Guts, du rap français de bonne facture!


Hé oui cher Laurent, une fois n’est pas coutume, je m’aventure hors des sentiers du jazz, du rock, pour chroniquer un disque de Rap/ Hip-Hop!…. Bon, passé ce clin d’œil à mon acolyte blogueur, je me lance.

Ceux qui étaient à la salle Jacques Brel en décembre 2016 pour venir notamment y applaudir le gang funky Electro Deluxe, ont eu le plaisir de découvrir le rappeur Guts, accompagné de son Live Band, au sein duquel figurait Beat Assailant et la talentueuse Mary May. La soirée, ouverte par le trio Dani Terreur, vainqueur du Tremplin Jeunes Aventuriers, avait été aussi chaude que réussie, tant le public était nombreux et heureux de pouvoir festoyer en ce frais mois de Décembre.

A cette occasion, Guts et ses complices avaient présentés des titres figurant sur l’album « Stop the Violence« , qui s’ouvre d’ailleurs avec le titre éponyme chanté par le rappeur américain Beat Assaillant. Ce titre est un véritable plaidoyer pour la paix, un appel à la tolérance, au respect entre les gens. L’album est coupé en deux parties, d’abord les 5 titres (!:-() du combo, et par la suite les versions instrumentales de ces mêmes morceaux…. Ca me semble un peu trop … PEU!

« Pick me up », est un morceau qui mélange les voix masculines et féminines, de Wolfgang et Mary May, des boucles de synthés, de la rythmique parfois proche du reggae-ragga… c’est dansant et frais! « Everybody wants to be a star », est une plongée dans le rétroviseur, époque 80’s,  cheveux gominés, vêtements flashy, avec ces nappes de synthés qui font passer ce morceau pour une aimable bluette, sur des rythmes résolument disco, sur lesquels (n’est-ce pas Laurent?!:-) ) il était possible d’enflammer le dancefloor, dans les discothèques de Paris et d’ailleurs! « Ain’t  perfect », duo vocal entre Beat Assaillant et Mary May (au chant parfois très jazzy), est un morceau tout en douceur! Enfin le final « Drummer’s delight » est un morceau laissant la place aux rythmes issus de batteries, percussions, sur lesquels les voix de Beat Assaillant en lead secondé par Mary May et Wolfgang, viennent se poser.

« Stop the violence » est un bon album, rempli de fraicheur et de bonnes idées de compositions. A découvrir.

Guillaume.

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Nos samples rendez-vous #19


Un de mes groupes de rap Français préférés à l’honneur aujourd’hui avec Les sages poètes de la rue et un des morceaux de leur deuxième album “Jusqu’a l’amour”, produit par Zoxea, l’un des trois rappeurs du groupe: “J’rap pour les mino(rités)”.

Le track date de 1998 et c’est un lâchage total des 3 mc’s de Boulogne, pas de refrain, les compères kickent sur l’instru de Zoxea, qui ouvre lui même le bal. C’est sans doute l’un des morceaux les plus marquants de l’album et de la discographie des Sages Po’.

Pour cette production, Zoxea s’est servi des quelques notes de synthé au début de “Doin’ what you’re doin’” de Shannon, plus connue pour son morceau “Let the music play”, elle fut l’une des figures de l’electro-funk du début des années 80, même si malheureusement elle ne connaîtra pas un succès durable. Ce sample utilisé par les Sages Po’ est l’occasion de découvrir cette artiste à ranger dans les “One hit wonders”.

Laurent

Monicka Amarilys, la voix à suivre.


Venue en 2015, à la médiathèque, dans le cadre d’un kiosque, avec un quatuor de musiciens, dont Gladys N’toumi, pianiste et compagne du contrebassiste-compositeur-directeur de Brass Band, Hubert Dupont, la chanteuse Monicka Amarilys, avait régalé le public présent par son phrasé limpide et sa voix très à l’aise sur des ambiances suaves telles que « Your love is king » de Sade, « Va savoir » de Liane Foly ou « Summertime » de Ella Fitzgerald.

Ce sont ces titres et cette ambiance, très agréable et cosy, digne d’un jazz-club, que l’on retrouve sur « Volume 1 ». Si l’orchestration fait parfois défaut comme sur « So nice » ou le son du piano est très synthétique, presque comme un orgue Bontempi… (c’est dire!), fort heureusement, le reste des titres, 14 au total, est de très bonne qualité et laisse à l’auditeur le plaisir de découvrir cette voix singulière, suave, mélancolique parfois, qu’est celle de Monicka.

« Volume 1 » est donc un album de reprises de chansons qui ont été soit des standards de jazz (« Summertime » ; « Cry me a river »), des succès pop (« Your love is king » de Sade ; « I don’t know » de Noa ; Baby Can I hold you de Tracy Chapman) ou de la bossa nova ( l’inévitable « Girl from Ipanema » chère à Antonio Carlos Jobim), sans oublier quelques chansons du répertoire français (« Va savoir » et « Au fur et à mesure » de Liane Foly » ; le très chaloupé « Jardin d’hiver » de Henri Salvador ; « Que reste-t-il de nos amours »de Charles Trenet).

Il s’écoute très agréablement et par ces temps de grosses chaleurs, convient parfaitement pour démarrer en douceur une soirée, à l’heure où le soleil se fait moins fort, à l’heure de l’apéro ou en fin de soirée, après un excellent repas… A vous de choisir!

Si Monicka se produit près de chez vous, n’hésitez pas, allez l’écouter. Vous passerez un joli moment!

J’attends le « Volume 2 » avec curiosité.

Guillaume.

« Awake » vous tiendra éveillé


L’album « As we fall » du groupe Awake fait partie du label participatif JazzandPeople, et c’est une pure merveille. Beaucoup de douceur. Perfection et pureté des orchestrations. Des musiciens dans une parfaite synergie, c’est ce qui se dégage de ce quintet, qui s’est forgé sur les scènes parisiennes notamment au Baiser Salé. Chacun pourra apprécier les solos-impros des artistes mais soutenus par chacun des membres du groupe dans une incroyable harmonie.
On retrouve Romain Cuoq (saxophoniste), Anthony Jambon (guitare), Léo Montana (piano), Florent Nisse (contrebassiste), Nicolas Charlier (batteur), et la participation d’Émile Parisien (saxophoniste), membre du collectif lors du premier album.
« La musique de ce nouvel album se veut dans la lignée du précédent, guidée par la mélodie et le son de groupe que l’on a essayé d’emmener encore un peu plus loin, des couleurs que l’on espère personnelles mais puisées dans les chansons, le folk ou le classique. « As We Fall », comme une invitation à se perdre, à une rêverie éveillée. » — Romain Cuoq & Anthony Jambon
De quoi faire de beaux rêves. Bonne écoute !

Carine

Essai transformé pour Gaël Faye.


Comme il était attendu ce second opus de Gaël Faye… Après son premier “Pili pili sur un croissant au beurre” de haut niveau et surtout ses prix littéraire pour “Petit pays”, nombre de ses auditeurs étaient curieux de savoir ce qu’allait nous pondre le mc Franco-Burundais, moi le premier.

Ce n’est pas véritablement un album que nous propose Gaël, mais un EP, puisqu’il n’est composé que de cinq titres, encore plus risqué donc puisqu’avec si peu de morceaux proposés, le droit à l’erreur n’est pas permis et là encore, le pari est réussi, vous allez pouvoir écouter ce disque en boucle sans problème.

Drôle de titre que “Rythmes et botanique” me direz-vous, surtout pour un disque rap, mais l’artiste n’est pas coutumier de faire comme les autres alors pourquoi pas…C’est le mélange entre la MPC et le piano, les deux éléments sonores de l’album avec d’un côté DJ Blanka et Guillaume Poncelet pour le piano, mais selon Gaël Faye, l’idée du titre lui est véritablement venu au jardin botanique de Lisbonne, devant un ficus elastica, dont les racines lui firent penser aux câbles que l’on peut retrouver par terre sur une scène musicale et l’envie lui est venu d’envoyer un freestyle végétal, j’adore le concept!!!

Musicalement, c’est très léché et assez proche de l’univers de “Pili Pili” sans thème défini, l’artiste est parfois révolté, comme dans “Irruption” parfois pensif, comme avec Saul Williams (seul invité de l’album) sur “Solstice”, Gaël jongle d’un style à l’autre avec brio.

Pour conclure, je dirais que ce disque n’est, j’espère, qu’un prémice à un disque encore plus fourni, car je suis absolument conquis par Gaël Faye, un artiste aux multiples facettes.

Laurent

Deep Purple…. infiniment….éternel


Sorti en avril dernier, « Infinite » est le nouvel album des vétérans anglais de Deep Purple.  La pochette, sobre (un bateau pris dans la banquise du Grand Nord), serait-elle un message caché?

Le Bateau « Deep Purple » en route vers le lointain, à l’écart de ce monde qu’ils sillonnent depuis 50 ans? Une retraite en somme? Autant de questions auxquelles le Pourpre Profond apporte une réponse. Evidente.

Moi qui suis fan de ce groupe depuis que j’avais découvert  « In rock » de 1970 (avec les têtes des 4 premiers présidents américains gravées dans le Mont Rushmore), « Machine Head » de 1972, ou le sublime live « Made in Japan » (1972 également) avec le morceau de bravoure « Child intime ».  Ayant été un brin déçu par les dernières productions musicales qui sentaient clairement la grosse fatigue, j’étais curieux de découvrir « Infinite ».

Et là, force est de constater que le groupe (Ian Gillan, Roger Glover, Ian Paice, les historiques depuis le début ; Steve Morse et Don Airey, qui sont là depuis 20 ans!) a retrouvé une certaine fraîcheur, une légèreté, qui fait plaisir. Le son rappelle les albums « Perfect Strangers » (1984) et le très beau « House of Blue Light » (1987). Si l’album démarre avec le beau « Time For Bedlam », le reste,  hormis le surprenant « Hip Boots », est à l’image de ce que sait le mieux faire le Pourpre Profond : Un rock solide, mélodieux, au sein duquel les guitares de Steve Morse, et le clavier de Don Airey, nous offrent de belles mélodies. La paire rythmique légendaire Paice-Glover joue les yeux fermés, dans une aisance tranquille. Là-dessus, le vieux lion Gillan, dont la voix perd un peu en hauteur, garde sa puissance et montre qu’il a encore de beaux restes vocaux. Ecoutez donc « One night in Vegas », « The surprising », « Johnny’s Band », sans parler de la reprise qui clôt l’album : le célèbre « Roadhouse Blues » des Doors du roi Lézard James Morrison. Bluesy, groovy, Gillan est parfait là-dessus.

Alors, oui, je sais, c’est pas, ce n’est plus, des compositions telles que l’on en a connu par le passé, mais c’est un excellent disque de rock qui s’écoute avec plaisir! Les puristes seront sans doute déçus, mais à titre personnel, je suis séduit. La tournée accompagnant ce disque s’appelle « The Long Goodbye« , dont le message semble clair.

Ce groupe mythique de l’histoire du rock des 50 dernières années, a engendré quelques groupes emmenés par certains de ses ex-membres (Whitesnake-David Coverdale ; Rainbow-Ritchie Blackmore, Joe Lynn Turner … ), semble avoir encore un peu d’essence dans le moteur. Profitons-en tant que ça dure !

Comme le dit la chanson « Roadhouse Blues » (magnifique version enregistrée en 10 minutes!!!, dixit Ian Paice, batteur du Pourpre) : Let it roll, let it roll, all night long !!!

Guillaume.

Underground, une série et sa B.O à couper le souffle…


Evidemment Sème la zic est un blog à vocation musicale et on va y venir plus tard, mais pour le coup, je vais un peu plus me pencher sur la série que sa B.O, car celle-ci est malheureusement assez méconnue et a été annulé prématurément, mais elle est, selon moi, avec Roots, ce qui s’est fait de mieux à la télévision sur le thème de l’esclavage.

L’histoire en soit, est assez classique, au XIXème siècle, en Géorgie, se trouve la plantation Macon, d’où un petit groupes d’esclaves vont décider de s’enfuir avec à leur tête Noah (Aldis Hodge, vu dans Friday night lights). Evidemment, rien ne va se passer comme prévu et cette évasion vers la liberté changera la vie de la plantation et de ses protagonistes.

La série est aussi l’occasion de découvrir le fonctionnement du fameux “Underground railroad” qui permettait aux fugitifs de passer la ligne Mason-dixon et traverser jusqu’au Canada avec l’aide des abolitionnistes et sympathisant à la cause.

L’histoire est une fiction, mais les scénaristes se sont permis d’y ajouter quelques personnages historiques tels que William Still, Harriet Tubman (interprétée par une Aisha Hinds incroyable!) ou encore Frederick Douglass, joué par John Legend, également coproducteur de la série et en charge de sa bande originale, oui on y vient… Ces personnages ajoutent encore une dose de réalisme, si c’était nécessaire tant la réalisation, le travail sur les costumes est superbe. Difficile de vous en dire plus, sans vous spoiler des moments importants du show et ce serait un sacrilège, je vais donc passer à la musique.

Et la aussi, quelle merveille!!! Comme je vous disais, c’est John Legend qui s’y colle, y’a quand même pire comme chef d’orchestre. Ici, les créateurs de la série ont pris le parti d’utiliser de la musique contemporaine et ce qui pourrait passer pour une absurdité et c’est en fait un coup de génie. On y retrouve quelques morceaux de John Legend lui-même et de plusieurs de ses proches du milieu Hip Hop et R’n’B tels que Kanye West pour “Black Skinhead”, Beyonce et Kendrick Lamar sur “Freedom” et j’en passe. La B.O aurait pu se limiter à la crème de musique noire américaine, mais ce n’est pas le cas, le tour de force de cette sélection, c’est d’y mélanger également de l’électro, du rock et des gospels.

Des artistes tels que Rag’n’Bone man, Ibeyi même la France est représentée, avec La femme et Blacko en duo avec Joeystarr et petit bonus, les acteurs se prêtent également au jeu avec notamment l’excellente Amira Vahn qui joue Ernestine, la mère de Rosalee, l’héroïne de notre histoire.

Voilà, j’espère vous avoir donné un peu envie car cette série est plus qu’une fiction, c’est un devoir de mémoire et son annulation n’est probablement pas anodine vu le climat actuel aux Etats Unis et comme les producteurs cherchent encore à l’heure actuelle une nouvelle chaîne qui leur permettrait de finir leur histoire, ça s’est déjà vu avec Black mirror par exemple, alors forcément plus les fans feront du bruit, plus grandes seront les chances d’obtenir une vraie conclusion à l’histoire des Macon 7.

Si vous êtes intéressé par la véritable histoire de cet “Underground railroad” et notamment celle de Harriet Tubman, nous avons mis à disposition un livre sur sa vie à la médiathèque.

#Riseup

Laurent

Memphis, Tennessee, berceau de la Soul Music.


Memphis, Tennessee. Ce nom résonne comme un évidence à celles et ceux qui aiment la soul music, le rhythm and blues, le blues. A l’instar de Chicago, Detroit, New-Orleans, Bâton Rouge, Memphis est une ville traversée par l’histoire de la musique noire américaine , qui a contribué au développement d’une part importante de l’industrie de la musique, notamment et surtout pour les musiciens noirs américains (on dirait aujourd’hui afro-américains, terme que je déplore), qui cherchaient alors, en pleine période discrimination aux Etats-Unis, à pouvoir jouer, s’exprimer, enregsitrer, et vivre si tant est que cela soit possible de leur talent…. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, avec le recul c’est que Memphis, au même titre que les autres villes déjà citées, a largement eu sa part avec ses labels mythiques,  ses studios d’enregistrements reconnus parmi les meilleurs au monde, ainsi que le nombre de musiciens, chanteurs-chanteuses qui en sont issus, et ont fait carrière. OUI, Memphis, est une ville incontournable de l’histoire de la musique du 20ème siècle et du début de ce 21 ème siècle. TANT MIEUX!

Des artistes tels que Al Green, Isaac Hayes, Steve Cropper, Wilson Pickett , ou encore Carla et Rufus Thomas, leur fils Marvell, pianiste, compositeur pour les plus grands noms du genre, parmi beaucoup, beaucoup d’autres…. ont débuté à Memphis avant d’aller conquérir le reste des Etats-Unis puis le reste du Monde.

Des lieux d’enregistrements tels que le Willie Mitchell’s Royal Studios, ou encore la fameuse Beale Street et ses nombreux bars et restaurants où le soir, artistes célèbres ou non se produisent, ont « fait »la renomée de cette cité du sud des états-unis, y amenant nombre de touristes au fil des années, et y prolongeant sa propre histoire, par des festivals, allant du blues à la soul music. La transmission d’un patrimoine, d’une culture, d’un savoir-jouer et savoir-vivre, telle semble être la mission au cœur de chaque habitant, musicien, producteur de Memphis.

Alors, si un jour l’occasion d’aller à Memphis, Tennessee, se présente à vous, foncez et vous vivrez sans doute une belle expérience, à travers ce saut dans l’un des berceaux de l’histoire de la musique noire américaine.

Guillaume.

 

 

Blood par Lianne La Havas


Lianne-La-Havas-BloodOriginaire de Londres, d’un père grec et d’une mère jamaïcaine, Lianne La Havas, sort en 2015, un album intitulé Blood  – le deuxième – et qui est à son image, un beau mélange de styles.Une superbe voix, un léger grain, une « soul » envoûtante, cet album confirme son talent, après son premier album Is your love big enough. Entre ces deux opus, elle a entre autre collaboré avec Prince sur l’album Art Official Age.
C’est un album soul, mais aussi rock, jazz, et on pourrait dire folk. Et c’est tout ce qui fait la richesse de sa musique et de cet opus. Une variété de rythmes, de thèmes, d’ambiances et c’est cette diversité qui fait de cet album une belle histoire à écouter. Des récits personnels comme son voyage en Jamaïque avec sa mère.
Le titre phare de cet album est « Unstoppable ». C’est vrai, c’est un superbe morceau, avec un groove incroyable. Mais j’apprécie aussi beaucoup la sensibilité, la douceur de ces mélodies comme pour les titres « wonderful » ou « Good goodbye ».

On attend la suite.

Carine

Les Soulections #4: Gladys Knight & The Pips


L’une des grandes voix de la soul, des années 60 à nos jours, Gladys Knight est difficilement dissociable de son groupe, les fameux Pips, composé de son frère MeraldBubbaKnight, Edward Patten et William Guest puisqu’ils ont joué ensemble la quasi-totalité de leurs carrière.

Près d’une quarantaine de disques plus tard, des hits inoubliables et indémodables, petit retour dans le passé quand le groupe était composé encore de cinq membres avec la soeur de Gladys, Brenda et Eleanor Guest, à ce moment-là, ils sont encore Les Pips.

Ils débutent à la toute fin des années 50 et se produisent dans les soirées de la région d’Atlanta et le dimanche dans les églises. A force, le groupe se fait remarquer et se voit proposer d’enregistrer leur version du hit de Johnny Otis: “Every beat of my heart”, les Pips décrochent leur premier contrat, mais deviennent Gladys Knight & The Pips, tant la chanteuse éclabousse tout le monde de son talent.

Ca fonctionne plutôt bien pour eux, mais le vrai déclic se produit en 1966, quand ils sont signés par un certain Berry Gordy, le patron du label Motown, icône de la Soul. Celui-ci va déployer ses meilleurs auteurs/compositeurs et musiciens au service de son nouveau groupe et là, ce sera l’explosion, ils vont enregistrer “I heard it through the grapevine” et quelques autres hits tous écrits par Norman Whitfield. Au départ, plutôt Blues, les Pips et Gladys vont se fondre dans le moule Motown et offrir une soul plus pop et ce qui fera définitivement leur succès.

En 1973, ils quittent la Motown et signent chez Buddah records, qui continueront à leur faire enregistrer des pépites telles que “Midnight train to Georgia” (mon morceau préféré!) ou “The best thing that ever happened to me”, Curtis Mayfield (dont nous parleront une autre fois) écrira également pour eux.

Après quelques soucis avec le label, le groupe est forcé de se séparer et Gladys débute une carrière solo tout aussi fructueuse, ils pourront de nouveaux jouer ensemble au début des années 80 et leur rencontre avec Ashford et Simpson qui leur permettra de se réinventer à nouveau et de s’orienter vers le disco/funk plus en vogue à l’époque.

Gladys Knight et les Pips se séparent définitivement à la fin des années 80 et la lead continuera, elle à enregistrer de nombreux albums jusqu’en 2014 et son dernier album en date “Where My Heart Belongs”.

Tout au long de sa carrière, Gladys également décroché quelques rôles au cinéma ou à télévision, parfois, dans son propre rôle, comme dans la série Las Vegas, où elle joue la tante de l’un des employés et lui fait faire les choeurs lors d’un concert.

Tout ça pour dire que “The empress of Soul” d’Atlanta possède l’une des plus belles discographies qu’il m’ait été donné d’écouter.

Laurent

Watermelon Slim, l’homme à la gueule cassée


Watermelon Slim, de son vrai nom Bill Homans, est un bluesman rare, discret, authentique. Une vraie gueule aussi. Il n’est qu’a observer la pochette recto-verso de son dernier album « Golden Boy », pour constater que ce gaillard au regard profond et à la peau du visage marquée des rides d’une vie qu’on imagine pas simple, possède à n’en pas douter une « gueule » à faire du cinéma. A l’image du regretté Calvin Russell, (que j’avais eu le privilège de rencontrer pendant une heure pour une interview avant un concert à la Cigale dans les années 90) ou de l’encore vivant grizzly Neil Young.

Je le disais, Watermelon Slim est un musicien rare sur scène, rare dans les médias, aussi quant il publie un album comme « Golden Boy », le 12ème depuis 1973 et Merry Airbrakes », son premier album, c’est un évènement! A l’époque il avait attendu 26 ans pour refaire surface avec « Fried Okra Jones » (1999) avant de devenir plus régulier depuis les années 2000.

Sa voix éraillée, il la pose sur une guitare dobro et s’accompagne également d’un harmonica, dans la plus pur tradition des premiers bluesmen (Robert Johnson, Charley Patton, Sonny Boy Williamson, John Lee Hooker…). Il nous offre un blues minimaliste mais très dense, ancré, et il est facile de l’imaginer jouer sous un porche un peu délabré, dans une région un peu venteuse, ou dans les bayous, magnifiquement chanté par Tony Joe White, et mis en images par Bertrand Tavernier dans « Les brumes électriques » (film avec Tommy Lee Jones, qui mène une enquête policière dans cette région soumise aux croyances vaudou, aus superstitions).

« Golden Boy » est un disque subtil, un petit joyau bluesy à savourer, un verre de Bourbon  (juste un, gare à la santé!) pas loin de soi !

Guillaume.

 

et une version live du classique « Key to the Highway », dans un Bar…

Toujours plus Bada$$!!!


aabaLe mois d’Avril 2017 nous a gâté en sorties hip hop avec le quatrième album de Kendrick Lamar, bien sur, mais aussi ce “All-Amerikkkan Bada$$” du rappeur New Yorkais Joey Bada$$ dont je vous avais déjà parlé l’an dernier, lors d’un retour sur son premier opus “B4.DA.$$” .

Deux ans après la sortie de celui-ci, revoila Jozif Badmon, avec un album ô combien différent du premier, il dit lui-même que c’est l’album qu’il se devait de faire à ce moment de sa carrière et au vu du contexte politique Américain actuel. Composé de douze titres, ce qui ne laisse aucun temps mort au disque, ce qui change des nombreux albums chargé de vingt titres, dont douze interludes, non, Joey a des choses à dire et pas de temps à perdre.

Good morning Amerikkka, voilà comment s’ouvre l’album, une introduction assez jazzy qui donne le ton et qui va se poursuivre pendant quasiment toute la première moitié de l’album. Les productions sont très 90’s avec des sonorités très Soul, Joey chante sur les refrains, mais le message n’en reste pas moins impactant, le gamin de Brooklyn en a après les Etats-Unis de Donald Trump et le fait savoir.

Le deuxième single “Land of the free”, vériatble hymne anti-Trump est même sorti le jour de l’investiture du Président, le clip est sublime, à voir absolument, reprenant le visuel de la pochette, ou l’artiste roule au milieu du désert dans un bolide digne de Mad Max (dans une Amérique dévastée) brandissant un drapeau Américain transformé avec les bandanas aux couleurs des Blood et des Crips (les 2 plus gros gangs Afro-Américains) unis contre la politique actuelle.

Le reste du disque reprend le ton plus habituel du Mc de Bed-Stuy avec notamment l’un de mes gros coups de coeur le “Rockabye baby” en duo avec l’excellent Schoolboy Q, le morceau est tellement puissant avec des lignes de basses digne d’Alchemist au début des années 2000, qu’il a pour moi éclipser les 2 premiers singles (que j’adore pourtant).

A retenir également le track avec J.Cole “Legendary” et d’autres encore bien sur, mais je vous laisse découvrir par vous même.

Pour conclure, je dirais que les attentes (pas que les miennes) étaient très hautes pour ce second opus, mais elles sont surpassées, ce disque est à mon avis, ce qui s’est fait de mieux niveau rap depuis le début d’année, on attend Kendrick pour comparer maintenant…
Laurent

Daniel John Martin, virtuose du violon…



Daniel John Martin
. Né à Congleton  en Angleterre, il fréquente avec talent depuis des années les cabarets, festivals et autres scènes où la musique jazz manouche, tzigane est mise à l’honneur.

Personnellement, je l’ai découvert il y a un an, en accompagnant un ami (petit salut amical à Joël Boudjelta), fan de jazz manouche, qui m’a emmené dans restaurant musical bien connu de la scène manouche, le « Petits joueurs » dont il est le maître de cérémonie des soirées musicales, situé porte des Lilas. Ce soir-là, dans l’ambiance tranquille et chaleureuse de ce lieu que je découvrais donc et où accessoirement l’on mange très bien sans se ruiner, j’ai découvert Daniel John Martin, qui se produisait accompagné de 3 autres musiciens (guitare, contrebasse, piano). 3 sets de 45 minutes m’ont permis de découvrir ce musicien aussi talentueux que modeste et discret. S’il chante également, je ne suis pas de son phrasé, mais je reconnais néanmoins qu’il se débrouille plutôt bien. Après le concert j’ai donc acheté « Double Cream« , avec sa pochette rigolotte, paru en 2015.

Sur ce disque (venant le projet « Urban Gypsy », paru en 2013) qui certes fait la part belle au jazz manouche, Daniel John Martin nous livre aussi de belles perles comme « Empty pockets », qui sonne très jazz. Tous les morceaux ici présentés sont des compositions personnelles à l’exception de « France’s back in town ». Pour ce disque, le violoniste s’est entouré d’une équipe solide, avec Gilles Réa à la guitare lead, Rémi Oswald à la guitare rythmique. La section basse-batterie est assurée par Antonio Licusati et Michel Julien (dans l’ordre). Le tout donne un disque solide, équilibré, sans démonstration inutile de virtuosité. La musique est au cœur du sujet. Tant mieux!

Alors n’hésitez pas, plongez-vous dan ce bel univers que nous offre ce violoniste de talent. Et retenez bien son nom : Daniel John Martin.

Guillaume.

 

 

Nos samples rendez-vous 18


1333524-gf2001, retour très attendu de Foxy Brown, une Nicki Minaj avant l’heure pour les plus jeunes, également plus talentueuse de mon point de vue, mais passons… Après plusieurs démêlés avec la justice et une petite dépression, l’icône féminin du rap de l’époque revient avec l’album « Broken silence » et ce single « Oh Yeah ! » en featuring avec Spragga Benz. Ce troisième opus de Foxy n’a pas le succès espéré et sera son dernier en date, cependant, il reste, selon moi comme son album le plus abouti, le plus hip hop et ce single aura eu le mérite d’être avant-gardiste dans cette connexion rap/dancehall devenu si populaire par la suite.

Pour ce morceau, la « Ill na na » a utilisé un sample de l’un des groupes de Reggae les plus influents des années 60/70 : Toots and the maytals, le groupe a avoir utilisé pour la première fois le terme « Reggae » dans une chanson(Do the reggay). Le sample est tiré de « 54-46 Was My Number », un titre de l’album « Sweet and dandy » de 1969 avec la voix incomparable de Frederick « Toots » Hibbert.

Les 2 artistes ont donc en commun d’avoir été précurseurs a un moment dans la musique.

Laurent