Archives du blog

Il était une fois … 1974!


 

Cette année-là, en France, dès janvier, Pierre Messmer est reconduit premier ministre de George Pompidou, qui décèdera le 2 avril. En mars, l’aéroport Charles-De-Gaulle est inauguré. Au cours de ce même mois a lieu le dernier voyage d’un train à vapeur. Le 19 mai, Valéry Giscard d’Estaing sera élu président de la République, Jacques Chirac nommé premier ministre. En juin, la majorité civile, jusque-là établie à 21 ans , est ramenée à 18 ans. En juillet, Françoise Giroud, journaliste-écrivain, entre au gouvernement et prend la tête du premier secrétariat d’Etat aux droits des femmes. En Août, Le plateau du Larzac voit débarquer 100.000 personnes, dans le cadre la suite de la contestation de l’élargissement du camp militaire basé à proximité. En décembre, une loi est votée autorisant l’accession  à la pilule pour les -18 ans, sans autorisation parentale, et remboursée par la sécurité sociale. De nombreux centres de planning familial vont ouvrir. Le 20 décembre, la loi présentée par Simone Veil sur l’interruption volontaire de grossesse est votée. Elle sera mise en application dès 1975. 1974 marque aussi la fin de L’ORTF. Place à 4 grands médias : TF1, Antenne 2, France 3, Radio France, et 3 sociétés de productions que seront TDF, la SFP, et L’INA.

Dans le monde, ce qui retient l’attention ce sont l’expulsion d’URSS de l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, la fin de la dictature militaire au Portugal, l’Inde qui devient le 6ème pays détenteur de l’arme nucléaire, la fin de la dictature en Grèce et le rétablissement de la démocratie, l’adoption (en juillet 74!) par son assemblée de la langue française comme langue officielle du Québec. A noter les disparitions de personnalités telles que le jazzman Duke Ellington, le violoniste russe David Oïstrakh, ou du réalisateur italien Vittorio de Sica .

Mais place à notre désormais rituelle petite histoire inventée.

Waterloo au printemps. Dans cette ville tristement célèbre pour une déroute militaire mémorable de Napoléon, le temps est gris ce jour-là. J’ai 10 ans, timide. Adossé à un muret, entouré de camarades de mon âge dans une école anglaise, j’en suis le mal-aimé. Celui sur qui il est bon de se défouler. Certains garçons se verraient bien en mode Gigi L’amoroso, incarnation latine du british-lover-dandy, comme savaient si bien les incarner David Bowie ou Bryan Ferry. Trop jeune pour comprendre les grands et leurs tourments amoureux, les parades amoureuses, les « I honestly love you », ou « je t’aime je t’aime je t’aime », ou encore « On se retrouvera », comme répétés pour mieux convaincre la personne convoitée, je me tiens à l’écart de ce monde qui m’est pour l’heure étranger. Mais pas pour longtemps.

J’ai un ami, nommé William. il a 3 ans de plus que moi. Les tourments de l’amour lui trottent dans le cerveau. Il aime une fille. Anna, de 2 ans son ainée. Il a écrit une chanson pour elle. Il me dit qu’à la première occasion, il lui chantera, au téléphone, si il ne peut la voir. William est tombé amoureux sans le savoir d’une super nana. Belle, quelques tâches de rousseurs parcourant son visage, l’allure assurée d’une fille qui sait déjà plaire aux garçons, elle écoute du rock, bercée par les 33 tours que son père Freddie, la quarantaine déjà fatiguée d’un homme travaillant en usine qui fabrique des voitures (Austin Mini), passant ses soirées dans les pubs à boire des coups avec sa bande potes et jouant son argent aux courses de chevaux, lui a fait découvrir… Stones, Beatles, Elton John, Queen.. tous les classiques y passent! Il a une devise : pour lui la vie « it’s only rock’n’roll ». Affectueusement, Anna surnomme William « Billy ». Ses amies, connaissant son goût pour les garçons plus âgés qu’elle, se demandent en me voyant à ses côtés : « Qui c’est celui-là? ». Un soir qu’il est chez son père, le téléphone sonne. Sa mère, vivant à Bruxelles pour le travail, au bout du fil (expression désuète aujourd’hui au vu des cellulaires de notre quotidien). Elle n’a pas vu son fils depuis trop longtemps. Freddie prend alors le combiné et après quelques minutes d’une âpre discussion, une décision est prise. William quitte Waterloo pour la Venise du nord, sa mère, et sans doute une vie un peu meilleure. Il comprend alors qu’il ne reverra sans doute jamais Anna. Le téléphone pleure.

Le cœur déchiré, l’âme en peine, William s’en va, me laissant seul, et abandonnant son père à ses beuveries partagés, sa solitude plombée par le climat local.

Et moi, je me dis : « Vivement 1975! »

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

Jazz et cinéma, mariage évident !


beatsquarecool_imageDepuis les années 30, le cinéma fait appel à la musique pour illustrer les histoires portées à l’écran. Et parmi les musiques utilisées, le Jazz tient une place de choix. C’est ce que nous montre le coffret « Beat, square & cool » publié en 2012. Y figurent 5 cd regroupant 8 musiques de films, ainsi qu’un livret illustré assez complet, mais tout en anglais! Le parti pris ici est de couvrir une courte période cinématographique (1953-1961) et d’exhumer, au côté de films comme « The Wild ones », « Les Tricheurs », des oeuvres tombées dans l’oubli ou méconnues du grand public. Et de reparler de réalisateurs tels que Robert Wise, Don Siegel, Martin Ritt ou Shirley Clarke.

Le coffret s’ouvre par la musique de « The Wild ones » (« L’équipée sauvage »), qui date de 1953, avec un Marlon Brando jeune et déjà star! Sur le même cd figure « Crime in the Streets », film datant de 1956, réalisé par Don Siegel, avec notamment le jeune comédien (qui deviendra par la suite un très grand réalisateur) John Cassavetes. Sur les cd suivants, on retrouve les musiques des films  « I want to live » (1958), œuvre du compositeur Johnny Mandel,  réalisé par Robert Wise, et « Les Tricheurs » de Marcel Carné, sorti la même année, qui réunit un casting musical de rêve : Nat King Cole, Chet Baker, Dizzy Gillespie ou Oscar Peterson!

« Paris Blues », de Martin Ritt (1961), qui met à l’affiche Paul Newamn, Sidney Poitier, Joanne Woodwoard, nous permet d’écouter Duke Ellington et Billy Strayhorn, deux pianistes-compositeurs de haut vol! « Les Souterrains » (1960), est l’adaptation d’un roman de Jack Kerouac paru en 1958, qui évoque l’histoire de 2 personnages qui fréquentent les clubs de jazz à San Francisco. André Prévin, chef d’orchestre, compositeur, en signe la musique.

La ballade entre cinéma et jazz se termine sur les films « Shadows » (1959) de John Cassavetes, avec Charlie Mingus aux manettes, et avec « The Connection » (1961) de Shirley Clarke, sur lequel Freddie Redd, pianiste de hard bop et compositeur, imprime sa touche musicale.

Au menu musical ici, donc, du piano, du swing, du hard bop, des orchestres, bref une variété d’univers, tout ce qui fait le charme de la musique, ici du Jazz.

Un régal pour les amoureux du jazz et du cinéma de cette période!

Guillaume.