Tété revient, l’air de rien…


les-chroniques-de-pierrot-lunaireMe voici, casque sur les oreilles, écoutant les mélodies du dernier album de Tété, « Les Chroniques de Pierrot Lunaire ». Retour aux sources du musicien et chanteur. Et je repars quinze ans en arrière, à l’époque de son premier album « L’Air de rien ». Je me laisse bercée par la douceur de sa musique, une sensibilité acoustique vraiment touchante. J’ai suivi son actualité musicale au fil des ans, mais je ne retrouvais pas cette émouvante et profonde limpidité de ce premier album.

J’apprécie beaucoup ce dernier opus. Un petit coup de cœur pour le blues du Soleil de Minuit et Persona non grata, évoquant la difficulté de l’artiste face à la page banche.

Comment interpréter le titre de cet album : devoir affronter la dualité du monde, faire face à certaines et difficiles réalités, alors que l’on voudrait se réfugier, dans les rêves et la douceur de la lune, la contemplation et la beauté. On rêve tous d’un monde parfait !

Un très agréable moment musical…

Carine

 

Une Saint-Valentin à la médiathèque…


saint-valentinA l’occasion de la Saint-Valentin, les bibliothécaires vous proposent une petite sélection de titres pour ambiancer votre soirée et il y en a pour tous les goûts, alors bonne fête des amoureux à toutes et tous !

Voguons avec Jhené Aiko…


jhene-aikoPremier EP de Jhené Aiko, sorti en 2013, « Sail out » est le disque qui a réellement fait découvrir la chanteuse Californienne. Porté par des collaborations prestigieuses, cet opus est une petite pépite R’nb/Pop. Seulement sept morceaux donc, mais pas de trous d’air dans l’album.

Comme une sorte de prélude à « Souled out » sorti un an plus tard, ce disque nous fait découvrir l’univers sombre et envoutant de Jhene. Les mélodies sont lancinantes et la voix de l’artiste nous transporte dès les premières secondes de « The vapors » jusqu’au « Comfort inn ending ».

La nouvelle princesse du R’nB s’est entourée , comme il se doit de la crème de la crème en matière de hip hop avec quatre morceaux sur sept rythmés par les verses de Kendrick Lamar, Childish Gambino, Absoul et Vince Staples, rien que ça !

Mention spéciale pour « Bed peace » et son clip avec Gambino qui reprend l’idée du documentaire du même nom de John Lennon et Yoko Ono, le grain de l’image, le contexte, tout est recrée à la perfection avec nos deux jeunes prodiges dans le rôle des légendes des années Woodstock.

Jhené Aiko est une artiste qui ne cadre pas avec le R’nB/pop actuel et le contraste est plutôt sympa, la jeune Californienne aux multiples origines est une belle artiste en devenir…

Laurent

Dom La Nena suit son chemin…


cantando_pochetteSouvenez-vous, c’était il y a déjà 4 ans! Dans le cadre de l’édition 2013 du Festival des Aventuriers de Fontenay-sous-Bois, une chanteuse-violoncelliste nommée Dom la Nena (de son vrai nom Dominique Pinto), s’était produite sur scène, devant un public aussi curieux que nombreux (Skip and  Die allait prendre la suite). D’une voix douce, posée, assise avec son violoncelle, elle nous avait offert une parenthèse enchantée, au milieu de la programmation plutôt rock-électro de ce festival.

4 ans après, ayant enchainé les tournées, les rencontres musicales, elle nous revient avec un nouvel opus « Cantando », un 4-titres sur lequel elle rend hommage à 4 figures de la chanson : à Lupicinio Rodrigues, musicien-compositeur brésilien, à Violetta Parra, chanteuse, poète, peintre chilienne, au franco-belge Jacques Brel, et au groupe de folk américain Beirut et son leader Zac Condon. La musicienne-chanteuse brésilienne est très prolifique depuis son premier album « Ela » en 2013, puisque déjà pas moins de 6 disques sont à son actif en cette fin 2016!

« Cantando » est donc un petit cadeau, un écrin de musique simplement jouée sur laquelle la Nena vient poser sa jolie voix, tout en douceur, tantôt en anglais (« Scenic World »), en portugais (langue du brésil) sur « Felicidade », en espagnol sur « Gracias a la Vida » (déjà publié sur son précédent album « Soyo », et en français sur « Les Vieux ». Un sens de l’interprétation très juste, toujours avec le soucis de mettre le texte en avant, tout en accompagnant cela de son violoncelle.

Petit objet sans prétention, mais de qualité! La musique est un langage universel. Dom La Nena le prouve de manière élégante.

J’ai un vœu pour 2017 : Que Dom La Nena nous revienne avec un album complet, et des musiques toujours aussi bien ciselées.

 

Guillaume.

 

Nos samples rendez-vous #11


amadou-et-mariamQuand le fils du grand Bob Marley et la légende du Queens se réunissent le temps d’un album, ça donne « Distant relatives », une incroyable aventure musicale sortie en 2010. Issu de cet opus, le morceau « Patience » où Nas et Damian Marley nous parlent de leurs inquiétudes sur le monde actuel et de la nécessité que chacun ait conscience qu’il est acteur d’un possible changement pour le meilleur.

Pour illustrer ces idées en musique, les deux compères ont choisi de sampler Amadou et Mariam et leurs morceau « Sabali » , la patience en Malien. Cette chanson de 2008 est le premier single du sixième album du couple, « Welcome to Mali ».

Pour le clip, Nas et Damian ont eu l’élégance de faire apparaitre Amadou et Mariam, chose assez rare lors de l’utilisation de sample, preuve du respect entre ces artistes. Lors du concert à Paris,  le couple Malien a également été invité sur scène à chanter le refrain du morceau, la classe.

Laurent

1976-2016 : 40 ans après, le Punk est toujours vivant!


punk_imagePour beaucoup, le mouvement musical punk est né en angleterre, au milieu des années 70’s (1976 pour être exact), à une période où l’économie était (déjà) très en difficulté. Comme dirait le regretté Coluche (punk à sa manière, selon moi) : « c’est une « erreur graaaave »!

En effet, c’est aux Etats-Unis, à la fin des 60’s, que ce courant musical a vu le jour. Cette dénomination est née de l’imagination d’un critique de rock américain, pour identifier ce nouveau courant musical, désignant en fait les garage bands (groupes qui jouaient dans les garages), et le son très particulier  des guitares électriques. Les groupes comme Sonics, 13th Floor Elevator, The Stooges (cher à Iggy Pop) étaient à l’époque les plus représentatifs.

En Angleterre, le mouvement s’est installé au milieu des années 70’s, jusqu’au début des années 80, alors que la société va très mal. Comme un besoin de révolte, de contestation, les groupes punks se montrent virulents, tels les Sex Pistols avec le fameux « Anarchy in the U.K. ». D’autres, comme les Clash de Joe Strummer, Stiff Little Fingers, The Ramones (dont il ne reste aucun membre vivant aujourd’hui), ou les Buzzcocks, sont apparus à cette occasion. Beaucoup de ces groupes feront d’ailleurs carrière.

En France, le mouvement punk, s’il apparaît dès 1974, inspiré de Lou Reed, des Stooges, des New York Dolls. Le label Skydog, qui produira Bijou, sera à l’origine du festival Punk de Mont-de-Marsan, en 1976-1977. Suite au passage des Sex Pistols au Châlet du Lac, en 1976, la scène française émerge vraiment, dès 1977. Asphalte Jungle, Starshooter (dont fit partie le chanteur Kent), Stinky Toys, puis la Souris Déglinguée dès 1979, et par la suite Les Béruriers Noirs, Lucrate Milk, OTH, Oberkampf, Les Sheriff, constitueront la scène punk française. Dans les années 90-2000, une version hardcore du punk va naître, avec comme fer de lance les Tagada Jones, Les Sales Majestés, groupes fortement influencés par la scène punk californienne de l’époque. Ces dernières années, Les Wampas et Ludwig Von 88 ont été les têtes d’affiches de ce courant musical sur les scènes françaises et internationales.

En 2016, la musique punk, son caractère révolté, contestataire, continue d’exister. C’est une très bonne nouvelle!

Guillaume.

Coups de cœur 2016 !


43280-o3rhudMon année musicale aura été celle de la sensibilité, de l’émotion pure, celle qui vous prend aux tripes, qui vous fait battre le cœur très fort, vous donne des frissons, des larmes aux yeux… J’ai découvert des voix splendides, des musiciens fascinants  comme Or Solomon dont j’ai pu apprécier le talent en concert au Comptoir à la Halle Roublot de Fontenay-sous-bois.

Telle est cette magie de la musique, car elle peut tout autant vous faire danser, hurler, mais aussi vous faire vibrer de l’intérieur. Elle est trop forte la musique…

Carine.

 

Je n’ai pas dérogé à la règle en 2016, mes habitudes musicales sont restées très orientées hip hop / soul et cette année a été un très bon cru à ce niveau la, difficile pour moi de ne choisir que cinq morceaux pour illustrer cette belle année.

Le revirement funk de Childish Gambino était indispensable et la relève hip hop avec Joey Badass et Hassan Monkey également, mais la véritable révélation 2016 pour moi, c’est Chance The Rapper, qui, à mon avis sera le prochain phénomène dès qu’il se décidera à sortir son album. Hip hop is not dead…

Laurent.

 

Comme Carine et Laurent, je vous propose ma sélection, mon dernier regard personnel sur l’année musicale 2016. Entre coups de cœur et découvertes, les artistes ou groupes que j’ai aimé, apprécié.

Ils ont pour nom Kacem Wapalek, rappeur à la plume ciselée, Electro Deluxe et sa funk-soul cuivrée, vus lors de l’édition 2016 des Aventuriers, Richard Bona et son jazz-world aux accents cubains, Ibrahim Maalouf et sa trompette aussi à l’aise en mode oriental que plus intimiste, la chanteuse de R’n’B Emeli Sandé, et pour clore la liste, Leyla Mc Calla, chanteuse folk américaine.

Guillaume.

 

L’année de mon côté a été contemplative avec le piano de Quentin Sirjacq, enjôlante avec les refrains de Benjamin Biolay, et surtout … très festive !

2016 nous montre que l’on peut danser sur tout : la folie groovy de « Shoes », la mélancolie planante de « Halcyon bird » ou un hymne à l’énergie comme « Final song ».

Elsa.

 

Un album concept déroutant


pochette_bon-iverVoici un disque qui déroute, difficile d’accès. Le 3ème album du groupe Bon Iver 22, A million, est un album expérimental, un pari risqué. Justin Vernon, leader et chanteur du groupe nous avait annoncé leur séparation en 2012. Mais les revoilà ! Le cd précédent For Emma Forever Ago avait été composé en 2008 dans la douleur dans une cabane au fond des bois, celui-ci a dû être composé sur une autre planète, dans une autre dimension.

Justin Vernon, après avoir traversé une période de surmenage et de profonde dépression, est parti se ressourcer en Grèce. Dans cet album il révèle cette cassure individuelle, ce rapport bouleversé au monde. Par l’intermédiaire de Messina (une boîte électronique créée par eux, qui décompose la voix de Vernon), ils nous offrent une ambiance déshumanisée qui n’a plus grand chose à voir avec la folk.

A la première écoute, on se pose la question si le monsieur ne se moque pas un peu de nous : trop de voix de robots, de samples incompréhensibles et d’expérimentations électroniques. En plus, des titres illisibles avec des symboles incompréhensibles. Puis peu à peu on s’approprie  les morceaux , qui sont d’ailleurs très différents les uns des autres. Justin Vernon teste, innove, propose, de façon très fine et intelligente un nouveau monde mystérieux et inspiré. Les collaborations avec James Blake ont laissé des traces. Je me suis laissée embarquée, allez soyons honnête, pas par les 10 morceaux, mais la 22 (Over S∞∞N) est une chanson magnifique, la 8 (Circle) un slow torturé d’une grande pureté, et l’on retrouve le Bon Iver qu’on connaît dans les trois derniers morceaux.

Michèle

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, une belle découverte!


C’est à l’hiver 2015, dans le sous-sol d’une salle parisienne pleine à craquer et enthousiaste, que j’ai découvert Nathaniel Rateliff & The Night Sweats. Ce soir-là, je découvris donc ce groupe de 7 musiciens, qui pendant près de 1H30, ont réchauffé et enchanté le public par une musique puissante, bien en place, un sens du swing emmené par les cuivres, et des accents blues, soul, dans la voix de Nathaniel Rateliff (chapeau vissé sur le crâne et barbe à la Dr John). Un vrai bonheur, un joli moment musical, et une belle découverte!

Mais qui est Nathaniel Rateliff ? Après ses premiers pas dans le Missouri natal, après avoir très tôt emprunté la voie de la musique, d’abord via la batterie à 7 ans, il délaisse les baguettes pour le manche à 6 cordes. S’en est suivi ses premières chansons, ses premières scènes, puis un premier album en 2007, « Desire and Dissolving Men ». Dans sa besace musicale, le colosse du Missouri trimballe des échantillons de soul music (la section cuivre des Nights Sweats est vraiment chouette!), de blues-rock, de folk bien senti et même de gospel.

Sa nouvelle galette « A little something more from.. Nathaniel Rateliff and the The Night Sweats » en est la parfaite illustration. 8 titres, et cette variété musicale qui s’exprime, avec talent! Les ambiances nous replongent dans cette période bénie des 60-70’s, où la soul music américaine, le blues, le folk faisaient le bonheur du plus grand nombre. « Parlor », qui ouvre le disque, est un blues-folk très dansant, qui met tout de suite dans l’ambiance. La suite ne déçoit pas l’auditeur. Dès « I did it » (un vrai tube en puissance), « Out on the week end », une vraie road-song comme seuls les américains savent en écrire, la variété des styles est là sans jamais perdre en qualité, intensité. « Wasting time » (qui sonne avec des accents Stoniens), morceau enregistré au Stax Museum of American Soul Music, ou le suivant « What I need », sont deux perles pleines de soul, gorgées de swing. « Just to talk to you », est un pur blues, guitare-voix, à l’ancienne, comme un hommage au pionniers du genre. L’album se referme sur « Late night party », qui est en fait la version initiale de « Out on the Week end ».

Au final, un bel album, de pépites à savourer, du talent à découvrir!

Guillaume.

 

 

 

 

Septième round pour Mouhammad Alix !!!


kery-jamesAvec la sortie de Mouhammad Alix, on pourrait dire que c’est le retour du rap Français, comme Kery James le disait dans l’un de ses anciens morceaux. Album coup de poing tant par ses textes engagés, que par sa qualité musicale, ce septième opus est pour moi, le meilleur depuis longtemps dans la discographie du MC d’Orly.

On a vraiment l’impression que le rappeur assume complètement la dualité de son personnage : Alix l’homme de paix et Kery le combattant. Tour à tour, il enfile le costume de l’un ou l’autre selon le thème du morceau. Au fil de l’album, on réalise que l’un ne va pas sans l’autre et que c’est pleinement assumé.

Les morceaux coups de poing (ceux de Kery donc),sont des constats politiques et sociaux tels que « Racailles », « Musique nègre » ou encore « Douleur ébène » frappant fort dans ce paysage du rap Français, qui comme je l’ai déjà dit, à pour moi, trop souvent perdu sa vocation à faire passer des messages.

Ceux, introspectifs, sont tout aussi puissants, avec des rythmes souvent plus lents où Alix Mathurin se confie à son auditeur et parfois à ses proches, comme sur « Pense à moi » ou « J’suis pas un héros ». Mes gros coups de cœur de l’album en dehors des singles sont « Jamais » avec la voix de Monsieur Nov sur le refrain et  « Prends le temps » avec Faada Freddy que Guillaume avait chroniqué lors de sa venue à Fontenay Sous Bois.

Kery sera d’ailleurs présent ce jeudi 19 Janvier à la salle Jacques Brel de Fontenay sous bois en tant que parrain des Voeux à la jeunesse avec Nora Hamadi et en seconde partie de soirée, un showcase de Keblack.

En conclusion et comme le disait son idole Mohamed Ali, ce septième album vole comme un papillon et pique comme une abeille !

Une caresse sonore


pochette_devendra-banhartC’est le neuvième album pour ce chanteur-peintre-poète américano-vénézuélien. En effet fin septembre sortait Ape in Pink Marble de Devendra Banhart. Ce disque n’est pas très surprenant, ses 13 titres sont dans la même lignée que ses prédécesseurs, sorti sous le même label que Mala (2013), avec les mêmes producteurs et amis Noah Georgeson et Josiah Steinbrick, il a été enregistré à Los Angeles.

On y retrouve la simplicité de l’artiste. Accompagné d’une guitare, d’un koto (harpe japonaise traditionnelle), des synthés discrets et un chant suave et cotonneux. C’est un album un peu plus pessimiste, plus sombre (il a perdu de nombreux proches en peu de temps), un disque personnel, intimiste, qui parfois fait penser à Nick Drake. C’est un album épuré, posé, composé de ballades, de berceuses. On aime ce songwritter qui ne se prend pas au sérieux, et qui en même temps ose nous révéler des facettes de son intimité et de son introspection. Des ambiances japonisantes, brésiliennes et jamaïcaines… A noter la pochette est de lui.

Des +++ pour Linda, où Devendra se met dans la peau de Chet Baker, pour  Mourner’s Dance, Saturday Night et pour la romance exotique Theme for a Taïwanese Woman in Lime Green.

Michèle

 

Nos samples rendez-vous #10


biggiePour le 10ème de « Nos samples rendez-vous », je me devais de me réserver l’un de mes morceaux préférés : Juicy de Notorious B.I.G, chanson « feel good » par excellence du hip hop des années 90, Juicy est le tout premier single de Biggie Smalls, tiré de son premier album READY TO DIE.

Sur ce morceau, Biggie retrace sa jeunesse dans les quartiers difficiles de Bed-Stuy à New York et son ascension vers les sommets des charts avec son acolyte de  toujours Puff Daddy. Considéré comme l’un des meilleurs morceaux Rap de l’histoire, il est produit par Trackmasters et Puffy.

Le sample en question est tiré d’une chanson de Mtume : Juicy fruit, extrait de l’album du même nom en 1983. Le thème de celui-ci est beaucoup plus léger, puisqu’il parle comme tout bon morceau de Funk, d’amour et le compare à un fruit juteux.

Le Juicy de Notorious B.I.G a toujours été revendiqué par Pete Rock qui, jusqu’à aujourd’hui, prétend que P.Diddy lui aurait volé l’idée du sample après l’avoir entendu chez lui, lors d’une session studio. Pas rancunier, Pete Rock a quand même remixé le morceau pour Bad boy, clamant qu’il n’a jamais couru après l’argent, mais souhaitait simplement être reconnu pour son travail.

Laurent

Beck is Back !


jeffbeck

Marciac 2015. Une soirée aux sons de la guitare était programmée, réunissant Jeff Beck, guitar-hero anglais sorti des 60’s époque Yardbirds, en remplacement de… Eric Clapton (!), et le génial poly-instrumentiste (guitare-orgue Hammond, batterie, basse…) Lucky Peterson, vétéran du blues. Hélas!!  Jeff Beck ne vint pas, le corps malade lui indiquant le repos. Il fut remplacé par le virtuose américain Joe Satriani, dont le rock-fusion désempara quelque peu l’auditoire.

Un an plus tard, guéri de ses maux, revigoré, le génial et ténébreux guitariste nous revient avec « Loud Hailer » (Le haut-parleur, sur la pochette, comme pour hurler au monde son retour), un album de rock brut, gras, au gros son. Accompagné de 4 joyeux drilles dont deux jeunes femmes (une spécialité pour le Beck), il harponne l’auditoire d’entrée sur « The Revolution will be revisited ».. Slogan, ou prémonitoire ?… En tous cas, l’homme nous montre qu’il est en forme, n’ayant rien perdu de sa fougue, de son jeu. Et c’est TANT MIEUX ! Usant sans abus de la distorsion, y mêlant quelques boucles électro, Jeff Beck nous emmène sur des territoires sonores parfois très sombres, torturés.

Jusqu’à « Scared for the children » morceau lent emmené au chant par la voix éraillée de Rosie Bones (pas sans rappeler celle de Cindy Lauper), oui jusqu’à ce morceau, le bougon guitariste a mis la poignée à fond. Vient ensuite « Scared for the children », ballade aux accents de Flamand Rose, que n’aurait pas renié David Gilmour. Avec « Right now », les affaires reprennent, un son gras au menu, comme un hommage aux légendaires groupes du sud des Etats-Unis tels Lynyrd Skynyrd, ZZTop, Blackfoot, Allman Brothers Band et consorts. « Shame », une ballade qui figurerait sans problème au répertoire de Dire Straits, Tom Petty, Eric Clapton, voire Neil Young, Tony Joe White. « Oil », est un blues-funk de bonne tenue, qui donne envie de danser. Le dernier titre « Shrine » (tombeau) est une évocation un rien désabusée de l’espèce humaine, de son devenir, de son aptitude à croire en un lendemain meilleur. Le reflet de la pensée de Jeff Beck ?

Quoi qu’il en soit, le Beck est de retour de fort belle manière, et c’est toujours un bonheur d’écouter ce musicien.

Guillaume.

Les papys du hip hop sont de retour.


31atcq18 ans déjà ??? Ça veut dire que j’avais 17 ans quand « The love movement » est sorti, j’étais au lycée, Q-tip n’avait pas encore de cheveux blancs et que Phyfe Dawg était toujours vivant. Ça ne nous rajeunit pas tout ça dis donc !!!

« We got it from here, thank you for your service », voilà donc le nom du nouvel album d’A tribe called quest, ils n’avaient pas plus compliqué, vous me direz? En fait, ce titre est bien clair, la tribu considère cette nouvelle génération de rappeur désintéressé de la politique et de la condition des jeunes aux Etats-Unis. Ils souhaitaient faire un rappel de ce qu’était le hip hop et ce qu’il devrait être, selon eux (et moi). Certains sont épargnés, tel Kendrick Lamar, J. Cole ou Joey Badass, aurais-je les mêmes goûts que nos pionniers du rap ???

Quoi qu’il en soit, cet opus est bien plus convaincant que celui de De La Soul, sorti quelque mois plus tôt. On retrouve cette ambiance jazzy qui a fait de la tribu ce qu’elle est. Les rimes de nos mc’s sont toujours aussi bien aiguisées et les guests sont en nombres et de qualités : Talib Kweli, Kendrick Lamar, Andre 3000, même Sir Elton John a participé à cet évènement. L’apport le plus marquant est bien sur Busta Rhymes, ami de longue date du groupe et qui participe à cinq morceaux, il est presque une extension d’ATCQ et un remplaçant naturel de Phyfe.

WGIFHTYFYS (acronyme de l’album) est censé être la dernière production du groupe, espérons qu’ils changent d’avis, même s’il faut attendre 20 ans encore…
Laurent