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C’est qui le patron??? C’est Jay!!!


Alerte blockbuster!!! Voilà 4.44, le 13ème album de Jay-Z, a t-on encore besoin de lui faire de la promo, me direz-vous? C’est vrai! Seulement quand l’une des légendes du hip hop sort un album pour la première fois depuis 4 ans et que celui-ci est sans doute ce qu’il a produit de mieux depuis une décennie, je pense que oui, ça vaut le coup d’en parler.

Bon, avant toute chose, pour nos adhérents, qui souhaiteraient se ruer à la médiathèque pour emprunter la pépite, ce ne sera pas possible tout de suite, l’album n’est (pour le moment) disponible que sur TIDAL, la plateforme de streaming musical de Jay, heureusement j’ai pensé à vous et vous ai mis le lien plus bas, dans la partie “Blogroll”, mais dès que ça sort en CD, c’est promis, on le commande!

Revenons à ce qui nous intéresse, le contenu du disque: 4.44 est une véritable porte ouverte sur la vie personnelle du mogul de Brooklyn, ses dérapages extra conjugaux avec “Becky with the good hair”

  

 ainsi que ses excuses à son épouse Beyoncé, ainsi qu’à Solange, la soeur de celle-ci, suite l’incident de l’ascenceur, les brouilles avec Kanye West etc… Des ragots, oui c’est vrai aussi et ça serait surement moins intéressant si, musicalement, l’opus n’était pas si abouti.

L’artisan de cette réussite, hormis Hov bien sûr, c’est No I.D, mentor de Kanye West et producteur historique et meilleur ami de Common, d’ailleurs, pour l’anecdote, dans un de ces anciens morceaux, Jay-Z dit : If skills sold, Truth be told I’d probably be, Lyrically Talib Kweli Truthfully, I wanna rhyme like Common Sense…” et bien c’est chose faite! No I.D étant l’unique producteur de 4.44 (fait très rare de nos jours) et son empreinte est telle sur les instrus, qu’on se croirait parfois sur des morceaux de Common.

Ce style soul avec beaucoup de samples (Donny Hathaway, Fugees…) colle parfaitement à Jay-Z et quand il ne parle pas de sa vie, il se montre très engagé dans la cause “Black live matters”, comme dans “The story of O.J” ou “Moonlight” avec des propos parfois controversés.

Pas de rappeurs en featurings pour Hov, seuls Frank Ocean et Damian Marley pour les refrains et les voix des femmes de sa vie, Blue, sa fille, Gloria Carter, sa mère et bien sûr, Queen B, son épouse.

Voilà, faites-vous votre idée sur 4.44 (le lien ici), personnellement, je dirais que c’est l’un des albums de l’année! The Roc is forever…

Laurent

 

Les Soulections #1 : Donny Hathaway


Pour cette nouvelle rubrique consacrée à la crème de la crème de la Soul, j’ai décidé de commencer par un de mes artistes préférés, Monsieur Donny Hathaway.

La discographie de l’artiste de Chicago est certes courte, elle se compose uniquement de trois albums solo entre 1970 et 1973, un disque en duo avec la merveilleuse Roberta Flack (avec qui il a été en couple) et de quelques lives également.

Le temps pour lui de nous offrir quelques unes des plus belles chansons de l’histoire de la soul et des plus samplés aussi.

La carrière de Donny Hathaway, s’arrête brutalement le 13 janvier 1979 quand il est retrouvé mort, sur le trottoir de son immeuble, après l’enquête, la police a conclut un suicide,  le chanteur était atteint de schizophrénie et avait déjà fait plusieurs dépressions auparavant. Bref, ne soyons pas morbide, nous sommes là pour découvrir son oeuvre, celle d’un des plus grands de la Soul.

Pianiste d’exception, il a travaillé avec Curtis Mayfield et Aretha Franklin pour ne citer qu’eux, avant de se lancer en solo avec le sublime “Everything is everything” en 1970, l’album contient le titre qui va lancer la carrière de Hathaway: “The ghetto” ainsi que les reprises de Nina Simone “To be young, gifted and black” et de Ray Charles “I believe to my soul”, c’est sans aucun doute son album le plus joyeux, le plus proche du Gospel dans lequel il a grandi.

Ensuite, il enregistre son disque éponyme en 1971 “Donny Hathaway” qui est principalement composé de reprise de classiques Soul et Gospel, tout ça réarrangé à la sauce Hathaway avec notamment le titre qui me l’a fait découvrir “A song for you” samplé par Common en 1997 avec Lauryn Hill sur “Retrospect for life”.

Sa première collaboration avec Roberta Flack en 1972 est une merveille absolue, impossible de sortir un titre pour le mettre en avant, tout est sublime.

Il fera un dernier album solo, “Extension of a man” à l’image de son état d’esprit, sombre et dépouillé mais vocalement, l’artiste n’a jamais été aussi impressionnant, son “Someday we’ll all be free” est inoubliable, puis se décidera à collaborer à nouveau avec Roberta Flack pour un deuxième album de duo, qu’il n’aura malheureusement pas le temps de finir, il ne fera que 2 morceaux dessus et Flack refusera de continuer à enregistrer sans lui, les producteurs arrangeront le disque avec les enregistrements déjà réalisés.

La discographie de cet étudiant de la musique ne s’arrête heureusement pas la, nombreuses pépites sont sorties à titre posthume dont ce “Little ghetto boy” magistralement repris par Dr.Dre et Snoop sur “The Chronic” ainsi que par la fille de Donny, Lalah Hathaway, qui fera elle-même une bien belle carrière.

 

Voilà, j’espère vous avoir donné envie et si ce n’est pas encore le cas, voici la “Donny’s playlist”, ENJOY!!!

 

Laurent

Common, plus engagé que jamais !


 

commonDeux ans après « Nobody’s smiling », Lonnie Rashid Lynn Jr, plus connu sous le nom de Common revient avec « Black America again », son onzième album. Soyons clair, étant un gros fan de l’artiste, je ne suis pas sûr d’être absolument objectif, mais je vais faire de mon mieux, promis !

A savoir que selon moi, Common n’est jamais aussi bon que quand il traite de sujets sensible et c’est le cas ici. Artiste très  engagé dans la cause Afro-Américaine, il n’est pas passé à côté de l’occasion d’exprimer ses idées sur le contexte politico-social Américain. Entre son « indésirable » nouveau président et le mouvement #Blacklivematters en réponse aux nombreuses violences policières, il y avait matière à débattre.

Musicalement parlant, on retrouve une sonorité comme à l’époque des Soulquarians et des productions de J.Dilla. Ici, c’est Karriem Riggins, le batteur Jazz du Ray Brown trio qui est aux manettes et le musicien n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà produit pour Erykah Badu, Slum village ou encore Talib Kweli. Ce duo fonctionne parfaitement et nous offre un opus proche de « Electric circus » sortie en 2002. C’est très jazzy et ça colle parfaitement au thème de ce « Black America again ».

Pas évident de mettre des morceaux en avant, tant l’heure passée en compagnie de Common semble être pensée pour s’écouter d’un trait, mais le single du même nom que l’album frappe quand même très fort avec notamment la présence de Stevie Wonder à la fin du track (A voir absolument son clip de 20 minutes dans le même ton que celui d’Alicia Keys, sorti le même jour). Les guests de prestige ne s’arrêtent pas là, avec John Legend, BJ the Chicago Kid, Bilal et d’autres encore, Common a su s’entourer de la crème de la Nu-soul actuelle.

Je vous avais prévenu, quand il s’agit de Common je suis rarement aussi enthousiaste… Je mettrais cet opus dans la lignée du « To pimp a butterfly » de Kendrick Lamar, c’est tout dire.

Laurent

Nos samples rendez-vous #7


220px-game_laxAoût 2008, The Game et Common (2 de mes artistes rap préférés) reprennent un sample d’une légende de la soul des années 70 : Gil Scott Heron. Sorti en 1978, « Angel dust » est l’ode anti-drogue du poète de la Soul, un peu un comble pour lui, qui sera incarcéré quelques années plus tard pour consommation de crack et de cocaïne, mais bref… Ce morceau est peut-être l’un des plus funky de sa discographie et sa basse groovy m’enchante toujours autant près de 40 ans plus tard.

A priori, je n’étais donc pas le seul à apprécier cette boucle, car nos 2 rappeurs l’ont donc choisi pour cette connection Chicago/Los Angeles. Chacun pour exprimer l’amour qu’ils portent à leurs « Angel » réspectifs. Pour Common, la Marijuana, bon, après tout, chacun fait bien comme il veut, il nous explique que ça aide son processus créatif et le relaxe, soit. Quant à Game, il nous offre son amour pour le hip hop et nous raconte comment il s’est essayé à cet art avec tout un tas de métaphores aussi imagées les unes que les autres.

Le sample n’est pas énormément retravaillé, pas nécessaire vu que le son de Gil Scott Heron colle parfaitement à l’ambiance West coast de l’album LAX de The Game. Kohndo l’a également repris sur son dernier album (Intra-muros), chroniqué précédemment, dans le morceau « Le facteur ».

Laurent