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Nos samples rendez-vous #16


Un sample rendez-vous un peu spécial, prévu un peu plus tard à la base, mais étant donné le décès de Prodigy cette semaine, il semblait logique de lui rendre hommage ici.

“I got ya stock off the realness, we be the infamous, u heard of us…”, tous les amoureux du hip hop ont eu ces paroles en tête cette semaine, le morceau c’est bien sûr “Shook ones, part II” sur l’album “The infamous”, sorti en 1995.

Pour la prod., c’est Havoc himself qui s’y colle, l’autre moitié du duo de Queensbridge a décomposé “Jessica” de Herbie Hancock, rejoué une partie du piano, arrangé tout ça avec de grosses caisses pour nous donner cette suite au “Shook ones” original et c’est peu de dire que le second surpasse le premier, pourtant déjà monumental.

Cette pépite de rap hardcore est illustré par un clip qu’on dirait tout droit sorti de “The wire”, qui nous offre la triste réalité de jeunes Afro-Americains issus des cités du QB. Quoi qu’il en soit, ce morceau reste pour moi l’un des tous meilleurs de l’histoire du rap.

Quant au morceau samplé: “Jessica”, le virtuose Herbie Hancock nous l’offre sur l’album “Fat Albert Rotunda”, neuvième album du jazzman, sorti en 1969. C’est son premier album chez Warner et celui où il va commencer à expérimenter les instruments électroniques.

Ce “Jessica” est d’une beauté absolue et d’une grande mélancolie, quand je le compare à son “Rock it”, le morceau qui m’a fait découvrir Herbie, on voit l’étendue de son talent, combien d’artiste peuvent se targuer d’être capable de faire du Jazz classique comme celui-là et de produire également l’un des morceaux qui deviendra l’hymne du breakdance?

En conclusion, je ne dirais qu’une chose, le monde du hip hop a encore perdu un très grand, 42 ans, c’était vraiment trop jeune… RIP Albert Johnson A.K.A Prodigy

 

Laurent

Musiques Césarisées….


LeVieuxFusil_afficheLes Césars 2016 viennent d’être attribués. L’occasion est donc belle de revenir sur les musiques de films  qui ont marqué l’histoire du cinéma français depuis 1976, année de la première cérémonie des Césars, créée par l’Académie des Arts et Spectacles et du Cinéma.

De la musique de « Le Vieux Fusil« , composée par François de Roubaix à celle de « Mustang » écrite par Vincent Ellis, récompensée en 2016, 39 autres ont été composées par des musiciens venus d’horizons très divers (Italie, Pologne, Hongrie, France, Argentine, Espagne, Etats-Unis, etc…), de différents courants musicaux (Jazz, World Music, Rock, Musique classique entre autres). Au cours de ces 41 dernières années, de grands noms ont été récompensés, certains plusieurs fois :  George Delerue (3 Césars consécutifs, pour  « Préparez vos mouchoirs », 1979 ; « L’amour en fuite », 1980 ; « Le dernier métro », 1981 ), Vladimir Cosma (2 césars pour « Diva », 1982 ; « Le Bal », 1984), Tony Gatlif (2 fois, pour « Gadjo di Lo », 1999 ; »Vengo », 2001), Michel Portal, 3 fois (« Le retour de Martin Guerre »,1983 ; « Les Cavaliers de l’Orage », 1985 ; « Champ d’honneur », 1988), Bruno Coulais (3 Césars pour « Microcosmos », 1997 ; « Himalaya, l’enfance d’un chef », 2000 ; « Les Choristes », 2005), Alexandre Desplat 3 fois couronné pour « De battre moncoeur s’est arrêté, 2006 ;  « Ghost Writer », 2011 ; « De rouille et d’Os », 2013.  A côté de ces multi-primés, on trouve Eric Serra (Le Grand Bleu) ; Astor Piazzola (Tango, l’exil de Gardel, 1986) ; Jordi Savall (Tous les matins du Monde, 1992), Gabriel Yared (L’Amant, 1993), Mathieu Chédid (Ne le dis à Personne, 2007) et plus près de nous, Ludovic Bource (« The Artist », 2012), Amine Bouhafa (« Timbuktu », 2015).

La musique, qui dans certains cas, est un véritable « personnage » d’un film, est un élément fort d’identification, autant voir davantage  que l’histoire elle-même.

Vive le Cinéma, Vive la Musique de Film !

Guillaume.

 

 

 

Au tournant des 70’s, la Blaxploitation se fait jour aux USA.


Le tournant des années 70, aux Etats-Unis, est marqué par l’émergence d’un courant cinématographique nouveau, la Blaxploitation. Ce cinéma, avant tout joué par des comédiens issus de la communauté afro-américaine, s’adressait uniquement au public de celle-ci. Ce nouveau genre a permis à la communauté noire américaine de sortir du carcan de racisme, d’exploitation, de ségrégation subi depuis des décennies. A travers les films de la Blaxploitation, tous les genres ont été abordés : policier (Shaft, 1971), comédie (Uptown saturday night, 1974), péplum (The Arena, 1974), western (Boss Nigger, 1975), politique engagé (The spook who sat by the door, 1973). Ils ont permis à d’exprimer le quotidien vécu par la communauté à cette époque, pour mieux s’en affranchir, entre drogue, racisme, prison, prostitution, viols.

ShaftAffiche_imageShaftSamuelLJackson_image
Les comédiens jouant dans ces films avaient enfin des vrais rôles, en vedette, à l’opposé de ceux proposés jusqu’ici aux acteurs et actrices noirs, à savoir être cantonné à jouer une bonne, un esclave, un serveur, un majordome. Certains acteurs-actrices vont voir leur carrière décoller, à l’exemple de : Pam Grier, égérie de la Blaxploitation, à qui Quentin Tarantino confira le rôle de Jackie dans « Jackie Brown », aux côtés de Samuel Jackson, Robert de Niro. Richard Roundtree, dans le rôle de l’inspecteur Shaft (1971, et qui fera une apparition en clin d’œil dans la version remise au goût du jour en 2000 avec Samuel L. Jackson dans le rôle-titre), aura une carrière très inégale ; Philip Michael Thomas (Blackfist, 1975), attendra les 90’s pour devenir une star grâce à son rôle aux côtés de Don Johnson, dans la série « 2 flics à Miami » ; Jim Kelly, karatéka, deviendra acteur et sera vu dans « Opération dragon »(1973) avec Bruce Lee. Il se retira du cinéma pour retourner vers le sport.

Et la musique, direz-vous? Elle est très importante, voire omniprésente, dans ces films. La soul music, le funk, le rhythm and blues sont de chaque bande-son. James Brown (Black Caesar,1973), Curtis Mayfield (Superfly), Isaac Hayes (Shaft, les nuits rouges de Harlem ), Marvin Gaye (Trouble Man), mais aussi Herbie Hancock, Barry White, Roy Ayers, Edwin Carr, Norman Whitfield, issus de labels tels que Stax ou Motown, vont participer à ces films, leurs donnant une identité musicale très forte, qui permettra à ceux-ci de se faire connaitre parfois au-delà de la communauté noire.  « Shaft » notamment, avec le tube composé par Isaac Hayes, sera le premier film à connaitre le succès au delà des Etats-Unis, partout dans le monde.

Ce cinéma, victime d’une surproduction pendant la décennie 70’s (jusqu’à 4 films par an!!), se tarira à l’aube des 80’s. Par la suite, les acteurs et actrices noirs américains se verront proposer des rôles au cinéma bien sûr, mais aussi et surtout à la télévision dans les séries télévisées ou les shows télé. Rien ne sera plus comme avant. Et c’est tant mieux!

Guillaume.