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Il était une fois… 1984!


Cette année-là, je fête joyeusement mes 17 printemps. C’est aussi pour moi la période où je fréquente beaucoup deux amis prénommés Franck, ainsi qu’un autre prénommé Frédéric, qui vit du côté de Châtillon. A côté de cette anecdote, l’année 1984 (titre du fameux roman futuriste de George Orwell) est remplie de faits marquants en tous genres : Une fois n’est pas coutume, je commencerai par la victoire de l’Equipe de France, menée par le duo Hidalgo-Platini, lors de l’Euro de Football, première grande compétition sportive organisée en France depuis très longtemps. Les autres temps forts en France, seront notamment l’adoption de la loi Savary visant à réformer et fusionner l’école publique et privée, ce qui donne lieux à de grandes manifestations et une opposition musclée de la part des catholiques. Le président Mitterrand demandera le retrait de la loi, s’en suivra la démission de Savary, puis un changement de gouvernement et de premier ministre. Laurent Fabius succèdera à Pierre Mauroy. Une loi est voté permettant aux étrangers d’avoir une carte de séjour pour 10 ans.
Dans les médias, naissance, avec l’aval du président, de la première chaîne privée payante, Canal +, dirigée par l’un des ses anciens conseillers, André Rousselet. Dans le secteur économique, la barre des 2,5 millions de chômeurs est atteinte!. C’est aussi l’année de la tuerie de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. 10 militants Kanaks seront tués. Au cinéma, 3 films retiennent l’attention lors de leur sortie : « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone, « Scarface » de Brian de Palma, « Et vogue le navire » signé Federico Fellini. Côté cinéma français, c’est le film « Rive droite rive gauche » avec le duo Gérard Depardieu-Carole Bouquet, qui connait un gros succès. Au rayon des disparu.e.s célèbres de l’année, on peut citer le réalisateur François Truffaut, l’actrice Pascale Ogier, le philosophe Michel Foucault.

Place à l’histoire inventée.

L’homme, est assit à une terrasse, en plein soleil, dans Smalltown City, un bled paumé du nord de l’Europe. La silhouette massive, le regard perçant, tel est cet homme, prénommé Kirk. Dehors, l’agitation bat son plein. Des caravanes de touristes se préparent pour des expéditions vers le grand  froid, celui de l’Arctique et ses températures polaires.

Kirk traine sa carcasse lourde comme fatiguée d’une vie harassante de bûcheron et marquée d’expériences amoureuses plus ou moins longues, l’une d’entre elle, avec une femme nommée Pietra, brune italienne, qui l’a fortement marqué.

Kirk, devant ce vacarme de la rue, décide de repartir chez lui, loin de la ville, dans une maison située en bord de la nature sauvage. Une maison de bois à la décoration minimaliste.

Chaque matin, il s’exclame « Dieu que c’est beau »! Ce rituel quotidien lui permet de savourer son extraction volontaire  de la folie des hommes, du bruit, de la violence de la circulation routière. Anciennement résident à Hong-Kong pendant 20 ans, où il menait carrière dans cet antre de bruit permanent, il avait décidé de rompre avec cette vie.

Dans ce décor où le vent vient siffler le long des fenêtres très souvent, et où la pluie est presque omniprésente,  Kirk se sent comme un poisson dans l’eau. D’ailleurs,  propriétaire d’un petit bateau de pêche,  il ne perd jamais une occasion de sortir en mer taquiner les poissons,  poser des filets.
Dans le clin, depuis le temps, sa réputation le précède. Au point que des pêcheurs du coin demandent à pouvoir l’accompagner. Le bougre accepte,  ça lui changera sa routine.

Mais, outre la pêche, la nature, Kirk vous une véritable passion pour le foot. Jeune, il a manqué une carrière à cause d’un accident de santé. Mais la passion est restée. Intacte.

Malheureusement,  faute d’argent suffisamment gagné,  il n’a pu se rendre en France pour assister a des matches de l’Euro 84, dans lequel, la bande à Platini, sous la houlette de son sélectionneur Michel Hidalgo, forts d’un remarquable parcours,  battra en finale l’Espagne des Sanchis,  Michel, Butragueno, Arconada, sur le score de 2-0. Une symphonie fantastique en apothéose d’un tournoi parfait.

Oui Kirk à loupé tout cela.
Il s’est fait une promesse, ne pas rater le prochain,  qui aura lieu dans 4 ans en Belgique et aux Pays-Bas.

Je vous laisse avec la playlist de l’année 1984, qui vous rappellera sans doute de nombreux souvenirs.

Guillaume.
PS: j’ai volontairement changé la fin de l’histoire,  pour rendre saluer Michel Hidalgo, qui fut donc sélectionneur de l’équipe de France pendant 9 ans, et à qui je dois mes premières émotions de  jeune supporter de football.

François Truffaut-Georges Delerue, 2 talents associés.


Pour la cinquième fois, je vais évoquer un duo associant un réalisateur et un compositeur de musiques de films. Après avoir parlé du duo Luc Besson-Eric Serra, je vais revenir dans les années 60-70 avec la paire François Truffaut-Georges Delerue.

Né à Paris en 1932, François Truffaut d’une fille mère issu de milieu catholique fervent, puis confié à une nourrice. En 1933, sa mère rencontre et épouse Roland Truffaut qui reconnaît l’enfant civilement. Le jeune Truffaut est ensuite, à l’êge de 3 ans, confié à ses grands-parents, qui habitent en bas de Montmartre, à deux pas de chez ses parents. A 7 ans, passionné par la lecture et le cinéma qu’il fréquente plus que souvent, y compris pendant le temps d’école, il dévore tout ce qui concerne Jean Renoir, René Clair, Jean Vigo, Claude Autant-Lara, Jean Cocteau ou Yves Allégret.

Quand sa grand-mère maternelle décède, en 1942, Truffaut réintègre le domicile parental qui se trouve non loin de celui d’un jeune chanteur qui fera une immense carrière : Charles Aznavour. Le hasard fera que 18 ans plus tard, ce dernier sera le personnage principal de « Tirez sur le pianiste ». A 12 ans seulement, il fait ses premiers « 400 coups » au Lycée Rollin. Apprenant la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, il est bouleversé et devient fugueur. Il fréquente alors les salles obscures des cinémas de Pigalle.

Après une enfance et adolescence difficile, ballotté entre parents, nourrice et grands-parents, puis la révélation de la vérité sur sa naissance à la lecture d’un carnet de son père, Truffaut se réfugie dans les cinémas. Puis vient à fonder un cinéclub, sur les conseils d’André Bazin, qu’il retrouvera quelques mois plus tard, au sein de la revue Travail et culture ». En 1959, Truffaut démarre la saga des aventures du personnage d’Antoine Doinel avec le film « les 400 coups » avec le jeune comédien Jean-Pierre Léaud. Ce film obtiendra d’ailleurs le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année. La suite, ce sera « Antoine et Colette »(1962), « Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970) et « l’amour en fuite » (1979).

Henri-Pierre Roché auteur de « Jules et Jim », « Deux anglaises et le continent » verra François Truffaut adapter ses deux romans. Il se basera, pour ces adaptations,  sur les notes laissées à sa veuve. François Truffaut, tout au long de sa filmographie, a fait tourner et parfois débuter devant sa caméra, les plus grandes actrices françaises ou américaines. Jugez plutôt :

Claude Jade (« Baisers volés »(1968), « Domicile conjugal »(1970), « L’amour en fuite »(1979), Nathalie Baye (début dans « La nuit américaine »,1973, rôle titre dans « La chambre verte », Isabelle Adjani dans « L’histoire d’Adèle H »(1975), Jacqueline Bisset dans « La nuit américaine »(1975), avec la jeune débutante Nathalie Baye. Catherine Deneuve dans « La sirène du Mississippi »(1969), « Le dernier métro »(1980), Marie-France Pisier fit ses débuts à 17 ans dans « Antoine et Colette »(1962). Fanny Ardant, qui fut son dernier amour, joua dans « La femme d’à côté »(1981) et « Vivement dimanche »(1983).

Côté acteurs, il y eut bien sûr Jean-Pierre Léaud dans « Les 400 coups »(1959), « Antoine et Colette », « Baisers volés », « Domicile conjugal », Jean-Paul Belmondo (« La sirène du Mississippi »), Jean-François Stévenin, lui, fut son assistant et joua dans « l’Argent de poche » et « La nuit américaine », Gérard Depardieu dans « La femme d’à côté », « Le dernier métro « , Jean-Louis Trintignant dans « Vivement dimanche ». Vous le voyez, un éventail de comédien.n.e.s très large. Disparu en 1984, François Truffaut laisse une oeuvre très riche et des films devenus des classiques du cinéma.

Georges Delerue, naît à Roubaix en 1925, au sein d’une famille qui aime la musique. Son père, contremaître dans une usine et sa mère, qui parfois chante des airs de Gounod ou Bizet tout en jouant au piano, emmènent leur fils assez souvent au cinéma. Un déclic et la naissance d’une passion qui le conduira à en faire son métier.

En 1939, alors élève dans une école formant aux métiers de la métallurgie, sa mère décide de l’inscrire au Conservatoire. Il y apprend la clarinette, sans plaisir. A 14 ans, il stoppe tout et retourne à l’usine pour aider sa famille. Des études de solfège au Conservatoire, une admission en classe de piano lui permettront de découvrir des compositeurs comme Bach, Mozart, Chopin, Beethoven.

1945 est un tournant. Auréolé de 3 premiers prix de Conservatoire à Roubaix (clarinette, piano, harmonie), il rentre au Conservatoire de Paris. Quatre ans plus tard, il remporte le premier prix de composition.

En 1952, Georges Delerue obtient le poste de compositeur et chef d’orchestre à la Radiodiffusion française. Créateur du Conservatoire de Nancy en1957, deux ans plus tard, sur les conseils de Darius Milhaud, il se lance dans la composition pour le cinéma, avec « Hiroshima mon amour »d’alain Resnais (1959). Dans les années 60, en plein mouvement de la Nouvelle Vague, Delerue fera deux rencontres qui vont faire basculer son destin, celles de François Truffaut et Jean-Luc Godard. Il composera pour le premier la musique de « Jules et Jim », et pour le second celle du film « Le Mépris ». Ces deux films obtiendront un tel succès à l’étranger que Georges Delerue verra son statut de compositeur changer. Il est désormais un musicien qui compte, un compositeur que l’on s’arrache.

Georges Delerue verra son travail salué et récompensé à plusieurs reprises. En France, ce sont 3 Césars successifs en 1979, 1980 et 1981 pour respectivement les films « Préparez vos mouchoirs », « L’amour en fuite », et « Le dernier Métro ».  Aux Etats-Unis, c’est pour le film « I love you, je t’aime » qu’il recevra un Oscar en 1981.

Outre son travail pour les musiques de film, Delerue a aussi composé des musiques au registre plus classique, comme des musiques de chambre, des musiques pour orchestres. Décédé à l’âge de 67 ans, Georges Delerue laisse derrière lui une œuvre musicale considérable, riche, variée.

Le début d’une prodigieuse carrière ornée de 300 musiques de films, dont  outre « Jules et Jim « , « Le mépris », il signera « Le corniaud », « Le cerveau », « Platoon », »Le dernier métro », »Les rois maudits »… et j’en passe.

Outre Francois Truffaut et Jean-Luc Godard, Georges Delerue aura également prêté son talent à des réalisateurs tels que Gérard Oury, Oliver Stone, Claude Barma, Agnès Varda, René Clair, Georges Lautner, Philippe de Broca, Alain Corneau, Bertrand Blier.
Un casting de rêve pour ce compositeur qui côtoiera les plus grands comédiens : Yves Montand, Bourvil, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Louis de Funès, Jacqueline Bisset, Kevin Bacon et bien d’autres encore…

En tous cas,  le travail commun mené par le duo Truffaut-Delerue a laissé en héritage de très beaux films.

Je vous laisse avec un sélection des musiques de Georges Delerue.

Guillaume.

Il était une fois … 1981!


1981 est une année charnière. En France d’abord, puisqu’au mois de mai, François Mitterrand sera élu président de la république. Son élection aura des conséquences importantes sur la vie des français en matière sociale, culturelle, économique. De la mise en place, l’année d’après, des 39 h, de la cinquième semaine de congés, en passant la loi de décentralisation, la mise en place de l’ISF, à l’abolition de la peine de mort, et au remboursement de l’IVG, sans oublier, la loi « Lang » sur le prix unique du livre, l’autorisation des radios locales privées, 1981 est un tournant. Ailleurs dans le monde, il faut retenir : en janvier, l’élection de Ronald Reagan qui succède à Jimmy Carter, comme président des Etats-Unis d’Amérique, ainsi que la libération des 52 otages américains retenus dans l’ambassade américaines à Téhéran. En février l’échec d’un coup d’état en Espagne. L’élection en mars du général Pinochet comme président du Chili, en avril le vol de la première navette spatiale américaine « Columbia » et en mai le décès après une longue grève de la faim de Bobby Sands, jeune opposant politique irlandais. L’assissinat du président égyptien Anour-el-Sadate, lors d’un défilé militaire, en octobre. La déclaration de l’état de siège en Pologne, par le général Jaruzelski, alors à la tête du pays.

Cette année-là, plusieurs personnalités disparaissent : Jean Nohain, animateur de radio et parolier, le chanteur-guitariste de rock américain Bill Haley, le boxeur Joe Louis ( qui avait combattu contre Marcel Cerdan), le chanteur jamaïquain Bob Marley, le réalisateur américain William Wyler ou encore le chef d’orchestre autrichien Karl Böhm, les réalisateurs français François Truffaut, René Clair, Abel Gance et Jean Eustache, le chanteur Georges Brassens.

Place à l’histoire inventée :

Printemps parisien. Je sors du cinéma, avec ma copine du moment, une brune au prénom de Bambou. Avec ses yeux étirés, je la surnomme parfois « Mademoiselle Chang ». Ce cinéma, situé sur les grands boulevards est un endroit magique, une salle énorme. Qui sert aussi pour des concerts, des comédies musicales. Mais là, c’est pour un film, que nous y étions. « Les Aventuriers de L’Arche Perdue », réalisé par Steven Spielberg, avec Harrison Ford (La Guerre des Etoiles….) en vedette. Le film  nous a beaucoup plu.
Décidant de nous promener vers Opéra, Bambou et moi sommes en mode confidences pour confidences. Complices. Un vertige de l’amour nous a envahi lorsque nous nous sommes rencontrés. Depuis, c’est une osmose aussi inexplicable que profonde qui nous lie. Lentement mais sûrement, nous déambulons vers la place de l’Opéra, puis nous orientons vers les quais, au niveau de la Concorde, en passant par la Madeleine.
La nuit tombante suit nos pas, comme un manteau doux sur nos épaules amoureuses. Dans l’air ce soir, flotte un parfum léger. Bambou ne se sépare jamais de son walkman (ça vous rappelle des souvenirs?) et de son petit casque. Arrivés en bas des Champs -Elysées, nous nous asseyons sur un banc. Ma chérie me dit alors : « Diego, te souviens-tu de ces chansons? « Start me up », « Every little thing she does is magic », « Waiting for a girl like you »?. Je souris en guise de réponse. Sans un mot, juste les yeux dans les yeux. Après ce doux moment musical, nous reprenons notre marche dans Paris et nos échanges.

C’est alors que Bambou me demande si je connais l’Irlande, le Connemara. Je lui réponds que non. Bambou évoque alors ce pays qu’elle adore.
Je lui connais une passion pour Rory Gallagher, U2, Oscar Wilde, George Bernard Shaw ou les comédiens Colin Farrell, Daniel Day-Lewis. A ses mots, je comprend alors que cela la décevrait profondément si je refusais de l’y accompagner. Face à sa détermination, et parce que je l’aime, je craque. Un sourire illumine son visage. Elle me dit alors que deux de ses amies, Kim et Barbara, qui sont allées là-bas en 1980, ont adorées. Leur compte-rendu de voyage l’a convaincu d’y aller dans un futur plus ou moins proche. A deux de préférence. Avec moi évidemment, même si pour le moment je résiste à cette idée.
La soirée avance, et nos corps marcheurs nous signalent que l’heure du ravitaillement est enfin venue. Nous trouvons une brasserie, nous y installons. Une serveuse aux yeux de Bettie Davies prend notre commande. Bambou et moi savourons ces instants, dans ce cadre chic, parfait pour roucouler ou accueillir des touristes du monde entier. Nous sommes heureux.

Décision est prise de s’en occuper dès demain, pour une possible virée dès l’été. A mon tour, je lui exprime des envies d’ailleurs, d’espaces. Elle le sait, je rêve des Etats-Unis, de m’y installer. Death Valley, Monument Valley, Grand Canyon, ces grands espaces me font rêver. C’est sans lié aussi aux westerns avec John Wayne, Gary Cooper ou James Stewart, que j’ai vu dans mon adolescence. Moi qui adore la nature à l’état pur, le silence. Comme le dit un chanteur français, je rêve d’être un homme libre. Un monde sans héros, sans chasseur d’or dans le coin. Juste le calme, les animaux sauvages, la sérénité.
Dans ce pays, grande ville ou bled paumé, la musique, omniprésente, est bonne. Jazz, blues, country, soul music, funk, rock, hard-rock sans omettre le rap bien sûr. De Louis Armstrong à Prince en passant par Robert Johnson, B.B. King, Johnny Cash, Gene Kelly, les comédies musicales, Aretha Franklin, Billie Holiday, Stevie Wonder, Harry Connick Jr. , Andserson Paak, Kendrick Lamar, Grover Washington, Van Halen, Aerosmith.
Pays de cinéma aussi, Hollywood, Orson Welles, Charlie Chaplin, Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Clint Eastwood, Martin Scorsese, Robert De Niro. Bref j’en rêve.
Un pays où vivre son amour dans un endroit perdu au milieu des grands espaces doit être un plaisir total. Loin de tout. Ravitaillé par les corbeaux, comme on dirait en France. Voilà mon idéal de vie. Pour convaincre Bambou, la tâche sera rude, car elle a une âme de citadine.

Bambou et moi, outre donc l’Irlande, décidons de planifier un voyage américain pour 1982. Un pays où les gens sont sans filtres, disent tout haut ce qu’ils pensent, ressentent. Je murmure alors à son oreille : « So, dear, do you feel my love? »… Elle rougit, mais acquiesce. Les jours, les semaines, les mois qui suivent, au-delà de nos occupations professionnelles respectives, elle dans le marketing, moi dans la photo pour un magazine rock, nous réfléchissons à nous faire un avenir ailleurs, dans un autre bain culturel.

En murissant notre réflexion, la décision, commune, est précise, d’aller au pays de l’Oncle Sam, mais dans une contrée loin des grandes villes, grands centres touristiques que sont New-York, Los Angeles, Las Vegas, Chicago, San Francisco. Le sud, les bayous, les alentours de la Nouvelle-Orléans, nous attirent. Mais, après avoir encore retardé, approfondi notre décision, nous finissons par tomber d’accord pour le Colorado, ses grands espaces. Cheyenne Wells sera notre point de chute, notre lieu de vie, pas loin des déserts, pas très loin des montagnes non plus. En somme tout ce qu’il me faut, Bambou se rallie à mon envie profonde. Notre avenir se construira là.

Un basculement, que nous devrons annoncer à nos employeurs, familles, ami(e(s), chose qui s’avèrera parfois, faisant à l’étonnement, l’incompréhension, la colère parfois. Laisser une tranche de vie derrière nous. Ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire à deux.

Pas simple mais nécessaire voire vital pour nous deux, tant la vie parisienne a fini par nous éreinter totalement, à nous « manger ». Encore 1 an à Paris, et nous traverserons l’Atlantique. Nous appellerons notre maison « Jessie » en hommage à une amie qui a disparue trop tôt.

« Vivement 1982! » se dirent-ils.

Guillaume.