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Les Soulections #13 : D’Angelo


Seulement trois albums studio entre 1995 et aujourd’hui, alors comment se fait-il que D’Angelo soit un artiste si marquant de l’univers Soul depuis le début des années 90? Certes la quantité ne fait pas tout mais bon…

Pour ma part, je dirais que sa voix un peu comparable à celle de Marvin Gaye (oui j’ose) y est pour beaucoup et son aide pour ouvrir les portes à la Nu-Soul aussi, avec Erykah Badu, c’est l’un de ceux que l’on peut appeler précurseur dans cette générations d’artistes.

Mais revenons un peu dans le passé, car dans le genre surdoué, Michael Archer (C’est son vrai nom) est quand même un cas officiel! Surpris par son grand frère à l’âge de trois ans en train de jouer du piano à merveille, le gamin va vite s’engager sur la voie de la musique et saute de concours en open mic en ayant plus que souvent la faveur des auditeurs.

Un jour de 1993, après avoir envoyé une démo au label EMI, on lui propose une audition où il scotche les producteurs avec un récital de piano/voix de près de trois heures. EMI le signe instantanément et lui demande de composer pour d’autres artistes pour commencer, notamment sur la B.O de “Jason’s lyrics” (Sang noir en Français) pour le fameux Black Men United et leur titre “You will know”, pour rappel Black Men United, c’était un super collectif d’artistes R’nB composé entre autre de Boyz II Men, Joe, Brian McKnight, Raphael Saadiq et Lenny Kravitz à la guitare (rien que ça).

Point de départ, d’une drôle de carrière, faite de succès mais aussi d’immenses trous d’air… Quoi qu’il en soit, en 1995, soit un an après le succès de “U will know”, D’Angelo sort son premier disque solo, “Brown sugar”, qui au départ, n’obtient pas le succès escompté par le label, ça marche, oui, mais EMI en attendait plus, ce n’est que quelques semaines plus tard que les ventes grimpent, peut être que le public n’était pas encore prêt pour ce son un peu moins “mainstream” que celui auquel il était habitué, faut dire qu’en 1995 on sort à peine de la New Jack, alors un retour vers un son plus proche de celui de la soul des 70’s que du R’nB des 80’s, ça a du choquer un peu au départ! Mais voilà, avec les talents vocaux et musicaux du gamin de 21 ans et porté par des titres tels que “Brown Sugar”, “Lady” ou “Cruisin”, ce disque se devait de devenir un classique et c’est le cas.

A la suite de ça, D’Angelo part en tournée pendant plus de deux ans pour promouvoir l’album et vu le niveau qu’il propose en live, ça marche très fort et le public en redemande… seulement, selon les dires de l’artiste, il se retrouve dans une longue période de “feuille blanche” et n’arrive plus à écrire, donc, les années passent et le deuxième album ne pointe toujours pas le bout de son nez.

Pour ne pas se faire oublier, il sort plusieurs covers de titres légendaires tels que “Your precious love” avec Erykah Badu ou la reprise du titre de Prince “She’s always in my hair” et continue à tourner en live avec ses proches jusqu’à devenir le co-créateur des fameux Soulquarians en compagnie de Questlove des Roots, Common, J.Dilla et autres…

La période de disette se conclut en 2000 avec la sortie de son deuxième disque, “Voodoo”, LE disque qui va le consacrer comme un artiste incontournable et notamment à cause d’un morceau ou plutôt un clip, celui du troisième single de l’album “Untitled”. Dans cette vidéo, D’Angelo commence sur un close up sur son visage et au fur et à mesure, la caméra recule lentement et on découvre un D’Angelo nu, huilé et hyper musclé, mesdames, attention les yeux, ça pique!!! Le clip est censuré sur MTV et pourtant rien de dévoilé en dessous de la ceinture, mais c’est clairement très suggestif!

D’Angelo devient instantanément un icône sexy et ces concerts deviennent un déchaînement de groupies, au delà de ça, le disque est vraiment génial et devient un classique du genre.

Malheureusement, ce succès est un peu trop intense pour l’artiste et il sombre dans une grosse dépression, alcool, drogues, prises de poids sa relation avec Angie Stone prend fin et en réalité entre 2002 et 2013, hormis quelques collaborations, le peu de fois où on entend parler de Dee, c’est plutôt pour des faits divers qu’autre chose…

Il essaie bien de sortir un disque, quasi fini, mais l’affaire ne se conclut pas et c’est repoussé jusqu’en 2014 avec un tout nouveau projet du nom de “Black Messiah”, en étant complètement honnête, c’est clairement le disque que j’aime le moins, un peu trop rock pour moi, mais l’ensemble reste quand même de qualité.

Alors voilà, en attendant une suite à tout ça, D’Angelo reste un des génies qui nous a permit de découvrir la Nu-Soul et rien que pour ça, une petite playlist est de rigueur…

 

Laurent

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The Roots, quand le hip hop prend vie sur scène.


Ladies and gentlemens, i give you … THE LEGENDARY ROOTS CREEEEEEWWWWW!!!

Je fais un peu le malin à commencer mon post en vous faisant une intro à la Jimmy Fallon, mais en réalité, je suis un peu frileux à l’idée de m’attaquer à un gros morceau comme le collectif de Philadelphie. Leur répertoire est tellement immense que c’est difficile d’en parler en quelques lignes sans faire du déjà vu, mais disons que pour les 30 ans de carrière (31 en réalité), je pouvais difficilement passer à côté, alors, je vais pas vous faire un historique, mais simplement mon ressenti sur la musique de ce groupe de génie.

J’ai entendu The Roots pour la première fois dans la nuit rap sur M6 (ça remonte, mine de rien…) avec le titre “Proceed” et je dois reconnaître qu’au départ, je trouvais ça sympa, mais décalé en comparaison de mes goûts de l’époque en matière de rap, on était quand même assez loin de ce que proposait le Wu-Tang, Redman, où du Gangsta rap Californien. Je me disais des instruments en live dans le rap?!? Bizarre… mais cool! En fait, mes jeunes oreilles musicales n’étaient pas encore prêtes à ce mélange étonnant et pourtant si logique.

Si pour moi, ça a commencé à la moitié des années 90, le point de départ, c’est la rencontre entre Tarik Trotter et Amir Thompson, alias Black Thought (le MC) et ?uestlove (le batteur), les 2 seuls membres présents depuis le début dans le line up, en 1987 et c’est une anecdote assez rigolote qui les a rapprochés, ils étaient au lycée et Black Thought avait été convoqué dans le bureau du proviseur pour avoir séché les cours, préférant fricoter avec sa copine de l’époque dans les couloirs du lycée, pendant qu’il se faisait réprimander, entre un autre élève, qui lui vient plutôt se faire bien voir, en apportant l’encas du proviseur. Les 2 protagonistes, déjà amoureux de musique connectent très vite, Questlove reproduisant les beats préférés de Thought, pour qu’il rappe dessus et c’est ainsi que l’histoire des Roots a commencé, mais j’ai promis de pas faire l’historique, je m’arrête donc là…

Pour en revenir à mon rapport avec leur musique, je dirais que c’est l’un des groupes qui m’a fait grandir musicalement parlant, qui m’a ouvert d’autres horizons, je me suis autorisé à écouter des morceaux de jazz, de rock etc… et sans The Roots et leurs lives légendaires, je n’y serais peut-être pas venu, pas si vite en tout cas et comme le nom du collectif le suggère, ils m’ont permis de découvrir les origines du hip hop, le jazz, le blues, la soul et j’en passe.

Si j’ai évolué au fil des années, eux aussi, aussi bien musicalement qu’au niveau du line-up, comme je le disais au début, hormis Quest et Black Thought, le collectif a été modifié très souvent, au gré des disponibilités et des changements d’orientations musicales des disques et même si depuis quelques années, le noyau reste inchangé avec Kamal Gray, James Poyser, “Tuba” Gooding Jr et “Captain Kirk Douglas notamment, d’autres figures importantes du hip hop sont passés par le Roots crew, Malik B. qui était le second rappeur au début du groupe, mais aussi Scott Storch (Eh oui!!!), le hitmakers peut-être le plus prolifique des années 2000, vous savez “Still Dre”, “Baby boy” ou “Poppin’ them thangs” c’était lui et j’en passe… Enfin, comment ne pas mentionner Rahzel? The human beat box himself était un membre important des Roots pendant six ans, ses performances vocales restent inoubliables et même si sa carrière solo n’a pas décollée comme elle l’aurait pu, le gars est un incontournable dans son art.

The Roots, pour moi, comme pour nombreux amateurs de rap Français entre 90 et 2000, c’est aussi leurs instrumentaux uniques, repris pour les freestyles de nos mc’s hexagonaux quand Generations ne ressemblait pas encore autant à Skyrock, les émissions de DJ Mars, Logilo, Pone et les autres regorgeaient des  instrus de “Clones”, “Episodes” ou encore “The next movement”, y’en a qui se sont régalés, je crois même de mémoire, que le jingle de Générations à l’époque c’était sur l’instru de “Clones”.

Autre chose, je vous ai souvent parlé des Soulquarians dans mes chroniques précédentes, bah, sans Questlove, pas de Soulquarians, c’est lui et D’Angelo qui ont lancé ce concept, plus tard sont venus se greffer James Poyser et J.Dilla pour former le quatuor de base qui nous a offert des morceaux mythiques, mais sans le batteur à l’afro légendaire, pas de Soulquarians, on serait quand même passé à côté de quelquechose non? Je vous mets un p’tit doc qui va rapidement vous retracer l’histoire de ce collectif.

Alors, vous saviez que ces 4 là étaient à l’origine de tous ces classiques? Etonnant non? Bref, tout ça pour dire qu’autour de The Roots, ont gravités pas mal d’artistes de légendes et que sans ces collaborations, leurs carrières n’auraient peut-être pas été ce qu’elles sont aujourd’hui. The Roots, c’est un état d’esprit aussi et des artistes tels que Common, Talib Kweli, Erykah Badu ou Jill Scott, s’inscrivent parfaitement dans cette dynamique.

Bon j’ai quand même déjà bien blablaté (et je le savais en commençant à écrire, tant ce groupe me passionne), mais je vous ai pas trop parlé de leur discographie et pourtant, avec onze albums studio, des lives, des albums en collaboration avec John Legend ou Elvis Costello, y’a de quoi faire… J’ai promis de pas refaire l’historique des disques, je vais juste vous sortir mes 5 morceaux préférés des Roots (C’EST PAS FACILE!!!) et laisser la playlist parler d’elle-même après ça, petite précision, ils ne sont pas par ordre de préférence, la ça aurait été mission impossible!

1.You got me sur “Things fall apart”

En featuring avec Erykah Badu et Eve, Black Thought nous raconte son histoire d’amour à distance, avec une fille, interprétée par Eve, il traite de la confiance dans un couple, des problèmes avec l’entourage, bref, d’amour complexe. Le morceau, crée par Scott Storch, était, à la base pour Jill Scott, mais Questlove, n’a pas pu s’empêcher de le piquer à sa copine pour son album.

2. What they do? sur « Illadelph Halflife »

L’un des tout premiers morceaux qui m’a fait accroché The Roots, qui nous raconte leur vision du hip hop et tout le mal que l’industrie musicale a pu lui faire, le clip en est l’illustration absolument géniale, où tous les clichés bling bling sont démontés en 5 minutes.

3. How i got over sur « How I got over »

Un véritable manuel sur ce que c’est de grandir dans les rues froides de Philly et comment s’en sortir et faire les bons choix. Dans ce morceau Thought, alterne rap et chant avec brio, trop de talent ce gars et pas d’autotune!!!

4. Now or never sur « How I got over »

Black Thought partage le mic avec Dice Raw et Phonte pour avoir une réflexion sur les changements de vie passé la quarantaine, sur le fait qu’il faille prendre le taureau par les cornes, maintenant ou jamais. Ici les percus de Quest me donnent une pêche incroyable!

5. Guns are drawn sur « Tipping point »

L’une des chansons les plus révoltées des Roots, aussi bien au niveau rythmique que textuel, la batterie frappe fort, les rimes de Black Thought sont aiguisées comme jamais et le refrain de Son Little aurait eu toute sa place dans un classique de Reggae.

Il va bien falloir que je m’arrête d’écrire à un moment quand même, mais voilà, vous l’aurez compris, c’est un de ces groupes qui me tiennent à coeur alors je m’emballe un peu, sur ce, j’espère avoir pu vous faire partager ma passion pour The Roots, en espérant un prochain album… “End game”, le douzième opus qui est prévu normalement pour cette année. Vous pouvez retrouver les Roots avec Jimmy Fallon dans le Tonight show, où ils sont le groupe qui accompagne l’émission et en plus d’être l’ambiance musicale, ils participent souvent au côté comique du show et ça marche vraiment pas mal, la preuve ici et et sinon vous pouvez toujours retrouver Black Thought dans le rôle de Reggie Love, dans la série The Deuce, dont je vous avais parlé il y a peu.

Pour finir donc, je vous ai concocté une petite playlist (surtout ne pas rater le freestyle de Tarik à la fin et le Tiny Desk pour « It ain’t fair ») et deux lives, dont un du fameux picnic organisé par The Roots, chaque année à Philadelphie, celui-ci, date de 2015 et vous réserve quelques gros guests surprise…

 

Laurent