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Gregory Alan Isakov, la country-folk new look.


Il n’avait rien enregistré depuis »The weatherman » paru en 2014. Qui ça donc, vous demandez-vous sûrement? Je veux évoquer le chanteur-guitariste-auteur-compositeur Gregory Alan Isakov. Parcours atypique que le sien, puisque né en Afrique du Sud à Johannesburg, puis émigré très jeune aux Etats-Unis, précisément à Philadelphie (ville sujet d’une chanson de Bruce Springsteen et lieu principal d’un film avec Tom Hanks, Denzel Washington et Jason Robards, »Philadephia », sorti en 1993).

Issu de ce mélange de cultures, de sons, de musiques, Gregory Alan Isakov, va se tourner vers la folk, la country. Auteur-compositeur de ses textes et musiques, il va, en plus de chanter, jouer alternativement de la guitare et du banjo. Musicien prolixe, depuis 2003 et son premier disque « Rust colored stone », il a publié déjà 5 albums. « Evening machines« , sortie en 2018, est donc son septième opus.

A l’égal d’Emilie Marsh, dont je vous ai parlé dans une précédente chronique pour son album « J’embrasse le premier soir », j’ignorais également jusqu’à l’existence de Gregory Alan Isakov. Il n’est jamais trop tard pour apprendre dit-on. Voilà donc cette omission réparée. Malgré son patronyme a consonance russe, je l’ai indiqué plus haut, Isakov vient d’Afrique du Sud.

Très loin des conventions que requiert la musique folk-country (usage de guitare dobro, harmonica, un peu de violon et une voix traînante sinon nasillarde), dont les maîtres furent successivement Woody Guthrie, Willie Nelson, Kris Kristofferson, Emmy Lou Harris, sans oublier évidemment Bob Dylan, Isakov concocte une folk-music aux orchestrations léchées, voire sophistiquées, sans pour autant que cela trahisse la nature de ses textes. d’ailleurs, étonnement, le premier morceau, entamé par un duo piano-voix sur lequel vient vite se greffer le reste de l’orchestre, avec notamment un violon, nous laisse à penser que nous écoutons de la pop. Loin s’en faut.Le morceau est emprunt de nostalgie, à l’image de la photo de couverture, en noir et blanc.Une jolie entrée en matière. Dès « San Luis », on bascule vraiment dans la folk comme il semble aimer la construire. légère, souple, avec des instruments bien présents, ici une batterie à balais, une contrebasse et des choeurs.

Puis l’album défile, déroule tranquillement et Isakov propose toujours à nos oreilles, enfin les miennes en l’occurence, une folk inventive, où le banjo vient parfois se glisser comme sur « Bullet hole ». Gregory Alan Isakov possède une façon de chanter, presque narrative, qui n’est pas sans rappeler Roger Waters dans « The Wall », Bono dans « One », « America », « Where the streets have no name », ou bien encore Bruce Springsteen dans « Streets of Philadelphia », entre autres exemple. C’est un vrai bonheur pour moi de découvrir ce musicien.

« Was I just another one », « Caves », « Chemicals » s’enchainent par la suite sans que l’attention de l’auditeur ne retombe, même si le dernier nommé, une petite perle démarrée guitare-voix, ambiance début de journée, devant un café, mal réveillé, est d’une grâce à ravir. « Dark, Dark, Dark » nous ramène à un schéma plus traditionnel, avec l’appui de violon, de tambourin et de percussions.Sur ce morceau, Isakov nous gratifie de son talent au banjo.Tranquillement. Si j’aime un peu moins les deux titres qui suivent, « too far away » et « Where you gonna go », j’adore par contre « Wings in all black » qui clôt l’album. Une chanson qui pourrait se chanter au coin d’une cheminée ou sur une plage, devant un feu de camp.

Globalement, ce « Evening machines » est pour moi une belle réussite, que je vous invite à écouter, découvrir. Gregory Alan Isakov, un musicien sur lequel il faut s’attarder.

Guillaume.

Le Boss, en mode intime.


Depuis près de 40 ans, Bruce Springsteen « The Boss » qui va fêter ses 70 ans en septembre prochain, dépeint depuis ses débuts sa vision de l’Amérique, ses travers, ses excès. Springsteen, c’est une voix lourde, rauque, un brin cassée, comme éprouvée par la vie. C’est aussi un physique de camionneur, ou d’homme ayant côtoyé de près les chantiers, une carrure! Une plume incisive, acérée, un conteur hors pair d’histoires du quotidien vécu par lui-même ou ses compatriotes. Une voix écoutée, à l’égal de celle de Aretha Franklin, pour d’autres raisons. Une référence artistique qui a traversé plus de 3 générations.

Le gaillard nous revient cette année avec « Springsteen on Broadway« , enregistré en 2 étapes (Octobre 2017 et Décembre 2018) au Walter Kerr Theater, dans une prestation très intimiste, presque comme si l’on était dans son salon, Bruce Springsteen, ayant convié ses spectateurs, et par ricochet ses auditeurs.

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Sur ce disque, entre les chansons, il se fait narrateur de ses rencontres humaines et / ou musicales qui ont jalonnées et bouleversées sa vie. Inconnu(e(s) ou célèbres. Il parle avec une profonde émotion de Clarence Clemons (voir plus bas). Il évoque également avec pudeur son enfance, puis de façon plus forte, son regard sur l’Amérique, lui qui a déjà connu plusieurs présidents sans forcément voire les choses foncièrement changer en positif, notamment depuis l’élection de Trump en 2017. Il constate avec désolation que les pauvres sont laissés pour compte, que la situation économique n’est pas florissante.

Tout au long de ce disque, Bruce Springsteen, seul sur scène la majeur partie du temps, puis en duo avec sa femme Patti Scialfa, qui vient l’accompagner sur deux titres, « Tougher than the rest » et « Brillant disguise », revisite son répertoire et ses classiques tels que « My hometown », « The promised land », évidemment le « Born in the USA », « Ghost of Tom Joad », « The rising », « Dancing in the dark », « Land of hope and dreams », en utilisant tantôt la guitare, le piano ou l’harmonica. Un régal! Son disque se termine par « Born to run », l’un des tous premiers titres qui ont rendus Bruce Springsteen célèbre à l’aube des années 80.

Lui qui a tout fait depuis plus de quarante ans, se produisant dans des stades immenses comme dans des salles à tailles plus humaine, en solo ou avec son fameux E.Street Band, au sein duquel évoluait son ami saxophoniste Clarence Clemons, disparu en 2011, nous offre ici sans doute ce qu’il affectionne de plus en plus. Se livrer, sans fioritures, à une audience attentive, dans un cocon qui lui va très bien.

Ce « On Broadway » est un petit bijou musical et émotionnel. Je vous laisse avec une petite sélection de morceaux, ainsi que quelques titres plus anciens.

A noter pour les adeptes du Boss, que son prochain album « Western Stars  » sort le 14 juin. Encore un peu de patience !

Guillaume.

De « Runaway » à « Vanina »….


Dans les années 60, nombre de chanteurs français ou européens avaient l’habitude d’adapter en français des standards ou des tubes venus surtout des Etats-Unis pour se faire connaître du grand public.

Parmi eux, citons Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Les Chats Sauvages, Danyel Gérard, Richard Anthony, Frank Alamo, Claude Nougaro, et j’en oublie certainement d’autres. Cela fera l’objet d’autres articles par la suite.

Du côté du pays des tulipes, autrement dit la Hollande, un chanteur  du nom de Woutter Otto Levenbach, alias Dave, s’est fait connaitre dans les années 60 et 70 grâce à des reprises de chansons américaines. En effet vous avez forcément déjà entendu, chanté ou fredonné « Sugar Baby Love » des Rubettes devenue « Trop Beau », ou encore « Runaway » (1961) de Charles Weeder Westover alias Del Shannon, qui sera transformée par Dave en « Vanina« , un véritable tube, qui aujourd’hui encore fait le bonheur des radios, et donc de son interprète, car qui dit succès dit royalties (droits d’auteur en langue de  Molière) dit retombées financières non négligeables!

Mais qui était donc Del Shannon? Né au Michigan en 1934, période à laquelle les Etats-Unis d’Amérique se sont remis de la crise de 1929, il achète très rapidement une guitare et un ukulélé et se met à écouter la musique country. Après le service militaire, en 1954, il  travaille dans une fabrique de meubles comme conducteur de camions avant d’intégrer un groupe qui deviendra The Little Big Show Band. En 1960, Del Shannon et son compère Max Crook, inventeur du Musitron (l’un des premiers synthétiseurs de l’époque) sont  signés par le label Bigtop. Ils partent à New-York pour enregistrer la chanson « Little Runaway », qui deviendra « Runaway », et qui connaitra dès sa sortie un succès foudroyant!

En 1963, Del Shannon interprète une chanson , « From me to you », composée par 4 garçons venus de Liverpool et qui sèment la folie de leur fans partout où ils se prooduisent : Les Beatles. L’année suivante il rend hommage à l’une des figures phares de la country music, Hank Williams, dans l’album  » Del Shannon chante Hank Williams ». Par la suite, il produira la chanson « Under my thumb » reprise des Rolling Stones, puis « Sea of love », qui sortira en 1980, après une période noire marquée par ses soucis d’alcools. Devenu dépressif, il finira par se suicider chez lui en février 1980.

Reste donc quelques chansons, plus ou moins connues, a (re) découvrir.

Guillaume.

 

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