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Eric Clapton, une vie en Blues majeur.


Quel point commun y-a-t-il entre The Yardbirds, Derek and the Dominos, , Blind Faith, John Mayall and The Bluesbreakers, Cream ? vous ne voyez pas? la réponse est que tous ces groupes issus de la vague du British Blues Boom dans les années 60’s, ont vu passé en leur sein le prodigieux guitariste-chanteur-compositeur anglais Eric Clapton, né en 1945 à Ripley.

La première fois que j’ai entendu parler de lui, j’avais 14 ans, au temps béni des années collèges, des premiers concerts, et des cheveux longs (Si si Laurent, Carine, j’vous jure, à cette période-là, j’avais les cheveux bien plus longs qu’aujourd’hui). J’écoutais (pas le disc-jockey, non, lui il est dans la voiture qui l’emmenait sur la fameuse route de Memphis) alors beaucoup de choses, allant de Claude Nougaro, Eddy Mitchell à Iron Maiden, Def Leppard, Saxon. Bref, un grand écart stylistique et musical. Et puis vint la découverte, que dis-je la révélation… ! Un ami me parla d’un guitariste anglais nommé Clapton, me disant « écoute l’album « 461 Ocean Boulevard » (1974) et le live « Just one night » (1980) ». Ce que je fis. Là, une évidence, je découvrais un musicien fin, subtil, au jeu et au son ultra reconnaissable, une voix inimitable. Dès lors je me suis attaché à ce musicien, le voyant pas moins d’une dizaine de fois sur scène, dans des configurations et à des époques différentes (la pire pour moi étant celle de son album au son ultra commercial « Journey man », et d’un concert donné au Zénith, qui fut, à mon goût, pathétique). En solo et en mode acoustique à Bercy, en mode électrique avec des formations de haut vol le reste du temps, Clapton, musicien sans fioritures et loin de l’aspect cabotin de nombre des ses confrères, a, depuis plus de 50 ans, traversé les styles, marquant des générations de public comme de guitaristes en herbe.

De ses débuts en 1963 au sein des Yardbirds (2ème en partant de la droite sur la photo ci-dessus- il y restera jusqu’en 1965 ; ce groupe accueillera également Jimmy Page-futur fondateur de Led Zeppelin- et Jeff Beck), à Derek and the Dominos (1970), en passant par les Bluesbreakers de John Mayall (1965-1966), ou son projet en trio au sein de Cream, avec Ginger Baker et Jack Bruce, rencontrés en 1962 au « Ealing Club » de Londres, jusqu’au début de sa carrière solo en 1974, Eric Clapton a beaucoup bourlingué, se frottant à différents univers, mais toujours avec le blues en fond de jeu. En 1969, il créé un trio inédit avec Steve Winwood (ex chanteur/ organiste de Traffic) et Ginger Baker (ex Cream). Le groupe s’appellera « Blind Faith« .

Musicien hors pair, Eric Clapton est un homme marqué par les coups durs de la vie : Une enfance moyenne, durant laquelle, lui fils d’une anglaise et d’un militaire canadien, va se retrouver en garde chez ses grands-parents. Avant de découvrir plus tard que celle qu’il pensait être sa soeur était en fait … sa mère ! Le tournant des années 70 est une période très compliquée pour lui. Alccool, drogue, dépression, décès de Duane Allman, guitariste avec qui il partait en tournée. Plus tard, après avoir survécu (c’est bien le mot) à tous ces maux, il vivra une rédemption en fréquentant Patti Harrison (femme du Beatle George Harrison, ami de Clapton. Le couple finira par se marier).

Dans les années 90, la mort le rattrape. Une courte tournée américaine est organisée, réunissant, excusez du peu : Robert Cray, Eric Clapton, Buddy Guy, Jimmie Vaughan et son jeune frangin, le surdoué génial Stevie Ray Vaughan. Au soir d’un concert à Alpine Valley, et alors que la veille, Stevie Ray Vaughan a fait un rêve prémonitoire dans lequel il se voit mort, ce dernier embarque dans un hélicoptère devant l’emmener à l’étape suivante. Il n’arrivera jamais à destination. A 35 ans, Stevie Ray Vaughan, révélé tardivement au public lors d’un concert organisé par la radio d’Austin (Texas), s’envole définitivement vers les étoiles. Clapton et ses compères seront marqués par ce décès brutal et injuste. Puis surviendra le décès dans des circonstances dramatiques de son fils de 5 ans. Un véritable coup de massue. Le père qu’il est est dévasté, le musicien ébranlé, n’arrivant que peu à composer. Il en tirera tout de même la magnifique chanson « Tears in Heaven« , titre qui figure sur la BO du film « Rush » (1991), réalisé par Lili Fini Zanuck, veuve du producteur Richard Zanuck.). Repéré parmi la bande son du film, « Tears in heaven » connut tout de suite connu un succès, incitant finalement Clapton à le jouer en live, notamment lors du fameux « Live Unplugged » sorti en 1992.

Après cette très difficile période, Clapton va repartir de l’avant, multipliant les projets d’albums et de tournée, quand ce n’est pas de festival (on lui doit notamment la mise en place du festival « Crossroads »(première édition en 2007), qui voit défiler, sur scène, pendant plusieurs jours, la crème des guitaristes, venus de la country, du blues, du rock, du hard, de la folk music.. bref un joyeux mélange ou les participants croisent le manche avec bonheur en reprenant des répertoires très variés. Eric Clapton rendra aussi hommage à son mentor, JJ. Cale, en partageant avec lui un album (Road to Escondido », 2006). C’est aussi lui, qui après un voyage en Jamaïque, et une rencontre avec le jeune et encore peu connu Bob Marley, va populariser le titre « I shot the sheriff ».

A 73 ans, après plus de 50 ans d’une carrière bien remplie, le guitariste anglais est l’auteur d’une oeuvre musicale considérable. Tout au long des ces décennies, sur scène comme en studios, il a côtoyé les plus grands, de Sonny Boy Williamson à B.B. King, en passant par les Rolling Stones, Paul Mac Cartney, Rod Stewart, John Mayall, The Who, Jimmy Page, Jeff Beck parmi beaucoup, beaucoup d’autres.

Voici quelques-uns de mes albums préférés : « 461 Ocean Boulevard » (1974) ; « E.C. was here »(1975) ; « Just one night : Live » (1980) ; « Money and Cigarettes » (1983) ; « Unplugged » (1992) ; « Pilgrim » (1998) ; « Reptile » (2001) ; « Back home » (2005) ; « Old sock » (2013) ; « I still do » (2016). S’il passe prochainement en France, ne le loupez surtout pas, le plaisir d’une belle soirée sera au rendez-vous.
A toute fin utile, je signale pour les amateurs / trices et-ou celles / ceux qui souhaiteraient en savoir plus, qu’un film « Eric Clapton, life in 12 bars » est actuellement à l’affiche dans quelques salles parisiennes. A ne pas louper!!!!

Je vous laisse avec quelques extraits vidéos montrant les différents groupes, dans lesquels s’est produit Eric Clapton, ainsi que certains morceaux en mode carrière solo. Et quelques bonus de guitaristes qu’Eric Clapton a croisé dans sa longue carrière. Profitez, savourez!

Vous pourrez également retrouver un dossier très complet sur ce musicien dans le numéro de février 2019 du magasine Rock & Folk. Dans ce numéro, figure également un portrait d’un autre grand guitariste anglais qui croisa Eric Clapton, le dénommé Jimmy Page, fondateur de Led Zeppelin.

Guillaume.

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Shemekia Copeland, le blues dans les veines.


Déjà 20 ans de carrière pour la fille du talentueux et regretté bluesman guitariste-chanteur Johnny Copeland. Depuis la sortie en 1998 de « Turn up the heat« sorti sur le label Alligator Records. Shemekia Copeland revient avec son neuvième album « America’s child« , toujours sur ce label, qu’elle a retrouvé en 2015. Le disque sort dans un contexte particulier, celui de l’Amérique version Trump. Une Amérique radicalisée, décomplexée, où les tensions entre communautés ont redoublées.

Mon premier souvenir de Shemekia Copeland, fut à l’occasion d’une interview pour le magazine « Standards », que j’avais cofondé au début des années 90’s avec Marc Sapolin, ancien programmateur musical de l’Espace Gérard Philipe de Fontenay. Une rencontre de 30 minutes avant un set dans le cadre du Hard Rock Café situé sur les Grands Boulevards à Paris. Bien que très jeune à l’époque, elle avait déjà une personnalité très assurée, une présence évidente. Ce qu’allait confirmer sa prestation scénique, devant le public et quelques journalistes conviés pour l’occasion. Un talent évident se révélait à nous, à moi.

Depuis j’ai eu l’occasion de la voir sur scène en France à plusieurs reprises. A l’évidence, sa voix puissante, son registre large, allant du blues à la country en passant la soul music, tout cela rend Shemekia Copeland intéressante, captivante. Elle ne reste pas enfermée sur les rails d’un blues qu’elle connait pourtant par coeur. C’est ce que confirme avec plaisir « America’s child« . Un album qui file à toute allure, une tornade musicale, une longue traversée des styles musicaux qu’elle chérie depuis toujours. Ce qui frappe quand on l’écoute chanter, c’est sa capacité à être aussi touchante sur des morceaux lents tels « Promised myself » (écrit par son père Johnny Copeland) que de lâcher la machine vocale sur des titres plus rythmés comme « Ain’t got time for hate », « Wrong Idea », « In the blood of the blues ».

Pour elle qui est désormais une jeune maman, le regard sur le monde tel qu’il est a radicalement changé. Elle est désormais plus à l’affût, plus à l’écoute des ses vibrations, de ses tensions, de ses changements. ainsi « Smoked ham and peaches » évoque la recherche et le besoin de vérité et de tranquillité aujourd’hui aux Etats-Unis. « Americans » quant à lui, se veut une évocation de la richesse de la diversité des origines fondatrices de la société américaine, à travers la différence de couleurs de peaux. Figure également sur cet album une reprise en mode blues d’un titre des Kinks, »I’m not like everybody else ». Une vraie déclaration d’indépendance, portée de superbe manière par la puissante voix de Shemekia Copeland. Sur cet album, la chanteuse s’est entourée du guitariste / producteur Will Kimbrough, et de pointures telles que Steve Cropper, Emmy Lou Harris. Excusez du peu ! « America’s child » se termine par une petite douceur, un chant traditionnel « Go to sleepy little baby ». Cet album nous fait retrouver une artiste revigorée, plus déterminée que jamais. Tant mieux!

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cet album. A vous maintenant de le découvrir.

Guillaume.

Le Bayou pleure Tony Joe White.


Né en Louisiane, terreau musical s’il en est, et décédé dans le Tennessee, autre lieu historique pour la musique noire américaine, notamment le blues, Tony Joe White, aura durant près de 50 ans (sa carrière démarrant en 1969, avec l’album « Black and White », avec notamment la chanson « Polk Salad Annie« , un succès, qui sera reprise plus tard par Elvis Presley ), tracé son sillon, sans bruit ni fureur, sans excès qui finissent dans les journaux, mais avec la discrétion d’un artisan qui travaille sans relâche à façonner avec exigence, une écriture vocale, instrumentale, musicale, qui influence encore aujourd’hui la génération actuelle.  Il était l’un des défenseurs (avec également le canadien Neil Young) de la musique « swamp » ce genre qui mélange allègrement le rock, le blues, la country, le boogie et le zydeco.  Bref une jolie « salade » musicale, avec laquelle il était en harmonie. S’il était donc un musicien respecté et reconnu pour son talent, Tony Joe White était également un auteur de textes pour les autres. En effet, au nombre des bénéficiaires de son talent d’écriture, on retrouve Ray Charles, Dusty Springfield, Waylon Jennings, Tina Turner (le fameux « steamy windows », titre qui figure à l’origine sur l’album « Closer to the Truth, sorti en 1991).  Egalement adaptateur de chansons, il avait repris « Le Marché aux Puces », signée à l’origine par Joe Dassin, qui donnera en anglais « The guitar don’t lie« , et qui sera reprise et adaptée par le parolier français Etienne Roda-Gil, pour donner en français « La guitare fait mal », que chantera Johnny Hallyday. En 50 ans de carrière, de 1968 à 2018, Tony Joe White aura publié 30 albums studios, ainsi quelques live et best-of. Sa dernière livraison, « Bad Mouthin' », est sorti cette année. Tony Joe White restera comme un artiste à part, secret, singulier, un chanteur à la voix chaude et unique, un guitariste au jeu fin, avec une oeuvre musicale riche.  Personnellement, je vous invite à découvrir ce musicien sur les disques suivants :  « The Train I’m on » (1972), « Clother to the Truth » (1991), « Deep Cuts (2008),  « Hoodoo »(2013).  Je vous laisse avec quelques-une de ses plus belles chansons. Guillaume.

Orville Gibson, le Père d’une guitare devenue mythique.


 

Gibson. Ce nom sonne comme un « classique », au même titre que Marshall, Telecaster, Stradivarius. Les amateurs de rock, jazz, ou chanson française savent bien qu’il s’agit du nom d’un instrument très particulier, la guitare, et de l’une de ses marques représentatives les plus fameuses. Mais qui était donc ce fameux Gibson ? (pour les plus jeunes, sachez qu’il n’a rien à voir avec Mel « Mad Max »- « BraveHeart » Gibson, acteur australien).

Orville H.Gibson, né en 1856 aux Etats-Unis, a crée l’entreprise Gibson en 1902. Avant d’assumer la charge à temps plein au sein de son entreprise de lutherie spécialisée dans la fabrication de guitares, le jeune Orville Gibson s’essaya très tôt à confectionner des guitares et des mandolines, tout en ayant des petits métiers à côté. En 1898, il avait déposé un brevet pour modifier les mandolines, à savoir aplanir le fond de caisse, bomber la table d’harmonie et un allongement significatif du manche. Seulement 2 ans après avoir ouvert sa propre usine de fabrication de guitares, Orville H. Gibson doit céder ses droits sur son brevet à des hommes d’affaires américains. L’aventure s’arrêtera là pour lui.

Dès 1906, les guitares qui sont alors sorties des ateliers Gibson, ne sont plus des modèles créés, fabriquées, par leur inventeur. L’histoire, à priori banale, d’un génial inventeur qui se fait ensuite déposséder de sa création et des droits de regard sur celle-ci, est alors déjà monnaie courante. Depuis cette époque, aujourd’hui lointaine, le nom de Gisbon est devenu mythique chez les plus grands noms de la guitare du 20ème siècle et d’aujourd’hui. Les mondes du blues, bien sûr, du jazz, et du rock, regorgent de musiciens célèbres ayant exercé leur talent ou se produisant encore sur les scènes du monde entier. Pour exemple, voici quelques noms :

Parmi les bluesmen et jazzmen vous trouverez Robert Johnson (artiste auquel le dessinateur Mezzo a consacré une superbe bande dessinée (« Love in Vain », aux éditions Glénat, en compagnie de son complice Jean-Michel Dupont, qu’ils étaient venus présentés en 2016, et auquel le guitariste fontenaysien Michel Seban avait également rendu hommage lors d’un kiosque), Albert King, Freddie King, Eric Clapton, T-Bone Walker, Larry Carlton, Charlie Christian, Wes Montgomery entre autres. Dans l’univers du rock, on peut citer Jeff Beck (Yardbirds, Jeff Beck Group), Chuck Berry, Ritchie Blackmore (Deep Purple, Rainbow), Angus Young (ACDC), The Edge (U2), Peter Frampton (Humbe Pie), Ace Frehley (Kiss), Billy Gibbons (ZZ Top), Gary Moore (Thin Lizzy), David Gilmour (Pink Floyd), Jimi Hendrix (Jimi Hendrix Experience), Jimmy Page (Led Zeppelin), Joe Perry (Aerosmith), Keith Richards (Rolling Stones). Chez les guitaristes français je citerai surtout Louis Bertignac (Téléphone, Les Insus) et Paul Personne. Toutes ces personnalités ont donc eu le privilège d’avoir en main un des modèles de guitare Gibson. Certains d’entre eux possèdent des exemplaires « signées » de leu nom. Le plus célèbre étant Les Paul  devenue au fil des années un objet de convoitise et d’adoration pour tout guitariste qui se respecte. Un modèle à part. Unique.

Je vous laisse avec une belle brochette d’as de la 6-cordes en mode Gibson Majeur. Savourez!!!!

Guillaume.

 

 

 

Hugh Coltman, dandy de la scène.


Avant que nous achetions son album « Who’s happy« , j’avoue que j’ignorais totalement qui était Hugh Coltman.

J’ai donc découvert l’univers de ce chanteur, né en 1972 dans le sud de l’Angleterre, d’abord par le biais de son dernier album (pochette ci-contre), qui est un savoureux mélange de blues, d’ambiance swing rappelant furieusement les fanfares de la Nouvelle-Orléans, mais également la folk anglaise. Ce grand gaillard à l’allure d’éternel étudiant était sur la scène du Parc Floral de Vincennes, le 8 juillet dernier, dans le cadre de la programmation du Festival de Jazz, qui a lieu chaque année dans ce joli cadre.

Entouré d’une joyeuse bande talentueuse de 7 musiciens, avec une forte section cuivrée (saxophone, clarinette, trompette, soubassophone), Hugh Coltman, dont le minois ravira sans doute ces dames, est un chanteur dont le timbre se situe entre Harry Connick Jr. et Sting. Pendant une heure et demie, rappels compris, il a enchanté le nombreux public présent malgré la chaleur écrasante, par sa qualité vocale, un art consommé de la scène, et bien sûr par des morceaux qui sont chacun de purs joyaux, écoutez pour cela « Civvy Street » ou « It’s your Voodoo working », le très beau « resignation letter » qui évoque avec malice la lettre de démission qu’il apporta à son patron lorsqu’il travaillait comme veilleur de nuit dans un hôtel parisien en attendant de pouvoir vivre complètement de son art. L’album se termine par le très beau morceau « Little Big Man » (Rien à voir avec le sublime film d’Arthur Penn, avec Dustin Hoffman en vedette).

Ancien membre du groupe de rock anglais The Hoax, avec qui il enregistré 3 albums entre 1994 et 1999, il a pu côtoyer des figures légendaires du blues comme John Lee Hooker,Buddy Guy. Après une parenthèse durant laquelle chaque membre va mener ses propres projets, le groupe se reforme en 20006 et enregistre 3 nouveaux albums : « A blues Odyssey » (2010), « Big city blues »(2013), et « Recession blues, Tribute to B.B. King » (2014). Séparation définitive en 2015. Parallèlement à sa carrière avec The Hoax, Hugh Coltman écrit et sort en 2008 « Stories from the safe house ». En 2012, il accompagne le pianiste et joueur d’orgue Hammond Eric Legnini. Artiste singulier, Hugh Coltman, éprouve un amour sans fard pour la musique jazz, le blues, le swing. Parfois si l’on ferme les yeux, l’on se surprend à penser que le chanteur est noir… c’est dire si Coltman s’est totalement imprégné de cette culture musicale qu’est le blues, de ses racines.

Au final, « Who’s happy » rend l’auditeur joyeux, donne la pêche. Un bon moyen d’accompagner cette trêve estivale.

Guillaume.

 

Walter Trout, le blues en bandoulière.


Walter Trout, à l’instar de Curtis Salgado, est un vétéran de la scène blues nord-américaine. Ce guitariste-chanteur-auteur a débuté dans les années 60 dans le New-Jersey ( terre chère à Bon Jovi et Bruce Springsteen), avant de s’envoler vers Los Angeles. Au début des années 70, il joue aux côtés  du bluesman John Lee Hooker, du pianiste-chanteur de blues Percy Mayfield et du chanteur-organiste de Soul music Deacon Jones.

Pour son nouvel album « We’re all in this together« , l’homme du New Jersey a fait appel à la crème des as de la 6-cordes. Jugez plutôt du Casting : John Mayall, vétéran du british blues (école par laquelle passèrent Jeff Beck, Mick Taylor, Mick Fleetwood, Peter Green, Eric Clapton….), Warren Haynes membre du Allman Brothers Band, mais aussi les solistes Joe Bonamassa, Robben Ford, Joe Louis Walker, Edgar Winter, frère cadet du regretté Johnny Winter, enfin le chanteur-harmoniciste de blues Charlie Musselwhite…! et un certain Jon Trout, qui n’est autre que le fils de Walter.

Le résultat? une joyeuse réunion de laquelle se dégage un plaisir et une énergie évidente dans la manière qu’on chacun des intervenants,  par leur styles propres, de traiter, honorer, partager, leur vision de la musique blues, et l’héritage qu’ils en ont reçu. Personne, ici, ne souhaite se montrer plus démonstratif que le voisin, là n’est pas le sujet. Tout est dans la notion de partage, sous le regard et la gouverne de Walter Trout, qui a rassemblé ces joyeux drilles. Oui du début à la fin, pour moi qui aime le blues, autant celui qui se veut épuré, simple, acoustique, que celui qui sonne gras, qui respire la difficulté de vie dans les Etats du sud des Etats-Unis, de Nashville à Bâton Rouge, de Chicago à Memphis, de Clarksdale à La Nouvelle-Orléans, ce disque est un plaisir de bout en bout. Il permet de découvrir des styles de jeu différents de la part des musiciens présents et c’est fort agréable.

« We’re all in this together » peut avoir selon moi, plusieurs sens : « Nous sommes tous là ensemble (pour jouer du blues) »… ou bien « Nous jouons tous ensemble avec grand plaisir ». En tous cas, le mien fut réel à écouter ce disque. Une cuvée de blues à consommer sans modération!!

Mes morceaux favoris : « Ain’t goin’ back » (avec Sonny Landreth), « Mr. Davis » (avec Robben Ford), « Crash and burn » (avec Joe Louis Walker), « Blues for Jimmy T. » (avec John Mayall).

Guillaume.

 

Curtis Salgado est de retour!


A 64 ans, après des années de lutte contre un cancer du foie puis un cancer du poumon, qui l’ont tenu éloigné de la scène quelques temps, le chanteur-harmoniciste-pianiste Curtis Salgado est de retour avec un album, « Rough Cut » enregistré avec la complicité du guitariste Alan Hager. Au menu, du blues, du blues, du blues, comme le dirait si bien Michel Jonasz. Oui, fidèle à son amour pour cette musique, Salgado signe un joli disque, tout en pureté, sans fioritures inutiles. Une simplicité qui fait plaisir à écouter. Comme si la maladie avait réveillé en lui l’envie d’aller à l’essentiel, à la racine des choses, ici de la musique qu’il chérit tant et qu’il sert de son talent depuis de si nombreuses années. Curtis Salgado, personnage discret de la scène musicale internationale, mais très connu aux Etats-Unis, est à l’origine, après une rencontre avec John Belushi, de la création des personnages de  « The Blues Brothers« . C’est ainsi que le personnage de Cab Calloway dans le film se prénomme…. Curtis!

Mais revenons à « Rough Cut« . Dès les premières notes de guitare d’Alan Hager sur « I will not surrender », qui plonge l’auditeur dans l’ambiance moite et le décor maintes fois dépeint du Blues du Sud des Etats-Unis, Curtis Salgado nous fait comprendre qu’il ne veut pas rendre les armes si simplement ni quitter la rampe, la scène malgré les soucis de santé qui le tenaillent. Non rien de ça, bien au contraire! L’homme se bat, le chanteur nous montre ses ressources à travers un répertoire blues, boogie (il joue aussi bien du piano que de l’harmonica). Il a réuni, aux côtés d’Alan Hager, la chanteuse Larhonda Steele, le pianiste Jim Pugh, le bassiste Keith Brush, et des batteurs comme Russ Kleiner, Jim Bott. De quoi servir sereinement une musique ici marquée par sa simplicité, son aspect dépouillé, comme une volonté de retourner aux racines du genre telles que les avait posées Robert Johnson, Leroy Carr, Son House et Charley Patton. Du coup, c’est un régal! ca swingue, ça balance, c’est plein d’optimisme et le gaillard d’avant (Curtis Salgado) nous prouve si c’était encore nécessaire que c’est un grand vocaliste du blues.

Parmi les 13 morceaux de « Rough Cut« , outre les composition signées Hager et/ou Salgado, figurent des reprises de Mackinley Morganfield alias Muddy Waters (I can’t be Satisfied), Sonny Boy Williamson (To Young to die), Son House (Depot blues) et Big Bill Broonzy (I want you by my side).

J’ai adoré ce disque! Un vrai retour aux sources très réussi!

Guillaume.

Lucky Peterson-Jimmy Smith, Même Tribu !


Oui je sais, le titre semble osé! Mais si je l’empreinte à Claude Moine alias Eddy Mitchell dont le dernier album porte cet intitulé, ici c’est vraiment le cas! Lucky Peterson est issu de la culture gospel-blues (il a commencé tout jeune, par chanter du gospel dans les églises), multi-instrumentiste  de talent (batterie, guitare, orgue Hammond, basse) et bien sûr chanteur de blues depuis le début de sa carrière. Sa carrière déjà longue et jalonnée de très beaux disques gorgés de blues, soul, rhythm and blues, ont fait de ce musicien une figure emblématique de la scène musicale des 30 dernières années en Europe et aux Etats-Unis. Ses performances scéniques sont souvent de très haut niveau même le bonhomme a une forte tendance à « cabotiner ».

Son dernier bébé musical est un hommage à une grande figure du jazz des années 60-70, dont l’instrument de prédilection était l’orgue Hammond B3 : Jimmy Smith (photo).

Ce musicien dont style, le jeu percutant, inventif, résolument moderne, a influencé des groupes d’horizons différents comme Les Beastie Boys, Medeski Martin and Wood. Sa sonorité a même influencé les débuts de l’Acid Jazz. A côté de ça, Jimmy Smith a collaboré avec des chefs d’orchestres tel Lalo Schiffrin, Oliver Nelson, ou des musiciens comme les guitaristes Wes Montgomery et Kenny Burrell, le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Oscar Peterson. Bref, un poids lourd de l’histoire du jazz!

C’est donc à l’lui que Lucky Peterson a décidé de rendre un hommage bien mérité. Pour cela il s’est entouré d’un casting de musiciens 5 étoiles : Archie Shepp (saxophone), un duo de guitaristes formé par Philippe Petrucciani et le jeune mais très prometteur Kelyn Crapp aux guitares, le vétéran Herlin Riley tenant quant à lui les baguettes (vu ces dernières années aux côtés de Hiromi ou Ahmad Jamal). Le résultat de cet hommage en 9 morceaux est un savoureux mélange de blues, de swing, de rhythm and blues. Sans ostentation, sans en faire trop non plus, Lucky Peterson, hormis 2 morceaux où sa voix intervient (« Jimmy wants to groove », « Singing thissong 4 U »), laisse la place à la musique et c’est un régal. C’est chaud, ça swingue, et le talent de Peterson fait le reste tant au piano qu’à l’orgue Hammond (son instrument fétiche).

Une belle promenade musicale, en hommage à un superbe musicien disparu en 2005.

Parmi les morceaux de l’album voici mes préférés : « Night Train » dans une nouvelle version,  » The Champ », « Jimmy wants to groove » et « Back at the Chicken Shack ».

Guillaume.

 

Cage the Elephant, de l’énergie sans filet!


Cage The Elephant est un groupe de rock américain formé en 2006 et qui s’est transporté à Londres dès 2008. Composé de Matthew Shultz (chant), Brad Shultz et Nick Bockrath (guitares), Matthan Minster (claviers), Daniel  Tichenor (basse), Jared Champion (batterie), le groupe américain vient de publier « Unpeeled », leur 6ème album depuis le premier paru en 2008, réalisé durant la tournée américaine de l’été 2017, en mode acoustique.

Je ne connaissais pas ce groupe jusqu’au jour récent où je les ai découvert récemment en première partie du dernier des 3 concerts donnés par les Rolling Stones à Nanterre, dans la nouvelle Arena de 40.000 places. Autant dire que pour ce sextet, ce privilège relevait pour eux d’une opportunité unique, extraordinaire! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont accompli leur tâche sans faillir.

Mais revenons à leur album, « Unpeeled », sorti cette année. Il contient… 21 titres!! Rien que ça, marque l’audace des garçons de Cage The Elephant. D’entrée, l’atmosphère qui vous saisit est celle des 70’s, époque d’une pop électrique très élaborée, avec des effets, matinée parfois de sonorités issues de l’Inde ou d’ailleurs, comme l’ont fait les Beatles, Led Zeppelin, ou encore les Doors. Le groupe compose des mélodies qui vous rentrent facilement en tête, et le chanteur possède un joli timbre de voix, très expressif. Sur scène le bougre est un véritable zébulon, une boule d’énergie, une mix entre Mick Jagger, David Bowie, Syd Vicious et Iggy Pop. Les morceaux s’enchainent, en légèreté, nous proposant une pop bien ficelée, agréable à l’écoute. L’énergie qui se dégage des morceaux est, sur scène, rendue encore davantage présente.

Alors, cet « Unpeeled » ici en mode acoustique, est une petite pépite à découvrir. N’hésitez surtout pas!

Guillaume.

 

Queen sugar, une douceur visuelle et musicale…


Queen sugar, c’est ma nouvelle découverte série de cette rentrée, tiré du livre du même nom de Natalie Baszile, créée par Ava Duvernay, (Selma) et co-produite par Oprah Winfrey, qu’il n’est plus nécessaire de présenter.

L’histoire, c’est celle de la fratrie Bordelon, Charley, Nova et Ralph Angel qui, suite au décès de leur père, doivent reprendre la production de canne à sucre durement gagné par leurs ancêtres, sauf que ceux-ci n’y connaissent pas grand chose et n’en n’ont pas nécessairement l’envie, l’une est une journaliste activiste dans un journal local, l’autre est une femme d’affaire à succès, mariée à une star du basket et le cadet, sort tout juste de prison, avec son jeune fils à charge, dont la mère est une ex-toxicomane.

Bon, vous l’aurez compris, c’est du Oprah, donc le drame est au rendez-vous, préparez vos kleenex, mais c’est de très bonne facture, le drame familial ne tombe pas trop dans le pathos et les acteurs qui sont quasi tous inconnus du grand public, sont parfaits.

Oui, la musique, j’y viens, ne vous inquiétez pas… pourquoi j’ai choisi de vous parler de cette série, c’est évidemment que la bande son est de qualité, de très bonne qualité même. Certains ont critiqué ça, mais la direction a pris le parti de presque toujours laisser un fond musical et personnellement, je trouve que c’est très bien pensé et que ça accentue l’aspect dramatique de l’histoire.

Dès le générique (qui ressemble furieusement à celui de Power), j’ai été conquis, la sublime voix de Me’shell N’degeocello m’a envoûté sur le champ (mauvais jeu de mots je sais…), nous retrouverons d’ailleurs l’artiste aux multiples facettes plusieurs fois sur ce soundtrack car c’est elle qui a été choisie pour composer la musique de la série.

Ce choix d’Ava Duvernay et Oprah est une vraie réussite, un véritable melting pot musical, bien sûr, la Nu-soul est à l’honneur avec des artistes tels que Michael Kiwanuka, Jacob Banks, j’y ai découvert Lion Babe aussi, une artiste aux sonorités proche d’Erykah Badu, donc côté Soul, on se régale. Le hip hop aussi est bien représenté avec Jidenna et son “Long live the king” ou encore Odissee et j’en passe…

La série se déroule en Louisiane, donc le Blues est obligatoire aussi avec du John Lee Hooker pour “Sugar mama”, on a du rock aussi avec U2, Fleetwood mac et bien d’autres… Comme je vous le disais plus haut, le choix d’accompagner la série en musique quasiment constamment est un parti pris de la direction et tous les artistes que je viens de citer semblent ne faire qu’un avec les héros du show.

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y jeter un oeil je vous conseille vivement de partir pour St Josephine en Louisiane, vous ne serez pas déçu.

 

Laurent

Blue & Lonesome, dernière (?) livrée des Pierres qui Roulent … encore !!!


« Blue and Lonesome« , sorti fin décembre 2016, était un album très attendu par les fans des Pierres qui Roulent, pardon… des Rolling Stones! En effet, cela fait 11 longues années -depuis le discutable « Bigger Bang », 2005- que ces quatre gaillards (voir photo) ne s’étaient pas réunis et enfermés en studio pour concocter un album!!

Qu’allaient donc offrir cette fois-ci Mick, Keith, Charlie et Ron comme os à ronger musical en attendant une prestation scénique éventuelle (qui s’est depuis confirmée avec 3 dates parisiennes à l’automne pour l’inaugurtaion de L’Arena de Nanterre, salle couverte de 40.000 places!) ? La réponse est… un album de Blues, rien que ça! du blues, gras, au son qui fleure la période qui a vu émerger Robert Johnson, , Leroy Carr, Charley Patton, Blind Lemon.

La légende veut que Mick et Keith, s’étant rencontré sur le quai d’une gare et découvert une passion commune pour le Blues. Lorsque les Rolling Stones furent formés par Brian Jones, ils se mirent à jouer et chanter des airs de bluesmen de l’époque : Albert King, BB King, Freddie King, John Lee Hooker….et d’autres…! Oui quoi d’autre en effet pour passer du bon temps en studio, que de replonger dans l’histoire et le répertoire de ces bluesmen, plus ou moins connus, que le temps et la mémoire humaine ont oublié (je ne parle pas ici des 4 cités ci-dessus, qui eux ont faits de belles carrières).

J’étais donc curieux de découvrir « Blue and Lonesome« , album du retour au premier plan de ces géants de la musique, car il pourrait en effet  constituer le dernier album de ces monstres sacrés de l’histoire du Rock, 55 ans (!) après leur début!!!

Enregistré à Londres et façonné à Los Angeles, ce disque est surtout un hommage à des bluesmen un peu voire totalement oubliés aujourd’hui… tels que Walter Jacobs (4 titres), Chester Burnett (1 titre), Willie Dixon (2 titres), mais aussi Miles Grayson, Eddie Taylor, Samuel Maghett, Jimmy Reed. 12 morceaux remplis de feeling, avec un Jagger au top, totalement dans son élément ici, comme si il n’ avait toujours chanté que du blues!  Ses vieux comparses (seul Darryl Jones, basse, est bien plus jeune qu’eux, 55 ans… seulement !) ne sont évidemment pas en reste et le tout offre un pur moment de bonheur!  Jagger chante dans l’esprit des pionniers du blues, Robert Johnson JB.Lenoir, Charley Patton, Leroy Carr, Big Bill Broonzy.

Les quatre joyeux lurons, malgré leur âge presque canonique (Mick Jagger, 74 ; Keith Richards, 73 ; Charlie Watts, 75 ; Ron Wood, 70), prennent, et ça s’entend, un vrai plaisir à jouer du blues, cette musique qui vient des tripes, qui raconte la peine, la peur, la souffrance, le malheur, d’un peuple noir, qui, de sa condition d’esclave, a su en sortir de et par la musique, le chant, les spirituels, le gospel et donc le blues.

Ce « Blue and Lonsome » est un bel album,  à savourer sans modération… Un retour au sources de leurs vies de musiciens, comme un dernier salut et un ultime tribut à ceux qui ont écrits et établis la légende du Blues! Les Pierres qui Roulent sont en grande forme!

Dire que j’ai décroché un sésame pour les voir en octobre prochain à L’Arena de Nanterre! J’en salive déjà!!!

Guillaume.

 

 

 

Un ferrailleur au cœur tendre


Je l’ai découvert comme tout le monde l’été 2016 avec son fameux tube Human, voilà t’y pas que Rag’n’Bone Man nous révèle enfin son très attendu album du même nom.

Ce grand barbu britannique de 32 ans (de son vrai nom Rory Graham) me donne des frissons. Une énorme voix, rocailleuse, singulière et envoûtante. Il nous propose une soul vibrante. Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme la révélation de l’année.

Même si parfois certains morceaux de son album tombent dans la facilité, d’autres sont véritablement incroyables. 19 morceaux, et oui vous en avez pour votre argent. Human bien sûr, mais aussi Skin, chanson d’amour puissante où sa voix est accompagnée de chœur, Ego morceau funky, mélange de hip-hop et de trompettes, Grace qui donne des frissons, Wolves avec ses vocalises et percussions bondissantes, et un très grand bravo à Die Easy, morceau a cappella, où il se met à nu, sans artifices, sans fioritures.

Un album alliant douceur et force. Vous avez là un vocaliste exceptionnel. Venu du hip-hop, élevé à la soul, au blues et au reggae, je vous présente là une belle personne. Sa voix puissante hurle sa fragilité et son humanité.

Un colosse au cœur d’argile.

Michèle.

Dans la chaleur du Blues du Mississippi…


mississippiheat_pochetteAprès avoir eu un line-up nombreux et évolutif depuis sa création (1992), Mississippi Heat est aujourd’hui un quintet emmené vocalement notamment  par Inetta Visor. « Cab Driving Man » (« Chauffeur de Taxi »), est le 12ème album de ce combo qui n’a qu’une seule devise :  Le blues, rien que le blues, surtout le blues. Celui issu du berceau que constituent Chicago, La Nouvelle-Orléans, et le Mississippi.

Le moins que je puisse dire, c’est que d’entrée de jeu, le quintet donne le ton, la couleur blues est belle et bien là… !

Donc Mississippi Heat nous sert de « Cab Driving Man« , nous promène sur les rives du Mississippi, entre la Nouvelle-Orléans, Chicago, aux sons du boogie, du blues, de ces morceaux aux sons gras qui enchantent nos oreilles, ici au moins les miennes. Une ballade en 16 titres, qui fleure bon l’ambiance de Bourbon Street à Chicago, des bars-club où de nombreux groupes locaux s’évertuent à faire vivre l’histoire de cette musique, de ce patrimoine culturel, historique, que représente aujourd’hui le Blues. Chaque piste est jubilatoire à écouter, découvrir. Des arrangements riches, variés, avec toujours ce swing au milieu du jeu, qui donnent à ce disque une fraîcheur, une saveur particulière. Du blues qui ne donne pas le cafard!

Autour des voix de Inetta Visor, Giles Corey, Michael Dotson, racontant les misères du quotidien, les musiciens (tous excellents) vous emmènent sur les rives de ces contrées qui a vu naître, dans la douleur d’un esclavage mis en place dans les plantations du Sud et dans les champs de cotons, cette musique (Le blues) qui allait devenir la base de tout ce qu’on écoute aujourd’hui : Le gospel, le blues urbain, le blues-rock, la soul music, le rhythm and blues, la funk music, le rock, le rap, le R’n’B. Le Blues a fait des petits… qui sont devenus grands et qui ont accouchés de nombreux artistes de talents depuis ces 90 dernières années!

Oui « Cab Driving Man » est un disque revigorant, bourré de rythmiques entrainantes, de blues bien gras, dans la veine de ce que faisaient les Pères du Genre. Un régal! Alors, que ce soit pour les longues soirée d’hiver au coin du feu de cheminée, pour faire la route, ou tout simplement pour profiter d’un moment, ce disque est tout indiqué!
Laissez-vous guider sur les rives du Blues, le voyage n’en sera que plus agréable.

Guillaume.

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, une belle découverte!


C’est à l’hiver 2015, dans le sous-sol d’une salle parisienne pleine à craquer et enthousiaste, que j’ai découvert Nathaniel Rateliff & The Night Sweats. Ce soir-là, je découvris donc ce groupe de 7 musiciens, qui pendant près de 1H30, ont réchauffé et enchanté le public par une musique puissante, bien en place, un sens du swing emmené par les cuivres, et des accents blues, soul, dans la voix de Nathaniel Rateliff (chapeau vissé sur le crâne et barbe à la Dr John). Un vrai bonheur, un joli moment musical, et une belle découverte!

Mais qui est Nathaniel Rateliff ? Après ses premiers pas dans le Missouri natal, après avoir très tôt emprunté la voie de la musique, d’abord via la batterie à 7 ans, il délaisse les baguettes pour le manche à 6 cordes. S’en est suivi ses premières chansons, ses premières scènes, puis un premier album en 2007, « Desire and Dissolving Men ». Dans sa besace musicale, le colosse du Missouri trimballe des échantillons de soul music (la section cuivre des Nights Sweats est vraiment chouette!), de blues-rock, de folk bien senti et même de gospel.

Sa nouvelle galette « A little something more from.. Nathaniel Rateliff and the The Night Sweats » en est la parfaite illustration. 8 titres, et cette variété musicale qui s’exprime, avec talent! Les ambiances nous replongent dans cette période bénie des 60-70’s, où la soul music américaine, le blues, le folk faisaient le bonheur du plus grand nombre. « Parlor », qui ouvre le disque, est un blues-folk très dansant, qui met tout de suite dans l’ambiance. La suite ne déçoit pas l’auditeur. Dès « I did it » (un vrai tube en puissance), « Out on the week end », une vraie road-song comme seuls les américains savent en écrire, la variété des styles est là sans jamais perdre en qualité, intensité. « Wasting time » (qui sonne avec des accents Stoniens), morceau enregistré au Stax Museum of American Soul Music, ou le suivant « What I need », sont deux perles pleines de soul, gorgées de swing. « Just to talk to you », est un pur blues, guitare-voix, à l’ancienne, comme un hommage au pionniers du genre. L’album se referme sur « Late night party », qui est en fait la version initiale de « Out on the Week end ».

Au final, un bel album, de pépites à savourer, du talent à découvrir!

Guillaume.