Archives de Catégorie: Nos Samples Rendez-Vous

Nos Samples Rendez-Vous #29 : Drake et Timmy Thomas


Attention blockbuster!!! L’un des titres les plus hot de ces dernières années, le “Hotline bling” de Drake. Alors c’est un petit défi pour moi car je suis pas un gros fan du Canadien, je sais que je vais probablement me faire canarder par les jeunes, mais malgré son talent, il en a, c’est évident, je le trouve un peu trop “facile” sur ces morceaux, trop mainstream! C’est pas un mal en soi, mais c’est juste moi, j’aime un peu plus d’épaisseur chez les rappeurs.

Bref, si vous avez passé ces quelques lignes sans m’insulter, revenons ensemble au morceau qui nous intéresse aujourd’hui, “Hotline bling” donc, le morceau club de 2015 de l’artiste, hyper sexy où Drake nous raconte son histoire avec son “Booty call” pour rester poli et respectueux.

Alors, le sujet est assez récurrent dans le rap actuel et ici, il nous explique que la jeune fille en question faisait sonner son téléphone pour un projet bien précis et que lui, gentleman qu’il est, se faisait une joie d’accomoder madame, bref…

Pour le track il a samplé Timmy Thomas et son morceau “Why can’t we live together?”, j’avoue que je ne connaissais pas cet auteur/compositeur avant ce morceau et même si sa carrière de chanteur n’a pas été des plus aboutis, ce titre a été un succès et je pense vraiment que je ne suis pas le seul à l’avoir découvert à travers le titre de Drake, alors rendons à César ce qui est à César…

Comme quoi, ça a du bon ces affaires de samples non?

 

Laurent

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Nos Samples Rendez-Vous #28 : Kanye West et Luther Vandross


Luther Vandross, c’est fait je vous en ai déjà parlé dans une édition des Soulections, donc si vous me lisez un peu, vous savez que j’adore le type et le morceau dont il sera question aujourd’hui ne fera pas exception, “A house is not a home”.
A l’origine, le titre est chanté par Dionne Warwick pour la B.O du film du même nom en 1964, il connut un succès assez modeste et passa vite aux oubliettes jusqu’à ce jour de 1981, où MONSIEUR Luther a sorti son premier album solo, “Never too much”.

Dionne Warwick, elle-même a reconnu que le titre était fait pour Vandross et que selon elle, sa version était bien meilleure que l’originale.
Quant au sample utilisé par Kanye West, c’est sur le morceau “Slow jamz” en featuring avec Jamie Foxx, aussi doué comme acteur que comme chanteur et le rappeur le plus rapide de Chicago, Twista. Un track rap/séduction où Kanye a samplé la voix de Luther, l’a accéléré et en a fait un accompagnement à la mélodie de sa chanson.
Les 3 artistes font tour à tour un numéro de séduction aux demoiselles présentes à une soirée, notamment en leur proposant une sélection musicale pour leur faire passer un agréable moment, au programme, Luther, bien sûr, Marvin Gaye, Minnie Ripperton et j’en passe… On se croirait presque dans une édition des Soulections 〈( ^.^)ノ
A ce jeu-la, c’est Twista qui s’en sort le mieux, il balance des jeux de mots à la vitesse de la lumière avec le nom des artistes, un vrai exercice de style!
La chanson est issue du premier album de Kanye, le meilleur, si vous voulez mon avis, quand Yeezus était l’un des plus gros sampleurs de l’industrie hip hop et il n’allait pas piocher dans du n’importe quoi non plus…
Ca m’étonne d’ailleurs d’avoir attendu le 28ème pour vous en parler, ce que je peux vous promettre par contre, c’est que j’y reviendrais…
Laurent

Nos samples rendez-vous #27 : Oxmo Puccino et Con Funk shun


Je vous en parlais il n’y a pas si longtemps dans l’article sur le hip hop et le storytelling car Oxmo Puccino est un des maîtres dans le genre et le morceau dont je vais vous parler aujourd’hui en est un autre exemple, “Le mensongeur”.
La chanson parle d’une histoire de séduction entre Oxmo et K-Reen, avec qui, il a enregistré plusieurs duo à l’époque, ces deux-là ont toujours fonctionnés à merveille ensemble et “Mensongeur” en est sans doute l’exemple le plus parlant.
Ici, Ox essaye par tous les moyens de séduire une K-Reen réfractaire à ses avances, car elle connait le pedigree de dragueur de ce dernier. La boucle ultra funky de Con Funk Shun a fait danser toute une génération, moi y compris et jusqu’à aujourd’hui, c’est l’un de mes morceaux préférés de l’immense discographie de Puccino.
Quant au sample, de Con Funk Shun donc, il provient de la chanson “If I’m your lover”, tiré de l’album “Fever” en 1983, c’est le dernier morceau du disque et il n’a étonnamment pas fait l’objet d’un single, je pense qu’avec le recul, ils auraient dû!
Pour le thème, on reste sur l’amour, mais c’est l’inverse du “Mensongeur”, il s’agit d’un couple en perdition, ou le gars essaie tant bien que mal de garder la flamme vivante, se sentant délaissé par sa tendre et douce…
Oxmo a réutilisé la boucle sans vraiment la retravailler, comme quoi, Funk, Rap et une bose dose d’amour sont un savant mélange qui fonctionne.
Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #26 : Ja Rule et Ashanti/ Patrice Rushen



Always there when you call, always on time… allez, si vous avez écouté un peu de hip hop dans les années de 2000, vous avez forcément entendu ce refrain et la grosse voix de Ja Rule qui rappe les couplets, ça y est? Ca vous revient? C’était la belle Ashanti, compère historique du rappeur qui était en charge du refrain.
C’était la grosse période ou Ja Rule régnait sur le rap mainstream New Yorkais, il était une sorte de DMX édulcoré et ses nombreux duos avec les chanteuses R’n’B de l’époque lui ont garantit un succès pendant une petite dizaine d’années.
Le morceau dont il est question aujourd’hui, c’est, vous l’aurez compris, “Always on time”, ou le New Yorkais reprend le standard de la chanteuse funky Patrice Rushen.

Si vous ne la connaissez pas forcément, vous avez malgré tout sans doute déjà entendu ses tubes, “Always on time” donc ou le plus connu de tous, “Forget me nots”, repris par un certain Will Smith pour la B.O de Men in black.
La chanteuse tressée à a son actif une bonne douzaine d’albums entre 1974 et 1997 et a connu un beau succès pendant l’ère du disco et de la funk. Cependant, vous ne retrouverez pas ce morceau sur l’un des albums de Patrice, il a en fait été enregistré pour la collection “Unwrapped” du label Hidden beach, sur le volume 2.
Ces disques qui étaient, à l’origine, fait pour rester uniquement, à disposition du label, sont tombés dans l’oreille des DJ locaux, qui ont complètement halluciné du niveau de ces disques et du coup, ont poussé pour sortir ceux-ci, et heureusement pour nous, on serait passé à côté de sacrées pépites!!!
Quoi qu’il en soit, Rule, lui en a bien profité et ne s’est pas trop cassé la tête, le refrain est identique, la mélodie aussi, ils ont juste ajouté des grosses basses et le tour était joué, pour le plaisir de nos oreilles.

Laurent

Nos samples rendez-vous #25 : Missy Elliott / Francois de Roubaix


J’ai récemment lu un article qui suggérait que Missy Elliott risquait de sombrer dans l’oubli au profit des Nicki Minaj et autres Cardi B, ce qui m’a bien sûr, fait sauter au plafond!!! Alors, évidemment, oui, il faut vivre avec son époque et apprécié ce qu’on nous propose, mais quand même, je crois que certains ont une légère tendance à oublier le glorieux passé…

Le son ne serait sans doute pas ce qu’il est aujourd’hui sans l’immense talent de Missy Elliott et de son compère Timbaland.

Alors, pour illustrer ça dans cette nouvelle édition de Nos Samples Rendez-Vous, je vous propose de (re)découvrir un morceau de la chanteuse de Portsmouth, Virginia et petit bonus, en featuring, on y retrouve une de nos légendes hexagonales, monsieur Claude “MC” Solaar.

En 1999, ce remix de “All n my grill” est édité et clippé avec Solaar en lieu et place de Big Boi, le binôme d’Andre 3000 dans Outkast et ils nous vont nous conter une histoire d’amour empreinte de Dollars…

Pour ce morceau, Timbaland, producteur du morceau n’a pas seulement recruté Français avec Solaar, mais aussi sur la boucle qu’il a utilisée avec l’immense compositeur François De Roubaix et la thème du film “Dernier domicile connu” avec Lino Ventura et Marlène Jobert en 1970, un film à voir absolument aussi, soit dit en passant.

Ce sample a également été repris par Robbie Williams sur le morceau “Supreme”, l’année d’après, un titre excellent aussi, d’ailleurs, c’est rare d’avoir deux titres qui cartonnent avec la même boucle en si peu de temps.

Cela dit pour en revenir à François De Roubaix, je suis convaincu que ce n’est pas la dernière fois que je vous en parle, tant son talent est immense et vu le nombre de fois où son style si reconnaissable a été samplé, donc affaire à suivre…

 

Laurent

Nos samples rendez-vous #24 : Coldplay et Joe Satriani


Abandonnons un peu le hip hop et la soul le temps d’un nouveau rendez-vous samplé ! Voyons vois ce que nous pouvons trouver dans la pop actuelle avec Coldplay.

Difficile de faire plus en vogue que le groupe de Chris Martin, Coldplay a accumulé les hits ces dernières années, mais le plus marquant ou du moins celui qui a reçu le plus du succès, c’est bien « Viva la vida » de l’album du même nom sorti en 2008. Morceau, qui selon certains, traiterait (entre autres) de la révolution de Louis XVI, le groupe n’ayant jamais confirmé ou infirmé, cela restera un mystère, chacun se fera son avis, mais entre la pochette de l’album et le clip, ça fait beaucoup…

Le sample dont il est question ici est issu de « If I could fly » de Joe Satriani, sur l’album « Is there love in space ? ». Le guitariste a poursuivi le groupe Anglais pour avoir utilisé cette boucle sans autorisation. L’affaire s’est réglée à coup de gros billets verts et tout est rentré dans l’ordre. Vu le succès interplanétaire du tube de Coldplay, la moindre des choses et de rendre à César ce qui appartient à César.

Laurent

Nos samples rendez-vous #23 Common et Electric Light Orchestra


Et bah voilà! J’étais tranquillement en train de mater “Les gardiens de la galaxie 2” (super B.O, au passage) quand j’entends un passage qui me rappelle l’un de mes morceaux préférés de l’un de mes rappeurs préférés: Common et son morceau “Blue sky”, devenu depuis son dernier album “Black America Again”, le premier et unique rappeur a gagné un oscar, un emmy et un grammy, pas mal mine de rien!

Pour en revenir à ce qui nous intéresse aujourd’hui, pour “Blue sky” sur “The dreamer, the believer” le MC de Chicago a utilisé le sample d’un morceau de Electric Light Orchestra en 1977 pour “Mr.Blue sky”, vous avez forcément cette mélodie, que ce soit le morceau lui-même ou dans une pub, c’est quasi obligatoire…

Produit par No I.D et James Fauntleroy, le “Blue sky” de Common est un morceau très positif qui parle de surmonter les obstacles de la vie pour accomplir ses rêves et qui de mieux que Common pour faire passer ce message?

A l’inverse la chanson des Britanniques d’Electric light Orchestra a été inspiré par des semaines de pluies continues pendant l’enregistrement de leur double album “Out of the blue”, le septième et plus gros succès du groupe.

 

Laurent

Nos samples rendez-vous #22 Mafia Trece et la B.O de Kung-fu


Que se passe t-il quand on prend la boucle du thème de l’une des séries les plus mythiques des années 70 et qu’on le mixe avec le groupe de rap Français le plus prometteur de la fin du siècle dernier? On se retrouve avec “A la recherche du mic perdu?” de Mafia Trece, le collectif de rappeurs issu du 13ème arrondissement de la capitale.

Morceau bonus du premier album de la mafia du treize, “A la recherche du mic perdu” transforme nos mc’s en moines Shaolin, à la recherche d’un moine renégat qui aurait volé le totem du temple : un micro d’or. La bataille de rimes peut commencer à la manière des meilleurs films de Kung-fu des Shaw brothers et la prod. de DJ Effa se prête parfaitement à cet exercice.

Et à propos de Kung-fu, venons en au sample dont il est question aujourd’hui: le thème de la géniale série Kung-fu, mais si, vous vous en souvenez, c’est la série ou Kwai Chang Caine (David Carradine) arpente les Etats-Unis avec sa flûte et son chapeau, à la recherche de son demi-frère, ça y est ça vous revient? Sinon, il y a un gros clin d’oeil dans Kill Bill volume 2 de Tarantino.

Cette série est illustrée par un superbe générique composé par Jim Helms avec du violon, de la harpe et quelques percussions chinoises est inoubliable pour quiconque l’a déjà entendu.

 

Laurent

Nos samples rendez-vous #21: Arsenik et William Bell


Villiers le Bel, Juin 2002, Lino et Calbo, les frangins du groupe Arsenik, nous offrent leur vision du monde sur leur second album “Quelque chose a survécu”. Le track en question, c’est “Regarde le monde” ou les deux mc’s ouvrent leurs coeurs à leurs enfants respectifs. Les deux papas font un speech à leurs bambins sur ce qu’est le monde dans lequel ils vont grandir, sur leurs propres parcours aussi. C’est l’un des textes les plus poignants du groupe, si vous voulez mon avis.

Le morceau produit par l’historique Djimi Finger reprend le sample d’un classique de la soul de la fin des années 60, le fameux “I forgot to be your lover” de William Bell ou le chanteur de Memphis, l’une des stars du label Stax, présente ses excuses à sa bien aimée pour l’avoir mise de côté, pas considérée à sa juste valeur et promet de se rattraper.

Au delà du texte qui bien que joli, est assez classique pour ce type de balade, c’est bien la mélodie qui marque les esprits, les arrangements de Booker T. Jones sont intemporels.

Et si les rappeurs du secteur A ne s’y sont pas trompés en utilisant cette boucle, ils ne sont pas les premiers artistes hip hop à s’en servir, 1 an plus tôt, en Californie, Alchemist concocte un beat quasi identique pour ceux qui allaient devenir l’un des groupes phare du hip hop underground west coast: Dilated peoples.

Le morceau c’est “Worst comes to worst” et même si, franchement j’adore le track d’Arsenik, celui-ci est encore un cran au dessus, Evidence et Iriscience se régalent au rythme des scratchs de leur DJ Babu et se payent le luxe d’être accompagné par l’incomparable Guru, qui dit mieux? C’est tout simplement pour moi, le meilleur morceau de Dilated, qui possède pourtant une discographie bien fournie, mais y’a pas, dès que j’entends les premières notes, quinze ans après, je monte toujours le son et ma tête bouge, c’est instantané!!!

 

Laurent

Nos samples rendez-vous #20 : Dr Dre et Charles Aznavour


Si on avait dit à Charles Aznavour en 1966 que son morceau “Parceque tu crois”, quasiment passé inaperçu à l’époque s’offrirait une deuxième vie à la fin du siècle grâce au maître du gangsta rap Californien, nous aurait-il cru?

C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé quand Dr.Dre a déniché cette perle rare de la discographie du “Grand Charles” pour son deuxième album: “2001” sur le morceau: “What’s the difference?”

A cet occasion, il est accompagné d’Eminem, qui n’est pas encore la superstar du rap qu’il deviendra plus tard, ce morceau est la confirmation du talent que celui-ci démontre sur son “Slim Shady” sorti quelque mois auparavant. Egalement, sur ce morceau, on trouve Xzibit, valeur sûre de cette nouvelle vague californienne qui déferle sur le monde du hip hop et nouvelle signature du docteur sur son label Aftermath.

“What’s the difference?” est l’un des titres phares de l’album et fera découvrir à beaucoup de fans de hip hop, l’étendu du talent d’Aznavour.

Quelques années plus tard, en 2006, c’est Blu Cantrell et Sean Paul qui revisiteront ce standard avec “Breathe”, un énorme succès pour les clubs à l’époque.

Alors, Charles, tu nous crois maintenant?

 

Laurent

Nos samples rendez-vous #19 : Les sages poètes et Shannon


Un de mes groupes de rap Français préférés à l’honneur aujourd’hui avec Les sages poètes de la rue et un des morceaux de leur deuxième album “Jusqu’a l’amour”, produit par Zoxea, l’un des trois rappeurs du groupe: “J’rap pour les mino(rités)”.

Le track date de 1998 et c’est un lâchage total des 3 mc’s de Boulogne, pas de refrain, les compères kickent sur l’instru de Zoxea, qui ouvre lui même le bal. C’est sans doute l’un des morceaux les plus marquants de l’album et de la discographie des Sages Po’.

Pour cette production, Zoxea s’est servi des quelques notes de synthé au début de “Doin’ what you’re doin’” de Shannon, plus connue pour son morceau “Let the music play”, elle fut l’une des figures de l’electro-funk du début des années 80, même si malheureusement elle ne connaîtra pas un succès durable. Ce sample utilisé par les Sages Po’ est l’occasion de découvrir cette artiste à ranger dans les “One hit wonders”.

Laurent

Nos samples rendez-vous 18 : Foxy Brown et Toots and the maytals


1333524-gf2001, retour très attendu de Foxy Brown, une Nicki Minaj avant l’heure pour les plus jeunes, également plus talentueuse de mon point de vue, mais passons… Après plusieurs démêlés avec la justice et une petite dépression, l’icône féminin du rap de l’époque revient avec l’album « Broken silence » et ce single « Oh Yeah ! » en featuring avec Spragga Benz. Ce troisième opus de Foxy n’a pas le succès espéré et sera son dernier en date, cependant, il reste, selon moi comme son album le plus abouti, le plus hip hop et ce single aura eu le mérite d’être avant-gardiste dans cette connexion rap/dancehall devenu si populaire par la suite.

Pour ce morceau, la « Ill na na » a utilisé un sample de l’un des groupes de Reggae les plus influents des années 60/70 : Toots and the maytals, le groupe a avoir utilisé pour la première fois le terme « Reggae » dans une chanson(Do the reggay). Le sample est tiré de « 54-46 Was My Number », un titre de l’album « Sweet and dandy » de 1969 avec la voix incomparable de Frederick « Toots » Hibbert.

Les 2 artistes ont donc en commun d’avoir été précurseurs a un moment dans la musique.

Laurent

Nos samples rendez-vous #17 : Dinah Washington, Nas et Erykah Badu


Du très très lourd au programme, côté sampleur, comme samplé ! D’un côté, un poids lourd du Jazz et du blues de Harlem dans les années 40/50 en la personne de Dinah Washington, de l’autre, deux de mes artistes préférés toutes catégories confondues : Nas et Erykah Badu.

Le morceau original, « This bitter earth » de Dinah Washington, je l’ai découvert en regardant Shutter island de Martin Scorsese avec Leo Di Caprio, parfaite chanson mélancolique pour accompagner les délires psychiatriques du héros, cette musique ne m’a plus jamais quitté, le genre qui te prends aux tripes dès qu’elle commence. Pour cette B.O il s’agit en réalité d’un mashup avec  « On the Nature of Daylight » de Max Richter réalisé par Robbie Robertson, collaborateur musical de longue date de Scorsese.

En 2016, pour le soundtrack du film « The land », le réalisateur Steven Caple Jr à l’idée de réunir Nas, producteur exécutif et Erykah Badu, actrice dans le film. Pour la première fois les deux géants sont réunis sur un morceau et quelle bonne idée !!! Erykah nous livre l’une de ses plus belles performances vocales depuis longtemps, j’irais même jusqu’à dire qu’on est proche d’une Nina Simone parfois. Quant à Nas, il est égal à lui-même, l’absence d’un beat ne lui pose pas de souci pour nous faire profiter de ses textes, seuls les violons accompagnent la voix de Nasty Nas et les deux se marient parfaitement.

Laurent  

Nos samples rendez-vous #16 : Mobb Deep et Herbie Hancock


Un sample rendez-vous un peu spécial, prévu un peu plus tard à la base, mais étant donné le décès de Prodigy cette semaine, il semblait logique de lui rendre hommage ici.

“I got ya stock off the realness, we be the infamous, u heard of us…”, tous les amoureux du hip hop ont eu ces paroles en tête cette semaine, le morceau c’est bien sûr “Shook ones, part II” sur l’album “The infamous”, sorti en 1995.

Pour la prod., c’est Havoc himself qui s’y colle, l’autre moitié du duo de Queensbridge a décomposé “Jessica” de Herbie Hancock, rejoué une partie du piano, arrangé tout ça avec de grosses caisses pour nous donner cette suite au “Shook ones” original et c’est peu de dire que le second surpasse le premier, pourtant déjà monumental.

Cette pépite de rap hardcore est illustré par un clip qu’on dirait tout droit sorti de “The wire”, qui nous offre la triste réalité de jeunes Afro-Americains issus des cités du QB. Quoi qu’il en soit, ce morceau reste pour moi l’un des tous meilleurs de l’histoire du rap.

Quant au morceau samplé: “Jessica”, le virtuose Herbie Hancock nous l’offre sur l’album “Fat Albert Rotunda”, neuvième album du jazzman, sorti en 1969. C’est son premier album chez Warner et celui où il va commencer à expérimenter les instruments électroniques.

Ce “Jessica” est d’une beauté absolue et d’une grande mélancolie, quand je le compare à son “Rock it”, le morceau qui m’a fait découvrir Herbie, on voit l’étendue de son talent, combien d’artiste peuvent se targuer d’être capable de faire du Jazz classique comme celui-là et de produire également l’un des morceaux qui deviendra l’hymne du breakdance?

En conclusion, je ne dirais qu’une chose, le monde du hip hop a encore perdu un très grand, 42 ans, c’était vraiment trop jeune… RIP Albert Johnson A.K.A Prodigy

 

Laurent