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Gogo Penguin, trio en mode exploratoire !


Manchester. Ville célèbre du nord de l’Angleterre pour ses deux équipes de foot (City et United), pour être aussi le berceau du groupe Oasis des  frères Gallagher (Noel et Liam). Désormais, il faudra rattacher le trio jazz Gogo Penguin (Nick Blacka, contrebasse ; Rob Turner, batterie ; Chris Illingworth, piano) comme ambassadeurs reconnus de la cité mancunienne. Le trio ne possède pas encore une discographie très épaisse, mais nous le savons bien, ce n’est pas la quantité qui fait la qualité.

« Fanfares », paru en 2012, premier de leurs 3 albums déjà disponible chez les disquaires et sur les plateformes de streaming, est très court, en terme de morceaux à écouter, 7 au total. Si la formule ici présente est celle que l’on trouve depuis des lustres comme base initiale des orchestres de jazz, la surprise vient de ce que ce trio nous emmène aux limites du jazz et de la musique électronique, avec l’apppui de Joe Reiser.  Le résultat? un jazz frais, joyeux, mélodique, où la tradition côtoie avec bonheur la modernité du son électro.

Influencé par le jazz nordique, en particulier Esbjörn Svensson, à qui ils rendent hommage en introduction sur « Sevens sons of Bjorn », mais également par Brian Eno, Massive Attack ou les compositeurs classiques Claude Debussy et Dimitri Chostakovitch, le trio Gogo Penguin s’en donne à cœur joie et nous transmet, sans fioritures inutiles, l’envie de les suivre, de les accompagner dans leur univers. Les 6 autres morceaux qui composent cet album sont d’égale qualité. Inventifs, virtuoses, légers, et très maîtrisés bien sûr! Un régal!

Ce disque est un petit bijou musical, berçé de mélancolie, de rythmes épurés, de cette ambiance rappellant beaucoup le jazz nordique (Trygve Seim, Esbjorn Svensson donc, mais aussi Ketil Bjornstad, Tord Gustavsen ou Nils Petter Molvaer) qui ici n’a rien de froide, mais qui vous enveloppe, vous transporte!
Le 31 Mars prochain, salle Jacques Brel, comme dirait Jacques Higelin, « La nuit promet d’être belle », grâce à ce trio et à la présence de Hubert Dupont et ses musiciens en première partie! Ne ratez pas ce moment!!

Guillaume.

 

Treïma, duo en devenir…


Samedi 25 février dernier, le duo Treïma, composé de Leïla Serouge (qui a grandi à Fontenay) au chant, et de Mickaël à la guitare, est venu offrir, durant 45 minutes, à l’espace musique de la médiathèque, une jolie prestation toute en maitrise et simplicité, à travers un répertoire composé uniquement de standards du jazz, de la pop, du reggae, ou de la soul music.

Formé voilà un an et demi, ce duo très complémentaire a offert au public présent (petits et grands) les versions revisitées de chansons telles « Route 66 » de Nat King Cole, « Sitting on the dock of the bay » d’Otis Redding, « Talkin about a revolution » de Tracy Chapman, « The preacher Man » d’Aretha Franklin, « Suddenly I see » de KT Tunstall, « Royals » de Lorde, « Come » de Jain, « Beat it » de Michael Jackson, »These boots are made for Walkin » de Nancy Sinatra, « Redemption song » de Bob Marley. Le phrasé sans hésitation de Leïla Serouge, soutenu, secondé, accompagné par Mickaël à la guitare acoustique, donnèrent une couleur nouvelle à ces standards, et c’est très bien ainsi. Le petit bémol à mes yeux, c’est que le répertoire ne contient pas de reprise de standards… français! Jouant parfois dans les bars et restaurants, il est leur plus aisé de proposer une prestation strictement en anglais.

Treïma a d’autres projets pour les semaines et mois à venir, comme une formule à 5 (guitare-voix-basse-batterie-claviers). Le répertoire est en préparation. Excellente nouvelle!

Alors si vous apercevez un annonce de concert de ce jeune duo prometteur, allez-y les yeux fermés, vous passerez un joli moment!

Vous pouvez aussi les suivre sur leur page dédiée : https://www.facebook.com/treima.musique/

Guillaume.

 

 

https://www.facebook.com/treima.musique/

 

Coups de cœur 2016 !


43280-o3rhudMon année musicale aura été celle de la sensibilité, de l’émotion pure, celle qui vous prend aux tripes, qui vous fait battre le cœur très fort, vous donne des frissons, des larmes aux yeux… J’ai découvert des voix splendides, des musiciens fascinants  comme Or Solomon dont j’ai pu apprécier le talent en concert au Comptoir à la Halle Roublot de Fontenay-sous-bois.

Telle est cette magie de la musique, car elle peut tout autant vous faire danser, hurler, mais aussi vous faire vibrer de l’intérieur. Elle est trop forte la musique…

Carine.

 

Je n’ai pas dérogé à la règle en 2016, mes habitudes musicales sont restées très orientées hip hop / soul et cette année a été un très bon cru à ce niveau la, difficile pour moi de ne choisir que cinq morceaux pour illustrer cette belle année.

Le revirement funk de Childish Gambino était indispensable et la relève hip hop avec Joey Badass et Hassan Monkey également, mais la véritable révélation 2016 pour moi, c’est Chance The Rapper, qui, à mon avis sera le prochain phénomène dès qu’il se décidera à sortir son album. Hip hop is not dead…

Laurent.

 

Comme Carine et Laurent, je vous propose ma sélection, mon dernier regard personnel sur l’année musicale 2016. Entre coups de cœur et découvertes, les artistes ou groupes que j’ai aimé, apprécié.

Ils ont pour nom Kacem Wapalek, rappeur à la plume ciselée, Electro Deluxe et sa funk-soul cuivrée, vus lors de l’édition 2016 des Aventuriers, Richard Bona et son jazz-world aux accents cubains, Ibrahim Maalouf et sa trompette aussi à l’aise en mode oriental que plus intimiste, la chanteuse de R’n’B Emeli Sandé, et pour clore la liste, Leyla Mc Calla, chanteuse folk américaine.

Guillaume.

 

L’année de mon côté a été contemplative avec le piano de Quentin Sirjacq, enjôlante avec les refrains de Benjamin Biolay, et surtout … très festive !

2016 nous montre que l’on peut danser sur tout : la folie groovy de « Shoes », la mélancolie planante de « Halcyon bird » ou un hymne à l’énergie comme « Final song ».

Elsa.

 

On n’est jamais mieux trahi que par les siens…


linxbrel.. Et ici, c’est le cas !  Mais de quoi je parle, demandez-vous ? Tout simplement du dernier album du chanteur de jazz belge David Linx, ici accompagné par le Brussels Jazz Orchestra, dans le cadre d’un hommage au grand Jacques Brel.

Louable initiative, me direz-vous, surtout venant d’un vocaliste reconnu, talentueux, qui plus est épaulé par un orchestre de jazz qui a déjà fait ses preuves. L’affiche s’annonçait belle, prometteuse! Oui mais voilà, dès le premier morceau, ca fait « Pschiiitt »… !!! « Quand on a que l’amour », qui devient un morceau à l’orchestration variétés digne des shows de Maritie et Gilbert Carpentier ou de Michel Drucker, dans lequel David Linx se perd en minauderies vocales, nous promet d’entrée une douleur vocale quant aux morceaux à suivre… Et ça ne rate pas! Dès « La chanson des vieux amants », le malaise continue de s’installer, se confirmant s’il en était encore besoin sur  « Vesoul-Amsterdam » ou deux chansons  en une. « Ces gens-là », « Mathilde » sont noyées dans des orchestrations où les cuivres couvrent tout, où la rythmique hésite entre le jazz, la bossa, les ambiances latinos à la Santana… Bref, on est loin des ambiances intimistes, recueillies, que nécessitent les chansons du grand Jacques. Même Linx, donc, se perd en vocalises, en scat, loin de garder l’essence même des textes, de respecter l’intensité d’origine.

La seconde partie du disque (10 titres au total), démarre par un « Ne me quitte pas » poussif, ennuyeux, dénué d’émotion, de  sentiments… Dur dur!! S’en suivent « Le plat pays », « Bruxelles », « Isabelle » » avant le final avec « La valse à Mille Temps ». Une valse poussive, qui met du temps démarrer, soutenue, guidée, comme depuis le début par une orchestration grossière, ampoulée, sans imagination.

Quand on a, comme moi, grandi avec les chanson de Brel dans les oreilles, c’est vraiment difficile d’écouter ce qui se voulait être un hommage. RATE ! Malgré tout son talent vocal, David Linx n’est jamais rentré dans le costume du Grand Jacques ! N’est pas Brel qui veut !!!!

Guillaume.

Jazz et cinéma, mariage évident !


beatsquarecool_imageDepuis les années 30, le cinéma fait appel à la musique pour illustrer les histoires portées à l’écran. Et parmi les musiques utilisées, le Jazz tient une place de choix. C’est ce que nous montre le coffret « Beat, square & cool » publié en 2012. Y figurent 5 cd regroupant 8 musiques de films, ainsi qu’un livret illustré assez complet, mais tout en anglais! Le parti pris ici est de couvrir une courte période cinématographique (1953-1961) et d’exhumer, au côté de films comme « The Wild ones », « Les Tricheurs », des oeuvres tombées dans l’oubli ou méconnues du grand public. Et de reparler de réalisateurs tels que Robert Wise, Don Siegel, Martin Ritt ou Shirley Clarke.

Le coffret s’ouvre par la musique de « The Wild ones » (« L’équipée sauvage »), qui date de 1953, avec un Marlon Brando jeune et déjà star! Sur le même cd figure « Crime in the Streets », film datant de 1956, réalisé par Don Siegel, avec notamment le jeune comédien (qui deviendra par la suite un très grand réalisateur) John Cassavetes. Sur les cd suivants, on retrouve les musiques des films  « I want to live » (1958), œuvre du compositeur Johnny Mandel,  réalisé par Robert Wise, et « Les Tricheurs » de Marcel Carné, sorti la même année, qui réunit un casting musical de rêve : Nat King Cole, Chet Baker, Dizzy Gillespie ou Oscar Peterson!

« Paris Blues », de Martin Ritt (1961), qui met à l’affiche Paul Newamn, Sidney Poitier, Joanne Woodwoard, nous permet d’écouter Duke Ellington et Billy Strayhorn, deux pianistes-compositeurs de haut vol! « Les Souterrains » (1960), est l’adaptation d’un roman de Jack Kerouac paru en 1958, qui évoque l’histoire de 2 personnages qui fréquentent les clubs de jazz à San Francisco. André Prévin, chef d’orchestre, compositeur, en signe la musique.

La ballade entre cinéma et jazz se termine sur les films « Shadows » (1959) de John Cassavetes, avec Charlie Mingus aux manettes, et avec « The Connection » (1961) de Shirley Clarke, sur lequel Freddie Redd, pianiste de hard bop et compositeur, imprime sa touche musicale.

Au menu musical ici, donc, du piano, du swing, du hard bop, des orchestres, bref une variété d’univers, tout ce qui fait le charme de la musique, ici du Jazz.

Un régal pour les amoureux du jazz et du cinéma de cette période!

Guillaume.

Richard Bona, passeur d’héritage(s)


bonaheritageC’est lors du Festival Jazz de Paris 2016, dans le joli cadre du Parc Floral de Paris-Vincennes, que j’ai découvert le nouvel album « Heritage » de Richard Bona, bassiste-chanteur camerounais, citoyen du monde (comme il se définit), qu’il présentait entouré du quintet cubain Mandokan. Pendant 90 minutes, devant un public aussi large que ravi, il a décliné ses nouvelles compositions musicales, mélange savoureux de culture africaine, de salsa cubaine et de jazz européen. « Heritage » son huitième album depuis ses débuts en solo en 1999 (« Scenes from my life »), succède au très beau « Bonafied » paru en 2013.

Avec « Heritage » le bassiste nous offre une virée en rythmes chaloupés, du Cameroun à Cuba, accompagné de Mandokan Cubano, composé de Luisito et Roberto Quintero aux percussions, Rey Alejandre au trombone, Dennis Hernandez à la trompette et du pianiste Osmany Paredes. Alternant les ambiances très dansantes et celles plus intimistes avec un égal bonheur, à l’aise dans toutes les langues, il capte d’entrée l’auditeur, par l’authenticité qui se dégage de sa musique et la profondeur de son chant. Simplicité, justesse, minimalisme sont de mise, la voix en solo ou entourée de chœurs, cet album est un écrin de douceur, un pause salutaire dans ce monde qui tourne fou. A bientôt 50 ans (il les fêtera en octobre 2017), ce musicien au CV long comme le bras (collaborations avec les jazzmen Mike Stern, Pat Metheny, Joe Zawinul, entre autres, ou les artistes français Jacques Higelin, Lulu Gainsbourg, Gérald Toto), semble atteindre une certaine maturité dans sa musique. Ses années de voyages et d’observation à travers le monde, n’y sont sans doute pas étrangères.

Ah j’allais oublié un « petit » détail…. Richard Bona s’est attaché les services d’un « jeune » producteur de 83 ans, Mister Quincy Jones himself ! Un gage supplémentaire, s’il en fallait un, pour assurer que ce disque a été ciselé par des orfèvres.

Le mélange des cultures, des sons, des langues, est un bien précieux pour l’Homme. Richard Bona, héritier et porteur de la culture africaine, citoyen du monde, nous en offre ici un joli cocktail, rafraichissant. Passeur de mots, de langages, il transmet l’idée d’un héritage culturel HUMAIN à préserver. Pour notre plus grand bonheur.

Guillaume.

 

Billie Holiday, un dernier jazz à Paris


centjoursenun_imageBillie Holiday. Légende du jazz, à la vie plus que tourmentée (viol, femme battue, drogue, prison…), cette voix mythique du jazz s’est éteinte le 17 juillet 1959, reposant depuis dans un cimetière à l’écart de New-York, ville qui l’a vue triompher, et qui fut témoin de ses déboires, voire de ses addictions, de ses dérives nocturnes. L’artiste, devenue icône du jazz, fascine encore aujourd’hui, près de 50 ans après sa mort. Sa chanson « Strange fruit », évoquant le destin de ses frères de couleurs, dans l’Amérique raciste-ségrégationniste de la première moitié du 20ème siècle, finissant souvent se balançant au bout d’une corde, comme des « fruits étranges » tombant des arbres, fit d’elle une porte-voix antiraciste.

Outre le personnage mythique, la star adulée, c’est aussi l’enfant ballotée, la violence subie, morale et physique, les petits boulots, la chanteuse débutante, la femme en proie aux drogues, la séductrice, l’alcoolique, les déménagements, c’est toutes ces facettes que nous propose Philippe Broussard, journaliste, Prix Albret Londres en 1993,  dans son livre « Cent jours en un » (Editions Stock, 2013). De New-York, ville de triomphes et de chute finale, à sa dernière tournée européenne, à l’automne 1958, c’est le parcours chaotique Lady Day, artiste adulée et déchue. Un dernier baroud d’honneur, comme pour dire « Je suis la SEULE, l’UNIQUE ». Fierté humaine, orgueil artistique.

Contemporaine de Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, Billie Holiday effectuera donc une dernière tournée, une dernière virée, comme chant du cygne d’une star sur le déclin, fatiguée par la vie, les hommes, les excès en tous genres, que dépeint l’auteur avec beaucoup de justesse. Les témoignages recueillis de personnes ayant  connu, côtoyé de près Lady Day, complètent ce portrait : les musiciens Mal Waldron (son pianiste pendant 20 ans), Art Simmons (pianiste du Mars Club), le restaurateur Leroy Haynes, ou les propriétaires de jazz-club Barbara Butler (Mars Club) et Ben Benjamin (Blue Note), qui ont accueilli Lady Day  à Paris.

« Cent Jours en Un » nous embarque dans le sillage de cette femme emplie de douleurs, de cet artiste fragile, en proie aux doutes. L’auteur révèle son côté mentor auprès de jeunes talents rencontrés au hasard de la vie. Comme un prolongement de vie artistique, alors que son aura décline, que sa voix se perd. La peur sur scène, la voix qui va et revient, les colères, les caprices, la peur de l’abandon par les autres, peur de la solitude (liée à son enfance), sa générosité, son amour de l’humain (homme et-ou femme), ses rencontres avec le Paris des artistes ou de ceux qui, comme elles, y viennent (Duke Ellington, Miles Davis, Dizzy Gillespie), Philippe Broussard décrit cela avec justesse, respect, sans jamais prendre partie. C’est aussi un portrait du Paris , De Montmartre, à Saint-Germain, Pigalle, des bars louches, des dealers nocturnes, fournisseurs des jazzmen demandeurs. Une ambiance que le parolier Jacques Lanzmann mettra en mots, permettant à Jacques Dutronc, l’homme au cigare et ray-bans, de faire un tube avec « il est 5H.. Paris s’éveille ».

Oui ce livre est riche, bouleversant, drôle, triste, pathétique, rendant un bel hommage à l’une des plus grandes figures du jazz vocal du 20ème siècle.

A lire, sans hésiter.

Guillaume.

She puts a spell on me


 

ninaDepuis quelque temps, je voulais regarder le film dédié à Nina Simone qui a défrayé la chronique, suite au choix de l’actrice pour incarner la prêtresse de la Soul et du jazz. Cette actrice, c’est Zoe Saldana, Neytiri dans Avatar et si les critiques ont principalement portés sur sa « légitimité » à incarner une telle figure de l’activisme Afro-Américain, pour ma part c’est sa performance d’actrice que j’ai trouvé moyenne. Le film traite des dernières années sombres de la vie de la chanteuse : Alcoolisme, cancer du sein etc… Bref, pas les meilleurs moments, mais ça fait partie du personnage aussi.

Si le film n’est pas une réussite en soi, il donne quand même l’opportunité de découvrir ou redécouvrir le répertoire de l’une des plus belles voix du siècle dernier. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce petit billet. Difficile de choisir quels morceaux mettre en avant, tant la discographie de Nina Simone est vaste (une cinquantaine d’albums) mais parmi les plusieurs documents disponibles à la médiathèque, vous pourrez retrouver quelques perles, telles que « Feeling good » « I put a spell on you » ou encore sa version de « Ne me quitte pas ». Je vous conseille vivement le DVD du Live au festival de Montreux qui est tout simplement magistral. En attendant voilà quelques mises en bouche…

Laurent

JazzaFont, une histoire d’amis.


Nomade_imageTroisième et dernière découverte estivale de musiciens-artistes fontenaysiens : JazzaFont.

JazzaFont, ou JAF pour les initié(e(s). Derrière ce patronyme à l’accent local, se cachent 6 musiciens, tous amis de longue date. Jean-Luc Fontaine (saxophones), Nicolas Durand (batterie), Bruno Tocco (congas, bongos), Christophe Rossignol (basse, contrebasse), Marc Fourmont (claviers), Pierre Lalanne (trompette), se sont retrouvés et unis autour de la passion commune pour le jazz, surtout s’il est de funk, de rock, de couleurs venues d’ailleurs.

Leur album « No made« , que l’on peut aussi comprendre comme « Nomade », en est la parfaite illustration. Sur les 8 titres présentés, hormis les 2 reprises, « Fever » de Otis Blackwell, et « Cantaloupe Island » de Herbie Hancock, ce sont Jean-Luc Fontaine et Nicolas Durand qui assure la composition-création des morceaux. Le sextet propose un jazz coloré, entrainant, tel l’introductif » Luca » ou le bluesy « Banana Blues ».

« Deep heart » est une ballade empreinte de nostalgie, ou le piano, maitre de cérémonie, nous offre un moment que l’on pourrait imaginé tiré d’une nuit passée à ressasser des idées noires, un  blues triste, entrecoupé de quelques verres d’alcool pour noyer un chagrin d’amour. Changement d’ambiance avec le dansant « Funky day », qui fleure bon la soul des années 70, empreinte à James Brown et consorts.

« Fever », tube de Otis Blackwell, créé en 1956, depuis repris par les plus grands noms du jazz et de la soul (Peggy Lee, James Brown, Michael Bublé, Elvis Presley, Ray Charles, Sarah Vaughan….. ) est livré ici dans une version assez déroutante à mon goût, loin de  l’esprit entrainant, swinguant, initial. Décevant. Je passerai sur « No quiero saber », qui manque de saveur latino. Dommage. Pour clore leur « No made », les membres de JAF nous offrent une version pour le moins très arrangée, version rythmique reggae, du standard de Herbie Hancock, « Cantaloupe Island ».

Au final, 8 morceaux différents, aux couleurs variées, aux inspirations éclectiques, qui, si elles ne m’ont pas toutes convaincues, méritent sûrement le coup sur scène. Ce que j’irai vérifier dès que l’occasion se présentera.

JazzaFont, JAF si vous voulez, honore à leur manière une musique sans cesse en mouvement(s), le Jazz.

A découvrir.

Guillaume.

 

 

Miles… (still) ahead… !


MileAhead_imageDepuis des années, un film sur le trompettiste Miles Davis (1926-1991) était en gestation, mais encore fallait-il trouver un studio qui accepte de financer le projet mené par le comédien-réalisateur Don Cheadle. Une fois que ce fut fait, restait à trouver LA personne qui allait s’occuper de la musique de Miles Davis, pour le film. Un nom s’imposa très vite à Don Cheadle : Herbie Hancock. Le pianiste, qui fut un compagnon de route pendant de longues années de Miles Davis, s’occupa donc de la bande-son du film. Le film s’appellera « Miles Ahead« .. oui Miles Davis sera toujours devant.. les autres ! Un génie irremplaçable, un musicien hors norme, un révélateur de talents (Jaco Pastorius, John Scofield, Marcus Miller, Mike Stern, Bill Evans (le saxophoniste) et j’en oublie… Mais aussi une personnalité aussi mystérieuse qu’imprévisible et incontournable pour ce qui est du jazz des 60 dernières années !! La période choisie par Don Cheadle (réalisateur du film et rôle-titre) est celle de 1975 à 1981 qui précède le grand retour musical de Miles Davis sur scène et auprès du public.

Dès l’ouverture de cet album hommage,  l’auditeur entend la voix du maître trompettiste. S’en suit une revue des périodes musicales traversées ou innovées par Miles Davis, dans  de très belles versions. « Miles Ahead » bien sûr, qui ouvre l’album,  puis le subtil « So What », période bebop. Par la suite, sous la direction de Gil Evans, une pièce de de jazz expérimental, « Solea ». « Néfertiti », écrit par Wayne Shorter, fait la part belle à la trompette. Des compositions signées Miles Davis figurent bien entendu au menu musical de cet opus : outre le « So what » déjà évoqué, on trouve « Seven Steps to Heaven », « Frelon burn », « Duran », »Go ahead John, part 2″, « Black Satin », « Prelude » et « Back seat Betty ». Le pianiste Robert Glasper, grandi au son de Miles Davis y pose aussi sa patte musicale, sur « Junior’s Jam », « Franceessence », « What’s wrong with that », « Gone ».

Cette bande-son, à l’image du film, est une vraie réussite !

Bien sûr les connaisseurs éclairés du trompettiste ne découvriront sans doute pas grand-chose de nouveau, mais c’est une belle introduction au génial musicien, pour celles et ceux qui le découvriraient aujourd’hui.

Guillaume.

 

Nos samples rendez-vous #4


Jay ZJay-Z ne nécessite pas d’introduction, sa discographie résonne dans les mp3 depuis plus de 20 ans maintenant avec son premier opus « Reasonable doubt ». C’est justement du titre phare de cet album et du sample qu’il utilise dont je vais vous parler. « Dead presidents » est pour beaucoup considéré, comme le meilleur track de Jigga et c’est en grosse partie, sans rien enlever au flow génial de son auteur, grâce à son magnifique sample de Lonnie Liston Smith : A garden of peace.

C’est un titre Jazzy, au piano tiré de l’album « Dreams of tommorow », produit par Marcus Miller, ce n’est pas n’importe qui non plus ! Pas de paroles, juste une mélodie mélancolique, tous les éléments sont réunis pour un bon sample du rap New yorkais des 90’s.

Le morceau de Jay-Z est composé aussi d’autres samples, notamment pour son refrain qui est tiré d’un morceau de Nas (son meilleur ennemi), ce morceau produit par Ski reste comme l’un des tout meilleurs de Hova. Il parle de sa quête de la richesse (qui viendra en temps voulu) et de son sombre passé pour y arriver, quoi que sa fortune ne viendra pas de la et heureusement…

La boucle de Lonnie Liston Smith a été réutilisée à plusieurs reprises par Mary J. Blige, Total et plus récemment par La fouine mais c’est bien à « Dead presidents » auquel on pense quand on entend ce piano.

Laurent

Le copieux diner de Famille de Snarky Puppy, suite et fin !


FamilyDinner2Le gang musical de Brooklyn, Snarky Puppy, est de retour avec le volume 2 du « Family Dinner« .

Si le premier volet laissait une belle place au jazz fusion, il n’en est rien pour le second.

En effet, ici, le collectif originaire de Brooklyn, fait la part belle aux musiques du monde, à travers des duos avec des invités tels que Susana Baca (Pérou), Salik Keita (Mali), Michelle Willis (Angleterre), David Crosby (Etats-Unis). La qualité des convives de ce second volet du dîner  de famille laissent à penser que le menu proposé sera copieux, coloré, épicé. Et c’est le cas! Si le repas ne contient que 8 plats, chacun d’entre eux, mitonné aux petits oignons, par les invités, donne à l’auditeur le plaisir d’une voyage riche en saveurs, en originalité!

Ainsi après une mise en bouche par la voix de Susana Baca, la farandole sonore nous offre le funk bluesy de Chris Turner, la musique chatoyante, dansante, signée de Salif Keita. Changement radical avec « Sing to the moon », qui offre un duo made in England avec les chanteuses Laura Mvula et Michelle Willis. Du jazz doux, sensuel, bien servi. Jacob Collier, jeune prodige anglais de 21 ans et le duo électro-pop Knower, offrent deux plages pleines d’énergie, de funk syncopé, avec ici et là quelques synthés qui s’incrustent.

Le dessert de ce repas familial nous est servi par le moustachu David Crosby, vieux routier du rock et membre légendaire de CSNY (Crosby, Stills, Nash and Young), groupe folk-rock-country des années 70. Une ballade folk, une voix trainante. Idéal pour terminer ce diner en famille.

Le dîner fut copieux, les mets de qualité !

N’hésitez plus, passez à table !!!!

Guillaume.

 

 

 

 

Avec « Border Lines », Stéphane Tsapis dépasse les frontières.


La vie est curieuse. Je me retrouve dans la position de vous parler du nouvel album de Stéphane Tsapis,BorderLines_image membre de ma famille, que j’ai vu grandir pendant quelques années, avant de le perdre de vue, puis de le retrouver au sein de Norig, de le reperdre de vue, pour enfin le « retrouver » à l’occasion de son nouvel album « Border Lines« , en mode trio.  Dans cette aventure musicale, Stéphane est accompagné du contrebassiste Marc Buronfosse, du batteur Arnaud Biscay. Le sujet central de ce disque, pour moi tourne autour d’un thème : la Famille, les familles. Je m’explique.

C’est d’abord lié à l’histoire de sa famille : Stéphane à grandi, nourri à la double culture hellénique (par son père) et française (par sa mère). C’est sans doute son album le plus personnel, important, au regard des ses origines, de son parcours, des lien familiaux et culturels qui le nourrissent.

Ensuite c’est une histoire de musiques : il a démarré le piano sur les genoux de son grand-père à l’âge de 3 ans (!) (je fus témoin de ces jeunes années), étudie d’abord l’instrument par la voie classique. Par la suite,tombé sous le charme de Duke Ellington et son sens de l’improvisation il délaisse alors le classique et s’oriente vers le jazz et ses différentes couleurs, qui lui offrent davantage l’occasion d’improviser, ce qu’il aime. Lauréat du concours… Duke Ellington en 2012, il est passé par les cours et conseils de Benjamin Moussay. Après cet apprentissage, il démarre en tant que sideman (Norig),  évolue dans des formations différentes, (Kaïmaki ; duo Nakano) qui lui correspondent.  Puis il forme son trio, y jouant une musique plus personnelle. Aujourd’hui, il est un musicien sans frontières, allant jouer partout où c’est possible. Histoire humaine enfin : le titre « Border lines » n’est pas choisi au hasard. Outre son parcours personnel, et un hommage à ses racines helléniques, c’est aussi un clin d’œil à la situation d’un pays (La Grèce), des hommes, femmes et enfants, qui ont subi une grave crise économique, sociale.

Au fil d’un jeu tout en subtilité, en douceur, en maîtrise éprouvée, il nous délivre une carte de la géographie musicale de la Grèce. D’entrée il nous dit « Welcome to my country », dans ce pays berceau de la culture moderne, carrefour des cultures entre Orient et Occident. La suite, un régal de feeling, d’intelligence, de complicité avec ses deux acolytes. Stéphane nous livre son univers musical, à travers les pièces issues de la culture hellénique, macédonienne, moyen-orientale. A l’écouter jouer, je lui trouve des similitudes avec Shaï Maestro, Or Solomon, Gilad Atzmon ou Ahmad Jamal… finesse, légèreté, musicalité, sens de la mélodie.

Stéphane est également compositeur  de musiques pour le cinéma. « Khaos, les visages humains de la crise grecque » (2012), pour lequel il fut récompensé, ainsi que « Chaplin, The Immigrant » (2016) sont les plus récentes. Stéphane Tsapis livre avec « Border Lines » un album sans frontières musicales de très belle facture!  J’attend déjà la suite de l’histoire de ce trio.

Guillaume.

 

 

Le Big Band ne fait pas tout !


MitchellBigBandPour son retour à la scène cette année (mais n’avait-il pas promis qu’il la quittait définitivement voilà 2 ans et demi?), Eddy Mitchell a décidé de le faire dans la formule qu’il adore : outre son groupe habituel, il est accompagné d’un big band (15 cuivres !) et 4 choristes ! C’est dans cette formation qu’il a enregistré l’album éponyme « Big Band ». Moi qui suit fan du chanteur, là j’avoue, j’ai été dérouté, sinon déçu, voire très déçu ! Oui le retour est raté !

La raison ? : des orchestrations qui sonnent très 5O’s-une voix qui hélas par moments fait défaut, et des textes pas toujours très intéressants ! Il n’est qu’à écouter « Quelque chose à changé », « Je n’ai pas d’amis » (sur le phénomène Facebook, Twitter…), ou le texte sur les journalistes et le métier des critiques en tous genres « Journaliste et critique »… pour s’apercevoir, que malgré le côté acerbe, désabusé qu’il aime à cultiver depuis longtemps, Claude Moine n’est pas plus en phase avec le monde qui l’entoure, à la manière d’un Jean Gabin qui détestait le monde tel qu’il changeait.

Alors bien sûr, les musiciens sont parfaits, bien sûr les arrangements encore et toujours opérés par le saxophoniste et complice Michel Gaucher, devraient nous transporter… mais cette fois-ci rien n’y fait, je n’ai pas été « embarqué » par cette cuvée musicale 2016. De plus, lui qui adore Franck Sinatra, le seul chanteur qui trouve grâce à ses yeux, il se permet de chanter « Fly me to the moon » dans une version francisée, qui devient alors « Promets-moi la Lune »… Et là, comme il le dit si bien dans « Couleur menthe à l’eau »…. le charme est tombé… la magie n’opère pas du tout!!!

Vous l’aurez compris, au final, « Big Band » un album qui me déçoit beaucoup!

Reste seule la magie de la scène, et des standards inaltérables tels que : « Sur la route de Memphis », « Couleur menthe à l’eau », « Le cimetière des éléphants », « La dernière séance » ou « Pas de Boogie Woogie ».

Guillaume.