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Hubert Dupont, passeur de musiques


Golan-ImageEn cet été, je vous propose une série de découvertes d’artistes-musiciens fontenaysiens.

La première découverte, concerne Hubert Dupont, contrebassiste. Pour celles et ceux qui ne l’ont jamais vu-écouté, il est régulièrement programmé à Musiques au Comptoir, Halle Roublot, ou plus récemment lors de Fontenay-Sous-Soleil, le 15 juillet dernier, ainsi bien sûr que dans des festivals en France ou à l’étranger.

Outre son instrument fétiche, qu’il manie superbement, Hubert s’avère être aussi un chef de bande, de Brass Band, directeur musical de différents groupes et projets (voir son blog). Il  habite Fontenay depuis très longtemps, y mène une action musicale, éducative, de transmission, d’échanges en tous genres, de rencontres, riches, variées, toujours avec le soucis de la qualité (http://www.ultrabolic.com/). Certains d’entre vous ont pu le découvrir, en 2014,  lors de la fête de la musique, lorsqu’il était venu diriger  son Brass Band, alors composé d’une douzaine de musiciens, sur le perron de la Médiathèque de Fontenay-sous-Bois.

Ici, il est partie prenante de l’Ensemble « Golan », accompagné de la flutiste traversière Naïssam Jalal et du percussionniste Youssef Hbeisch, entourés de Ahmad Al Khatib à l’oud, Zied Zouari au violon et Matthieu Donarier à la clarinette. Cet ensemble musical a enregistré un album, »Golan, Al Joulan, Vol.1 » (qui donc sera suivi d’un volume 2, en préparation), à Musiques au Comptoir, en octobre 2015. Ce projet musical a emmené le groupe en tournée en  Palestine, ou l’accueil réservé fut tout simplement « magique », d’après Hubert.

Sur « Golan », dès le premier morceau, on est embarqué dans les contrées moyen-orientales, avec ces musiques rythmées, chaloupées, et ces sonorités si reconnaissables, ici magistralement servies, par la bande de musicien réunies. Un vrai voyage musical, culturel, qui, à l’heure de la montée des radicalismes, des tensions communautaires réelles ou artificielles, fait un bien énorme à écouter, savourer. Oui l’ailleurs est source de richesse humaine, d’échanges.. c’est tout le sens de ce projet « Golan », et plus largement de l’aventure musicale que mène Hubert Dupont depuis des années, à travers ses différents projets.

Si le disque n’est composé que de 6 morceaux (ce qui peut paraître peu, mais bon, la qualité est au rendez-vous, alors ne boudons pas ce plaisir, savourons-le!), c’est une belle échappée que nous délivrent ici les membres de ce Golan Project. Vivement le second chapitre!!!

Hubert Dupont, à travers tous ses projets, se veut être un passeur de musiques, un homme de rencontres culturelles, artistiques, humaines.
Pour celles et ceux qui souhaiteraient découvrir cet artiste, ce musicien, les disques sont disponibles à la médiathèque.

Guillaume.

 

Snarky Puppy, Fanfare qui jazze en mode fusion.


Sylva_imageSnarky Puppy, ce nom ne vous dit peut-être rien… en tous cas, moi je ne connaissais pas ce groupe composé de 13 musiciens, basé à Brooklyn, mais qui vit le jour au Texas en 2004, jusqu’à ce que j’écoute « Sylva« , leur nouvel album, fait de jazz coloré, métissé.

Au sein de cet ensemble se côtoient guitares, cuivres, pianos, cordes, percussions, le tout nous emmenant dans un univers sonore des plus ouverts, puisqu’aussi bien le rock, le jazz fusion, le rock progressif, la funk. « Sylva« , leur récent album dont la pochette colorée à souhait (comme leur musique), rappelle la … forêt, est l’illustration parfaite de ce mélange des genres. Il a été enregistré en compagnie de l’ensemble hollandais du Metropole Orkest, qui fut fondé en 1945, et a collaboré avec les plus grands noms du jazz, de Ella Fitzgerald à Gregory Porter en passant par Al Jarreau, John Scofield.

Si seulement 6 morceaux sont proposés à nos oreilles, ce qui peut paraître peu, Snarky Puppy en nous offrant deux longues plages, « The Curtain » qui dure 15 minutes, ainsi que « The Clearing », qui nous emmène en voyage pendant près de 20 minutes. Mais dès « Sintra » qui ouvre l’album, l’auditeur entre sans difficultés dans cette forêt sonore et musicale, qui résonne comme une ode à la richesse de la diversité, celle des sons, des cultures, des continents, pour ne faire qu’un et définir une musique colorée, variée. Chaque titre est un chemin, plus ou moins long à fréquenter, qui réserve sa dose de surprises rythmiques, de références à des cultures, le tout avec talent et subtilité. L’auditeur est amené à s’imaginer des paysages , décors, ambiances, au gré des morceaux joués par les Snarky Puppy.

« Sylva », 9ème album de Snarky Puppy, est une belle réussite. A signaler la présence d’un dvd.

Bonne nouvelle, le groupe publiera son prochain album dès cette année 2016, sous le titre de « Family Dinner, volume 2 » (le premier volume est paru en 2013)!

C’est un vrai plaisir de les écouter. J’ai hâte désormais de les voir sur scène, où leur musique  doit donner toute sa mesure.

Guillaume.

 

Simon Phillips, batteur sans protocole.


Protocol_image« Protocol III » est le dernier chapitre d’un triptyque musical élaboré par le batteur britannique Simon Phillips, dont le premier volet est sorti en… 1988, et qui fait suite au second volet « Protocol II » sorti en 2013.

Simon Phillips, batteur qui a la particularité d’être ambidextre, mène une carrière de musicien-producteur  riche et variée, puisqu’il a accompagné par le passé côtoyé aussi bien Véronique Sanson que Peter Gabriel, Mick Jagger que Mike Oldfield, des groupes de rock comme les Who, Toto, mais aussi les guitaristes Gary Moore, Jeff Beck, Joe Satriani. Ces dernières années, il a accompagné, aux côté du bassiste Anthony Jackson, la pianiste japonaise Hiromi.

Pour élaborer ce « Protocol III »,  le batteur anglais s’est entouré du guitariste Andy Timmons, du bassiste Ernest Tibbs, du pianiste Steve Weingart.  Le résultat de cette collaboration en quartet est un album de jazz-rock puissant, élégant, où les musiciens sont à parts égales. S’il ne comporte hélas que 8 morceaux, c’est un régal de jeu subtil, d’ambiances mélangées, le tout mené par le métronome aux baguettes magiques. Tout au long du disque, Simon Phillips nous trimballe dans son sillage, nous emmène dans cet univers qu’il maitrise parfaitement, mélange de jazz subtil et de rock très rythmé, aidé en cela par ses compères, qui cisèlent de jolies ambiances. Les morceaux, qui durent tous plus de 5 minutes, laisse l’auditeur profiter de ces joutes musicales, de ce dialogue instrumental et de la dextérité affichée. Plaisant sans jamais être lassant.

Guillaume.

 

 

Al di Meola, la guitare dans tous ses états.


AlDiMeola_imageAl Di Meola, guitariste aussi brillant que discret nous revient avec son « Elysium ». Pour notre plus grand bonheur !

Si la pochette laisse à penser qu’il se prend pour le « Penseur » de Rodin, affublé d’un air sérieux caché derrière ses lunettes, il n’en n’est rien !

Al Di Meola demeure avant tout un véritable esthète de la guitare, compositeur virtuose, au parcours éclectique, passant sans mal du jazz-rock époque Return to Forever dans les années 70-80, aux côtés du légendaire pianiste Chick Corea, au jazz métissé d’influences aussi variées que le tango argentin, le flamenco espagnol ou encore les rythmes africains. Il est ici épaulé par 3 claviéristes de haut vol : Philippe Saisse, Barry Miles, Mario Parmisano. Les percussions sont aussi très présentes, à travers le cajon, la darbouka, les bongas.

L‘ensemble est superbe ! Al di Meola nous régale au travers de ce disque subtil, aérien. Sa virtuosité technique est au service de ses compositions, sans jamais prendre le dessus. De « Adour » qui ouvre l’album, en passant par « Babylon », « Esmeralda », « Amanjena », aux plus classiques tel « Etcetera in E-Major », sans omettre le superbe « Stéphanie » dédié à sa compagne, ou le final « La Lluvia », Al Di Meola nous offre une palette riche et variée de son talent, nous faisant voyager au fil des compositions.

Une vraie réussite, une pépite, un album à déguster sans aucune modération !

Guillaume.

Magie du Oud


sans-titreMohamed Abozekry est un oudiste virtuose et un compositeur de génie. Né au Caire, il devient à 15 ans le plus jeune professeur de oud du monde arabe. Il mêle la musique orientale à d’autres musiques du monde (latine, tzigane, indienne) et à d’autres influences (jazz, blues, rock). Il a fondé en 2011 avec des amis  lyonnais un  quatuor le « Heejaz ». Leur premier album  » chaos » était déjà magnifique, « Ring road » est splendide. Il se balade entre musique traditionnelle, jazz, flamenco avec parfois une pointe de bossa. On ressent parfois la mélancolie du oud mais même si les morceaux sont longs, on ne s’ennuie pas tellement on est entouré pas un univers fantastique riche en couleurs.

A découvrir absolument

Françoise

Hubert Dupont, mélangeur d’univers


VOXXL_imageDepuis très longtemps déjà Hubert Dupont, contrebassiste, aime à mélanger les univers sonores, rythmiques. Son parcours musical, les formes musicales utilisées, (trio, fanfare, quartet, quintette)  montrent l’éclectisme chevillé au corps de ce contrebassiste.

http://www.hubertdupont.com/

Son nouveau projet musical « Vox XL« , enregistré en 2014 et présenté le 6 février dernier à Musiques au Comptoir, en est la nouvelle preuve.

Soir de grand froid, je décidais d’aller écouter Hubert Dupont et ses complices, à Musiques au Comptoir. Bien m’en pris puisque ce sextet proposa au public présent une promenade toute en subtilité et talent, allant des Etats-Unis à l’Afrique, en passant par le Moyen-Orient, sans oublier l’Europe évidemment !

Venus d’horizons divers, sous la direction discrète mais efficace d’Hubert Dupont,  ses complices mélangèrent avec bonheur le spoken-word de l’américain Mike Ladd, au rap en langue wolof du sénégalais Ibrahima Diassé, en passant par les mélopées moyen-orientales de la flûtiste traversière Naissam Jalal, le tout donnant un jazz-fusion très inventif, aérien, subtil, qui fait voyager l’auditeur.

Les joutes verbales entre Ibrahima Diassé et Mike Ladd, ce dialogue Nord-Sud, sur fonds de musique jazz métissé très élaboré, étaient un régal. Joie de jouer, de partager, d’être là, simplement!

Ce soir-là, le public présent a passé un beau moment, plein de chaleur humaine, de partage. Un voyage interculturel et riche de sonorités diverses. Ce langage universel qu’est la musique a pris tout son sens ce soir-là. 90 minutes d’un bonheur partagé, sentiment précieux par les temps qui courent.

« Vox XL » est un objet musical identifié, à découvrir en urgence, à savourer sans modération.

Guillaume.

Spyro Gyra, 35 ans de Jazz-rock.


SpyroGyra_pochette30 albums en 35 ans de carrière. Un jolie constance. Ainsi est Spyro Gyra, groupe de jazz-rock, jazz-fusion, fondé en 1978 à Buffalo, aux Etats-Unis, par le saxophoniste alto Jay Beckenstein, et le pianiste Tom Schuman, seuls rescapés de la formation du début.  Aujourd’hui ils sont aujourd’hui épaulé par un trio de haut vol : le guitariste  Julio Fernandez, le bassiste Scott Ambush, et le spectaculaire batteur-percussionniste (pour l’avoir vu a l’oeuvre cette année à Marciac), Bonny Bonaparte. « Rhinebeck Sessions« , dernier album, sorti en 2013, sert de support à leur tournée actuelle.

A Marciac, cette année, ils ouvraient pour le saxophoniste américain Kenny Garrett (décevant ce soir-là). Spyro Gyra, face à une salle qui s’est rempli au fur et à mesure, comme dirait Liane Foly, nous agratifié d’un set de 90 minutes sans fioritures, ni esbrouffes,  juste rempli de belle et bonne musique, servi par des musiciens heureux de jouer ensemble (cela se voyait sur scène), et dont c’était la première apparition  dans le cadre prestigieux du festival gersois. Des morceaux riches, enlevés, une doublette basse-batterie qui tient la route, un guitariste virevoltant, et les 2 anciens, Tom Schumann et Jay Beckenstein qui s’en donnent à choeur-joie.

Weather Report, Return to Forever, Mahavishnu Orchestra n’existent plus, mais Spyro Gyra maintient haut le flambeau de ce genre qu’est le jazz-rock, jazz-fusion. Tant mieux pour nos oreilles. « Rhinebeck Sessions » est une belle galette musicale, qui s’écoute, s’écoule, facilement, réservant ça et là quelques jolies pépites que je vous laisse bon soin de découvrir.

Allez, osez, vous ne serez pas perdants…!

Guillaume.

Jeff Beck, discret esthète de la six-cordes.


Considéré à l’époque déjà (dans les années 60), comme l’un des plus doués de sa génération, le guitariste Jeff Beck, 70 ans cette année, contemporain des Rolling Stones, d’Eric Clapton, Jimmy Page (deux autres ténors du manche à 6 cordes), est toujours un musicien inventif, innovant, possédant une maîtrise consommée de son instrument.

Après avoir donc débuté au sein des Yardbirds en 1965,  côtoyé Jimmy Page, il fondera le Jeff Beck Group, au sein duquel il sera épaulé par Rod Stewart au chant et Ron Wood (futur Rolling Stones) à la basse. Très demandé, il multiplie les collaborations en studio, comme sur scène, enregistre l’album « Truth » en 1969, considéré comme posant les bases du hard rock à venir.

Venu du blues et ayant posé les bases musicales du hard-rock, il n’hésite pas à explorer d’autres sonorités, d’autres univers musicaux. Ainsi les années 70 le verront s’orienter vers le jazz-rock, le jazz fusion, collaborant avec Herbie Hancock, Stanley Clarke, le Mahavishnu Orchestra, groupe fortement inspiré par la musique hindou. Mais l’homme, indépendant, n’aime pas se fixer, allant toujours de l’avant. Aussi, passé le milieu des années 70, il se consacrera à une carrière solo, moins visible que celles de ses acolytes Clapton, Ron Wood, Keith Richards. Une bonne quinzaine d’albums solos plus tard (avec notamment « Wired », « Jeff Beck Guitar Shop » ou le « live Ronnie Scott Jazz Club »)… Jeff Beck possède l’un des plus jolis et riches parcours musicaux qui soient.  Reconnu par le public, par ses paires, l’oiseau se fait rare sur scène.Ses apparitions sont toujours un évènement. La prochaine prévue en France, aura pour cadre la scène de Jazz in Marciac, aux côtés de Lucky Peterson, pour l’ouverture du Festival.

Alors, si vous aimez les guitaristes, ou sivous voulez tout simplement le découvrir,  Jeff Beck est à ne pas louper, sur disque, comme sur scène.  A 70 printemps, le guitariste anglais nous surprend encore. Réjouissons-nous!!!

Guillaume.

Quand le Jazz est là…


Chaque été, Marciac, petite commune du Gers, se pare de ses atours en jazz majeur, de fin juillet à mi-août. Cette année, du 28 juillet au 15 août, le menu concocté est prometteur de jolis moments musicaux :  De Lucky Peterson et Jeff Beck, as de guitare électrique, qui ouvriront les festivités à Monty Alexander, pianiste éclectique, et Jimmy Cliff, chanteur jamaiquain joyeux et talenteux, qui clôtureront le festival, le jazz, multiforme, multicolore, sera encore bien servi cette année.

En effet, outre les habitués Wynton Marsalis, Ahmad Jamal, Ibrahim Maalouf, ou Kenny Barron trio, seront présents Didier Lockwood qui fêtera 40 ans de carrière, les chanteuses Eliane Elias, Stacey Kent, Dee Dee Bridgewater, You Sun Nah,l’accordéoniste Richard Galliano, le pianiste-percussionniste Omar Sosa, les légendes Wayne Shorter, Chick Corea, Herbie Hancock, Stanley Clarke, le tourbillonnant et brillant pianiste-chanteur Jamie Cullum, le batteur Daniel Humair… Bref, vous le constatez, le menu, encore une fois, est copieux…

Alors, si vous voulez agrémenter vos vacances de soirées jazz, Marciac et son ambiance festive, joyeuse, seront une belle escale en cette été 2014.

Vous retrouverez des albums de ces artistes à l’espace musique.

Guillaume.