Archives de Catégorie: Chroniques

Michel Piccoli, un départ dans la Nuit.


Parti à 94 ans rejoindre la grande table des étoiles du cinéma français disparues, en nous quittant dans la nuit du 12 mai dernier, l’acteur et comédien de cinéma et théâtre Michel Piccoli laisse derrière lui un parcours unique, fait de 150 films et presque 70 pieces de théâtre, dont les plus grands classiques du répertoire. Petit retour sur une immense carrière.

Si entre sa première apparition en 1940 dans « Sortilèges ou les cavaliers de Riouclare », et son premier vrai rôle dans « le Doulos »(1962) de Jean-Pierre Melville, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, il n’enchaina que de petits rôles, les années 60 vont marquer le vrai début de sa carrière au cinéma.

En 1963, c’est le réalisateur Luis Bunuel qui le fera tourner dans « Journal d’une femme de chambre » aux côtés de la remarquable Jeanne Moreau. La même année, il tournera « le Mépris » de Jean-Luc Godard, dans lequel Brigitte Bardot lui donne la réplique. Quatre ans plus tard, en 1967, il sera à l’affiche de « Belle de jour » de Bunuel, et de la comédie musicale « Les demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy, avec Jacques Perrin, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.

Au tournant des années 70’s, Michel Piccoli va se diriger vers des comédies sociales, type « La grande bouffe » de Marco Ferreri en 1973, des films d’études de couples, ou les films de bande chers à Claude Sautet. Avec ce dernier, il va tourner « Les choses de la vie » en compagnie de Romy Schneider en 1970, puis « Vincent François Paul et les autres.. »( Yves Montand, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Ludmila Mickaël…). Ce film, tendre, rempli d’amitié masculine de quinquas installés m’a beaucoup marqué. Un autre dont je me souviens très bien est « le Prix du Danger »(1983), d’Yves Boisset, avec Gérard Lanvin. L’histoire de la téléréalité avant l’heure, à travers une chasse à l’homme. Il y incarne un présentateur cynique, froid, soutenant à peine les candidats. Mais Lanvin va tout bouleverser.

Entre les deux, il avait endossé le rôle d’un médecin-chirurgien dans une ville de province (« 7 morts sur Ordonnance », 1975, de Jacques Rouffio), en compagnie de Jane Birkin, Gérard Depardieu, et de l’immense Charles Vanel dans le rôle du patriarche d’une clinique privée.

Il a aussi tourné dans des films policiers comme « Espion lève-toi », en 1982, avec Bruno Cremer et Lino Ventura. Un espion en sommeil, est réveillé » pour une ultime mission. Ventura est parfait et Piccoli, en agent manipulateur, machiavélique.

Au début des années 90, il avait tenu sous le regard de Jacques Rivette, le rôle d’un peintre, dans « La belle Noiseuse ». Emmanuelle Béart incarne la nouvelle Belle Noiseuse, peinte par le personnage de Piccoli.

Acteur, Michel Piccoli était aussi comédien de théâtre. Il a joué dans « Spartacus »(1952), »Phèdre », dirigé par Jean Vilar (1957), »La cerisaie » de Tcheckhov mise en scène par Peter Brook en 1981, « La fausse suivante » de Marivaux, dirigée par Patrice Chéreau en 1985 ou « La jalousie » de Sacha Guitry, mise en scène par Bernard Murat(2001).

En 70 années de carrière, Michel Piccoli aura tout fait, tout joué, véritable caméléon devant la caméra ou sur les planches du théâtre. Nous reste sa silhouette, sa voix profonde, et donc sa filmographie pour nous rappeler l’immense acteur qu’il fut.

Guillaume.

Lucky Peterson fait pleurer le Blues.


Début de semaine brutal et triste, malgré la présence réchauffant du soleil. Après le cinéma touché par la disparition du géant Michrl Piccoli, à l’âge de 94 ans, c’est le bluesman Lucky Peterson qui est décédé brutalement hier, victime d’un AVC à 55 ans seulement. Cela méritait bien un petit hommage.

Né à Buffalo en 1964, la musique, le jeune Lucky Peterson y est confronté très tôt puisque son père James Peterson est chanteur-guitariste de blues, et tient un bar, le Governor’s Inn, au sein duquel il va rencontrer des monstres sacrées tels que Muddy Waters, Koko Taylor, Junior Wells. Dans la foulée il apprend à jouer de l’orgue auprès de Jimmy Smith, il a seulement 5 ans! C’est alors qu’il est repéré par le grand Wiliie Dixon.

Mais s’il apprend donc l’orgue Hammond, Lucky Peterson va très rapidement se tourner vers la guitare électrique, qui deviendra son second instrument favori. Il était prêt pour voler vers sa future carrière solo, délivrer sa version du blues, de la soul et rythm’ and blues, avec sa voix un peu cassée, parfois lente, plaintive comme un chat écorché par la vie, et offrir sa fougue scénique au public.

La première fois que j’ai vu Lucky Peterson sur scène, c’était lors du festival de jazz Banlieues Bleues, sous un chapiteau, ce devait être en 1992.
Je le vis  debardquer sur scène, avec un petit chapeau, des lubettes cerclées, et une chemise ample cachant un embonpoint. La salle était bondée. Il était entouré de 5-6 musiciens, tous très bons. Deux heures et quart durant, il nous avait régalé, passant sans problèmes d’ un instrument à l’autre, puisque outre la guitare, il joua évidemment de l’orgue hammond, un solo de batterie, et de l’harmonica. Rien que ça! Puis au cours de son concert, le sieur Peterson, généreux à souhait, était descendu dans la salle, partager au milieu de la foule un solo de guitare incroyable de dix minutes. Grand moment.

La deuxième fois que je l’ai vu c’était au festival de jazz de Marciac en 2014. Là aussi sous chapiteau. Devant six mille personnes il avait livré une prestation fantastique, mettant le public dans sa poche par son talent d’ homme de musicien bien sûr mais aussi d’homme de scène. Là encore j’étais ressorti de la soirée enchanté par le spectacle offert par ce musicien. Pour celles et ceux qui souhaitent se faire une idée de cette soirée-là, il existe un enregistrement sonore qui restitue bien qui était Lucky Peterson sur scène.

Reconnu pour son talent, Lucky Peterson a joué avec les p,usa grands noms du blues et du rock des 50 dernières années, de Buddy Guy à Wynton Marsalis, en passant par B.B King, les Rolling Stones, Robert Cray, ou encore le fantasque Bootsy Collins.

Ce n’ est qu’ en 1989 qu’il publiera son tout premier album ‘Lucky strikes’ sur le fameux Labelle blues Alligator. En 996, il publie un album « spirituals & gospels », chants avec lesquels il a grandi en fréquentant les églises et les chorales e dimanche.En 2001, il publie un livre sublime  » Double dealin’ ‘. Huit ans plus tard, il enr6egistre un album ou il joue uniquement de l’orgue hammond et reprend des titres soul music. Ces dernières années il a enregistré 2 albums, le premier en hommage à son mentor Jimmy Smith ( « Tribute tous Jimmy Smith » 2017), puis un disque pour célébrer ses 50 a’s de musique, « 50 warming up », sorti l’an dernier. Depuis quelques années il se produisait sur scène avec sa femme, la chanteuse soûl Tamara Peterson.

Fantasque, imprévisible, parfois capricieux mais au fond très généreux, Lucky Peterson a connu une carrière chaotique mais jonchée quand même de très grands moments et donc de belles perles musicales. Je vous laisse avec une sélection de très beaux morceaux, en solo et en duos avec d’autres grands noms.

Tout au long de sa carrière Lucky Peterson n’ aura eu de cesse que de tranmettre son amour de la musique blues, des gospels et spirituals, du rythme rythm’ and blues qui l’ont tant nourri étant jeune. C’était un passeur, dans la lignée des ses aînés B.B.King, Buddy Guy, Muddy Waters, Jimmy Smith.

Guillaume.

Little Richard, fondateur du Rock, s’est envolé.


Né Richard Wayne Penniman en 1932 à Maçon en Géorgie, aux États-Unis, « Little Richard » est apparu en 1956 à la télévision avec deux titres joué live, « Long tall Sally », »Tutti Frutti », qui allaient tout bouleverser. Comme ses acolytes musiciens noirs de l’époque, le pianiste Fats Domino (« On blueberry hill »), les guitaristes Chuck Berry et Bo Diddley, Little Richard va poser les bases du rock. Le musicien Little Steven dira d’ailleurs plus tard que Little Richard « a écrit la Bible du rock. »
Issus de parents religieux, Little Richard va grandir en allant chanter des Gospels le dimanche à l’église. Cette formation religieuse et vocale vont le marquer pour le restant de sa carrière sinon de sa vie. Ce jeune garçon, donc lorsqu’il apparaît en costume blanc, flanqué d’un petit orchestre avec cuivres, à la télévision, provoque un choc. Plus rien ne sera comme avant. Il offre en moins de 3 minutes le schéma de ce que sera la musique de demain, rythmée,  débridée, chantée fort, en bougeant énormément sur scène même en jouant du piano. Ce qu’il fait, levant la jambe droite sur le clavier ! Énorme !

Tenues exubérantes,  coiffure haute de 15 cm (!), yeux maquillés, voix parfois haute, presque criarde,  Little Richard a écrit parmi les plus belles chansons du rock, qui 60 ans après,  sont devenues des tubes : »Long Tall Sally », « Lucille » et donc « Tutti Frutti », repris entre autres par Elvis Presley.

Ce musicien noir, ultra talentueux, va inspirer nombre d’artistes dans les décennies futures : James Brown, Les Beatles, Les Stones, David Bowie, Elton John, ou encore Bob Dylan qui déclare en apprenant le décès de Little Richard : « il a été ma lumière quand j’ai démarré « .
Très marqué par le gospel de sa jeunesse, Little Richard a connu une carrière chaotique, faite d’allers-retours entre les sunlights et les retraites vers sa communauté, à chanter des gospels. Il l’a fait à de nombreuses reprises, ce qui l’a empêché d’avoir la carrière internationale que son talent méritait. Du coup ses rares apparitions étaient toujours très attendues. Il était d’ailleurs venu au Festival des Vieilles Charrues il y a quelques années, partageant l’affiche et la scène avec Chuck Berry et Jerry Lee Lewis.

A 83 ans Little Richard, géant de la musique du 20ème siècle, 
a donc tiré discrètement sa révérence. Nous reste sa musique.  Éternelle.

Guillaume.

Retrouvez à la médiathèque :
22 greatest / Little Richard.
The girl can’t help it / Little Richard.
Mega Gospel /

Et le livre :
50 years around the rock / Annie Goetzinger.

Jeff Goldblum, du cinéma au jazz.


Vous avez sûrement déjà vu sa grande silhouette et son sourire charmeur dans plusieurs films au cinéma ces 25 dernières années. Après des petits rôles dans des films de Woody Allen, Robert Altman, il se révéla dans le film « la Mouche » de David Cronenberg, en 1987, aux côtés de Geena Davis. Plus tard, on le retrouve dans « Jurassic Park » et « Jurassic Park, le monde perdu », aux côtés de Sam Neill, Laura Dern, Richard Attenborough. Il a également tourné dans « Silverado « , « L’étoffe des héros », avec Éd Harris et Sam Sheppard. Sans parler de « Independance Day », avec Bill Pullman. Bref, une belle carrière.

Mais Jeff Goldblum est aussi amateur de jazz. Normal me direz-vous lorsque l’on naît au pays-berceau de cette musique. Comme nombre de ses prédécesseurs et contemporains acteurs et même actrices (Franck Sinatra, Dean Martin, Sammy David Jr., Nathalie Wood, Marylin Monroe, Barbara Streisand, Shirley McLane, Bruce Willis… ), Goldblum à donc baigné tout au long de sa vie avec la musique, le jazz. Restait à franchir le pas de s’y consacrer le temps d’un album.

Il a donc entamé cette démarche voilà 2 ans avec « The Capitol Studios Sessions », déjà avec le Mildred Smitzer Orchestra. Et récidive ici avec « I shouldn’t be telling you this », toujours avec l’objectif de mettre en lumière des standards (« The thrill je gone »; « The Cat »..) mais pas uniquement, des compositeurs de jazz parfois oublié (Irving Berlin, Rube Bloom, Ray Henderson, Lew Brown, Lalo Schifrin) et des musiciens contemporains tels Herbie Hancock,Wes Montgomery, John Lewis.

Pour ce nouvel album, Jeff Goldblum s’est également entouré de quelques pointures vocales telles Sharon Von Etten, Miley Cirus, Fiona Apple, Gregory Porter. Le premier titre de l’album, « Let’s face the music and dance » est une belle entrée en matière, avec en prime la découverte pour moi de la voix de Sharon Von Etten. S’en suivent deux titres « The sidewilder » et « The beat goes on », composé par le saxophoniste Lee Morgan. Joyeux. Vient après un titre du pianiste légendaire Herbie Hancock, « Driftin' ». Un régal d’entendre une composition de ce génie du jazz. Le « Thrill is gone » qui suit, n’est pas celui, légendaire du bluesman B.B.King. Non ici, c’est un morceau écrit par Ray Henderson et Lew Brown. Le morceau est superbe et la voix de Miley Cirus se fond parfaitement à l’ambiance du titre. C’est pour moi l’un des plus beaux titres de l’album.

Après je me suis régalé sur « Don’t worry about me », écrit par Rube Bloom et Ted Koehler. Fiona Apple, chanteuse pop-folk, qui a un peu disparu des radars, se rappelle à nous avec talent. Reviens Fiona, Reviens!!! Ah, que dire de  » The Cat », morceau qui a baigné ma jeunesse, le son de l’orgue hammond de Jimmy Smith. Souvenirs, souvenirs…. ici c’est la version de Lalo Schifrin et Rick Ward qui nous est offerte…Le Chat ici est bien servi. Pour terminer, je vous conseille d’écouter « Make someone happy », porté par la voix chaude et profonde du colosse Gregory Porter.

Au final, cet album est très très agréable à écouter. Je vous souhaite une belle découverte.

Guillaume.

Joachim Des Ormeaux nous emmène dans son sillage.


Novembre 2019. Parfois le hasard fait bien les choses. Un jour, une adhérente (elle se reconnaîtra sans doute), me parle d’un groupe de jazz créole, Joachim Des Ormeaux & Friends, dont s’occupe une de ses amies, Makeni. Elle me propose de l’écouter, ce que j’accepte, et quelques jours plus tard, Makeni passe elle-même me le déposer (pochette ci- dessous).

Plusieurs semaines passent. Finalement, mettant à profit le confinement dû au Covid-19, j’ai le temps d’écouter enfin ce cd de jazz créole, intitulé « Sak Lanvi »(sac d’envies) paru en 2017.

Si je dois admettre que je ne suis pas très très sensible à la musique créole, dès lors que le mot jazz est dans la connexion, je ne pouvais qu’écouter.

L’album s’ouvre par le titre-éponyme, qui m’a immédiatement « embarqué ». Le décor est planté, la musique sera chaude, chaloupée, une invitation à danser, parfois sur des airs bossa ou biguine mélangées aux sons électrifiée du jazz.

Son équipage est de qualité : Arnaud Dolmen (batterie), Thierry Vaton (piano), Thierry Fanfant (contrebasse), Michel Cilla (tambour di bass), Allen Holst (flûte), ou Boris Reine-Adélaïde (tambour bèlè) et Johan Renard (violon) sans oublier les choristes. Le conteur-chanteur qu’est Joachim Des Ormeaux peut ainsi tranquillement exprimer son art, sa musique, livrer sa part d’intime.

Dans cet album trop court à mon goût ( 7 titres seulement !), Joachim Des Ormeaux traite de différents sujets comme ceux de la transmission entre un vieil homme et un enfant (no2, Zépon), l’enfance turbulente (no3, la fontaine Maman), l’héritage (no4, Oti Nono), avec à chaque fois une ambiance musicale qui met l’auditeur ne parlant pas créole (ce qui est mon cas) dans une douce connivence.

Ce qui se dégage de ce disque n’est rien mois que plaisir du partage, envie de donner à l’autre, joie de jouer, sans oublier le savant mélange des cultures musicales, qui fait tout le sel de cet album.

Pour terminer cette chronique, je dirais à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, d’écouter ce disque, d’aller voir ce groupe si jamais il devait se produire près de chez eux.

Sachez que le groupe travaille sur album de 18 titres, « Wou Se Mwen », qui sortira  en principe en 2021 en intégralité. D’ici là,  vous pourrez patienter en écoutant les morceaux à paraître d’ici fin 2020, ou vous rendre sur le site joachimdesormeaux.com.

Guillaume.

Il était une fois… 1985!


Pour paraphraser la chanson d’Aznavour, en 1985, « à 18 ans… j’suis devenu responsable » m’a dit mon grand-père paternel lors d’un déjeuner dominical de circonstance. Cette année-là, en France, il s’est passé un certains nombre d’événements, dans tous les domaines. En voici quelques-uns afin de vous rafraîchir la mémoire :

Lancement du plan informatique pour tous, autorisation par le gouvernement de création de chaînes télévisuelles privées. La Géode, nouvelle structure culturelle située à la Villette, est inaugurée par François Mitterand. Jack Lang, ministre de la culture, lance la première fête du cinéma. En sport, Mats Wilander remporte Roland-Garros, Chris Evert chez les femmes. Le FC Girondins de Bordeaux est champion de france de Football. Alain Prost devient le premier français champion du monde de formule 1.

Place à l’histoire.

Nikita et Aziza sont amies de longue date. Nikita, grande blonde au port altier, Aziza, brune au regard revolver avec ses yeux d’un noir profond.

Elles ont grandi dans la banlieue de Toulouse, cette ville rose chère à Claude Nougaro, qu’il a si magnifiquement chanté. Très complices, elles ont fréquenté les mêmes écoles, suivi les mêmes études d’architectures. Nikita se dirigea vers l’architecture des temps anciens, Aziza elle a préféré se tourner vers l’architecture d’intérieur. Un marché en plein essor.

Ces deux amies, au vu de leur activité professionnelle très prenante, avaient bien sûr besoin de se détendre, se défouler. Pour cela, elles avaient l’habitude d’aller, trois nuits par semaine, au Macumba, club où se produisait régulièrement Phil Wonder, un pianiste-chanteur de jazz. Celui-ci s’employait chaque soir, à les distraire, et les emmener sur les chemins du jazz, encore et encore. Elles vivaient ainsi, par procuration, les tragédies subient par le peuple noir, au travers du talent de Phil Wonder.

Nikita fit un soir la connaissance d’un certain Johnny, photographe professionnel, qui travaillait pour des agences de voyages. Il leur ramenait des photos de voyages pour leurs différents catalogues. L’alchimie fut immédiate. Mais, de caractère dominante et cérébrale dans ses relations amoureuses, elle allait mettre à mal l’amour que lui porte Johnny, qui ne cessait jour après jour de dire à Nikita « I’am crazy for you ». En fait Nikita s’amusait avec Johnny. Il était son jouet.

Dans cette relation devenue particulière au fil du temps, Johnny avait de plus en plus l’impression de marcher seul, sinon à côté de Nikita. Devenir un étranger, voire un homme objet aux yeux de Nikita lui était insupportable. Ce calvaire amoureux va le vivre pendant 1 an. Un soir, il s’est dit que ça ne pouvait plus durer. « Je me suis perdu à l’aimer « . Cela ne pouvait plus durer.

De son côté, son amie Aziza, caractère bien trempée, passionnée, vit une belle histoire d’amour avec Rebecca, jolie brune aux verts, qui travaille avec elle. Tout en relation fusionnelle, les deux amoureuses, se disent souvent « dear, I Will save all my love for you ». Installées dans le Lot de Rebecca situé près de la place du Capitole, elles n’hésitent pas à s’octroyer un week-end en amoureuses dans l’Ariege, près du Tourmalet et de la vallée d’Asp. Rebecca, dont la famille est originaire du coin, adore faites découvrir la région, sa beauté, son côté sauvage, à Aziza.

Nikita et Aziza, bien que s’éloignant parfois au regard de leurs vies personnelles, quand elles se retrouvent, aiment à partager leurs péripéties de vies. Les deux amies croquent la vie, sereinement.

Je vous laisse avec une jolie playlist qui vous rappellera sans doute quelques souvenirs.

Guillaume.

La playlist de mars : Sorcières, sorcières…


En ce mois de mars, célébrons la Femme. Le 8 mars dernier, la journée du droit des femmes a eu lieu, et la médiathèque s’est liée aux différentes initiatives municipales liées à cette journée. Entre-temps annulées.
Nous avions mis en avant l’image de la femme « sorcière », par deux expositions, sur le thème « femme, magie et politique ». Nous espérons qu’elles seront visibles prochainement.
Alors si l’image n’est pour le moment pas disponible, la musique l’est encore. Voici donc cette playlist sur le thème de la femme « sorcière » : musiques variées, classique, punk, métal, rock, chamanique… qui aborderons les différentes facettes de cette femme « sorcière ».

Bonne écoute.

Carine

Föllakzoid – I


Föllakzoid

Avis aux amateurs de rock psychédélique, space rock, krautrock, techno, expérimentations sonores, boucles hypnotiques planantes s’étalant sur la face entière d’un disque vinyle… Föllakzoid débarque dans nos bacs !

Derrière ce nom de groupe improbable se cachent 3 amis d’enfance de Santiago du Chili : Domingo Garcia-Huibodro (guitare), Juan Pablo Rodriguez (basse) et Diego Lorca (batterie).

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, I n’est pas leur 1er album mais leur 3ème chez Sacred Bones Records, label indépendant new-yorkais dont le goût pour les ambiances sombres, sophistiquées et expérimentales n’est plus à démontrer.

Si les trois musiciens aiment manifestement nous prendre à contre pied, il est difficile de leur coller une étiquette (si tant est qu’on est envie de le faire.)

Une évidence s’impose toutefois très vite à l’écoute de leur musique : l’influence des groupes de rock allemand avant-gardistes des années 1970. De part à la fois :
– leur usage de nombreux effets électroniques,
– la longueur de leurs compositions (entre 13 et 17 min. sur I), quasi exclusivement instrumentales et faisant fi des habituels couplets/refrain,
– et surtout leurs rythmiques « motoriques » héritées de groupes comme Neu!, Can ou La Düsseldorf.
Réécoutez les titres Hallogallo ou Hero de Neu ! pour vous en convaincre, où le batteur Klaus Dinger pourrait tout aussi bien être remplacé par une boite à rythme.

Bref, un album à écouter au calme les yeux fermés, oreilles concentrées… ou mieux encore en live où l’expérience potentiellement transcendantale (vous êtes prévenu-e-s !) prend tout son sens.

Si vous voulez la tenter, le trio chilien repasse d’ailleurs à Paris la nuit du 8 avril, dans la petite salle de l’Espace B.

Föllakzoid au Petit Bain (Paris) le 29 octobre 2019

Mais si la démarche « radicalisée » du dernier album (encore moins de passages mélodiques qu’avant, il faut bien l’admettre..) vous invite plus à la sieste qu’à l’extase, tournez-vous plutôt vers les opus précédents, où les expositions de riffs de guitare survitaminée aux effets de saturation ou d’échos savaient rompre à merveille avec ce qui pouvait finir par être (faussement ?) ennuyant.

Exemple avec le titre Electric de l’album III.
Ou l’album II, prochainement aussi disponible en CD à la médiathèque.
Une interview pour en savoir plus sur le groupe.
Et plus d’écoutes sur Soundcloud.

Petit clin d’oeil pour finir à Alber Jupiter, duo nanto-rennais qui a fait la 1ère partie de Follakzoid lors du concert au Petit Bain en octobre dernier, et dont le krautrock – tout aussi cosmique que son patronyme et sa pochette d’album le suggèrent, voir ci-dessous – méritera sans doute toute notre attention dans un prochain article.

En attendant, vous pouvez les découvrir sur Bandcamp.

Album We Are Just Floating In Space d’Alber Jupiter

Julien

François Truffaut-Georges Delerue, 2 talents associés.


Pour la cinquième fois, je vais évoquer un duo associant un réalisateur et un compositeur de musiques de films. Après avoir parlé du duo Luc Besson-Eric Serra, je vais revenir dans les années 60-70 avec la paire François Truffaut-Georges Delerue.

Né à Paris en 1932, François Truffaut d’une fille mère issu de milieu catholique fervent, puis confié à une nourrice. En 1933, sa mère rencontre et épouse Roland Truffaut qui reconnaît l’enfant civilement. Le jeune Truffaut est ensuite, à l’êge de 3 ans, confié à ses grands-parents, qui habitent en bas de Montmartre, à deux pas de chez ses parents. A 7 ans, passionné par la lecture et le cinéma qu’il fréquente plus que souvent, y compris pendant le temps d’école, il dévore tout ce qui concerne Jean Renoir, René Clair, Jean Vigo, Claude Autant-Lara, Jean Cocteau ou Yves Allégret.

Quand sa grand-mère maternelle décède, en 1942, Truffaut réintègre le domicile parental qui se trouve non loin de celui d’un jeune chanteur qui fera une immense carrière : Charles Aznavour. Le hasard fera que 18 ans plus tard, ce dernier sera le personnage principal de « Tirez sur le pianiste ». A 12 ans seulement, il fait ses premiers « 400 coups » au Lycée Rollin. Apprenant la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, il est bouleversé et devient fugueur. Il fréquente alors les salles obscures des cinémas de Pigalle.

Après une enfance et adolescence difficile, ballotté entre parents, nourrice et grands-parents, puis la révélation de la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, Truffaut se réfugie dans les cinémas. Puis vient à fonder un cinéclub, sur les conseils d’André Bazin, qu’il retrouvera quelques mois plus tard, au sein de la revue Travail et culture ». En 1959, Truffaut démarre la saga des aventures du personnage d’Antoine Doinel avec le film « les 400 coups » avec le jeune comédien Jean-Pierre Léaud. Ce film obtiendra d’ailleurs le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année. La suite, ce sera « Antoine et Colette »(1962), « Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970) et « l’amour en fuite » (1979).

Henri-Pierre Roché auteur de « Jules et Jim », « Deux anglaises et le continent » verra François Truffaut adapter ses deux romans. Il se basera, pour ces adaptations,  sur les notes laissées à sa veuve. François Truffaut, tout au long de sa filmographie, a fait tourner et parfois débuter devant sa caméra, les plus grandes actrices françaises ou américaines. Jugez plutôt :

Claude Jade (« Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970), « L’amour en fuite »(1979), Nathalie Baye (début dans « La nuit américaine »,1973, rôle titre dans « La chambre verte », Isabelle Adjani dans « L’histoire d’Adèle H »(1975), Jacqueline Bisset dans « La nuit américaine »(1975), avec la jeune débutante Nathalie Baye. Catherine Deneuve dans « La sirène du Mississippi »(1969), « Le dernier métro »(1980), Marie-France Pisier fit ses débuts à 17 ans dans « Antoine et Colette »(1962). Fanny Ardant, qui fut son dernier amour, joua dans « La femme d’à côté »(1981) et « Vivement dimanche »(1983).

Côté acteurs, il y eut bien sûr Jean-Pierre Léaud dans « Les 400 coups »(1959), « Antoine et Colette », « Baisers volés », « Domicile conjugal », Jean-Paul Belmondo (« La sirène du Mississippi »), Jean-François Stévenin, lui, fut son assistant et joua dans « l’Argent de poche » et « La nuit américaine », Gérard Depardieu dans « La femme d’à côté », « Le dernier métro « , Jean-Louis Trintignant dans « Vivement dimanche ». Vous le voyez, un éventail de comédien.n.e.s très large. Disparu en 1984, François Truffaut laisse une oeuvre très riche et des films devenus des classiques du cinéma.

Georges Delerue, naît à Roubaix en 1925, au sein d’une famille qui aime la musique. Son père, contremaître dans une usine et sa mère, qui parfois chante des airs de Gounod ou Bizet tout en jouant au piano, emmènent leur fils assez souvent au cinéma. Un déclic et la naissance d’une passion qui le conduira à en faire son métier.

En 1939, alors élève dans une école formant aux métiers de la métallurgie, sa mère décide de l’inscrire au Conservatoire. Il y apprend la clarinette, sans plaisir. A 14 ans, il stoppe tout et retourne à l’usine pour aider sa famille. Des études de solfège au Conservatoire, une admission en classe de piano lui permettront de découvrir des compositeurs comme Bach, Mozart, Chopin, Beethoven.

1945 est un tournant. Auréolé de 3 premiers prix de Conservatoire à Roubaix (clarinette, piano, harmonie), il rentre au Conservatoire de Paris. Quatre ans plus tard, il remporte le premier prix de composition.

En 1952, Georges Delerue obtient le poste de compositeur et chef d’orchestre à la Radiodiffusion française. Créateur du Conservatoire de Nancy en1957, deux ans plus tard, sur les conseils de Darius Milhaud, il se lance dans la composition pour le cinéma, avec « Hiroshima mon amour »d’alain Resnais (1959). Dans les années 60, en plein mouvement de la Nouvelle Vague, Delerue fera deux rencontres qui vont faire basculer son destin, celles de François Truffaut et Jean-Luc Godard. Il composera pour le premier la musique de « Jules et Jim », et pour le second celle du film « Le Mépris ». Ces deux films obtiendront un tel succès à l’étranger que Georges Delerue verra son statut de compositeur changer. Il est désormais un musicien qui compte, un compositeur que l’on s’arrache.

Georges Delerue verra son travail salué et récompensé à plusieurs reprises. En France, ce sont 3 Césars successifs en 1979, 1980 et 1981 pour respectivement les films « Préparez vos mouchoirs », « L’amour en fuite », et « Le dernier Métro ».  Aux Etats-Unis, c’est pour le film « I love you, je t’aime » qu’il recevra un Oscar en 1981.

Outre son travail pour les musiques de film, Delerue a aussi composé des musiques au registre plus classique, comme des musiques de chambre, des musiques pour orchestres. Décédé à l’âge de 67 ans, Georges Delerue laisse derrière lui une œuvre musicale considérable, riche, variée.

Le début d’une prodigieuse carrière ornée de 300 musiques de films, dont  outre « Jules et Jim « , « Le mépris », il signera « Le corniaud », « Le cerveau », « Platoon », »Le dernier métro », »Les rois maudits »… et j’en passe.

Outre Francois Truffaut et Jean-Luc Godard, Georges Delerue aura également prêté son talent à des réalisateurs tels que Gérard Oury, Oliver Stone, Claude Barma, Agnès Varda, René Clair, Georges Lautner, Philippe de Broca, Alain Corneau, Bertrand Blier.
Un casting de rêve pour ce compositeur qui côtoiera les plus grands comédiens : Yves Montand, Bourvil, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Louis de Funès, Jacqueline Bisset, Kevin Bacon et bien d’autres encore…

En tous cas,  le travail commun mené par le duo Truffaut-Delerue a laissé en héritage de très beaux films.

Je vous laisse avec un sélection des musiques de Georges Delerue.

Guillaume.

Kirk Douglas, Spartacus pour l’éternité !


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Issur Danielovitch Nemsky s’en allé… Pardon… Kirk Douglas! Il s’était retiré des plateaux de cinéma depuis longtemps. Pourtant son nom, sa carrière, si elle inspira tout d’abord son fils aîné Michael, qui devint lui même producteur et acteur, oui la carrière de Kirk Douglas fut magnifique et maquée par de très grands rôles : Un esclave rebelle qui prend la tête d’un mouvement contre le pouvoir romain dans « Spartacus », film dont il fut le producteur et dont il confia les rennes à un jeune réalisateur qui fera carrière, Stanley Kubrick.

Homme de conviction, démocrate convaincu, il a évoqué plusieurs sujets qu’il dénonçait dans ses films. Le Mac cartysme tout d’abord. Accusé d’être communiste car de parents juifs ukrainiens, il avait subi ça. Mais souhaitant se battre contre cela, il avait demandé à un scénariste banni d’Hollywood, victime du mac cartysme, Dalton Trumbo, d’écrire le scénario. Celui-cile fit sous un pseudonyme mais finalement, Douglas décida d’afficher son vrai nom au générique. Un acte de rébellion. Puis il dénonça le racisme contre les indiens, la stupidité de la guerre, la cupidité de l’homme.

Les autres grands rôles de Kirk Douglas furent ceux tenus dans « La femme aux chimères », aux côté de Lauren Baccal (1950, Rick Martin), »Rendez-vous à O.K Corral »(1957, John Sturges), aux côtés de Burt Lancaster, dans lequel il incarne le rôle de Doc Holiday, dans « 20.000 lieues sous les mers » (1954, Richard Fleisher), adapté de l’oeuvre de Jules Vernes avec James Mason dans le rôle du capitaine Nemo, celui d’un marin, Ned Land, intrépide au caractère bien trempé , dans « Les sentiers de la Gloire », film dont il est producteur, et réalisé par Stanley Kubrick en 1957, celui d’un militaire, le capitaine Dax, qui va se rebeller contre l’ordre qui lui est donné par son supérieur, d’avancer ver les positions adverses. En 1952, il tourne devant la caméra de Howard Hawks pour « La captive aux yeux clairs ». En 1954, outre « Vingt Mille Lieues sous les Mers », il sera du casting pour le film « Le dernier train de Gun Hill » mis en scène par John Sturges. A cette époque du cinéma hollywoodien, Kirk Douglas est une immense star. Il est réclamé par les plus grands cinéastes : Brian de Palma, King Vidor, Elia Kazan, Joseph Mankiewicz, Otto Preminger, sans parler de ceux déjà cités plus haut.

Dans les années 60, la star qu’est désormais Kirk Douglas, va s’impliquer dans la production de certains films comme « Spartacus ». Il va continuer d’enchaîner les très bons films auprès de grands réalisateurs : Ainsi Vincente Minelli (le père de Liza), le dirigera dans « Quinze jours ailleurs » (1962). deux ans plus tard, c’est devant la caméra de John Frankenheimer qu’il joue dans « 7 jours en mai ». Puis en 1965, Anthony Mann le prendra pour le film « Les héros de Télémark », qui se situe pendant la seconde guerre mondiale. En 1966, il participe au film de Clément « Paris brûle-t-il? »(il y incarne le Général Patton). Ce film bénéficiera d’un casting hors norme. Côté français, on y trouve Yves Montand, Jean-Pierre Cassel, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Pierre dux, bruno Cremer, Michel Piccoli… (etc.. ), côté international, là aussi, c’est de très haut niveau : Charles Boyer, Georges Chakiris, Gert Froebe, Glenn Ford, Orson Welles, Anthony Perkins. En 1967, il tourne 2 westerns « La route de l’Ouest », puis « La caravane de feu » aux côtés du légendaire John Wayne.

Durant les années qui suivent à tourner dans des films qui vont moins marquer le public, ou à de rares exceptions, comme avec  » Le reptile », tourné sous la houlette de Joseph Mankiewicz en 1970, « Furie » en compagnie de Brian de Palma en 1978. Durant les années 80 et les décennies qui suivent, Kirk Douglas semble se désintéresser du cinéma, prendre ses distances. En 1996, victime d’un accident vasculaire cérébral, il tournera définitivement le dos au 7ème Art, qu’il a talentueusement servi durant toute sa carrière.

Kirk Douglas laisse donc une immense carrière et des rôles à jamais marquants dans l’histoire du cinéma américain.

En 1988, il publie « le fils du chiffonnier », première partie d’une auto-biographie en 3 volets. Il y a raconte ses origines familiales. Les deux autres volets, publiés en 2000 (« Climbing the mountain ») et 2002 (« My stuck of life » ) seront consacrés à la decouverte de sa judéité et aux conséquences de son avc en 1996.

Son fils Michael, a depuis longtemps perpétué la tradition familiale, puisque dès le début des années 60, il a entamé une carrière de comédien, puis ensuite, sa carrière a décollé grâce au succès de la série policière « les Rues de San Francisco » (1972), aux côtés de Karl Malden, puis donc dans le cinéma. Mais je parlerai de Michael Douglas une autre fois.

Guillaume.

Années 60, berceau du psychédélisme.


Musicalement, les années 60 aux Etats-Unis sont un terreau de naissances de différents courants musicaux : le rock’n’roll (Elvis Presley, Little Richard, Chuck Berry…), les prémices de la pop-music importée d’Angleterre (Beatles, Rolling Stones), le free jazz (John Coltrane, Miles Davis, Thelonious Monk…), et donc à l’occasion du festival de Woodstock (1969), déjà évoqué sur ce blog, une forme de contre-culture sociale, musicale, artistique, qui, fortement « aidé » par la consommation de substances hallucinogènes, va donner naissance au courant appelé le psychédélisme.

Né outre-atlantique,en 1965 à San Francisco, ce phénomène socio-culturel va débarquer en Europe dans la foulée. Principalement présent dans le milieu artistique, le psychédélisme est le résultat de l’influence de psychotropes sur l’activité neurologique, qui dans un cadre de créativité « permet » à l’artiste de concevoir son oeuvre avec une vision très particulière, très décalée.

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Psychédélique est un terme qui est apparu quelques années plus tôt, en 1956, lors d’un échange épistolaire entre un médecin, Humphry Osmond, qui fera des recherches sur les effets de produits psychédéliques en matière médicale et un écrivain-philosophe, Aldous Huxley. Allen Ginsberg, poète, écrivain, fondateur du courant « Beat generation » dans les années 50, pronnera la consommation de ces produits telles que les plus connues à l’époque : le LSD (Les Beatles ont chanté une chanson au titre très évocateur : « Lucy in the Sky with Diamonds« ), la mescaline, l’ecstasy. Ces substances, très puissantes, mettent leurs consommateurs-trices, principalement des hippies, dans un état second, avec des hallucinations, parfois dans un état de transe. Ces produits ont été très utilisés par de nombreux artistes ou groupes : Grateful Dead, Jefferson Airplane, Tame Impala, Love, Quicksilver Messenger, Iron Butterfly, Les Beatles, Les Doors, Les Rolling Stones, puis au début des années 70, par des groupes comme Pink Floyd, Led Zeppelin, Genesis, Yes, Barclay James Harvest. D’autres substances, comme la marijuana, étaient aussi très en vogue à l’époque, mettant leurs consommateurs-trices dans un état très spécial. Ils-elles planaient littéralement. Le résultat donnait le plus souvent des créations musicales très longues, prêtant à la rêverie, au laisser-aller.
En 1965, devant les ravages causés par sa consommation, c’est surtout le LSD qui est visé par des mesures d’interdiction, d’abord aux Etats-Unis puis en Angleterre en 1966.

D’après les historiens du rock, c’est en 1967, lors du Summer of Love que seraient nées les prémices du courant New Age, qui déboucheront plus tard sur des courants de pensées liés au Bouddhisme, au Taoïsme (qui permettra notamment la popularisation du symbole regroupant le ying et le yang), à l’Hindouisme.

En 1968, un film d’animation, « Yellow Submarine », avec les personnages des 4 Beatles, démontre parfaitement l’univers psychédélique, tout comme plus tard, le film « Easy Rider »(1969) et la comédie musicale « Hair » (1979), qui décrivent le mouvement hippie et la volonté de celui-ci de ne pas se soumettre aux injonctions de corps constitués comme l’armée ou d’être en opposition franche avec la partie réactionnaire de la population américaine.

Mais si la musique fut un vecteur essentiel du courant psychédélique ( vêtements, pochettes de disques, tenues de scène…), et de la sociologie hippie, les arts tels que la peinture, le dessin, le prêt à porter, et même la décoration intérieure furent influencés par ce mouvement, fait de couleurs, laissant place à une création sans limites,  aux formes parfois extravagantes, n’y ont pas échappé.

Alors que l’on pensait ce courant installé pour un long moment, aux États-Unis comme en Europe, il a été vite bousculé par une vague issue du vieux continent, qui a vu la naissance du Hard-rock avec deux fers de lance venus d’Angleterre : Deep Purple et Led Zeppelin. Finie la musique planante, les tenues colorées, extravagantes, la cool attitude. Place au gros son, aux tenues à clous,  aux guitares saturées et aux vocalises puissantes. Mais ceci est une autre histoire.

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Si vous voulez bien comprendre ce phénomène, cette culture qui, l’espace de quelques années, à envahie les Etats-Unis et l’Europe, je vous conseille la lecture du livre de Philippe Thieyre , publié aux éditions Babelio .en 2007 (voir image ci dessous).

Pour retourner à cette belle époque de la musiue rock, je vous ai concocté uen playlist riche et variée, qui j’en suis sûr, saura contenter la curiosité de toutes et tous.

Guillaume.

Eddy Mitchell, de Belleville à Nashville.


Eddy Mitchell, né Claude Moine naît en pleine seconde guerre mondiale, en 1942 à Paris, grandit à Belleville, quartier qu’il honorera dans une chanson, « Nashville ou Belleville ». Sa mère travaille dans une banque, son père à la société des transports parisiens. Quelques années plus tard, il sera même garçon de courses au Crédit Lyonnais, dans une agence proche du Golf-Drouot, club qu’il fréquente alors régulièrement et y découvre nombre d’artistes américains. A l’âge de 11 onze ans, le jeune Claude découvre le rock’n’roll par le biais de Elvis Presley, la star de l’époque, mais aussi Bill Haley, qu’il découvre en concert à Paris en 1958. Un choc pour le jeune Claude Moine. Puis ce sera Chuck Berry, Gene Vincent, Eddy Cochran et Buddy Holly. Il évoquera d’ailleurs Eddy Cochran et Buddy Holly, morts tous les deux très jeunes dans des circonstances tragiques, dans une chanson, « J’avais deux amis ».

En 1961, lui l’amateur de rock, country, va créer le premier groupe de rock français : Les Chaussettes Noires, au sein duquel il va également côtoyer un saxophoniste du nom de Michel Gaucher. les deux hommes ne se quitteront plus, le saxophoniste, devenant même au fil das années, le directeur musical de… Eddy Mitchell. Eddy en référence à l’acteur-chanteur américain Eddie Constantine, et Moine devient Mitchell.

Adolescent, traînant souvent à Pigalle, à la Trinité, et donc au Golf-Drouot, cité plus haut. Il va y faire deux rencontres qui vont changer sa vie. Celles d’un certain Jean-Philippe Smet, devenu Johnny Hallyday, qui retient déjà la nuit jusqu’au petit matin, cette aube merveilleusement chantée par le 3ème larron, Jacques Dutronc, dans la fameuse chanson « Paris s’éveille » (texte de Jacques Lanzmann). L’homme au cigare et Ray-Ban étant même un temps pressenti comme guitariste dans le groupe d’ Eddy Mitchell. Bref, dès le milieu des 60’s, avant même l’arrivée de la vague Yéyé, ces trois amis ont scellé un pacte qui durera toute leur carrière. Mais revenons à Eddy Mitchell.

Personnellement, je l’ai découvert à l’âge de 14-15 ans, époque à laquelle il chantait des titres comme « Couleur menthe à l’eau » (c’est pour toi LowLow 🙂 ), un slow qui passait en boucle dans les surprises-party de l’époque, mais aussi  » La dernière séance » chanson qui évoque son amour pour le cinéma (l’émission, diffusée le mardi soir sur FR3-toute une époque-, était tournée notamment au cinéma Royal Palace de Romainville, classé depuis aux Monuments Historiques!), la fin des cinéma de quartiers. A l’époque son « Cimetière des éléphants » a connu également un grand succès. Eddy Mitchell, s’il a débuté à l’époque du rock’n’roll, s’est donc très vite tourné vers la country, le jazz, genre dans lequel sa voix souple fait merveille, raison pour la quelle il a toujours voulu avoir un grand orchestre avec lui. Une année, il avait d’ailleurs relevé le défi de se produire dans 3 ou 4 endroits de Paris, avec des formations différentes, allant donc de la formation rock au grand orchestre jazz, en passant par la country.

Précis, méticuleux, il a toujours aimé des arrangements très soignés signés de son complice Michel Gaucher. Fidèle en amitié comme avec ses musiciens, il a depuis très longtemps à ses cotés la même équipe, des cuivres à la guitare de Basile Leroux, qui à aussi accompagné beaucoup d’autres artistes français, du pianiste Jean-Yves D’angelo, et surtout celui qui lui écrit beaucoup de ses textes, Pierre Papadiamandis.

Celui que l’on appelle indifféremment Schmoll ou Mr. Eddy, est un passionné de BD, il en fera mention dans une superbe chanson » Le portrait de Norman Rockwell », dédié à ce grand dessinateur américain. Il parlera aussi des grands espaces américains « Rio Grande », « Route 66 », « Sur la route de Memphis ». C’est d’ailleurs son amour pour ce pays qui lui fera enregistrer nombre de ses albums là-bas, mais aussi à Londres et Paris. Durant cette période américaine, pendant laquelle il réalisera des albums à la sonorité country-rock, il sera parfois accompagné de l’harmoniciste américain Charlie Mc Coy, une véritable pointure. En 2006, il part à La Nouvelle-Orléans, enregistrer l’album « Jambalaya ». Pour ce disque, il fait appel à la légende Little Richard, au célèbre pianiste de jazz Dr. John, à Beverly Jo Scott, à l’harmoniciste français Jean-Jacques Milteau, et bien sûr à son fidèle ami, Johnny Hallyday, avec qui il chante sur « On veut des légendes ».

Ayant débuté en faisant surtout des adaptations de chansons de Gene Vincent, il ne cesse depuis, de chanter des artistes comme Ray Charles, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, mais aussi les Beatles « You’ve to hide your love away » devenue « Tu ferais mieux de l’oublier », et la liste est longue. Il a le goût également d’évoquer des artistes qu’il apprécie dans plusieurs chansons : « Otis » (Otis redding), « j’avais deux amis » (Buddy Holly et Eddie Cochran », « Mister J.B. » (James Brown), « La voix d’Elvis » (Elvis Presley).

il aime partager la scène et ses chansons avec des ami.e.s. Ainsi, Michel Sardou, Véronique Sanson, Axelle Red, mais aussi Maxime Le Forestier, et plus récemment, Alain Souchon et Laurent Voulzy, (qui lui ont composé le titres « L’esprit des grandes prairies ») ont eu l’occasion, rare, de chanter live en duo avec Mr.Eddy.

Si Johnny Hallyday etait reconnu, outre ses qualités vocales, pour avoir été une vraie bête de scène, Eddy Mitchell, dans un registre très différent, est capable de tenir jusqu’à 2h voire plus sur scène, en alternant les registres rock, crooner, country. Un éclectisme musical qui a fait son succès. Son registre vocal lui permettant également de belles envolées, certes moins spectaculaires que celles de Johnny Hallyday. Pour l’avoir vu à plusieurs reprises sur scène, à Bercy à 2 reprises ( te souviens-tu Florent ?), puis à l’Olympia ou au Palais des sports pour sa « dernière séance », j’ai à chaque fois pu vérifier ce que j’avance.

Mais revenons aux duos. Cette pratique initiée par les artistes anglo-saxons dans les 70’s, et régulièrement pratiquée, en France dans les années 70 également, il la reprend à son compte en 2017 pour signer un bel album, « La même Tribu » (2017). Eddy Mitchell y rassemble autour de lui, outre Hallyday et Dutronc, des artistes comme Renaud débarassé de Mister Renard, Julien Clerc l’homme qui aimait les femmes, Arno descendu du plat pays qui est le sien, Keren Ann ex muse de Benjamin Biolay, Ibrahim Maalouf et sa trompette multicolore, le soulman Charles Bradley, Sanseverino et sa guitare manouche, le « papa » d’ « Aline » Christophe, et donc sa fille Marylin Moine. Du beau linge.

Il le fera bien sûr avec ses compères Johnny Hallyday et Jacques Dutronc, ces dernières années lors des concerts, en 2014 puis en 2017, des « Vieilles Canailles« , sur le mode Rat-Pack du trio Franck Sinatra-Dean Martin, Sammy Davis Jr. Il a parfois rejoint sur scène son « frère », Johnny Hallyday, au Parc des Princes en 1993 notamment à l’occasion des 50 ans de son ami, pour chanter « Excuse-moi partenaire », puis plus tard, celui-ci lui rendra la pareil, au Zénith (j’y étais) pour un mémorable « Bon vieux temps du rock’n’roll ». Mais je ne peux pas oublier le fameux duo avec le regretté Serge Gainsbourg sur « Vieille Canaille ». Il a effectué sa dernière tournée en 2010, intitulée « Ma dernière séance ». Il terminait toujours ses concerts par le fameux « Pas de Boogie Woogie »…

Parallèlement à sa longue et riche carrière de chanteur, Eddy Mitchell a également foulé les planches des plateaux de cinéma, devant la caméra des plus grands, de Bertrand Tavernier à Claude Lellouch, en passant par Jean-Pierre Mocky, Etienne Chatilliez. « Attention une femme peut en cacher une autre », »La totale », « Ronde de Nuit », film dans lequel je l’avais découvert en tant que comédien, puis « Coup de torchon », « Le bonheur est dans le pré », « La totale », « A mort l’arbitre », « Les vieux fourneaux », « Salaud on t’aime », « Ville à vendre »… et j’en passe. Il a mélangé les genres, avec bonheur parfois et moins de réussite par ailleurs. Cette carrière au cinéma lui a permis de côtoyer des comédiens tels que Michel Serrault, Philippe Noiret, Roger Hanin, Gérard Lanvin, Miou-Miou, Thierry Lhermitte, Carole Laure, Stéphane Audran, Michel Boujenah, Jean-Pierre Marielle, Sandrine Bonnaire…là aussi la liste est longue.

Aujourd’hui, il se consacre surtout au théâtre, au cinéma, mais la chanson n’est jamais bien loin, un album toujours en gestation. Je vous laisse avec ce géant de la chanson française et quelques unes de ses plus belles chansons.

Guillaume.

Top films et B.O.F. 2019


Pour commencer cette année 2020, nous vous proposons d’abord une sélection des meilleurs films sortis en salles l’année dernière.

Parmi les critères parfaitement subjectifs retenus pour constituer ce Top 20 films de fiction : la qualité du film (évidemment !), le plaisir pris pendant la projection (ça ne va pas toujours de pair), la diversité des genres et des nationalités : de la France aux Etats-Unis en passant par la Corée du Sud.

Un cru 2019 où se dégagent des films à la croisée des genres (Parasite, Once upon a time… in Hollywood), à l’approche documentaire (Grâce à Dieu, Le Traître) et surtout engagés (Joker, Les Misérables, Bacurau), y compris sous l’angle de la comédie (Green book, Tel Aviv on fire).

Certains de ces films sont déjà disponibles en DVD à l’Espace Musique et cinéma de la Médiathèque (cliquez sur les titres soulignés pour vérifier leur disponibilité) et d’autres le seront prochainement.
Autre possibilité : la plateforme de ressources en ligne Eurêka, dont le catalogue de film est régulièrement enrichi de nouveautés. En savoir plus sur Eurêka.

En vous souhaitant de bons visionnages et surtout une très bonne année 2020 !

01. Joker de Todd Phillips
Un « blockbuster d’auteur » sur la persécution et la folie du futur meilleur ennemi de Batman, magistralement interprété par un Joaquin Phoenix qui fait froid dans le dos.

02. Douleur et gloire de Pedro Almodóvar
Une autofiction bouleversante et magnifiquement écrite. Un nouveau coup de maître après Julieta du cinéaste espagnol, qui vient de remporter pas moins de 7 prix Goya.

03. Parasite de Joon-ho Bong
La Palme d’or du dernier Festival de Cannes, où s’entremêlent brillamment le drame, la comédie, l’horreur… le tout revisitant la lutte des classes.

04. Les Oiseaux de passage de Ciro Guerra & Cristina Gallego
Un film sur la naissance des cartels de la drogue en Colombie dans les années 1970, dont l’approche ethnologique tranche avec les films de gangsters habituels.

05. Bacurau de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles
Un village brésilien disparaît brutalement de la carte… Point de départ scénaristique mystérieux d’une dystopie aussi réjouissante sur la forme qu’inquiétante sur le fond.

06. Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
Un film à la mise en scène épurée et d’une rare délicatesse sur la passion amoureuse naissante entre une peintre et son modèle.

07. Midsommar d’Ari Aster
Un film d’épouvante original, riche et parfaitement mis en lumière (d’autant que c’est le soleil de minuit l’été en Suède où se passe l’action !) par une B.O. aussi anxiogène que réussie.

08. Les Misérables de Ladj Ly
Un état des lieux coup de poing échappant subtilement au manichéisme. Grand prix du jury au Festival de Cannes, il défendra la France et ses quartiers (!) aux prochains Oscars.

09. L’Adieu à la nuit d’André Téchiné
Un film sur la radicalisation religieuse mettant en scène une fracture générationnelle et qui ne sombre jamais dans le pathos.

10. L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier
Un film intriguant de bout en bout (mais que préparent donc ces ados surdoués bizarres ?) où la musique électronique sombre de Zombie Zombie joue un rôle essentiel.

11. Grâce à Dieu de François Ozon
Un hommage à ceux qui ont le courage (et la foi oserait-on dire…) de briser le silence, et dont l’importance nous est rappelé par l’actualité de ce début d’année…

12. Once upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino
Un film tragi-comique sur le cinéma, l’un des plus touchants et nostalgiques (et des moins violents ! quoique…) de Tarantino.

13. Ad Astra de James Gray
Un autre film où Brad Pitt excelle ! Une aventure spatiale où le réalisateur américain préférés des critiques français (sinon pas loin) parvient à poursuivre son exploration des relations familiales.

14. La Favorite de Yórgos Lánthimos
Avec son habituel mélange de drôlerie et férocité, ici magnifié par Olivia Coleman (à qui les rôles de reines d’Angleterre réussissent bien), le sulfureux réalisateur grec revisite cette fois le film d’époque en costume.

15. Geen book : sur les routes du sud de Peter Farrelly
Un road movie drôle et émouvant inspiré d’une histoire vraie, du temps de l’Amérique ségrégationniste.

16. Tel Aviv on fire de Sameh Zoabi
Un autre exemple de comédie insolite autour d’un sujet lourd, cette fois… le conflit israélo-palestinien, oui oui c’est possible !

17. Le Traître de Marco Bellocchio
Le portrait classieux et fascinant de Tommaso Buscetta, l’un des premiers repentis de la mafia sicilienne Cosa nostra.

18. Sibel de Çagla Zencirci & Guillaume Giovanetti
L’histoire envoûtante d’une jeune femme en quête d’émancipation… ne « parlant » que le langage sifflé des montagnes turques !

19. So long, my son de Wang Xiaoshuai
Une fresque familiale déchirante, magnifiquement écrite et filmée. 40 ans d’histoire de la Chine en 3h05 dont on ne peut ressortir indemne.

20. Rêves de jeunesse d’Alain Raoust
Une ode à l’utopie où l’on retrouve une certaine… Estelle Meyer, récemment vue en concert à la Médiathèque lors du dernier Festival Les Aventuriers !! Lire l’article Les Aventuriers 2019, Clap de fin!

Et pour finir :
2 films d’animation particulièrement sensibles et émouvants : J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin et Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman & Eléa Gobbé-Mévellec.
Sans oublier pour un public plus familial : Toy Story 4 de Josh Cooley, Le Roi Lion de Jon Favreau et la relecture de Dumbo par Tim Burton

– et 1 film documentaire pour les fans de foot mais pas que : Diego Maradona d’Asif Kapadia.

Autres films de 2019 à voir disponibles en DVD :
Les Crevettes pailletées de Cédric Le Gallo & Maxime Govare, Qui a tué lady Winsley ? d’Hiner Saleem, La Mule de et avec Clint Eastwood, Arctic de Joe Penna, Les Météorites de Romain Laguna, Border d’Ali Abbasi, Vice d’Adam McKay, Une intime conviction d’Antoine Raimbault, Styx de Wolfgang Fischer…

Et du coté des meilleures bandes originales de films 2019 :
Disponibles en CD : Midsommar de Bobby Krlic, L’Heure de la sortie de Zombie Zombie, Grâce à Dieu des frères Evgueni et Sacha Galperine, Green book de Kris Bowers, Brooklyn affairs de Daniel Pemberton, Les Hirondelles de Kaboul d’Alexis Rault, Yesterday interprétée par l’acteur du film Himesh Patel…

Et à écouter en streaming sur diMusic depuis Eurêka : Douleur et gloire d’Alberto Iglesias, Roubaix, une lumière de Grégoire Hetzel, Au nom de la terre de Thomas Dappelo, Papicha de Rob, Yves de Bertrand Burgalat… et de nombreuses autres !

Le meilleur du meilleur dans la playlist YouTube ci-dessous :

Julien

Jacques Demy-Michel Legrand, inititateurs de la comédie musicale française.


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Originaire de Pontchâteau, près de Nantes, Jacques Demy est né en 1931, d’un père garagiste, et de mère  coiffeuse. Le père tient son garage jusqu’en 1934, année au cours de laquelle il décède. Il a toujours imaginé que son fils prendrait sa suite. Mais le jeune Jacques a d’autres projets en tête. Lui qui dès l’âge de quatre ans utilisait des marionnettes pour raconter des histoires, puis ensuite à neuf il utilise un petit projecteur de cinéma, et va même jusqu’à peindre la pellicule pour travailler à des films d’animations.

Fin 1944, il achète sa première caméra, et réalise alors des films avec des comédiens puis plus tard des documentaires, comme « Le Sabot » (1947) et « Le sabotier du Val de Loire » (1955). Dans les années 50’s, il réalise quelques courts-métrages, comme « Le bel indifférent » (1957), « La mère et l’enfant »(1959).


Dès 1961, Jacques Demy réalise le film qui va vraiment lancer sa carrière et le faire connaitre auprès du public. « Lola », avec Anouk Aimée, qui interprète le rôle titre, à savoir une danseuse-entraîneuse dans un cabaret nommé « L’Eldorado ». Tombée enceinte très jeune d’un aventurier, Michel, qui part en Amérique, elle élève son enfant seule puis avec un marin fraîchement débarqué de Chicago, qui lui rappelle Michel. C’est aussi grâce à ce film que l’actrice va voir sa carrière décoller.

Par la suite, il va tourner, dans la belle ville de Nantes, deux films qui vont devenir des classiques, tout d’abord « Les parapluies de Cherbourg », en 1964, film pour lequel il obtiendra la palme d’Or au festival de Cannes et le prix Louis Delluc. La comédie musicale à la française est née. Au casting, une certaine Catherine Deneuve. La musique est signée Michel Legrand.

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Grâce au succès international du film, Deneuve et Legrand verront leur notoriété exploser. Suite à ce très grand succès, Jacques Demy travaille sur le scénario des « Demoiselles de Rochefort »(1967), avec Catherine Deneuve et sa sa soeur, la regrettée Françoise Dorléac (photo ci-dessous), mais également le jeune Jacques Perrin (qui produira le film animalier « Microcosmos », sorti en 1996), les danseurs et comédiens américains Gene Kelly (connu notamment pour ses prestations dans « Chantons sous la pluie », aux côté de Fred Astaire), et Georges Chakiris, qui a signé une très belle prestation dans le film « West Side Story » (1962), aux côtés notamment de la jeune comédienne Nathalie Wood.

En 1970, il tournera « Peau d’âne » avec Catherine Deneuve dans le rôle titre avec également la star française Jean Marais. Michel Legrand composera évidemment la musique du film. Dans la foulée, Jacques Demy s’attaque à nouveau scénario, celui de « une chambre en ville »(un des rares films dont de Jacques Demy dont Michel Legrand n’a pas fait la musique, confiée à à Michel Colombier). Tout d’abord prévu pour être tourné en 1972, il subira de nombreux avatars (problème de productions, refus de comédiens), puis après moult péripéties, verra le jour en 1982, avec au casting une belle brochette de talents, puisque Dominique Sanda, Michel Piccoli, Jean-François Stevenin, Richard Berry, Danielle Darrieux. Du très lourd!

Au milieu des années 70’s, Jacques Demy écrit un scénario intitulé « Dancing »… qui attendra quelques années avant de voir le jour sous le titre « 3 places pour le 26 » (1988), avec au casting Yves Montand, acteur-chanteur, Mathilda May, mais aussi Françoise Fabian. Le film ne rencontrera pas un grand succès auprès du public.

Michel Legrand, né en 1932 à Paris, baigne dans un environnement musical, son père Raymond Legrand étant compositeur et sa mère n’est autre que la soeur du chef d’orchestre arménien Jacques Hélian. De 1942 à 1949, Michel Legrand étudie le piano et la composition sous la férule de Nadia Boulanger notamment. Mais loin de cet univers classique, il se prend de passion pour le jazz, après avoir découvert le trompettiste américain Dizzy Gillespie, avec qui il travaillera quelques temps plus tard, en 1952, à l’occasion de la venue en Europe du musicien. Véritable touche à tout, il pratique pas moins de 12 instruments! Devant tant de facilités, son père décide de l’introduire dans le milieu musical de Paris. Il devient ainsi arrangeur au célèbre cabaret des Trois Baudets, dirigé par Jacques Canetti, qui a vu passer Brel, Brassens, Gainsbourg… Legrand travaillera auprès d’Henri Salvador, Catherine Sauvage, ou encore Jacques Brel.

L’année 1954 marque un tournant dans la carrière de Michel Legrand. En effet, la firme Columbia, par l’intermédiaire de Jacques Canetti, lui passe une commande, composer des relectures de standards français en versions jazzy. Cet album, « I Love Paris », lui conférera une renommée internationale. Quatre ans plus tard, il fait connaissance avec trois monstres de l’histoire du jazz, Miles Davis, John Coltrane et Bill Evans, enregistrant avec eux « Legrand jazz ».

Les années 60, l’arrivée de la « nouvelle vague » au cinéma,  avec des noms comme Godard, Truffaut,  Chabrol, Demy, Varda, Resnais,  Rivette, vont permettre à Michel Legrand de démarrer une carrière dans le cinéma en tant que compositeur de musique. Dans les années 70, il ira aussi aux États-Unis, où aidé de Quincy Jones et Henry Mancini, il intégrera les studios de Hollywood et travaillera avec plusieurs grands noms du cinéma américain.

Bref, Legrand est partout, il touche à tout. Un bourreau de travail, travaillant sur plusieurs projets de front. Comme il déclare dans l’une de ses ultimes interviews, il « aime apprendre, changer de discipline, de style, d’univers, ça (lui) permet de garder l’esprit ouvert, vif, alerte ». Apprendre est son moteur pour tout projet dans lequel il se lance.

Nombre de stars ont eu le privilège de côtoyer, travailler avec lui. De la chanson française comme Claude Nougaro, Henri Salvador, Charles Aznavour, Nana Mouskouri, Franck Sinatra, du jazz avec Lena Horne, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, du classique comme Natalie Dessay, Kiri Te Kanawa, Jessye Norman, ou encore le monde la variété internationale avec Barbara Streisand. Sacré casting !

Lui et Jacques Demy ont donc écrits ensemble quelques unes des plus belles pages du cinéma français des 60 dernières années. Quant à Michel Legrand, outre donc son travail avec le réalisateur nantais, il a collaboré avec de très nombreux grands noms du cinéma français, mondial : Marcel Carné, François Reichenbach, Henri Verneuil, Yves Allégret, Jean-Luc Godard, Jean-Paul Rappeneau, Edouard Molinaro, Norman Jewison, Richard Brooks, John Sturges, Richard Lester ou encore Clint Eastwood, pour n’en citer que quelques-uns.

Disparu il y a tout juste un an, Michel Legrand, compositeur, musicien, producteur, chanteur, laisse une oeuvre musicale aussi considérable (200 musiques !!) que variée.

Je vous laisse donc (re) découvrir l’univers de ces deux grands noms du 7ème art, avec des musiques de films qui vous rappelleront sans doute des souvenirs de cinéma.

Guillaume.