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Séance de rattrapage Hip Hop de 2018.


Comme je l’avais fait dans la chronique sur Method Man et Ice Cube, voici une petite séance de rattrapage sur des disques dont je n’ai pas pu vous parler l’an dernier, étant donné que les sorties sont pauvres ces derniers temps, j’en profite…

Bas, dans la voie lactée…

Bas, si vous ne le connaissez pas, c’est le “petit” protégé de J.Cole, signé sur son label Dreamville et le petit bonus cocorico, c’est un Français, enfin, il est né à Paris, pour le reste, il a emménagé à New York très jeune et a toute la panoplie du mc de la grosse pomme classique.

Milky way est donc son troisième disque sur le label de Cole et aussi celui que je trouve le plus abouti. On y sent l’influence du patron, mais Bas a tout de même son propre univers, bien plus joyeux que celui de J.Cole.

Quatorze titres avec quelques belles collaborations comme Ari Lennox, la “SZA” de Dreamville, a qui on souhaite le même succès, d’ailleurs. J.Cole est bien sûr de la partie aussi sur le single aux vibes Cubaine, c’est frais, joyeux et le clip est super sympa aussi, Cole qui porte un maillot du PSG, fera plaisir aux supporters du club de la capitale. Vous retrouverez aussi A$ap Ferg sur “Boca Raton”, c’est costaud aussi avec une instru hyper destructurée mais bien travaillée, Lion Babe aussi, que j’avais découvert sur la B.O d’Insecure.

Et Bas dans tout ça, me direz-vous? Et bien je dirais qu’il maîtrise son flow mieux que jamais, alternant les tracks up-tempo comme “Sanufa” ou “Spaceships” et ceux plus classique comme le “Barack Obama special”, qui est l’un de mes préférés de l’opus avec “Designer” aussi qui me rappelle certains morceaux de 2pac de l’époque.

Bref, le disque est très complet, il y en a pour tout le monde, je pense que vous devriez vous régaler sur le “Milky way” de Bas.

La bonne nouvelle de Phonte

Phonte, c’est un vrai coup de coeur pour moi, je l’ai connu de par ses featuring The Roots sur des morceaux comme “The day”, mais surtout “Now or never”, un morceau sur “How I got over” que je trouve hyper inspirant, sur la prise de conscience et la prise en main de soi, bref, je m’égare, je vais repartir mon groupe de Philly…

Ce que j’aime particulièrement chez Phonte, c’est la diversité de son talent, aussi en doué en chant qu’en rap, un peu comme mon pote Bibo d’ailleurs, il y a des artistes comme ça qui ont besoin de plusieurs styles pour exposer l’étendu de leur talent.

L’ancien de Little Brother (avec Rapper Big Pooh et 9th Wonder) nous propose avec “No news is good news”, son deuxième album solo et c’est une pépite, croyez-moi!!!

Quand j’ai entendu la première fois “So help me God”, c’est devenu instantanément un must de ma playlist, idem pour “Pastor Tigallo”, dans lequel Tamisha Waden survole le refrain, j’adore!!! Niveau collaboration, vous retrouverez la plume de l’indiana, alias Freddie Gibbs et sa voix rauque et également le crooner Eric Roberson, habitué des featuring avec Phonte, ils ont même sortis un disque commun en 2016 qui s’appelle “Tigallero” et qui ma foi, plutôt pas mal!

Mon autre véritable kiffe du disque de l’album c’est “Cry no more”, le piano mélancolique est tout simplement magnifique, c’est pas le morceau le plus gai du skeud, mais franchement quelle merveille…Phonte a clairement choisi d’accentuer sa facette mc plutôt que celle de chanteur qu’il n’utilise que dans “Change of mind” avec Gibbs et sur “Euphorium”, le morceau de clôture du disque. Donc, si vous souhaitez découvrir la belle voix de l’artiste de Caroline du Nord, je vous recommande plutôt d’écouter ses disques avec The foreign exchange ou celui avec EricRoberson. Quoi qu’il en soit, je ne sais pas pour vous, mais pour moi ce disque n’est rien d’autre qu’une bonne nouvelle pour le monde de la musique.

Laurent

RIP NIP


Encore une fois le Hip Hop pleure un de ses grands artisans… Malheureusement, en me réveillant le 1er Avril, je lis mes news et crois forcément à un poisson d’Avril ridicule et morbide, mais il n’en est rien, la veille, Nipsey Hussle est assassiné dans son quartier, devant sa boutique. Je ne vais pas refaire l’histoire, vous l’avez sans doute lu, c’était partout la semaine dernière.

Par contre, je me devais de rendre hommage à celui, qui, pour moi, tenait le flambeau de la West Coast avec Kendrick Lamar, Nipsey était non seulement fichu d’un talent fou, mais il était aussi humainement très investi dans sa communauté, un mari et un père de famille fier de ses valeurs et de son quartier.

Musicalement, il avait tous les codes du rap de la côte ouest comme je l’aime, sa musique aurait eu fière allure auprès des classiques de Snoop ou d’Ice Cube, les grosses basses sont là, le flow est parfait et ses textes racontaient parfaitement la vie des jeunes de Crenshaw.

Nipsey était un des rares rappeurs à faire consensus, apprécié de tous et sur le point d’exploser artistiquement après la sortie de son premier disque studio, “Victory lap”, nominé aux Grammy, adoubé par les légendes comme par ceux de sa génération, il nous quitte bien trop tôt.

Après Mac Miller ou XXX tentacion, cette génération, comme celle des 2Pac et Biggie continue de partir trop jeune, il est temps que ça s’arrête et que les artistes rap continuent de nous régaler sur scène plutôt que de tomber sous les balles…

Alors plutôt que d’en faire une nécrologie, je préfère laisser parler sa musique.

HUSSLE IN THE HOUSE

Laurent


I represent the real hip hop!!!


Cette phrase, vous l’avez probablement déjà entendue, le “I represent the real hip hop!!!”, tiré du morceau des Da Bush Babees “We run things” a été samplée, scratchée des tonnes et des tonnes de fois dans le rap et pour cause, elle exprime, selon moi, un sentiment important de la culture hip hop et du rap en particulier, la fierté et la reconnaissance envers ceux qui ont fait son histoire. C’est ce dont je vais vous parler aujourd’hui, avec une petite playlist de tracks qui rendent hommage à cette musique rap, rap musique que j’aime, n’est-ce pas Zoxea?

L’idée de cette chronique m’est venue en réécoutant le remix de Thomaxx du morceau de Bekay “I am”, dont l’originale, produite par Alchemist n’est pas mal non plus, mais ce remix de fou furieux, avec un sample de la B.O du seigneur des anneaux est tout simplement génial.

Peut être (sans doute) existe t-il des odes au hip hop dans d’autres langues, les Allemands par exemple ou les Italiens, voir les Japonais, sont des fervents auditeurs de rap, mais je dois reconnaître que je suis nettement moins calé à ce niveau là, je me suis donc concentré sur ce que je connais, le rap US et Français et croyez-moi, il y a déjà du level!!!

Côté Français, je vous ai ressorti un morceau de Rocca, “Génération hip hop”, où l’ex de La Cliqua, nous raconte sa jeunesse et sa découverte de sa passion. Il n’est pas le seul des anciens du rap hexagonal à nous faire part de son amour pour le hip hop, LE groupe le plus mythique du rap Français, je parle bien sûr des NTM, l’avait déjà fait dans “Tout n’est pas si facile” où ils nous rappellent qu’avant eux, en France, des gars comme Dee Nasty faisait connaître les pépites venues tout droit des US de Grandmaster Flash, Afrika Bambataa et les autres…

Toujours pour nos Frenchies, je vous ai mis Zoxea, Les spécialistes, Diam’s, ça c’est pour les mc’s Oldschool, mais les petits nouveaux savent être reconnaissants aussi, des gars comme Médine avec son “Lecture aléatoire” faisait la part belle aux légendes du game. D’autres comme Bakar, se sont essayé à un exercice plus périlleux mais réussi: sur un seul morceau, il mélange les instrus de plusieurs mythes du rap Français et adapte son styles à chacune d’entre elle, en résulte un clip avec des invités de marque pour accompagner le jeune de Chartres. Dans cette liste, vous retrouverez aussi deux de mes mc’s favoris actuellement, qui eux aussi rendent leur hommage de manière originale, il s’agit de Lino et Youssoupha, pour respectivement “Bande originale” et “Chanson Française”. Si Youss fait finir ses phrases par des samples d’anciens morceaux, Lino, lui, nous glisse des mini boucles d’instrus ricaine pour accompagner le soundtrack de sa jeunesse.

Chez les pionniers, aux Etats Unis, les hommages à la “Golden Era” font légion aussi et de gros gros titres ont émergés de cette tendance, je vous ai évidemment mis le morceau de Das EFX “The real hip hop”, j’étais un peu obligé non? Pas tant que ça de noms à qui ils rendent hommage, mais toutes les valeurs sont là et sont mises en avant, donc, on valide!!!

J’ai mis aussi une chanteuse, mais vous la connaissez, c’est ma chouchoute, Erykah Badu et son “Love of my life”, pendant du “I used to love HER” de son ex, Common, également présent sur la playlist, bien sûr!

Les géants du milieu sont bien présents et porteurs du flambeau, des gars comme Nas, The Roots ou même Redman sont là pour nous crier leur amour au hip hop. On mélange les générations aussi avec Hov himself et celui qui porte aujourd’hui le hip hop conscient sur ses épaules, J. Cole que Jay avait lancé dans le grand bain avec ce “A star is born” sur son “Blueprint 3.”

Enfin et je ne vous en ai pas parlé dans la partie hexagonale de la chronique, mais un artiste qui rend un hommage vivant à la culture rap Française (et un peu US, mais aussi à moindre mesure), que vous connaissez peut être, il s’agit d’Eklips, imitateur des plus grandes voix du rap Français, beatboxeur de génie, ce petit gars de Bourgogne vous trompera tant ces imitations sont parfaites, jusque dans les gimmicks vocaux des mc’s.

Alors voilà, moi aussi, je voulais crier mon amour à cette musique et lui rendre hommage à ma manière, parce que je passe mon temps à critiquer une grande partie (pas toute) de la nouvelle vague rap actuelle, ceux qui pour moi, passe plus de temps à chanter (si on peut dire) qu’à  rapper, voilà, ceux qui pour moi, ont porté les valeurs de cette culture et j’espère qu’à travers ces morceaux hommages, elles ne se perdront pas…

Laurent

Un véritable cocktail Mono Tof !!!


Ah! Enfin!!! Je suis super content de voir le projet de cet artiste réalisé, ça fait un petit moment que je suis son évolution sur les réseaux sociaux, je l’avais découvert sur le disque de Demi Portion, “2 chez moi” que j’avais chroniqué il y a deux ans et j’ai tout de suite adhéré au style du gars.

Après l’avoir découvert musicalement, j’ai appris à apprécier le personnage à travers son exposition sur le web, toujours disponible et véhiculant un message positif à travers sa musique et l’image qu’il donne du rap Français.

Stéréotypé” est donc son premier album studio, il a pris son temps pour le sortir, a fait ses armes comme il se doit et il a bien fait car ce premier opus est une réussite. Dans son concept d’abord, chaque morceau est titré d’après un personnage réel ou fictif, sauf “Indépendant” et “Stéréotypé”. Tous les autres tracks vous évoqueront sans doute quelque chose, de “Zidane” et son fameux coup de tête, à “Andy Dufresne” et sa cuillère dans les évadés, en passant par “Bart Simpson” et son “Petit gang, petit gang”, pas facile de faire le lien entre tous ces personnages, mais ça marche bien car le disque est bien construit et on se retrouve assez facilement dans l’univers de Mono.

Le style est brut, le flow de l’artiste s’adapte aussi bien aux instrus “trap-ish” qu’aux classiques du Boom Bap, il le dit lui-même d’ailleurs, il ne s’enferme dans aucun registre et navigue parfaitement partout là où il traîne son mic.

Le disque s’écoute sans broncher, on remue le casque tout au long des 45 minutes passées ensemble, je n’ai abandonné qu’un track, c’est “Boubou” auquel je n’ai pas réussi à adhérer, je pense que je kiffais tellement l’intro du morceau que j’aurais aimé l’entendre tout le long du morceau, mais bon… sur treize plages, je pense que ce n’est pas bien méchant.

Pour le reste, c’est vraiment frais, sincère et mes préférences iront naturellement à “Scottie Pippen” (je suis un fan de basket, donc ça va de soi) où je trouve Mono au top de sa forme, il débite le refrain avec une verve étonnante. Et j’ai également beaucoup aimé “Néo” et “Zidane” qui ont des instrus au top, d’ailleurs, Mono, si tu me lis, j’aimerais bien savoir qui fait tes prods, parce qu’il faut aussi le féliciter!

Voilà, je vous invite vivement à découvrir ce jeune artiste, qui comme son acolyte Demi Portion et mon pote Bibo, il donne des belles couleurs au rap du sud.

Laurent

Avoue qu’Tu Kiffes toujours 20 ans après…


Mon année rap Français ne pouvait pas mieux se terminer!!! Le grand retour de l’un des collectif qui a le plus marqué ma jeunesse hip hop, peut être même celui qui m’a le plus marqué avec Mafia Trece, je parle bien sûr d’ATK.

Ils l’avaient promis à Fredy K, leur ami et partenaire de scène décédé en 2007, ils se retrouvent, reforment la troupe après vingt ans et nous pondent une pépite, “On fait comme on a dit” avec en tête de liste le morceau du même nom, véritable hommage à leur pote parti trop tôt, mis en image par un superbe clip en plan séquence, en noir et blanc, dans les rues de Paris, où Antilop SA, Axis, Test, Cyanure, DJ Tacteel et Freko déambulent, comme si ils n’avaient jamais quittés le devant de la scène hip hop Parisienne, j’en frissonne encore…

Moi j’ai été bercé par “Heptagone”, ce disque a pour moi, marqué toute une époque et si ATK n’a jamais connu le succès qu’il aurait dû avoir, pour beaucoup d’entre nous, ils restent l’un des groupes références du rap Français, alors quand j’ai vu qu’ils ressortaient quelque chose, j’ai fait trois tours dans mon casque!!!

Le risque dans ce cas, c’est toujours la déception, de se dire que c’était “mieux avant”, mais pour le coup, c’est loin d’être le cas, ce comeback est une vraie réussite, dès le premier track, j’ai capté que j’allais manger cet album!!! Alors, je parle de comeback, mais en réalité, les mc’s d’ATK ne sont jamais restés loin du rap et même si ils n’ont plus sorti d’albums studio depuis longtemps, chacun, suivant sa route est resté proche du mic et c’est sans doute ce qui fait que cet opus est si fort, ils y amènent tous leur plumes, leur styles si différents et pourtant si complémentaires.

ATK nous offre 17 titres avec des prods comme je les aime, vraiment adaptées aux thèmes de chaque plage, par exemple sur “Maisons closes”, une guitare mélancolique vient ponctuer les rimes tristes des cinq rappeurs, alors que sur le morceau d’après, “écoute écoute”, on retrouve une production beaucoup plus simple, qui va droit au but avec ces quelques notes répétitives qui laissent plus de place au texte qui lui, frappe fort!

Certains diront que ce disque est resté coincé dans une époque tant il est marqué du sceau du crew heptagonal, perso, je suis complètement fan et j’espère que les jeunes rappeurs vont s’inspirer de ce qui est proposé ici.Par exemple il suffit d’écouter Cyan sur “Infinitif” pour prendre une leçon de flow, il s’adapte à l’instru, accélère à 100 à l’heure quand il le faut, redescend en deux secondes et repart de plus belle, il n’a rien à envier à Talib Kweli la-dessus et dans ma bouche, croyez-moi c’est un sacré compliment!

Autre détail important pour moi: les refrains des morceaux! Vous allez dire, à force, que je suis en guerre contre l’autotune, mais mince!!! Vous voyez que c’est possible!!! On demande à personne d’être Luther Vandross, mais ici, vous voyez bien que les gars d’ATK le font et bien! La voix rocailleuse de Freko ou celle plus posée d’Antilop SA sont parfaites pour ce genre de choses. Sur “Jour J” par exemple, le Freko dingue introduit parfaitement le refrain du couplet en poussant un peu la chansonnette, j’adore ce passage.

Bon, après on va pas se mentir, c’est pas un disque qui respire la joie de vivre, des morceaux comme “Psychopate”, “Muses évaporées” ou la revisite géniale de “Petits bateaux” ne vous feront pas forcément démarrer 2019 avec la banane, mais bon le hip hop n’est-elle pas une musique d’époque? Et celle dans laquelle on vit aujourd’hui est loin d’être toute rose, donc je pense qu’on colle à merveille à l’actualité et que du coup, le moment semble idéalement pour nous offrir ce disque qui a tant de choses à dire.

Voilà, vous l’aurez compris, quand, j’ai été un peu déçu par les derniers opus des grands du rap comme Kery James, Youssoupha et Flynt, le retour du « crew qui prend du poids comme un gars obèse », lui m’a vraiment, mais alors vraiment fait kiffer!!! Merci pour le rap Français les gars!!!

Laurent

Les Soprano, une virée musicale au Bada-Bing!!!



Hormis The Wire, si il y a bien une série dont je me dois de vous parler, que ce soit pour sa bande originale ou simplement pour l’oeuvre dans son ensemble, c’est bien les Soprano. L’histoire de cette famille mafieuse du New Jersey est tout simplement passionnante, les six saisons de la série nous offre le quotidien d’une famille presque comme une autre, au détail près que Tony joué par l’inoubliable James Gandolfini, le père, est le boss d’une des familles de la pègre les plus importantes de l’Etat de New York. Si il est impitoyable comme capo, il est également empreint au doutes et à des crises de panique, ce qui est un peu le point de départ du show. A vrai dire, il en est au point où il consulte une psy, ce qui est absolument proscrit dans le milieu, il est donc obligé de faire ça en secret, ce qui donnera lieu à des situations rocambolesques. Voilà, plus ou moins le point de départ de la série, je ne vais pas vous en dire plus pour ne pas spoiler quoi que ce soit, on a affaire à un véritable bijou et en dévoiler quelconque détail serait un sacrilège, ce sont pour moi, avec le chef d’oeuvre de David Simon, mes 2 séries préférées.
Avant de vous parler musique, je vais quand même vous faire un petit point casting, parce qu’on est quand même sur du cinq étoiles. Vous pourrez retrouver dans le rôle de Carmela, la femme du patron, l’excellente Edie Falco, vue ensuite dans Nurse Jackie, Steven Van Zandt dans le rôle du consigliere, l’ex guitariste de Springsteen sera aussi consultant musical, sans oublier Michael Imperioli, génial en neveu de Tony. Plus que ce casting principal, qui parle surtout aux aficionados de séries, ce sont les guests qui sont impressionnants, de Steve Buscemi (Fargo), Frank et Nancy Sinatra, Frankie Valli, Sir Ben Kingsley, Michael B. Jordan (Black panther), Lady Gaga et j’en passe… Comme quoi, avoir un rôle dans les Soprano était un honneur, même pour les plus grands.
Bon, ça y est, on y vient à la playlist de la série! C’est sans doute la bande son la plus éclectique que j’ai pu entendre à ce jour. Il faut savoir que David Chase, le réalisateur a eu son mot à dire sur chaque morceau de la série, certains épisodes ont même été écrits en partant d’une chanson. Vous aurez de tout, vraiment tout dans cette B.O, j’ai même du mal à comprendre comment ils ont pu trouver une cohérence dans tout ça. Evidemment, vous retrouverez pas mal de crooners Italo-Américains, Frank Sinatra en tête de liste, notamment dans les scènes flashbacks où on voit la jeunesse de Tony et l’époque de ses parents. Du Doo-Wop aussi, de la Soul avec Otis Redding, les O’Jays ou les Temptations, de la musique Italienne avec Andrea Bocelli et son “Con te partiro” légendaire. C’est pas tout, j’ai dit que vous auriez de tout non? Du hip hop et du R’nB avec Ja Rule ou les TLC par exemple, du Rock aussi avec la sublime voix d’Annie Lennox, Metallica ou encore les Eagles. Evidemment, j’en passe et des meilleurs, il s’agit d’une sélection de 135 morceaux que je vous ai concocté, mais il en est un qui est absolument inoubliable, c’est le générique de la série, le fameux “Woke up this morning” des Alabama 3, impossible de ne pas se souvenir de ce générique conclu par l’arrivée de Tony devant chez lui. D’ailleurs, je vous en reparlerais probablement dans une édition de nos samples rendez-vous, en attendant… Bienvenue au Bada-Bing!

Laurent

Anderson .Paak termine sa “Beach series” en beauté!!!


ALERTE À LA BOMBE!!!

Voilà le disque que j’attendais le plus en cette fin d’année (à part si The Roots nous lâche leur “End game” un jour…), le dernier opus d’Anderson .Paak, sous la direction de Dr. Dre s’il vous plaît, voici donc Oxnard!!!

Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, Paak, c’est le petit protégé du Docteur le plus célèbre de la musique Californienne et même si ça fait déjà un petit moment qu’il traîne son bonnet et sa voix cassé sur les scènes du monde entier, la véritable explosion de cet artiste ne se fait en réalité qu’avec sa collaboration sur “Compton” en 2015, dans un premier temps, mais surtout avec la sortie de “Malibu”, l’année suivante, le deuxième volet de sa “Beach series” où il met en lumière différentes ville de Californie en bord de mer, le premier étant en “Venice” en 2014. Alors, allons-y si vous le voulez bien…Direction Oxnard, la ville natale d’Anderson.

14 titres au programme avec des invités de prestige, l’un des producteur les plus talentueux du game et un Paak toujours aussi à l’aise entre Soul, Funk et Hip Hop, alors qu’est-ce qui pourrait aller de travers me direz-vous? Et bien pour ma part, pas grand chose, je ne me suis vraiment pas ennuyé pendant une heure, j’ai essayé, mais non, rien à faire, c’est vraiment trop bon!!!

Déjà, à la sortie du single “Tints” avec Kendrick Lamar, je me suis dit là, on tient quelque chose de LOURD!!! Ce titre est trop funky et les 2 pépites de Dre se complètent à merveille dessus, le clip aussi est assez dingue et complètement décalé du morceau, à voir absolument!

Alors, évidemment, c’est le 1er single, donc il a envoyé du bois et on aurait pu se demander si il lui en restait sous le pied, mais ce serait mal connaître l’enfant d’Oxnard. Je dirais qu’il y a encore mieux sur le disque, personnellement, j’ai un énorme coup de coeur pour “Cheers” avec le vétéran dA Tribe Called Quest, monsieur Q-Tip himself!!! C’est comme si, malgré le choc des époques, ces deux-là étaient fait pour bosser ensemble, Tip n’a rien perdu de son flow légendaire et Paak n’a franchement rien a lui envier non plus. Quant à la prod, elle respire la bonne humeur comme pour le premier single, d’ailleurs je dirais que ce disque, si il était sorti l’été, aurait tout casser au niveau des ventes.

Je suis loin d’être au bout des feat de prestiges dont je vous parlais, vous pourrez retrouver le Doggfather aussi!!! Snoop Dogg abandonnant ses trips Gospel ou Reggae pour briller sur ce track, on retrouverait presque le Snoop des 90’s sur “Anywhere”. Pusha T est également là pour accompagner Paak sur un morceau avec un titre sorti tout droit de New Jack City “Brother’s keeper” (Suis-je le gardien de mon frère?)

 

Je vais pas faire toute la chronique sur les feat, mais ils m’ont tellement régalé que je suis obligé d’insister un peu, J.Cole fait parti de l’aventure aussi sur “Trippy”, BJ The Chicago Kid dont je vous avais parlé il y a quelque temps, Dre, lui même fait une apparition (pas la meilleure) et je finirais par les petites merveilles de la Soul moderne que sont Norelle, mais surtout Khadja Bonet qui ouvre le disque sur “The chase” qu’on croirait tout droit sorti de la B.O d’un film de la Blaxploitation, une petite bombe!!! Je pense qu’au même titre qu’une Jorja Smith, on a pas fini d’entendre parler de ces 2 nanas!

Si… j’oubliais presque, l’unique raté du disque selon moi, le dernier morceau où Anderson s’essaye à un style quelque part entre Soul et Reggae avec un accent jamaïcain un peu étrange et inutile à mon avis, mais bref, c’est un morceau sur quatorze, je vais pas en tenir compte…

Au niveau des thèmes traités, tout y passe plus ou moins, des morceaux sexys au plus intimistes, Paak s’attaque même à la politique et au Président en place avec un brin de cynisme. On a même le droit à un petit clin d’oeil à son pote récemment décédé Mac Miller. Niveau production, le disque est bien entendu supervisé par Dr Dre, mais l’artiste, pour une fois sans son groupe les Free Nationals, garde quand même bien la main sur l’ensemble et laisse même une petite place pour le génial 9th wonder, en soit, c’est du solide tout ça!

Alors voilà, faites vous votre avis, j’ai lu plusieurs retours ou les gens étaient presque déçus, ils attendaient un Paak plus original encore, personnellement, je trouve qu’il a gagné en maturité et que si il n’a pas forcément pris de gros risques, il a fait ce qu’il sait faire et à la perfection, au fond, c’est ça qu’on aime non?

Laurent

 

Alpha serait-il le number Wann?


“Une main lave l’autre”, c’est l’album tant attendu d’Alpha Wann, “l’autre” mc issu de 1995, le pote de Nekfeu a toujours été pour moi, le plus talentueux des 2 rappeurs, mais resté plus underground alors que son acolyte explosait aux yeux de tous.

Alors, je parle de number one dans le titre, je vais être plus précis: je dirais qu’Alpha est certainement l’un des rappeurs de cette génération les plus doués, surtout techniquement. Il a une maîtrise du flow que peu sont capable d’égaler à l’heure actuelle. Il me rappelle énormément Ill, des X-men. Je trouve que ce disque marque d’autant plus les similarités entre les 2 mc’s, dans leurs qualités, comme dans leurs défauts. La qualité première, c’est la maîtrise de l’art, Don Dada, comme son illustre aîné, peut rapper sur n’importe quel beat avec brio, lent, rapide, peu importe! Il sait où poser sa voix, où reprendre son souffle, où placer les punchlines, bref, il sait ce qu’il fait! Maintenant, pour l’aspect négatif (qui n’en est pas vraiment un), je trouve que là aussi, les deux ont un manque de morceaux à thèmes, enfin, en réalité je trouve qu’ils s’enferment un peu dans le freestyle et encore une fois, le boulot est très bien fait, mais sur 17 morceaux, j’aurais aimé qu’Alpha nous propose aussi, du rap à histoire, du rap avec un message, parce qu’avec un tel talent, il serait l’arme idéale pour donner une parole à une génération qui en manque cruellement.

Ceci étant dit, je ne vais pas cracher dans la soupe, “UMLA” est un disque de qualité, l’un des meilleurs au niveau rap Français cette année, à mon goût en tout cas.

Si je dois sortir quelques titres du lot et c’est pas facile, je miserais sur “Cascade remix”, qui est pour moi, carrément le meilleur du disque, c’est peut être le seul où Alpha s’ouvre le plus, il nous raconte des anecdotes et ça envoie ce track au dessus des autres à mon avis.

“Flamme olympique” aussi est une tuerie, c’est un festival de prouesses techniques derrière le mic, l’instru hyper simpliste est parfaite pour cet egotrip de haut niveau!

Enfin, j’ai beaucoup aimé “Langage crypté”, un morceau bien street avec une instru très dark de Diabi, c’est presque les prods du Queens Bridge dans les 90’s.

Après, c’est difficile de parler d’UMLA sans mentionner “Ca va ensemble”, 7 minutes divisées en 3 beats différents dédiés au savoir faire d’Alpha, que dire? C’est du champagne, alors régalez-vous avec le Don Dada, qui n’est pas loin d’avoir raison quand il dit qu’il est “le dernier rappeur qui rappe”.

Laurent


Luke Cage, un super héros à la rescousse des soundtracks!


Parmi toutes les séries de super-héros de l’égérie Marvel (et il y en a un paquet!!!), une se démarque musicalement et je dirais même que, peu importe si vous aimez l’univers Marvel (bien sûr c’est mieux si c’est le cas) ou pas, musicalement au moins la série vaut le détour, depuis Power, c’est probablement ce que j’ai entendu de mieux.
Déjà, pour vous donner un ordre d’idée de ce qui vous attend, la production a décidé de nommer chaque épisode de la série d’après un morceau de Gangstarr pour la première saison et pour la deuxième, le choix s’est porté sur Pete Rock, dans le genre classique, on fait difficilement plus fort.
Alors, encore du hip hop me direz-vous? Oui, principalement, mais pas que, loin de là! Soul et Reggae sont aussi bien représentés, mais on y viendra plus tard, pour le moment, je vais quand même vous donner rapidement le contexte de la série.
Luke Cage, c’est la troisième collaboration entre Netflix et Marvel pour la saga des Defenders. Le héros de Harlem est introduit pour la première fois dans Jessica Jones, on le découvre en tant que barman et potentiel amant pour Jessica. On se rend rapidement que ce n’est pas un barman comme les autres, le type a des sacrés pouvoir, il est quasiment indestructible et à une force phénoménale. Sans spoiler pour ceux qui n’auraient pas vu Jessica Jones, quand la série de Luke commence, nous le retrouvons quelques mois plus tard, incognito dans sa ville natale de Harlem, où il essaie de vivre une petite vie au calme mais c’est sans compter sur Cornell Stokes alias Cottonmouth et sa cousine Mariah Dillard, qui dirigent les trafics de la ville et y font régner la peur. Luke ne pourra bientôt plus se cacher sous sa capuche et devra accepter les responsabilité qui vont avec ses pouvoirs.
Voilà grossièrement ce qui vous attend en attaquant la série et honnêtement, c’est pas la folie, y’a quelques longueurs, mais dans l’ensemble, c’est plutôt sympa et si vous aimez l’univers de Stan Lee, ça devrait le faire, sans problème.
Pour ce qui est de la musique, comme je le disais, là, c’est un gros morceau auquel nous avons affaire, comme je le disais, déjà le titre de chaque épisode donne le ton et quand on connaît un peu ceux qui supervisent la B.O, on ne peut qu’être impatient à l’idée de tendre l’oreille, il s’agit d’Adrian Younge, l’excellent compositeur originaire de Los Angeles, à l’origine des super projets “Twelve reasons to die 1 et 2” avec Ghostface killah et “Adrian Younge presents The Delfonics” dont je vous avais parlé dans les Soulections. Pour l’aider dans cette oeuvre, a été choisi Ali Shaheed Muhammad d’A Tribe Called Quest, alors, je vous donne un peu le programme de la playlist?
Côté hip hop, hormis Gangstarr et Pete Rock, vous pourrez retrouver du très bon avec des tracks de Mobb Deep, du Wu-Tang, M.O.P ou encore des Fugees. Comme je l’ai dit, il y a aussi pas mal de Reggae, étant donné que l’un des protagonistes de la deuxième saison est un Jamaïcain, on est gâté de ce côté là aussi avec le grand Bob Marley et ses fils aussi, Ini Kamoze et Gregory Isaacs. Enfin, et cette partie n’est pas la moins représentée, la Soul, on est à Harlem quand même, ça aurait été scandaleux! Nina Simone est là, l’ex Tony Toni Toné, Raphael Saadiq aussi, le défunt Charles Bradley et j’en passe… Vous aurez même un morceau de Nirvana, pour que les fans de Rock ne m’en veuille pas trop.
Voilà, pour vous faire une idée de la playlist et surtout le gros bonus qui vous attend dans la série, c’est que, les méchants de la première saison, Cornell et Mariah possèdent un club et que vous pourrez y voir défiler quasiment un artiste par épisode et ça, franchement c’est quand même la grande classe!!!
Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #30 Busta Rhymes et Psychose



Peut être l’une des B.O les plu connues de l’histoire du cinéma : Psychose!!! Composé par Bernard Hermann après insistance d’Alfred Hitchcock, cette musique faite de violons pour la plupart, ajoute une telle tension aux images de cet inoubliable thriller, qu’une fois que vous l’avez entendue, elle ne vous sortira jamais de l’esprit. Avec celle de l’exorciste, ce sont peut être les deux thèmes qui m’ont le plus marqué dans l’histoire du cinéma.
Autant vous dire que pour que je puisse apprécier la réutilisation de cette boucle, il me fallait un monstre sacré aux commandes du morceau, alors qui d’autre que Busta Rhymes pour accomplir cette mission?
La chanson en question, c’est “Gimme some more” sur E.L.E “Extinction level event: The final world front et ça commence par un petit monologue de Busta expliquant qu’il est tombé et s’est cogné la tête, quand soudain, le déclic: S’il ne peut pas faire parti des meilleurs, il doit devenir LE meilleur!!! Et soyons clair, en 1998, on est pas loin du compte, Busta est au sommet de son art avec son débit inimitable et ses délires psychédéliques, le mc de Brooklyn est, avec Nas et Jay-Z, l’un des patrons du rap New Yorkais.
Et quand je parle de ses délires psychédéliques, je crois qu’avec celui de “Wooh Hah!!!”, le clip de “Gimme some more” est l’un des plus fous de la carrière de Busta.
Je vous laisse vous régaler musicalement avec la 30ème (déjà) de Nos Samples Rendez-vous…
Laurent

La résilience va payer pour Bibo.


Il y a quelque temps, je vous avais déjà parlé de Bibo, ce jeune artiste multi-facettes, rencontré par le hasard des réseaux sociaux et des passions communes (musique, séries etc…). Il nous revient cette année avec son plus gros projet en date: Résilience. Un projet en trois parties, deux volumes musicaux et un livre, multi-facettes je vous ai dit!

Pour ma part, je vais me focaliser sur l’aspect musical du projet, n’ayant pas eu encore l’occasion de lire le bouquin et croyez-moi j’ai déjà de la matière avec ces deux disques.

Deux volumes qui pour moi, sont un peu les deux faces d’un même artiste, le premier plus axé sur le rap, le vécu street de Bibo et le deuxième, bien plus soul, plus sentimental. Alors, quand le gars peut gérer deux disques en moins d’un an, avec deux aspects différents mais en même temps complémentaires, pourquoi choisir? Moi je dis qu’il a eu bien raison de nous offrir une double portion.

Donc sur les deux volumes, on arrive à une vingtaine de morceaux, soit grossièrement deux heures de bonheur musical avec l’accent chantant de Toulouse de Bibo. Les textes profonds et introspectifs sont toujours là, des morceaux comme “Leur donner de la force” (vol.2) ou “Ils parlent de nous” (vol.1) sont vraiment écrits avec les tripes, c’est puissant mais maîtrisé, avec juste ce qu’il faut de rage pour nous communiquer le message, même chose pour “Vous” (vol.2) qui est l’un de mes morceaux préférés sur les deux disques, comme il le dit lui-même, c’est un texte engagé et enragé, j’adore et j’adhère personnellement.

Comme je vous l’avais dit dans la première chronique, j’apprécie aussi énormément le timbre de voix de Bibo, sans jamais forcer, il chante juste, avec une voix douce et stable sur des tracks tel que “Demain sera plus clair” (vol.2), conclusion et pépite du deuxième disque, ce morceau est empreint de gospel, la symphonie au piano est juste superbe, une chanson pleine d’espoir et de positivité. Pareil pour “L’amour de soi”, déclaration d’amour absolue dont le refrain reste dans la tête, je crois que mon épouse, va l’entendre souvent celle-ci (rires). Je finirais par mon morceau préféré du projet, à savoir “Résilience, Pt II”, un des rares rap du deuxième volume, un véritable cri du coeur en racontant son histoire, c’est le highlight du disque pour moi. Cela dit, je serais pas totalement complet, si je n’avais pas tiré un gros coup de chapeau à l’équipe de prod. qui est franchement au top, comme quoi, quand on a une bonne team, faut pas lâcher et être RÉSILIENT.

 

Les disques sont disponibles ici et là.

 

Laurent

Mac Miller, un artiste que j’ai découvert trop tard…



Voilà un énorme gâchis de talent et un gros raté de ma part musicalement parlant, je parle du jeune mc de Pittsburgh, décédé ce 7 Septembre, Mac Miller. Je reconnais être totalement passé à côté de Miller, depuis son début de carrière jusqu’à récemment et son passage au Tiny Desk de NPR music, une vidéo que vous pourrez voir plus bas.
Bien sûr, j’avais entendu des tracks par ci par là, des featurings aussi, mais je sais pas, je ne suis jamais vraiment entré dans son univers sans non plus m’expliquer pourquoi. Quoi qu’il en soit, sa performance dans ce petit coin de paradis musical que sont les Tiny Desk m’a marqué et d’autant plus depuis son décès. En réalité, c’est le dernier morceau du set qui m’a fait craqué, “2009”, j’y ai découvert un artiste bien plus profond que je ne l’imaginais et son attitude durant ce dernier, change totalement du reste du set et de ce que je connaissais de ce jeune homme en général. Une mélancolie soudaine le prend et avec le recul et son décès, on a l’impression qu’il sait, comme si il avait compris que sa route s’arrêterait bientôt, trop tôt…
Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de me plonger un peu dans sa discographie et je n’ai pas été déçu, avec cinq albums studios et une dizaine de mixtapes à son actif, Mac a posé son empreinte sur le hip hop depuis la moitié des années 2000 et son début de carrière à 15 ans avec But My Mackin’ Aint Easy en 2007. Au fil des disques et des collaborations, il a su peaufiner son art jusqu’à proposer “Swimming” cet été, d’où est issu le morceau “2009” dont je vous parlais plus haut.
Alors, voilà, je vais pas en faire des tonnes comme si j’étais familier de sa musique depuis des années ce n’est pas le cas, mais je dois reconnaître que j’ai des regrets de ne pas avoir découvert cet artiste plus tôt et vu les témoignages au suite de son décès, de Black Thought à Kendrick Lamar, en passant par J.Cole ou Talib Kweli et bien d’autres encore, on ne peut qu’admettre que ce petit gars de Pittsburgh avait du talent et qu’il nous a quitté trop tôt, alors RIP Mac Miller

Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #29 : Drake et Timmy Thomas


Attention blockbuster!!! L’un des titres les plus hot de ces dernières années, le “Hotline bling” de Drake. Alors c’est un petit défi pour moi car je suis pas un gros fan du Canadien, je sais que je vais probablement me faire canarder par les jeunes, mais malgré son talent, il en a, c’est évident, je le trouve un peu trop “facile” sur ces morceaux, trop mainstream! C’est pas un mal en soi, mais c’est juste moi, j’aime un peu plus d’épaisseur chez les rappeurs.

Bref, si vous avez passé ces quelques lignes sans m’insulter, revenons ensemble au morceau qui nous intéresse aujourd’hui, “Hotline bling” donc, le morceau club de 2015 de l’artiste, hyper sexy où Drake nous raconte son histoire avec son “Booty call” pour rester poli et respectueux.

Alors, le sujet est assez récurrent dans le rap actuel et ici, il nous explique que la jeune fille en question faisait sonner son téléphone pour un projet bien précis et que lui, gentleman qu’il est, se faisait une joie d’accomoder madame, bref…

Pour le track il a samplé Timmy Thomas et son morceau “Why can’t we live together?”, j’avoue que je ne connaissais pas cet auteur/compositeur avant ce morceau et même si sa carrière de chanteur n’a pas été des plus aboutis, ce titre a été un succès et je pense vraiment que je ne suis pas le seul à l’avoir découvert à travers le titre de Drake, alors rendons à César ce qui est à César…

Comme quoi, ça a du bon ces affaires de samples non?

 

Laurent

Dirty computer ou le Pussy Power par Janelle Monae.


“And we gon’ start a motherfuckin’ pussy riot or we gon’ have to put em on a pussy diet” dans le genre punchline féministe, Janelle pouvait difficilement faire plus fort, issu de “Django Jane”, l’un des quatres singles qui ont lancé la promo du disque, sur un track très hip hop, c’est comme ça que j’ai découvert que Monae allait sortir un album il y a quelques mois, je vous laisse imaginer comme j’étais impatient.

Je vous en avais parlé à retardement pour son “Electric Lady” et je disais déjà à l’époque que Janelle Monae serait l’une des artistes majeures de cette décennie, donc, vous avez compris, mon attente était grande à propos de son nouveau projet. En cinq ans, il s’en est passé des choses pour Janelle, elle brille au cinéma, possède son propre label (Wondaland) et est très investie politiquement et socialement, alors, avec tout ça, a t-elle eu le temps de nous concocter du costaud ou est-ce une déception?

Et bien, je dirais que si j’avais adoré ces précédents opus, ce “Dirty Computer” les surclasse tous!!! Janelle est libérée, libératrice et nous offre son disque le plus personnel en date, elle, qui a fait son coming out le 26 avril, s’affirmant comme “pansexuelle”, le terme a depuis explosé les moteurs de recherche, alors je vous laisse fouiller pour l’explication, quoi qu’il en soit, l’ex Cindi Mayweather s’assume et ça fonctionne à merveille!!!

Et musicalement me direz-vous? C’est Funky, c’est Pop, c’est Hip-Hop, ça respire l’influence de Prince à plein nez, notamment sur “Make me feel”, il aurait d’ailleurs travaillé avec Janelle sur le projet avant de nous quitter. On a aussi des ballades avec “Don’t judge me” ou le magnifique “I like that” et dans chaque style, la belle du Kansas excelle.

Le travail visuel aussi, est a souligné, comme à chaque fois, les clips sont très soignés et notamment celui de “Pynk”, si vous ne l’avez pas vu, je ne vous gâche pas le plaisir et je vous laisse le découvrir. Le disque est également accompagné d’un moyen métrage que je vous mets aussi en lien, il dénonce, sous couvert de science fiction, la politique de Trump et les difficultés pour ceux qui ont des orientations sexuelles autre que les hétéros.

Clairement, c’est pour moi, l’un des meilleurs disques de ce début d’année et je pense qu’on a pas fini d’entendre parler de Janelle Monae.

 

Laurent