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L’été musical de Kanye West.



Il l’avait promis et il l’a fait! Je vais pas perdre du temps sur ses déclarations scandaleuses ni ses prises de positions, ce blog n’a pas vocation à ça, mais je vais parler musique, là où Kanye West aurait dû rester, parce que c’est là qu’il est bon… parfois.
Quoi qu’il en soit, West avait dit qu’il allait produire cinq albums et les sortir au rythme de un par semaine, soit chaque vendredi entre fin Mai et fin Juin, perso, j’en doutais un peu, le type n’est pas hyper carré sur ses dates de sorties habituellement, mais cette fois-ci, il a géré un sans fautes et la prise de risque était maximum avec des artistes de haute volée dans les studios, au programme: Pusha T, Nas, Teyana Taylor, Kid Cudi et Kanye himself!!!
Voici une petite revue d’effectif rapide avec pour tous les disques, un format de sept titres, ce qui est honnêtement l’un des coups de maître de cette série, ça évite clairement les temps morts.

Pusha T avec “Daytona”
J’ai choisi de les prendre par ordre de sortie parce que sans ça, je l’aurais gardé pour la fin, car, clairement, c’est le meilleur opus des cinq! L’album était attendu depuis un long moment par la communauté hip hop et Push a su être à la hauteur de celle-ci, je ne peux rien enlever des ces sept titres. La prod de Kanye est au top avec des instrus comme ils savaient en produire à sa grande époque, plus orienté Soul qu’Electro et clairement, quand il revient à ce qu’il connaît le mieux, il est au sommet. Pusha T quant à lui détruit les beats un à un, que ce soit sur l’ouverture plutôt cool “If you know you know” ou sur le très dark “Santeria”, Push est égal à lui-même, son flow est passe partout et ici, c’est une vraie réussite! A noté le “Hard piano” avec Rick Ross en featuring, excellent aussi, bref, je valide à 200%.

Kanye West avec “Ye”
Voilà donc le disque qui sert plus ou moins de lettre ouverte pour expliquer les récents dérapages de West, d’abord la couv’ qui confirme sa bipolarité (qu’il considère selon ses dires comme un super pouvoir, mouais…), il parle aussi de ses problèmes d’addiction, ses brouilles avec Jay-Z, de sa famille, miss Kardashian comprise bien sûr, bref Kanye s’ouvre à son public après l’avoir tant choqué et perdu nombre de fans. Cela-dit, musicalement, c’est, selon moi le projet le plus abouti de l’enfant de Chicago depuis bien longtemps, pendant ces 25 minutes, il abandonne un peu ses expériences musicales et c’est tant mieux, on retrouve un peu de l’artiste qui faisait sensation avec son “College dropout”. Ici “No mistakes” avec le toujours génial Charlie Wilson et Kid Cudi et “Ghost town” ou Ye se permet des vocalises sont mes coups de coeur du disque.

Kanye et Kid Cudi avec “Kid see ghost”
Là, déjà je suis moins convaincu, même si le duo fonctionne plutôt bien et que j’ai eu une grosse période Kid Cudi avec ces “Man on the moon”, je trouve qu’il manque quelque chose à ce projet et c’est le cas aussi sur le disque dont je parlerais ensuite, je trouve le mix un peu léger, on a l’impression que le disque sort mais qu’il n’est pas finalisé. Alors qui suis-je, me direz-vous pour juger de la qualité de mixage d’un album comme celui-ci? Et bien je me permets de le faire car je trouve qu’un producteur aussi talentueux que Kanye ne devrait pas se la jouer aussi facile, parfois les voix semblent trop fortes, parfois c’est le beat, je sais pas, quelque chose cloche dans mon oreille! Malgré tout, le disque reste correct et nous offre quelque bons moments, notamment avec le morceau “Reborn” où Cudi semble le plus à son aise, mais aussi le featuring avec Yasiin Bey alias Mos Def sur “Kids see Ghosts”.

Nas avec “Nasir”
Pour cette quatrième sortie de la série, la pression était d’un tout autre niveau, puisqu’il s’agit de la légende du Queens, Nasty Nas himself!!! Six ans qu’on attendait un disque d’Esco, alors clairement, il ne fallait pas se rater sur ces sept titres! Et le sentiment est … mitigé!!! Comme pour Kids see Ghosts, je trouve qu’il y a parfois un sentiment de bâclé mais à contrario, ici, on retrouve aussi l’excellence de Nas, “Not for radio” et “Adam and Eve” sont tout simplement géniaux, “Everything” vraiment pas mal aussi, Nas nous expose sa vision du monde actuel et ce qu’il aimerait y changer, un brin utopiste, mais intéressant. Le tour de maître du disque, c’est sans doute “Cops shot the kid” où Kanye a concocté tout une instru autour d’un scratch de Slick Rick (idole de Nas), c’est hyper rythmé, le texte est tendu, on y parle des violences policières et West y va même de son couplet, c’est pas mon morceau favori mais c’est super bien bossé!!! Après, le reste de “Nasir” est très très en dessous, “Bonjour” semble être du remplissage et sur un sept titres, c’est juste pas possible! “White label” et “Simple things” pas vraiment plus passionnants, c’est correct, on va pas se mentir, mais on attend plus d’Esco, surtout sur un format aussi compact! Donc on alterne le très fort et le moyen, après six ans, je me permets d’être quand même un peu déçu.

Teyana Taylor avec “KTSE”
Dernier projet de la série et c’est un projet un peu à part, puisque c’est le seul disque R’N’B parmi les cinq, alors, ce n’est pas un problème parce que West est un producteur aux multiples talents et que les instrus qu’ils proposent ne se limitent pas au rap, loin de là. Teyana Taylor aussi, était attendu, tant son premier disque avait fait sensation et on peut dire qu’elle maîtrise son sujet cette fois encore, l’album est posé, la voix de Teyana envoûtante, des tracks sexys comme “Hurry” ou Kanye fait son apparition comme sur les cinq disques de la série où ceux plus Soul comme “Rose in Harlem” ou “Gonna love me”, la jeune New Yorkaise assure et je dirais qu’elle conclut cet été musical estampillé GOOD MUSIC de belle manière.
Laurent

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Nos Samples Rendez-Vous #28 : Kanye West et Luther Vandross


Luther Vandross, c’est fait je vous en ai déjà parlé dans une édition des Soulections, donc si vous me lisez un peu, vous savez que j’adore le type et le morceau dont il sera question aujourd’hui ne fera pas exception, “A house is not a home”.
A l’origine, le titre est chanté par Dionne Warwick pour la B.O du film du même nom en 1964, il connut un succès assez modeste et passa vite aux oubliettes jusqu’à ce jour de 1981, où MONSIEUR Luther a sorti son premier album solo, “Never too much”.

Dionne Warwick, elle-même a reconnu que le titre était fait pour Vandross et que selon elle, sa version était bien meilleure que l’originale.
Quant au sample utilisé par Kanye West, c’est sur le morceau “Slow jamz” en featuring avec Jamie Foxx, aussi doué comme acteur que comme chanteur et le rappeur le plus rapide de Chicago, Twista. Un track rap/séduction où Kanye a samplé la voix de Luther, l’a accéléré et en a fait un accompagnement à la mélodie de sa chanson.
Les 3 artistes font tour à tour un numéro de séduction aux demoiselles présentes à une soirée, notamment en leur proposant une sélection musicale pour leur faire passer un agréable moment, au programme, Luther, bien sûr, Marvin Gaye, Minnie Ripperton et j’en passe… On se croirait presque dans une édition des Soulections 〈( ^.^)ノ
A ce jeu-la, c’est Twista qui s’en sort le mieux, il balance des jeux de mots à la vitesse de la lumière avec le nom des artistes, un vrai exercice de style!
La chanson est issue du premier album de Kanye, le meilleur, si vous voulez mon avis, quand Yeezus était l’un des plus gros sampleurs de l’industrie hip hop et il n’allait pas piocher dans du n’importe quoi non plus…
Ca m’étonne d’ailleurs d’avoir attendu le 28ème pour vous en parler, ce que je peux vous promettre par contre, c’est que j’y reviendrais…
Laurent

C’est qui le patron??? C’est Jay!!!


Alerte blockbuster!!! Voilà 4.44, le 13ème album de Jay-Z, a t-on encore besoin de lui faire de la promo, me direz-vous? C’est vrai! Seulement quand l’une des légendes du hip hop sort un album pour la première fois depuis 4 ans et que celui-ci est sans doute ce qu’il a produit de mieux depuis une décennie, je pense que oui, ça vaut le coup d’en parler.

Bon, avant toute chose, pour nos adhérents, qui souhaiteraient se ruer à la médiathèque pour emprunter la pépite, ce ne sera pas possible tout de suite, l’album n’est (pour le moment) disponible que sur TIDAL, la plateforme de streaming musical de Jay, heureusement j’ai pensé à vous et vous ai mis le lien plus bas, dans la partie “Blogroll”, mais dès que ça sort en CD, c’est promis, on le commande!

Revenons à ce qui nous intéresse, le contenu du disque: 4.44 est une véritable porte ouverte sur la vie personnelle du mogul de Brooklyn, ses dérapages extra conjugaux avec “Becky with the good hair”

  

 ainsi que ses excuses à son épouse Beyoncé, ainsi qu’à Solange, la soeur de celle-ci, suite l’incident de l’ascenceur, les brouilles avec Kanye West etc… Des ragots, oui c’est vrai aussi et ça serait surement moins intéressant si, musicalement, l’opus n’était pas si abouti.

L’artisan de cette réussite, hormis Hov bien sûr, c’est No I.D, mentor de Kanye West et producteur historique et meilleur ami de Common, d’ailleurs, pour l’anecdote, dans un de ces anciens morceaux, Jay-Z dit : If skills sold, Truth be told I’d probably be, Lyrically Talib Kweli Truthfully, I wanna rhyme like Common Sense…” et bien c’est chose faite! No I.D étant l’unique producteur de 4.44 (fait très rare de nos jours) et son empreinte est telle sur les instrus, qu’on se croirait parfois sur des morceaux de Common.

Ce style soul avec beaucoup de samples (Donny Hathaway, Fugees…) colle parfaitement à Jay-Z et quand il ne parle pas de sa vie, il se montre très engagé dans la cause “Black live matters”, comme dans “The story of O.J” ou “Moonlight” avec des propos parfois controversés.

Pas de rappeurs en featurings pour Hov, seuls Frank Ocean et Damian Marley pour les refrains et les voix des femmes de sa vie, Blue, sa fille, Gloria Carter, sa mère et bien sûr, Queen B, son épouse.

Voilà, faites-vous votre idée sur 4.44 (le lien ici), personnellement, je dirais que c’est l’un des albums de l’année! The Roc is forever…

Laurent