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Bon Jovi still alive !




Sur la pochette de son nouvel album, le natif du New Jersey (comme Bruce Springsteen), pose la chevelure légèrement blanchie, le regard caché par des lunettes et la main droite sur les lèvres, à la manière de Rodin, en penseur. « 2020« , son nouvel album, que m’a conseillé un ami d’enfance avec qui je partage nombre de goûts musicaux (merci cher Fred), recèle comme toujours des pépites que seul ce chanteur-compositeur mais également guitariste-pianiste, sait nous sortir de son chapeau.

En 1986, alors au sommet de sa gloire, Bon Jovi écrivait la chanson « Wanted Dead or Alive », célèbre phrase qui figure sur les avis de recherche de criminels dangereux. 34 ans plus tard, le gaillard est lui toujours bien vivant, portant son groupe éponyme à bout de bras aidé de ses fidèles Tico Torres (batterie), David Bryan (claviers, choeurs), John Shanks (guitare), Everett Bradley (percussion, choeurs), Hugh McDonald (basse). Vous noterez que le talentueux Richie Sambora, ami, membre de très longue date du groupe et surtout guitariste-chanteur et compositeur avec Bon Jovi de nombreux hits du groupe, ne fait plus partie du casting. En 2013,Il a en effet planté ses camarades un soir de tournée, 20 minutes avant d’entrer sur scène !!! La grosse tuile! Mais Bon Jovi s’en est remis.

Donc, que vaut cette cuvée « 2020 » livrée par Bon Jovi ? A 60 ans, le gaillard devient un brin philosophe face à la vie, au temps qui passe (« Timeless », qui ouvre l’album), sur le besoin de prendre soin de son prochain, de ses voisins (« Do What you can »), est un citoyen préoccupé par l’état de tension et de violence dans son pays (« American reckoning « , servi par une instrumentation sobre, guitare-voix-harmonica puis batterie piano, de façon délicate). Avec « Beautiful drug », qui démarre sur les chapeaux de roues, on retrouve un Bon Jovi punchy, avec cette voix qu’on lui connaît. Le gars veut en découdre. Il parle de l’amour comme une drogue dont on ne peut se défaire, qui vous prend, vous tient au corps, vous file une fièvre enivrante. « Let it rain », morceau puissant évoquant la fin des discriminations envers l’Autre, celui qui ne prie, ne pense pas comme vous ou n’a tout simplement la bonne couleur de peau. Pour introduire « Blood in the Water « , quelques notes de guitares floydiennes, puis la voix de Bon Jovi se pose, grave. L’exil, la Terre promise représentée par les États-Unis et les risques pris, au péril de leurs vies, par ceux qui tentent le rêve américain. Un morceau fort, prenant, qui en live, prendra toute sa mesure. Enfin il termine son album par un très joli morceau dédié aux soldats américains (« Unbroken »), qui partent aux combats là où on les envoie et parfois reviennent estropiés, handicapés à vie, traumatisés de leurs vécus, de leurs actes, quand ce n’est pas entre quatre planches. Ces jeunes soldats envoyés à la guerre, sacrifiés par une administration, au nom d’une idéologie, voilà ce que dénonce Bon Jovi dans cette sublime chanson.

Le rockeur a fait place, l’âge aidant, au citoyen préoccupé et alerte sur le monde qui l’entoure. Il dirige d’ailleurs une fondation pour aider les gens qui en ont besoin. Côté musical, Bon Jovi a gagné en maturité au niveau vocal, en terme d’écriture. En somme Bon Jovi est comme le bon vin, il vieillit bien.

Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup cet album, qui, s’il traite de sujets forts, est musicalement de très belle facture. Pour les amoureux du groupe comme pour celles et ceux qui souhaitent découvrir l’artiste, « 2020 » est une bonne idée.

Guillaume.

Gene Vincent, rocker torturé par la vie.


Né en 1935, la même année que Elvis Presley, à Norflok en Virginie, Vincent Eugene Craddock dit Gene Vincent est le fils d’un père militaire dans la marine américaine et d’une mère commerçante. Rapidement, les parents vont s’installer en Virginie, à Munden Point, tôt le gamin va, écoutant la radio, découvrir la musique, et surtout la la country, le bluegrass. Mais, habitant dan un quartier pauvre où la communauté noire est très présente, il va être sensibilisé au blues, au gospel.

En février 1956, Gene Vincent participe à un concours de chant. Repéré par un membre du jury, Sheriff « Tex » Davis, qui par ailleurs anime une émission de radio de Norfolk, le jeune rockeur y passera désormais régulièrement, accompagné de musiciens locaux. C’est là qu’est joué pour la première fois sa chanson Be-Bop-A-Lula, écrite lors son séjour à l’hôpital suite à un accident avec une voiture, ce qui faillit lui couter une jambe.

Quelques mois plus tard, la tornade Presley, et son « Heartbreak hotel » ravagent tout sur leur passage, obligeant les maisons de disques à vouloir se dénicher chacune « son Elvis ». Sheriff « Tex » Davis flaire le bon coup avec Gene Vincent et décide de devenir don manager. Et il l’entoure de quatre musiciens :  Cliff Gallup (guitare solo), Willie Williams (guitare rythmique), Jack Neal (contrebasse), Dickie Harrell (batterie). Le quatuor se nommera les Blue Caps, en hommage à la marine américaine. En cette année 1956, Vincent part effectuer une tournée au Canada avec son groupe. Un succès. L’année suivante, en 1957, le groupe est modifié, puis s’envole pour une tournée. Une guitare rythmique remplace l’acoustique, la contrebasse est remplacée par une basse électrique, des choristes-danseurs viennent s’ajouter. Gene Vincent et son groupe enchainent alors concerts avec public en délire, émissions de télé célèbres comme le Ed Sullivan Show, très couru à l’époque. Tout roule pour le garçon et sa bande. 1958 s’annonce sous les mêmes auspices, avec un troisième album, « Gene Vincent Rocks and the Blue Caps Rolls », qui connaitra un vrai succès, un public qui le suit toujours, voyant en lui un représentant de ses aspirations rebelles, torturé par la vie avec sa jambe abîmée par la faute d’un accident de moto. En octobre, Eddie Cochran (à gauche sur la photo ci-dessous), le rejoint en studio pour des sessions vocales et à la basse, mais de manière totalement anonyme. Le groupe ensuite se sépare. Chacun sa route, chacun son chemin, comme le dira plus tard un poète rasta.

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Mais la fin des années 50, c’est aussi un virage, car, les radios commencent à bouder ce rock revendicatif, « voyou », rappelons que nous sommes encore dans une Amérique puritaine, raciste, catholique, qui ne supporte pas la violence et le fait de transiger avec les codes de bonne conduite en société. Gene Vincent et ses confrères rockeurs rentrent dans le rang. Leur salut passera par l’étranger. Pour lui, ce sera l’Angleterre. Invité à participé à l’émission « Boys meets Girls », il détonne par rapport à sa réputation qui l’a précédé. On l’attendait fracassant, mal élevé, dur, il arrive poli, souriant, respectueux. Le Producteur, Jack Good, lui suggère d’opter pour un costume de scène. Vincent s’exécute et s’inspire du costume de Vince Taylor, tout de cuir noir, inspiré lui-même de celui de Marlon Brando dans « L’équipée Sauvage ». Presley s’en inspirera à son tour en 1968, pour son retour à la télévision, où il apparaitra dans un costume tout de cuir noir moulant. Fin 1959, Gene Vincent se produira pour la première fois à l’Olympia à Paris.

Rejoint le 11 janvier 1960 par Eddie Cochran pour une tournée anglaise, celui-ci décèdera dans un accident de voiture le 17 avril 1960. Présent dans le véhicule, Gene Vincent en réchappera, partiellement blessé physiquement, mais moralement très marqué par la perte de son ami. En son hommage, il portera désormais toujours un gant noir à main gauche. Bientôt oublié du public américain, il reste populaire en Angleterre et en France, grâce à des artistes comme les Chaussettes Noires (Eddy Mitchell, qui seul ou avec son groupe de l’époque a repris 26 chansons de Gene Vincent) et les Chats Sauvages (Dick Rivers) adaptent ses chansons en français. Les années 60, même si elles vont d’abord lui valoir un succès outre-manche, vont voir son destin s’assombrir. Les tournées se raréfient, les ventes de disques diminuent, des problèmes fiscaux surviennent, et surtout l’arrivée du nouveau courant musical symbolisé par les Beatles, vont petit à petit le pousser sur la touche. Il quitte l’Angleterre, rejoint des pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne, où il a encore des admirateurs, pour des tournées et gagner quelque argent, mais au fond de lui, le coeur n’y est déjà plus. La déprime, la forte consommation d’alcool, les amours qui vont et viennent, l’homme est usé, fatigué. Malgré une tournée en 1964 en Afrique du Sud, qui lui verront faire une rencontre débouchant sur un mariage deux ans plus tard, il revient en Europe en 1967. Sa dernière tournée française sera une vraie catastrophe. Démoralisé, miné par sa situation, endetté, plombé par ses problèmes d’alcool dont il ne se défait pas, il meurt à 36 ans seulement, suite à une hémorragie.

Ce musicien, dont la vie et la carrière furent bien trop courtes, laisse une floraison de classiques repris ou adaptés par les plus grands noms du rock de ces 50 dernières années : Les Chats Sauvages (photo ci-dessous), les Everly Brothers (photo ci-dessous) mais aussi Christophe, Les Chaussettes Noires, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, Queen, Paul Mac Cartney, Stray Cats, Queen, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, ou encore Jeff Beck qui lui consacra un album entier intitulé « Crazy Legs » en 1993.

Je vous laisse avec un petit florilège de ses chansons et de reprises.

Guillaume.

Et Van Halen s’envola dans la Nuit.


Ce matin, me réveillant et regardant les premières infos apparaître sur mon téléphone portable, je vois la photo du guitariste Eddie Van Halen. Pas un bon présage. Je savais que le gars se battait depuis des mois contre un cancer, que du coup les tournées du groupe et retour en studio étaient suspendues à l’amélioration de l’état de santé du leader charismatique du groupe américain. Mais donc tout cela n’aura pas lieu. Car la dernière bataille, Eddie Van Halen l’a perdu, face à la maladie, tenace, qui l’a emporté. A 65 ans.

Né à Amsterdam en 1955, co-fondateur avec son frère Alex (batteur), du groupe qui porte leur nom, avec aussi le bassiste Michael Anthony (qui jouera plus tard dans Chickenfoot aux côtés de Joe Satriani) et le chanteur virevoltant David Lee Roth , Eddie va très vite en devenir la figure de proue au vue de son charisme scénique et surtout de son jeu de guitare, époustouflant, qui au tournant des années 70-80 va révolutionner l’approche de l’instrument. En effet il va réintroduire le tapping, technique qui consiste à aligner plusieurs notes très rapidement, avec un seul doigt. D’autres guitaristes par la suite reprendront cette technique. Notamment Steve Vaï et Joe Stariani.

Le jeu développé par Eddie est très spectaculaire, le son de sa guitare, avec une caisse barrée de rouge et de blanc, unique et reconnaissable. Le groupe, depuis sa fondation, enchaine les « hits » et lui les soli les plus dingues qui soient. Cette progression fulgurante du groupe, lui vaut une renommée grimpante, qui bientôt arrive jusqu’aux oreilles de Bambi alias MJ alias le Roi de la Pop, Michael Jackson himself. Celui-ci fit appel à ses talents de soliste pour enregistrer la partie de guitare qui figure sur « Beat it« . Le résultat sera bluffant, la collaboration un réel succès entre les deux artistes. Mais Eddie Van Halen est avant tout l’homme d’un projet, le sien, son bébé musical, son groupe, VH. La discographie, qui a donc décollé à la bascule des années 70-80’s, va connaître un vrai essor avec la parution de « 1984 », et son fameux tube  » Jump« , intro au synthés, devenu l’emblème de l’Olympique de Marseille.

Mais si le guitariste reste un musicien hors pair et ne rechigne jamais à une sollicitation pour une collaboration artistique, il n’en reste pas moins que le groupe s’en vient à être miné par des remous internes. David Lee Roth part aux milieu des années 80, remplacé par Sammy Hagar, de 1985 à 1996. Un autre front-man expérimenté et à la voix puissante, mais moins sautillant que DLR. Les années 90 verront le groupe produire des albums très inégaux, parfois lourds, sans vrais idées novatrices, sans second souffle . J’en veux pour preuve « For unlawful carnival knowledge » (1991), « Balance » (1995). « Van Halen III » sorti en 1998 est peut-être à mes yeux, enfin mes oreilles, le meilleur de cette période. Mais en tournée, c’est un succès toujours assuré. Stades et salles pleines. Public en délire. Bref la Van Halen mania fonctionne à fond. Suite à « VH III », le groupe et son leader charismatique attendront 4 ans pour publier « A different kind of truth » en 2012. Par la suite, les malentendus, les tensions fraternelles, la maladie du guitariste, vont faire que la vie du groupe va se restreindre à des publications de best-of, à des apparitions télé, à des shows rares. Ces dernières années le groupe naviguait dans l’incertitude d’un double retour. Celui de DLR et celui donc de son mythique guitariste. Si l’un s’est produit entre 2007 et 2011, celui de Eddie Van Halen n’aura donc jamais lieu. Cloué par la maladie, il va se battre, jusqu’au bout, et finalement perdre le combat. Il a déposé les armes hier soir, laissant des millions de fans tristes ce matin. Mais sa musique va rester, en leg de son génie instrumental, de son inventivité toujours renouvelée depuis la fin des années 70 et la création du groupe Van Halen.

Vous je ne sais pas, mais personnellement, cette nouvelle m’a rendu triste aujourd’hui. Une part de mon adolescence s’en est allé avec le décès de ce génial guitariste.

Je vous laisse avec une sélection de titres sur lesquels il a marqué son empreinte.

Michael Schenker, Prince de la Flying V.


Parfois, regarder des vidéos de ses guitaristes préférés sur Youtube peut avoir du bon. Je m’explique.
Voilà quelques temps, je tombe sur une interview de Michael Schenker expliquant les raisons de sa rancoeur profonde envers le groupe Scorpions, au sein duquel évolue son frère aîné Rudolph. Et le moins que l’on puisse dire est que l’homme à la célèbre Flying V noire et blanche ne mâche pas ses mots. Le tout entre colère froide et détachement blasé. Il y explique son rôle dans le succès du groupe aux États-Unis, à l’époque de leurs premiers albums , »Lonesome Crow » (1972), « Loverdrive » (1979), »The Best of Scorpions » (1979), les parties de guitare enregistrées en studios non créditées sur certains albums du groupe même après son départ. S’il garde rancoeur profonde et tenace, c’est pourtant grâce à son frère, enfin à la guitare de celui-ci, que Michael, alors gamin, se mit à jouer de l’instrument. D’abord de l’acoustique puis très vite de l’électrique. Après, ses qualités personnelles, ses aptitudes à composer ont fait le reste.

Mais pourquoi vous dis-je cela?
Sans doute parce que adolescent, comme mon ami Fred, si j’écoutais déjà Scorpions, je n’ai pas tardé à découvrir Michael Schenker avec son groupe …MSG. Le premier disque (33 tours, y avait pas encore Deezer ou Spotify à l’époque 😉) que j’ai acheté chez un disquaire (là aussi, ça va rien dire aux moins de 30 ans😉), fut le double « live at Budokan ». Ce qui m’a tout de suite plu, c’est le côté mélodieux, lyrique (écoutez donc « On and On », « Let Sleeping dog’s lie », « Courvoisier concerto », « Lost horizons », « Victim of Illusion ») du jeu pratiqué par Schenker. Virtuose mais sans en faire trop. Juste ce qu’il faut, efficacité d’abord. Une pure merveille. D’autres morceaux, plus hard, sont auusi très bons à écouter, tels « Attack of the mad Axman », « Armed and Ready ».  Au chant il y avait un certain Gary Barden. Pour moi, en fait, il fut le seul chanteur qui collait parfaitement au style, à la personnalité de Schenker. Une voix puissante, à l’aise dans les aigus, bon performer sur scène. C’était le binôme parfait. Le « Live à Budokan » le souligne d’ailleurs parfaitement.

Ce live s’ouvrait par un extrait de la tétralogie de Wagner ( qui servit également à illustrer un vol d’hélicoptères dans la fameuse scène du film « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola,  avec un casting de stars, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford, Laurence Fishburne, Robert Duvall, Dennis Hopper, Aurore Clément…), puis très vite le titre « Armed and Ready »démarre. Tout est là, déjà. Un sens mélodique évident, un son ultra reconnaissable, et des compositions qui vont marquer mon esprit tel « Into the Arena », « Lost horizons », « On and on », « Let sleeping dogs lie », »Never trust a stranger ». Schenker montre toute l’étendu de son talent, alternant les ambiances plus intimistes, les compositions plus planantes. Bref, pour l’amateur de guitare que je suis déjà à l’époque (mais je ne pousserai pas jusqu’à apprendre l’instrument), c’est un véritable plaisir d’écouter ce musicien.
Le groupe de l’époque était composé outre Barden et Schenker, de Paul Raymond à la guitare et aux claviers, de Chris Glen (Ian Gillan-Deep Purple, Ian Gillan Band) à la basse, et du cogneur Cozy Powell ( Jeff Beck Group, Whitesnake, Rainbow, Black Sabbath, Brian May, Yngwie Malmsteen), aux baguettes. Ce live a longtemps et souvent tourné sur ma platine. J’ai donc suivi le parcours de Schenker, acheté parfois en confiance aveugle ses disques, et parfois je me suis trompé, comme lorsqu’il a changé de chanteurs, engageant notamment Robin Mac Auley, le MSG devant alors le Mac Auley-Schenker Group.

Les trois albums isssus de cette association ne sont pas les meilleurs de la carrière de l’ange de la Flying V. Que ce soit « Perfect Timing » (1987), « Save Yourself » (1989) ou « MSG » (1992), je ne fut pas du tout convaincu, voir très déçu, car le style avait alors dérivé vers un rock commercial qui ne colle pas du tout au personnage de Schenker. Se rendant compte de ces échecs commerciaux, le guitariste mettra fin à cette association, pour retourner seul à son travail de compositeur-musicien. Schenker travaille loin des cannons, en véritable artisan.

Avant cela il n’avait pas eu plus de réussite hélas avec le pourtant très rock Graham Bonnett (ex chanteur de Rainbow, Alcatrazz), lorqu’il enregistre « Assault Attack » en 1982, puis « Built to Destroy » en 1983. L’énergie du chanteur, sa voix très puissante, ont certes permis à Schenker d’assurer des shows de très bonnes qualités (j’en fus témoin), mais sur disque, cette énergie se diluait hélas. C’est vraiment dommage.

Mais s’il a eu des déconvenues avec ses chanteurs, hormis Gardy Bartden, il a néanmoins travaillé avec de grands noms : Cozy Powell (il a joué au côtés de Gary Moore, Black Sabbath, Jeff Beck Group, Whitesnake, Robert Plant, Bryan May, Simon Phillips (batteur de Toto, mais aussi aux cotés de la pianiste jazz Hiromi), Neil Murray (basse, ex Whitesnake, Black Sabbath, Gary Moore), Paul Raymond (ex UFO, Waysted)… bref le garçon savait s’entouré de pointures au service de son projet.

Aujourd’hui, à 64 ans, celui qui est passé par UFO, Scorpions, avant de se lancer dans sa propre carrière, continue de tourner à travers le monde, d’offrir son talent intact au public qui se déplace pour le voir, l’écouter.

Je vous laisse en sa compagnie. Bonne découverte à vous.

Guillaume.

Le Boss, en mode intime.


Depuis près de 40 ans, Bruce Springsteen « The Boss » qui va fêter ses 70 ans en septembre prochain, dépeint depuis ses débuts sa vision de l’Amérique, ses travers, ses excès. Springsteen, c’est une voix lourde, rauque, un brin cassée, comme éprouvée par la vie. C’est aussi un physique de camionneur, ou d’homme ayant côtoyé de près les chantiers, une carrure! Une plume incisive, acérée, un conteur hors pair d’histoires du quotidien vécu par lui-même ou ses compatriotes. Une voix écoutée, à l’égal de celle de Aretha Franklin, pour d’autres raisons. Une référence artistique qui a traversé plus de 3 générations.

Le gaillard nous revient cette année avec « Springsteen on Broadway« , enregistré en 2 étapes (Octobre 2017 et Décembre 2018) au Walter Kerr Theater, dans une prestation très intimiste, presque comme si l’on était dans son salon, Bruce Springsteen, ayant convié ses spectateurs, et par ricochet ses auditeurs.

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Sur ce disque, entre les chansons, il se fait narrateur de ses rencontres humaines et / ou musicales qui ont jalonnées et bouleversées sa vie. Inconnu(e(s) ou célèbres. Il parle avec une profonde émotion de Clarence Clemons (voir plus bas). Il évoque également avec pudeur son enfance, puis de façon plus forte, son regard sur l’Amérique, lui qui a déjà connu plusieurs présidents sans forcément voire les choses foncièrement changer en positif, notamment depuis l’élection de Trump en 2017. Il constate avec désolation que les pauvres sont laissés pour compte, que la situation économique n’est pas florissante.

Tout au long de ce disque, Bruce Springsteen, seul sur scène la majeur partie du temps, puis en duo avec sa femme Patti Scialfa, qui vient l’accompagner sur deux titres, « Tougher than the rest » et « Brillant disguise », revisite son répertoire et ses classiques tels que « My hometown », « The promised land », évidemment le « Born in the USA », « Ghost of Tom Joad », « The rising », « Dancing in the dark », « Land of hope and dreams », en utilisant tantôt la guitare, le piano ou l’harmonica. Un régal! Son disque se termine par « Born to run », l’un des tous premiers titres qui ont rendus Bruce Springsteen célèbre à l’aube des années 80.

Lui qui a tout fait depuis plus de quarante ans, se produisant dans des stades immenses comme dans des salles à tailles plus humaine, en solo ou avec son fameux E.Street Band, au sein duquel évoluait son ami saxophoniste Clarence Clemons, disparu en 2011, nous offre ici sans doute ce qu’il affectionne de plus en plus. Se livrer, sans fioritures, à une audience attentive, dans un cocon qui lui va très bien.

Ce « On Broadway » est un petit bijou musical et émotionnel. Je vous laisse avec une petite sélection de morceaux, ainsi que quelques titres plus anciens.

A noter pour les adeptes du Boss, que son prochain album « Western Stars  » sort le 14 juin. Encore un peu de patience !

Guillaume.

Tony Iommi, Prince du Sabbath Noir.


tonyiommiFrank Anthony Iommi dit Tony Iommi, guitariste anglais né à Birmingham en Angleterre, au caractère ombrageux (comme son collègue de Deep Purple, Richie Blackmore) et légendaire du groupe de hard-rock/heavy metal Black Sabbath, est un guitariste discret, voire secret, mais l’une des figures les plus marquantes du Hard-rock depuis les années 70’s.

Au sein du quatuor Black Sabbath, fondé en 1969, il a posé les bases du Heavy-Métal dans les années 70, aux côtés du chanteur Ozzy Osbourne, du batteur Bill Ward, et du bassiste Geezer Butler. 4 gaillards réunis pour servir la cause de ce qui serait le Heavy Metal, style musical qui fera des petits.

Guitariste qui faillit ne jamais l’être, la faute à une presse hydraulique qui lui sectionna 2 doigts à la main droite à l’âge de 17 ans seulement! Il trouva l’ingénieuse ressource de se fabriquer une prothèse en plastique, ce qui lui permit de jouer et donna à son jeu un style particulier, un son unique. Tony Iommi a influencé quelques-uns des plus grands guitaristes qui se sont révélés dans les années 80, 90… parmi eux, James Hetfield, chanteur-leader du groupe Metallica, Brian May, orfèvre de la 6-cordes au sein du groupe Queen, Gene Simmons, bassiste-chanteur de Kiss, ou encore Edouard « Eddie » Van Halen, le flying Dutchman de la guitare du groupe … Van Halen. Et j’en oublie forcément….

Sur scène, Tony Iommi apparaît immuablement vêtu d’une veste noire à frange renforçant son côté sombre, ténébreux, sans oublier une croix celte portée en pendentif, le moustachu guitariste laissait Ozzy Osbourne délirer, mener le show, embarquer les foules, pendant que lui se contentait de laisser parler sa Gibson SG… noire bien sûr! Outre Osbourne, Tony Iommi a côtoyé d’autres grands vocalistes tels que Ronnie James Dio (album « Heaven and Hell », 1980), Glenn Hughes (sur l’album « Black Sabbath featuring Tony Iommi : The Seventh Star », voire même Ian Gillan (sur « Born Again », album sorti en 1983), le mythique chanteur de Deep Purple.

En groupe, avec Black Sabbath puis Heaven & Hell, ou en solo, Tony Iommi laisse a posé sa griffe sonore sur une trentaine d’albums. De quoi découvrir ce guitariste hors-pair, unique!

Mes albums préférés : « Black Sabbath » et « Paranoid » (1970) ; « Never say die » (1978) ; « Mob Rules » (1981).

Guillaume.

 

 

 

Francisco Tárrega, père de le guitare classique moderne.


Rendre hommage à l’un des musiciens (guitariste) et compositeurs espagnols emblématiques (Francisco Tarrega, en l’occurrence) de la seconde moitié du 19ème et du début du 20ème siècle, n’est pas chose aisée. Pour cela, il faut de l’audace et avant tout, surtout, une bonne dose de talent. Le guitariste brescian contemporain Giulio Tampalini, s’est attelé à la tâche. Le tout regroupé sur un coffret de 4 CD « Tárrega, Guitar Edition » paru en 2015, contenant à la fois des œuvres originales de Tárrega (flamenco, mais aussi mazurkas, valses, polkas) et des transcriptions d’œuvres de compositeurs comme Beethoven (sonate pour piano n°3 op.13 dite « pathétique ; Symphonie n°7, op.92…) de Chopin (nocturnes, valses, préludes), de Berlioz (Ballet des Sylphes, La Damnation de Faust).

Mais qui était Francisco Tárrega ? Né en 1852 à Villareal, il apprend  dès 1862 la guitare et le piano à Barcelone. Après son entrée au conservatoire de Madrid en 1874, et des études très fructueuses, il enseigne la guitare, puis donne des concerts à travers toute l’Espagne. En 1881, il donne un récital au Théâtre de l’Odéon de Paris. Un triomphe. Parti pour s’installer à Londres, il n’y restera pas, ne se faisant pas du tout au climat, à l’ambiance. Il en tirera le morceau « Lagrima ». Rentré pour s’installer à Barcelone en 1885, il se liera d’amitié avec Albéniz, Granados ou Casals, grands compositeurs ibériques. Son talent, son style très moderne feront de ce compositeur ibère une référence, dont l’approche musicale de son instrument posa les bases de la guitare classique moderne. Il décèdera en 1909.

C’est donc à cette référence que Giulio Tampalini s’est attaqué, sur « Tárrega, Guitar Edition« , paru en 2015. Né en 1971, Tampalini est un instrumentiste brillant, qui après des études musicales au conservatoire de Brescia, fera des tournées en Europe, Asie ainsi qu’ aux Etats-Unis. Soliste, également capable de jouer en tant qu’accompagnateur avec des groupes ou auprès d’orchestres symphoniques, il publiera en 2003, « Francisco Tarrega : Complete works for guitar »  qui fut récompensé au titre du meilleur album de l’année.

Avec tact, précision et un jeu sans esbroufe, sans démonstration, il se glisse dans les œuvres de Tárrega avec bonheur, nous le faisant ainsi partager, de même que les transcriptions présentées.

Un joli voyage dans le monde de la guitare classique, à travers les siècles, les styles, les œuvres.

Guillaume.

 

 

 

 

 

Perché sur sa Supernova, Satriani fait son grand retour.


JoeSatriani_pochette

La pochette de son nouvel album annonce la couleur : Joe Satriani,  traversé par les éclats météoriques de cet Univers qui semble le fasciner.

La musique ici offerte à nos oreilles est un voyage spatio-temporel, une ballade cosmique, telle que sait si bien les concocter ce génie de la guitare, ancien professeur notamment de Steve Vaï.

L‘alien de la six-cordes est de retour!  Après ses embardées musicales vers un hard rock musclé au sein de « ChickenFoot » (3 albums au menu) et  « Unstoppable Momentum », son précédent album paru en 2013, qui l’a vu tourner à travers le monde, jusqu’à remplacer au pied levé Jeff Beck à Marciac en août dernier, au cours de laquelle il a rejoint sur scène le légendaire bluesman Lucky Peterson pour un duo magistral, Joe Satriani, du lointain de sa galaxie musicale, nous revient en cette fin d’année 2015, avec dans sa besace le « Shockwave Supernova ». Si le précédent opus était plus heavy, « Shockwave Supernova » s’annonce comme un retour à des compositions plus aériennes, tout en gardant ce son de guitare inimitable.

Cet album, par son ambiance, renvoie à « Surfing with the Alien » (1997), ou « Crystal Planet » (1998). L’enchainement des morceaux tous composés par le guitariste californien se fait en douceur, et c’est un vrai plaisir que d’écouter Joe Satriani et son style aérien, fluide, soutenu par des compères de haut vol : Mike Kenneally aux claviers, Vinnie Colaiuta à la batterie et John Cuniberti aux percussions. Dès l’entame de l’album, le titre « Shockwave Supernova » nous embarque et nous montre que le guitariste est en grande forme!

Sur les morceaux qui suivent, de « Lost in Memory » à « On Peregrine wings », Satriani alterne les riffs très rock avec les envolées mélodiques dont il a le secret. Sans jamais perdre en qualité ni intensité de jeu, le virtuose reste très inventif, ses compositions partant dans des directions inattendues mais toujours intéressantes. Preuve en est avec  « Cataclysmic », aux allures de slalom entre les morceaux d’astéroïdes, qui ferme le premier tiers de l’album, en passant par le blues-rock de « San Francisco blue », jusqu’au virevoltant « Keep on movin' ».  « Butterfly and Zebra », petit joyau de légèreté, s’invite comme une rupture avant les 3 morceaux terminant ce magnifique album : « If there is no heaven » et sa rythmique rapide sur laquelle Satriani pose une mélodie crystalline, un morceau de rock progressif. « Star race across the sky », nous entrainant dans une ballade en compagnie des étoiles. « Goodbye SuperNova » qui clot l’album, est superbe.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce nouvel album concocté par Joe Satriani.

Pour les amateurs de guitare, de mélodies inspirées, il ne faut  pas le louper !

Guillaume.

Les Paul, pionnier d’une guitare légendaire (Gibson LesPaul)


LesPaul_image Quel est donc le point commun entre Les Paul (de son vrai nom Lester William Polsfuss),  né en 1915 aux Etats-Unis, et des guitaristes tels que Robert Johnson, Eric Clapton, Keith Richards, Paul Personne, Louis Bertignac, ou Bob Marley… parmi tant d’autres?

La réponse tient dans un modèle de guitare de la marque Gibson, qui depuis 1952, porte son nom, la fameuse Gibson LesPaul SG.

Après avoir testé l’harmonica puis le piano dès son plus jeune âge, Les Paul achète sa première guitare à l’âge de 12 ans, pour la modique somme de 5 dollars.

A 13 ans, il est un musicien semi-professionnel et à 17 ans, il intègre un groupe de country-music, le Rube Tronson’s Cowboys. Peu de temps après il quitte l’école pour devenir un musicien professionnel.

Musicien précoce, Les Paul s’avère aussi curieux pour tout ce qui touche aux instruments et aux méthodes d’enregistrement. A la fin des années 30, après des expériences en radios locales, dans des shows télé américains, il met au point une guitare « solidbody » (corps plein), qui portera le nom de « la Bûche », dans les locaux de la marque Epiphone. Au début des années 40, il accompagne Nat King Cole puis Bing Crosby.

En 1946 il signe avec la marque Gibson. Peu de temps après, soutenu financièrement par Crosby, Les Paul se lance dans les expérimentations et met au point le premier magnétophone multipistes, issu des ateliers de la marque Ampex (1947).

En 1949, il rencontre une chanteuse, Mary Ford, avec qui il formera un duo pendant 15 ans. Le duo connaitra  le succès avec « How High the Moon » en 1951, puis « May God be with you » en 1953. Ils cesseront de se produire ensemble en 1963.

En 1952, la marque Gibson lui fait signer un contrat lui proposant de développer une guitare qui porterait son nom. Acceptant l’idée puis demandant finalement que cela ne soit pas fait, Gibson passe outre. Le modèle Gibson « LesPaul » est né, faisant la fortune et la renommée du guitariste.

En 2009, Les Paul  s’éteint à 94 ans, laissant derrière lui un nom à jamais associé à un instrument qui fait désormais partie de l’histoire de la musique du 20ème siècle.

Ce modèle et ses héritières, nombre de guitaristes de rock, jazz, reggae ou blues, ont décidé d’en acquérir une, influencés par le son spécial autant que la forme de l’instrument. Parmi les plus célèbres détenteurs de Gibson LesPaul SG ou ses suivantes, on peut citer les bluesmen Robert Johnson, Albert Freddie et BB King, Eric Clapton, mais également l’icône du reaggae jamaïquain Bob Marley, les stoniens Mick Taylor et Keith Richards, les français Paul Personne, Louis Bertignac, sans oublier Mick Mars (Motley Crüe), The Edge (U2), David Gilmour (Pink Floyd) et Pete Townsend (The Who) parmi beaucoup d’autres!

Alors si vous souhaitez  écouter, découvrir cette guitare légendaire et qui traverse les générations et les styles musicaux, faites-le en écoutant  les musiciens nommés ci-dessus.

Guillaume.

The Blues is Cryin’…


BBKing_imageA 89 ans, Riley B.King, alias BB King, aussi surnommé le « King of the Blues » a tiré définitivement sa révérence. Né en 1925 dans le Mississippi, il fut d’abord esclave dans les champs de coton puis conducteur de tracteur (une fierté qu’il racontera des années plus tard), celui qui incarna le Blues plus que tout autre musicien, fut un ambassadeur de la cause afro-américaine aux Etats-Unis,  influençant plusieurs générations de musiciens (Eric Clapton, John Mayall, Jeff Beck, Jimmy Page, Keith Richards, Buddy Guy, Robert Cray, Rolling Stones, U2…) laisse derrière lui un héritage musical immense, une trace très importante dans l’histoire de la musique noire américaine.

Durant sa carrière, qu’il a démarré à 15 ans, remarqué lors de ses passages dans l’émission de radio animée par l’harmoniciste Sonny Boy Williamson, BB King débuta très vite sur scène, sur laquelle il joua jusque 300 concerts par an pendant des années.

Devenu une référence du genre, aux côtés de Freddie & Albert King (aucun lien de parenté), de John Lee Hooker, de Buddy Guy, BB King a su développé un style, un son, reconnaissables dès la première écoute, mais il ne jouait jamais les accords des morceaux interprétés!. Il fut redécouvert  par un nouveau public, dans les années 80, lorsque les Rolling Stones, Eric Clapton ou encore U2 le firent venir sur scène lors de leurs tournées.

Personnellement, j’ai découvert BB King sur 33 tours (oui je sais, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre), avant d’avoir le plaisir de le voir en scène, en 1985, à l’Olympia, venu faire un duo avec le guitariste irlandais Gary Moore, qui après des années passées à jouer du hard rock, était revenu à ses premières amours musicales : Le Blues. Lorsque BB King apparu sur scène, Gary Moore est redevenu un enfant réalisant un rêve. Il côtoyait enfin son idole. Le moment fut absolument délicieux. Le duo, magique, inoubliable!

J’ai eu la chance de revoir BB King quelques années plus tard, dans le cadre du Festival Banlieues Bleues. Soirée magnifique, avec une légende qui ce soir-là était en très grande forme. Il maniait sa fameuse guitare qu’il nomma dès le début »Lucille » avec une dextérité, une aisance déconcertante. Bien sûr, outre sa virtuosité à la guitare, BB King avait une voix, chaude, profonde, parfois plaintive, une voix qui racontait le Blues, son histoire, l’histoire du peuple noir aux Etats-Unis.

Auteur de titres comme « The Thrill is gone », « 3’o clock blues », ou du célèbre « Every day I have the blues », BB King nous laisse un bel héritage, au moment où il rejoint les Hooker, Freeddie et Allbert King, Albert Collins, mais aussi Johnny Winter, au Panthéon du Blues.

Guillaume.

 

Hommage à Mr Mac Cartney, scarabée for ever.


PMCC_imageQu’est-ce qui peut réunir autour d’un micro des artistes aussi différents que Billy JoelChrissie Hynde, Willie Nelson, BB King, Def  Leppard, Cure, Alice Cooper, Kiss, ou encore Harry Connick Jr, Dr. John, Bob Dylan, Sly & Robbie ?… La réponse : un album en hommage au talent du célèbre scarabée Paul Mac Cartney,  qui poursuivit avec les Wings dans les années 70, avant de se produire en solo depuis les années 80-90. Musicien aux multiples facettes (il est donc bassiste, guitariste, pianiste, chanteur, mais aussi compositeur de musique classique, à preuve son oratorio « Ecce Cor Meum », paru en 2007), il accompagne depuis près de 50 ans notre vie, nos souvenirs.

Faire cohabiter autant d’univers musicaux pour un album-hommage peut s’avérer risqué parfois. Ici, hélas, le résultat n’échappe pas à la règle. Il y a certes de belles surprises, mais aussi quelques plantages, tout au long des 34 titres ici proposés (il fallait au moins ca pour honorer le scarabée).

Parmi les  belles surprises, je  vous suggère Billy Joel et son « Maybe I’m amazed », le « Yesterday » en version guitare-voix par le vétéran Willie Nelson, « Every night » à la sauce Jamie Cullum, « Helter Skelter » en version musclée par Roger Daltrey, la belle interprétation de « Hello Goodbye » par les Cure et le fiston Mac Cartney, James, guitariste, « Let it be » tout en délicatesse par la voix de Chrissie Hynde, « Lady Madonna »  par Allen Toussaint.

Au rayon des plantages ou déceptions, je note la version « Things we said today » de Bob Dylan (mais qu’es-t-il venu faire dans cette galère?), « My love » de Harry Connick Jr. , le « Helen Wheels » passé à la moulinette de Def Leppard, « Venus and Mars, Rock show », par les vétérans de Kiss.

Malgré quelques ratages donc, ce double album permet tout de même de replonger dans le riche répertoire de Paul Mac Cartney. Un bonheur qui fait du bien en ce début d’année.

Guillaume.

 

 

 

Slash… n’a plus le feu sacré !


Slash, ancien membre de Gun’s ‘n’ Roses, groupe de hard-blues-rock dans les années 90, mène depuis cette période une carrière en solo, voire solitaire. Pour son nouvel album World on fire, ce talentueux manieur de cordes s’est adjoint les services de Myles Kennedy au chant, et du duo Todd Kerns (basse/ chant) Brent Fritz (batterie, percussions, claviers).

Le résultat, s’il est bien mis en boîte, n’est guère novateur tant dans les compositions proposées, que dans le jeu de guitare de l’homme au chapeau haut de forme. Les titres (17 au total !!! à croire que Slash avait des tiroirs à vider…) s’enchaînent et franchement rien ne se détache, ne survole le lot. L’auditeur que je suis, pourtant fan de ce musicien, s’en trouve déçu.

Cela sonne comme un retour dans les années 80-90, un son gras, des morceaux qui se ressemblent, sans réelle inventivité. Ayant écouté des groupes tels Ratt, Poison, White Lion ou Mötley Crüe à cette époque, je ne trouve rien de très différent, si ce n’est la date de publication de l’album…!! c’est dire !! Où est donc passé le jeu flamboyant, virevoltant, subtil de Slash…? apparemment, il l’a oublié ou pire, perdu en route… se contentant d’assurer, certes proprement, le service minimum.  Ses acolytes se donnent à fond, mais jamais cela ne décolle… jamais ! Et à ce compte-là, 17 morceaux à écouter, c’est beaucoup… trop !!!!

Alors Mr Slash, votre monde est peut-être en feu, mais vous, vous avez perdu le Feu… Sacré !!! Dommage !!!

Guillaume.

Jeff Beck, discret esthète de la six-cordes.


Considéré à l’époque déjà (dans les années 60), comme l’un des plus doués de sa génération, le guitariste Jeff Beck, 70 ans cette année, contemporain des Rolling Stones, d’Eric Clapton, Jimmy Page (deux autres ténors du manche à 6 cordes), est toujours un musicien inventif, innovant, possédant une maîtrise consommée de son instrument.

Après avoir donc débuté au sein des Yardbirds en 1965,  côtoyé Jimmy Page, il fondera le Jeff Beck Group, au sein duquel il sera épaulé par Rod Stewart au chant et Ron Wood (futur Rolling Stones) à la basse. Très demandé, il multiplie les collaborations en studio, comme sur scène, enregistre l’album « Truth » en 1969, considéré comme posant les bases du hard rock à venir.

Venu du blues et ayant posé les bases musicales du hard-rock, il n’hésite pas à explorer d’autres sonorités, d’autres univers musicaux. Ainsi les années 70 le verront s’orienter vers le jazz-rock, le jazz fusion, collaborant avec Herbie Hancock, Stanley Clarke, le Mahavishnu Orchestra, groupe fortement inspiré par la musique hindou. Mais l’homme, indépendant, n’aime pas se fixer, allant toujours de l’avant. Aussi, passé le milieu des années 70, il se consacrera à une carrière solo, moins visible que celles de ses acolytes Clapton, Ron Wood, Keith Richards. Une bonne quinzaine d’albums solos plus tard (avec notamment « Wired », « Jeff Beck Guitar Shop » ou le « live Ronnie Scott Jazz Club »)… Jeff Beck possède l’un des plus jolis et riches parcours musicaux qui soient.  Reconnu par le public, par ses paires, l’oiseau se fait rare sur scène.Ses apparitions sont toujours un évènement. La prochaine prévue en France, aura pour cadre la scène de Jazz in Marciac, aux côtés de Lucky Peterson, pour l’ouverture du Festival.

Alors, si vous aimez les guitaristes, ou sivous voulez tout simplement le découvrir,  Jeff Beck est à ne pas louper, sur disque, comme sur scène.  A 70 printemps, le guitariste anglais nous surprend encore. Réjouissons-nous!!!

Guillaume.

Danse avec Scarlatti


ThibaultCauvin_DanseAvecScarlattiUne agréable surprise que ce disque. la découverte d’un jeune guitariste français mais dont le début de carrière s’est effectué à l’étranger.

Une heureuse rencontre entre le 18ème siècle et la guitare que Thibault Cauvin manie avec maestria. Si les sonates de Scarlatti ont été écrites pour le clavecin et reprises de nombreuses fois au piano, il me semble ici les découvrir pour la première fois.

Merci M. Cauvin pour cette interprétation superbe, sensible et moderne des sonates de Scarlatti.

Françoise

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