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Les Confesseurs du Blues !


Afin de clore ma série sur le blues, il me semblait évident de rendre hommage à plusieurs des figures marquantes de cette musique, puisqu’ayant déjà évoqué Robert Johnson, Charley Patton, BB King, dans des articles précédents. Ici je vais donc vous parler de Muddy Waters (littéralement « eaux boueuses »), John Lee Hooker, Little Walter et Howlin’Wolf (« loup hurlant », en référence à sa voix). Je l’ai dit précédemment dans des articles sur Eric Clapton, John Mayall, les pionniers du blues ne seront connus du grand public européen que grâce au British blues boom, mais aussi au Rolling Stones, qui ont allègrement « pioché » dans le répertoire blues pour se faire connaître et établir leur réputation. En France, cette musique ne percera jamais vraiment jusque dans les annees 80 auprès du grand public, bien que les musiciens du genre soient nombreux.

Mais revenons aux pionniers. Mckinley Morganfield « Muddy Waters » (1913-1983) né dans le Mississippi, est un homme de stature haute au visage jovial. Apres avoir utilisé la guitare acoustique à ses débuts, une fois débarqué à Chicago, il se tournera pratiquement uniquement vers la guitare électrique pour évoquer ses blues, avec une voix très expressive. Il se servira également de l’harmonica.

Après des débuts sur le label Chess Records, il va rencontrer des musiciens comme Howlin’ Wolf ou Chuck Berry, les accueillant même chez lui pour des jam sessions. Il hébergera le pianiste Otis Spann. Les Rolling Stones doivent leur nom à une chanson de Waters intitulée « Rollin Stone ». Muddy Waters aura une influence sur le blues, mais aussi me rythm and blues, la country.

John Lee Hooker (1917-2001), également natif du Mississippi, à Clarksdale, est physiquement l’inverse de son collègue. Petit, frêle, un visage marqué, et un particularité : il joue un blues très brut, quasi rural. Son chant parfois plaintif est très prenant. Pour jouer ce blues très primitif, Hooker privilégie la guitare sèche, acoustique. L’ayant vu sur scène à Bercy dans les années 80, j’avais pu admirer le talent immense de ce little big man du blues Assis sur une chaise les 3/4 du temps, son art consommé de la scène lui avait permis de livrer une performance de haute volée devant un public aussi ébahi que conquis. Un super souvenir pour moi. Hooker a eu une influence sur les bluesmen britanniques, sur le blues-rock.

Marion Walter Jacobs, connu sous le nom de Little Walter (1930-1968), originaire de Louisiane, est comme les 2 premiers nommés, comme étant chanteur-guitariste et harmoniciste. Connu pour son caractère acariâtre, le louisianais s’est vite fait une grosse réputation de musicien talentueux, surtout avec son harmonica, dont l’utilisation moderne avec le micro comme caisse de résonnance, a révolutionné l’approche de cet instrument, ceci afin de se faire entendre à égalité des guitaristes. Il a joué et perfectionné son art auprès de talents tels que Sunnyland Slim, Sonny Boy Williamson II. Il est l’auteur du premier tube instrumental à l’harmononica, « Juke » en 1952. Il décèdera en 1968, suite à des coups reçus au cours d’une tixe dans un club de Chicago.

Chester Arthur Burnett alias Howlin’Wolf (1910-1976) est également un enfant du Mississippi. Sa haute stature (1,92m pour 124 kg!) lui a longtemps valu des moqueries. Le bonhomme à connu un.parvours cahotique : chassé de chez lui pour refus de participer aux travaux domestiques, recueilli et battu par son oncle, il fuit retrouver son paternel dans une plantation de coton. A l’approche de ses 18 ans, il fait connaissance avec Charley Patton, qui lui apprend la guitare. Arrivent les années 30, pendant lesquelles il apprendra l’harmonica auprès de Sonny Boy Williamson et tournera avec Robert Johnson, Son House. Plus tard, en 1951, il rencontrera Ike Turner qui lui présentera Sam Phillips de Sun Records. Par la suite il enregistrera pour Chess Records avec Willie Dixon, arrangeur du label, qui deviendra son contrebassiste atitré. James Cotton et Hubert Sumlin’ seront les 2 autres même du groupe de Howlin’ Wolf. Dans les années 60, l’album « London Session » permettra à Wolf de rencontrer quelques-un des musiciens anglais qui lui doivent beaucoup, comme Steve Winwood, Eric Clapton, Bill Wyman, ou Charlie Watts. Il reste encore aujourd’hui une influence majeure pour la jeune génération.

Ces quatre musiciens, véritables figures légendaires du blues, ont légué un patrimoine musical riche dans lequel il est bon de se replonger.

Guillaume.

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Dr. John, l’âme soul.


Malcom John Rebennack, alias « Dr. John« , originaire de la Nouvelle-Orléans, est parti sans prévenir au début du mois de juin.

Son allure toujours excentrique, avec des costumes incroyables, parfois surmontés de plumes, sa voix traînante, nasillarde à souhait, le rendait très identifiable et en faisait un personnage à part dans l’univers du jazz, de la soul-music.

Ce pianiste, également chanteur et guitariste, a démarré sa carrière en 1959 avec le double 45 tours Storm Warning / Foolish Little Girl. Il était aussi à l’aise dans les domaines du blues, du rock, du rythm and blues, mais aussi de la musique zydeco. « Mélangeur »de sons très doué, son talent, sa capacité a tout jouer ou presque, lui ont valu de côtoyer la fine fleur des musiciens jazz et rock, des années 70 à aujourd’hui. Il a en effet joué aux côtés de Etta James, B.B. King, Johnny Winter, Eric Clapton… parmi beaucoup d’autres. C’est dire l’éclectisme du bonhomme!

A l’image d’un Elton John (bonne nouvelle pour les amateurs-trices fans de Sir Elton, il viendra nous rendre visite en octobre … 2020, patience!!!), il cultivait une image de musicien excentrique, jovial, fêtard. Le gaillard, prolifique compositeur a écrit une trentaine d’albums !

Son dernier album paru en 2014 (« Ska-Dat-De-Dat » : The spirit of Satch »), est l’ultime preuve de son talent, qui était immense.

Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille de filer découvrir cet artiste particulier, ce compositeur si spécial, dont vous pouvez voir une participation dans le film réalisé par Clint Eastwood, « Piano blues » (2003), qui fait partie de la série produite par Martin Scorsese sur les différents aspects, musiciens, origines du blues. A voir absolument pour les amateurs du genre!!!

Je vous laisse en compagnie Mister Dr. John. Savourez… sans modération !

Guillaume.

Cory Seznec en visite à la médiathèque.


Cory Seznec. Le nom sonne comme un appel à visiter la Bretagne, ses menhirs… pourtant ici il n’en est rien! Le bonhomme en question est un musicien aux origines partagées. Français d’un côté, américain de l’autre (pays de son adolescence). Il sera de passage à la médiathèque le 6 avril prochain, avant son concert le 11 mai en première partie d’Otis Taylor.

L’homme à la casquette et la barbe d’apparence toujours presque naissante accrochée à son visage est un curieux insatiable. Aussi nourrit-il cet appétit de découvertes en tous genres et venants de tous horizons. Que cela soit par le biais du banjo « clawhammer » (arrache- clou), ou par des rencontres avec des banjoïstes adeptes du mode « old-time », Cory Seznec possède en lui l’âme d’un explorateur, aussi n’hésite-t-il pas à parcourir le monde, notamment l’Afrique, pour s’y nourrir de nouvelles sonorités, de nouveaux rythmes, qui plus tard pourront servir de matière à son univers sonore et musical. C’est ainsi qu’il s’initie à la polyrythmie, au jeu très syncopé cher aux guitaristes africains (écouter donc Keziah Jones et vous comprendrez…).

Membre fondateur de 2 groupes, il créé, sur Paris, les Sawmill Sessions, qui est un collectif spécialisé dans la musique bluegrass. Mais Cory Seznec est homme à ne pas tenir en place ni à figer ses influences dans son jeu. Aussi décide-t-il alors de reprendre la route de l’exploration sonore et musicale qu’il chérit tant. Il se rend alors à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie, où il décide de rester pendant 3 ans. Le temps de s’imprégner de la culture  locale et de rencontrer et intégrer 2 groupes locaux, Misto-Misto et Damakaze pour mieux appréhender le mélange des genres et rythmes africains.

En 2016, il fait un voyage au Kenya, accompagné d’un réalisateur de documentaire pour aller à la rencontre des derniers guitaristes Luhya. Ses deux albums, que j’évoquerai dans une prochaine chronique, « Beauty in the dirt » (2014) et donc « Backroad Carnival » (2017), qui sert de support à sa tournée actuelle, ont reçu les éloges de la presse britannique et française. De quoi rassurer le musicien et le renforcer dans sa démarche créative.

Voyageur, conteur, musicien de talent, chanteur, Cory Seznec possède tous les talents.

Avant de le découvrir sur scène 11 mai 2019 en première partie de Otis Taylor, à Fontenay-sous-Bois, venez l’écouter, le rencontrer le samedi 6 avril à la médiathèque Louis Aragon. Un boeuf musical avec la classe de guitare du conservatoire de Fontenay-sous-bois, est également prévu ce jour-là. Autant de raisons de ne pas louper ce moment!

Guillaume.

 

Orville Gibson, le Père d’une guitare devenue mythique.


 

Gibson. Ce nom sonne comme un « classique », au même titre que Marshall, Telecaster, Stradivarius. Les amateurs de rock, jazz, ou chanson française savent bien qu’il s’agit du nom d’un instrument très particulier, la guitare, et de l’une de ses marques représentatives les plus fameuses. Mais qui était donc ce fameux Gibson ? (pour les plus jeunes, sachez qu’il n’a rien à voir avec Mel « Mad Max »- « BraveHeart » Gibson, acteur australien).

Orville H.Gibson, né en 1856 aux Etats-Unis, a crée l’entreprise Gibson en 1902. Avant d’assumer la charge à temps plein au sein de son entreprise de lutherie spécialisée dans la fabrication de guitares, le jeune Orville Gibson s’essaya très tôt à confectionner des guitares et des mandolines, tout en ayant des petits métiers à côté. En 1898, il avait déposé un brevet pour modifier les mandolines, à savoir aplanir le fond de caisse, bomber la table d’harmonie et un allongement significatif du manche. Seulement 2 ans après avoir ouvert sa propre usine de fabrication de guitares, Orville H. Gibson doit céder ses droits sur son brevet à des hommes d’affaires américains. L’aventure s’arrêtera là pour lui.

Dès 1906, les guitares qui sont alors sorties des ateliers Gibson, ne sont plus des modèles créés, fabriquées, par leur inventeur. L’histoire, à priori banale, d’un génial inventeur qui se fait ensuite déposséder de sa création et des droits de regard sur celle-ci, est alors déjà monnaie courante. Depuis cette époque, aujourd’hui lointaine, le nom de Gisbon est devenu mythique chez les plus grands noms de la guitare du 20ème siècle et d’aujourd’hui. Les mondes du blues, bien sûr, du jazz, et du rock, regorgent de musiciens célèbres ayant exercé leur talent ou se produisant encore sur les scènes du monde entier. Pour exemple, voici quelques noms :

Parmi les bluesmen et jazzmen vous trouverez Robert Johnson (artiste auquel le dessinateur Mezzo a consacré une superbe bande dessinée (« Love in Vain », aux éditions Glénat, en compagnie de son complice Jean-Michel Dupont, qu’ils étaient venus présentés en 2016, et auquel le guitariste fontenaysien Michel Seban avait également rendu hommage lors d’un kiosque), Albert King, Freddie King, Eric Clapton, T-Bone Walker, Larry Carlton, Charlie Christian, Wes Montgomery entre autres. Dans l’univers du rock, on peut citer Jeff Beck (Yardbirds, Jeff Beck Group), Chuck Berry, Ritchie Blackmore (Deep Purple, Rainbow), Angus Young (ACDC), The Edge (U2), Peter Frampton (Humbe Pie), Ace Frehley (Kiss), Billy Gibbons (ZZ Top), Gary Moore (Thin Lizzy), David Gilmour (Pink Floyd), Jimi Hendrix (Jimi Hendrix Experience), Jimmy Page (Led Zeppelin), Joe Perry (Aerosmith), Keith Richards (Rolling Stones). Chez les guitaristes français je citerai surtout Louis Bertignac (Téléphone, Les Insus) et Paul Personne. Toutes ces personnalités ont donc eu le privilège d’avoir en main un des modèles de guitare Gibson. Certains d’entre eux possèdent des exemplaires « signées » de leu nom. Le plus célèbre étant Les Paul  devenue au fil des années un objet de convoitise et d’adoration pour tout guitariste qui se respecte. Un modèle à part. Unique.

Je vous laisse avec une belle brochette d’as de la 6-cordes en mode Gibson Majeur. Savourez!!!!

Guillaume.

 

 

 

Tom Petty, figure de la country.


Alors que l’Amérique était plongée dans l’horreur début octobre lors d’un concert folk country devant le casino Mandalay Bay de Las Vegas, autrefois haut lieu des soirées du Rat Pack, Tom Petty , musicien discret et talentueux, figure emblématique de la musique folk et de la culture américaine, est décédé brutalement, à 67 ans (il allait les fêter le 20 octobre prochain) seulement, suite à une crise cardiaque.

En 40 ans de carrière, Tom Petty aura enregistré une vingtaine d’albums avec son groupe, les Heartbreakers, sur la période 1976-2014, et enregistré 3 albums solos (« Full moon fever », 1989 ; « Wildflowers », 1994 ; « Highway Companion », 2006), sans oublier les 3 albums enregistrés avec les Traveling Wilburys, groupe comprenant également Jeff Lynne, Bob Dylan, Roy Orbison, George Harrison. A noter qu’il a aidé, en 1989, au démarrage de la carrière d’un jeune musicien, nommé Lenny Kravitz,  en le prenant en première partie de sa tournée du moment. Le jeune musicien a bénéficié de la bienveillance et des conseils de l’Oncle Tom, ou du Major Tom, comme dirait David Bowie.

Homme à l’allure juvénile, sa voix nasillarde et son jeu de guitare simple et efficace, en plus de talent d’auteur de chanson, firent de lui une figure majeur de la musique américaine ces 40 dernières années. Folk, country, blues parfois, ne refusant que rarement une apparirion sur scène lors d’évènements ou d’hommage à des confrères guitaristes-chanteurs, histoire de faire le bœuf comme on dit, Tom Petty se baladait entre les styles, les étiquettes, tout en revendiquant un amour sincère pour la culture populaire américaine. Il était un musicien apprécié et reconnu par le monde la musique.

Il nous reste à réécouter ses disques, sa musique. Je vous ai concocté une petite sélection.

A savourer. A réécouter.

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

 

Dans la chaleur du Blues du Mississippi…


mississippiheat_pochetteAprès avoir eu un line-up nombreux et évolutif depuis sa création (1992), Mississippi Heat est aujourd’hui un quintet emmené vocalement notamment  par Inetta Visor. « Cab Driving Man » (« Chauffeur de Taxi »), est le 12ème album de ce combo qui n’a qu’une seule devise :  Le blues, rien que le blues, surtout le blues. Celui issu du berceau que constituent Chicago, La Nouvelle-Orléans, et le Mississippi.

Le moins que je puisse dire, c’est que d’entrée de jeu, le quintet donne le ton, la couleur blues est belle et bien là… !

Donc Mississippi Heat nous sert de « Cab Driving Man« , nous promène sur les rives du Mississippi, entre la Nouvelle-Orléans, Chicago, aux sons du boogie, du blues, de ces morceaux aux sons gras qui enchantent nos oreilles, ici au moins les miennes. Une ballade en 16 titres, qui fleure bon l’ambiance de Bourbon Street à Chicago, des bars-club où de nombreux groupes locaux s’évertuent à faire vivre l’histoire de cette musique, de ce patrimoine culturel, historique, que représente aujourd’hui le Blues. Chaque piste est jubilatoire à écouter, découvrir. Des arrangements riches, variés, avec toujours ce swing au milieu du jeu, qui donnent à ce disque une fraîcheur, une saveur particulière. Du blues qui ne donne pas le cafard!

Autour des voix de Inetta Visor, Giles Corey, Michael Dotson, racontant les misères du quotidien, les musiciens (tous excellents) vous emmènent sur les rives de ces contrées qui a vu naître, dans la douleur d’un esclavage mis en place dans les plantations du Sud et dans les champs de cotons, cette musique (Le blues) qui allait devenir la base de tout ce qu’on écoute aujourd’hui : Le gospel, le blues urbain, le blues-rock, la soul music, le rhythm and blues, la funk music, le rock, le rap, le R’n’B. Le Blues a fait des petits… qui sont devenus grands et qui ont accouchés de nombreux artistes de talents depuis ces 90 dernières années!

Oui « Cab Driving Man » est un disque revigorant, bourré de rythmiques entrainantes, de blues bien gras, dans la veine de ce que faisaient les Pères du Genre. Un régal! Alors, que ce soit pour les longues soirée d’hiver au coin du feu de cheminée, pour faire la route, ou tout simplement pour profiter d’un moment, ce disque est tout indiqué!
Laissez-vous guider sur les rives du Blues, le voyage n’en sera que plus agréable.

Guillaume.

1976-2016 : 40 ans après, le Punk est toujours vivant!


punk_imagePour beaucoup, le mouvement musical punk est né en angleterre, au milieu des années 70’s (1976 pour être exact), à une période où l’économie était (déjà) très en difficulté. Comme dirait le regretté Coluche (punk à sa manière, selon moi) : « c’est une « erreur graaaave »!

En effet, c’est aux Etats-Unis, à la fin des 60’s, que ce courant musical a vu le jour. Cette dénomination est née de l’imagination d’un critique de rock américain, pour identifier ce nouveau courant musical, désignant en fait les garage bands (groupes qui jouaient dans les garages), et le son très particulier  des guitares électriques. Les groupes comme Sonics, 13th Floor Elevator, The Stooges (cher à Iggy Pop) étaient à l’époque les plus représentatifs.

En Angleterre, le mouvement s’est installé au milieu des années 70’s, jusqu’au début des années 80, alors que la société va très mal. Comme un besoin de révolte, de contestation, les groupes punks se montrent virulents, tels les Sex Pistols avec le fameux « Anarchy in the U.K. ». D’autres, comme les Clash de Joe Strummer, Stiff Little Fingers, The Ramones (dont il ne reste aucun membre vivant aujourd’hui), ou les Buzzcocks, sont apparus à cette occasion. Beaucoup de ces groupes feront d’ailleurs carrière.

En France, le mouvement punk, s’il apparaît dès 1974, inspiré de Lou Reed, des Stooges, des New York Dolls. Le label Skydog, qui produira Bijou, sera à l’origine du festival Punk de Mont-de-Marsan, en 1976-1977. Suite au passage des Sex Pistols au Châlet du Lac, en 1976, la scène française émerge vraiment, dès 1977. Asphalte Jungle, Starshooter (dont fit partie le chanteur Kent), Stinky Toys, puis la Souris Déglinguée dès 1979, et par la suite Les Béruriers Noirs, Lucrate Milk, OTH, Oberkampf, Les Sheriff, constitueront la scène punk française. Dans les années 90-2000, une version hardcore du punk va naître, avec comme fer de lance les Tagada Jones, Les Sales Majestés, groupes fortement influencés par la scène punk californienne de l’époque. Ces dernières années, Les Wampas et Ludwig Von 88 ont été les têtes d’affiches de ce courant musical sur les scènes françaises et internationales.

En 2016, la musique punk, son caractère révolté, contestataire, continue d’exister. C’est une très bonne nouvelle!

Guillaume.

Dylan Prix Nobel de Littérature !!! ???


bob-dylanBOB DYLAN !!! Qui l’eût cru ? Oui vous ne rêvez pas ! C’est bien Robert Zimmerman, alias Bob Dylan,  qui s’est vu récemment attribué rien moins que le Prix Nobel de Littérature 2016 ! La nouvelle, en date de jeudi 13 octobre a été salué par certains, mais également surpris, décontenancé le monde des lettres, aux Etats-Unis, bien sûr, mais ailleurs aussi dans le monde !

Si depuis plus de 50 ans, Bob Dylan régale son public de ses chansons contestataires (apparu dans les années 60 aux côtés de Joan Baez, notamment), le chanteur américain, qui a fédéré un large public, malgré une voix nasillarde, et une qualité d’instrumentiste sans être un virtuose de la 6 cordes, j’avoue que l’annonce du comité Nobel, pour décerner le prix Littéraire de l’année 2016,  a suscité chez moi un étonnement, mêlé d’incompréhension.

Car si l’œuvre composée par Bob Dylan est considérable, s’il a contribué, au même titre que Neil Young ou Johnny Cash, au développement et à la reconnaissance de la chanson, de la culture américaine, dans les années 60, 70, devenant une véritable icône des nostalgiques de cette période bénie, il n’a jamais été considéré, de près comme de loin, par le monde de la culture américaine, voire européenne, comme un véritable écrivain, développant une œuvre au fil des années, des décennies. Ses chansons sont parfois étudiées dans les universités, son répertoire adapté, repris, lui garantissant un écho maximal. Venu du folk, en vogue dans les années 60, il a traversé les genres et les décennies, en se nourissant de country, blues, pop… un vrai caméléon. En 1988, suite à une session d’enregistrement initialement prévue par George Harrison, pour la chanson « Handle with care », il fit un temps partie d’un groupe, Traveling Wilburys, qui regroupait rien moins que Jeff Lynne, Roy Orbison, George Harrison et Tom Petty !!!…

Auteur-compositeur-interprète depuis 1962 (37 albums en 55 ans de carrière), parfois acteur (15 films, dont « Pat Garrett et Billy the Kid », au côté de Robert Redford ; « Eat the Document », 1973 ; « Renaldo et Clara », « The Last Waltz », 1978), ses chansons, son allure bohême, gardant un avis aiguisé sur la culture américaine, il n’est pour autant pas un écrivain, au sens premier du terme. Chanteur-auteur, il est considéré, à l’image d’un Jim Morrison (Doors), ou d’un Bruce Springsteen, comme un poète, pour la qualité de son écriture. « Blowin in the Wind », « Knockin’ on Heaven’s door », « Just like a woman », « Like a rollin’ stone » ou encore « desolation row » font partie des classiques de son répertoire.

Donc, côté livres, là, c’est morne plaine. Bien sûr, comme nombre de grandes figures contemporaines de la culture américaine, Bob Dylan a été l’objet de biographies, notamment celle de Robert Shelton « Bob Dylan, sa vie, sa musique » (Editions Albin Michel, 1987), ou d’un recueil de ses écrits sur la période 1968-2010, par Greil Marcus « Bob Dylan Writings » (Editions Faber & Faber, 2011). Mais jamais il n’a pris le temps d’écrire un livre, un roman, un essai. Alors, cette attribution, fruit d’un lobbying intense ? ou volonté affichée de saluer un artiste important de la seconde moitié du 20ème siècle ? Sans doute un peu des deux… mais que penseront alors les écrivains contemporains américains ou non, dont l’œuvre considérable aurait sans nul doute mérité une reconnaissance officielle après celle du public ?

A 75 ans, voilà Bob Dylan panthéonisé de son vivant par ce prix Nobel de Littérature. Voilà qui fera sans doute jaser, jetant un (petit) voile de discrédit sur le sérieux de cette institution.

Parmi les albums de référence, je citerai « Blonde on Blonde » (1966) ; « Desire » (1976) ; « Slow Train Coming » (1979) ; « Oh mercy » (1989) ; « Love and theft » (2001).

Guillaume.

 

 

Pura Fé, gardienne de la culture Indienne.


PuraFéIndienne_imageLa chanteuse-guitariste américaine d’origine indienne, Pura Fé, suite à la parution en 2015 de son dernier album « Sacred Seed« , viendra donner un concert le 11 mars prochain à l’Espace Gérard Philipe, à Fontenay.

Egalement poète, danseuse, enseignante, compositrice, Pura Fé, issue du peuple Tuscarora par sa mère(chanteuse classique qui a travaillé avec Duke Ellington), et du peuple Taino par son père, milite avec force pour la reconnaissance de l’identité et la mémoire de la culture des « Natives americans », indiens d’Amérique.

Depuis 1994 avec « Condor meets Eagle » (dont le morceau titre est un pont avec la culture des indiens d’amérique du sud, par un chant d’invocation juste accompagné à la guitare et à la percussion), elle défend sa culture, celles de ses ancêtre, comme celle des indiens d’Amérique du Sud.  « Tuscarora Nation Blues » (2006), « Hold the rain »(2007), « Full Moon Rising » (2009), « Caution to the Wind » (2013), avant le récent « Sacred Seed » que l’on peut traduire par les « Germes Sacrés », au sens de la Terre Sacrée),  paru en 2015. Dans son répertoire, elle mélange avec bonheur et talent  les chants traditionnels indiens, la culture folk, le blues, les instruments sud-américains (flûte de pan notamment), et la parole slamée, à la manière du rap. Elle raconte la vie, avec ses bonheurs, ses souffrances, individuelles ou collectives (celles du peuple indien, d’abord massacré, puis parqué, encore aujourd’hui dans certaines réserves aux Etats-Unis). Une démarche militante, citoyenne, qui tient une large place dans la vie et la démarche musicale de Pura Fé. L’univers métissé de cet artiste singulière, est un appel à la tolérance, au respect des anciens, de la terre de ses racines. Nul doute que le concert du 11 mars sera un moment fort, riche en partage, en émotions.

Alors, si vous aimez les belles voix, les fortes personnalités, le mélange des genres musicaux, n’hésitez pas, venez découvrir cette musicienne!

Guillaume.

 

 

Rock au Féminin ? Yes, Girl Power!


JanisJOplin_imageL’histoire du rock, depuis les années 50, après l’apparition renversante et bouleversante du jeune Elvis Presley, qui changera la face de la musique populaire américaine, si elle est dominé par la gente masculine, a vu, au tournant des années 70, puis dans les décennies suivantes jusqu’à aujourd’hui, apparaître, s’installer, auprès du public, des figures féminines à fortes personnalités. La première d’entre elles fut la comète Janis Joplin. Sa personnalité, sa voix si particulière, allait constituer un tournant dans l’univers du rock. Elle serait la première à être traitée à égalité avec ses confrères Joe Cocker, Carlos Santana, les Beatles, les Stones, Jimi Hendrix et j’en passe… sa carrière, météorique (elle est morte à seulement 27 ans!) aura marqué les esprits et ouvert la voie à d’autres chanteuses qui, soit en solo, soit en leader de groupes, vont inscrire leurs noms au panthéon de l’histoire du rock :

Chrissie Hynde (Pretenders), Joan Jett (Heartbreakers), Wendy O Williams (chanteuse des Plasmatics), puis par la suite Patti Smith, Deborah Harry (Blondie), Nina Hagen, Kim Wilde, Pat Benatar, et plus près de nous, Cindy Lauper, Siouxie and The Banshees, Annie Lennox (Eurythmics) The Corrs, Courtney Love (Hole), Beth Ditto (Gossip) se sont progressivement imposées, fait une place dans ce monde de la musique rock. Outre la pop-music, le monde du hard-rock-et du heavy metal ont vu progressivement  l’arrivée des femmes dans cet univers ultra macho : Doro Pesch, dans les années 80, puis  Sharon Den Adel (Within Temptation), Simone Simons (Epica), dans le courant des années 1990-2000, se sont imposés au sein de groupes majoritairement composés d’hommes. Côté français me direz-vous….? Eh bien, il a fallu attendre les années 80 durant lesquelles seules ont émergées Catherine Ringer (Rita Mitsouko), Buzy, puis les années 90’s et 2000’s pour voir apparaître sur le devant de la scène Adrienne Pauly, La Grande Sophie, Jennifer Ayache (Superbus), Katerine Gierak (Mademoiselle K), ou Izia Higelin. N’en déplaise aux machos, aux tenants d’un rock qui serait exclusivement masculin, les femmes font aujourd’hui partie, et de la plus belle des manières, de l’univers musical rock… ET C’EST TANT MIEUX!

La révolution, initiée par Janis Joplin à l’orée des 70’s, a porté ses fruits et permis de révéler des personnalités fortes, de grands talents, des compositrices ou vocalistes de haute tenue!

VIVE LE ROCK AU FEMININ!

Guillaume.

Les Paul, pionnier d’une guitare légendaire (Gibson LesPaul)


LesPaul_image Quel est donc le point commun entre Les Paul (de son vrai nom Lester William Polsfuss),  né en 1915 aux Etats-Unis, et des guitaristes tels que Robert Johnson, Eric Clapton, Keith Richards, Paul Personne, Louis Bertignac, ou Bob Marley… parmi tant d’autres?

La réponse tient dans un modèle de guitare de la marque Gibson, qui depuis 1952, porte son nom, la fameuse Gibson LesPaul SG.

Après avoir testé l’harmonica puis le piano dès son plus jeune âge, Les Paul achète sa première guitare à l’âge de 12 ans, pour la modique somme de 5 dollars.

A 13 ans, il est un musicien semi-professionnel et à 17 ans, il intègre un groupe de country-music, le Rube Tronson’s Cowboys. Peu de temps après il quitte l’école pour devenir un musicien professionnel.

Musicien précoce, Les Paul s’avère aussi curieux pour tout ce qui touche aux instruments et aux méthodes d’enregistrement. A la fin des années 30, après des expériences en radios locales, dans des shows télé américains, il met au point une guitare « solidbody » (corps plein), qui portera le nom de « la Bûche », dans les locaux de la marque Epiphone. Au début des années 40, il accompagne Nat King Cole puis Bing Crosby.

En 1946 il signe avec la marque Gibson. Peu de temps après, soutenu financièrement par Crosby, Les Paul se lance dans les expérimentations et met au point le premier magnétophone multipistes, issu des ateliers de la marque Ampex (1947).

En 1949, il rencontre une chanteuse, Mary Ford, avec qui il formera un duo pendant 15 ans. Le duo connaitra  le succès avec « How High the Moon » en 1951, puis « May God be with you » en 1953. Ils cesseront de se produire ensemble en 1963.

En 1952, la marque Gibson lui fait signer un contrat lui proposant de développer une guitare qui porterait son nom. Acceptant l’idée puis demandant finalement que cela ne soit pas fait, Gibson passe outre. Le modèle Gibson « LesPaul » est né, faisant la fortune et la renommée du guitariste.

En 2009, Les Paul  s’éteint à 94 ans, laissant derrière lui un nom à jamais associé à un instrument qui fait désormais partie de l’histoire de la musique du 20ème siècle.

Ce modèle et ses héritières, nombre de guitaristes de rock, jazz, reggae ou blues, ont décidé d’en acquérir une, influencés par le son spécial autant que la forme de l’instrument. Parmi les plus célèbres détenteurs de Gibson LesPaul SG ou ses suivantes, on peut citer les bluesmen Robert Johnson, Albert Freddie et BB King, Eric Clapton, mais également l’icône du reaggae jamaïquain Bob Marley, les stoniens Mick Taylor et Keith Richards, les français Paul Personne, Louis Bertignac, sans oublier Mick Mars (Motley Crüe), The Edge (U2), David Gilmour (Pink Floyd) et Pete Townsend (The Who) parmi beaucoup d’autres!

Alors si vous souhaitez  écouter, découvrir cette guitare légendaire et qui traverse les générations et les styles musicaux, faites-le en écoutant  les musiciens nommés ci-dessus.

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

Hubert Dupont, mélangeur d’univers


VOXXL_imageDepuis très longtemps déjà Hubert Dupont, contrebassiste, aime à mélanger les univers sonores, rythmiques. Son parcours musical, les formes musicales utilisées, (trio, fanfare, quartet, quintette)  montrent l’éclectisme chevillé au corps de ce contrebassiste.

http://www.hubertdupont.com/

Son nouveau projet musical « Vox XL« , enregistré en 2014 et présenté le 6 février dernier à Musiques au Comptoir, en est la nouvelle preuve.

Soir de grand froid, je décidais d’aller écouter Hubert Dupont et ses complices, à Musiques au Comptoir. Bien m’en pris puisque ce sextet proposa au public présent une promenade toute en subtilité et talent, allant des Etats-Unis à l’Afrique, en passant par le Moyen-Orient, sans oublier l’Europe évidemment !

Venus d’horizons divers, sous la direction discrète mais efficace d’Hubert Dupont,  ses complices mélangèrent avec bonheur le spoken-word de l’américain Mike Ladd, au rap en langue wolof du sénégalais Ibrahima Diassé, en passant par les mélopées moyen-orientales de la flûtiste traversière Naissam Jalal, le tout donnant un jazz-fusion très inventif, aérien, subtil, qui fait voyager l’auditeur.

Les joutes verbales entre Ibrahima Diassé et Mike Ladd, ce dialogue Nord-Sud, sur fonds de musique jazz métissé très élaboré, étaient un régal. Joie de jouer, de partager, d’être là, simplement!

Ce soir-là, le public présent a passé un beau moment, plein de chaleur humaine, de partage. Un voyage interculturel et riche de sonorités diverses. Ce langage universel qu’est la musique a pris tout son sens ce soir-là. 90 minutes d’un bonheur partagé, sentiment précieux par les temps qui courent.

« Vox XL » est un objet musical identifié, à découvrir en urgence, à savourer sans modération.

Guillaume.

Slash… n’a plus le feu sacré !


Slash, ancien membre de Gun’s ‘n’ Roses, groupe de hard-blues-rock dans les années 90, mène depuis cette période une carrière en solo, voire solitaire. Pour son nouvel album World on fire, ce talentueux manieur de cordes s’est adjoint les services de Myles Kennedy au chant, et du duo Todd Kerns (basse/ chant) Brent Fritz (batterie, percussions, claviers).

Le résultat, s’il est bien mis en boîte, n’est guère novateur tant dans les compositions proposées, que dans le jeu de guitare de l’homme au chapeau haut de forme. Les titres (17 au total !!! à croire que Slash avait des tiroirs à vider…) s’enchaînent et franchement rien ne se détache, ne survole le lot. L’auditeur que je suis, pourtant fan de ce musicien, s’en trouve déçu.

Cela sonne comme un retour dans les années 80-90, un son gras, des morceaux qui se ressemblent, sans réelle inventivité. Ayant écouté des groupes tels Ratt, Poison, White Lion ou Mötley Crüe à cette époque, je ne trouve rien de très différent, si ce n’est la date de publication de l’album…!! c’est dire !! Où est donc passé le jeu flamboyant, virevoltant, subtil de Slash…? apparemment, il l’a oublié ou pire, perdu en route… se contentant d’assurer, certes proprement, le service minimum.  Ses acolytes se donnent à fond, mais jamais cela ne décolle… jamais ! Et à ce compte-là, 17 morceaux à écouter, c’est beaucoup… trop !!!!

Alors Mr Slash, votre monde est peut-être en feu, mais vous, vous avez perdu le Feu… Sacré !!! Dommage !!!

Guillaume.