Archives de Catégorie: Chroniques

Tom Petty, figure de la country.


Alors que l’Amérique était plongée dans l’horreur début octobre lors d’un concert folk country devant le casino Mandalay Bay de Las Vegas, autrefois haut lieu des soirées du Rat Pack, Tom Petty , musicien discret et talentueux, figure emblématique de la musique folk et de la culture américaine, est décédé brutalement, à 67 ans (il allait les fêter le 20 octobre prochain) seulement, suite à une crise cardiaque.

En 40 ans de carrière, Tom Petty aura enregistré une vingtaine d’albums avec son groupe, les Heartbreakers, sur la période 1976-2014, et enregistré 3 albums solos (« Full moon fever », 1989 ; « Wildflowers », 1994 ; « Highway Companion », 2006), sans oublier les 3 albums enregistrés avec les Traveling Wilburys, groupe comprenant également Jeff Lynne, Bob Dylan, Roy Orbison, George Harrison. A noter qu’il a aidé, en 1989, au démarrage de la carrière d’un jeune musicien, nommé Lenny Kravitz,  en le prenant en première partie de sa tournée du moment. Le jeune musicien a bénéficié de la bienveillance et des conseils de l’Oncle Tom, ou du Major Tom, comme dirait David Bowie.

Homme à l’allure juvénile, sa voix nasillarde et son jeu de guitare simple et efficace, en plus de talent d’auteur de chanson, firent de lui une figure majeur de la musique américaine ces 40 dernières années. Folk, country, blues parfois, ne refusant que rarement une apparirion sur scène lors d’évènements ou d’hommage à des confrères guitaristes-chanteurs, histoire de faire le bœuf comme on dit, Tom Petty se baladait entre les styles, les étiquettes, tout en revendiquant un amour sincère pour la culture populaire américaine. Il était un musicien apprécié et reconnu par le monde la musique.

Il nous reste à réécouter ses disques, sa musique. Je vous ai concocté une petite sélection.

A savourer. A réécouter.

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

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SZA prend le CTRL.


Après plusieurs mixtapes et différentes apparitions sur les disques des artistes de Top Dawg Entertainment, le label entre autres de Kendrick Lamar, Solana Rowe, alias SZA sort enfin son premier album studio: CTRL.

Couvée par Anthony Tiffith, le boss de TDE, qui ne souhaitait pas lui brûler les ailes en sortant trop tôt son disque, SZA a eu le temps de faire ses armes auprès des géants de l’industrie musicale US. Elle écrit des morceaux pour Rihanna sur “Anti”, collabore avec des artistes tels que Chance The Rapper, la révélation de l’an dernier, mais aussi 50 cent ou encore Isaiah Rashad.

Elle propose 2 mixtapes nommées “S” et “Z” qui fonctionnent très bien et du coup, le 3ème opus devait s’appeler “A”, compléter son nom et il aurait été son premier album studio. En définitive, le projet se nommera donc “CTRL” et est donc sorti au mois de Juin de cette année 2017. Le disque est assez proche de son premier projet musicalement avec des influences très variées, la native de St Louis cite aussi bien Common que Björk, les Red hot chili peppers ou Billie Holiday, grand écart musical ou pas?

Difficile donc de la classer dans une case même si le disque sonne hip hop/Nusoul avec des influences trap, un soupçon d’électro et les vocalises de SZA nous ramène également à des aspects plus pop, voir rock parfois, nous dirons donc que c’est un disque éclectique.

Quoiqu’il en soit “CTRL” est un premier album très réussi avec un univers musical bien à lui, assez mélancolique dans son ensemble. Je vous propose les vidéos des excellents singles, mais mes gros coups de cœur sont “Doves in the wind” en featuring avec Kung-fu Kenny (Kendrick Lamar) et “The weekend”.

Je vous invite vivement à découvrir cette artiste, car vous risquez fortement d’en entendre parler dans les années à venir.

Laurent

Blue & Lonesome, dernière (?) livrée des Pierres qui Roulent … encore !!!


« Blue and Lonesome« , sorti fin décembre 2016, était un album très attendu par les fans des Pierres qui Roulent, pardon… des Rolling Stones! En effet, cela fait 11 longues années -depuis le discutable « Bigger Bang », 2005- que ces quatre gaillards (voir photo) ne s’étaient pas réunis et enfermés en studio pour concocter un album!!

Qu’allaient donc offrir cette fois-ci Mick, Keith, Charlie et Ron comme os à ronger musical en attendant une prestation scénique éventuelle (qui s’est depuis confirmée avec 3 dates parisiennes à l’automne pour l’inaugurtaion de L’Arena de Nanterre, salle couverte de 40.000 places!) ? La réponse est… un album de Blues, rien que ça! du blues, gras, au son qui fleure la période qui a vu émerger Robert Johnson, , Leroy Carr, Charley Patton, Blind Lemon.

La légende veut que Mick et Keith, s’étant rencontré sur le quai d’une gare et découvert une passion commune pour le Blues. Lorsque les Rolling Stones furent formés par Brian Jones, ils se mirent à jouer et chanter des airs de bluesmen de l’époque : Albert King, BB King, Freddie King, John Lee Hooker….et d’autres…! Oui quoi d’autre en effet pour passer du bon temps en studio, que de replonger dans l’histoire et le répertoire de ces bluesmen, plus ou moins connus, que le temps et la mémoire humaine ont oublié (je ne parle pas ici des 4 cités ci-dessus, qui eux ont faits de belles carrières).

J’étais donc curieux de découvrir « Blue and Lonesome« , album du retour au premier plan de ces géants de la musique, car il pourrait en effet  constituer le dernier album de ces monstres sacrés de l’histoire du Rock, 55 ans (!) après leur début!!!

Enregistré à Londres et façonné à Los Angeles, ce disque est surtout un hommage à des bluesmen un peu voire totalement oubliés aujourd’hui… tels que Walter Jacobs (4 titres), Chester Burnett (1 titre), Willie Dixon (2 titres), mais aussi Miles Grayson, Eddie Taylor, Samuel Maghett, Jimmy Reed. 12 morceaux remplis de feeling, avec un Jagger au top, totalement dans son élément ici, comme si il n’ avait toujours chanté que du blues!  Ses vieux comparses (seul Darryl Jones, basse, est bien plus jeune qu’eux, 55 ans… seulement !) ne sont évidemment pas en reste et le tout offre un pur moment de bonheur!  Jagger chante dans l’esprit des pionniers du blues, Robert Johnson JB.Lenoir, Charley Patton, Leroy Carr, Big Bill Broonzy.

Les quatre joyeux lurons, malgré leur âge presque canonique (Mick Jagger, 74 ; Keith Richards, 73 ; Charlie Watts, 75 ; Ron Wood, 70), prennent, et ça s’entend, un vrai plaisir à jouer du blues, cette musique qui vient des tripes, qui raconte la peine, la peur, la souffrance, le malheur, d’un peuple noir, qui, de sa condition d’esclave, a su en sortir de et par la musique, le chant, les spirituels, le gospel et donc le blues.

Ce « Blue and Lonsome » est un bel album,  à savourer sans modération… Un retour au sources de leurs vies de musiciens, comme un dernier salut et un ultime tribut à ceux qui ont écrits et établis la légende du Blues! Les Pierres qui Roulent sont en grande forme!

Dire que j’ai décroché un sésame pour les voir en octobre prochain à L’Arena de Nanterre! J’en salive déjà!!!

Guillaume.

 

 

Nos samples rendez-vous #20


Si on avait dit à Charles Aznavour en 1966 que son morceau “Parceque tu crois”, quasiment passé inaperçu à l’époque s’offrirait une deuxième vie à la fin du siècle grâce au maître du gangsta rap Californien, nous aurait-il cru?

C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé quand Dr.Dre a déniché cette perle rare de la discographie du “Grand Charles” pour son deuxième album: “2001” sur le morceau: “What’s the difference?”

A cet occasion, il est accompagné d’Eminem, qui n’est pas encore la superstar du rap qu’il deviendra plus tard, ce morceau est la confirmation du talent que celui-ci démontre sur son “Slim Shady” sorti quelque mois auparavant. Egalement, sur ce morceau, on trouve Xzibit, valeur sûre de cette nouvelle vague californienne qui déferle sur le monde du hip hop et nouvelle signature du docteur sur son label Aftermath.

“What’s the difference?” est l’un des titres phares de l’album et fera découvrir à beaucoup de fans de hip hop, l’étendu du talent d’Aznavour.

Quelques années plus tard, en 2006, c’est Blu Cantrell et Sean Paul qui revisiteront ce standard avec “Breathe”, un énorme succès pour les clubs à l’époque.

Alors, Charles, tu nous crois maintenant?

 

Laurent

Shanti Gaia, chants sacrés du Tibet….


Le samedi 14 octobre, à 15h30, les kiosques-rencontres à caractère musical feront leur rentrée à la médiathèque, côté espace musique. Quoi de mieux me direz-vous que de démarrer cette année par un moment où le bien-être sera au menu? C’est ce que nous vous proposons de venir partager et / ou découvrir, pour ce premier kiosque de l’année 2017-2018, à l’occasion de la venue de l’association fontenaysienne Shanti Gaia, qui se consacre aux chants sacrés du Tibet, à sa culture, ses aspects philosophiques, mais également aux chants sacrés du Monde, issus de cultures et horizons différents, ramenés par les membres qui composent le groupe Shanti Gaia.

L’ambiance sera donc à la sérénité, au partage, au voyage, aux ressentis intérieurs.

Alors, n’hésitez pas, venez partager ce qui s’annonce comme un joli moment, en ces temps bousculés.

Guillaume.

PS / Ci-dessous : Un Bhajan, création en français et sanskrit :

Et un Bhajan Indien :

 

 

 

Insecure, le soundtrack le plus hype du moment!!!


Soyons clair tout de suite, Insecure, c’est l’un de mes coups de coeur séries de 2017, j’ai mis un an avant de m’y mettre, mais sur le conseil d’experts (si vous me lisez, vous vous reconnaitrez…), je m’y suis et j’ai binge watcher les 2 saisons en quelques jours!!!

L’histoire, c’est celle d’Issa et Molly, deux jeunes trentenaires californiennes à la recherche d’une stabilité professionnelle et sentimentale. Ce qui pourrait paraître une histoire très classique de comédie romantique et en fait bien plus que ça, un peu à la manière d’Atlanta, dont je vous avais parlé dans le post sur Childish Gambino, les sujets sont traités avec une telle finesse et beaucoup d’humour, qu’Insecure peut se permettre de toucher un peu à tous les sujets sensibles, des inégalités hommes/femmes, aux conflits inter-raciaux et j’en passe… Tout ça sur une bande originale du feu de dieu et c’est bien sûr de ça dont on va parler aujourd’hui!

Ce soundtrack, justement, c’est l’oeuvre d’un des monstres du R’n’B de ces 20 dernières années, MONSIEUR Raphael Saadiq, l’ancien lead de Tony! Toni! Toné! est l’architecte de la musique derrière la série et croyez moi, elle fait partie intégrante du show!

Saadiq a réuni, pour la B.O de ces deux premières saisons, la crème de la scène rap et R’n’b Californienne du moment car la série se déroule à Los Angeles et ils ont voulu mettre en valeur les artistes du lieu où vivent nos héroïnes, d’autres artistes sont également à l’affiche et je vais vous faire un petit tour rapide de ce que l’on peut entendre en regardant les tribulations d’Issa.

Le pilote d’Insecure débute sur “Alright” issu du mythique “To pimp a butterfly” de Kendrick Lamar, donc d’entrée ça vous met dans l’ambiance et après ça, c’est une avalanche de talents, un savant mix entre old et new school, du légendaire Ice Cube et son “You know how we do it” jusqu’à la dernière sensation du rap féminin, Cardi B. On retrouve également SZA, dont je vais également vous parlé très bientôt, pour la sortie de son premier disque “CTRL”, Erykah Badu, Raphael Saadiq, lui-même est également de la partie, ça c’est pour les têtes d’affiches, mais j’en passe bien évidemment.

La ou la B.O est vraiment sympa, c’est qu’elle nous fait découvrir une tonne de nouveaux talents tels que Lion Babe, qui a participé également à la B.O de Queen Sugar (un autre article à venir très bientôt), Shy Carter, Dawn ou encore St Beauty, croyez moi, vous risquez d’entendre parler de cette nouvelle vague.

Quelques guests prestigieux apparaissent aussi dans la série et sa bande originale tels que Jidenna ou Ty Dollar Sign, je vous laisse découvrir ces petits caméos bien sympathiques. Et ce que je ne peux pas me permettre d’oublier, ce sont les talents de rappeuses de l’actrice principale Issa Rae, qui, dans la série a une grosse tendance à freestyler seule, devant son miroir et ça vaut souvent son pesant de cacahuète. Elle va aussi s’essayer à un open mic, pour l’un des moments les plus hilarants de la série sur le “Bossy” de Kellis, faites moi confiance, vous n’êtes pas prêts.

Voilà j’espère vous avoir donné envie de voir Insecure, je pense que vous ne le regretterez pas, en attendant la troisième saison l’an prochain, vous pouvez découvrir Issa et ses copines sur OCS ici. et pour l’intégrale des morceaux que vous pourrez entendre, je vous invite à jeter un oeil ici.

Laurent

Diana Krall, délicieusement romantique !


Vêtue d’une élégante robe noire, Diana Krall, assise sur une table de bureau, a le regard perdu… Nostalgique ? A l’évidence, la chanteuse-pianiste canadienne aime de plus en plus les ambiances ramenant aux années d’or du jazz, à savoir les années 30-40-50. Elle aime s’inspirer des  compositeurs tels que Cole Porter, Nat King Cole, George ou Ira Gershwin, Glenn Miller… Epoque bénie du be bop, des big bands, des clubs de jazz aux ambiances cosy que la belle semble affectionner, époque également baignée par le romantisme tant au cinéma que dans la musique jazz… »Turn up the quiet« , son nouveau bébé musical en est la parfaite illustration.

Entourée des fidèles Christian Mac Bride, Russell Malone, mais laissant entrer dans son cercle le guitariste Marc Ribot, Diana Krall nous plonge d’entrée dans une ambiance cosy, intimiste, feutrée. Sa voix si particulière et ce phrasé toujours impeccable sont là pour accueillir l’auditeur sur « Like someone in love » (chanson autrefois interprétée par Diane Leigh et Sarah Vaughan).  Après quoi, elle nous embarque avec « Isn’t it romantic », puis enchaîne avec « L-O-V-E ». un morceau qui swingue tout en douceur, un air chaloupé. « Night and day » démarre comme une bossa-nova (une des musiques dont se régale la canadienne). L’ambiance de ce morceau n’est pas sans évoquer les grands noms de la bossa-nova, et le titre « The girl from Ipanema », par instants. Avec « I’m confessin (That I love you) », petit bijou bluesy, la Krall nous emmène encore ailleurs…. un bonheur! La suite, de « Moonglow » au final « I’ll see you in my dreams » est un chapitre tout en douceur, sur lequel la voix de velours de Diana Krall se promène tranquillement.

Un disque facile diront certains. Personnellement, si la production est évidemment ultra soignée, l’univers de cette artiste emmène l’auditeur…vers le calme, la sérénité. J’imagine très bien écouter ce disque dans une ambiance feutrée, tranquille, un verre de bon vin à la main. En attendant de la voir sur la scène de l’Olympia les 7,8, et 9 octobre prochain!

Pour les fans de la canadienne, cet album sera très agréable à écouter.

Guillaume.

 

 

Les Soulections #5: Luther Vandross


Allez, avoue Guillaume, tu la sentais venir celle-là, non? Je l’ai pas fait en premier, mais j’étais obligé d’y venir, c’est Luther quand même, “The king of the bedroom”, si ce n’est pas un surnom imagé ça, j’y comprends plus rien!!! Un surnom que le chanteur n’appréciait guère cela dit, ni les sous-vêtements que les jeunes femmes lui lançaient continuellement sur scène d’ailleurs, mais bon, que faire, sa musique crée des émotions, c’est comme ça…

Luther Vandross, c’est l’une des voix de la soul/R’n’B reconnaissable entre mille, c’est la voix de velours comme disait Dionne Warwick, l’une des meilleures amies de l’artiste et elle sait de quoi elle parle, il me semble.

Luther, c’est une grosse quinzaine d’albums studios, une demi-douzaine en live, 8 grammy awards, difficile d’appeler ça de la musique d’ascenseur, hein G…? ;-P

La carrière de Luther Vandross débute en tant que choriste pour des chanteurs tels que David Bowie, Bette Midler et Barbara Streisand pour ne citer qu’eux, puis crée le groupe Luther, qui sortira deux albums, passé inaperçus, il retourne à son boulot de choriste jusqu’à sa participation à l’album de Change où il est le lead singer sur “The glow of love” et “Searching”, cette fois sa carrière est lancée!!!

Avec l’aide de Donna Summer et la participation de son acolyte de toujours, l’immense bassiste Marcus Miller (qui dit que c’est en côtoyant Luther qu’il a enfin su apprécier les chanteurs, qui n’était pour lui, jusque-là que des faire-valoir pour les instruments) qu’il sort son premier album solo: Never too much, une perfection pour moi, avec le titre éponyme évidemment, mais aussi la reprise de Dionne Warwick, “A house is not a home” (la chanteuse dit quand même que c’est Luther a qui doit revenir la version définitive de ce morceau tant sa performance est supérieure), “Sugar and spice”, “Super lady” etc…

Quelques albums plus tard, Luther devient LA référence du romantisme durant cette période avec des tubes comme “Always and forever”, “There’s nothing better than love” avec Gregory Hines ou encore “Any love”.

Il était capable de sortir de son confort de crooner avec des morceaux plus funky comme “Bad boy/Having a party”, “Till my baby comes home” et j’en passe, il a également su s’adapter aux changements musicaux pour continuer à produire quasiment un disque tous les deux ans entre 1981 et 2003.

Des albums de Noël, des reprises, des duos avec des artistes tels que Stevie Wonder, Mariah Carey ou encore Busta Rhymes, la carrière de Luther Vandross est aussi diverse qu’elle est talentueuse.

Malheureusement, le 1er Juillet 2005, il meurt des suites de ses problèmes de santé, il souffrait de diabète et d’hypertension. Bien que reconnu par le monde de la musique, son décès est presque passé inaperçu à l’exception du disque hommage “So amazing: An allstar tribute to Luther Vandross” avec des reprises de ses standards par des artistes tels que Beyonce, John Legend, Usher ou encore Aretha Franklin.

En attendant, vos soirées romantiques sont parées avec la playlist spécial Luther ci-dessous…

Laurent

Kazut de Tyr, entre Bretagne et …..le reste du Monde


A l’origine du groupe, 3 musiciens bretons. Terre de traditions musicales, vocales et…. marines. Sauf que les gaillards dont il est ici question (Gaby Kerdoncuff, trompettiste, chanteur, bombardiste ; Jean Le Floch, accordéon, bombarde ; Yves-Marie Berthoux, percussions), plutôt que de prendre le grand large vers L’Ouest et l’Océan, se sont tournés vers l’Est… décidant de partir sur les chemins de la tradition orale et musicale du côté de la Turquie, du Kurdistan, de la Syrie, des Balkans, et des portes de l’Orient. Autant de directions, destinations, territoires où la musique et l’oralité tiennent une grande place dans la culture de ces pays, au cœur des populations. Kazut de Tyr s’est donc enrichi au fil des rencontres, de musiciens venus d’horizons divers… le tout pour aboutir à un ensemble musical qui met à mal les à priori, les doutes, les méfiances, les rejets de l’Autre, celui qui nous est différent, inconnu.

« Jorjuna« , projet musical abouti de ce band multiculturel, met en lumières ces différences sonores mais également les passerelles sonores qui existent bel et bien entre les contrées citées plus haut. Rafraichissant!

Celles et ceux qui ont pu assister à leur concert le 15 juin dernier à Musique au Comptoir, dans le cadre d’une soirée -débat sur la place de la musique dans le langage et la culture universelle, en présence de Sébastien Lagrave, président du festival Africolor et de l’association Zone Franche, ont pu apprécier la joie que procurent ces musiciens, leur talents complémentaires au service d’un même idiome : La musique a été, est, et sera toujours un langage universel, puisque parfois ses racines se croisent à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres de distance. Ce soir-là, le trio originel était enrichi de la présence de Rusen Filiztek (Saz), Maëlle Vallet (Qanum) et Lionel Mauguen (Saz). Sur l’album, si Rusen Filiztek n’est plus là, sont venus s’adjoindre deux chanteurs, le kurde Kani Kamar, et le breton Eric Menneteau.

Au final, c’est un joli tintamarre, une belle nouba, du beau ramdam qui nous est offert ici par Gaby Kerdoncuff, fondateur et doyen du groupe, et ses jeunes acolytes. De la marche bretonne inaugurale en passant par les chants traditionnels lors des mariage bretons, sans oublier la fameuse! Trugarez gavote, aux chants kurdes traditionnels, Kazut de Tyr nous offre une superbe ballade musicale sans frontières.

Merci! Spas Dikim! Trugarez!

Guillaume.

Tout sauf une demi-portion…


Plutôt un poids lourd du rap selon mes critères, Rachid Daif alias Demi portion revient avec son quatrième album  «2 chez moi », tout juste deux ans après le succès critique de « Dragon rash » et un agenda de tournée dans l’hexagone et ses alentours, les attentes étaient élevées, mais le contrat est rempli et haut la main !

Les dix-huit titres s’ouvrent avec « Souvenirs » qui commence avec un dialogue de « The wire », à croire qu’il voulait me convaincre dès les premières secondes de l’écoute ! Cette intro donne bien le ton à l’album, une œuvre intimiste comme souvent avec l’artiste, entièrement produit de chez lui (d’où le titre de l’album), qui nous plonge dans l’univers de Demi P sans retenue.

Tout au long de cet opus, on retrouve l’artiste positif, toujours reconnaissant de ceux qui l’ont fait grandir dans son art, pour rappel, plus jeune, Demi portion participait aux ateliers d’écritures d’Adil el kabir auxquels étaient souvent invités des rappeurs proches d’Adil, notamment Fabe et la Scred connexion, Rocca où encore La rumeur. C’est peu dire que Rachid a été à bonne école et il le revendique et le dédicace régulièrement, ce qui est rare chez les mc’s d’aujourd’hui.

Difficile de parler de coups de coeur, car il n’y a pas vraiment de trous d’air dans l’album, mais si je dois en mettre quelques uns en avant, “Mon dico IV” avec son sample de Dexter, “Demi Pablo” qui vaut bien le morceau de Joey Bada$$ sur le même sample du générique de Narcos, “Planète Rash” et tous ces invités est aussi génial! “Pardonner” et “Magnifique” respectivement en featuring avec Kery James et Oxmo sont des tueries et “Danse avec les loups” et toutes ces références cinématographiques (énorme performance lyricale!!!), je m’arrête la sinon, je vais citer tout le skeud et ça n’aura plus de sens (rires).

Pour revenir à “2 chez moi”, selon moi, c’est une pépite qui ne tournera probablement pas suffisamment sur les pseudos radios hip hop d’aujourd’hui.Quand je l’écoute, je suis comme Demi P sur son nuage magique (voir la couv’ de l’album) je plane!!! C’est le hip hop que j’aime, celui qui a des choses à dire, des instrus vraiment travaillées, pas d’auto-tune, bref, le kiffe! Autant dire que chez Rachid, je me sens chez moi aussi.

Laurent

Nadoo, Chapitre 1


Le voilà enfin! Annoncé depuis des mois et son passage l’an dernier à la médiathèque lors d’un hommage à Robert Johnson, travaillé, sculpté, fignolé, mijoté pendant plusieurs mois à l’ombre des studios, Nadir Moussaoui alias Nadoo, nous livre enfin son premier bébé musical, « Radio Dounia« .

La gestation aura été longue mais cela en valait le coup! Producteur (via le site https://www.kasbah-officiel.com/music), artiste autodidacte, multi instrumentiste, chanteur, bidouilleur de sons venus d’ailleurs (n’y voyez rien de péjoratif), Nadoo nous présente enfin « Radio Dounia« , réalisé avec le soutien de Fontenay-en-scène et de la ville de Fontenay-sous-Bois, et enregistré entre Paris et Montreuil. Album de 7 titres, qui dès l’intro, nous transporte vers un ailleurs coloré, rythmé, chaleureux… tout le portrait de ce jeune musicien, généreux dans l’âme, sourire constamment accroché au visage et qui promène son univers musical en bandoulière, pour le partager partout où c’est possible!

Entouré de 3 complices talentueux, Richard Cailleux (batterie-percussions), Esteban Salmona (contrebasse) et le flûtiste Olivier Hutin. L’humeur dansante et festive de la musique concoctée par Nadoo et ses acolytes est bienvenue.  Il nous emmène sur des rythmes de la musique algérienne (terre de ses ancêtres), puis avec « Llamo » nous offre une balade tranquille sur des nuances de reggae que n’aurait pas renié Manu Chao ou les Négresses Vertes et son chanteur Elno (ça rappelle des souvenirs à certains-certaines). « Sur les toits de Paris », véritable ode amoureuse à la capitale française, il nous fait déambuler au son de sa voix chaleureuse. « Demain y a pas », qui referme l’album est un morceau plein d’énergie, dansant, puisque ce n’est rien d’autre qu’un rockabilly bien senti qui nous est offert.

Vous l’aurez bien compris, ce premier disque de Nadoo, respire la bonne humeur, le goût de l’ailleurs, l’envie de partager les cultures qui composent notre monde.

Mon petit doigt me dit qu’il devrait faire partie de la prochaine édition du Festival des Aventuriers 2017. Une belle occasion pour découvrir et apprécier cet artiste brillant et talentueux!

Guillaume.

50 cent a toujours le Power!!!


Non, ce n’est pas une chronique à propos de 50 cent, pas uniquement en tout cas! A vrai dire ça fait un moment que je voulais vous parler de la série qu’il co-produit: POWER, donc la diffusion de sa quatrième saison, actuellement aux USA semblait le moment tout indiqué pour ça. Comme chaque série dont je vous ai parlé jusque-là, il s’agira principalement de sa bande originale, bien sûr, mais avant tout, voyons voir de quoi il s’agit.

James St Patrick (Omari Hardwick), est le gérant d’une boîte de nuit New Yorkaise, mais ce n’est qu’une partie de sa vie, dans la rue, il est Ghost, l’un des plus gros distributeurs de drogues de la grosse pomme. Avec son ami d’enfance Tommy (Joseph Sikora), ils gèrent d’une main de fer le trafic New Yorkais. Seulement, Ghost veut sortir de ce cercle vicieux, protéger sa famille et investir dans le monde de la nuit (légal). Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu, surtout quand son amour d’enfance, qui travaille pour le FBI pointe le bout de son nez.

Bref, Power est un peu un Scarface moderne dans le milieu de la nuit de New York, le casting est très solide et Courtney Kemp Agboh, la créatrice du show est une valeure sûre et gère ce beau petit monde à merveille. Certains diront que c’est un show “bling bling”, tourné comme un clip hip hop à rallonge, personnellement je n’ai pas du tout cette sensation, l’histoire bien qu’assez classique me tient en haleine depuis quatres saisons et a fait de Power l’une de mes séries préférées actuellement.

Voilà pour la mise en bouche, maintenant parlons musique et comme une partie de l’histoire se déroule dans des clubs hype et que Fifty est derrière les choix musicaux, autant vous dire tout de suite qu’on est gâtés!!! Le générique nous mets direct dans le bain avec l’excellent “Big rich town” de 50 cent et Joe, mais ce n’est qu’un avant goût du régal Hip hop/ Rn’B qu’on nous propose, à tel point que je n’ai pas pu me résoudre à beaucoup cutter, je vous ai préparé une playlist d’une quarantaine de morceaux, merci Tunefind!!!

Au programme, le patron de G-Unit est évidemment à l’honneur, mais on retrouve aussi Erykah Badu, 2pac ou encore Angie Stone et même du Smokey Robinson, ça c’est pour les anciens. Pour la nouvelle école, du lourd aussi avec Schoolboy Q, Mack Wilds, qui jouait Mike dans The Wire, Wiz Khalifa, Lil’Wayne, bref que des pointures du hip hop actuel.

Le R’nB et la Nu-soul ne sont pas en manque non plus, on retrouve SZA, la nouvelle perle de TDE, Chris Brown, Lalah Hathaway, pour ne citer qu’eux.

Mais je dois que cette B.O m’a fait découvrir deux pépites, que je souhaitais mettre en avant plus spécialement, Jacob Banks, dont la chronique est à venir sur Sème la zic et Jones, qui pourrait devenir l’une des nouvelles voix de la Pop/Soul Londonienne avec le titre “Indulge” que j’ai adoré!

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de découvrir la série et sa B.O car elle valent vraiment le coup, le lien vers l’intégrale des morceaux de la série se trouve ici et vous pouvez retrouver la série sur OCS.

 

Laurent

# La playlist de septembre : sur la route


visuel playlist sur la route-page001C’est la rentrée. Oui, c’est la rentrée, tous les ans, elle revient…. Mais elle nous permet de se remémorer les beaux souvenirs de nos vacances (il faut lui bien lui trouver des points positifs). Alors pour accompagner ces souvenirs, nous vous proposons quelques musiques de voyage dans la #playlist de septembre : Sur la route. Montons dans le van et laissons-nous porter sur le macadam.

Bonne écoute !

Carine

Guts, du rap français de bonne facture!


Hé oui cher Laurent, une fois n’est pas coutume, je m’aventure hors des sentiers du jazz, du rock, pour chroniquer un disque de Rap/ Hip-Hop!…. Bon, passé ce clin d’œil à mon acolyte blogueur, je me lance.

Ceux qui étaient à la salle Jacques Brel en décembre 2016 pour venir notamment y applaudir le gang funky Electro Deluxe, ont eu le plaisir de découvrir le rappeur Guts, accompagné de son Live Band, au sein duquel figurait Beat Assailant et la talentueuse Mary May. La soirée, ouverte par le trio Dani Terreur, vainqueur du Tremplin Jeunes Aventuriers, avait été aussi chaude que réussie, tant le public était nombreux et heureux de pouvoir festoyer en ce frais mois de Décembre.

A cette occasion, Guts et ses complices avaient présentés des titres figurant sur l’album « Stop the Violence« , qui s’ouvre d’ailleurs avec le titre éponyme chanté par le rappeur américain Beat Assaillant. Ce titre est un véritable plaidoyer pour la paix, un appel à la tolérance, au respect entre les gens. L’album est coupé en deux parties, d’abord les 5 titres (!:-() du combo, et par la suite les versions instrumentales de ces mêmes morceaux…. Ca me semble un peu trop … PEU!

« Pick me up », est un morceau qui mélange les voix masculines et féminines, de Wolfgang et Mary May, des boucles de synthés, de la rythmique parfois proche du reggae-ragga… c’est dansant et frais! « Everybody wants to be a star », est une plongée dans le rétroviseur, époque 80’s,  cheveux gominés, vêtements flashy, avec ces nappes de synthés qui font passer ce morceau pour une aimable bluette, sur des rythmes résolument disco, sur lesquels (n’est-ce pas Laurent?!:-) ) il était possible d’enflammer le dancefloor, dans les discothèques de Paris et d’ailleurs! « Ain’t  perfect », duo vocal entre Beat Assaillant et Mary May (au chant parfois très jazzy), est un morceau tout en douceur! Enfin le final « Drummer’s delight » est un morceau laissant la place aux rythmes issus de batteries, percussions, sur lesquels les voix de Beat Assaillant en lead secondé par Mary May et Wolfgang, viennent se poser.

« Stop the violence » est un bon album, rempli de fraicheur et de bonnes idées de compositions. A découvrir.

Guillaume.