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Un après-midi à Paris avec Yana Bibb


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Je vous avais déjà parlé de Yana Bibb, fille du bluesman Eric Bibb, lors de la parution de son précédent album en 2014.

Cette fois-ci, elle nous revient avec « Afternoon in Paris« , enregistré … à Stockholm, et pour lequel elle s’est entouré en grande partie de musiciens locaux. Côté textes, si elle a écrit 5 des 11 morceaux qui figurent sur l’album, le reste est composé de reprises  de Andrew Stroud, John Lennon & Paul Mac Cartney, Solomon Burke, ou le local Häkan Elmquist. Son père, Eric Bibb, lui a écrit 2 morceaux « Bessies’s advice » et « For you ».

La liste des précités indique que la chanteuse, cette fois-ci, ne se ferme aucune direction musicale. Au menu, du blues bien sûr, mais également de la bossa-nova, du folk, du traditionnel suédois à deux reprises (qu’elle interprète superbement dans la langue du pays). De quoi dérouter l’auditeur!… Mais le résultat, je l’admets, est des plus plaisants.

Oui ce disque est une jolie déambulation, où Yana Bibb nous entraîne dans ses pas, et l’on passe, avec bonheur entre les styles, les ambiances, les rythmes qui jalonnent cet « Après-midi à Paris ». Jamais ennuyeux, très épuré, servi par un orchestre de qualité, la chanteuse américaine prouve avec cet album, qu’elle prend de l’envergure, se fait un prénom dans la famille Bibb, et démontre qu’elle est une grande chanteuse-interprète.

Cet « Afternoon in Paris » se termine par le très beau morceau en hommage à son grand-père, Léon Bibb. Il peut être fier, sa petite-fille est devenue une grande artiste qui trace son propre sillon.

Guillaume.

Dinah Washington, une voix trop tôt partie


DinahWashington_image2Dinah Washington, né en 1924 en Alabama, contemporaine de 2 autres très grandes chanteuses de Jazz, Ella Fitzgerald et Billie Holiday, a connu une carrière très courte puisqu’elle décède à seulement 39 ans en 1963, au sommet de son art.

Jeune, elle joue du piano dans les églises, avant de se consacrer au chant, de se singulariser par sa voix puissante et son phrasé émouvant. Chantant surtout du gospel,  de blues, elle sera surnommée « Queen of the Blues ».

Après une rencontre en 1942 avec le fantasque et génial pianiste-chanteur Fats Waller, elle intègre en 1946 l’orchestre de Lionel Hampton.
Son talent évident lui vaudra, suite à des prestations remarquées à l’Appollo Theatre de Harlem de devenir une idole pour la communauté noire.

Dans les années 50, son sens du rhythme, sa voix si parfaite, lui vaudront de côtoyer l’arrangeur Quincy Jones, les musiciens Clark Terry, Joe Zawinul ou Max Roach.

Elle connaîtra un succès avec « What a difference a day made » (repris en 2004 par Jamie Cullum sur l’album « Twenty something »), qui lui attireront l’attention d’un large public. On lui doit également « Unforgettable » et « You’re nobody till nobody loves you ».

Le coffret « Original album series », publié chez Warner en ce début d’année contient 5 albums dont 1 live, « Dinah 62 », enregistré 18 mois avant son décès. Une belle manière de (re) découvrir cette immense artiste de jazz, au registre très étendue, dont la carrière fut hélas trop courte.

Guillaume.

Happy birthday, Lady Day !!


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Née en 1915 à Baltilmore (USA), Eleanora Fagan, plus connue sous le nom de Billie Holiday, partie à seulement 44 ans en 1959, aurait eu 100 ans en avril prochain!

L’occasion de revenir sur le parcours riche mais hélas trop bref de cette immense artiste, de cette voix magnifique, considérée comme l’une des 3 grandes voix du jazz vocal féminin, avec Ella Fitzgerald et Nina Simone. Reconnue pour son sens rythmique impeccable, son articulation lente, elle amène l’interprétation des chansons de façon totalement novatrice, y incluant un aspect théâtral, vécu, qui sera sa marque, faisant merveille lorsqu’elle chante le blues ou les chansons d’amour.

Après un début de marquée par un père qui ne la reconnait pas à sa naissance, puis par la prostitution, ce qui lui vaudra un séjour en prison, Billie Holiday verra son horizon s’éclaircir à sa sortie… Après une audition dans un cabaret de Harlem, elle est embauché comme chanteuse, multipliant dès lors les cachets, les engagements dans d’autres clubs.

Sa rencontre avec le producteur John Hammond  (Columbia) en 1933, va changer sa vie. Ce dernier va lui présenter Benny Goodman, avec qui elle enregistrera une session studio qui la lancera dans le milieu du jazz, puis sur les scènes. Elle accumule alors les rencontres artistiques marquantes : Lester Young, qui lui donnera son surnom de « Lady Day », Bobby Hutcherson, Fletcher Henderson, puis en 1935 Duke Ellington, Ben Webster, Teddy Wilson.

Devenue une grande vedette du jazz vocal féminin, elle sera la première chanteuse noire accompagnée par un orchestre de musiciens blancs, celui de Artie Shaw. « Strange fruit », son titre phare, est en fait un poème écrit pour elle. Il est considéré comme le premier titre dénonçant le racisme, la ségrégation régnant alors dans le sud des Etats-Unis. Première chanteuse noire à se produire au célèbre Metropolitan de New-York, elle effectuera en 1954, sa première tournée européenne, se produisant notamment Salle Pleyel à Paris. De retour aux Etats-unis, elle chante à Carnegie Hall, autre lieu mythique de la musique à New-York.

En 1958, un an avant sa mort, elle fait sa dernière apparition en France, à l’Olympia.

A 44 ans seulement, sa voix s’éteint, fatiguée des excès subis (drogue, cigarette, alcool). Elle laisse un répertoire riche, unique, qui encore aujourd’hui, sert d’inspiration aux chanteuses de Jazz, telles que Dee Dee Bridgewater, Cassandra Wilson, Dianne Reeves.

Guillaume.

 

Dans la Famille Bibb, découvrez Yana!


La musique est souvent une affaire de famille, de transmission. La famille Bibb ne déroge  pas à la règle :  après son grand-père Leon, chanteur folk, son père Eric, guitariste-chanteur de blues (programmé à Fontenay le 15 mai prochain, salle Jacques Brel) qui connait une jolie carrière et un reconnaissance publique, voici venue Yana, chanteuse de jazz.

Grandie dans les pas de cette famille où la musique est omniprésente, Yana Bibb a été formé à l’école du chant au City College  de New-York. Influencée par le jazz, le blues, le folk américain comme par les mélodies scandinaves, elle possède déjà 2 albums à son actif : « Heartzone« , sorti en 2007 et donc « Not a minute too Late« (2014), sa dernière production.

Ici, une musique aux ambiances calmes, où piano, contrebasse et une section de cordes assurent un ensemble équilibré. La voix suave, aux accents parfois nostalgique de Yana Bibb, nous permet de découvrir cette jeune artiste. Tout au long des 10 titres de son album, elle nous emmène avec elle, et l’on se laisse bercer par son univers attachant. « Save your love for me« , qui ouvre l’album, « Need you« , « Oceans » (co-écrit avec son père, Eric Bibb) ou le superbe « Huldrans sang » aux accents scandinaves, sont mes préférés.

Yana Bibb, une voix, un auteur, à découvrir et à suivre, assurément.

Guillaume.

 

The blue room


Madeleine-Peyroux-The-blue-roomUn cd dans lequel on trouve des reprises de Ray Charles, Buddy Holly, Leonard Cohen, Randy Newman, bref qui contient que des best-sellers de la culture américaine.

Cela devrait contenter le plus grand nombre. Madeleine Peyroux s’approprie le tout de façon très habile (soutenu par de supers musiciens).

Un cd tout de même un peu trop rétro et pas vraiment innovant mais très professionnel.

Françoise

Chloé, la voix entre 2 (voies)…


Chloé_pochetteOui, je sais, j’en entends certains qui diront : « Quoi encore une chanteuse de jazz.. française en plus !! » Chloé, puisque c’est d’elle qu’il est question, nous offre, à travers les auteurs qu’elle reprend (Nougaro, Gainsbourg, Biolay, Duras)  sa version de quelques classiques.

Mission délicate, tant résonne l’écho des voix des auteurs, mais Chloé se lance à l’eau… Si le grain de voix est agréable, il ressort par moments une difficulté à s’échapper de l’original  (L’eau à la bouche ; La Javanaise / Gainsbourg). Hormis cette (petite) faute, la ballade musicale, est menée sans encombres, avec brio et tact, respectant mais pas trop, les titres repris. Heureusement, sortis de sa voix, l’auditeur peut écouter les arrangements, qui sont parfois audacieux et agréablement surprenants.

Au final, bien que maitrisé,  Coeur de française ne laisse pas non plus un impérissable souvenir, tant elle balance entre son empreinte et celle des auteurs. Espérons que son prochain opus nous révélera sa vraie nature !

Guillaume.

Lumineux et élégant….


Laura Littardi réinvente des chansons de la pop music ( Neil Young, Stevie Wonder, Graham Nash…) et en fait des standards de jazz !

Une voix expressive, au timbre chaud et sensuel Laura Littardi enregistre « Inner dance » avec des musiciens comme Carine Bonnefoy au piano, Francesco Bearzatti au saxophone dans une communion et une cohésion musicale extraordinaire.

Un album très classe, qui vous attache dès la première écoute.

Enitram

Nikki Yanofsky


Aujourd’hui je vous propose de découvrir une artiste que j’ai découvert dans les bacs de jazz de l’espace musique. Un vrai trésor… Nikki Yanofsky est une jeune chanteuse québécoise qui a fait ses premiers pas sur scène à l’âge de 12 ans lors du festival de jazz de Montréal de 2003. Elle est peu connue en France, elle a tout de même fait l’Olympia en décembre 2011.

 Sa voix est superbe, je pense qu’il va falloir suivre sa carrière. Nous avons ses 2 cd. A vous de juger……

Françoise

Un bel hommage !


Avec cet album Black Orchid, hommage à la grande Nina Simone, Malia nous envoute véritablement.

Malia, chanteuse britannique née au Malawi, est accompagnée ici d’un trio de musiciens français : Alexandre Saada, Jean-Daniel Botta, Laurent Sériès. Ce qui me touche chez cette chanteuse c’est la profondeur de sa voix. Elle a choisit pour cette relecture sensuelle de ces titres une version intimiste, épurée, tout en émotion. Il n’y a rien de trop dans ce cd. Du début à la fin, on se laisse emporter par sa voix envoutante. Elle peut affronter ce répertoire en tout légitimité (n’en déplaise aux critiques de France Culture).

Merci beaucoup Malia pour ce bon moment.

Elle était en concert à Paris le 28 mars 2012 au New Morning.

Michèle.

Robin Mac Kelle… à fleur de Soul !


La chanteuse Robin Mac Kelle nous revient en 2012, avec un album empli de fraîcheur, de swing, de soul.

Soul Flower, donc, est un disque entièrement tourné vers la musique soul américaine. Autant le dire tout de suite, si le pari pouvait sembler hasardeux pour cette chanteuse habituée aux rythmes plus feutrés, force est de constater qu’elle a relevé le gant sans faillir. Le résultat donne une musique enjouée, racée, tonique, et Robin Mac Kelle nous démontre qu’elle se régale dans cet univers-là.

Les orchestrations sont léchées, rondement menées, et elle enchaîne les titres sans soucis. Aussi à l’aise sur un titre de Burt Bacharach Walk on By que sur un morceau composé par les frères Gibb To love somebody.

Le talent s’étale, sans ostentation, mais avec justesse et précision.Un régal pour l’auditeur. De quoi alimenter les soirées entre amis.

Guillaume.

Etta James rejoint le paradis du Blues


Etta James, chanteuse de jazz, de blues s’est envolé définitivement le 20 janvier, à 74 ans, pour le Paradis du Blues.

Elle a démarré le chant à 5 ans, dans une chorale d’église baptiste, dirigée par James Earl Hines.Dans les années 6o, elle enregistera sur le célèbre label Chess Records. Au cours des 17 albums enregistrés entre 1963 et 2011, Etta James nous gratifiera de sa voix si rare et particulière, capable de chanter du blues, du gospel, du rock (voir la video jointe).

Aujourd’hui parti rejoindre les anges, elle laisse un sillon musical, vocal, indélébile. Une grande voix s’est éteinte.

Albums à écouter : At last (1961) ; Mystery lady (songs of Billie Holiday,1994) ; Blue Gardenia (2001) ; Blues to the bone (2004).

Guillaume.

COUP DE GRIFFE


LISA EKDAHL : Sings Salvador Poe

Lisa Ekdahl,  suédoise de son état, chanteuse de jazz, est arrivée jusqu’à nous voici une bonne décennie maintenant.
Le timbre perché, la technique éprouvée, on attend toujours d’elle, des morceaux maîtrisés, enlevés.
Aussi, sur  ce cd où elle s’aventure à chanter des poèmes (difficile tâche s’il en est !) de Salvador Poe, guitariste et par ailleurs compagnon de madame à la ville, on est en droit d’attendre une belle surprise.
Mais hélas, 3 fois hélas, le frisson n’arrive jamais, la surprise tant attendue n’est jamais au rendez-vous, et tout le disque n’est pas à la hauteur de ce qu’on aime chez Lisa Ekdahl.
Le disque file, sans magie, sans émotion, encéphalogramme plat….
C’est un accident de parcours dans la carrière musicale de Lisa Ekdahl, une belle sortie de route.

Guillaume