des feux de la rampe comme dirait l’illustre Charlie Chaplin (revoyez donc ce beau film), Véronique Sanson est présente à l’esprit de son public. Ses retours sur scène font toujours salles combles. Que ce soit à l’Olympia, sa salle fétiche, où en tournée en France comme à l’étranger.

Pour avoir eu le bonheur de la voir à de nombreuses reprises sur scène, il est juste de dire également que Véronique Sanson est une performeuse, qu’elle « tient » la scène, et qu’elle dégage une énergie très communicative, sachant parfaitement alterner les « climats » que requièrent ses chansons. Elle occupe une place à part dans l’univers de la chanson française. Sa qualité, son humilité, son talent, sa discrétion, sont aussi unanimement louées par celles et ceux, de Michel Berger à Julien Clerc, Maxime le Forestier, Michel Jonasz, Patrick Bruel, Michel Fugain, Maurane, Catherine Lara, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, et plus récemment Christophe Maé ou Juliette Armanet, qui l’ont côtoyées depuis toutes ces années.

Depuis 2000, les disques de « La Sanson », comme certains l’appellent, vont se faire rares. Seulement quatre au menu : « Longue Distance »(2004), « Plusieurs Lunes » (2010), une réédition des titres de sa période américaine « Les années américaines » (2012), et plus récemment, « Dignes, dingues, donc »(2016), « Duos Volatils »(2018).

A 70 ans, après 50 ans de carrière, Véronique Sanson est une artiste accomplie, qui n’a plus rien à prouver. Son parcours, riche et varié, parle pour elle.

Je vous laisse avec un florilège de ses titres. A n’en pas douter, vous en connaissez ou reconnaîtrez de nombreux. Bonne écoute.

Guillaume.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes…


Quel plus beau mélange qu’une belle voix et le flow d’un rappeur? Pour moi, ce mariage, quand il est bien réalisé est tout simplement génial et des années 90 à nos jours, en a découlé quelques trésors de la musique urbaine, voici quelques exemples parlants.

Si ma mémoire est bonne, celle qui a ouvert les portes pour ce genre de collaboration, ce n’est autre que Mariah Carey avec son remix de “Fantasy” où elle invite le génial, mais dingue rappeur du Wu-Tang, mister ODB. Il y en a eu d’autres avant ça, mais clairement, le morceau qui a popularisé ce genre de collaborations, c’est bien “Fantasy” et je vous invite à lire l’histoire de l’enregistrement de ce morceau qui est à mourir de rire, ici.

Malgré la rocambolesque aventure de ce morceau, Mimi n’en restera pas là avec ce genre de featuring et en fera son fond de commerce dans sa deuxième partie de carrière, la plupart de ces singles après ça, se feront avec des rappeurs. De Jay-Z à Nas en passant par Cam’ronJadakiss, je n’ai pu vous en mettre que quelques uns dans la playlist sinon, elle aurait été interminable…

Bien sûr, une fois les portes ouvertes et le succès avéré de ce “nouveau” genre, nombreux artistes se sont engouffrés dedans et ça a donné lieu à des duos vraiment mythiques et certaines collaborations entre les chanteurs sont devenus récurrentes, d’autres sont devenus des couples à la ville, je pense évidemment à Jay-Z et Beyonce, qui depuis leur “Crazy in love” il y a une quinzaine d’année sont devenus “The Carters” et sont toujours au jour d’aujourd’hui des “03 Bonnie and Clyde” “On the run” (oh la la je m’arrête plus là!!!).

Ce ne sont pas les seuls d’ailleurs, tout aussi célèbres, même si moins prolifiques et moins résistants, on a eu droit à Diddy et Jennifer Lopez, où plus récemment Big Sean et Jhene Aiko.

Pas un couple à la ville, mais sans doute mon binôme préféré, Method Man et Mary J. Blige, sont les auteurs de la mythique cover du tube de Marvin Gaye “All i need to get by” sur le premier album du mc de Staten Island, mais aussi le super “Love @ 1st sight”, ces deux-là ont une telle alchimie que j’ai toujours espéré un album commun, qui n’arrivera sans doute jamais à ce stade, malheureusement…

Cela dit, comme Mariah, la Queen of hip hop soul, elle non plus, n’en est pas à son coup d’essai et ne s’arrêtera pas à ces feat avec Meth, elle avait déjà brillée avec Biggie sur le remix de son “Real love”, Nas aussi collaborera avec la belle, Busta Rhymes en fera une ou deux, bref, vous voyez que les grands finissent toujours par se trouver.

Je vous ai jusque là parlé des morceaux de l’âge d’or (selon moi), mais de nos jours, ces mélanges entre les douces voix du R’n’B et les rimes aiguisées des rappeurs ont perdurés et les nouveaux maîtres du genre continuent à nous faire plaisir avec des duos qui fonctionnent à merveille.

Pour n’en citer que quelques uns, le “All the stars” sur la B.O de Black Panther en est l’exemple parfait, Kendrick Lamar et SZA subliment le générique du film, déjà génial, Wakanda Forever!!! K.Dot est assez coutumier de ces feat, il en a aussi fait avec Miguel, Alicia Keys et bien d’autres.

Son pendant East Coast, J.Cole a posé aussi avec quelques perles vocales, Janet Jackson pour commencer, sur “No sleep”, pas mal quand même… Il produit aussi la jeune Ari Lennox, avec qui il collabore sur “Shea butter baby”, il en a fait aussi avec les revenantes de TLC.

D’autres comme Joey Bada$$, Big Sean, même les Migos, même si c’est moins ma came ont participé à des tracks Hip hop/ R’n’B sur le disque de Calvin Harris, dont je vous avais parlé il y a quelques temps, l’album est d’ailleurs truffé de ces collaborations.

Je vais pas vous détailler toute la liste, ça vous gâcherait le plaisir et puis il y a quand même 80 morceaux, donc…

Par contre, je vous ai quand même glissé une dizaine de tracks de ce style, mais en Français, voir en Français et en US, des morceaux comme Kery James et Kayna Samet, Arsenik et Assia ou bien pour illustrer ces connexions internationales, le “I can’t let her go” de Driver et des mythiques Boyz II Men.

J’espère que vous allez apprécier écouter la playlist autant que moi, je me suis amusé à la faire.

Laurent


Otis Taylor, le blues toujours vert.


Le 11 Mai 2019, évènement de taille à la salle Jacques Brel de Fontenay-sous-Bois. Soirée  de mise à l’honneur du Blues. Avec l’un de ses meilleurs représentants américains de ces dernières années et un musicien franco-américain dont la cote grimpe depuis quelques mois dans l’hexagone. En effet, Otis Taylor, chanteur-guitariste et poly-instrumentiste, viendra se produire pour une soirée qui s’annonce exceptionnelle. En première partie, le public aura l’occasion de découvrir Cory Seznec, chanteur et harmoniciste.

Otis Taylor, c’est un parcours sinueux comme les contreforts du Colorado, terre où il a grandit, lui le natif de Chicago, ville symbole et berceau du blues. Revenu aux affaires musicales en 1995, après une pause de près de 20 ans (!), il a dès lors enregistré 9 albums comme des perles, toujours dans un soucis de témoigner de la dureté de la vie, surtout pour la communauté noire américaine, mais aussi pour les Indiens (premiers occupants des Etats-Unis, avant d’être progressivement chassés, voire exterminés par les blancs qui leur ont repris leurs terres). Assassinats, pauvreté, religion, rédemption, racisme, spiritualité, sont au centre des écrits de ce chanteur et multi-instrumentiste (guitare, mandoline, banjo, harmonica) dont la voix n’est pas sans rappeler parfois un certain Ray Charles.

Pour Otis Taylor, tout avait commencé très tôt. Bénéficiant d’un entourage familial qui lui fit découvrir le jazz, le rythm and blues. Puis, c’est le basculement. Découvrant l’origine du banjo et son utilisation quasi exclusive pour le style bluegrass, Otis Taylor se penche alors vers le blues, la musique folk, et le blues traditionnel. Dès lors, la voie est toute tracée. Premier groupe de blues, puis escapade à Londres, où il se produira en y jouant un répertoire davantage tourné vers le rock alors en plein essor en Europe (Beatles, Rolling Stones, Led Zeppelin….). Ne trouvant pas l’écho escompté, Otis Taylor abandonne guitare et instruments dès 1977, pour se plonger dans le monde du travail au quotidien. Durant cette période qui s’ouvre, de nombreux boulots s’offrent à lui. Il deviendra surtout brocanteur.

Tel un Phénix, Otis Taylor reprend donc le chemin des studios en 1995, pour y enregistrer « Blue Eyed Monster ». Premier d’une série de 9 albums enregistrés par la suite, indiquant que le bonhomme a faim de créativité, de musique, de retour à la scène. Et de donner sa vision de la vie, de la société. Aujourd’hui le citoyen-musicien Taylor, du haut des 70 printemps, vient donc nous rendre une visite dans le cadre d’une soirée qui s’annonce riche humainement, belle musicalement. A NE PAS LOUPER DONC!!

Amateurs-trices de blues, de folk, de bluegrass, de voix rauque marquée par la vie, cette soirée est faite pour vous.

En attendant de le voir sur scène, je vous invite à vous plonger dans son univers musical à travers les albums suivants : « My World is gone (2013), « Contraband » (2012), « Hey Joe Opus : Red Meat » (2015), et donc le récent « Fantasizing about being black » (2017).

Guillaume.

David Lee Roth, chanteur virevoltant.


Avec son air désinvolte, enjôleur, et ce besoin quasi constant de faire le clown, tant dans la vie que sur scène, David Lee Roth, chanteur à la voix un brin éraillée ultra reconnaissable, a connu une carrière faite de hauts et de bas. Anciennement dénommé Mammoth qui était alors un trio composé des deux frères Van Halen, Alex à la batterie et Edouard « Eddie » à la guitare, du bassiste Mark Stone, le groupe s’appellera Van Halen (suite à une suggestion de David Lee Roth, membre du groupe entre 1974 et 1985, qui y trouvait un aspect « puissant »), rejoint par le bassiste Michael Anthony en lieu et place de Mark Stone,

Durant cette période dorée, le bondissant chanteur californien va accumuler les succès tels que « Eruption« , un solo génial de Eddie Van Halen, d’abord improvisé en studio puis gravé sur le premier album du groupe à la demande de leur producteur Ted Templeman, ensuite « You really got me », reprise d’un titre des Kinks, « Runnin’ with the devil », « Dance the Night away » (sur Van Halen II). Viendront ensuite sur l’album « Women and children first » avec des morceaux comme « Tora Tora », « Everybody want some », « And the cradle will rock », « Romeo delight », où le talent vocal, l’expressivité sont tout à fait marquants. Pour avoir eu la chance de voir le groupe sur scène à 2 reprises dans les années 80, je confirme que David Lee Roth, s’il avait un style vocal et un timbre très singulier et reconnaissable, était également une véritable bête de scène, occupant l’espace sans pareil, courant, sautant, toujours avec le sourire aux lèvres, un brin cabotin, enjôleur. Le bonhomme possède un art consommé de la scène, de la communion avec le public, un véritable showman.


Personnellement j’avoue m’être arrêté à cette période là. Je n’ai pas écouter ses récentes productions discographiques, à tort peut-être, mais surtout parce que celui de 1998 m’avait laissé sur ma faim.

Homme a forte personnalité, il va assez rapidement avoir des conflits avec Eddie Van Halen, sur les orientations musicales à donner au groupe. La réalisation des albums qui suivront, « Fair Warning » et « Diver down« , va s’en ressentir fortement. Musicalement ils seront de moindre qualité. L’album « 1984 » sera le dernier enregistré par David Lee Roth avec Van Halen. Le morceau phare de cet album très commercial sera le fameux « Jump » avec son intro au synthés et la guitare de Eddie Van Halen. Il laissera sa place à Sammy Hagar, chanteur-guitariste, puis viendra Gary Cherone. Roth fera son retour dans le groupe en 2007 jusqu’à sa sortie définitive en 2012. Les albums qui précèdent sa réintégration, « For Unlawful Carnal Knowledge » (1991), « Balance » (1995), « Van Halen III » (1998), auront une tournure très FM avec un son énorme, et des compositions pas toujours égales en qualité. A noter que Wolfgang Van Halen, fils de Eddie Van Halen, intègrera le groupe en 2007, pour remplacer Michael Anthony. Le tout dernier enregistrement de DLR avec VH sera « A different kind of truth » en 2012, un album avec un gros son.

Comme je le disais plus haut, Roth est avant un homme de show, ayant le sens de la fête. Suite à son départ de Van Halen en 1985, Roth va les mettre en avant sur son premier album solo, « Crazy from the heat » qui inclut la reprise, ici totalement déjantée, du classique « I’m just a gigolo »et dans la même veine, du célèbre « California girls » des Beach Boys. Le ton est donné, il apparaît comme libéré des contraintes au sein de Van Halen, s’en donne à coeur joie, et laisse son côté cabotin, enjôleur se développer. En 1986, il enregistre « Eat’em and smile » en compagnie du guitariste prodige Steve Vaï, du batteur Greg Bissonette, du bassiste Billy Sheehan. Au menu, des titres tels que « Yankee Rose », le swinguant « I’m easy », les emballants « Goin crazy » et « Tobacco Road ». Le disque se termine par une reprise d’un totre de Frank Sinatra, « That’s life », dans une version revisitée qui mérite l’écoute. En 1988, surgit l’album « Skyscraper », où figure « Calfornia Girls », « Just like paradise », mais aussi « Skyscraper ». Sur ce disque, comme sur le précédent « Eat em and smile », Steve Vaï déploie son talent de guitariste avec bonheur. Viennent ensuite « A little ain’t enough » (1994) et « Your filthy little mouth »(1998). DLR revient à un rock énergique, au gros son, qui plait tant au public américain et aux radios locales.

Pourtant David Lee Roth est un grand chanteur, capable aussi de faire le crooner. Il reste donc un chanteur à réécouter ou découvrir car il a marqué de son empreinte vocale et de sons sens du show les 30 dernières années, dans le monde du rock et du hard-rock. A écouter en priorité, les 3 premiers albums de Van Halen et le déconnant « Eat em’ and smile ».

Je vous laisse avec une sélection de vidéos pour apprécier le talent du bonhomme.

Guillaume.

Séance de rattrapage Hip Hop de 2018.


Comme je l’avais fait dans la chronique sur Method Man et Ice Cube, voici une petite séance de rattrapage sur des disques dont je n’ai pas pu vous parler l’an dernier, étant donné que les sorties sont pauvres ces derniers temps, j’en profite…

Bas, dans la voie lactée…

Bas, si vous ne le connaissez pas, c’est le “petit” protégé de J.Cole, signé sur son label Dreamville et le petit bonus cocorico, c’est un Français, enfin, il est né à Paris, pour le reste, il a emménagé à New York très jeune et a toute la panoplie du mc de la grosse pomme classique.

Milky way est donc son troisième disque sur le label de Cole et aussi celui que je trouve le plus abouti. On y sent l’influence du patron, mais Bas a tout de même son propre univers, bien plus joyeux que celui de J.Cole.

Quatorze titres avec quelques belles collaborations comme Ari Lennox, la “SZA” de Dreamville, a qui on souhaite le même succès, d’ailleurs. J.Cole est bien sûr de la partie aussi sur le single aux vibes Cubaine, c’est frais, joyeux et le clip est super sympa aussi, Cole qui porte un maillot du PSG, fera plaisir aux supporters du club de la capitale. Vous retrouverez aussi A$ap Ferg sur “Boca Raton”, c’est costaud aussi avec une instru hyper destructurée mais bien travaillée, Lion Babe aussi, que j’avais découvert sur la B.O d’Insecure.

Et Bas dans tout ça, me direz-vous? Et bien je dirais qu’il maîtrise son flow mieux que jamais, alternant les tracks up-tempo comme “Sanufa” ou “Spaceships” et ceux plus classique comme le “Barack Obama special”, qui est l’un de mes préférés de l’opus avec “Designer” aussi qui me rappelle certains morceaux de 2pac de l’époque.

Bref, le disque est très complet, il y en a pour tout le monde, je pense que vous devriez vous régaler sur le “Milky way” de Bas.

La bonne nouvelle de Phonte

Phonte, c’est un vrai coup de coeur pour moi, je l’ai connu de par ses featuring The Roots sur des morceaux comme “The day”, mais surtout “Now or never”, un morceau sur “How I got over” que je trouve hyper inspirant, sur la prise de conscience et la prise en main de soi, bref, je m’égare, je vais repartir mon groupe de Philly…

Ce que j’aime particulièrement chez Phonte, c’est la diversité de son talent, aussi en doué en chant qu’en rap, un peu comme mon pote Bibo d’ailleurs, il y a des artistes comme ça qui ont besoin de plusieurs styles pour exposer l’étendu de leur talent.

L’ancien de Little Brother (avec Rapper Big Pooh et 9th Wonder) nous propose avec “No news is good news”, son deuxième album solo et c’est une pépite, croyez-moi!!!

Quand j’ai entendu la première fois “So help me God”, c’est devenu instantanément un must de ma playlist, idem pour “Pastor Tigallo”, dans lequel Tamisha Waden survole le refrain, j’adore!!! Niveau collaboration, vous retrouverez la plume de l’indiana, alias Freddie Gibbs et sa voix rauque et également le crooner Eric Roberson, habitué des featuring avec Phonte, ils ont même sortis un disque commun en 2016 qui s’appelle “Tigallero” et qui ma foi, plutôt pas mal!

Mon autre véritable kiffe du disque de l’album c’est “Cry no more”, le piano mélancolique est tout simplement magnifique, c’est pas le morceau le plus gai du skeud, mais franchement quelle merveille…Phonte a clairement choisi d’accentuer sa facette mc plutôt que celle de chanteur qu’il n’utilise que dans “Change of mind” avec Gibbs et sur “Euphorium”, le morceau de clôture du disque. Donc, si vous souhaitez découvrir la belle voix de l’artiste de Caroline du Nord, je vous recommande plutôt d’écouter ses disques avec The foreign exchange ou celui avec EricRoberson. Quoi qu’il en soit, je ne sais pas pour vous, mais pour moi ce disque n’est rien d’autre qu’une bonne nouvelle pour le monde de la musique.

Laurent

Gary Moore, virtuose écorché vif.


Né à Belfast (Irlande du Nord) en 1954, Gary Moore commence dès l’âge de 8 ans à jouer de la guitare, instrument qu’il a découvert par hasard, après avoir récupéré une guitare acoustique. Bien que gaucher, il apprendra à en jouer comme un droitier. Dès 1968, à 16 ans, il déménage pour Dublin.
Ayant découvert Albert King, entendu Elvis Presley chanter ou bien encore les Beatles, mais surtout après avoir vu Jimi Hendrix et John Mayall and the Bluesbreakers en concert à Belfast, Gary Moore décide que sa musique sera un savoureux mélange de blues et de rock. Plus tard il se lancera dans le hard-rock, au sein du groupe Thin Lizzy, dont le leader charismatique était le chanteur-compositeur-bassiste Phil Lynott. Sa véritable influence musicale, à qui il rendra hommage sur l’album « Blues for Greeny » en 1995, est le guitariste Peter Green, membre du groupe Fleetwood Mac.

Gary Moore démarrera réellement sa carrière à l’aube des 70’s avec le groupe Skid Row, dont Phil Lynott est également de l’aventure. Puis en de 1974 à 1983, toujours avec son compère Lynott, il joue au sein de Thin Lizzy. Le répertoire du groupe est basé principalement sur des morceaux teintés de blues-rock, servis à merveille par la voix rauque et très grave de Phil Lynott. Le groupe évolue très vite avec 2 guitaristes (Gary Moore bien sûr, mais aussi Scott Gorham, aujourd’hui leader de la formation actualisée). Lynott est d’ailleurs l’auteur du morceau le plus connu de Gary Moore, le sublime « Parisienne Walkaways« , avec « I still got the blues » qui paraîtra en 1990, sur l’album du même nom. Pendant ces neuf années, les compères vont graver une douzaine de disques, parmi lesquels les superbes : « Jailbreak » (1976), « Black Rose : a Rose Legend » (1979), « Renegade »(1981), et deux disques live sublimes qui restituent parfaitement l’énergie de ce groupe : « Live and Dangerous » (1978), « Life » (1983). « Thunder and Lightning », 12ème et dernier album du groupe, marquera la fin de cette aventure.


Dès le début des 80’s, Gary Moore réalisera des albums solo, avant de quitter définitivement Thin Lizzy : Ainsi naissent « Corridors of power » (1982), suivi d’un double album live « We want Moore » (1984). Deux disques qui ont longtemps tournés sur ma platine disque (oui je sais c’était un autre temps, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre) tout comme « Live and Dangerous » et » Life » cités plus haut. Par la suite, en pleine péridode hard-rock FM, Moore signera « Run for Cover » (1985) et « Wild frontiers » (1987). « After the war » (1988) viendra clore cette période. Dès 1990, Moore revient à ses amours, le blues. 6 albums témoignent de cela : « Blues alive » (1993), « Ballad and Blues » (1994), « Blues for Greeny » (1995), « Power of the blues » (2004) et « Old new ballad blues » (2006).

Guitariste au jeu très mélodieux, n’hésitant cependant pas à jouer avec les effets de distorsions, ou à laisser traîner des notes pour leur plus d’importance, Gary Moore est aussi un excellent chanteur de blues, avec sa voix si particulière, celle d’un homme à fleur de peau, qui joue comme si sa vie transparaissait dans ses chansons. De nature timide, Moore était pourtant, sans être très expansif, très présent sur scène. Il savait capter une salle, se servir de l’énergie qui lui était communiqué.
Alors qu’il avait encore sans doute de belles pages musicales à écrire, Gary Moore est décédé trop tôt, en 2011, à seulement 58 ans. Il laisse une trace unique et indélébile dans le monde du rock des 40 dernières années.

Je vous laisse découvrir ou réentendre ce musicien talentueux, véritable écorché vif, à travers une sélection de ses plus grands succès avec Thin Lizzy, en duo avec Phil Lynott, et en solo.

Guillaume.

Cory Seznec, profondément blues.


Comme je l’ai dit dans une précédente chronique, pour annoncer sa  venue à Fontenay le 11 mai 2019, en première partie du vétéran du blues américain Otis Taylor, Cory Seznec est un musicien franco-américain dont l’univers est aux confluences du blues et des rythmes africains. Ce qui peut sembler très logique, au regard de l’Histoire, et de la naissance de cette musique, dans les champs de coton où les esclaves noirs travaillaient durement pour de grands propriétaires blancs, à la charnière entre le 19ème et le 20ème siècle, aux Etats-Unis, puis après dans les églises, avec l’arrivée du gospel et des spirituals (chants religieux).

Ses 2 premiers albums « Beauty in the dirt » (2014) et le récent « Backroad Carnival » (2017) témoignent de cet amour du musicien pour cette musique qui a par la suite donné naissance au rythm’n’ blues, à la soul music, à la funk. Sa voix grave, son style de jeu de guitare très subtil permettent à Cory Seznec d’installer très rapidement l’auditeur dans une relative connivence.

Avec « Picayune Baliverne », Seznec nous met tout de suite dans le jus. Une voix légèrement nasillarde, un blues gras, swinguant, suintant, qui nous transporte aisément dans l’ambiance enfumée des bars ou clubs du sud des Etats-Unis où le blues est né et où il est encore et toujours joué, de Chicago à La Nouvelle-Orléans, en passant par Bâton Rouge, des rivières des Bayous aux abords des fleuves sur lesquels naviguent les steamboats (bateaux à vapeur). Ainsi se succèdent « Sell you my soul » et Hawk on a Haystack ». Avec « Tattered Flag », changement d’ambiance. Là, Seznec nous emmène en afrique, entre basse frénétique, kora, et rythmique saccadée. « Pigeon man », « Let it all go », nous permettent d’entendre la guitare dobro (guitare au corps et aux cordes en métal), l’harmonica, 2 autres instruments qui donnent au blues sa couleur, et ce son si particulier.
Seznec est à l’aise dans ce registre et c’est un bonheur de l’écouter, tellement il se positionne dans la lignée des pionniers, tel un conteur, un témoin, ce que fait aussi aujourd’hui Eric Bibb, qui mélange également blues traditionnels et origines africaines. « Zanzibar », sorte de parenthèse instrumentale dans cet opus, est un morceau très léger. « Colette bar & restaurant », morceau toujours en mode zouk chaloupé, nous prouve que Seznec, voyageur sans frontières, n’hésite pas à nous surprendre. « God will change your situation barbershop », et « the Parting Glass », terminent en beauté ce « Backroad Carnival », dont Cory Seznec ne manquera de nous livrer de belles versions sur scène en mai 2019.

Alors si vous voulez poursuivre la découverte et passer un agréable moment, vous savez ce qu’il vous reste à faire : écouter l’album et réserver votre soirée, car avec Otis Taylor après, cela s’annonce comme un joli moment de cette saison culturelle.

Guillaume.