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Bauer / Personne, artistes singuliers.


Cette fois-ci, j’ai décidé, pour la première fois depuis très longtemps, d’évoquer deux artistes, chanteurs-guitaristes-auteurs-compositeurs, dans la même chronique. Deux artistes aux parcours un brin similaires, singuliers, en marge des grands noms de la chanson française, mais qui, petit à petit, patiemment, ont su se forger une place dans cet univers parfois sauvage et difficile. Je veux ici parler d’Axel Bauer et Paul Personne (à qui j’ai déjà consacré une chronique sur ce blog), à l’occasion de leurs respectifs nouveaux albums, « Peaux de serpent » et « Funambule (ou tentative de survie en milieu hostile »).

Par respect pour l’alphabet, je commencerai par évoquer « Peaux de serpent » d’Axel Bauer, sorti en 2013. Oui je sais cela va vous sembler étranger de ne le chroniquer que maintenant, mais voilà, je suis tombé dessus récemment (mieux vaut tard que jamais dit-on), et j’ai littéralement craqué! Ce qui me frappe d’entrée en écoutant ce nouvel album, c’est l’est la qualité d’écriture de Axel Bauer. Bien sûr je ne la découvre pas. Il n’est qu’à se souvenir de son premier album avec le tube « Cargo de Nuit », et ce superbe clip réalisé par le génial Jean-Baptiste Mondino, tout en ambiance noire et blanc. Puis bien entendu, ses albums « Nouveaux seigneurs » (1987), « Sentinelles » (1990), ou le très beau « Personne n’est parfait » (2000). En 2003, Zazie et lui avaient chanté en duo sur le joli titre « A ma place ». Un vrai succès, tant critique que public. »Bad Cowboy », qui est paru en 2006, m’avait par contre assez déçu. Je l’avais trouvé brouillon, avec des titres de qualités très inégales. Ce n’est donc pas le cas de « Peaux Sensibles ». D’entrée il nous saisit avec « Souviens-toi », magnifique et sur lequel il nous régale de sa voix timbrée tout en maîtrise. S’en suivent des tires qui sont comme des perles, je veux parler ici « Pense à nous » ou le très subtil « Elle est SM » (évocation de la relation sado-maso). Puis viennent « Les hommes à la mer » (la mer, les marins, ambiances balade bretonne) , sur lequel intervient Jean-Louis Aubert. « Aveugle », avec cette ambiance acoustique, ce rythme qui n’est pas sans rappeler certaines chansons de Bashung, Le reste de l’album, à savoir « Je fais de mon corps » (évocation du corps qui vieillit), « Lève-toi » (rythmique un brin hypnotique), « L’enfer » (l’amour mortel), « Orfèvre de l’inutile » (l’amour), sont de superbes compositions qui montrent que Axel Bauer est revenu en grande forme .Je vous le recommande. J’attends maintenant de voir cet album joué sur scène.

Pour ce qui concerne le nouvel opus de Paul Personne, « Funambule (ou tentative de survie en milieu hostile) », sorti en mai dernier, là aussi il s’agit d’un retour à signaler, car le bonhomme, toujours très discret sur ses projets collaboratifs ou personnels, a écrit un des meilleurs albums (à mon goût) qu’il ait produit depuis longtemps.

Si le talent guitaristique de Paul Personne n’est plus à démontrer, sa plume est toujours aussi acérée lorsqu’il s’agit de traiter de sujets tels que les médias (écoutez donc « Comédia« ) la solitude et le repli vers la nature avec « Chez moi« ), les dégâts faits par les décisions prises au niveau mondial (« Les dégâts »). Paul Personne se révèle ici être un citoyen très préoccupé (mais cela ne date pas d’hier en ce qui le concerne) par le devenir de notre planète. L’aspect très rock de ce disque renforce à mon sens le cri, la préoccupation de cet artiste, le regard qu’il jette sur la société qui l’entoure. Superbement entouré, Paul Personne nous régale de son talent, de ses soli dont il a le secret. La voix rauque de ce musicien colle toujours parfaitement aux mélodies qu’il concocte savamment, tel un orfèvre, loin de l’inutile (petit clin d’oeil à Axel Bauer). La tonalité générale n’est pas sans me rappeler « Rêve sidéral d’un naïf idéal » paru en 1994.

En somme, vous l’aurez compris, je recommande les 2 disques concoctés par ces artistes aussi discrets que talentueux. Je serai curieux de les voir réaliser un album ensemble, tant leurs univers, leurs voix, leurs talents de guitaristes et compositeurs pourraient si bien se marier. Paul Personne l’a déjà fait avec Hubert-Félic Thiéfaine, en 2007, avec le très beau »Amicalement blues ». En attendant, il sera possible de le voir sur la scène de l’Olympia en mars 2020. Moi j’y serai, et vous?

Guillaume.

Who Else? Bjorn Berge of course!


Il est de retour après 5 ans d’absence discographique. Qui donc? Bjorn Berge, dont je vous avais précédemment parlé à l’occasion de son album « Mad fingers ball » qui date de 2013. Le guitariste-chanteur norvégien, toujours aussi déterminé dans sa démarche musicale, nous revient en grande forme avec « Who else? », sorti voilà quelques mois déjà. Au menu de ce nouvel opus, un savoureux mélange de blues, de blues rock, voire carrément de boogie-rock, le tout servi par Berge et sa bande, à savoir Odin Staveland (morceaux 3,4,5, 9), Kim Christer (morceaux 1,2,6,7) et Vidar Stoyva (morceau 8) qui se partagent les baguettes, le bassiste Kjetil Ulland, et la choriste Dagny Christensen. L’odeur de la sueur, de la poussière sont bien présentes. Berge nous régale avec sa voix grave, profonde, qui n’est pas sans rappeler celle de Tony Joe White, apôtre du swamp-rock, ce blues-rock venu des bayous, du fin fond de la Louisiane.

D’entrée de jeu, avec le puissant « Monkey ship », Berge nous prévient. Il n’est pas revenu pour plaisanter. Le morceau a la rythmique échevelée. Suivent 3 titres qui s’enfilent comme des perles,  » Lost pearl », « Mr. Bones » et « It just ain’t so ».. du bon vieux blues, tout droit issu du sud des Etats-Unis. Plus les morceaux défilent et plus Berge me convainc de sa qualité de song-writer, de chanteur, sans omettre ses purs talents guitaristiques.

Vraiment, ce « Who else? » est un pur plaisir d’écoute, qui n’est pas sans rappeler parfois le trio texan ZZ TOP, période « La Grange », « Tres hombres », « Fandango », notamment, et même un peu « Eliminator ». Le morceau « Bitter sweet » est un régal, véritable petite ballade, genre de musique qu’on s’imagine aisément écouter en conduisant une vieille Buick décapotable sur la mythique route 66.. le pied, en somme!

Avec « Speed of light, finie la récréation, la pause tendresse. Les choses sérieuses reprennent. C’est un titre très rock. Suit « the Calling », petite perle bluesy comme je les aime auquel succède le « Ginger Brandy Wine », aux accents « ZZ TOP ». Ca déménage, c’est efficace, et le talent vocal de Bjorn Berge surfe avec aisance tout au long du morceau. Pour clore ce « Who Else? », Berge et son groupe finissent avec « The sun’s going down », un blues-rock de toute beauté.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce nouvel album de Bjorn Berge.Je suis certain qu’il ravira les amateurs/ trices de blues, blues-rock. Pour les autres, la belle découverte est à portée d’oreille.

Guillaume.

Rory Gallagher, le discret irlandais.


A l’instar de son compatriote Gary Moore, Rory Gallagher était un brillant instrumentiste, guitariste. Il était également chanteur, producteur. Son registre musical tournait quasi uniquement autour du blues-rock, du blues. Il découvre le jazz, grâce aux émissions de la radio US Navy basée non loin de Cork, ville dont est originaire sa maman. Brillant, précoce, il apprend la guitare à 8 ans, donne ses premiers concerts à seulement 10, remporte un prix à 12 ans. Sa voie est tracée Il veut devenir musicien professionnel. Il est aussi joueur de mandoline, harmonica, saxophone. Bref un touche à tout doué.

A quinze ans, son rêve se réalise en intégrant le groupe Fontana. Après seulement 2 albums au sein de la formation, il le quitte en 1966, pour fonder le groupe Taste (« goût », en anglais). Devenu le groupe de rock référence de la ville de Cork, avant d’aller s’installer à Belfast, ville où le groupe assurera les premières parties de John Mayall, Jethro Tull, Fleetwood Mac avec son leader Peter Green, ou encore Cream, si cher à Eric Clapton.

A une époque où enregistrer des albums se faisait très rapidement, Taste va publier des albums dans un temps trsè courts, tant studios, que live. En effet, « Taste first »sorti en 1967, sera suivi de autres galettes musicales « Taste » puis « On the Boards ».2 albums live seront aussi publiés pour garder trace du talent de Rory Gallagher. Il s’agit de « Live at the Isle of Wight », enregistrement témoin du passage du groupe au festival du même nom, en 1970, mais hélas publié bien plus tard, et enfin le « Live at Montreux », enregistré dans le cadre du déjà prestigieux festival de jazz.

En 1971, il abandonne le projet, et se consacre à sa carrière solo, qui démarre avec un album éponyme « Rory Gallagher ». Au cours des années 70, ce talentueux musicien va voir sa popularité s’accroître avec la publication de 3 albums que sont « Deuce », « Blueprint », « Tattoo », les deux derniers sortant la même année, en 1973. Il livrera 2 albums live qui sont devenus des références dans sa carrière : « live in Europe », en 1972 et « Iris tour » sorti en 1974.

Les années 80 ne seront guère plus prolixe. « Jinx » en 1982, « Defender » en 1987. « Fresh evidence » en 1990.

Le guitariste irlandais, souffrant d’aviophobie (peur de l’avion), tourne de moins en moins et cède par ailleurs  au démon de l’alcool, liée aussi à une prise de médicaments trop importante comme des somnifères. Sa surconsommation lui vaudra des ennuis de santé, un foie très abîmé,qui nécessitera une greffe en urgence. Son corps ne la supportera pas. Il décèdera à 47 ans.

Rory Gallagher était un guitariste très talentueux qui n’a pas forcément eu la reconnaissance méritée. La postérité s’en charge désormais.

Je vous laisse (re) découvrir son talent.

Guillaume.

Beck is Back !


jeffbeck

Marciac 2015. Une soirée aux sons de la guitare était programmée, réunissant Jeff Beck, guitar-hero anglais sorti des 60’s époque Yardbirds, en remplacement de… Eric Clapton (!), et le génial poly-instrumentiste (guitare-orgue Hammond, batterie, basse…) Lucky Peterson, vétéran du blues. Hélas!!  Jeff Beck ne vint pas, le corps malade lui indiquant le repos. Il fut remplacé par le virtuose américain Joe Satriani, dont le rock-fusion désempara quelque peu l’auditoire.

Un an plus tard, guéri de ses maux, revigoré, le génial et ténébreux guitariste nous revient avec « Loud Hailer » (Le haut-parleur, sur la pochette, comme pour hurler au monde son retour), un album de rock brut, gras, au gros son. Accompagné de 4 joyeux drilles dont deux jeunes femmes (une spécialité pour le Beck), il harponne l’auditoire d’entrée sur « The Revolution will be revisited ».. Slogan, ou prémonitoire ?… En tous cas, l’homme nous montre qu’il est en forme, n’ayant rien perdu de sa fougue, de son jeu. Et c’est TANT MIEUX ! Usant sans abus de la distorsion, y mêlant quelques boucles électro, Jeff Beck nous emmène sur des territoires sonores parfois très sombres, torturés.

Jusqu’à « Scared for the children » morceau lent emmené au chant par la voix éraillée de Rosie Bones (pas sans rappeler celle de Cindy Lauper), oui jusqu’à ce morceau, le bougon guitariste a mis la poignée à fond. Vient ensuite « Scared for the children », ballade aux accents de Flamand Rose, que n’aurait pas renié David Gilmour. Avec « Right now », les affaires reprennent, un son gras au menu, comme un hommage aux légendaires groupes du sud des Etats-Unis tels Lynyrd Skynyrd, ZZTop, Blackfoot, Allman Brothers Band et consorts. « Shame », une ballade qui figurerait sans problème au répertoire de Dire Straits, Tom Petty, Eric Clapton, voire Neil Young, Tony Joe White. « Oil », est un blues-funk de bonne tenue, qui donne envie de danser. Le dernier titre « Shrine » (tombeau) est une évocation un rien désabusée de l’espèce humaine, de son devenir, de son aptitude à croire en un lendemain meilleur. Le reflet de la pensée de Jeff Beck ?

Quoi qu’il en soit, le Beck est de retour de fort belle manière, et c’est toujours un bonheur d’écouter ce musicien.

Guillaume.

Buffalo Summer, Hard-blues en mode Gallois


BuffaloSummerBuffalo Summer. Avant de vous parler de leur album « Second Sun« , je ne connaissais pas ce groupe, formé de 4 musiciens, tous issus du sud du Pays de Galles. Gareth Hunt (batterie), Andrew Hunt (chant), Jonny Williams (guitare) et Darren King (basse). « Second Sun » est donc le premier album auto-produit de ce groupe dont le répertoire musical est un savant mélange de blues-rock, hard-rock, avec des influences aussi variées que Led Zeppelin, Free, Lynyrd Skynyrd. De quoi faire saliver à l’avance l’auditeur, à condition bien sûr d’aimer les groupes précités.

Dès « Money », premier des 12 titres de cet album, Andrew Hunt nous laisse entrevoir ses qualités vocales qui rappellent par moments Robert Plant, époque Led Zeppelin. La musique, elle, bien que pas très innovante (mais le peut-on vraiment dans un genre déjà très visité et marqué par tant de groupes devenus des références en la matière ?), est très maitrisée, basée sur des riffs de guitares simples et une rythmique bien en place, solide. Le tout donne un résultat convaincant, à l’image de groupes comme Buffalo Springfield, ZZ Top.

La suite des morceaux confirme l’impression première, avec « Make you mine » que n’aurait pas renié la paire Perry-Tyler d’Aerosmith, ou la bande de Chicken Foot, chère à Joe Satriani et Sammy Hagar.
Les 12 morceaux s’enchainent sans faiblir, la qualité est au rendez-vous, ce qui est bien agréable. Malgré leur origines celtiques, les Buffalo Summer n’ont pas intégré d’instruments ou mélodies typiquement galloises à leur répertoire. Dommage penseront certains, mais au final, ce « manque » ne nuit en rien à la musique mitonnée par nos gallois. Rien que Hard-Blues, savamment dosé!

Nul doute que ces gaillards gallois vont régaler les publics dans les mois prochains, lors de la tournée qui va suivre la sortie de « Second Sun »… Energie, musicalité, qualité vocale, tout est là pour satisfaire les amateurs de Hard-rock matiné de Blues-rock!

Oui le cocktail de « Buffalo Summer » est consistant, à découvrir et savourer, en toute tranquillité!

J’ai hâte de les voir sur scène à Paris.

Guillaume.

 

 

Le Flamand Rose revu (mais pas corrigé)


DarksideoftheMule_pochetteDès la pochette de l’album, le ton est donné ! Le titre est sans équivoque Dark  side of the Mule invite à la nostalgie d’un Flamand Rose resplendissant, inventif, puissant !

Mais là, pas de David Gilmour aux manettes, de Nick Mason aux baguettes… non ! Mais alors, qui ose ainsi reprendre la musique du Flamand Rose ? Juste un groupe américain tendance blues-rock, Gov’t Mule (né en 1994 de la volonté de Warren Haynes et Allen Woody (Allman Brothers Band), fans du Floyd) qui se lance ici le challenge de revisiter à sa sauce les titres mythiques du Floyd.  Dès l’introductif « One of these days », je suis rassuré quant à la qualité de l’entreprise. Pas de trahison de l’esprit d’origine, pas non plus de reprise sans âme, non un travail bien mené tout comme les suivants « Pigs on wing part.2 « , « Shine on your crazy diamond », « Money », et le final « Wish you were here ».

Le quintette américain s’en tire de belle manière, la touche blues-rock n’étant ici pas un frein mais une couleur ajoutée à celle des titres repris, revisités.

Guillaume.

 

A l’Ouest, Y a plus Personne!


Mais où est donc passé Personne ? Qui ça me dites-vous ! … Je parle de Paul Personne, guitariste de blues-rock ayant longtemps accompagné les plus grands artistes français (Eddy Mitchell, Véronique Sanson, Benoit Blue Boy, Patrick Verbecke, Bill Deraime…) tant sur scène que sur disque, et qui depuis une vingtaine d’années mène une carrière solo jalonnée de jolis albums et de salles remplies.

Après 3 albums avec son groupe Backstage à la fin des 70’s, Paul Personne enregistre « Faut qu’ça bouge », premier album solo en 1982. Par la suite, viendront les perles « La chance » en 89, « Comme à la Maison » en 92, enfin « Rêve sidéral d’un naïf idéal » en 94.

Plus près de nous, paru en 2007, un album de blues, « Amicalement blues »en duo avec le discret Hubert Félix Thiéfaine, puis « A l’ouest, face A et face B » en 2011.

Avec « Puzzle« , 2014 marque le retour musical du guitariste-chanteur. Autant dire, malgré une pochette stylisée, que le puzzle est mal construit. Certes « Il y a » prometteur titre introductif, laisse augurer de belles ambiances à suivre… Hélas ! dès le second morceau « Une Journée », la suite  s’avère décevante, comme un plat sans saveur, sans réelle surprise. A ce compte-là, 13 titres, c’est long, pénible.. De plus, si le talent du guitariste s’exprime toujours lors des parties solos, la magie attendue a disparue, s’est envolée… Quant à la voix, rauque et grave, elle n’a plus la puissance passée.

Oui, je suis déçu par ce « Puzzle » concocté par Paul Personne. Pour moi c’est un ratage, une sortie de route. A mes oreilles, seuls ont trouvés grâce des titres tels que » M’envoler plus haut », « Ca fait mal ». Quant au final instrumental « Partir pour mieux revenir », il a tout du remplissage gratuit, je m’en serais volontiers dispensé.

Guillaume.

 

Jeff Beck, discret esthète de la six-cordes.


Considéré à l’époque déjà (dans les années 60), comme l’un des plus doués de sa génération, le guitariste Jeff Beck, 70 ans cette année, contemporain des Rolling Stones, d’Eric Clapton, Jimmy Page (deux autres ténors du manche à 6 cordes), est toujours un musicien inventif, innovant, possédant une maîtrise consommée de son instrument.

Après avoir donc débuté au sein des Yardbirds en 1965,  côtoyé Jimmy Page, il fondera le Jeff Beck Group, au sein duquel il sera épaulé par Rod Stewart au chant et Ron Wood (futur Rolling Stones) à la basse. Très demandé, il multiplie les collaborations en studio, comme sur scène, enregistre l’album « Truth » en 1969, considéré comme posant les bases du hard rock à venir.

Venu du blues et ayant posé les bases musicales du hard-rock, il n’hésite pas à explorer d’autres sonorités, d’autres univers musicaux. Ainsi les années 70 le verront s’orienter vers le jazz-rock, le jazz fusion, collaborant avec Herbie Hancock, Stanley Clarke, le Mahavishnu Orchestra, groupe fortement inspiré par la musique hindou. Mais l’homme, indépendant, n’aime pas se fixer, allant toujours de l’avant. Aussi, passé le milieu des années 70, il se consacrera à une carrière solo, moins visible que celles de ses acolytes Clapton, Ron Wood, Keith Richards. Une bonne quinzaine d’albums solos plus tard (avec notamment « Wired », « Jeff Beck Guitar Shop » ou le « live Ronnie Scott Jazz Club »)… Jeff Beck possède l’un des plus jolis et riches parcours musicaux qui soient.  Reconnu par le public, par ses paires, l’oiseau se fait rare sur scène.Ses apparitions sont toujours un évènement. La prochaine prévue en France, aura pour cadre la scène de Jazz in Marciac, aux côtés de Lucky Peterson, pour l’ouverture du Festival.

Alors, si vous aimez les guitaristes, ou sivous voulez tout simplement le découvrir,  Jeff Beck est à ne pas louper, sur disque, comme sur scène.  A 70 printemps, le guitariste anglais nous surprend encore. Réjouissons-nous!!!

Guillaume.

L’homme Tigre déjà légendaire


The-Legendary-TigermanPaulo Furtado connu sou le nom de Legendary Tigerman, nous offre un nouvel album True, composé d’un CD et d’un DVD documentaire. Ce rocker portugais, multi-instrumentiste, chanteur, compositeur, aussi dans le groupe rock Wraigunn, n’est plus tout seul sur scène, il est accompagné d’un batteur.

Derrière ses lunettes noires, il nous propose ce qu’il sait le mieux faire : du Rock’n Blues.

Passionné par le Blues rural américain et le rock’n’roll des années 50, Tigerman nous dévoile un Blues moderne, accompagnée d’une énergie punk, des mélanges d’accords de guitare et des sonorités électroniques. Sa voix feutrée et sensuelle ne dissimule pas son Blues sauvage, sa musique indomptée démontre une recherche esthétique toujours plus avancée.

Des +++ à Rainy Nights, jolie ballade. Mais aussi à la reprise de Twenty flight rock d’Eddie Cochran, énergique et chaleureuse, et enfin au premier titre Do come home, déjà un véritable tube.

Michèle

Stephen Stills, une carrière bien remplie…


StephenStills_pochetteStephen Stills, guitariste-chanteur, qui fit parti dans les années 70 de 2 groupes importants de la culture musicale américaine, Crosby Stills Nash & Young et Buffalo Springfield, s’est fait discret depuis longtemps, ne revenant que rarement sur scène pour jouer aux côtés de ses compères Neil Young, Graham Nash, où comme en 2008,  de son ex-femme Véronique Sanson, et de leur fils, Christopher Stills, lui aussi guitariste-chanteur.

Carry On, maginifique coffret édité par Warner, regroupe 4 cd et un superbe livret rempli de photos personnelles, égrenant toutes les époques de la carrière de Stephen  Stills.

Je vous avoue, je ne connaissais pas bien ce musicien, ni trop CSN&Y, et mal Buffalo Springfield… Nul n’est parfait !!! Ce coffret très complet permet à l’auditeur une plongée dans l’univers de la folk music américaine, chère également à des artistes tels Simon & Garfunkel, Bob Dylan, Pete Seger, pour ne citer qu’eux. Une époque bénie de la culture musicale américaine, quelques années après Woodstock.

Si vous êtes nostalgique de cette époque, si vous voulez juste découvrir cet univers, cette période musicale particulière, ce coffret dédié à Stephen Stills est une bonne entrée en matière.

Ce document vous attend à la médiathèque.

Guillaume.

Bjorn Berge, bluesman venu du grand Nord.


BjornBerge_pochetteHommage. A l’écoute de Mad fingers ball, le dernier opus de Bjorn Berge, guitariste-chanteur à la voix profonde, venu de Norvège, c’est le mot qui me vient spontanément. Un hommage aux bluesmen Robert Johnson, Elmore James, entre autres, qui furent ses influences majeures. Guitare acoustique, voix rauque, profonde, technique de slide et de picking utilisées avec dextérité, ce musicien norvégien à la déjà longue discographie, mais qui resta longtemps dans l’ombre, plonge avec délectation dans ce style musical, et nous offre 12 palettes de son talent. Un régal pour les oreilles.

Il attaque son disque avec Honey White, petit bijou que je ne me lasse pas d’entendre. La suite, extrêmement maîtrisée, est du calibre supérieur, et au milieu, il nous est donné d’écouter une superbe version acoustique de Hush, morceau de Joe South, popularisé par Deep Purple dans les années 70.

Afin de varier les styles et ambiances, Bjorn Berge, sait également nous mener sur les sentiers de l’ailleurs, de la nostalgie, avec StaMina et le beau Meanest blues in town. La suite de l’album retrouve les accents du début… Un blues tonique, une voix qui regorge d’énergie… Guts, Chevrolet (évocation du mythe automobile américain, des rêves d’une vie meilleure). Ce  bel opus blues se termine sur un The Last Call tout en douceur.

Un artiste à découvrir, un album à ne pas louper, assurément !!

Guillaume.

Dieu et ses vieilles chaussettes


Et bien c’est dans les vieilles chaussettes, qu’on fait d’agréables albums. Le dernier cd Old sock qu’Eric Clapton nous propose est composé de reprises de chansons qu’il considère comme importantes et de deux compositions personnelles inédites.

N’espérez donc pas trouver le dernier Grand Clapton, mais notre vétéran rock se fait plaisir dans ce cd, en compagnie de ses petits copains : J.J. Cale, Steve Winwood, Paul Mc Cartney

J’ai lu quelque part que c’était un disque pépère, et bien ça doit être aussi pour les mémères sans doute, car j’ai passé un bon moment, comme un avant-goût des vacances en l’ écoutant. On navigue entre le blues-rock, le reggae et le jazz. On y retrouve un Clapton décontracté, qui ne se prend pas au sérieux, et du coup sa nonchalance est contagieuse…

Un +++ à Angel, Every little thing et All of me.

Michèle.

Asaf Avidan, c’était une évidence


pochette_Asaf-AvidanAsaf Avidan, un artiste dont on parle beaucoup et pourtant voilà un bon moment (2007) qu’il joue avec son groupe The Mojos.

C’est avec l’album solo Different Pulses qu’il fait un véritable carton en France actuellement. Asaf Avidan, c’est une voix aiguë envoûtante, très particulière et d’une maîtrise et d’une justesse impressionnante.

Quand cette année j’ai entendu les critiques dithyrambiques sur cet artiste, ce n’était pas une révélation, mais ce n’est que justice, la reconnaissance aussi rapide d’un artiste talentueux et si bouleversant n’arrive pas si souvent.

J’espère que la notoriété ne le fera pas dévier sur d’autres chemins musicaux plus commerciaux car le blues et le rock lui vont si bien.

Michèle