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Thomas de Pourquery, mélangeur d’univers.


Thomas de Pourquery, chanteur-saxophoniste qui vient d’être consacré artiste de l’année aux Victoires du Jazz 2017, est un musicien atypique, au parcours sinueux mais rempli de belles rencontres artistiques. Aujourd’hui âgé de 40 ans, De Pourquery a grandi en banlieue parisienne, à Bondy.

Elèves de Stefanao di Battista, il découvre le saxophone, à l’âge de 14 ans, avant d’intégrer le Conservatoire National de Paris. En 2000, à 23 ans ans seulement il intègre l‘ONJ (Orchestre National de Jazz) alors dirigé par Laurent Cugny. L’occasion pour lui de cotoyé et rencontrer des pointures telles que Bill Hart, Paco Sery, ou encore Sunny Murray.

En 2002, auréolé d’un premier de soliste au concours de La Défense, il fonde le groupe DPZ avec son compère Daniel Zimmermann. Curieux de rencontres et d’univers sonores, il fera partie également du collectif punk Rigolus et l’ensemble MegaOctet d’Andy Emler.

En 2009, l’album « He’s looking at you, kid » est un succès public et critique. Du coup, la ville de Coutances, connue pour son festival « Jazz sous les Pommiers », l’engage pour 3 ans en résidence.

En 2010, il organise un festival carritatif, « The Brain Festival », dont les fonds serviront à soutenir les recherches sur les maladies neuro-dégénératives.

Si le musicien est donc avide de rencontres musicales et humaines pouvant déboucher sur des collaborations totalement inattendues, à l’exemple de celles avec Jeanne Added (édition Aventuriers 2015), Oxmo Puccino, Fred Pallem, ou encore François Atlas and the Mountains (édition Aventuriers 2012), ou le groupe de rock britannique Metronomy, ou pour les plus anciens avec Mick Jones, leader de la formation de rock FM Foreigner, il n’en oublie pas d’être un citoyen actif et concerné, au sujet ici de maladies encore mal connues touchant au fonctionnement du cerveau.

Le 18 décembre prochain, il viendra au cinéma Kosmos de Fontenay, dans le cadre du Festival des Aventuriers 2017, assister à la projection du film « Stop Making Sense » du réalisateur américain Jonathan Demme, qu’il a lui-même choisi. S’en suivra une rencontre sous forme d’échange avec ce musicien.

Ne ratez pas ce moment!

Vous pouvez retrouvez le dernier album de Thomas de Pourquery « Sons of love », sorti en février 2017, à la médiathèque de Fontenay.

 

 

 

Guillaume.

 

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Mister Bennett en 5 chapitres !


Oui je sais, vous vous dites : « Quoi encore un article sur Tony Bennett! »… Je vous comprend. Si la fois précédente c’était pour chroniquer le concert triomphal du crooner à L’Olympia fin juin, cette fois-ci c’est à l’occasion de la réédition en coffret, sorti en 2015 chez Columbia/ Sony, de 5 albums du crooner américain. Histoire de faire un petit tour dans l’œuvre de ce chanteur.

5 albums différents répartis en 2 périodes, puis mis à part « I Left my heart inSan Francisco » paru en 1962, les 4 autres albums ici regroupés concernent la période 1992-1995, période au cours de laquelle le crooner va revenir sur le devant de la scène, conquérir un nouveau public, avec quatre albums renfermant des univers musicaux très différents :

Ca commence par un hommage à son alter ego Frank Sinatra avec « Perfectly Frank » paru en 1992. La pochette en noir et blanc, est une photo de Frank Sinatra jeune se produisant sur la scène d’un cabaret, entouré d’un petit orchestre. Des titres comme « I fall in love too easily », « Night and day », « You go to my head », The lady is a tramp », « Day in, day out », « Call me irresponsible », autant de standards immortalisés par « The voice », ici chantés par Tony Bennett et sa voix si particulière. Un régal!

Ensuite, dans la foulée, il enregistre en 1993 « Steppin out », qui se veut un album en hommage à Fred Astaire, l’un des plus grands danseurs de claquettes américains, qui, avec Gene Kelly, ainsi que la talentueuse Ginger Rogers, a écrit les plus belles pages du cinéma hollywoodien dans le domaine de la comédie musicale. Accompagné d’un trio piano-contrebasse-batterie, Bennett se ballade avec une joie non cachée dans cet univers swinguant, virevoltant. 18 titres qui sont un bonheur à écouter, savourer, découvrir.

En 1994, il profite de la vague initiée par la chaine musicale américaine MTV et sa série de concerts acoustiques (Unplugged) pour se plier à l’exercice, comme d’autres artistes avant lui, tels Eric Clapton ou Nirvana. Toujours entouré d’un trio piano-contrebasse-batterie, aussi précis qu’une montre suisse, ce soir-là, Tony Bennett donne toute sa mesure et régale le public d’une superbe performance vocale. A savourer!

Enfin, le dernier album ici présenté dans le coffret est « Here’s to the ladies » (pas besoin de traduire, n’est-ce pas mesdames!). A l’origine, « Here’s to the ladies » devait être un album de Franck Sinatra. Pour des raisons de business, ça ne s’est pas produit! Bref bien des années plus tard,  Tony Bennett a donc décidé de s’y coller. Au menu, de superbes interprétations de titres comme « I’m in love again », « Somewhere over the rainbow », ou encore « I got rhythm ».

Ce coffret permet un voyage dans le temps, dans l’histoire du jazz, du swing à la variété en passant par le jazz cool, guidé par la voix magique de Tony Bennett!
A ne pas rater!

Guillaume.

Monicka Amarilys, la voix à suivre.


Venue en 2015, à la médiathèque, dans le cadre d’un kiosque, avec un quatuor de musiciens, dont Gladys N’toumi, pianiste et compagne du contrebassiste-compositeur-directeur de Brass Band, Hubert Dupont, la chanteuse Monicka Amarilys, avait régalé le public présent par son phrasé limpide et sa voix très à l’aise sur des ambiances suaves telles que « Your love is king » de Sade, « Va savoir » de Liane Foly ou « Summertime » de Ella Fitzgerald.

Ce sont ces titres et cette ambiance, très agréable et cosy, digne d’un jazz-club, que l’on retrouve sur « Volume 1 ». Si l’orchestration fait parfois défaut comme sur « So nice » ou le son du piano est très synthétique, presque comme un orgue Bontempi… (c’est dire!), fort heureusement, le reste des titres, 14 au total, est de très bonne qualité et laisse à l’auditeur le plaisir de découvrir cette voix singulière, suave, mélancolique parfois, qu’est celle de Monicka.

« Volume 1 » est donc un album de reprises de chansons qui ont été soit des standards de jazz (« Summertime » ; « Cry me a river »), des succès pop (« Your love is king » de Sade ; « I don’t know » de Noa ; Baby Can I hold you de Tracy Chapman) ou de la bossa nova ( l’inévitable « Girl from Ipanema » chère à Antonio Carlos Jobim), sans oublier quelques chansons du répertoire français (« Va savoir » et « Au fur et à mesure » de Liane Foly » ; le très chaloupé « Jardin d’hiver » de Henri Salvador ; « Que reste-t-il de nos amours »de Charles Trenet).

Il s’écoute très agréablement et par ces temps de grosses chaleurs, convient parfaitement pour démarrer en douceur une soirée, à l’heure où le soleil se fait moins fort, à l’heure de l’apéro ou en fin de soirée, après un excellent repas… A vous de choisir!

Si Monicka se produit près de chez vous, n’hésitez pas, allez l’écouter. Vous passerez un joli moment!

J’attends le « Volume 2 » avec curiosité.

Guillaume.

« Awake » vous tiendra éveillé


L’album « As we fall » du groupe Awake fait partie du label participatif JazzandPeople, et c’est une pure merveille. Beaucoup de douceur. Perfection et pureté des orchestrations. Des musiciens dans une parfaite synergie, c’est ce qui se dégage de ce quintet, qui s’est forgé sur les scènes parisiennes notamment au Baiser Salé. Chacun pourra apprécier les solos-impros des artistes mais soutenus par chacun des membres du groupe dans une incroyable harmonie.
On retrouve Romain Cuoq (saxophoniste), Anthony Jambon (guitare), Léo Montana (piano), Florent Nisse (contrebassiste), Nicolas Charlier (batteur), et la participation d’Émile Parisien (saxophoniste), membre du collectif lors du premier album.
« La musique de ce nouvel album se veut dans la lignée du précédent, guidée par la mélodie et le son de groupe que l’on a essayé d’emmener encore un peu plus loin, des couleurs que l’on espère personnelles mais puisées dans les chansons, le folk ou le classique. « As We Fall », comme une invitation à se perdre, à une rêverie éveillée. » — Romain Cuoq & Anthony Jambon
De quoi faire de beaux rêves. Bonne écoute !

Carine

Gogo Penguin, un trio mancunien sans fioritures


Souvenez-vous… Il n’y a pas si longtemps(le 28 mars dernier), je vous parlais d’un jeune groupe de jazz originaire de Manchester, le trio Gogo Penguin, venu le 31 mars dernier à Fontenay-sous-Bois. Ce groupe est pour moi l’une des révélations de l’année (certes pas encore terminée, puisque nous n’en sommes qu’au milieu, à l’été…). C’est pourquoi je m’y remets, décidant d’évoquer  « Man Made Object » (2016).

Ce qui frappe d’entré à l’écoute de nouvel opus du trio mancunien, c’est l’aspect très élaboré de leur musique, qui laisse pourtant libre cours à l’expression de chacun des musiciens, le tout nous offrant un univers épuré, presque froid, mais tellement riche en même temps de par la complexité de l’interaction des instruments. En 10 morceaux, de « All Res » au final  » Protest », « Man made object » est un album sublime, dépouillé, qui vous embarque instantanément, qui vous emmène dans un ailleurs-land où l’ons’imagine aisément marcher dans les landes irlandaises ou écossaises, dans le grand nord arctique, ou dans les déserts du Sahara marocain ou du Tchad, autant de paysages sauvages, déserts, silencieux…propres à la méditation, au questionnement sur ce qui est l’Essentiel. Cet essentiel, ce fil ténu, cette quête d’une perfection musicale, Gogo Penguin s’y attache tranquillement, et le résultat est un album, le 3 ème seulement de leur jeune carrière, déjà rempli de maitrise!

Sur ce remarquable album, mes morceaux préférés sont les suivants :  » Unspeakable world« , « Weird Cat« , « Smarra« .

Ne passez pas à côtés de ce trio! Le voyage musical vaut le détour! Je suis déjà impatient de découvrir leur prochain album.

Guillaume.

 

US3, La main (toujours) sur la torche !


En 1993 paraissait un album que certains ont peut-être eu le plaisir de découvrir à l’époque … « Hand on the Torch » par le groupe US3.

Fondé en 1991  à Londres, ce groupe va dès le début (sur l’album « And the Band played Boogie ») s’appliquer à sampler (n’est-ce pas Laurent! :-)) des titres de jazz d’artistes figurant au catalogue du célèbre label Jazz Blue Note, pour les mélanger à des rythmiques rap. Du coup, Blue Note les signe en échange d’absence de poursuites judiciaires. US3 plonge alors avec délectation dans les archives de l’immense catalogue du Label.

« Hand on the Torch » sort donc en 1993. 20 ans plus tard, l’album ressort, toujours sur le catalogue Blue Note. Le groupe se tourne résolument vers un mélange de jazz (reprise de « Cantaloup Island » de Herbie Hancock, mais aussi de morceaux de Charlie Parker, Thelonious Monk, Horace Silver entre autres) et de rap. Tous les samples utilisés par US3 sur ce double album sont issus de sessions sur lesquelles a travaillé Alfred Lion, cofondateur et producteur du label Blue Note. Les amateurs de rap (Laurent 🙂 ) y trouveront les guests tels que Tukka Yoot, Kobie Powell, Rahsaan.

L’ensemble offre un éventail savoureux et inventif allant donc du jazz pur, au rap en passant par des ambiances ragga-reggae. Rien de mieux en ces temps de chaleur pour ambiancer les journées, et les soirées barbecue.

« Hand on the Torch », album rempli de pépites, à faire tourner sans modération !!!!

Guillaume.

 

Cuarteto Lunares, Tango dans la peau.


Quand on pense à l’Argentine, le mot qui vient immédiatement derrière est Tango. Comme la Salsa à Cuba, ou la Samba au Brésil. Le Blues aux Etats-Unis.

Le tango, musique autant que danse, qui est un langage musical et corporel dans lequel tous les argentins se reconnaissent, puisque cela fait partie de leur culture, de leur histoire. L’Argentine, qui a vécu des heures sombres de dictature, de 1966 à 1973 puis de nouveau entre 1976 et 1983, ne s’est jamais départi de ce fondement-là. Le tango, c’est l’équivalent par moment du blues, et en ce temps-là une musique de résistance, un acte fort face à ce pouvoir qui étranglait l’Argentine. Mais c’est aussi une musique qui peut parfois être joyeuse, festive, accompagnant mariages, naissances, ou plus tristement, accompagner une cérémonie funéraire. Cuarteto Lunares, composé de 3 filles et d’un garçon (Aurélie Gallois, violon, orchestration ; Carmela Delgado, bandoneon ; Gersende Perini, violoncelle ; Lucas Eubel Frontini, contrebasse). Cet attelage instrumental novateur de par sa composition fonctionne très bien, laissant la place à chaque instrumentiste pour s’exprimer.  « A horas truncas » est un disque qui fait le lien entre le tango d’hier tel que révélé par Carlos Gardel, Astor Piazzolla, et des formes musicales telles que le Jazz, la musique classique et le candombe, qui bien qu’issu du Paraguay, trouve aussi sa place dans la culture argentine.

Tous les sentiments humains y sont représentés, mêlés, joués, avec talent et sans jamais tomber dans la facilité.

Un disque à découvrir pour les néophytes comme pour les amateurs du genre.

Guillaume.

En Mai, Cesaria Evora et Brass Band seront à l’honneur !


En ce mois de mai, le dicton nous invite à faire ce qu’il nous plaît!!!! Hé bien, puisque c’est comme ça, la médiathèque vous invite à venir savourer et partager 2 moments musicaux, qui bien que différents, offriront à vos oreilles curieuses de jolis promenades sonores et humaines. Alors de qui et de quoi s’agit-il?

Tout d’abord, le samedi 13 mai à 15H30, le duo composé de Sanda Musica (flûte traversière-chant) et Alma di Mundo (guitare acoustique-chant), viendra nous présenter un hommage à la chanteuse capverdienne Cesaria Evora, autrement nommée « la chanteuse aux pieds nus » (c’est ainsi qu’elle se produisait sur scène). Tout en sensibilité et en complicité, ce duo, qui s’est rencontré à l’automne 2016, fonctionne très bien. Si le Cap-Vert sera bien sûr au centre du répertoire, un petit détour par l’Afrique pas si lointaine vous sera proposé. De quoi passer un joli moment!

Le samedi 27 mai, toujours à 15H30, la médiathèque aura le plaisir d’accueillir le contrebassiste Hubert Dupont, qui pour une fois devrait délaisser son instrument favori, pour diriger son M’Brass Band. Mis en place depuis 2014, il était d’ailleurs venu le présenter lors de la fête de la musique cette année-là, en jouant sur le perron de la médiathèque (voir ci-dessous). Revenu en janvier 2016, avec un Brass Band qui avait évolué, il nous fait le plaisir d’à nouveau se produire chez nous. Composé de cuivres, de percussions notamment, il vous proposera une musique festive, joyeuse.

Du Cap-Vert au Brass Band, en passant par l’Afrique, le mois de mai s’annonce donc riche en couleurs musicales…. n’hésitez pas à venir nombreux / nombreuses, pour ce qui sera une bonne mise en bouche, avant la fête de la musique, le mercredi 21 juin,  pour laquelle la médiathèque vous prépare une programmation éclectique et de qualité (j’y reviendrais plus tard…).

Guillaume.

Hubert Dupont, Al Joulan, second volet… et plaisir intact!


En août 2016, dans le cadre de chroniques concernant des musiciens fontenaysiens, je vous faisait découvrir le contrebassiste Hubert Dupont, à l’occasion de la parution de l’album « Al Joulan, vol.1 ».

Ce premier volet annonçait forcément… une suite! quelques mois plus tard (l’album sort officiellement le 9 mai), c’est donc chose faite, avec « Al Joulan, vol.2« ! Entouré de la même équipe de musiciens talentueux (Youssef Hbeisch, Naissam Jalal, Ahmad Al Khatib, Zied Zouari, Matthieu Donarier), au sein du Golan Project (en hommage au plateau du Golan= Al Joulan, qui surplombe la Syrie, administré par Israël depuis 1967, et revendiqué par le Liban), Hubert Dupont nous offre une séance musicale qui se veut un pont entre les cultures, les traditions, les sons, entre jazz contemporain et musiques traditionnelles.

Comme le précédent volet, celui-ci a été enregistré en live, dans le cadre accueillant et chaleureux de Musiques au Comptoir, scène musicale bien connue depuis près de 15 ans, par les amateurs de musiques. Bien que l’album ici proposé ne comporte que seulement 4 morceaux, ce qui à titre personnel me frustre un peu, la durée des compositions rattrape cela (de 8 à 12 minutes!), laissant la place aux musiciens pour s’exprimer, développer un univers sonore et nous embarquer dans leur voyage musical dans les contrées du Moyen-Orient, du Liban, de cette culture arabe, de cet héritage qui a encore tant à nous enseigner. La complémentarité des musiciens ici réunis autour de Hubert Dupont est évidente et s’entend dès les premières notes. Un régal !

L’ambiance générale de ce second volet résonne comme une longue plainte pleine d’espoir pour un monde meilleur demain, mais fait également appel à la nostalgie, à la notion de mémoire, de partage, entre les cultures et les hommes, éléments qui sont centre de la démarche artistique de Hubert Dupont à travers tous ses différents groupes (voir son site : http://www.ultrabolic.com/)

Au final, un album superbe, subtil, qui fait du bien à l’âme… Que demander de plus?

A découvrir donc sans hésiter.

Guillaume.

Le Duo Art Vincent Peirani / Emile Parisien : Vivre la Belle époque


belle-epoque-585Je vous invite pour cette chronique à découvrir l’album de deux jazzmen : Vincent Peirani et Emile Parisien : Belle Epoque. L’un à l’accordéon, l’autre au saxophone soprano.

Cet album est constitué de reprises de différents jazzmen (Sydney Bechet, Duke Ellington…) ainsi que de compositions des deux musiciens.

Je n’ai jamais vu Emile Parisien sur scène, mais j’ai vu récemment Vincent Peirani en concert avec le Trio FOX, et cet homme, du haut de ces deux mètres (ou quelque chose s’en approchant), arrivant avec ses pieds nus, est totalement envoûté et envoûtant. Et le voyant ainsi je comprends mieux la poésie et la liberté de sa musique.

Leur duo est totalement bouleversant. Les mélodies sont d’une extrême sensibilité. C’est beau, tout simplement beau. Le morceau de Sydney Bechet « Egyptian Fantasy » est un véritable hommage aux racines du jazz, dans un esprit totalement contemporain et presque extatique. Les notes de cet album s’enchainent et virevoltent. Deux instruments, deux musiciens qui s’accordent dans leurs envolées, dans ces enchainements de notes en cascade. Mais aussi dans une harmonie pleine de finesse et de sensibilité.

Un moment de pur bonheur.

Carine

 

 

Gogo Penguin, trio en mode exploratoire !


Manchester. Ville célèbre du nord de l’Angleterre pour ses deux équipes de foot (City et United), pour être aussi le berceau du groupe Oasis des  frères Gallagher (Noel et Liam). Désormais, il faudra rattacher le trio jazz Gogo Penguin (Nick Blacka, contrebasse ; Rob Turner, batterie ; Chris Illingworth, piano) comme ambassadeurs reconnus de la cité mancunienne. Le trio ne possède pas encore une discographie très épaisse, mais nous le savons bien, ce n’est pas la quantité qui fait la qualité.

« Fanfares », paru en 2012, premier de leurs 3 albums déjà disponible chez les disquaires et sur les plateformes de streaming, est très court, en terme de morceaux à écouter, 7 au total. Si la formule ici présente est celle que l’on trouve depuis des lustres comme base initiale des orchestres de jazz, la surprise vient de ce que ce trio nous emmène aux limites du jazz et de la musique électronique, avec l’apppui de Joe Reiser.  Le résultat? un jazz frais, joyeux, mélodique, où la tradition côtoie avec bonheur la modernité du son électro.

Influencé par le jazz nordique, en particulier Esbjörn Svensson, à qui ils rendent hommage en introduction sur « Sevens sons of Bjorn », mais également par Brian Eno, Massive Attack ou les compositeurs classiques Claude Debussy et Dimitri Chostakovitch, le trio Gogo Penguin s’en donne à cœur joie et nous transmet, sans fioritures inutiles, l’envie de les suivre, de les accompagner dans leur univers. Les 6 autres morceaux qui composent cet album sont d’égale qualité. Inventifs, virtuoses, légers, et très maîtrisés bien sûr! Un régal!

Ce disque est un petit bijou musical, berçé de mélancolie, de rythmes épurés, de cette ambiance rappellant beaucoup le jazz nordique (Trygve Seim, Esbjorn Svensson donc, mais aussi Ketil Bjornstad, Tord Gustavsen ou Nils Petter Molvaer) qui ici n’a rien de froide, mais qui vous enveloppe, vous transporte!
Le 31 Mars prochain, salle Jacques Brel, comme dirait Jacques Higelin, « La nuit promet d’être belle », grâce à ce trio et à la présence de Hubert Dupont et ses musiciens en première partie! Ne ratez pas ce moment!!

Guillaume.

 

Treïma, duo en devenir…


Samedi 25 février dernier, le duo Treïma, composé de Leïla Serouge (qui a grandi à Fontenay) au chant, et de Mickaël à la guitare, est venu offrir, durant 45 minutes, à l’espace musique de la médiathèque, une jolie prestation toute en maitrise et simplicité, à travers un répertoire composé uniquement de standards du jazz, de la pop, du reggae, ou de la soul music.

Formé voilà un an et demi, ce duo très complémentaire a offert au public présent (petits et grands) les versions revisitées de chansons telles « Route 66 » de Nat King Cole, « Sitting on the dock of the bay » d’Otis Redding, « Talkin about a revolution » de Tracy Chapman, « The preacher Man » d’Aretha Franklin, « Suddenly I see » de KT Tunstall, « Royals » de Lorde, « Come » de Jain, « Beat it » de Michael Jackson, »These boots are made for Walkin » de Nancy Sinatra, « Redemption song » de Bob Marley. Le phrasé sans hésitation de Leïla Serouge, soutenu, secondé, accompagné par Mickaël à la guitare acoustique, donnèrent une couleur nouvelle à ces standards, et c’est très bien ainsi. Le petit bémol à mes yeux, c’est que le répertoire ne contient pas de reprise de standards… français! Jouant parfois dans les bars et restaurants, il est leur plus aisé de proposer une prestation strictement en anglais.

Treïma a d’autres projets pour les semaines et mois à venir, comme une formule à 5 (guitare-voix-basse-batterie-claviers). Le répertoire est en préparation. Excellente nouvelle!

Alors si vous apercevez un annonce de concert de ce jeune duo prometteur, allez-y les yeux fermés, vous passerez un joli moment!

Vous pouvez aussi les suivre sur leur page dédiée : https://www.facebook.com/treima.musique/

Guillaume.

 

 

https://www.facebook.com/treima.musique/

 

Coups de cœur 2016 !


43280-o3rhudMon année musicale aura été celle de la sensibilité, de l’émotion pure, celle qui vous prend aux tripes, qui vous fait battre le cœur très fort, vous donne des frissons, des larmes aux yeux… J’ai découvert des voix splendides, des musiciens fascinants  comme Or Solomon dont j’ai pu apprécier le talent en concert au Comptoir à la Halle Roublot de Fontenay-sous-bois.

Telle est cette magie de la musique, car elle peut tout autant vous faire danser, hurler, mais aussi vous faire vibrer de l’intérieur. Elle est trop forte la musique…

Carine.

 

Je n’ai pas dérogé à la règle en 2016, mes habitudes musicales sont restées très orientées hip hop / soul et cette année a été un très bon cru à ce niveau la, difficile pour moi de ne choisir que cinq morceaux pour illustrer cette belle année.

Le revirement funk de Childish Gambino était indispensable et la relève hip hop avec Joey Badass et Hassan Monkey également, mais la véritable révélation 2016 pour moi, c’est Chance The Rapper, qui, à mon avis sera le prochain phénomène dès qu’il se décidera à sortir son album. Hip hop is not dead…

Laurent.

 

Comme Carine et Laurent, je vous propose ma sélection, mon dernier regard personnel sur l’année musicale 2016. Entre coups de cœur et découvertes, les artistes ou groupes que j’ai aimé, apprécié.

Ils ont pour nom Kacem Wapalek, rappeur à la plume ciselée, Electro Deluxe et sa funk-soul cuivrée, vus lors de l’édition 2016 des Aventuriers, Richard Bona et son jazz-world aux accents cubains, Ibrahim Maalouf et sa trompette aussi à l’aise en mode oriental que plus intimiste, la chanteuse de R’n’B Emeli Sandé, et pour clore la liste, Leyla Mc Calla, chanteuse folk américaine.

Guillaume.

 

L’année de mon côté a été contemplative avec le piano de Quentin Sirjacq, enjôlante avec les refrains de Benjamin Biolay, et surtout … très festive !

2016 nous montre que l’on peut danser sur tout : la folie groovy de « Shoes », la mélancolie planante de « Halcyon bird » ou un hymne à l’énergie comme « Final song ».

Elsa.

 

On n’est jamais mieux trahi que par les siens…


linxbrel.. Et ici, c’est le cas !  Mais de quoi je parle, demandez-vous ? Tout simplement du dernier album du chanteur de jazz belge David Linx, ici accompagné par le Brussels Jazz Orchestra, dans le cadre d’un hommage au grand Jacques Brel.

Louable initiative, me direz-vous, surtout venant d’un vocaliste reconnu, talentueux, qui plus est épaulé par un orchestre de jazz qui a déjà fait ses preuves. L’affiche s’annonçait belle, prometteuse! Oui mais voilà, dès le premier morceau, ca fait « Pschiiitt »… !!! « Quand on a que l’amour », qui devient un morceau à l’orchestration variétés digne des shows de Maritie et Gilbert Carpentier ou de Michel Drucker, dans lequel David Linx se perd en minauderies vocales, nous promet d’entrée une douleur vocale quant aux morceaux à suivre… Et ça ne rate pas! Dès « La chanson des vieux amants », le malaise continue de s’installer, se confirmant s’il en était encore besoin sur  « Vesoul-Amsterdam » ou deux chansons  en une. « Ces gens-là », « Mathilde » sont noyées dans des orchestrations où les cuivres couvrent tout, où la rythmique hésite entre le jazz, la bossa, les ambiances latinos à la Santana… Bref, on est loin des ambiances intimistes, recueillies, que nécessitent les chansons du grand Jacques. Même Linx, donc, se perd en vocalises, en scat, loin de garder l’essence même des textes, de respecter l’intensité d’origine.

La seconde partie du disque (10 titres au total), démarre par un « Ne me quitte pas » poussif, ennuyeux, dénué d’émotion, de  sentiments… Dur dur!! S’en suivent « Le plat pays », « Bruxelles », « Isabelle » » avant le final avec « La valse à Mille Temps ». Une valse poussive, qui met du temps démarrer, soutenue, guidée, comme depuis le début par une orchestration grossière, ampoulée, sans imagination.

Quand on a, comme moi, grandi avec les chanson de Brel dans les oreilles, c’est vraiment difficile d’écouter ce qui se voulait être un hommage. RATE ! Malgré tout son talent vocal, David Linx n’est jamais rentré dans le costume du Grand Jacques ! N’est pas Brel qui veut !!!!

Guillaume.