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Nos Samples Rendez-Vous #30 Busta Rhymes et Psychose



Peut être l’une des B.O les plu connues de l’histoire du cinéma : Psychose!!! Composé par Bernard Hermann après insistance d’Alfred Hitchcock, cette musique faite de violons pour la plupart, ajoute une telle tension aux images de cet inoubliable thriller, qu’une fois que vous l’avez entendue, elle ne vous sortira jamais de l’esprit. Avec celle de l’exorciste, ce sont peut être les deux thèmes qui m’ont le plus marqué dans l’histoire du cinéma.
Autant vous dire que pour que je puisse apprécier la réutilisation de cette boucle, il me fallait un monstre sacré aux commandes du morceau, alors qui d’autre que Busta Rhymes pour accomplir cette mission?
La chanson en question, c’est “Gimme some more” sur E.L.E “Extinction level event: The final world front et ça commence par un petit monologue de Busta expliquant qu’il est tombé et s’est cogné la tête, quand soudain, le déclic: S’il ne peut pas faire parti des meilleurs, il doit devenir LE meilleur!!! Et soyons clair, en 1998, on est pas loin du compte, Busta est au sommet de son art avec son débit inimitable et ses délires psychédéliques, le mc de Brooklyn est, avec Nas et Jay-Z, l’un des patrons du rap New Yorkais.
Et quand je parle de ses délires psychédéliques, je crois qu’avec celui de “Wooh Hah!!!”, le clip de “Gimme some more” est l’un des plus fous de la carrière de Busta.
Je vous laisse vous régaler musicalement avec la 30ème (déjà) de Nos Samples Rendez-vous…
Laurent

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La résilience va payer pour Bibo.


Il y a quelque temps, je vous avais déjà parlé de Bibo, ce jeune artiste multi-facettes, rencontré par le hasard des réseaux sociaux et des passions communes (musique, séries etc…). Il nous revient cette année avec son plus gros projet en date: Résilience. Un projet en trois parties, deux volumes musicaux et un livre, multi-facettes je vous ai dit!

Pour ma part, je vais me focaliser sur l’aspect musical du projet, n’ayant pas eu encore l’occasion de lire le bouquin et croyez-moi j’ai déjà de la matière avec ces deux disques.

Deux volumes qui pour moi, sont un peu les deux faces d’un même artiste, le premier plus axé sur le rap, le vécu street de Bibo et le deuxième, bien plus soul, plus sentimental. Alors, quand le gars peut gérer deux disques en moins d’un an, avec deux aspects différents mais en même temps complémentaires, pourquoi choisir? Moi je dis qu’il a eu bien raison de nous offrir une double portion.

Donc sur les deux volumes, on arrive à une vingtaine de morceaux, soit grossièrement deux heures de bonheur musical avec l’accent chantant de Toulouse de Bibo. Les textes profonds et introspectifs sont toujours là, des morceaux comme “Leur donner de la force” (vol.2) ou “Ils parlent de nous” (vol.1) sont vraiment écrits avec les tripes, c’est puissant mais maîtrisé, avec juste ce qu’il faut de rage pour nous communiquer le message, même chose pour “Vous” (vol.2) qui est l’un de mes morceaux préférés sur les deux disques, comme il le dit lui-même, c’est un texte engagé et enragé, j’adore et j’adhère personnellement.

Comme je vous l’avais dit dans la première chronique, j’apprécie aussi énormément le timbre de voix de Bibo, sans jamais forcer, il chante juste, avec une voix douce et stable sur des tracks tel que “Demain sera plus clair” (vol.2), conclusion et pépite du deuxième disque, ce morceau est empreint de gospel, la symphonie au piano est juste superbe, une chanson pleine d’espoir et de positivité. Pareil pour “L’amour de soi”, déclaration d’amour absolue dont le refrain reste dans la tête, je crois que mon épouse, va l’entendre souvent celle-ci (rires). Je finirais par mon morceau préféré du projet, à savoir “Résilience, Pt II”, un des rares rap du deuxième volume, un véritable cri du coeur en racontant son histoire, c’est le highlight du disque pour moi. Cela dit, je serais pas totalement complet, si je n’avais pas tiré un gros coup de chapeau à l’équipe de prod. qui est franchement au top, comme quoi, quand on a une bonne team, faut pas lâcher et être RÉSILIENT.

 

Les disques sont disponibles ici et là.

 

Laurent

Mac Miller, un artiste que j’ai découvert trop tard…



Voilà un énorme gâchis de talent et un gros raté de ma part musicalement parlant, je parle du jeune mc de Pittsburgh, décédé ce 7 Septembre, Mac Miller. Je reconnais être totalement passé à côté de Miller, depuis son début de carrière jusqu’à récemment et son passage au Tiny Desk de NPR music, une vidéo que vous pourrez voir plus bas.
Bien sûr, j’avais entendu des tracks par ci par là, des featurings aussi, mais je sais pas, je ne suis jamais vraiment entré dans son univers sans non plus m’expliquer pourquoi. Quoi qu’il en soit, sa performance dans ce petit coin de paradis musical que sont les Tiny Desk m’a marqué et d’autant plus depuis son décès. En réalité, c’est le dernier morceau du set qui m’a fait craqué, “2009”, j’y ai découvert un artiste bien plus profond que je ne l’imaginais et son attitude durant ce dernier, change totalement du reste du set et de ce que je connaissais de ce jeune homme en général. Une mélancolie soudaine le prend et avec le recul et son décès, on a l’impression qu’il sait, comme si il avait compris que sa route s’arrêterait bientôt, trop tôt…
Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de me plonger un peu dans sa discographie et je n’ai pas été déçu, avec cinq albums studios et une dizaine de mixtapes à son actif, Mac a posé son empreinte sur le hip hop depuis la moitié des années 2000 et son début de carrière à 15 ans avec But My Mackin’ Aint Easy en 2007. Au fil des disques et des collaborations, il a su peaufiner son art jusqu’à proposer “Swimming” cet été, d’où est issu le morceau “2009” dont je vous parlais plus haut.
Alors, voilà, je vais pas en faire des tonnes comme si j’étais familier de sa musique depuis des années ce n’est pas le cas, mais je dois reconnaître que j’ai des regrets de ne pas avoir découvert cet artiste plus tôt et vu les témoignages au suite de son décès, de Black Thought à Kendrick Lamar, en passant par J.Cole ou Talib Kweli et bien d’autres encore, on ne peut qu’admettre que ce petit gars de Pittsburgh avait du talent et qu’il nous a quitté trop tôt, alors RIP Mac Miller

Laurent

Nos Samples Rendez-Vous #29 : Drake et Timmy Thomas


Attention blockbuster!!! L’un des titres les plus hot de ces dernières années, le “Hotline bling” de Drake. Alors c’est un petit défi pour moi car je suis pas un gros fan du Canadien, je sais que je vais probablement me faire canarder par les jeunes, mais malgré son talent, il en a, c’est évident, je le trouve un peu trop “facile” sur ces morceaux, trop mainstream! C’est pas un mal en soi, mais c’est juste moi, j’aime un peu plus d’épaisseur chez les rappeurs.

Bref, si vous avez passé ces quelques lignes sans m’insulter, revenons ensemble au morceau qui nous intéresse aujourd’hui, “Hotline bling” donc, le morceau club de 2015 de l’artiste, hyper sexy où Drake nous raconte son histoire avec son “Booty call” pour rester poli et respectueux.

Alors, le sujet est assez récurrent dans le rap actuel et ici, il nous explique que la jeune fille en question faisait sonner son téléphone pour un projet bien précis et que lui, gentleman qu’il est, se faisait une joie d’accomoder madame, bref…

Pour le track il a samplé Timmy Thomas et son morceau “Why can’t we live together?”, j’avoue que je ne connaissais pas cet auteur/compositeur avant ce morceau et même si sa carrière de chanteur n’a pas été des plus aboutis, ce titre a été un succès et je pense vraiment que je ne suis pas le seul à l’avoir découvert à travers le titre de Drake, alors rendons à César ce qui est à César…

Comme quoi, ça a du bon ces affaires de samples non?

 

Laurent

Dirty computer ou le Pussy Power par Janelle Monae.


“And we gon’ start a motherfuckin’ pussy riot or we gon’ have to put em on a pussy diet” dans le genre punchline féministe, Janelle pouvait difficilement faire plus fort, issu de “Django Jane”, l’un des quatres singles qui ont lancé la promo du disque, sur un track très hip hop, c’est comme ça que j’ai découvert que Monae allait sortir un album il y a quelques mois, je vous laisse imaginer comme j’étais impatient.

Je vous en avais parlé à retardement pour son “Electric Lady” et je disais déjà à l’époque que Janelle Monae serait l’une des artistes majeures de cette décennie, donc, vous avez compris, mon attente était grande à propos de son nouveau projet. En cinq ans, il s’en est passé des choses pour Janelle, elle brille au cinéma, possède son propre label (Wondaland) et est très investie politiquement et socialement, alors, avec tout ça, a t-elle eu le temps de nous concocter du costaud ou est-ce une déception?

Et bien, je dirais que si j’avais adoré ces précédents opus, ce “Dirty Computer” les surclasse tous!!! Janelle est libérée, libératrice et nous offre son disque le plus personnel en date, elle, qui a fait son coming out le 26 avril, s’affirmant comme “pansexuelle”, le terme a depuis explosé les moteurs de recherche, alors je vous laisse fouiller pour l’explication, quoi qu’il en soit, l’ex Cindi Mayweather s’assume et ça fonctionne à merveille!!!

Et musicalement me direz-vous? C’est Funky, c’est Pop, c’est Hip-Hop, ça respire l’influence de Prince à plein nez, notamment sur “Make me feel”, il aurait d’ailleurs travaillé avec Janelle sur le projet avant de nous quitter. On a aussi des ballades avec “Don’t judge me” ou le magnifique “I like that” et dans chaque style, la belle du Kansas excelle.

Le travail visuel aussi, est a souligné, comme à chaque fois, les clips sont très soignés et notamment celui de “Pynk”, si vous ne l’avez pas vu, je ne vous gâche pas le plaisir et je vous laisse le découvrir. Le disque est également accompagné d’un moyen métrage que je vous mets aussi en lien, il dénonce, sous couvert de science fiction, la politique de Trump et les difficultés pour ceux qui ont des orientations sexuelles autre que les hétéros.

Clairement, c’est pour moi, l’un des meilleurs disques de ce début d’année et je pense qu’on a pas fini d’entendre parler de Janelle Monae.

 

Laurent

The Chi, digne héritière des séries de David Simon


Ne perdons pas de temps, je me dois d’être clair de suite sur mon point de vue à propos de The Chi, c’est MON COUP DE COEUR de ce début d’année 2018 en terme de séries et vous verrez que niveau bande originale, on est pas mal non plus, mais j’y viendrais plus tard.

La série est réalisée par Lena Waithe, qui vous sera peut être familière si vous avez regardé Master of none sur Netflix, elle y joue le rôle de l’amie lesbienne de Dev, le héros de la série. Elle a également participée à l’écriture du show et a gagné un Emmy pour celle-ci, mais voilà ça ne suffisait pas à la jeune actrice/réalisatrice, elle avait en tête un tout autre projet, la création originale d’une série qui raconterait sa vision de sa ville natale de Chicago, la vie de la communauté Afro-Américaine de la “Windy city”. Pour ça, elle s’est offert un allié de poids et un Chicagoan par dessus ça, un certain Common, je vous en ai déjà parlé 2 ou 3 fois, je sais… Mais ici, il s’agit d’une autre facette de son talent, la comédie et la production aussi.

Voilà, l’histoire me rappelle un peu le film Collision dans sa manière d’être traitée, à savoir qu’en partant d’un événement bien précis, toute une communauté peut être impactée par les répercussions et que même des gens qui ne se connaissent pas peuvent être touchées… et pas qu’un peu.

Nous rencontrerons un jeune cuisinier de talent qui lutte pour se faire une place dans le monde de la restauration, un groupe de pré-ados tiraillés entre les gangs et l’école, un ancien gangster sur le retour ou encore un vétéran militaire qui lutte pour trouver sa route après l’armée et bien d’autres encore…

C’est difficile de vous en dire plus sans spoiler le récit, je n’en dirais donc pas plus sur l’histoire, par contre au casting, vous allez retrouver quelques visages familiers: Jason Mitchell qui jouait le rôle d’Eazy-E dans le biopic de NWA, Sonja Sohn, ma Kima de The Wire, Common donc, vous connaissez déjà si vous me lisez et puis le tout jeune Alex Hibbert, qui jouait un des rôles titres de Moonlight, le film oscarisé en 2016, on est pas mal en résumé… Quant à l’écriture, elle est très juste, efficace sans trop en faire, Lena prend son temps pour nous introduire les personnages et c’est en ça, que The Chi me rappelle beaucoup les séries de David Simon et plus particulièrement The Wire et Treme, où le personnage principal n’est autre que la ville elle-même, en l’occurrence, Chicago.

Bon et la musique dans tout ça me direz-vous? Et bah, là aussi, on a du très bon au programme, la ville de Chicago est assez fournie musicalement et dès l’intro de la série et la ballade de Coogie sur son vélo, les personnes en charges du soundtrack ont tapé très fort avec Chance The Rapper, la révélation musicale de Chicago et son “Coloring book”, personnellement, ça m’a plongé directement dans la série. Et ce ne sont que les premières minutes du show… Après ça, c’est une avalanche de bons sons, on oscille entre hip hop, R’n’B et Soul classique, moi qui suis clairement porté sur ce type de musique, j’ai compris ici, l’étendue du boulot qu’il me reste à accomplir pour parfaire mes connaissances tant j’ai fait des découvertes en regardant la série, je peux vous assurer que mon Shazam a chauffé!!! De Taylor Bennett à Noname en passant par The Cool kids, j’ai pas arrêté!!! Rassurez-vous, vous allez reconnaître quelques noms sur la tracklist, évidemment on retrouve Common, ce serait quand même un scandale qu’il n’y soit pas, Kendrick Lamar, le type est partout, mais aussi Mick Jenkins et Vince Staples, deux visages phares de la new school et côté Soul, l’excellent Lee Fields ou encore Sharon Jones.

Vous voyez, je vous ai pas menti, c’est du lourd!!! Pour conclure, je vous conseille fortement de tendre l’oreille durant l’épisode de la Block party, là, y’a vraiment des pépites!!!

En attendant la saison 2 avec impatience, je vous laisse dans les rues de Chicago en compagnie de Brandon, Kevin, Papa, Laverne et les autres… ENJOY.

 

Laurent

 

The Roots, quand le hip hop prend vie sur scène.


Ladies and gentlemens, i give you … THE LEGENDARY ROOTS CREEEEEEWWWWW!!!

Je fais un peu le malin à commencer mon post en vous faisant une intro à la Jimmy Fallon, mais en réalité, je suis un peu frileux à l’idée de m’attaquer à un gros morceau comme le collectif de Philadelphie. Leur répertoire est tellement immense que c’est difficile d’en parler en quelques lignes sans faire du déjà vu, mais disons que pour les 30 ans de carrière (31 en réalité), je pouvais difficilement passer à côté, alors, je vais pas vous faire un historique, mais simplement mon ressenti sur la musique de ce groupe de génie.

J’ai entendu The Roots pour la première fois dans la nuit rap sur M6 (ça remonte, mine de rien…) avec le titre “Proceed” et je dois reconnaître qu’au départ, je trouvais ça sympa, mais décalé en comparaison de mes goûts de l’époque en matière de rap, on était quand même assez loin de ce que proposait le Wu-Tang, Redman, où du Gangsta rap Californien. Je me disais des instruments en live dans le rap?!? Bizarre… mais cool! En fait, mes jeunes oreilles musicales n’étaient pas encore prêtes à ce mélange étonnant et pourtant si logique.

Si pour moi, ça a commencé à la moitié des années 90, le point de départ, c’est la rencontre entre Tarik Trotter et Amir Thompson, alias Black Thought (le MC) et ?uestlove (le batteur), les 2 seuls membres présents depuis le début dans le line up, en 1987 et c’est une anecdote assez rigolote qui les a rapprochés, ils étaient au lycée et Black Thought avait été convoqué dans le bureau du proviseur pour avoir séché les cours, préférant fricoter avec sa copine de l’époque dans les couloirs du lycée, pendant qu’il se faisait réprimander, entre un autre élève, qui lui vient plutôt se faire bien voir, en apportant l’encas du proviseur. Les 2 protagonistes, déjà amoureux de musique connectent très vite, Questlove reproduisant les beats préférés de Thought, pour qu’il rappe dessus et c’est ainsi que l’histoire des Roots a commencé, mais j’ai promis de pas faire l’historique, je m’arrête donc là…

Pour en revenir à mon rapport avec leur musique, je dirais que c’est l’un des groupes qui m’a fait grandir musicalement parlant, qui m’a ouvert d’autres horizons, je me suis autorisé à écouter des morceaux de jazz, de rock etc… et sans The Roots et leurs lives légendaires, je n’y serais peut-être pas venu, pas si vite en tout cas et comme le nom du collectif le suggère, ils m’ont permis de découvrir les origines du hip hop, le jazz, le blues, la soul et j’en passe.

Si j’ai évolué au fil des années, eux aussi, aussi bien musicalement qu’au niveau du line-up, comme je le disais au début, hormis Quest et Black Thought, le collectif a été modifié très souvent, au gré des disponibilités et des changements d’orientations musicales des disques et même si depuis quelques années, le noyau reste inchangé avec Kamal Gray, James Poyser, “Tuba” Gooding Jr et “Captain Kirk Douglas notamment, d’autres figures importantes du hip hop sont passés par le Roots crew, Malik B. qui était le second rappeur au début du groupe, mais aussi Scott Storch (Eh oui!!!), le hitmakers peut-être le plus prolifique des années 2000, vous savez “Still Dre”, “Baby boy” ou “Poppin’ them thangs” c’était lui et j’en passe… Enfin, comment ne pas mentionner Rahzel? The human beat box himself était un membre important des Roots pendant six ans, ses performances vocales restent inoubliables et même si sa carrière solo n’a pas décollée comme elle l’aurait pu, le gars est un incontournable dans son art.

The Roots, pour moi, comme pour nombreux amateurs de rap Français entre 90 et 2000, c’est aussi leurs instrumentaux uniques, repris pour les freestyles de nos mc’s hexagonaux quand Generations ne ressemblait pas encore autant à Skyrock, les émissions de DJ Mars, Logilo, Pone et les autres regorgeaient des  instrus de “Clones”, “Episodes” ou encore “The next movement”, y’en a qui se sont régalés, je crois même de mémoire, que le jingle de Générations à l’époque c’était sur l’instru de “Clones”.

Autre chose, je vous ai souvent parlé des Soulquarians dans mes chroniques précédentes, bah, sans Questlove, pas de Soulquarians, c’est lui et D’Angelo qui ont lancé ce concept, plus tard sont venus se greffer James Poyser et J.Dilla pour former le quatuor de base qui nous a offert des morceaux mythiques, mais sans le batteur à l’afro légendaire, pas de Soulquarians, on serait quand même passé à côté de quelquechose non? Je vous mets un p’tit doc qui va rapidement vous retracer l’histoire de ce collectif.

Alors, vous saviez que ces 4 là étaient à l’origine de tous ces classiques? Etonnant non? Bref, tout ça pour dire qu’autour de The Roots, ont gravités pas mal d’artistes de légendes et que sans ces collaborations, leurs carrières n’auraient peut-être pas été ce qu’elles sont aujourd’hui. The Roots, c’est un état d’esprit aussi et des artistes tels que Common, Talib Kweli, Erykah Badu ou Jill Scott, s’inscrivent parfaitement dans cette dynamique.

Bon j’ai quand même déjà bien blablaté (et je le savais en commençant à écrire, tant ce groupe me passionne), mais je vous ai pas trop parlé de leur discographie et pourtant, avec onze albums studio, des lives, des albums en collaboration avec John Legend ou Elvis Costello, y’a de quoi faire… J’ai promis de pas refaire l’historique des disques, je vais juste vous sortir mes 5 morceaux préférés des Roots (C’EST PAS FACILE!!!) et laisser la playlist parler d’elle-même après ça, petite précision, ils ne sont pas par ordre de préférence, la ça aurait été mission impossible!

1.You got me sur “Things fall apart”

En featuring avec Erykah Badu et Eve, Black Thought nous raconte son histoire d’amour à distance, avec une fille, interprétée par Eve, il traite de la confiance dans un couple, des problèmes avec l’entourage, bref, d’amour complexe. Le morceau, crée par Scott Storch, était, à la base pour Jill Scott, mais Questlove, n’a pas pu s’empêcher de le piquer à sa copine pour son album.

2. What they do? sur « Illadelph Halflife »

L’un des tout premiers morceaux qui m’a fait accroché The Roots, qui nous raconte leur vision du hip hop et tout le mal que l’industrie musicale a pu lui faire, le clip en est l’illustration absolument géniale, où tous les clichés bling bling sont démontés en 5 minutes.

3. How i got over sur « How I got over »

Un véritable manuel sur ce que c’est de grandir dans les rues froides de Philly et comment s’en sortir et faire les bons choix. Dans ce morceau Thought, alterne rap et chant avec brio, trop de talent ce gars et pas d’autotune!!!

4. Now or never sur « How I got over »

Black Thought partage le mic avec Dice Raw et Phonte pour avoir une réflexion sur les changements de vie passé la quarantaine, sur le fait qu’il faille prendre le taureau par les cornes, maintenant ou jamais. Ici les percus de Quest me donnent une pêche incroyable!

5. Guns are drawn sur « Tipping point »

L’une des chansons les plus révoltées des Roots, aussi bien au niveau rythmique que textuel, la batterie frappe fort, les rimes de Black Thought sont aiguisées comme jamais et le refrain de Son Little aurait eu toute sa place dans un classique de Reggae.

Il va bien falloir que je m’arrête d’écrire à un moment quand même, mais voilà, vous l’aurez compris, c’est un de ces groupes qui me tiennent à coeur alors je m’emballe un peu, sur ce, j’espère avoir pu vous faire partager ma passion pour The Roots, en espérant un prochain album… “End game”, le douzième opus qui est prévu normalement pour cette année. Vous pouvez retrouver les Roots avec Jimmy Fallon dans le Tonight show, où ils sont le groupe qui accompagne l’émission et en plus d’être l’ambiance musicale, ils participent souvent au côté comique du show et ça marche vraiment pas mal, la preuve ici et et sinon vous pouvez toujours retrouver Black Thought dans le rôle de Reggie Love, dans la série The Deuce, dont je vous avais parlé il y a peu.

Pour finir donc, je vous ai concocté une petite playlist (surtout ne pas rater le freestyle de Tarik à la fin et le Tiny Desk pour « It ain’t fair ») et deux lives, dont un du fameux picnic organisé par The Roots, chaque année à Philadelphie, celui-ci, date de 2015 et vous réserve quelques gros guests surprise…

 

Laurent

 

JonWayne, le Duke du hip hop



Et dire que ce disque aurait bien pu ne jamais voir le jour… “Rap album two”, c’est probablement le nom le plus balourd que l’artiste pouvait donner à son nouvel opus et pourtant, quelle tuerie!!!
L’artiste en question, c’est JonWayne et si vous ne le connaissez pas encore, c’est pas grave, le gars est plutôt du genre discret, malgré son physique de colosse, près de 2 mètres et un bon 120 kilos sur la balance. Ajoutez à ça le style de Hurley dans Lost, les bouclettes, la barbe fournie, JonWayne dénote dans le paysage hip hop et ça a bien failli lui coûter sa carrière.
Après avoir sorti plusieurs mixtapes et des albums studios assez discrets, le nom de JonWayne commence à résonner dans les oreilles des auditeurs de rap et le géant décroche la première partie d’un concert du Wu Tang en 2014, chez lui, en Californie; le rêve!!! Sauf que le public du collectif New Yorkais n’est pas prêt pour le son laid back et introverti de Wayne, pour son look non plus, on est loin de Method man, soyons clair!!! Pendant tout son set, le public le conspue, lui jette des bouteilles, on se croirait au concert d’Urban Peace au stade de France il y a quelques années… JonWayne finit par quitter la scène sans un mot et se replie sur lui-même pendant quelque temps.
Malgré tout, il continue de bosser sur ses sons, même si cette soirée continue de le hanter, il se concentre sur le beatmaking et commence à fréquenter les cercles des rappeurs expérimentaux Californiens, Earl sweatshirt, Tyler the creator etc… Ses beats sonnant plus East coast, ils sont peu demandés par les locaux, bien que son talent soit reconnus par ceux-ci. Il continue donc à rapper dessus et sort un “Rap album one” qui relance sa carrière sur les bons rails, puis nous tease avec la mixtape “JonWayne is retired”, complètement faux!!! En réalité, il bosse déjà sur ce “Rap album two”, sorti en Février 2017, qui lui, est une pure pépite! Un douze titres tout simplement génial, du pur hip hop classique, comme on les aime.
“Rap album two” est un album introspectif sur la vie du rappeur, sa dépression, sa bataille contre l’alcoolisme, bref, c’est pas avec ce disque que vous allez danser cet hiver, mais par contre quel plaisir musical, tout est léché, les rimes de JonWayne sont récitées à la perfection et la simplicité des instrus me rappelle un peu le dernier album de J.Cole “4 your eyez only”, elles sont, cela dit, excellentes!!! Peu de collaborations, hormis DJ Babu, de Dilated peoples ou Danny Watts, le jeune Texan et Zeroh, de la nouvelle scène Californienne.
Alors voilà, si vous osez passer la barrière de l’image de JonWayne, vous allez découvrir un artiste pas facile d’accès, mais bourré de talent et croyez moi, ce n’est surement pas la dernière fois que vous allez chevaucher le nouveau far west avec le cowboy du hip hop.

Laurent

Talib Kweli brise le silence radio!!!


Oh que c’est bon de retrouver Talib Kweli à ce niveau!!! Je vais pas cacher mon plaisir, le gars est un de mes artistes préférés et j’avais été un peu déçu de son dernier disque avec 9th Wonder, “Indie 500”, j’en attendais beaucoup avec ces deux-là, mais c’était pas vraiment une réussite!

Avec “Radio silence” par contre, je retrouve le Talib que j’aime, engagé, avec un flow incomparable, son débit à la vitesse de la lumière, bref, tous les éléments sont réunis pour un grand cru. Comme je l’avais dit pour Common et son “Black America again”, ce type d’artistes ne sont jamais aussi bons que quand les temps sont sombres et qu’ils ont un message à porter et c’est le cas ici, même la pochette du disque avec ce jeune qui hurle semble clair à ce sujet.

Onze titres sur le disque et pas de temps mort, du guest de renom, comme souvent avec Kweli, pas forcément ceux qu’on attendait, j’aurais pas misé un kopeck sur la présence de Wacka flocka flame, Rick Ross non plus, mais ça fonctionne et ça change un peu du casting habituel. Côté production, que du très lourd aussi avec le producteur le plus en vogue du moment, Kaytranada, mais aussi Alchemist ou le Texan J.Rhodes.

Comme souvent, le rappeur de Brooklyn propose des refrains à des chanteurs à voix de talent, ici, on note la présence de BJ The Chicago Kid dont je vous avais parlé il y a quelque temps, mais c’est surtout la jeune Yummy Bingham que j’ai découvert sur ce disque, elle a une voix vraiment particulière, mais vraiment kiffante!!!

Les sujets traités sont souvent sensibles et très bien maitrisé par le mc, la vie New Yorkaise, le contexte politique actuel, les minorités etc… Comme d’habitude, je vais laisser de côté les singles (qui sont géniaux et que je vous mets en vidéo) pour vous parler de mes autres coups de coeur de l’album, notamment, le titre “She’s my hero”, qui parle de l’histoire de Bresha Meadows, une jeune fille de 14 ans qui a abattu son père qui abusait d’elle depuis longtemps, ainsi que de ses frères et soeurs, Talib Kweli raconte tout ça avec le talent d’écriture qui est le sien et moi qui ne connaissait pas son histoire, j’ai été très touché par ce morceau. L’autre gros coup de coeur, c’est “All of us” avec Jay Electronica et la fameuse Yummy Bingham et cette intro, tirée d’un speech d’Assata Shakur l’ancienne Black Panther, toujours en exil à Cuba à ce jour.

Enfin, voilà… Comme je le disais, j’ai retrouvé un Talib Kweli digne de ce nom avec ce “Radio Silence”, c’est pas du niveau d’un “Quality” ou d’un “Beautiful struggle” mais c’est quand même excellent, alors kiffons un peu!!!

 

Laurent

Quand l’electro ressuscite la funk!!!


Qui aurait cru que j’écrirais quelque chose sur la musique electro? Clairement pas ma came au départ, je dois reconnaître que j’y connais pas grand chose non plus. Bien sûr, quand j’allume la radio (chose très rare) et que je tombe sur les hits qui font bouger le dancefloor, j’éteins pas instantanément, mais disons que je cours pas après non plus.

Alors, comment j’en suis venu là? Et bien, c’est avec la bande annonce de la deuxième saison d’Insecure, vous vous rappelez, une des séries dont je vous ai parlé il y a quelque temps. Donc, dans une vidéo de promo, on voit l’héroïne déambuler dans les rues de L.A sur un morceau funky absolument génial, donc je Shazam et la je tombe sur Calvin Harris!

Calvin Harris?!? Mon téléphone doit débloquer, c’est bien trop groovy pour que ce soit un DJ electro, donc je creuse un peu et finalement je vois qu’il a fait un projet avec toutes les stars du Hip Hop et du R’n’B actuel, “Funk wav bounces vol.1”.

En fait, le DJ Ecossais nous a fait un disque, un peu à la DJ Khaled, il a réuni toutes les stars du milieu hip hop mainstream et du R’n’B aussi, lui, s’occupe de la musique et il a voulu que ça sonne Funky! Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça fonctionne très bien! Du coup, j’ai fait quelques recherches sur ce qu’il avait fait précédemment et franchement, ça collait pas si bien, bref, revenons aux vagues de Funk qui bougent…

Porté par deux singles qui ont cartonnés instantanément, “Slide”, dont je vous parlais plus haut, avec Frank Ocean et les Migos, le groupe rap à la mode chez les ados et “Feels” avec trois monstres des ventes, Katy Perry, Big Sean et l’incomparable Pharrell Williams. C’est le genre de titres qui vous donnent envie de baisser les vitres de votre voiture et de mettre le son à fond ou de brûler les pistes de danses, c’est de la vraie funky musique!!!

Comme le disque est en réalité une compil’ de titres, je vais pas vous en faire des tonnes sur la conception de l’album, mais plutôt vous donner quelques noms supplémentaires pour continuer de vous mettre l’eau à la bouche, je vous ai dit, tout le gratin est là et le mélange des genres fonctionne très bien.

On retrouve Future et Khalid, Snoop et John Legend, des chanteuses plus pop comme Ariana Grande ou Nicki Minaj, on a du hardcore aussi avec le compère de Kendrick Lamar, l’excellent Schoolboy Q ou Lil’ Yachty.

Bref, vous avez capté le concept, des gros noms, une grosse basse groovy et un DJ de renom dans l’electro, secouez le tout et vous obtenez une belle compil’ de chansons qui vous feront danser pendant encore un bon moment.

Laurent

Nos samples rendez-vous #21: Arsenik et William Bell


Villiers le Bel, Juin 2002, Lino et Calbo, les frangins du groupe Arsenik, nous offrent leur vision du monde sur leur second album “Quelque chose a survécu”. Le track en question, c’est “Regarde le monde” ou les deux mc’s ouvrent leurs coeurs à leurs enfants respectifs. Les deux papas font un speech à leurs bambins sur ce qu’est le monde dans lequel ils vont grandir, sur leurs propres parcours aussi. C’est l’un des textes les plus poignants du groupe, si vous voulez mon avis.

Le morceau produit par l’historique Djimi Finger reprend le sample d’un classique de la soul de la fin des années 60, le fameux “I forgot to be your lover” de William Bell ou le chanteur de Memphis, l’une des stars du label Stax, présente ses excuses à sa bien aimée pour l’avoir mise de côté, pas considérée à sa juste valeur et promet de se rattraper.

Au delà du texte qui bien que joli, est assez classique pour ce type de balade, c’est bien la mélodie qui marque les esprits, les arrangements de Booker T. Jones sont intemporels.

Et si les rappeurs du secteur A ne s’y sont pas trompés en utilisant cette boucle, ils ne sont pas les premiers artistes hip hop à s’en servir, 1 an plus tôt, en Californie, Alchemist concocte un beat quasi identique pour ceux qui allaient devenir l’un des groupes phare du hip hop underground west coast: Dilated peoples.

Le morceau c’est “Worst comes to worst” et même si, franchement j’adore le track d’Arsenik, celui-ci est encore un cran au dessus, Evidence et Iriscience se régalent au rythme des scratchs de leur DJ Babu et se payent le luxe d’être accompagné par l’incomparable Guru, qui dit mieux? C’est tout simplement pour moi, le meilleur morceau de Dilated, qui possède pourtant une discographie bien fournie, mais y’a pas, dès que j’entends les premières notes, quinze ans après, je monte toujours le son et ma tête bouge, c’est instantané!!!

 

Laurent

Tyler, the creator se réinvente avec Flower boy.


 

Pas spécialement fan d’Odd Future au départ, ou de la carrière solo de Tyler, the creator son lead, mais ce nouvel opus a fait tellement de bruit que je me suis dit que j’allais lui donner sa chance. J’avoue que j’avais un peu peur que l’annonce du coming out de Tyler, chose assez rare dans le milieu hip hop, pour être mentionnée, ait eu un tel effet de buzz que le disque n’avait été survendu. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas le cas!!!

“Flower boy”, dont le titre au départ, était “Scumfuck flower boy” (je me passerais de traduire…) est, je pense, le meilleur produit du rappeur Californien.

Le titre a donc été un peu édulcoré, ce qui n’est pas vraiment l’habitude de l’artiste et ça aussi, ça a attiré mon attention, Tyler, the creator et son ancien groupe était plutôt un collectif assez trash, avec des paroles assez tranchées et surtout un côté visuel très travaillé et bien hardcore!!! Alors, pourquoi ce revirement? Tyler a t-il changé?

En fait, non pas vraiment… Il a mûri, c’est sûr, mais au fond, le gars reste le même, ce personnage décalé, mais hyper talentueux du hip hop Californien. C’est plutôt l’ambiance du disque qui est différente, moins dark, même si sur certains morceaux comme “Who dat boy?” on retrouve l’atmosphère films d’horreur qu’on pouvait ressentir sur “Cherry bomb” ou sur les projets d’Odd future. C’est plus mélodieux, plus intimiste aussi et franchement l’écoute n’en est que facilité pour ceux qui, comme moi ne sont pas particulièrement adeptes du style de Tyler. Le disque est aussi plus court, environ 50 minutes et a du coup, moins de temps faibles, ce qui me dérangeait aussi sur l’opus précédent.

Les acolytes habituels sont présents avec Frank Ocean évidemment, mais aussi Lil’ Wayne et ASAP Rocky qui ont déjà été crédités sur les albums précédents de Tyler. Quelques petits nouveaux cependant, notamment avec la sublime voix d’Estelle qui vient accompagner le morceau central du disque “Garden shed”, où Tyler parle sans ambiguïté de sa sexualité.

“911/Mr. Lonely” avec son sample de Gap band est mon autre gros coup de coeur du disque, avec encore une fois Frank Ocean en featuring, mais aussi l’excellent guitariste de The internet, Steve Lacy.

Voilà, en conclusion, un disque qui m’a fait changé d’avis sur un artiste et c’est tant mieux, je vous laisse vous faire votre avis avec ces deux morceaux ci-dessous et bien sûr, le disque dans les bacs de la médiathèque.

 

Laurent

 

Queen sugar, une douceur visuelle et musicale…


Queen sugar, c’est ma nouvelle découverte série de cette rentrée, tiré du livre du même nom de Natalie Baszile, créée par Ava Duvernay, (Selma) et co-produite par Oprah Winfrey, qu’il n’est plus nécessaire de présenter.

L’histoire, c’est celle de la fratrie Bordelon, Charley, Nova et Ralph Angel qui, suite au décès de leur père, doivent reprendre la production de canne à sucre durement gagné par leurs ancêtres, sauf que ceux-ci n’y connaissent pas grand chose et n’en n’ont pas nécessairement l’envie, l’une est une journaliste activiste dans un journal local, l’autre est une femme d’affaire à succès, mariée à une star du basket et le cadet, sort tout juste de prison, avec son jeune fils à charge, dont la mère est une ex-toxicomane.

Bon, vous l’aurez compris, c’est du Oprah, donc le drame est au rendez-vous, préparez vos kleenex, mais c’est de très bonne facture, le drame familial ne tombe pas trop dans le pathos et les acteurs qui sont quasi tous inconnus du grand public, sont parfaits.

Oui, la musique, j’y viens, ne vous inquiétez pas… pourquoi j’ai choisi de vous parler de cette série, c’est évidemment que la bande son est de qualité, de très bonne qualité même. Certains ont critiqué ça, mais la direction a pris le parti de presque toujours laisser un fond musical et personnellement, je trouve que c’est très bien pensé et que ça accentue l’aspect dramatique de l’histoire.

Dès le générique (qui ressemble furieusement à celui de Power), j’ai été conquis, la sublime voix de Me’shell N’degeocello m’a envoûté sur le champ (mauvais jeu de mots je sais…), nous retrouverons d’ailleurs l’artiste aux multiples facettes plusieurs fois sur ce soundtrack car c’est elle qui a été choisie pour composer la musique de la série.

Ce choix d’Ava Duvernay et Oprah est une vraie réussite, un véritable melting pot musical, bien sûr, la Nu-soul est à l’honneur avec des artistes tels que Michael Kiwanuka, Jacob Banks, j’y ai découvert Lion Babe aussi, une artiste aux sonorités proche d’Erykah Badu, donc côté Soul, on se régale. Le hip hop aussi est bien représenté avec Jidenna et son “Long live the king” ou encore Odissee et j’en passe…

La série se déroule en Louisiane, donc le Blues est obligatoire aussi avec du John Lee Hooker pour “Sugar mama”, on a du rock aussi avec U2, Fleetwood mac et bien d’autres… Comme je vous le disais plus haut, le choix d’accompagner la série en musique quasiment constamment est un parti pris de la direction et tous les artistes que je viens de citer semblent ne faire qu’un avec les héros du show.

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y jeter un oeil je vous conseille vivement de partir pour St Josephine en Louisiane, vous ne serez pas déçu.

 

Laurent

Insecure, le soundtrack le plus hype du moment!!!


Soyons clair tout de suite, Insecure, c’est l’un de mes coups de coeur séries de 2017, j’ai mis un an avant de m’y mettre, mais sur le conseil d’experts (si vous me lisez, vous vous reconnaitrez…), je m’y suis et j’ai binge watcher les 2 saisons en quelques jours!!!

L’histoire, c’est celle d’Issa et Molly, deux jeunes trentenaires californiennes à la recherche d’une stabilité professionnelle et sentimentale. Ce qui pourrait paraître une histoire très classique de comédie romantique et en fait bien plus que ça, un peu à la manière d’Atlanta, dont je vous avais parlé dans le post sur Childish Gambino, les sujets sont traités avec une telle finesse et beaucoup d’humour, qu’Insecure peut se permettre de toucher un peu à tous les sujets sensibles, des inégalités hommes/femmes, aux conflits inter-raciaux et j’en passe… Tout ça sur une bande originale du feu de dieu et c’est bien sûr de ça dont on va parler aujourd’hui!

Ce soundtrack, justement, c’est l’oeuvre d’un des monstres du R’n’B de ces 20 dernières années, MONSIEUR Raphael Saadiq, l’ancien lead de Tony! Toni! Toné! est l’architecte de la musique derrière la série et croyez moi, elle fait partie intégrante du show!

Saadiq a réuni, pour la B.O de ces deux premières saisons, la crème de la scène rap et R’n’b Californienne du moment car la série se déroule à Los Angeles et ils ont voulu mettre en valeur les artistes du lieu où vivent nos héroïnes, d’autres artistes sont également à l’affiche et je vais vous faire un petit tour rapide de ce que l’on peut entendre en regardant les tribulations d’Issa.

Le pilote d’Insecure débute sur “Alright” issu du mythique “To pimp a butterfly” de Kendrick Lamar, donc d’entrée ça vous met dans l’ambiance et après ça, c’est une avalanche de talents, un savant mix entre old et new school, du légendaire Ice Cube et son “You know how we do it” jusqu’à la dernière sensation du rap féminin, Cardi B. On retrouve également SZA, dont je vais également vous parlé très bientôt, pour la sortie de son premier disque “CTRL”, Erykah Badu, Raphael Saadiq, lui-même est également de la partie, ça c’est pour les têtes d’affiches, mais j’en passe bien évidemment.

La ou la B.O est vraiment sympa, c’est qu’elle nous fait découvrir une tonne de nouveaux talents tels que Lion Babe, qui a participé également à la B.O de Queen Sugar (un autre article à venir très bientôt), Shy Carter, Dawn ou encore St Beauty, croyez moi, vous risquez d’entendre parler de cette nouvelle vague.

Quelques guests prestigieux apparaissent aussi dans la série et sa bande originale tels que Jidenna ou Ty Dollar Sign, je vous laisse découvrir ces petits caméos bien sympathiques. Et ce que je ne peux pas me permettre d’oublier, ce sont les talents de rappeuses de l’actrice principale Issa Rae, qui, dans la série a une grosse tendance à freestyler seule, devant son miroir et ça vaut souvent son pesant de cacahuète. Elle va aussi s’essayer à un open mic, pour l’un des moments les plus hilarants de la série sur le “Bossy” de Kellis, faites moi confiance, vous n’êtes pas prêts.

Voilà j’espère vous avoir donné envie de voir Insecure, je pense que vous ne le regretterez pas, en attendant la troisième saison l’an prochain, vous pouvez découvrir Issa et ses copines sur OCS ici. et pour l’intégrale des morceaux que vous pourrez entendre, je vous invite à jeter un oeil ici.

Laurent