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Il était une fois… 1975!


Cette année-là, en France, comme ailleurs, divers évènements vont se produire, dans les domaines politiques, sociétaux, sportifs, culturel. C’est d’abord l’adoption définitive de la Loi Veil sur le droit des femmes à l’avortement ainsi que la loi votée qui autorise le divorce par consentement mutuel, qui marquent les esprits et vont changer beaucoup de choses dans la place des femmes au sein de la société. Dans le domaine de l’éducation, la création du collège unique (Loi Habby) va être très importante. Dans le domaine de l’audiovisuel, suite à la disparition de l’ORTF, 3 chaines de télévision voient le jour : TF1, Antenne 2 et FR3 (France Régions 3). Bernard Pivot présentera la première de son émission littéraire, « Apostrophes », qui durera jusqu’en 1990. A l’étranger, le dictateur espagnol Franco meurt. Le roi Juan Carlos engage son pays sur la voie de la monarchie parlementaire. Au Vietnam, la chute de Saigon, rebaptisée Hô-Chi-Minh, marque la fin d’une guerre qui aura durée 20 ans!. Dans le domaine du sport, le Bayern de Munich est sacré champion d’Europe de football (équivalent Ligue des Champions d’aujourd’hui). En cyclisme, Bernard Thévenet remportera le tour de France, devançant Eddy Merckx et Lucien Van Impe. Pour la première fois, l’arrivée se fait sur les Champs-Elysées. Côté musique, deux albums vont marquer les esprits : l’enregistrement d’un album live du groupe Deep Purple à Paris ainsi que celui de Véronique Sanson lors de ses concert à l’Olympia. De nombreuses personnalités du monde politique comme de la culture disparaissent cette année-là : Jacques Duclos (Parti Communiste Français) et Guy Mollet, ancien secrétaire général de la SFIO, et président du Conseil sous la IVème république ; Les comédiens Pierre Fresnay, Michel Simon, le chansonnier Pierre Dac, le peintre Jean Dubuffet, l’écrivain-historien Robert Aron, le compositeur russe Dimitri Chostakovitch, le réalisateur italien Pier Paolo Pasolini, l’éditeur français Gaston Gallimard, la comédienne-chanteuse- meneuse de revue Joséphine Baker.

Maintenant, place à l’histoire inventée. Prêt(e(s)? Lisez!

C’était en septembre. Un été indien bienvenu, prolongeant la saison estivale habituelle. J’étais alors revenu de ce sud si cher au père de Mirza, un ami de la famille. De quoi garder le moral et le corps bronzé par longues heures passées alangui sur le sable brûlant. Je me remémorais alors la rencontre avec cette fille aux yeux clairs, une certaine Vanina. Un prénom venu du nord de l’Europe, du pays des tulipes. Elle résidait habituellement du côté de chez Swann. Avec ma belle, on s’était fait une promesse, se retrouver et partir… partir loin.. aussi loin qu’il nous serait possible. Quelques mois plus tard, l’hiver venu, nous avions décidé de nous embarquer à bord du « France« , ce majestueux paquebot, fleuron de la technologie et de l’industrie française de l’époque, surnommé le « petit frère » du « Normandie« , autre paquebot français. Nous nous sentions heureux de faire partie de ces voyageurs, qui allaient traverser l’atlantique jusqu’à l’autre bout du monde. Direction le grand sud, l’Argentine, Buenos-Aires. Dans la salle de cinéma, un film de Pasolini était projeté, « L’Evangile selon Saint-Mathieu »… Peu de spectateurs … ce pieux réalisateur transalpin ne rameutait pas les foules. A un autre niveau du Paquebot, dans un salon dédié aux soirées musicales, un excellent orchestre exécutait des œuvres de Dimitri Chostakovitch devant un pare-terre de spectateurs en tenues de soirées. Deux spectactrices de marque assistèrent à ce concert. l’actrice hollywoodienne Audrey Hepburn et la déjà princesse de Monaco, Grace Kelly.

Le premier soir, sur le bastingage, marchant serré l’un contre l’autre, Vanina et moi, observant le délicieux spectacle du ciel étoilé, avons rencontré un homme qui semblait un brin déprimé, la chevelure et la barbe hirsute, semblant légèrement alcoolisé. Nous hésitions à lui parler. Nous voyant, il s’est approché de nous et expliqua qu’il voyage en solitaire, comme un « chasseur », depuis la séparation d’avec sa compagne, avec qui il avait initialement prévu cette traversée aussi romantique que fabuleuse. Je m’appelle  « Bonsoir les jeunes.. je m’appelle..euh..(hésitant)…Christophe.. comme Colomb » nous asséna-t-il d’une voix rugueuse…avant d’enchainer… »Elle s’appelait Mélancolie » nous dit-il… les yeux embués de tristesse. Il nous avait également confié qu’il ne cessait de rêver d’elle chaque nuit. Originaire de la tribu des Acadiens, Christophe considérait d’ailleurs ce pays comme sa terre promise, un refuge où il désirait, du moins nous le l’assurait-il, finir sa vie.

Le trouvant passionnant, nous avions décidé de passer la soirée et une bonne partie de la nuit à écouter cet homme dévasté par un amour brisé, perdu.. « Mon cœur est malade »…se lamentait-il … »Oui… malade, vide ».. accentuait-il. Devant ce constat terrible, nous n’osions pas Vanina et moi afficher nos élans d’amoureux en pleine romance, nous enlacer, nous regarder langoureusement, de peur de vexer, de gêner cet homme sans amour. Nous offrions à ses yeux humides l’image de jeunes gens heureux à qui l’avenir et la vie souriaient. « What a difference a day makes » se mit-il à grommeler… je notais alors qu’il était amateur de jazz, de Dinah Washington.. »un homme de goût sous un aspect renfrogné me disais-je alors »… Mais nous constations qu’il nous signifiait être arrivé au bout de sa vie, qu’il n’y tenait plus… et que nous assistions peut-être sans le savoir, à ses ultimes soubresauts, redoutant qu’il pourrait très bien se foutre à l’eau sous nos yeux sans que nous n’y puissions rien faire. Cette simple perspective nous pétrifiait.
Alors que la nuit avait depuis longtemps posé son froid manteau sur nos épaules, Vanina et moi avons continués d’échanger, discuter, avec Christophe, surtout pour le convaincre de ne pas faire le grand saut, de ne pas s’en aller encore définitivement.. car la vie réserve bien des surprises… et qui sait si cet homme, que nous avions pris en protection et affection malgré nous, ne rencontrerait pas demain une femme à aimer, à qui dire les mots bleus, avant de mourir. Comme un dernier tour de manège sur la grande bleue.

Le pensant rassuré et réconforté par nos échanges de la nuit, nous avons pris congé de lui, le sommeil, très en retard, nous ayant rattrapé, nos corps ne demandant qu’à s’écrouler pour récupérer. Il nous a alors fait la promesse de nous retrouver le lendemain, même heure, même endroit, pour continuer la discussion. Le lendemain soir, à l’heure dite, un steward de bord vint nous avertir qu’il avait disparu.

La suite de notre traversée s’en trouva bouleversée, et notre arrivée à Buenos-Aires n’aurait pas le goût escompté. Christophe dit « le chasseur » serait dans nos esprits.

Guillaume.

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Il était une fois … 1974!


 

Cette année-là, en France, dès janvier, Pierre Messmer est reconduit premier ministre de George Pompidou, qui décèdera le 2 avril. En mars, l’aéroport Charles-De-Gaulle est inauguré. Au cours de ce même mois a lieu le dernier voyage d’un train à vapeur. Le 19 mai, Valéry Giscard d’Estaing sera élu président de la République, Jacques Chirac nommé premier ministre. En juin, la majorité civile, jusque-là établie à 21 ans , est ramenée à 18 ans. En juillet, Françoise Giroud, journaliste-écrivain, entre au gouvernement et prend la tête du premier secrétariat d’Etat aux droits des femmes. En Août, Le plateau du Larzac voit débarquer 100.000 personnes, dans le cadre la suite de la contestation de l’élargissement du camp militaire basé à proximité. En décembre, une loi est votée autorisant l’accession  à la pilule pour les -18 ans, sans autorisation parentale, et remboursée par la sécurité sociale. De nombreux centres de planning familial vont ouvrir. Le 20 décembre, la loi présentée par Simone Veil sur l’interruption volontaire de grossesse est votée. Elle sera mise en application dès 1975. 1974 marque aussi la fin de L’ORTF. Place à 4 grands médias : TF1, Antenne 2, France 3, Radio France, et 3 sociétés de productions que seront TDF, la SFP, et L’INA.

Dans le monde, ce qui retient l’attention ce sont l’expulsion d’URSS de l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, la fin de la dictature militaire au Portugal, l’Inde qui devient le 6ème pays détenteur de l’arme nucléaire, la fin de la dictature en Grèce et le rétablissement de la démocratie, l’adoption (en juillet 74!) par son assemblée de la langue française comme langue officielle du Québec. A noter les disparitions de personnalités telles que le jazzman Duke Ellington, le violoniste russe David Oïstrakh, ou du réalisateur italien Vittorio de Sica .

Mais place à notre désormais rituelle petite histoire inventée.

Waterloo au printemps. Dans cette ville tristement célèbre pour une déroute militaire mémorable de Napoléon, le temps est gris ce jour-là. J’ai 10 ans, timide. Adossé à un muret, entouré de camarades de mon âge dans une école anglaise, j’en suis le mal-aimé. Celui sur qui il est bon de se défouler. Certains garçons se verraient bien en mode Gigi L’amoroso, incarnation latine du british-lover-dandy, comme savaient si bien les incarner David Bowie ou Bryan Ferry. Trop jeune pour comprendre les grands et leurs tourments amoureux, les parades amoureuses, les « I honestly love you », ou « je t’aime je t’aime je t’aime », ou encore « On se retrouvera », comme répétés pour mieux convaincre la personne convoitée, je me tiens à l’écart de ce monde qui m’est pour l’heure étranger. Mais pas pour longtemps.

J’ai un ami, nommé William. il a 3 ans de plus que moi. Les tourments de l’amour lui trottent dans le cerveau. Il aime une fille. Anna, de 2 ans son ainée. Il a écrit une chanson pour elle. Il me dit qu’à la première occasion, il lui chantera, au téléphone, si il ne peut la voir. William est tombé amoureux sans le savoir d’une super nana. Belle, quelques tâches de rousseurs parcourant son visage, l’allure assurée d’une fille qui sait déjà plaire aux garçons, elle écoute du rock, bercée par les 33 tours que son père Freddie, la quarantaine déjà fatiguée d’un homme travaillant en usine qui fabrique des voitures (Austin Mini), passant ses soirées dans les pubs à boire des coups avec sa bande potes et jouant son argent aux courses de chevaux, lui a fait découvrir… Stones, Beatles, Elton John, Queen.. tous les classiques y passent! Il a une devise : pour lui la vie « it’s only rock’n’roll ». Affectueusement, Anna surnomme William « Billy ». Ses amies, connaissant son goût pour les garçons plus âgés qu’elle, se demandent en me voyant à ses côtés : « Qui c’est celui-là? ». Un soir qu’il est chez son père, le téléphone sonne. Sa mère, vivant à Bruxelles pour le travail, au bout du fil (expression désuète aujourd’hui au vu des cellulaires de notre quotidien). Elle n’a pas vu son fils depuis trop longtemps. Freddie prend alors le combiné et après quelques minutes d’une âpre discussion, une décision est prise. William quitte Waterloo pour la Venise du nord, sa mère, et sans doute une vie un peu meilleure. Il comprend alors qu’il ne reverra sans doute jamais Anna. Le téléphone pleure.

Le cœur déchiré, l’âme en peine, William s’en va, me laissant seul, et abandonnant son père à ses beuveries partagés, sa solitude plombée par le climat local.

Et moi, je me dis : « Vivement 1975! »

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était une fois… 1973!


Année qui voit la création de l’Europe à 9 pays dès le mois de janvier. Qui sera marquée par des réélections de présidents africains, au Sénégal (Léopold Cédar-Senghor) et au Gabon (Ali Bongo) avec des scores dignes de dictatures, par le coup d’état militaire au Chili en septembre avec l’arrivée au pouvoir du général Pinochet, et le suicide du président Salvador Allende. En octobre, Henry Kissinger, diplomate américain, reçoit le prix Nobel de la Paix en duo avec le nord-vietnamien Le Duc Tho, qui lui le refusera. En France, le mois de mai est le théâtre d’une manifestation pour revendiquer le droit à l’avortement et à la contraception pour les femmes. Juin voit le début de la grève chez Lipp, août 80.000 personnes déferler sur le plateau du Larzac pour protester contre l’extension du camp militaire, septembre est l’occasion de l’inauguration à Paris de la Tour Montparnasse, enfin en octobre, le parlement français (Sénat et Assemblée nationale) décide de la réduction à 5 ans du mandat présidentiel.

Cette année-là voit naître le journal « Libération » dont le premier numéro paraîtra le 18 avril 1973. Côté artistique, et d’abord au cinéma, si Brigitte Bardot annonce qu’elle arrête sa carrière de comédienne, il faut noter la sortie de films importants tels que : « Etat de siège » de Costa Gavras, « La grande bouffe » de Marco Ferreri, « L’emmerdeur », de Edouard Molinaro avec Lino Ventura et Jacques Brel, « Deux hommes dans la ville », de José Giovanni, avec Jean Gabin et Alain Delon. L’année 73 est année cruelle puisque nombre de personnalités des Arts disparaissent : le peintre Pablo Picasso, l’actrice italienne Anna Magnani, l’humoriste Fernand Raynaud, le violoncelliste et compositeur Pablo Casals, le réalisateur américain John Ford et le français Jean-Pierre Melville, sans oublier l’écrivain JRR Tolkien, père du « Hobbit » et de sa suite « Le Seigneur des Anneaux » paru en 1954-1955.

Maintenant, place à l’histoire inventée.

Soir d’automne. Installé dans mon salon, devant ma cheminée, sur les coups de 22H, le téléphone sonna. Au bout du fil (hé oui le Dieu Smartphone n’avait pas encore remplacé le téléphone en bakélite), Ringo, 40 printemps au compteur, un ami de longue date. Ses parents l’avaient nommé ainsi en hommage au batteur des Beatles. Il me dit qu’il avait un problème avec sa petite copine, Angie, 40 ans également, mère d’un enfant qui venait d’avoir 18 ans. Une anglaise très jolie.. Lui, originaire « made in » de Normandie, était fou amoureux d’elle. Il avait vraiment besoin de parler, de se confier. Leur couple traversait quelques turbulences depuis quelques temps. Alors plutôt que le téléphone, et malgré l’heure avancée de la soirée, je lui propose de venir dîner le soir-même. Un bon vin, un plat de pâtes et la nuit devant nous pour discuter. N’habitant pas très loin de chez moi, il était là moins de 15 minutes plus tard. Fils de parents divorcés, il a la maladie d’amour, le besoin viscéral d’aimer et d’être aimé. A 4o ans, il me dit qu’avec Angie, il a trouvé celle qu’il lui faut, pour la suite de sa vie. Qu’il envisage avec elle et pour elle le meilleur. Qu’Angie parfois, bien que réservée, lui confie qu’elle a rencontré avec lui l’homme de sa vie. Elle le surnomme « My love ».

Il souhaite lui faire découvrir la beauté de Venise en gondoles, mais aussi ses ruelles étroites, biscornues, ses immeubles aux façades délabrées qui parfois cachent de somptueux palais, sa place Saint-Marc, l’île de Murano, où parfois l’on croise les vieux mariés qui s’y promènent, nostalgiques de leur première venue. L’état de délabrement de cette cité lagunaire donne un sentiment de nostalgie d’un lointain passé glorieux. Il me fait part d’un projet : « Nous irons à Vérone, ville de Roméo et Juliette, nous aimer tranquillement, loin de la mélancolie parisienne ». Ringo et Angie coulent des jours heureux, sans monotonie, même si parfois le manque de money freine leurs envies.

Vers 5H du matin, la fatigue nous envahit d’un seul coup Ringo et moi, malgré le plat de pâtes et le vin qui nous tenaient compagnie. Comme un signal d’aller enfin  dormir. Je lui proposais alors de l’héberger afin qu’il dorme tranquillement. Mais avant de le laisser rejoindre Morphée, il me fallait me débarrasser d’un secret qu’Angie m’avait confié voilà quelques semaines, n’osant en parlé directement à Ringo : Elle m’avait indiqué, au cours d’une discussion un après-midi, qu’elle avait un message personnel à dire à Ringo, mais n’osait pas, de peur de le brusquer. De lui, elle voulait un enfant. Partagé entre la colère et la bonne surprise, Ringo eut du mal à réaliser. Il me dit alors, qu’au fond de lui, il le désirait depuis longtemps. Il n’en voudrait pas à Angie. Il l’aime trop.

La vie, leur vie, leur amour, allaient prendre un nouveau départ.

Guillaume.

Il était une fois… 1972!


En France, c’est une année marquée par l’apparition de quelques  décrets importants comme  celui autorisant le travail intérimaire, la contraception, ou l’obligation faite à tout salarié de s’affilier à un régime de retraite complémentaire. C’est aussi l’inauguration du Turbo Train (futur TGV). En juin, le musée du cinéma fondé par Henri Langlois, est inauguré au palais de Chaillot. A Colombey-les-2 Eglises, Georges Pompidou inaugure la Croix de Lorraine, monument en hommage au Général de Gaulle. Juillet est marqué par la démission du premier ministre Jacques Chaban-Delmas, remplacé par Pierre Messmer. En novembre, Bontems et Buffet, malgré la défense de leurs avocats dont Robert Badinter, sont condamnés à mort et exécutés (guillotine). Dans le monde, outre la réélection de Richard Nixon comme président des Etats-Unis d’Amérique, c’est avant tout la prise d’otages meurtrière (11 morts parmi les athlètes israéliens) lors des JO de Munich, qui retient l’attention. Le romancier-journaliste Dino Buzzati et l’académicien-romancier Henry de Montherlant disparaissent cette année-là. Les chanteurs Bobby Lapointe et Maurice Chevalier ne feront plus résonner leur voix, Pierre Lazareff (l’un des inventeurs du premier journal télévisé en 1949, avec Pierre Tchernia, Pierre Bellemare, Pierre Sabbagh), le comédien Pierre Brasseur disparaissent également.

De façon plus joyeuse, en sport, toujours en Allemagne, la sélection de la RFA, emmenée par son capitaine Franz Beckenbauer, remporte son premier grand trophée, lors du championnat d’Europe en Belgique. Au cinéma, c’est la sortie du Film « Le Parrain » de Francis Ford Coppola qui marque les esprits. Le casting est éblouissant : Marlon Brando, Al Pacino, James Caan, Robert Duvall, Talia Shire. Le début de la saga des Corleone.

En musique, si Deep Purple sort l’album « In rock » (avec la pochette figurant les visages des membres du groupe, en hommage au fameux Mont Rushmore-et ses têtes sculptées des 4 premiers  présidents américains), le groupe Pink Floyd joue pour la première fois « The Dark Side of the Moon » en concert. En France Jean Ferrat fait ses adieux à la scène, pendant que l’affiche annonçant le passage de Michel Polnareff à L’Olympia (on y voit l’artiste montrant ses fesses, chose impensable à l’époque), crée la polémique. Il sera condamné pour atteinte à la pudeur.

Maintenant, place à l’histoire.

C’était un lundi. Au soleil d’Italie. Sur la place Navone à Rome, la ville éternelle chargée d’histoires et d’Histoire. Le printemps était là, qui chantait. La saison de la renaissance, des amours qui se font, se rencontrent. ou peut-être se terminent, dans le silence. Avec ma compagne du moment, Clara, brune, pétillante, curieuse, marcheuse, nous vivions alors une belle histoire, la romance, mélange de tendresse et d’accrochages bénins, dont nous savons que ce n’est rien, au sein de cette ville sublime, romantique, mélange de passé et de modernité, où l’Histoire vous fait des clins d’œil à chaque coin de rue, quand elle ne vous invite pas à la visiter dans ses entrailles les plus fameuses (Colysée, le Vatican, la chapelle Sixtine….). Nous vivions cela comme si nous devions mourir demain, intensément, furieusement. Un burning love comme diraient les cousins américains.

Au cours de ces vacances romaines, de ce voyage au pays de Dante, Fellini, Verdi, Buzzati, Pavarotti, mais aussi Roberto Benigni, Ennio Morricone, Gian Maria Volonte, nous profitions de chaque instant, mangeant ici des spécialités romaines, dégustant ici des gelati, déambulant au gré des rues, nous arrêtant devant la fontaine de Trevi. Ensemble. Notre amour nous faisait passer le temps. Les journées semblaient courtes. Bien remplies de nos déambulations curieuses. En nous promenant, arrivant au pied du palais de marbre blanc surmonté de la statue de Victor Emmanuel 2 juché sur son destrier, nous croisâmes des militaires, pour la plupart des sergents qui riaient à gorges déployées de la blague d’un de leur camarade.

Après Rome, nous décidâmes de poursuivre notre découverte de l’Italie par un séjour au Lac Majeur. L’Avventura se poursuivait magnifiquement dans ce décor sublime. Havre de paisibilité, de tranquillité, de calme. De l’eau, des fôrets autour. La nature dans toute son expression. Un bonheur simple. Près du Lac Majeur, le Regina Palace nous attendait. Majestueux. avec une vue imprenable sur l’extérieur. Cossu et chaleureux, l’endroit était propice aux amours, à la réflexion, au travail pour qui est écrivain, peintre, musicien, cinéaste. Sans doute certaines célébrités ont fréquenté cet endroit et dormi dans des draps de satin blanc, et se sont peut-être dis : « si on chantait? », bercé(e(s) par « Layla » ou « Papa Was a Rolling stone », ou encore « Rocket man » ou « les plaisirs démodés ».

Avec Clara, nous nous disions que peut-être les matins d’hiver, dans cet écrin magique, vaudraient sans le coup d’être vécus. Qui saura? comme le fredonnait une star des années 70. En tous cas, après avoir vu Rome, le Lac Majeur, Clara et moi pouvions imaginer que peut-être l’expression « Nous irons tous au Paradis » ne pouvait que s’accorder à ces lieux magiques. Uniques. Après avoir vu, découvert, savourer, toutes ces richesses, saveurs, et décors italiens, nous nous sommes dis que finalement Marianne était jolie, nous manquait. Nous sommes alors rentrés en France.

Vivement 1973 !

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

Il était une fois… 1971!


Cette année est marquée, en France par plusieurs évènements dans des domaines très divers : La création du premier ministère chargé de la protection de la nature et de l’environnement, la publication du manifeste de 343 femmes issues du monde des Arts qui revendiquent publiquement avoir eu recours à l’avortement. François Mitterrand prend le contrôle du Parti Socialiste. Le chanteur et poète américain Jim Morrison, qui a quitté quelques mois plus tôt le groupe des Doors, est retrouvé mort chez lui, à Paris, à seulement 27 ans. Coco Chanel, Fernandel, Igor Stravinsky, Jean Vilar, Louis Armstrong et King Curtis, seront les autres personnalités importantes qui décèderont cette année-là. Pour protester contre l’extension du camp militaire, décidée par Michel Debré, ministre de la Défense, 6000 personnes occuperont le plateau du Larzac. A l’étranger, en Egypte, Nasser inaugure le barrage d’Assouan, sur le Nil. Le Quatar, les Emirat-arabes unis, Bahrein se verront accordés leur indépendance par le Royaume-Uni. Voilà pour le décor. Place à notre petite histoire inventée.

Toulouse. Avec ma compagne du moment, la jolie Sarah, d’origine britannique (oui j’ai un faible pour les ressortissantes du Royaume-Uni) nous avions décidé de partir nous éclater sur les belles plages du Sénégal. Bien sûr, des amis bien intentionnés nous avaient mis en garde sur la présence potentielle de gentlemen cambrioleurs, véritables Arsène Lupin. Mais nous on s’en foutait, nous voulions juste vivre notre belle histoire d’amour, comme Juliette et Roméo, mais sans la triste fin. Sarah et moi, nous nous aimions à perdre la raison, à n’en savoir que dire… totalement fusionnels!

Arrivés sur notre lieu de vacances, à Saint-Louis, nous décidâmes, bagages posés, d’aller nous promener dans les rues. Soudain, au détour d’une rue, des éclats de voix attirèrent notre attention. « What’s going on ? » s’exclama Sarah! Un jeune homme, que ses amis nomment « Tiny Dancer« , nous indiqua alors qu’à cet endroit c’était toujours la même chanson, qu’avec les années, non, non, rien n’a changé, malheureusement. La scène qui se déroulait sous nos yeux mettait aux prises des marchands de sommeil sans vergogne avec des locataires à qui ils réclamaient des impayés. De façon brutale. Face à des enfants et femmes. Bien sûr les hommes du quartier se mirent en travers. D’où les voix qui s’élevaient. Certaines jeunes femmes présentes, appelées aussi filles du vent, car disparaissant aussi vite qu’elles arrivaient sur un lieu, s’étaient mêlées à l’attroupement.

Pour nous sortir de cette scène brutale et difficile, Tiny Dancer s’improvisa guide pour nous et nous proposa de nous faire visiter sa ville, dans les moindres recoins. Il nous emmena dans un quartier, Brown Sugar Place, où se réunissaient, le soir venu, des musiciens mais pas uniquement. Voyant l’intérêt que les hommes portaient à Sarah, je n’oubliais pas rappeler par un « My wife » que nous étions en couple. Certains étaient percussionnistes, d’autres guitaristes, bassistes, ou simplement chanteurs. Nous passâmes un très joli moment durant lequel Sarah, qui aime danser et chanter, ne manqua pas de se joindre à eux. Devant tant d’audace, les musiciens et le peu de public présent furent d’abord étonnés, puis respectueux…. Voilà une « Strange kind of woman » se disaient-ils sans doute! Après avoir assisté (et participé) à cette scène entre musiciens, Tiny Dancer nous proposa gentiment  d’aller prendre un verre dans un bar à la réputation calme, le « Black Dog ».

L’endroit à l’ambiance ambiance cosy, est le lieu de retrouvailles de tous les expatriés qui vivent à Saint-Louis. S’y côtoient anglais, français, hollandais, allemands. Dans un coin du bar-restaurant, nous entendions un pianiste jouer les thèmes « Mercy Mercy Mercy me », « It’s too late », ou « Another day ». Un moment de quiétude bienvenu, une pause que nous voulions savourer, après ce que nous venions de vivre, Sarah et moi. Après ce moment de répit dans cet écrin occidental au coeur de la capitale sénégalaise, Sarah et moi rentrons à l’hôtel. Sur le chemin, nous assistâmes à un orage aussi bref qu’impressionnant. Une habitude pour les habitants de Saint-Louis et plus largement du Sénégal. Ils sont loin de décourager les locaux, habitué(e(s) aux caprices de la météo. Sarah dit de sa belle voix timbrée qu’ils et elles étaient de véritables « Riders on the storm ».

Saint-Louis, ses plages, sa population accueillante et chaleureuse, son ambiance colorée, chatoyante, parfois bruyante, pour Sarah comme pour moi, c’était un peu une marche vers le paradis, qu’hélas nous devions quitter, pour retrouver notre chère ville rose et son canal du Midi.

Vivement 1972!

Guillaume.

 

Il était une fois… 1970!


1970. Année charnière. Une nouvelle époque s’ouvre, suite aux différents mouvements sociétaux, musicaux, politiques, qui ont secoué la France et le Monde dans les années 60. L’année qui ouvre une nouvelle décennie est marquée par différents évènements qui concernent le monde du travail (le SMIC remplace désormais le SMIG), la politique (décès du Général de Gaulle en France, élection de Salvador Allende au Chili…), la science faisait faire des bonds en avant considérables à certains pays, comme le Japon et la Chine, avec le lancement de leur premier satellite. C’est aussi le retour sur terre, après de très grosses difficultés, de la mission Apollo 13 (qui inspirera à Ron Howard, en 1995, le film « Apollo 13 » avec Tom Hanks, Kevin Bacon, Bill Paxton, Ed Harris). En musique, Paul Mac Cartney annonce la séparation des Beatles. C’est également une année marquée par des disparitions de personnalités du monde de la culture : Elsa Triolet, Jean Giono, François Mauriac, Luis Mariano, Jimi Hendrix, John Dos Passos, Mishima. En sport, cette année est marquée par la victoire éclatante en finale de la coupe du monde au Mexique, de l’équipe du Brésil emmenée par le génial Pelé, face à l’Italie (photo ci-contre).

 

 

 

Mais revenons à notre désormais fameux rébus musical, perdu dans le dédale d’une histoire inventée. Prêt(e(s)? Lisez maintenant!

Je m’appelle John. J’habite en France depuis 10 ans. Je possède une maison, situé en bordure de l’océan atlantique. J’aime sa sauvagerie, ses gros rouleaux, la couleur changeante de l’eau, sa lumière particulière, qui ne sont pas sans me rappeler ma terre natale irlandaise. J’adore me promener le matin comme le soir, me laisser aller à regarder la mer. Dans mon coin de villégiature, non loin de La Tremblade, les activités sont très limitées, à part la pêche en rivière ou en bateau à moteur, les balades à vélo. C’est tout juste s’il y a un ou deux bals populaires l’été venu, hormis celui, rituel, du 14 juillet. Quand je suis là-bas, je suis entouré de mes livres, de souvenirs d’histoires personnelles, de voyages effectués, et je rêve… oui je rêve à.. L’Amérique… ce pays que je ne connais pas mais qui fascine tant.

C’est décidé, je vais y aller. Peut-être demain. Prendre le bateau. Tels les immigrants, venus principalement d’Europe, de la fin du 19ème et début du 20ème siècles derniers, qui contribuèrent à construire ce pays, à l’enrichir. Je fredonnerai alors « Immigrant song »…en leur mémoire. Avec ma femme, que je surnomme affectueusement « My lady d’Arbanville », nous passons des jours et des nuits à nous aimer, follement.

Arrivés sur place, dans cette ville grouillante et multicolore, multilingue qu’est la Nouvelle-Orléans, ville du blues, berceau de la soul music, où paraît-il il est possible de croiser des travellin’ band, héritiers des fanfares qui dans les années 20’s, défilaient dans les rues de Chicago, Bâton Rouge, Memphis. Aux Amériques, il paraît qu’on trouve des rivières ou l’eau est presque jaune, on les appelle les yellow river. Le grand canyon (voir photo), la death valley, où si on lève la tête il est possible d’apercevoir des condors passer, la mythique route 66, autant d’endroits que nous irons visiter, à n’en pas douter. …. Pendant le summertime, on ira entendre des chorales de Gospel. « Everything is beautiful » se dit-on avec ma femme en regardant tous ce paysages et ces endroits que nous visiterons.

Nous emprunterons une Cadillac pour nous délecter de ces sublimes décors sur les « long and winding road » (routes venteuses) comme ils disent là-bas! La radio, passant de la musique… notamment « Wonder of you » du natif de Tupelo, Mississippi, « Let it be », des scarabées anglais, ou « the Love you save » de la fratrie Jackson. Sur la route 66, nous roulerons un peu au hasard, passant devant des décors dignes de « Paris-Texas ou « Bagdad Café », ses motels aux chambres pas toujours en très bon état clairsemés en bord de route, ses bars pour conducteurs des fameux Trucks, où la bière et les sandwiches sortaient des cuisines, comme des petits pains d’un four, ses cactus, contemplant sa nature sauvage et brut, son silence. Le voyage aux Amériques, pour ma femme et moi, s’avérera très agréable, intéressant, un véritable enchantement pour les yeux devant tant de grandeur, de démesure, comparé à ce que nous sommes habitués à voir en France.

Un voyage comme une dans une bulle, hors du temps, de notre temps. Des images pleins les yeux, des souvenirs à foison, et l’envie d’y revenir chevillée au corps. Il nous fût très dur alors de rentrer, après ce long, beau et joyeux périple. D’une même voix, nous nous sommes exclamés : « Vivement 1971« .

Guillaume.

 

 

Il était une fois… 1969 !


Voilà donc le 3ème volet de mes rébus musicaux. Mais auparavant, un petit retour dans le rétroviseur sur cette année 1969 : Avant d’être marquée par nombre d’évènements musicaux, elle va surtout être le théâtre de quelques premières spectaculaires comme le premier vol du Boeing 747 aux Etats-Unis ou du Concorde à Toulouse, l’arrivée de la limitation de vitesse à 110km/h sur les autoroutes ainsi que la mise en place de la 4ème semaine de congés payés en France, la démission du Général de Gaulle, suite à un référendum, et l’arrivée à l’Elysée de Georges Pompidou. Aux Etats-Unis, Richard Nixon élu président en janvier, sera témoin, comme ses compatriotes et le monde entier fixé devant ses téléviseurs en pleine nuit du 21 juillet, de la retransmission en direct de la première mission de cosmonautes américains emmenés par Neil Armstrong, vers la Lune. Armstrong posera le premier le pied sur cette planète, et prononcera cette phrase restée célèbre « c’est un petit pas pour l’homme, mais un bon de géant pour l’Humanité ». L’aventure spatiale démarre là.

 

1969 est aussi marquée par un week-end musical historique aux Etats-Unis, qui s’est déroulé sur les collines de Woodstock… 3 jours de musiques non stop, plus de 500. 000 personnes venues de tout le pays. Bikers, hippies, adeptes du flower-power reconnaissables à leurs fleurs accrochées dans les cheveux ou à leur boutonnière, vont se réunir, partager, vivre l’un des plus grands festivals gratuits jamais organisé : Bob Dylan, Joe Cocker, Carlos Santana, Jimi Hendrix, Joan Baez, Richie Havens, Ravi Shankar, The Who, Canned Heat, Jefferson Airplaine, Ten Years After, Johnny Winter… bref un menu riche, une orgie musicale qui fera date!! Voilà pour le décor de cette année là.

Cette année-là, comme le chantait un fameux artiste (dont on célèbre ces jours-ci le 40ème anniversaire de sa disparition), moi qui suis né dans la rue… ou presque, je pris un décision radicale. Partir. Tout quiter. Tout laisser. Paris, ses Champs-Elysées, mes amis-amies, ma famille, que je ne voyais que trop peu, ma France que j’aime, surtout la jolie Candy, à qui, malgré sa tentative  désespérée de me retenir par un « Reste!!! », j’ai dit adieu via un « Babe I’m gonna leave you now » définitif, quelques jours plus tôt, en clôture d’une relation décevante. Mon idée? descendre vers le sud, traverser la méditerranée, pour découvrir des paysages dont j’ignorais jusqu’ alors l’existence, le Maroc en l’occurence. Ne me chargeant pas trop, juste d’un sac à dos avec juste ce qu’il faut de nécessaire pour affronter les chaleurs que j’allais rencontrer, me voilà parti pour un long voyage, à pied, d’abord, en bateau ensuite. Ma bonne étoile, me disais-je, devrait me seconder en cas de coup dur.

Un sirop Typhon avalé, mon sac sur le dos, je m’en allais donc à l’aventure. Je laissais derrière moi une maison vide .. de ma présence. Sur la route (pas celle de Memphis, enfin pas encore) de mes vacances, en descendant vers le sud (oui je sais cette évocation vous rappelle une chanson…  🙂 ), je fis la connaissance d’une jolie jeune femme, nommée Mary, qui se faisait appeler « Proud » Lady Mary, car elle était très fière de ses origines aristocratiques, qu’elle ne manquait jamais de souligner. Nous avions souvent de belles discussions, des fous rires aussi, et puis nous abordions également des sujets sérieux tels que le désir d’enfant. Elle ne manqua pas de me dire que si un jour elle devait en avoir un, elle souhaiterait que ce soit une fille… qu’elle appellerai Venus ou Eloise. Arrivés à destination pour prendre le bateau vers l’autre rive de la méditerranée, bien que ce ne fut pas prévu, elle décida de rester avec moi. A ma plus grande joie. Et dans son anglais charmant, elle me dit « I want you ». Je fus surpris par tant d’audace.

Ne sachant trop ce qui nous attendait, une fois arrivés au Maroc et ses terres arides gorgées d’un soleil qui brille, qui brûle, l’aventure pouvait alors vraiment démarrer. Lady Mary, jeune femme très optimiste par nature, égayait mes journées, me disant souvent « Once there is a way…. everything is possible »… en gros « t’en fait pas, il y a toujours une solution »… serait-elle donc ma fameuse bonne étoile ? La suite de notre périple me le dira. Notre volonté commune était de nous éloigner le plus tôt possible des grandes villes pour nous confronter à la nature sauvage, sèche, à ces décors sublimes et arides, à ces oasis qui parfois surgissent de nulle part, comme des cadeaux faits à l’homme après de longues marches sous la chaleur caniculaire du désert, parcouru à dos de chameau ou plus « confortablement », en voiture 4×4. Aussi et surtout pour rendre visite aux gens des villages, situés dans des contrées reculées de ce royaume d’Afrique du Nord. De Fez et sa médina antique autant que labyrinthique, au gorges du Dadès, endroit sublime qui marque l’entrée du désert. La porte vers l’inconnu. Vers la quête de soi. Un voyage initiatique.

Vivement 1970!

Guillaume.

 

Il était une fois… 1968 ! sous les pavés… la musique!


1968, pour beaucoup, est une année particulière, charnière, dans l’histoire du 20ème siècle. Pêle-mêle, elle signifie la libérations des mœurs, l’apparition de la pilule pour les femmes, l’arrivée des drogues dures comme le LSD ou plus douces comme la marijuana aux Etats-Unis, le mouvement Yé-Yé en France, des mouvements sociaux inédits (Mai 68 en France, occupations de facs, d’universités, barricades, usines occupées…), le retour au pouvoir de Mao en Chine, suscitant un véritable culte, des philosophes français célèbres qui se positionnent, tels que Jean-Paul Sartre  . C’est aussi une année violente avec le double assassinat, aux Etats-Unis, de deux figures que tout oppose, Martin Luther King, qui prône la non violence et l’égalité des droits entre blancs et noirs, de l’autre Kennedy, Robert, ministre de la Justice, candidat à l’élection américaine. Au Mexique, au cours des JO, deux athlètes noirs américains, Tommie Smith et John Carlos  vont se signaler par un geste aussi symbolique que fort, pendant l’hymne de leur pays, à l’issue du podium de leur course : Lever leur poings recouverts de gants noirs, en signe de solidarité avec la cause de Martin Luther King. Après ce préambule, certes un peu long je vous l’accorde, je vais donc vous emmener sur les chemins de mon second rébus musical (petit rappel de principe : Trouver les titres de chansons cachés dans l’histoire ci-dessous), qui concerne donc l’année 1968.

Moi de de Mai. Il est 5H du matin. Paris s’éveille. Attablées en terrasse d’un café situé non loin du Panthéon, 2 jolies filles savourent leurs petits crèmes et croissants, tout en observant le manège qui s’offre à leurs yeux curieux. Celui d’une ville qui sort de son silence. Les 2 jeunes filles, en mode touristes, se nomment Lady Madonna, surnommée Jude, en mémoire d’une chanson qu’elle a aimé, originaire de Londres, et Maritza, habitante de Moscou. Elles partagent irrésistiblement l’envie de changer le monde, de faire partie de cette révolution, qui, aux quatre coins de la planète, touche leur génération. Elles à qui leurs parents disaient sans cesse « Fais pas ci, fais pas ça », savent que désormais rien ne sera plus comme avant. Aux garçons, elles pourront dire librement « c’est toi que je veux », elles ont désormais le droit de penser pour et par elles-mêmes! « What? we can think for ourselves!!?? » s’étonnent-elles tout haut en discutant!

Oui ce monde change, accélère, à vitesse grand V! leur génération l’a compris, qui partout où elle le peut, se lève! finie l’époque des femmes à la maison, des jeunes filles coinçées dans des éducations et tenues étriquées.. place à la liberté de penser, d’agir, de dire, de revendiquer, de se vêtir, d’aimer.

La politique entre comme par effraction dans la préoccupation de la jeunesse. Lady Madonna-Jude et Maritza n’y échappent pas, emportées par ce tourbillon qu’elles découvrent. Une jeunesse étudiante prête à tout casser pour se faire entendre, reconnaître enfin, par un pouvoir qui traitera cela de « Chienlit »… cette jeunesse, qui donc s’est ouvert aux produits interdits, écoute Mrs Robinson qui chante « Rain and Tears », ou veut s’envoler vers l’eldorado américain, où le credo « Born to wild » fait des émules. A Paris, les murs sont désormais des terrains d’expression écrite ou même d’affichage sauvage.

Le mouvement est général : la société, sa jeunesse étudiante, ses ouvriers, certains de ses artistes (voir Cannes 68) se rejoignent dans le grand mouvement de ce chambardement général générationnel. Loin de ces préoccupations franco-françaises, Lady Madonna-Jude et Maritza n’en perdent pas de vue que Paris est aussi LA ville de l’Amour. Parfois, au gré de leur déambulation parisienne, elles observent une fille qui aime un garçon. Banale situation, penserez-vous, sauf qu’en 68, cela n’était pas nécessairement évident de l’étaler au grand jour ! Les jours passent, la tension grandit à Paris et en province. La colère s’est répandue.

Les 2 amies, dont le séjour parisien fut plein d’inattendues surprises, de découvertes, décident de s’offrir une dernière virée dans un endroit fameux de Paris, « Au bal des Lazes », cabaret dansant qui n’existe plus de nos jours. Une dernière danse pour se dire adieu. Au rayon des regrets, elles ont un en commun : Ne pas avoir rencontré « de street fightin’ man » à la française. Un mélange de révolutionnaire et de romantisme, en version française. Elles se séparent, un brin mélancoliques. Si Lady Madonna-Jude rentre à Londres, Maritza, s’envole.. back to USSR. Elles se sont promises de se retrouver l’année prochaine, qu’un chanteur-pianiste-compositeur, appelé « l’homme à tête de choux », surnommera plus tard du qualificatif « érotique ».

Vivement 1969 donc!

Guillaume.

Il était une fois… 1967!


… Contrairement à mon ami et collègue Laurent, qui se concentre à vous faire découvrir, via une nouvelle série dont il a le secret, les musiques des années 80 (à partir de 1981), année par année, moi j’ai décidé de me concentrer sur la période de la fin des 60’s, soit à partir de… 1967 jusqu’en 1980…. Question de génération 🙂 ! Mais plutôt que de vous égrainer une série de titres ayant marqués cette fameuse année 1967, je vous propose un petit jeu en forme de rébus musical : A travers une petite histoire inventée de toutes pièces, ce sera à vous de retrouver les titres cachés et donc leurs interprètes, même si certains, j’en suis sûr, vous sembleront évidents. A vous de jouer donc! Et je procèderai ainsi pour les années qui suivront, jusqu’en 1980.

1967. Alors que j’étais en vacances à San Francisco, ville dont un ami m’avait dit un jour « si tu dois aller quelque part en vacances, alors… « Let’s go to San Francisco »! Cette ville, connue pour ses brumes et son pont rouge mythique (bizarrement nommé Golden Gate Bridge), entourée de collines, où furent tournés films et séries télévisées (« Bullit », « Street of San Francisco »…), allant même jusqu’à devenir le repaire des hippies, qui se donnaient tous rendez-vous en haut de la colline, devant une maison bleue, oui cette ville venteuse, m’avait-il dit, est magique! Là bas, quand le matin se lève, la lumière est belle, somptueuse, donnant aux maisons en couleurs tout leur éclat!

Un matin donc, au lever du soleil, en me promenant sur Penny Lane Avenue, je rencontrai une fille, prénommée Alice, qui marchait comme un garçon. Après avoir fait sa connaissance, au cours de longues discussions, nous avons vécu un bel amour d’été, fréquentant notamment le Strawberry Field Café, devenu notre quartier général. Un endroit superbe, cosy avant l’heure, avec aux murs des portraits des Beatles, de Jimi Hendrix, des Doors…. mais aussi d’artistes français comme Françoise Hardy, Eddy Mitchell ou Johnny Hallyday. Une brown-eyed girl comme disent les américains! Elle me répétait à tue-tête : « I’m waiting for my man »… Et moi, secrètement, d’espèrer que ce soit moi! Car oui… belle Alice… all you need is love, me disais-je ! Pour cela j’étais prêt à lui faire des déclarations, à lui écrire jour après jour des letters enflammées, pour lui prouver combien je l’aimais.

Mais Alice, fille appréciant plus que les paradis perdus, ne se détachait jamais de Lucy in the Sky with Diamonds… triste quotidien pour une aussi jolie fille constatai-je, écoeuré !!! c’était son côté obscur, son dark side comme on dit là-bas. L’été filait doucement à San Francisco. Bien qu’il me parut léger au début avec elle à mes côtés, je le voyais s’assombrir, davantage chaque jour devenir un enfer. Au point qu’un soir, elle se montra très sérieuse face à moi et sans se départir m’annonça : « Tu sais, ce soir est notre dernière valse… Je suis venue te dire « Bye Bye Prêcheur »…. Ne m’attendant certes pas à cette annonce, me retrouvant dans la position du boxeur sonné, acculé dans les cordes, je ne suis pas resté avec elle jusqu’au bout de la nuit. J’aurai dû. Le lendemain matin, elle fut retrouvée inanimée, sur le sol de sa chambre, le corps aussi dur que du bois. Triste, me sentant impuissant, je terminai cet été de la pire des façons. Un vol San-Francisco-Paris, et l’envie d’oublier ce rêve qui a viré au cauchemar. Le besoin de me reconstruire, with a little help from my friends. Je me suis dit : « Vivement 1968 ».

Guillaume.