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La BO de the OA vous fait voyager


La série fantastique the OA parue en décembre 2016 sur Netflix ne fait pas consensus : on aime ou on déteste le coté mystique, l’utilisation de la danse contemporaine comme moteur de l’action, les mystères qui persistent à la fin de la première saison… mais si un aspect peut rassembler tous les spectateurs, c’est bien sa bande originale.

En arrière plan, il y a les compositions atmosphériques de Batmanglij, Danny Bensi et Saunder Jurriaans. L’actrice principale, la (fabuleuse) Brit Marling dit  d’ailleurs s’être beaucoup inspirée pour son jeu d’une autre musique de Batmanglij : The woods.

A cela s’ajoutent de nombreuses pistes qui vont de la musique classique aux musiques urbaines en passant par la folk. La Bo ne s’enferme jamais dans un genre unique et la musique colle toujours au mieux aux sentiments. Cela illustre un message fort transmis par the OA qui est l’humanisme, le besoin de chercher le meilleur dans les autres, et cela passe aussi par une ouverture à tous les goûts et toutes les cultures.

Mais les musiques qui vous tiendront le plus aux tripes et qui vous hanteront quelques temps après la fin de la saison, ce sont celles jouées à l’écran. La musique est un ressort de l’histoire car certains personnages disposent de talents musicaux particuliers à la suite d’épisodes où ils sont passés proches de la mort. Parmi les personnages principaux on trouve une violoniste (Prairie), une chanteuse (Rachel) et une guitariste (Renata).

Grâce à Renata donc, on (re)découvre avec délice les compositions virevoltantes du guitariste cubain Leo Brouwer. Et la BO de the OA devient la BO de notre été !

Blues du Delta, berceau de légendes…


Robert JohnsonLe blues, qui prit naissance dans les champs de coton des états du sud aux Etats-Unis, à la fin du 19ème siècle, s’est petit à petit déplacé vers les villes de Wicksburg (Mississippi) et Memphis (Tennessee), au sein de ce qui deviendra le delta du blues, coincé par la Yazoo river et le fleuve Mississippi. Ce genre musical naissant était surtout joué par des musiciens-chanteurs solistes « ordinaires » s’accompagnant d’un instrument (guitare, harmonica). Ce n’est qu’au début des années 1920 qu’apparurent les premiers enregistrements, notamment grâce au musicologue et historien de la musique John Lomax, qui sillonna le Sud des Etats-Unis, afin de recueillir ces précieux témoignages musicaux, livrés par ces artistes de condition sociale pauvre.

Par la suite, le blues, par le biais de ces musiciens  va « s’exporter »  dans d’autres états comme l’Arkansas, la Louisiane, le Texas, le Tennessee, et même pénétrer des villes telles que Detroit ou Chicago (ville du label Chess Records), donnant ainsi naissance au Detroit Blues et au Chicago Blues.

Robert Johnson (photo), mort à seulement 27 ans, dans la misère, demeure à jamais le pionnier du genre, reste encore aujourd’hui une référence pour les musiciens et amateurs du genre. Sa vie a été magnifiquement évoquée par le dessinateur Mezzo dans « Love in Vain« , paru en 2014, ainsi que par le cinéaste John Doe, dans « Crossroads, la route du blues » sorti en 2009. D’autres musiciens issus de ce Delta du Blues, sont devenus des légendes de cette musique : Charley Patton, Son House, John Lee Hooker, Skip James, Tommy mac Lennan et bien d’autres encore.

A partir des années 60, des musiciens anglais comme John Mayall, Eric Clapton, Jeff Beck, Les Rolling Stones, Led Zeppelin et beaucoup d’autres ne cesseront de rendre hommage à ces pionniers d’un genre qui a traversé le temps, les générations. Une façon de se souvenir, préserver cet héritage, de transmettre  cette histoire humaine et musicale, née dans le sud des Etats-Unis.

Guillaume.

Pura Fé, gardienne de la culture Indienne.


PuraFéIndienne_imageLa chanteuse-guitariste américaine d’origine indienne, Pura Fé, suite à la parution en 2015 de son dernier album « Sacred Seed« , viendra donner un concert le 11 mars prochain à l’Espace Gérard Philipe, à Fontenay.

Egalement poète, danseuse, enseignante, compositrice, Pura Fé, issue du peuple Tuscarora par sa mère(chanteuse classique qui a travaillé avec Duke Ellington), et du peuple Taino par son père, milite avec force pour la reconnaissance de l’identité et la mémoire de la culture des « Natives americans », indiens d’Amérique.

Depuis 1994 avec « Condor meets Eagle » (dont le morceau titre est un pont avec la culture des indiens d’amérique du sud, par un chant d’invocation juste accompagné à la guitare et à la percussion), elle défend sa culture, celles de ses ancêtre, comme celle des indiens d’Amérique du Sud.  « Tuscarora Nation Blues » (2006), « Hold the rain »(2007), « Full Moon Rising » (2009), « Caution to the Wind » (2013), avant le récent « Sacred Seed » que l’on peut traduire par les « Germes Sacrés », au sens de la Terre Sacrée),  paru en 2015. Dans son répertoire, elle mélange avec bonheur et talent  les chants traditionnels indiens, la culture folk, le blues, les instruments sud-américains (flûte de pan notamment), et la parole slamée, à la manière du rap. Elle raconte la vie, avec ses bonheurs, ses souffrances, individuelles ou collectives (celles du peuple indien, d’abord massacré, puis parqué, encore aujourd’hui dans certaines réserves aux Etats-Unis). Une démarche militante, citoyenne, qui tient une large place dans la vie et la démarche musicale de Pura Fé. L’univers métissé de cet artiste singulière, est un appel à la tolérance, au respect des anciens, de la terre de ses racines. Nul doute que le concert du 11 mars sera un moment fort, riche en partage, en émotions.

Alors, si vous aimez les belles voix, les fortes personnalités, le mélange des genres musicaux, n’hésitez pas, venez découvrir cette musicienne!

Guillaume.

 

 

Mister Knopfler nous emmène en promenade…


Il nous aura fallu atteMarkKnopfler_imagendre, patienter 6 ans! Depuis 2009 et son précédent opus, Mark Knopfler s’était retiré du monde.

Sortant de son silence, de sa retraite campagnarde comme le suggère la pochette de son dernier album « Tracker« , Mark Knopfler, ex chanteur-guitariste-leader de Dire Straits, qui fut dans la décennie 80 une usine à tubes dont les célèbres « Telegraph road », « Money for nothing » , « Sultan of Swing »… entre autres, revient donc nous voir.

Cet amateur de folk music, de country (voir ses collaborations avec Tom Petty, Bob Dylan, Willie Nelson, ..), de blues avec Eric Clapton, de ballades finement ciselées, loin des standards en vigueur de nos jours, n’a pas pour ce retour, changé de recette : simplicité, minimalisme, dépouillement, efficacité!

« Tracker » est une invitation à la promenade menée par Mister K. Passé « laughs and joles and drinks and smokes », se présente les 2 premiers morceaux intéressants, que sont « Basil » et River towns ». Le talent du guitariste est toujours là, tout comme sa voix, légèrement grave. Intacte, précise! Certes Mark Knopfler n’a jamais revendiqué être un chanteur puissant, reste cependant cette faculté à conter des histoires, simplement, tranquillement. Suivent les beaux « Broken Bones », « Lights of Talormina », « Silver Eagle », à savourer.

La promenade avec le guide Knopfler se termine par un duo-« Wherever I go »- avec la chanteuse australienne Ruth Moody.

Tout au long de « Tracker », la musique, toujours sobre, dépouillée, emporte l’auditeur.

Du bel ouvrage, Mister Knopfler!

Guillaume.

Pieranunzi-Casagrande, conversation musicale.


 

Pieranunzi-Casagrande_imageEnrico Pieranunzi, élégant autant que discret pianiste italien, nous revient avec un »double circle« , théâtre d’un dialogue musical partagé, échangé, avec le jeune guitariste Federico Casagrande.

Echange est le mot juste tant les deux musiciens laissent leurs instruments se répondre sans jamais vouloir prendre le pas sur l’autre. Deux générations échangent autour d’une seul sujet : La musique. Le dialogue, savoureux, sans excès. « Anne Blomster Song » qui ouvre ce Double Cercle en est l’illustration parfaite.

Federico Casagrande, guitariste originaire de Trévise, que je découvre à l’occasion de ce disque, dégage une virtuosité qui ne pousse jamais l’auditeur à l’ennui, mais au contraire à savourer ce sens musical, qu’il soit en position de leader sur un morceau ou en soutien d’Enrico Pieranunzi.

Ce dialogue, développé au cours de 11 morceaux, nous dévoile une musique aérée, intemporelle, mélodieuse. « Sector 1 », « Clear », « Within the house » ainsi que « Charlie Haden » (en hommage au contrebassiste américain décédé l’an dernier), sont mes pièces favorites au sein de ce dialogue à cordes sensibles.

« Double Circle », un disque à savourer tranquillement.

Guillaume.

Uli Jon Roth, chantre du rock néo-classique.


Avec son éternel look, chapeau à plumes, veste à franges, fine moustache, Ulrich Roth, alias Uli Jon Roth, guitariste virtuose allemand, est depuis très longtemps considéré comme le précurseur d’un genre devenu aujourd’hui très populaire : le rock instrumental néo-classique.

Après des débuts à l’aurée des 70’s, en solo, il rejoint le groupe Scorpions en 1974, suite au départ du guitariste  Michael Schenker. Au sein de ce groupe, il participera à la composition de nombreux morceaux et installera son style brillant, aérien, tout au long des 5 albums auxquels il participera : Fly to the rainbow (1974), In Trance (1975), Virgin Killer (1976), Taken by Force (1977) et le sublime live Tokyo Tapes (1978), sur lequel il signe une version de « Fly to the rainbow » très inspirée.

Quand il quitte le quintette de Hanovre, il fonde son propre groupe : Electric Sun. 3 albums en découleront : Earth Quake (1978), Firewind (1980), Beyonfd the astrals skies (1984). Par la suite, en solo, il publiera 6 albums, de 1991 à 2008, dont les fameux « Transcendental Guitars vol.1 & 2 » et « Metamorphosis of Vivaldi’s IV Seasons« , qui sont des joyaux reflétant parfaitement le style, l’univers musical de ce guitariste trop rare sur scène, mais dont chaque album est très attendu par la critique comme le public amateur du genre. Il transcrit aussi bien Massenet, Chopin, Vivaldi, que Beethoven, ou Mozart.

Dans les traces de ce précurseur d’un genre musical nouveau, se placent 2 autres instrumentistes de haut vol, Ritchie Blackmore (ancien de Deep Purple, Rainbow), qui depuis des années, s’est tournée vers les musiques moyennageuses, classiques, et plus récement le prodige suédois Yngwie Malmsteen, apparu sur la scène rock métal dans les années 80. Vivaldi est son influence majeure. Dans les années 90, le guitariste français Patrick Rondat s’engouffrera aussi sur ce créneau en reprenant le « Printemps » des 4 saisons de Vivaldi.

Quelques groupes de rock métal se sont aussi immiscés dans ce créneau : Gamma Ray, Helloween, Within Temptation, Nightwish.

Uli Roth a ouvert la voie, qui depuis a inspiré de nombreux disciples…. Tant mieux pour nous!!

Guillaume.

 

Le Flamenco perd l’une de ses étoiles.


Le monde de la guitare et du Flamenco sont en deuil, depuis mercredi. L’un des plus illustres représentants de ces 2 mondes s’en est allé, brutalement. Paco de Lucia a rejoint les étoiles.

Paco de Lucia avait de qui tenir : Un père musicien, qui sera son premier professeur de guitare (dès l’âge de 5 ans, 12 heures par jour!!!),  2 frères (le guitariste Ramon de Algeciras, le chanteur de flamenco Pepe de Lucia), aideront le jeune musicien à se former et grandir dans la culture flamenca. Après des années de travail acharné, il deviendra professionnel à 12 ans, puis à 14 ans, il intègre en tant que guitariste la Compagnie de danse de José Greco.

Très vite reconnu pour son approche particulière du flamenco et sa technique instrumentale hors pair, il va s’ouvrir des horizons nouveaux, notamment en reprenant des oeuvres du répertoire classique de Manuel de Falla, puis le concerto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo (1991).

Il a également côtoyé le monde du jazz, y rencontrant les virtuoses John Mac Laughlin, Al di Meola, avec qui il enregistrera 2 disques « Friday night in San Francisco »  (1981),puis « Passion, grace and fire » (1983), et Larry Coryell. A leur contact, il apprendra l’improvisation. En 1983, il publie « cositas bueñas » et enregistre la musique du film « Carmen » de Carlos Saura, qu’il retrouvera en 2012, pour le film « Flamenco« , une ode à cet univers traditionnel musical et dansé.

Côté scène, Paco de Lucia, brillait par un style unique, une maîtrise de son art et de son instrument, qui ravit le spectateur. Son dernier passage à Marciac en 2013 fut un véritable triomphe.

Sûr que Là-Haut, il va faire danser les anges au son de sa guitare et de son art flamenco.

Guillaume.

Danse avec Scarlatti


ThibaultCauvin_DanseAvecScarlattiUne agréable surprise que ce disque. la découverte d’un jeune guitariste français mais dont le début de carrière s’est effectué à l’étranger.

Une heureuse rencontre entre le 18ème siècle et la guitare que Thibault Cauvin manie avec maestria. Si les sonates de Scarlatti ont été écrites pour le clavecin et reprises de nombreuses fois au piano, il me semble ici les découvrir pour la première fois.

Merci M. Cauvin pour cette interprétation superbe, sensible et moderne des sonates de Scarlatti.

Françoise

Vinnie Moore…Talent perdu.


Souvenez-vous… dans les années 80, face à la nouvelle vague métallique incarnée par Iron Maiden, Def Leppard, Judas Priest et consorts, 2 virtuoses américains du manche à 6 cordes sont apparus :  Tony Mac Alpine et Vinnie Moore, soutenus par le label Shrapnel.

Dans le cas présent, Mind’s eye (1986),concocté par Vinnie Moore (avec Tony Mac Alpine aux claviers) révèle des titres construits pour mettre la guitare égotique en avant, son déferlement de notes, certes maîtrisé, donnant parfois lieu à de jolies mélodies, mais sans émotions aucunes.

Il n’est dès lors pas étonnant que ce manieur de notes, comme son acolyte Tony Mac Alpine, ait retrouver un certain anonymat, bien que se produisant encore à travers le monde. A trop se répéter, le talent se sclérose. Plus tard, le suédois Yngwie Malmsteen comme les américains Steve Vai et Joe Satriani ont renouvellé le genre, avec bonheur.

Je laisse aux amateurs du genre le soin de juger.

Guillaume.

Metheny, solitude acoustique


Pat Metheny, guitariste de jazz, qui nous gratifie de son talent et de sa musicalité depuis presque 40 ans, en variant les projets, solos, en duo ou en groupe, acoustique comme électrique, nous revient cette année avec un disque entièrement acoustique, enregistré avec une guitare baryton.  

What’s it all about, son dernier opus, s’il ouvre sur une magnifique version de »the sound of silence », chère à Simon & Garfunkel, nous emmène par la suite sur des rivages musicaux où le Brésil Garotta de Ipanema, mais également les sonorités classiques sont présentes. Il termine son exercice solo par un joli hommage aux Beatles en reprenant And I love her. Oui, Pat Metheny aime la musique, les musiques. Son jeu le prouve, qui bien qu’un peu déroutant, est toujours subtil et agréable à écouter.

Guillaume.

Tel père tel fils !


Une très belle rencontre entre la guitare et le violoncelle, entre un père et son fils,  Pedro Soler et Gaspar Claus. Deux  musiciens exceptionnels.  Une musique qui chante et qui danse.

Il faut absolument écouter  « Barlande » !
Enitram