Archives de Catégorie: Chroniques

Sur la planète Tattooin.


Tattooin. Ce nom, pour les amateurs de science-fiction et de sagas intergalactiques, évoquera la planète rebelle dans Star Wars. Mais loin, à des années lumières (oui je sais c’était facile, mais franchement, je pouvais pas résister), de cela, je veux parler ici d’un lieu, La Jarry, situé au 104 de la rue du même nom, à la frontière de Vincennes et Fontenay-sous-Bois. Avec le temps comme dirait Léo Ferré, tout s’en va… laissé à l’abandon.

Studio Tattooin Beat, structure hébergée à cet endroit, autrefois (je vous parle ici des années 70 et 80) friche industrielle, puis parkings étalés sur 5 étages, est un studio d’enregistrement certes rudimentaire (je peux en témoigner l’ayant visité), mais bénéficiant de matériel de qualité, y a donc pris ses quartiers. Peu à peu, sur presque 2 ans, ce lieu particulier a été squatté par de jeunes artistes, peintres, sculpteurs, musiciens, jeunes producteurs en herbe tels que Enzo Petit, Emile Boudghene, Arthur Chique. Une année riche d’installation clandestine, mais qui a débouché sur des projets artistiques (expos de peintures, enregistrements de disques, collaborations avec Musique au Comptoir, avec le Studio « Art & Fact ».

Depuis quelques semaines, le lieu est désormais vide, silencieux, prêt à être transformé au gré d’une opération immobilière dans ce quartier calme de Vincennes. Avant de quitter les lieux et comme pour marquer leur passage, garder une trace, Enzo et ses acolytes ont enregistrés, mixés différents artistes, évoluant  pour la plupart dans la sphère rock-reggae-dub-rap. Le résultat s’appelle « Tattooin Tape, vol.1« . https://www.facebook.com/Studio.Tattooinbeat/photos/pb.389441234512455.-2207520000.1507875108./1384469535009615/?type=3

Alors qu’en est-il de ce disque?

En ouverture, une ambiance hispano, dansante, sur laquelle viens se poser la voix et le flow  de Lord Esperanza et Shaby… cuivres, piano, voix, ça sent l’été, la plage, c’est entrainant. S’ensuit Dji Oto, Milouch & Chetif qui nous proposent un rap à 3 voix, sans faille. Des flûtes en arrière plan sonore, sur un beat bien maitrisé. Propre. Milouch, cette fois en solo, nous offre une « dernière cigarette ».

La suite, de « Kiddo »proposé par Jackman, jusqu’au final « Mental » est une  jolie promenade sonore et rythmique, à base d’électro, de rap de plus ou moins bon goût ( écoutez la différence entre Awaks et Tina Mweni), la funk très « club » de Madmonk avec le morceau « Purple Clouds ». Pour clore cette promenade sur la planète Tattoin, 2 morceaux ambiancés électro, légèrement planants… très agréables.

Ce disque éclectique marqué du sceau du talent et ouvrant à des horizons sonores inattendus est un joli petit écrin dans lequel des artistes talentueux et peu encore connus du grand public viennent s’exprimer.

A découvrir.

 

Guillaume.

 

 

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L’été musical de Kanye West.



Il l’avait promis et il l’a fait! Je vais pas perdre du temps sur ses déclarations scandaleuses ni ses prises de positions, ce blog n’a pas vocation à ça, mais je vais parler musique, là où Kanye West aurait dû rester, parce que c’est là qu’il est bon… parfois.
Quoi qu’il en soit, West avait dit qu’il allait produire cinq albums et les sortir au rythme de un par semaine, soit chaque vendredi entre fin Mai et fin Juin, perso, j’en doutais un peu, le type n’est pas hyper carré sur ses dates de sorties habituellement, mais cette fois-ci, il a géré un sans fautes et la prise de risque était maximum avec des artistes de haute volée dans les studios, au programme: Pusha T, Nas, Teyana Taylor, Kid Cudi et Kanye himself!!!
Voici une petite revue d’effectif rapide avec pour tous les disques, un format de sept titres, ce qui est honnêtement l’un des coups de maître de cette série, ça évite clairement les temps morts.

Pusha T avec “Daytona”
J’ai choisi de les prendre par ordre de sortie parce que sans ça, je l’aurais gardé pour la fin, car, clairement, c’est le meilleur opus des cinq! L’album était attendu depuis un long moment par la communauté hip hop et Push a su être à la hauteur de celle-ci, je ne peux rien enlever des ces sept titres. La prod de Kanye est au top avec des instrus comme ils savaient en produire à sa grande époque, plus orienté Soul qu’Electro et clairement, quand il revient à ce qu’il connaît le mieux, il est au sommet. Pusha T quant à lui détruit les beats un à un, que ce soit sur l’ouverture plutôt cool “If you know you know” ou sur le très dark “Santeria”, Push est égal à lui-même, son flow est passe partout et ici, c’est une vraie réussite! A noté le “Hard piano” avec Rick Ross en featuring, excellent aussi, bref, je valide à 200%.

Kanye West avec “Ye”
Voilà donc le disque qui sert plus ou moins de lettre ouverte pour expliquer les récents dérapages de West, d’abord la couv’ qui confirme sa bipolarité (qu’il considère selon ses dires comme un super pouvoir, mouais…), il parle aussi de ses problèmes d’addiction, ses brouilles avec Jay-Z, de sa famille, miss Kardashian comprise bien sûr, bref Kanye s’ouvre à son public après l’avoir tant choqué et perdu nombre de fans. Cela-dit, musicalement, c’est, selon moi le projet le plus abouti de l’enfant de Chicago depuis bien longtemps, pendant ces 25 minutes, il abandonne un peu ses expériences musicales et c’est tant mieux, on retrouve un peu de l’artiste qui faisait sensation avec son “College dropout”. Ici “No mistakes” avec le toujours génial Charlie Wilson et Kid Cudi et “Ghost town” ou Ye se permet des vocalises sont mes coups de coeur du disque.

Kanye et Kid Cudi avec “Kid see ghost”
Là, déjà je suis moins convaincu, même si le duo fonctionne plutôt bien et que j’ai eu une grosse période Kid Cudi avec ces “Man on the moon”, je trouve qu’il manque quelque chose à ce projet et c’est le cas aussi sur le disque dont je parlerais ensuite, je trouve le mix un peu léger, on a l’impression que le disque sort mais qu’il n’est pas finalisé. Alors qui suis-je, me direz-vous pour juger de la qualité de mixage d’un album comme celui-ci? Et bien je me permets de le faire car je trouve qu’un producteur aussi talentueux que Kanye ne devrait pas se la jouer aussi facile, parfois les voix semblent trop fortes, parfois c’est le beat, je sais pas, quelque chose cloche dans mon oreille! Malgré tout, le disque reste correct et nous offre quelque bons moments, notamment avec le morceau “Reborn” où Cudi semble le plus à son aise, mais aussi le featuring avec Yasiin Bey alias Mos Def sur “Kids see Ghosts”.

Nas avec “Nasir”
Pour cette quatrième sortie de la série, la pression était d’un tout autre niveau, puisqu’il s’agit de la légende du Queens, Nasty Nas himself!!! Six ans qu’on attendait un disque d’Esco, alors clairement, il ne fallait pas se rater sur ces sept titres! Et le sentiment est … mitigé!!! Comme pour Kids see Ghosts, je trouve qu’il y a parfois un sentiment de bâclé mais à contrario, ici, on retrouve aussi l’excellence de Nas, “Not for radio” et “Adam and Eve” sont tout simplement géniaux, “Everything” vraiment pas mal aussi, Nas nous expose sa vision du monde actuel et ce qu’il aimerait y changer, un brin utopiste, mais intéressant. Le tour de maître du disque, c’est sans doute “Cops shot the kid” où Kanye a concocté tout une instru autour d’un scratch de Slick Rick (idole de Nas), c’est hyper rythmé, le texte est tendu, on y parle des violences policières et West y va même de son couplet, c’est pas mon morceau favori mais c’est super bien bossé!!! Après, le reste de “Nasir” est très très en dessous, “Bonjour” semble être du remplissage et sur un sept titres, c’est juste pas possible! “White label” et “Simple things” pas vraiment plus passionnants, c’est correct, on va pas se mentir, mais on attend plus d’Esco, surtout sur un format aussi compact! Donc on alterne le très fort et le moyen, après six ans, je me permets d’être quand même un peu déçu.

Teyana Taylor avec “KTSE”
Dernier projet de la série et c’est un projet un peu à part, puisque c’est le seul disque R’N’B parmi les cinq, alors, ce n’est pas un problème parce que West est un producteur aux multiples talents et que les instrus qu’ils proposent ne se limitent pas au rap, loin de là. Teyana Taylor aussi, était attendu, tant son premier disque avait fait sensation et on peut dire qu’elle maîtrise son sujet cette fois encore, l’album est posé, la voix de Teyana envoûtante, des tracks sexys comme “Hurry” ou Kanye fait son apparition comme sur les cinq disques de la série où ceux plus Soul comme “Rose in Harlem” ou “Gonna love me”, la jeune New Yorkaise assure et je dirais qu’elle conclut cet été musical estampillé GOOD MUSIC de belle manière.
Laurent

Chez les Marsalis, le jazz est une affaire de famille.


La musique est parfois une affaire de famille : Pour les mélomanes de musique classique, je nommerai Léopold et Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Sébastian Bach et ses deux fils Carl Philipp Emmanuel et Johann Christian, Richard Strauss, Johann Strauss (père et fils), qui en sont de célèbres exemples.

Dans l’histoire du rock là aussi les exemples ne manquent pas : John et Julian Lennon, Ike and Tina Turner, Les Jackson Five, Eddie et Alex Van Halen (Van Halen), Michael et Rudolph Schenker (Scorpions, MSG), Steve et Mike Porcaro (Toto), Janet Jackson, Whitney Houston (nièce de Dionne Warwick). En chanson française, la lignée Gainsbourg-Birkin avec Charlotte, sa sœur Lou (également actrice et réalisatrice). Serge et Nicolas Reggiani, Jacques Higelin, sa fille Zia et son fils Arthur H. Louis Chédid et ses 4 enfants de la balle, Mathieu, Joseph, Anna et Emilie. Véronique Sanson et Christopher Stills (fils de Stephen Stills, du groupe Crosby Stills Nash ans Young).

Le Jazz n’échappe pas à cette « règle ». Il y a en effet des familles qui ont marqué ce genre musical de leur empreinte : le bluesman Muddy Waters et son fils Bill Boy Morganfield, le violoniste Didier Lockwood et son frère pianiste Francis, Michel Petrucciani et son frère guitariste Tony, la chanteuse-pianiste Nina Simone et sa fille également chanteuse Lisa, Maceo Parker (saxophiniste) et son rappeur de fils Corey, Boulou et Elios Ferré, la chanteuse Dee Dee Bridgewater et sa fille China Moses, et je pourrais ajouter Johnny et Shemekia Copeland (blues), Luther et Bernard Allison (blues), Jimmie et Stevie Ray Vaughan (blues), Edgar et Johnny Winter(rock, blues-rock)…. Vous le constatez,  les exemples sont nombreux !

La famille, et non pas la Famille (avec un grand F, cela renvoie à Famiglia, terme désignant les mafias italiennes et italo-américaines), donc la famille que je vais évoquer aujourd’hui est celle des Marsalis : Ellis Jr., le patriarche (83 ans, pianiste), Branford (57 ans, saxophoniste), Wynton (56 ans, trompette, cornet), Delfayo (52 ans, trombone, producteur), Jason (41 ans, batteur, percussionniste). 2 disques témoignent de l’amour pour jazz profondément ancré au sein de cette lignée. Il s’agit de « A jazz celebration »(2003) sorti sur le label… Marsalis Music fondé en 2002 par Branford Marsalis (on n’est jamais si bien servi que par soi-même), et « Music Redeems » (2010), qui relate un enregistrement en public lors d’une soirée dédiée au Ellis Marsalis Center for Music. L’occasion nous est ici donnée de suivre ces musiciens dans un voyage musical qui mêle tradition, jazz classique, et standards. Un petit bonheur à savourer. L’auditeur a parfois le sentiment d’entendre, d’écouter, au delà de la musique, un dialogue intergénérationnel qui serait codé dont seuls le quintet Marsalis possède la clé. Une façon de prolonger ce lien fort qui les unis, réunis. L’Histoire d’un pays, d’une musique, leur histoire personnelle et collective sur ce sol qui les a vus naître et grandir, devenir des figures emblématiques de la communauté noire américaine dont ils sont issus.



 

 

 

Vous le voyez, que ce soit par le biais de la musique en menant des projets, par l’investissement personnel ou collectif dans des institutions liées à l’éducation musicale, au développement de l’être humain, à l’histoire et la mémoire d’une musique, ou dans le cadre de leurs activités et carrières personnelles respectives, les membres de la famille Marsalis se montrent mobilisés, présents. Aussi quand parfois le temps leur est donné de se réunir pour jouer ensemble, cela donne de jolis moments de partage. L’auditeur s’en trouve privilégié, le sentiment prédominant d’assister à un conseil de famille en musique assez jubilatoire. Au de là de l’évidente connivence qui les relie, c’est le plaisir simple du jeu qui se manifeste. Pour avoir eu l’occasion d’assister à des concerts de Wynton Marsalis dans différentes formules (direction d’orchestre, quartet, quintet) à Marciac à plusieurs reprises ainsi qu’à certains donnés par son frère Branford, en formule quartet, j’ai pu mesurer combien ces valeurs de transmission, de plaisir, d’amour de la musique sont encrées en eux. Malheureusement donc, pour moi, pour nous, le clan Marsalis au complet n’est jamais venu en Europe se produire. L’histoire de Police refermée non sans quelques fracas, Sting engagea Wynton et Branford pour l’enregistrement du sublime album « Englishman in New York » (1987), premier album solo du bassiste blond après la séparation policière. Je fus témoin de leur présence au sein du quintet qui accompagna Sting lors du concert donné à Bercy en 1988. Un régal de voir ces jazzmen aux côtés de Sting.

Alors si un jour prochain, sur Paris ou en province à l’occasion d’un festival de jazz, vous apercevez le nom de Marsalis sur l’affiche (en l’occurrence Branford et Wynton, qui tournent très régulièrement en Europe), n’attendez plus, foncez les voir, car vous aurez l’assurance de passer une très très belle soirée avec des musiciens de haut vol et généreux dans l’âme.

Guillaume.

 

 

Les Soulections #14 : India Arie


Voilà une artiste aux multiples talents, India Arie, virtuose de la guitare, elle joue également de la flûte, du piano et elle est aussi actrice à ses heures perdues, qui dit mieux? Tout ça enrobé d’une voix de miel, la chanteuse née à Denver a t-elle des défauts artistiques? Je ne crois pas… Alors oui, elle est un peu en décalage avec le reste de l’industrie musicale R’n’B, mais peut-on lui en vouloir?

Parfois plus proche de l’univers Jazz, elle a sans doute manqué quelques récompenses pour son travail, mais a quand même réussi à glaner 4 Grammys dont celui du meilleur album R’n’B pour “Voyage to India”.

Ce que j’aime chez elle, c’est la constance dans sa musique, la douceur de sa voix et ses mélodies envoûtantes, c’est typiquement le genre d’artiste que je peux écouter pendant des heures sans me lasser, j’adore mettre ses disques pour ambiancer un dîner, sa musique est très emprunt de soul mais c’est aussi très bien pour les ambiances plus lounge.

Moi je l’ai découvert avec “Video” qui partageait la même mélodie que le “Put it in your mouth” d’Akinyele, bien moins romantique, je vous l’accorde, mais les deux morceaux sont bons, chacun dans leur registre. Quoi qu’il en soit, en 2001, pleine explosion des Destiny’s child et du R’nB sexy, mon oreille a été chatouillée par cette artiste et sa chanson qui revendiquait toutes les valeurs contraires aux codes du R’n’B féminin de l’époque, elle nous dit qu’elle s’aime telle qu’elle est, pas attirée par l’appel du bistouri, une belle femme, naturelle et qui ne répond pas aux standards des clips, mais qui s’en moque, en somme, elle portait le message qu’une Alicia Keys reprend aujourd’hui (je vous en parlais dans la chronique de son dernier disque), simplement 15 ans avant…

Du coup, je me suis intéressé de plus près à cette “originale” et j’ai jamais décroché, tout au long de ces sept disques, elle a bercé mes soirées avec des titres comme “The truth” ou “Brown skin” jusqu’au formidable “Breathe” inspiré de l’histoire tragique d’Eric Garner, ce New Yorkais de 44 ans, décédé aux suites d’un étranglement lors d’un contrôle d’identité, ce morceau deviendra l’un des morceaux forts qui viennent automatiquement à l’esprit quand on parle du mouvement “Black lives matter”.

J’espère vraiment vous avoir donné envie de découvrir cette artiste encore trop méconnue en France et si ce n’est pas le cas, je suis sûr que la playlist  ci dessous fera le boulot.

 

Laurent

 

Wynton Marsalis, du jazz à la musique classique.


 A 57 ans, dont plus de 40 ans de carrière, Wynton Marsalis musicien multicartes issu d’une famille nombreuse dédiée à la musique jazz ( j’y reviendrai dans un prochain article), est avant tout connu dans le monde entier pour ses talents de trompettiste hors pair, de compositeur et chef d’orchestre de jazz.

En France, il est devenu une véritable référence, une icône, depuis son premier passage au Festival de Jazz de Marciac, dont il est devenu le parrain en 1991. S’y investissant depuis chaque année, il revient et travaille avec les écoles de jazz du coin, en plus des programmes qu’il présente avec un bonheur toujours égal au public qui vient le voir. Il a pour cela gagné le droit d’avoir une statue à son effigie au centre d’une cour d’école de Marciac. Tout un symbole! Homme très occupé, Il est par ailleurs directeur général et artistique de la grande institution américaine de musique qu’est le Jazz at Lincoln Center de New-York.

Mais c’est du compositeur de  musique classique que j’ai décidé de vous parler. Car c’est un aspect méconnu de sa carrière, comme c’est le cas pour le performer vocal Bobby Mac Ferrin. Les musiciens de jazz ont très souvent été influencé par la musique classique (tout comme la musique classique s’est parfois inspiré du jazz, mais nous en reparlerons), pour ensuite s’en inspiré dans la composition de leur œuvre. Les plus marquants sont Duke Ellington, Thelonious Monk, Oscar Peterson, Keith Jarrett, Miles Davis, Nina Simone, ou encore Leonard Bernstein et Chick Corea. Wynton Marsalis donc s’inscrit dans cette lignée.

Dès l’âge de 14 ans, il joue le concerto pour trompette de Haydn, accomagné par le New Orleans symphony orchestra. A 18 ans, bien lancé, le talenteux jeune homme rejoint Art Blakey et ses Jazz Messengers, au seuil des années 80. Il joue ensuite avec Sarah Vaughan, Dizzie Gillespie, Sonny Rollins. De jolis parrains et partenaires de musique. Mais Wynton Marsalis ne contente pas seulement d’être un musicien talentueux capable de s’adapter avec bonheur à différents styles musicaux comme, hormis le classique donc, la country-blues (voir album « Two men with the blues » avec Willie Nelson), le blues encore, avec Eric Clapton, sur le superbe « Wynton Marsalis and Eric Clapton plays the Blues ».

Passionné par les compositeurs de musique classique que sont Johann Sébastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Joseph Haydn et quelques autres, il n’hésite alors pas à se lancer dans l’enregistrement d’œuvres classiques. L’alternance entre ses activités liées au jazz et à la musique classique est dès lors effective. En 1983, à 20 ans, il rentre en studio pour enregistrer les concertos pour trompette de Joseph Haydn, Johann Nepomuk Hummel, et Leopold Mozart. En 1997, signe ultime de la reconnaissance de son talent multiforme, Wynton Marsalis reçoit le prix Pullitzer de la musique pour son œuvre « Blood on the fields », un oratorio de jazz.

Si le musicien est très talentueux, Il accorde aussi une très grande importance à l’enseignement, la transmission, l’éducation de l’être humain par la musique. C’est pour cela qu’il mène de front plusieurs carrières, toutes liées à la musique, à l’Humain. : S’il a dirigé le Jazz Lincoln Center de New-York, il est également directeur en charge du Département Jazz de la Juillard School de New-York. Partout où il rend, Marsalis se fait passeur de savoir, transmetteur de mémoire, d’une histoire commune, celle de la musique, comme lien unique et universel entre les hommes. Un pèlerin qui ne baisse jamais les bras.

En tant que compositeur et / ou un interprète du répertoire classique, il a  établi un spectre très large, jugez plutôt : le fameux « Three Favorite concertos », avec le violoncelliste Yo-Yo Ma notamment, en 1984 ; le registre baroque et des compositeurs tels Henry Purcell, Georges Telemann, Johann Pachelbel, abordés lors d’enregistrements en 1984 et 1988 ou plus près de nous, en 2016 « The Abyssinian Mass » de Wolfgang Amadeus Mozart, enregistré avec la chorale Le Château. La musique de chambre et la musique symphonique ne sont pas en reste avec respectivement « Ghost Storry, ballet » qui date de 1998, ou « the Fiddler and dancin’ witch », pour orchestre à cordes, en 1999. Côté symphonique, il s’offre l’écriture d’une trilogie : « All rise, symphonie n01 », pour orchestre de jazz et chœur et orchestre symphonique ; « Blue Symphony, n°2 » et « Swing symphony, n°3 ».

Vous le constatez, Wynton Marsalis tisse avec patience et persévérance, une œuvre musicale immense, riche, variée, au sein de laquelle il se promène et donne à ses interlocuteurs comme à ses auditeurs un plaisir sans cesse renouvelé de le côtoyer comme de le voir évoluer, diriger ou juste se fondre dans un collectif pour mieux servir une musique.

Wynton Marsalis est pour moi l’un des grands noms du jazz des 40 dernières années et son œuvre n’est pas terminée… loin de là!

Guillaume.

 

 

1 an en musique : 1983


Aie aie aie!!! Très très dur de faire des choix en cette année 1983, je crois que jusque là, c’est celle qui a été la plus compliqué à composer, pardonnez-moi si votre chanson favorite n’a pas fait le cut… allez DJ, Rewiiiiiiiiind!!!

Rien à faire, ce gif m’éclate toujours!!! Nous voici donc en 1983 et comme je vous le disais en préambule, c’est une énorme année en terme de sorties musicales, notamment l’incontournable “Billie Jean” du “King of pop” Michael Jackson himself!!! L’un des titres les plus fort de l’un des albums les plus incroyables de tous les temps, “Thriller”, vous vous rappelez, Michael qui en marchant, illumine le sol? Les débuts du fameux moonwalk, ah la la, rien que d’en parler j’ai des frissons!

Mais ce n’est pas tout, une autre immense star de la pop explose aux yeux du monde cette année-là, Louise Ciccone, alias Madonna! Vous voyez, je vous racontais pas de bêtises, 1983 était chargée musicalement et c’est pas fini!!! Pour la Madone, j’ai choisi le titre “Holiday” issu de son premier album éponyme, la chanson est fraîche, Madonna n’est pas encore l’icône sexy qu’elle s’apprête à devenir et ça fonctionne tout aussi bien à mon avis.

Hormis les deux plus grandes stars de l’histoire de la pop, le reste de la liste à également du talent à faire valoir, vous retrouverez notamment l’un des plus beaux morceaux de U2 avec “Sunday bloody sunday” en hommage aux 14 personnes décédées durant la marche pour les droits civiques en Irlande du nord, Bono et son groupe ont écrit un morceau intemporel qui résonne encore aujourd’hui dans notre actualité. Plus léger, mais pas moins talentueux, Eurythmics et son “Sweet dreams” ou Annie Lennox nous éclabousse de son talent, d’ailleurs je vous en reparlerais plus longuement dans un Sample Rendez-vous à venir…

Plus festif encore, l’inoubliable “Reggae night” de Jimmy Cliff, dans le genre chanson qui donne la pêche, ça le fait non?

Je continue aussi dans la douce insertion du rap dans le monde de la musique et après Blondie et son “Rapture” en 1983, c’est un autre géant de la musique qui donne un coup de pouce au hip hop, MONSIEUR Herbie Hancock avec “Rock it”. Je vous parlais de MJ plus haut, on retrouve aussi le groupe qui a été considéré comme la relève des Jackson 5, les New Edition et leur “Candy girl” dont je vous ai déjà parlé.

Plutôt pas mal non? Je vais vous laisser découvrir le reste de la liste que j’ai découpé au laser, croyez-moi, j’ai eu des choix cornéliens à faire et je vous laisse choisir selon vous lequel de ces douze morceaux est mon inavouable…

Je serais aussi curieux de savoir quel morceau vous auriez choisi, savoir si ils faisaient parti de ma liste de départ, en attendant retour en 2018…

Laurent

Trust, la colère dans le sang.


Le duo Bernie / Nono est de retour! Pardon je veux dire le groupe Trust! Après une reformation voilà près de 2 ans suivie d’une tournée triomphale auprès d’un public impatient de retrouver ce groupe et son duo charismatique, accompagnés de comparses dont Bernie lui-même dit qu’ils sont enfin « les membres parfaits du groupe, chacun étant à sa réelle place » (cette remarque fera plaisir à n’en pas douter aux prédécesseurs passés au sein de ce groupe mythique). Ce groupe a toujours eu une histoire mouvementée. Sur la dernière décade, annoncé au HellFest en 2011, le groupe annule sa venue et se met en retrait de la scène pour une durée indéterminée.

Le retour sera pour 2016, année des 40 ans d’existence de Trust. Participant à l’affiche 2017 du festival précité, ils partageront l’affiche avec Aerosmith , Deep Purple entre autres. Un album live sobrement nommé « Live Hellfest 2017 » sera enregistré à l’occasion et sortira quelques temps plus tard. En 2018, forts de ce renouveau et épaulés par une nouvelle triplette de musiciens (David Jacob, basse ; Izo Diop, guitare ; Christian Dupuy, batterie), Nono et Bernie sortent « Dans le même sang« , enregistré en prise live, façon de garder l’énergie des concerts, le tout mixé par Mick Fraser, collaborateur d’Aerosmith ou ACDC. Un album plein de rage et d’énergie servie par l’écriture ciselée comme une lame de couteau de Bernie Bonvoisin.

Le chanteur n’en oublie jamais et l’on ne s’en plaindra pas ici, qu’il est avant toute chose un homme et un citoyen qui porte un regard sur l’époque dans laquelle il vit, le monde qui l’entoure. A bientôt 62 ans (il les aura le 9 juillet prochain) il a toujours besoin de crier ses révoltes, de dénoncer ce monde qui parfois le dérange. Ayant une plume ciselée, il lui arrive de les écrire parfois, comme c’est le cas dans son dernier livre « La danse du Chagrin » sorti aux éditions Don Quichotte en mai dernier (le thème du livre est sur les migrants, les camps dans lesquels notamment sont enfermés femmes, enfants, au Liban et en Syrie). Sa plume est à la mesure de sa voix, toujours aussi forte et virulente, rugueuse, le bonhomme ruant sans sourciller dans les barricades établies, dans les codes en vigueur, contre la pensée unique et policée omniprésente en ce début de 21ème siècle. L’homme est en colère. Le chanteur le fait savoir.

Bernie Bonvoisin le reconnait lui-même, son « sac à colères » est toujours bien rempli. A 4 décennies de distance il écharpe toujours les politiques, les décideurs, les faiseurs de guerre. La voix, toujours aussi puissante, comme aux premiers lueurs du groupe à la fin des années 70’s. Les titres des morceaux sonnent comme des coups de poings : « Ni Dieu ni maître », « Démocrassie », « Le gouvernement comme il respire », « Dans le même sang », « F-Haine »…

A ses côtés, l’éternel « Nono », Norbert Krief, aiguise sa 6-cordes de son talent, épaulé par les 3 nouveaux venus cités plus hauts. Le tout donne un groupe très soudé, une vraie machine de guerre musicale. Le son de l’album, énorme, donne une idée de ce que cela rendra sur scène lors de la tournée des festivals d’été. Du lourd!!!

Oui Trust est bel et bien de retour, à priori pour un bon moment! Cela devrait ravir les amoureux fidèles du groupe depuis son origine. Celles et ceux qui auraient pris l’histoire en route trouveront là une très bonne cuvée délivrée par le quintet français.

Guillaume.

 

I’m dying up here, tout sauf une mauvaise blague!!!


Alors, celle-là, c’est la série surprise de l’année pour moi, je m’attendais vraiment pas à accrocher autant cette petite troupe d’inconnus qui se risquent à monter sur scène pour faire rire un public pas toujours des plus sympas.

Au moment ou j’écris, je n’ai pas encore vu la deuxième saison, mais je peux déjà vous dire que la première est vraiment de qualité. A la production, nous retrouvons un petit “novice” en matière de comédie, à savoir Jim Carrey, ce qui est déjà un premier gage de qualité, non?

Dans IDUH, vous suivrez la troupe de Goldie, gérante d’un établissement où des jeunes comédiens, viennent s’essayer à l’exercice périlleux du stand up, bien connu en France aujourd’hui avec le Jamel Comedy Club, qui a lancé la majeure partie de la jeune génération de comiques Français. L’histoire se déroule dans les années 70 et à l’époque, le graal, c’est de passer dans le fameux “Tonight show”, présenté par Johnny Carson. Pour se faire, les comédiens doivent faire leurs armes chez Goldie, incarnée par la formidable Melissa Léo (vue dans Treme), seule véritable tête d’affiche de la série. Pour incarner les comédiens, vous retrouverez quand même quelques visages connus des amateurs de séries, comme Ari Graynor, qui joue Cassie, une jeune femme à l’humour corrosif, sorte de Blanche Gardin avant l’heure, qui s’emploie à pousser les portes du showbiz, pas encore prêt à accueillir des femmes avec une telle répartie sur le devant de la scène. Il y a également Michael Angarano (vu dans l’excellent “The Knick”), dans le rôle d’Eddie, un jeune comique qui débarque à L.A avec son acolyte Ron, dans l’espoir de percer dans la cité des anges, ils forment un duo à mourir de rire, vous penserez à moi pendant la scène des crevettes sauce piquante. Ca, c’est pour les visages les plus connus, mais IDUH m’a permis de découvrir des acteurs vraiment touchants et talentueux comme celui qui joue Adam, Ralph ou Brandon Ford Green, qui rentre dans les pompes de l’une des références de l’époque Richard Pryor. Il faut comprendre, que la série est bien plus qu’une comédie, on vit avec les humoristes, leurs moments de gloire, comme les passages les plus difficiles, la route vers Hollywood et le canapé de Carson est longue et chaotique.

Va-t’on parler musique me direz-vous? Oui et maintenant même!!! Car la B.O a la part belle dans IDUH, elle aide à retranscrire l’atmosphère des seventies. Empreinte de Soul et de Rock, un peu à la manière de The Deuce, dont je vous avais parlé il y a quelque temps, elle est aussi importante que les costumes et les décors qui sont eux aussi, très réussis.

Au programme, vous retrouverez quelques standards, mais pour ma part, ça a vraiment été l’occasion de découvrir pas mal de chansons et de groupes tel que Les Soulsations, Lynn Castle ou Python Lee Jackson. Après, pour ce qui est des plus connus, ça va de David Bowie aux Isley Brothers en passant par Donny Hathaway ou Iggy Pop. Ca y est ça vous donne envie? Pas encore? Alors, je vous propose de jeter un oeil à la bande annonce et à la playlist ci-dessous.

 

Laurent

Les Moody Blues perdent leur voix…


« Nights in white satin« …. ce titre évoquera sans doute de jolis souvenirs à celles et ceux qui ont découvert ce titre des Moody Blues, groupe anglais de rock progressif, en 1967 sur l’album « Days of future passed ».  Son chanteur Ray Thomas (photo) est à son tour parti rejoindre les étoiles. Sale période. Membre fondateur et chanteur de ce groupe anglais, il joue également de la flûte, de l’harmonica, du hautbois ainsi que du saxophone. Eclectique donc. Le nom du groupe Moody Blues est un clin d’œil au titre du jazzman Duke Ellington « Mood Indigo ».

A côté de son rôle de leader  de groupe, Ray Thomas trouvera dans les années 70 le temps de concocter 2 albums solo, « From mighty oaks » (1975) et « Hopes wishes and dreams » (1976). Auteur-compositeur, il a écrit pas moins de 15 titres qui marquent la discographie du groupe de 1967 à 1999, comme : « The morning, another morning », « Twilight time », « Dr. Livingstone I presume », « Legend of a mind », « And the Tide rushes in »….. etc…. Néanmoins, son rôle d’abord très influent au sein du groupe et des compositions musicales va se détériorer petit à petit au point que à partir des années 80, il n’apparait plus sur les disques du groupe, même s’il en est toujours membre!

Aux origines, sur la période 1964-1966, le groupe anglais s’était cantonné à reprendre des standards du rythm and blues, du blues, tel que celui  » I don’t want to go on without you ». Bientôt l’incertitude du succès aux Etats-Unis et Europe, la fatigue accumulée des tournées, auront raisons de quelques membres du groupe, qui s’infligera une pause. A la reprise, en 1967 (Une excellent année! 🙂 ), le groupe décide de ne plus faire de reprises de Rythm and Blues, mais de jouer uniquement leurs propres compositions. Mike Pinder y introduit le Mellotron, nouvel instrument qui fera régulièrement son apparition dans la musique du groupe. Les musiciens décident alors de mélanger les influences de la musique classique et du rock, ce qui se remarque sur le titre « Nights in white satin ».
Par la suite, de 1967 à 1972, sept albums verront le jour! Chacun ayant une ambiance musicale particulière. La créativité du groupe est à son sommet. « On Threshold of a dream » (1969) et « Question of Balance » rencontreront notamment un grand succès. Après une seconde pause en 1974, le groupe en 1978 mais la potion magique qui animait la créativité musicale du groupe n’est plus là! N’enregistrant plus rien entre 1991 et 1998, un dernier album sera publié en 1999 « Strange times ».  Aujourd’hui le groupe continue de tourner un peu partout dans le monde.

Guillaume.

 

 

New Edition, les héritiers New Jack des Jackson 5


Voilà une de ces soirées où vous ne savez pas quoi regarder à la télé et en zappant, je tombe sur BET et la, le choc!!! Je tombe sur une mini série en 3 parties, le biopic des New Edition, le groupe phare du R’n’B, ou plutôt de la New Jack des années 80. Si le nom ne vous dit rien, peut être que vous connaissez les chanteurs, un au moins, le seul et unique in/fameux Bobby Brown, a.k.a monsieur Whitney Houston. A l’origine de la formation avec ses deux copains d’enfance, Ronnie Devoe et Michael Bivins, ils seront bientôt rejoint par deux autres membres Ralph Tresvant et Ricky Bell.

J’y reviendrais, mais pour le moment, focus sur le biopic que BET nous a concocté. Servi par un casting quatre étoiles avec notamment Wood Harris, Avon Barksdale dans The wire, Michael Rappaport ou Lala Anthony vu dans Power, on y retrouve aussi Bryshere Y. Gray, Akeem d’Empire et mon petit coup de coeur, Caleb Mc Laughlin, l’excellent Lucas de Stranger Things et j’en passe, vous allez suivre l’histoire de ces jeunes enfants des cités de Boston devenus stars jusque dans les années 90.

Pour revenir au véritable groupe, je dis que c’est les dignes héritiers des Jackson 5, car c’est Brook Payne, oncle de Ronnie Devoe et manager du groupe à leurs débuts qui leur a donné ce nom des New Edition, car ils étaient, selon lui, la nouvelle version de la formation de MJ, version 80’s à Boston. En réalité, leur trajectoire me rappelle plus les Temptations, rythmée par les trahisons, les changements de casting dans le groupe etc…

L’histoire des New Edition est loin d’être un conte de fées, même si elle commence comme tel en se faisant repérer par Maurice Starr dans un concours de talents locaux, où ils ne gagnent pas, mais sont malgré tout signé sur le label de Starr ,qui va leur produire un album avec notamment le titre “Candy girl” qui va faire des cinq gamins, une sensation instantanée.

L’album est un succès, les enfants partent en tournée dans tout le pays et à leur retour, chaque famille recevra un chèque de 1,87 dollars!!! Que c’est beau l’industrie du disque des fois… Après multiples divergences avec Maurice Starr, le groupe va signer chez MCA, du moins c’est ce qu’ils pensent… Ils cartonnent de nouveau dans les charts avec leur 2ème disque et des hits comme “Cool it now” ou “Mr Telephone man”, n’étant pas beaucoup mieux rémunérés que chez Starr, ils commencent à se poser des questions et se rendent compte qu’ils se sont de nouveaux fait avoir et sont en réalité sur “Jump and Shoot” un petit label qui a lui même son contrat chez le géant MCA et qui s’en met plein les poches sur le dos des gamins.

Ces soucis de management ne sont pas les plus gros problèmes au sein du groupe. C’est la personnalité extravagante de Bobby Brown qui devient vraiment gênante en réalité, problèmes d’addictions, trop envie d’être la star, même si en réalité c’est Ralph Tresvant qui est le plus souvent le lead vocal, c’est Brown qui fait le show man lors des concerts au point d’agacer ses copains qui finiront par l’exclure de la formation après une bagarre sur scène avec Michael Bivins, qui mettra fin à une de leurs tournées.

Les New Edition continuent un peu à 4 pendant un temps, mais sont un peu moins populaires, c’est l’arrivée au sein du groupe de Johnny Gill, déjà un peu connu en solo, qui relance la formation, seulement, cette arrivée a été validée sans le consentement de Tresvant, les 3 autres membres craignant que celui-ci prenne son envol en solo comme Brown avant lui. Finalement tout rentre dans l’ordre et sous la coupe de Jimmy Jam et Terry Lewis, les producteurs historiques de Janet Jackson, le groupe sort le disque “N.E Heartbreak”, leur plus gros succès jusque là. Plus orienté vers un public adulte, l’album est porté par l’une des plus belles ballades de la décennie et l’une de mes préférées tout court, “Can you stand the rain”.

Le succès de l’album leur permet de partir de nouveau en tournée et cette fois, accompagné de Bobby Brown pour son disque “Don’t be cruel” et Al B. Sure, la tournée est un immense succès.

A la suite de ça, Jam et Lewis propose aux membres du groupe de s’autoriser des projets annexes, une façon édulcorée de séparer les New Edition sans perdre la fan base qu’ils ont créer à travers les années. Tresvant et Gill sortent chacun des disques solo et les trois derniers compères deviennent Bell Biv Devoe, un groupe à la croisée du rap et de la New Jack. Chacun de son côté a du succès et ça semble convenir à tout le monde, Bivins s’essaye même à la production et découvrira un certain nombre de talents, dont un petit quatuor de Philadelphie… les Boyz II men, qui ont choisi leur nom en hommage au morceau du même nom des New Edition.

Cela dit, l’attente des fans, en vue d’un album du groupe au complet se fait pressante et vu les problèmes d’argent auquel les chanteurs sont confrontés et comme ils sont toujours sous contrat, ils décident de repartir en studio, avec le retour de Bobby Brown et sortent “Home again”, partent de nouveau en tournée et là, tout s’effondre à nouveau, un soir où Brown pousse le bouchon sur scène, une bagarre éclate en plein concert, la tournée s’arrête et le groupe retombe un peu dans l’oubli jusqu’au début des années 2000 où un certain Puff Daddy leur propose de relancer l’aventure, tout le monde est partant, mais malgré l’enthousiasme, le disque “One love” ne connaît qu’un succès modeste.

Malgré toutes ces brouilles internes, les coups de folies de Brown, les disques solo etc… Les membres sont toujours restés amis et jusqu’à maintenant, continue de tourner et d’être suivis par les nostalgiques de l’époque.

En tout cas, pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir l’histoire de cette formation qui a inspiré toute une génération de chanteurs-euses, je ne saurais vous conseiller de sauter sur ce super biopic disponible sur BET, ça vaut vraiment le coup!!!

Walter Trout, le blues en bandoulière.


Walter Trout, à l’instar de Curtis Salgado, est un vétéran de la scène blues nord-américaine. Ce guitariste-chanteur-auteur a débuté dans les années 60 dans le New-Jersey ( terre chère à Bon Jovi et Bruce Springsteen), avant de s’envoler vers Los Angeles. Au début des années 70, il joue aux côtés  du bluesman John Lee Hooker, du pianiste-chanteur de blues Percy Mayfield et du chanteur-organiste de Soul music Deacon Jones.

Pour son nouvel album « We’re all in this together« , l’homme du New Jersey a fait appel à la crème des as de la 6-cordes. Jugez plutôt du Casting : John Mayall, vétéran du british blues (école par laquelle passèrent Jeff Beck, Mick Taylor, Mick Fleetwood, Peter Green, Eric Clapton….), Warren Haynes membre du Allman Brothers Band, mais aussi les solistes Joe Bonamassa, Robben Ford, Joe Louis Walker, Edgar Winter, frère cadet du regretté Johnny Winter, enfin le chanteur-harmoniciste de blues Charlie Musselwhite…! et un certain Jon Trout, qui n’est autre que le fils de Walter.

Le résultat? une joyeuse réunion de laquelle se dégage un plaisir et une énergie évidente dans la manière qu’on chacun des intervenants,  par leur styles propres, de traiter, honorer, partager, leur vision de la musique blues, et l’héritage qu’ils en ont reçu. Personne, ici, ne souhaite se montrer plus démonstratif que le voisin, là n’est pas le sujet. Tout est dans la notion de partage, sous le regard et la gouverne de Walter Trout, qui a rassemblé ces joyeux drilles. Oui du début à la fin, pour moi qui aime le blues, autant celui qui se veut épuré, simple, acoustique, que celui qui sonne gras, qui respire la difficulté de vie dans les Etats du sud des Etats-Unis, de Nashville à Bâton Rouge, de Chicago à Memphis, de Clarksdale à La Nouvelle-Orléans, ce disque est un plaisir de bout en bout. Il permet de découvrir des styles de jeu différents de la part des musiciens présents et c’est fort agréable.

« We’re all in this together » peut avoir selon moi, plusieurs sens : « Nous sommes tous là ensemble (pour jouer du blues) »… ou bien « Nous jouons tous ensemble avec grand plaisir ». En tous cas, le mien fut réel à écouter ce disque. Une cuvée de blues à consommer sans modération!!

Mes morceaux favoris : « Ain’t goin’ back » (avec Sonny Landreth), « Mr. Davis » (avec Robben Ford), « Crash and burn » (avec Joe Louis Walker), « Blues for Jimmy T. » (avec John Mayall).

Guillaume.

 

Profeys, dans la joie et la bonne humeur…



Comme je l’avais fait l’an dernier pour Bibo, je vais vous parler d’un artiste que vous ne trouverez pas dans les bacs de la médiathèque, mais que vous pourrez retrouver sur à peu près toutes les bonnes plateformes de streaming musical.
Il s’agit ici de Profeys, originaire de Dammarie Les Lys en Seine et marne, ce jeune homme d’une trentaine d’année nous propose un hip hop jazzy, qui à mon goût, manque un peu trop dans le paysage musical hexagonal, un peu dans le même style que le Toulousain cité plus haut, on retrouve cette musicalité qui mélange mes deux genres de prédilection, le rap et la soul.

Profeys, c’est une de ces découvertes par la magie de l’internet mondial (Scully si tu m’entends…), c’est aussi ça le bon côté des réseaux sociaux, des plateformes de streaming, on peut y découvrir des artistes talentueux, qui n’ont pas eu (encore) l’exposition qu’ils méritent. Profeys, c’est un rappeur à la cool, afro en l’air, la banane en permanence, un flow qui s’adapte à tout type de tempo, bref, le gars ne se prends pas la tête, il s’adapte…
Son univers musical est un peu semblable au mien, on sent l’influence du hip hop 90’s des Roots, des Fugees ou encore des groupes comme The Pharcyde et si je devais citer des exemples Français, je me tournerais vers Hocus Pocus, voilà pour vous situer un peu la gamme de Profeys.
Avec déjà 3 disques à son actif, en l’occurrence “Ville délavée”, “Moleskine” et le dernier en date “Strawberry hills”, Profeys nous propose un répertoire varié avec des morceaux up-tempo, festif comme “Friday night” qui reprend le beat de Biggie et son Juicy légendaire, mais aussi des tracks plus introspectifs comme “Inspiration” ou “Pauvre con” où l’artiste se permet des vocalises bien senties, j’aime aussi beaucoup les titres laid back comme “Flemme à la folie” ou “Sanctuaire” avec une atmosphère west coast et des lignes de basses bien funky, c’est vraiment un bon délire.
Pour finir, je vous donne mon gros gros coup de coeur sur “Strawberry Hills” avec “Portail vert”, ce sample très soul et le texte très mélancolique sur le passé de Profeys nous transporte derrière les portes de ce portail.
Alors voilà, j’espère avoir rendu hommage à ce jeune talent, qui, j’espère saura trouver sa place dans l’univers musical hexagonal, en attendant, à vos mp3 et retrouvez Profeys ici, Ichiooooouuuu!!!

Laurent

Il était une fois… 1973!


Année qui voit la création de l’Europe à 9 pays dès le mois de janvier. Qui sera marquée par des réélections de présidents africains, au Sénégal (Léopold Cédar-Senghor) et au Gabon (Ali Bongo) avec des scores dignes de dictatures, par le coup d’état militaire au Chili en septembre avec l’arrivée au pouvoir du général Pinochet, et le suicide du président Salvador Allende. En octobre, Henry Kissinger, diplomate américain, reçoit le prix Nobel de la Paix en duo avec le nord-vietnamien Le Duc Tho, qui lui le refusera. En France, le mois de mai est le théâtre d’une manifestation pour revendiquer le droit à l’avortement et à la contraception pour les femmes. Juin voit le début de la grève chez Lipp, août 80.000 personnes déferler sur le plateau du Larzac pour protester contre l’extension du camp militaire, septembre est l’occasion de l’inauguration à Paris de la Tour Montparnasse, enfin en octobre, le parlement français (Sénat et Assemblée nationale) décide de la réduction à 5 ans du mandat présidentiel.

Cette année-là voit naître le journal « Libération » dont le premier numéro paraîtra le 18 avril 1973. Côté artistique, et d’abord au cinéma, si Brigitte Bardot annonce qu’elle arrête sa carrière de comédienne, il faut noter la sortie de films importants tels que : « Etat de siège » de Costa Gavras, « La grande bouffe » de Marco Ferreri, « L’emmerdeur », de Edouard Molinaro avec Lino Ventura et Jacques Brel, « Deux hommes dans la ville », de José Giovanni, avec Jean Gabin et Alain Delon. L’année 73 est année cruelle puisque nombre de personnalités des Arts disparaissent : le peintre Pablo Picasso, l’actrice italienne Anna Magnani, l’humoriste Fernand Raynaud, le violoncelliste et compositeur Pablo Casals, le réalisateur américain John Ford et le français Jean-Pierre Melville, sans oublier l’écrivain JRR Tolkien, père du « Hobbit » et de sa suite « Le Seigneur des Anneaux » paru en 1954-1955.

Maintenant, place à l’histoire inventée.

Soir d’automne. Installé dans mon salon, devant ma cheminée, sur les coups de 22H, le téléphone sonna. Au bout du fil (hé oui le Dieu Smartphone n’avait pas encore remplacé le téléphone en bakélite), Ringo, 40 printemps au compteur, un ami de longue date. Ses parents l’avaient nommé ainsi en hommage au batteur des Beatles. Il me dit qu’il avait un problème avec sa petite copine, Angie, 40 ans également, mère d’un enfant qui venait d’avoir 18 ans. Une anglaise très jolie.. Lui, originaire « made in » de Normandie, était fou amoureux d’elle. Il avait vraiment besoin de parler, de se confier. Leur couple traversait quelques turbulences depuis quelques temps. Alors plutôt que le téléphone, et malgré l’heure avancée de la soirée, je lui propose de venir dîner le soir-même. Un bon vin, un plat de pâtes et la nuit devant nous pour discuter. N’habitant pas très loin de chez moi, il était là moins de 15 minutes plus tard. Fils de parents divorcés, il a la maladie d’amour, le besoin viscéral d’aimer et d’être aimé. A 4o ans, il me dit qu’avec Angie, il a trouvé celle qu’il lui faut, pour la suite de sa vie. Qu’il envisage avec elle et pour elle le meilleur. Qu’Angie parfois, bien que réservée, lui confie qu’elle a rencontré avec lui l’homme de sa vie. Elle le surnomme « My love ».

Il souhaite lui faire découvrir la beauté de Venise en gondoles, mais aussi ses ruelles étroites, biscornues, ses immeubles aux façades délabrées qui parfois cachent de somptueux palais, sa place Saint-Marc, l’île de Murano, où parfois l’on croise les vieux mariés qui s’y promènent, nostalgiques de leur première venue. L’état de délabrement de cette cité lagunaire donne un sentiment de nostalgie d’un lointain passé glorieux. Il me fait part d’un projet : « Nous irons à Vérone, ville de Roméo et Juliette, nous aimer tranquillement, loin de la mélancolie parisienne ». Ringo et Angie coulent des jours heureux, sans monotonie, même si parfois le manque de money freine leurs envies.

Vers 5H du matin, la fatigue nous envahit d’un seul coup Ringo et moi, malgré le plat de pâtes et le vin qui nous tenaient compagnie. Comme un signal d’aller enfin  dormir. Je lui proposais alors de l’héberger afin qu’il dorme tranquillement. Mais avant de le laisser rejoindre Morphée, il me fallait me débarrasser d’un secret qu’Angie m’avait confié voilà quelques semaines, n’osant en parlé directement à Ringo : Elle m’avait indiqué, au cours d’une discussion un après-midi, qu’elle avait un message personnel à dire à Ringo, mais n’osait pas, de peur de le brusquer. De lui, elle voulait un enfant. Partagé entre la colère et la bonne surprise, Ringo eut du mal à réaliser. Il me dit alors, qu’au fond de lui, il le désirait depuis longtemps. Il n’en voudrait pas à Angie. Il l’aime trop.

La vie, leur vie, leur amour, allaient prendre un nouveau départ.

Guillaume.

Rapsody, dernière gardienne du temple?


Je dois dire que ça fait un moment que je voulais vous parler de Rapsody, mais pas évident de trouver son Laila’s wisdom sur notre plateforme de commande alors j’attendais… Et puis récemment, j’ai regardé Rapture sur Netflix, un documentaire en huit parties sur quelques figures du hip hop actuel, dont une sur Rapsody et là, je me suis dit stop, je me dois d’en parler tant cette nana est géniale!

Rapsody a un parcours assez peu commun dans le milieu du rap, loin de New York, L.A ou Atlanta,non elle est originaire de Snow Hill, un petit bled de Caroline du Nord, peut être que c’est ça qui a fait que son amour pour cet art est arrivé sur le tard, à savoir sur les bancs de la fac, avec un petit groupe de potes, ils deviennent les Kooley High et s’éclatent à l’université, mais pour Rap, c’est plus que du fun, elle se prend véritablement d’amour pour l’écriture et le hip hop et décide d’en faire une carrière quand avec son groupe, elle rencontre un certain 9th wonder, qui est bluffé par sa qualité derrière le mic et lui propose de poser un couplet sur son disque à venir, “The dream’s merchant”. A partir de là, ça clique professionnellement entre les 2 et jusqu’à ce jour, c’est un duo gagnant, l’entente entre ces deux-là semblent écrite Rap signe avec 9th sur It’s a wondeful world music group et se fait remarquer par un certain Jay-Z, accessoirement l’une des idoles de la  rappeuse, qui au fil des mixtapes impressionne la légende de Marcy jusqu’au point de proposer un contrat chez Roc Nation, son label.

9th et Rapsody garde quand même un certain contrôle artistique en créant Jamla Records, un label à part entière au sein de Roc Nation et ils continuent d’y parfaire le style de Rapsody. La jeune femme de Caroline du Nord a su être patiente et se laisser guider par l’expérience de 9th Wonder, sorte de Yoda pour elle, d’autres se serait lassé, mais 9th ne veut pas la sortir trop tôt et lui brûler les ailes, alors ils continuent à travailler, de mixtapes en tournées, de featurings en freestyle…jusqu’à l’an dernier.

Après presque une décennie dans le game, elle sort enfin son premier disque studio, “Laila’s wisdom” et croyez moi, si l’attente a été longue, le résultat en vaut la peine, c’est un disque de haute volée, sans faux pas avec des invités de prestige, qui d’autre peut se permettre d’avoir, sur un premier album, Kendrick Lamar, avec qui elle avait collaborée sur son “To pimp a butterfly”, mais aussi Busta Rhymes, Black Thought de The Roots ou encore BJ The Chicago Kid… Je vous mets au défi de m’en trouver un autre comme ça.

Et par dessus tout, la qualité est au rendez-vous, on retrouve le style de Rapsody, très New Yorkais des 90’s, parfois on a presque l’impression de retrouver une version féminine de Jay-Z sur Reasonable doubt (j’exagère pas, je vous promets). 

Alors voilà, pour résumer, perdue au milieu des Nikki Minaj, Cardi B et les autres filles sexys du “rap” actuel, se trouve Rapsody et si je parlais de dernière gardienne du temple, c’est que selon moi, elle est une descendante directe de la lignée des MC Lyte et Queen Latifah, Rapsody respire le hip hop a des kilomètres, je ne me suis donc pas restreint a des morceaux de son album mais je vous propose une playlist élargie avec des tracks de ses anciennes mixtapes, qui sont tout aussi bons que ce qu’elle nous donne sur Laila’s wisdom.

 

Laurent