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Erykah, 20 ans déjà…


erykah-badu2017 est le 20ème anniversaire de la sortie de l’album « Baduizm », l’occasion pour moi de revenir sur la carrière de l’une de mes artistes préférées, toutes catégories confondues, MADAME Erykah Badu !!!

Seulement six albums (si on compte « Live ») en vingt ans, certains diront que c’est peu, mais doit-on juger une carrière aux nombre d’albums où à la qualité de ceux-ci ? Pour ma part, la question ne se pose même pas ! Erykah Badu a selon moi, énormément contribué à créer avec D’angelo et Maxwell, ce qu’on appelle aujourd’hui la Nu-soul.

Tout commence à Dallas, avec son cousin, avec qui elle monte le groupe Erykah Free et est repérée par Kedar Massenburg, ancien président de Motown Records à l’époque. Il flaire très vite que la jeune Texane est dotée d’une voix et d’une personnalité unique. Massenburg tient une pépite et la lance dans le grand bain en lui proposant un duo avec un certain D’angelo sur une reprise de « Your precious love » de Marvin Gaye.

S’en suit « Baduizm » en 1997 et c’est le succès immédiat, l’album est certifié triple disque de platine avec des perles comme « On & on », « 4 leaf clover » ou encore « Appletree ». Entourée de ceux qui deviendront plus tard, avec elle, les Soulquarians : The Roots et James Poyser la diva donne naissance à un style, la Nu-soul. Les comparaisons avec Billie Holliday et Sade fusent au même titre que les récompenses, plus rien n’arrêtera Erykah.

Trois ans plus tard, elle revient avec « Mama’s gun » et une sonorité plus funky, mais aussi des paroles plus engagées (ce qui deviendra, aussi la marque de l’artiste) avec des titres comme « A.D 2000 » ou « Bag lady », cet opus est aussi empreint de melancolie due à sa séparation avec Andre 3000 d’Outkast.

Pour sa troisième production studio, « Worldwide Underground » la reine de la Soul revient avec des productions plus hip hop encore et s’entoure de la crème en la matière avec Queen Latifah, Dead Prez et celui avec lequel elle est en couple à ce moment-là, Common, il en découle un album parfois décrié par la critique et pourtant l’un de mes préférés.

En 2008, elle est quelque peu en manque d’inspiration jusqu’à ce qu’elle reçoive son premier ordinateur et que son fils de 7 ans lui fasse découvrir Garage Band et Ichat, là c’est le déclic : Elle peut composer de chez elle avec sa famille à portée de main, échanger avec Questlove et Poyser sur les productions. Voilà donc « New Amerykah part one (4th world war) », élu meilleur album de l’année, il reçoit un accueil très positif de la presse, personnellement, c’est celui que j’aime le moins.

Dernier album studio en date, la 2ème partie de « New Amerykah (Return of the Ankh) » est l’album de la controverse en grosse partie  à cause du clip de « Window seat » où Erykah se déshabille complètement et finit par être abattue sur le lieu de l’assassinat de John F. Kennedy. Le message de l’artiste fut incompris et la vidéo fut une petite tornade médiatique. Cela dit, je préfère vraiment ce CD au précédent.

Depuis 2010, plus rien hormis une excellente mixtape « But you can’t use my phone » inspirée du morceau de Drake « Hotline Bling » de très bonne qualité, mais nous, on réclame un album  studio, tu nous manques Erykah !!!

Laurent

Les papys du hip hop sont de retour.


31atcq18 ans déjà ??? Ça veut dire que j’avais 17 ans quand « The love movement » est sorti, j’étais au lycée, Q-tip n’avait pas encore de cheveux blancs et que Phyfe Dawg était toujours vivant. Ça ne nous rajeunit pas tout ça dis donc !!!

« We got it from here, thank you for your service », voilà donc le nom du nouvel album d’A tribe called quest, ils n’avaient pas plus compliqué, vous me direz? En fait, ce titre est bien clair, la tribu considère cette nouvelle génération de rappeur désintéressé de la politique et de la condition des jeunes aux Etats-Unis. Ils souhaitaient faire un rappel de ce qu’était le hip hop et ce qu’il devrait être, selon eux (et moi). Certains sont épargnés, tel Kendrick Lamar, J. Cole ou Joey Badass, aurais-je les mêmes goûts que nos pionniers du rap ???

Quoi qu’il en soit, cet opus est bien plus convaincant que celui de De La Soul, sorti quelque mois plus tôt. On retrouve cette ambiance jazzy qui a fait de la tribu ce qu’elle est. Les rimes de nos mc’s sont toujours aussi bien aiguisées et les guests sont en nombres et de qualités : Talib Kweli, Kendrick Lamar, Andre 3000, même Sir Elton John a participé à cet évènement. L’apport le plus marquant est bien sur Busta Rhymes, ami de longue date du groupe et qui participe à cinq morceaux, il est presque une extension d’ATCQ et un remplaçant naturel de Phyfe.

WGIFHTYFYS (acronyme de l’album) est censé être la dernière production du groupe, espérons qu’ils changent d’avis, même s’il faut attendre 20 ans encore…
Laurent

 

Common, plus engagé que jamais !


 

commonDeux ans après « Nobody’s smiling », Lonnie Rashid Lynn Jr, plus connu sous le nom de Common revient avec « Black America again », son onzième album. Soyons clair, étant un gros fan de l’artiste, je ne suis pas sûr d’être absolument objectif, mais je vais faire de mon mieux, promis !

A savoir que selon moi, Common n’est jamais aussi bon que quand il traite de sujets sensible et c’est le cas ici. Artiste très  engagé dans la cause Afro-Américaine, il n’est pas passé à côté de l’occasion d’exprimer ses idées sur le contexte politico-social Américain. Entre son « indésirable » nouveau président et le mouvement #Blacklivematters en réponse aux nombreuses violences policières, il y avait matière à débattre.

Musicalement parlant, on retrouve une sonorité comme à l’époque des Soulquarians et des productions de J.Dilla. Ici, c’est Karriem Riggins, le batteur Jazz du Ray Brown trio qui est aux manettes et le musicien n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà produit pour Erykah Badu, Slum village ou encore Talib Kweli. Ce duo fonctionne parfaitement et nous offre un opus proche de « Electric circus » sortie en 2002. C’est très jazzy et ça colle parfaitement au thème de ce « Black America again ».

Pas évident de mettre des morceaux en avant, tant l’heure passée en compagnie de Common semble être pensée pour s’écouter d’un trait, mais le single du même nom que l’album frappe quand même très fort avec notamment la présence de Stevie Wonder à la fin du track (A voir absolument son clip de 20 minutes dans le même ton que celui d’Alicia Keys, sorti le même jour). Les guests de prestige ne s’arrêtent pas là, avec John Legend, BJ the Chicago Kid, Bilal et d’autres encore, Common a su s’entourer de la crème de la Nu-soul actuelle.

Je vous avais prévenu, quand il s’agit de Common je suis rarement aussi enthousiaste… Je mettrais cet opus dans la lignée du « To pimp a butterfly » de Kendrick Lamar, c’est tout dire.

Laurent

Dans l’esprit d’un enfant de Chicago…


bjBryan James Sledge, alias BJ The Chicago kid est la nouvelle coqueluche de la nouvelle scène Soul/R’nb de Chicago et la dernière trouvaille du label légendaire Motown. La windy city, non contente de nous avoir offert des artistes tels que Curtis Mayfield, Donny Hathaway ou plus récemment R. Kelly ou encore Carl Thomas, semble avoir un vivier infini car BJ est une pépite en devenir.

Je l’ai découvert sur l’album de Dr Dre « Compton », mais le chanteur de 31 ans traine ses basques depuis une dizaine d’années déjà en tant que choriste pour Mary Mary ou Lalah Hathaway et ensuite sur des mixtapes, où il multiplie les duos avec Kendrick Lamar, Joey Bada$$ et autres Schoolboy Q.

« In my mind » est donc son 1er album studio et vu la qualité de celui-ci, surement pas le dernier. Dans la pure tradition du R’nB Chicagoan, Sledge nous ballade dans son esprit durant 1heure avec brio, son style est assez éloigné de ce qui marche actuellement, les Chris Brown, Ne-Yo etc… C’est assez lent, romantique avec une voix très douce (C’est un chanteur Gospel à la base).

Coté featuring, que du bon et des artistes avec qui il a l’habitude de collaborer : Kendrick Lamar sur « New cupid », un des singles de l’album, mais aussi Chance the rapper où Jeremiah. Plutôt pas mal comme guests pour un premier album, non ?

Je vous invite également à découvrir BJ the Chicago kid sur Youtube où il reprend énormément de classiques Soul/R’nb à sa sauce et franchement, c’est juste du bonheur !!!

Laurent.

 

 

Il joue du piano debout


Le 4ème album de General Elektriks est paru pour notre grand plaisir en ce début d’année 2016, cinq ans après Parker Street.

Dans cet album To be a Stranger, General Elektriks, de son vrai nom Hervé Salters nous plonge dans des explorations diverses, des ambiances variées, en mixant les genres et les époques. Expatrié à San Francisco dans les années 2000, puis à Berlin, Hervé Salters a la curiosité d’explorer les genres, et de se laisser influencer tantôt par la soul, la funk, tantôt par le hip hop voir le jazz.

L’ensemble est pourtant cohérent, imaginatif et intelligent. Hervé a écrit, arrangé et réalisé ce cd, et c’est Mike Cresswell qui l’a mixé. Une place importante est donnée aux claviers et plus précisement aux clavinets (qui se substituent parfois à la guitare rythmique) ainsi qu’à d’autres claviers vintage.

C’est un album pour danser, mais pas uniquement. General Elektriks réussit encore une fois avec sa voix haut perchée, son énergie décalée à nous apporter de la bonne humeur et surtout du swing.

Michèle