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Dans la chaleur du Blues du Mississippi…


mississippiheat_pochetteAprès avoir eu un line-up nombreux et évolutif depuis sa création (1992), Mississippi Heat est aujourd’hui un quintet emmené vocalement notamment  par Inetta Visor. « Cab Driving Man » (« Chauffeur de Taxi »), est le 12ème album de ce combo qui n’a qu’une seule devise :  Le blues, rien que le blues, surtout le blues. Celui issu du berceau que constituent Chicago, La Nouvelle-Orléans, et le Mississippi.

Le moins que je puisse dire, c’est que d’entrée de jeu, le quintet donne le ton, la couleur blues est belle et bien là… !

Donc Mississippi Heat nous sert de « Cab Driving Man« , nous promène sur les rives du Mississippi, entre la Nouvelle-Orléans, Chicago, aux sons du boogie, du blues, de ces morceaux aux sons gras qui enchantent nos oreilles, ici au moins les miennes. Une ballade en 16 titres, qui fleure bon l’ambiance de Bourbon Street à Chicago, des bars-club où de nombreux groupes locaux s’évertuent à faire vivre l’histoire de cette musique, de ce patrimoine culturel, historique, que représente aujourd’hui le Blues. Chaque piste est jubilatoire à écouter, découvrir. Des arrangements riches, variés, avec toujours ce swing au milieu du jeu, qui donnent à ce disque une fraîcheur, une saveur particulière. Du blues qui ne donne pas le cafard!

Autour des voix de Inetta Visor, Giles Corey, Michael Dotson, racontant les misères du quotidien, les musiciens (tous excellents) vous emmènent sur les rives de ces contrées qui a vu naître, dans la douleur d’un esclavage mis en place dans les plantations du Sud et dans les champs de cotons, cette musique (Le blues) qui allait devenir la base de tout ce qu’on écoute aujourd’hui : Le gospel, le blues urbain, le blues-rock, la soul music, le rhythm and blues, la funk music, le rock, le rap, le R’n’B. Le Blues a fait des petits… qui sont devenus grands et qui ont accouchés de nombreux artistes de talents depuis ces 90 dernières années!

Oui « Cab Driving Man » est un disque revigorant, bourré de rythmiques entrainantes, de blues bien gras, dans la veine de ce que faisaient les Pères du Genre. Un régal! Alors, que ce soit pour les longues soirée d’hiver au coin du feu de cheminée, pour faire la route, ou tout simplement pour profiter d’un moment, ce disque est tout indiqué!
Laissez-vous guider sur les rives du Blues, le voyage n’en sera que plus agréable.

Guillaume.

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, une belle découverte!


C’est à l’hiver 2015, dans le sous-sol d’une salle parisienne pleine à craquer et enthousiaste, que j’ai découvert Nathaniel Rateliff & The Night Sweats. Ce soir-là, je découvris donc ce groupe de 7 musiciens, qui pendant près de 1H30, ont réchauffé et enchanté le public par une musique puissante, bien en place, un sens du swing emmené par les cuivres, et des accents blues, soul, dans la voix de Nathaniel Rateliff (chapeau vissé sur le crâne et barbe à la Dr John). Un vrai bonheur, un joli moment musical, et une belle découverte!

Mais qui est Nathaniel Rateliff ? Après ses premiers pas dans le Missouri natal, après avoir très tôt emprunté la voie de la musique, d’abord via la batterie à 7 ans, il délaisse les baguettes pour le manche à 6 cordes. S’en est suivi ses premières chansons, ses premières scènes, puis un premier album en 2007, « Desire and Dissolving Men ». Dans sa besace musicale, le colosse du Missouri trimballe des échantillons de soul music (la section cuivre des Nights Sweats est vraiment chouette!), de blues-rock, de folk bien senti et même de gospel.

Sa nouvelle galette « A little something more from.. Nathaniel Rateliff and the The Night Sweats » en est la parfaite illustration. 8 titres, et cette variété musicale qui s’exprime, avec talent! Les ambiances nous replongent dans cette période bénie des 60-70’s, où la soul music américaine, le blues, le folk faisaient le bonheur du plus grand nombre. « Parlor », qui ouvre le disque, est un blues-folk très dansant, qui met tout de suite dans l’ambiance. La suite ne déçoit pas l’auditeur. Dès « I did it » (un vrai tube en puissance), « Out on the week end », une vraie road-song comme seuls les américains savent en écrire, la variété des styles est là sans jamais perdre en qualité, intensité. « Wasting time » (qui sonne avec des accents Stoniens), morceau enregistré au Stax Museum of American Soul Music, ou le suivant « What I need », sont deux perles pleines de soul, gorgées de swing. « Just to talk to you », est un pur blues, guitare-voix, à l’ancienne, comme un hommage au pionniers du genre. L’album se referme sur « Late night party », qui est en fait la version initiale de « Out on the Week end ».

Au final, un bel album, de pépites à savourer, du talent à découvrir!

Guillaume.

 

 

 

 

Alma di Mundo


Parmi les artistes-musiciens fontenaysiens, je tenais à vous présenter Alma di Mundo, alias Jean-Jacques Dos Santos, chanteur-guitariste, dont le chant et le son du Cap-Vert coule dans les veines et entre les doigts. Vous avez peut-être déjà croiser sa silhouette longue, casquette ou chapeau vissé sur le crâne, guitare sur son dos, dans les rues de Fontenay-sous-Bois.

Jean-Jacques Dos Santos, homme discret, outre la musique, fait parfois des apparitions au cinéma, furtives, courtes. Mais sa vraie passion, sa véritable vibration, le moteur qui l’anime, est essentiellement la musique, les musiques, d’où qu’elles viennent, avec bien sûr un penchant naturel pour la culture de son Cap-Vert, la musique brésilienne, mais aussi des Caraïbes, le reggae, ainsi que le blues issu du Sud des Etats-Unis. Bref c’est un voyageur des sons, des cultures.

Récemment, il a publié un album « Saudade and Blues« . Entouré pour l’occasion du bassiste-contrebassiste Rémi Auclair, des guitaristes Hubert Preto et Thierry Deroche, de l’harmoniciste Luc Arrignon, des choristes Cheila Simone et Johanna Dos Santos, du percussionniste Paul Flint, JJ Dos Santos-Alma di Mundo, nous offre à découvrir 5 de ses compositions personnelles, toutes teintées de nostalgie aux accents brésiliens, capverdiens, et de blues venu du sud des états-unis. 5 ballades, dont la reprise adaptée de la célèbre chanson « Saudade » qui rendit célèbre Césaria Evora, et fit découvrir au monde la place du Cap-Vert et sa culture.

Le chant tout en retenue, épaulé par ses deux choristes, soutenu par une belle brochette de comparses musiciens, nous permet de découvrir ce musicien, pour qui le pont entre la culture française et caribéenne,  capverdienne chère à son cœur, est le fondement de sa démarche. Outre ses activités artistiques ici, il mène également des actions au Cap-Vert. L’un de ses prochains projets (en préparation) concerne d’ailleurs directement cette île et sa Diva au pieds nus (car c’est ainsi qu’elle se produisait sur scène) Césaria Evora, décédée en 2011.

« Saudade and Blues« , album teinté de couleurs musicales différentes mais qui se rejoignent, se complètent, est une belle porte d’entrée dans l’univers de Jean-Jacques Dos Santos.

Guillaume.

 

 

Clapton, dernière session ?


Déjà en 2014, après la parution de l’album dédié à son ami, mentor et complice JJ Cale, intitulé « An appreciation of JJ Cale », Clapton avait pudiquement indiqué, que très fatigué, il allait sans doute ne plus faire de tournées, longues, harassantes. Le verdict récent et le besoin de repos, confirment qu’il ne fera sans pas (plus?) de tournées, notamment pour présenter « I Still Do ».

Alors cet album, qu’en est-il, au juste? Au menu, du blues, du blues, encore et toujours du blues… ciselé, du pur bonheur. 12 morceaux durant, il nous régale, jouant juste, avec ce son et ce style inimitable, entouré d’une bande de fidèles. Dès « Alabama woman blues » signé de Leroy Carr, je suis embarqué, par ce guitariste que j’ai vu près d’une dizaine de fois sur scène, et qui ici encore, m’attrape. Simplicité, humilité, voix posée, tout est là. La suite n’est que plaisir à déguster, simplement. De « Can’t let you do it » signé de son mentor JJ Cale, en passant par « Cypress Groove » dû à Skip James, sans omettre « Stones in my passway » du légendaire Robert Johnson, au final « I’ll be seeing you », le guitariste anglais nous offre ce qui pourrait donc être sa dernière virée en blues majeur. Aussi émouvante que réussie.

L’homme va se soigner, le guitariste me manquer.

Merci pour toutes ces belles années, Mister « Slowhand »!

Guillaume.

Un après-midi à Paris avec Yana Bibb


YanaBibb_image
Je vous avais déjà parlé de Yana Bibb, fille du bluesman Eric Bibb, lors de la parution de son précédent album en 2014.

Cette fois-ci, elle nous revient avec « Afternoon in Paris« , enregistré … à Stockholm, et pour lequel elle s’est entouré en grande partie de musiciens locaux. Côté textes, si elle a écrit 5 des 11 morceaux qui figurent sur l’album, le reste est composé de reprises  de Andrew Stroud, John Lennon & Paul Mac Cartney, Solomon Burke, ou le local Häkan Elmquist. Son père, Eric Bibb, lui a écrit 2 morceaux « Bessies’s advice » et « For you ».

La liste des précités indique que la chanteuse, cette fois-ci, ne se ferme aucune direction musicale. Au menu, du blues bien sûr, mais également de la bossa-nova, du folk, du traditionnel suédois à deux reprises (qu’elle interprète superbement dans la langue du pays). De quoi dérouter l’auditeur!… Mais le résultat, je l’admets, est des plus plaisants.

Oui ce disque est une jolie déambulation, où Yana Bibb nous entraîne dans ses pas, et l’on passe, avec bonheur entre les styles, les ambiances, les rythmes qui jalonnent cet « Après-midi à Paris ». Jamais ennuyeux, très épuré, servi par un orchestre de qualité, la chanteuse américaine prouve avec cet album, qu’elle prend de l’envergure, se fait un prénom dans la famille Bibb, et démontre qu’elle est une grande chanteuse-interprète.

Cet « Afternoon in Paris » se termine par le très beau morceau en hommage à son grand-père, Léon Bibb. Il peut être fier, sa petite-fille est devenue une grande artiste qui trace son propre sillon.

Guillaume.

Nadoo sur les chemins des Blues


Nadoo_image2Nadir Moussaoui, alias Nadoo, musicien fontenaysien, déjà venu à la médiathèque pour un kiosque en 2015 nous présenter son univers musical fait de reggae, dub, électro,  revient cette fois-ci pour une évocation très personnelle du Blues, des blues.

En effet, le samedi 7 mai, à partir de 15H30, dans le cadre de l’exposition « Des notes et des bulles » qui se termine le 11 mai, Nadoo nous rendra visite pour évoquer à sa manière, aux sons de sa voix et de sa guitare,  les chemins du blues, en partant de Robert Johnson, première grand star du genre, en passant par le blues de la Guinée ou celui des touaregs du désert.

Car le blues, s’il est né dans les champs de coton aux Etats-Unis à la fin du 19ème siècle, est un genre musical universel. Chaque pays, chaque culture, possède un blues. Le flamenco espagnol, le fado portugais sont des formes de blues identifiés à une culture particulière. Le chant y exprime la douleur, les difficultés, les peine de cœur, les nouvelles tristes, à l’instar des bluesmen américains.

En Afrique, que ce soit au Maghreb (Algérie et Maroc notamment), où les femmes, à travers leurs chants, chantent le blues du quotidien,  mais également des musiciens comme Karim Albert Kook et Amar Sandy, ou en Afrique noire francophone (le Mali, le Sénégal, le Cameroun notamment) où les griots, conteurs de la vie quotidienne, occupent une place particulière, on trouve des musiciens tels que Laminé Konté (kora, chant), Diabel Sissoko (kora, chant), Ali Farka Touré (guitare, chanteur de blues Bonghaï ou Bambara), le groupe de blues Tinariwen, ou Roland Tchakounté.

C’est à travers tous ces sentiers du blues, que Nadoo nous emmènera, pour nous donner sa propre couleur du blues.

Alors, si vous aimez cette musique et ses souhaitez découvrir ses variantes, présentées par Nadoo, rendez-vous à la médiathèque, pour un moment musical qui s’annonce haut en couleur.

Guillaume.

https://www.youtube.com/channel/UCe8ENWMIO-h5RHu8UNVuthw

 

Le Blues maison de Raphaël Imbert


Musicismyhome_image« Music is my home : Act 1 » est né lors de deux voyages effectués par Raphaël Imbert aux Etats-Unis. Régis Michel en a profité pour réaliser un documentaire « Vibes from the South », qui raconte la génèse du projet.

Pour nourrir ce projet musical, le saxophoniste Raphaël Imbert s’est entouré de quelques pointures comme Alabama Slim, Leyla MacCalla, Anne Pacéo, ou encore Sarah Quintana.

Le disque s’ouvre sur 2 compositions qui plantent le décor : tout pour le blues! Du blues, du blues pure souche , concocté et porté par Alabama Slim, Big Ron Hunter, mais aussi sa branche créole (« La coulée Rodair »), en passant par le blues cuivré mode fanfare (« Wipping Willow Blues »), sans oublier le duo Marion Rampal-Raphaël Imbert sur 2 morceaux (« Sweet river blues », « Music is my home »). Ici, tout est bon, rien n’est à mettre de côté, sur le bas-côté de la chaussée…Tout se prend, se savoure, s’écoute! Au gré des morceaux, l’auditeur se retrouve aussi bien du côté de la Nouvelle-Orléans, que sur un bateau à roue, ou bien dans les contrées du sud, où fleurissaient les champs de coton, à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. « Just a closer walk with Thee »… morceau instrumental tiré d’un blues traditionnel, nous est livré avec subtilité. « Music is my Home » se referme sur un duo saxophone-voix (Sarah Quintana), dans un blues un peu destructuré, qui s’apparente à du free jazz.

Ce chemin parsemé de blues, aux origines et couleurs diverses, qui retrace une histoire musicale autant qu’humaine, est une belle réussite.

Un premier chapitre qui appelle une suite… le plus vite possible !

Guillaume.

Samedi 9 avril, jour de fête pour la BD et la Musique


Samedi 9 avril, la BD et la musique étaient en fête à la Médiathèque !!!! ( Venez buller à la médiathèque)

Dans le cadre de l’exposition « Des notes et des bulles », (visible jusqu’au 11 mai ), la médiathèque, dès 15H, fut le lieu d’une rencontre  accueillant des auteurs de BD ayant travaillé récemment, et de manière différente, autour du thème de la musique (Mezzo, Sylvain Dorange, Geneviève Marot), Vincent Henry (Ed. La Boîte à Bulles) assurant la médiation. Cette rencontre, devant une assistance d’une vingtaine de personnes, fut très intéressante, passionnante, l’occasion d’échanges de points de vues différents, tant les univers et les personnalités des auteurs présents étaient éloignés.

A 17H, Michel Seban (guitariste, chanteur, harmoniciste), accompagné de Jean-Michel Dupont (guitare, scénariste de Mezzo sur « Love in Vain », BD en hommage à Robert Johnson), a évoqué Robert Johnson, à travers quelques morceaux, comme  « Love in Vain », « Travelling riverside blues », Come on in my kitchen » ou « Sweet home Chicago » (avec Mezzzo à la basse, et sa femme Nicole au chant).

Il a aussi rendu hommage à Big Bill Broonzy au travers de « Mississippi river’s blues », ou Blind Willie Mac Tell avec « Searching the desert for Blues » devant un public de plus de 80 personnes, petits et grands, en présence de Marc Brunet, maire-adjoint à la culture de Fontenay sous Bois. Une prestation toute en feeling,  en complicité avec ses acolytes. Un vrai beau moment musical, que le nombreux public a fortement apprécié. Pour clore cette journée riche et variée, les auteurs présents à la rencontre, ont dédicacé leurs ouvrages (« Love in Vain » / éditions du Glénat ; « Sanséverino est Papillon » / Editions La Boite à Bulles ; « Sous le Tamarinier de Betioky » / Ed. La Boîte à Bulles) devant un public nombreux et patient. Ce fut l’occasion d’échanges riches et chaleureux, prolongeant ainsi la rencontre.

Une belle journée, comme on aimerait en vivre plus souvent !

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

Blues du Delta, berceau de légendes…


Robert JohnsonLe blues, qui prit naissance dans les champs de coton des états du sud aux Etats-Unis, à la fin du 19ème siècle, s’est petit à petit déplacé vers les villes de Wicksburg (Mississippi) et Memphis (Tennessee), au sein de ce qui deviendra le delta du blues, coincé par la Yazoo river et le fleuve Mississippi. Ce genre musical naissant était surtout joué par des musiciens-chanteurs solistes « ordinaires » s’accompagnant d’un instrument (guitare, harmonica). Ce n’est qu’au début des années 1920 qu’apparurent les premiers enregistrements, notamment grâce au musicologue et historien de la musique John Lomax, qui sillonna le Sud des Etats-Unis, afin de recueillir ces précieux témoignages musicaux, livrés par ces artistes de condition sociale pauvre.

Par la suite, le blues, par le biais de ces musiciens  va « s’exporter »  dans d’autres états comme l’Arkansas, la Louisiane, le Texas, le Tennessee, et même pénétrer des villes telles que Detroit ou Chicago (ville du label Chess Records), donnant ainsi naissance au Detroit Blues et au Chicago Blues.

Robert Johnson (photo), mort à seulement 27 ans, dans la misère, demeure à jamais le pionnier du genre, reste encore aujourd’hui une référence pour les musiciens et amateurs du genre. Sa vie a été magnifiquement évoquée par le dessinateur Mezzo dans « Love in Vain« , paru en 2014, ainsi que par le cinéaste John Doe, dans « Crossroads, la route du blues » sorti en 2009. D’autres musiciens issus de ce Delta du Blues, sont devenus des légendes de cette musique : Charley Patton, Son House, John Lee Hooker, Skip James, Tommy mac Lennan et bien d’autres encore.

A partir des années 60, des musiciens anglais comme John Mayall, Eric Clapton, Jeff Beck, Les Rolling Stones, Led Zeppelin et beaucoup d’autres ne cesseront de rendre hommage à ces pionniers d’un genre qui a traversé le temps, les générations. Une façon de se souvenir, préserver cet héritage, de transmettre  cette histoire humaine et musicale, née dans le sud des Etats-Unis.

Guillaume.

Pura Fé, gardienne de la culture Indienne.


PuraFéIndienne_imageLa chanteuse-guitariste américaine d’origine indienne, Pura Fé, suite à la parution en 2015 de son dernier album « Sacred Seed« , viendra donner un concert le 11 mars prochain à l’Espace Gérard Philipe, à Fontenay.

Egalement poète, danseuse, enseignante, compositrice, Pura Fé, issue du peuple Tuscarora par sa mère(chanteuse classique qui a travaillé avec Duke Ellington), et du peuple Taino par son père, milite avec force pour la reconnaissance de l’identité et la mémoire de la culture des « Natives americans », indiens d’Amérique.

Depuis 1994 avec « Condor meets Eagle » (dont le morceau titre est un pont avec la culture des indiens d’amérique du sud, par un chant d’invocation juste accompagné à la guitare et à la percussion), elle défend sa culture, celles de ses ancêtre, comme celle des indiens d’Amérique du Sud.  « Tuscarora Nation Blues » (2006), « Hold the rain »(2007), « Full Moon Rising » (2009), « Caution to the Wind » (2013), avant le récent « Sacred Seed » que l’on peut traduire par les « Germes Sacrés », au sens de la Terre Sacrée),  paru en 2015. Dans son répertoire, elle mélange avec bonheur et talent  les chants traditionnels indiens, la culture folk, le blues, les instruments sud-américains (flûte de pan notamment), et la parole slamée, à la manière du rap. Elle raconte la vie, avec ses bonheurs, ses souffrances, individuelles ou collectives (celles du peuple indien, d’abord massacré, puis parqué, encore aujourd’hui dans certaines réserves aux Etats-Unis). Une démarche militante, citoyenne, qui tient une large place dans la vie et la démarche musicale de Pura Fé. L’univers métissé de cet artiste singulière, est un appel à la tolérance, au respect des anciens, de la terre de ses racines. Nul doute que le concert du 11 mars sera un moment fort, riche en partage, en émotions.

Alors, si vous aimez les belles voix, les fortes personnalités, le mélange des genres musicaux, n’hésitez pas, venez découvrir cette musicienne!

Guillaume.

 

 

Nobody Knows


pochette_willis-earl-bealJe voulais vous parler d’une voix, d’une vraie voix. Un vrai coup de coeur pour un vrai mystère : Willis Earl Beal. Je choisis son album Nobody Knows qui date de 2013, et qui était son deuxième album. Depuis il en est à son 4ème album (Nocturnes).

Cet artiste a effectivement une histoire (on nous le vend aussi avec ça), originaire de Chicago, il a traversé les Etats-Unis pour s’établir à Albuquerque, après avoir été SDF, après avoir fait plein de petits boulots… Bon même si ce parcours explique peut-être sa voix,  quand je l’ai écouté pour la première fois je ne connaissais pas son histoire. Et c’est cette émotion pure qui m’a attirée. Sa voix nous renvoie au blues et aux origines de la soul. Une voix hypnotique, puissante, pleine de souffrances et de sauvagerie. Cet album débute par Wavering lines, morceau quasi exclusivement a capella, qui vous happe vers un gospel tourmenté, écorché. Un artiste  à la limite de tout, toujours sur la ligne entre puissance et fragilité. Un artiste qui ne peut pas laisser indifférent. Et puis putain quelle voix !!!!!

Michèle

L’échappée en solitaire de Keith Richards.


KeithRichards_pochetteSur la pochette de « Crosseyed Heart« , il a l’air rigolard, content de nous présenter son 3ème album solo, venant seulement 23 après « Main offender ». Mais de qui je parle, vous dites-vous?

Du joyeux luron, du stonien guitariste, Keith Richards himself!

Profitant d’un temps de pause dans le planning planétaire des Pierres qui Roulent, le corsaire du rock a fignolé un album qui a vu ses premiers jours en 2011. Pour cette occasion, le bougre a su évidemment bien s’entourer, faisant appel à des fidèles tels le batteur Steve Jordan, le regretté saxophoniste Bobby Keys (dont les derniers enregistrements figurent sur cet album), le pianiste Ivan Neville. La surprise vient de  la présence inattendue de Norah Jones, qui vient poser sa voix sur  la jolie ballade « Illusion ».

Dans ce disque, qui selon Richards, devrait avoir un prolongement scénique en 2016, si les Stones ne retournent pas en studio, le guitariste rend hommage de belle manière à ceux qui l’ont influencé : les bluesmen Robert Johnson (« Crosseyed Heart » en mode acoustique guitare-voix)), Lead Belly (écoutez la reprise « Good night Irene »), mais également l’univers reggae (« Love overdub »), la folk (« Robbed blind »), et bien sûr l’univers stonien (« HeartStopper » ; « Amnesia » ; « Trouble » ; « Nothing on me »). La voix de Richards, dégagée des excès en tous genres, se trouve ici claire, parfois profonde, grave.

A 71 printemps, Keith Richards est simplement heureux de jouer, alors il s’amuse, et ça s’entend. Infatigable, ne supportant pas de ne pas jouer, enregistrer en studio, lorsque les Pierres qui Roulent en ont terminé de leur marathons planétaires, le génial guitariste a donc réalisé « Crosseyed Heart » sans autre prétention que celle du plaisir simple, comme une jolie échappée en solitaire dans la vie de celui pour qui « Les stones restent la priorité absolue ».

Guillaume.

 

 

Buddy Guy, le dernier des Géants.


Borntoplayguitar_pochetteA 79 printemps, Buddy Guy, après la récente disparition de BB King, est le dernier des représentants et gardien de la tradition, transmetteur de l’histoire du Blues, de ses douleurs, vicissitudes.

Beaucoup pourraient croire qu’à cet âge avancé, Buddy Guy pourrait se la couler douce, rester chez lui à savourer les jours qui passent… C’est mal connaître le bonhomme! Il est infatigable! Tel un véritable pèlerin du Blues, il parcourt encore et toujours le monde pour transmettre, faire connaitre l’histoire de cette musique. Son dernier album, « Born to play guitar« , dit tout! Dès le premier morceau, qui explique comment il a démarré la guitare, le ton est donné. L’homme est en forme et le musicien s’en donne à cœur joie. La voix posée et alerte, juste soutenue par un piano et un duo basse-batterie, il nous conte ses débuts, très précoces! Dès le second morceau « Wear you out« , en duo avec le barbu Billy Gibbons (ZZ Top), il offre du blues énergique, sans fioritures. La voix grave de Gibbons, le son gras des guitares, nous emmène directement dans ces contrées du sud des Etats-Unis, entre Louisiane, Mississippi, Texas, où les plus grands du Blues sont nés, ont vécus, se sont révélés (BB King, John Lee Hooker, Robert Johnson….).

Le plaisir est intact chez cet intarissable musicien. L’auditeur en profite pleinement à l’écoute de ce superbe disque gorgé de feeling, de peines éprouvées, de vécu, le tout porté par la  joie de jouer. Les titres défilent, nous embarquant sur les chemins de cette Histoire. Après le très beau « Back up Mama » très intimiste, il offre deux boogie-blues haletants, accompagné par le chanteur-harmoniciste Kim Wilson, « Too Late »  et « Kiss me quick!« .  Superbes ! Le reste de l’album est à l’avenant, savoureux, joyeux, enlevé, le plaisir est omniprésent et transpire à travers chaque morceau que je découvre.

Outre son jeu de guitare intacte, Buddy Guy est aussi un grand chanteur, avec ce grain de voix si particulier, qu’il met avec bonheur au service de ballades plaintives (écoutez donc « Crying out of one eye« ), ou plus enlevées comme sur « You’ve got what it takes« , chantée avec la talentueuse Joss Stone. Leur complicité vocale est totale. Les morceaux suivant ne dérogent pas, offrent de jolis moments à l’auditeur. Les 3 derniers titres « Thick like Mississippi Bud« , l’émouvant »Flesh and Bone » (duo avec Van Morrison) en hommage à BB King, « Come back Muddy« , en référence au génial Muddy Waters, referment cet écrin musical de haute tenue.

Vous l’aurez compris, « Born to play guitar » est un joyau à savourer sans modération, une pépite joliment ciselée par une légende du Blues!

Guillaume.

 

Du Delta naquit le Blues !…


Le Delta du Blues, qu’est-ce donc, vous demandez-vous peut-être?

Situé au sud des Etats-Unis d’Amérique, dans l’Etat du Mississippi, le Delta du Blues est en réalité une bande de terre de 260 kilomètres sur 80 kilomètres, bien loin de l’embouchure du Delta du fleuve Mississippi. Ce coin perdu coincé entre la Yazoo river et le fleuve Mississippi, traversé par ailleurs des Highway 61 (chère à Bob Dylan) et Highway 51, est constitué de villes telles que Wicksburg, Memphis, Clarksdale, Greenville.

Parmi les pionniers de ce qui sera nommé plus tard le « Delta Blues », figure en premier lieu Charlie ou Charley Patton (1881, 1891-1934), qui décrit alors dans ses chansons son quotidien et celui de ses frères de sang. Mélange de blues, de folk, de récits plaintifs ou résolument revendicatifs, il pose les bases du Delta Blues. Après lui, Son House (1896-1956), Skip James (1902-1969), mais aussi Robert Johnson (1911-1938) ou Tommy Mac Lennan (1908-1962), seront les plus remarqués et remarquables parmi les musiciens du genre.CharleyPatton_image

Quelques années plus tard, la nouvelle génération des bluesmen du Delta comptera en ses rangs des musiciens-chanteurs tels que Muddy Waters (1915-1963), John Lee Hooker (1917-2001), Rice Miller alias « Sonny Boy Williamson II« , finiront d’imposer et inscire dans l’Histoire le nom de Delta Blues, comme berceau originel du genre.MuddyWaters_image

Parmi les bluesmen contemporains, Keith B.Brown (ancien boxeur et ex taulard, au look de jumeau de Mike Tyson), Alvin « Youngblood » Hart, ou James « Super Chikan » Johnson, tiennent haut le flambeau de ce blues dépouillé, brut, qui sent la poussière, la vie difficile, les souffrances endurées par la population noire, entre esclavage et racisme, discriminations en tous genres.

Alors si vous voulez partir sur les routes du Delta, aux origines du blues, et à la croisée des chemins, redécouvrir ces pionniers, n’hésitez pas… Leur histoire est aussi un peu la nôtre!

Si vous désirez en savoir davantage, je vous renvoie au dossier très complet publié par le magazine SoulBag de ce mois-ci..http://www.soulbag.fr/

Guillaume.