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Deux disques qui me donnent espoir pour le rap Français.


Je vais faire quelque chose que je ne fais pas habituellement, mais vu le nombre de sortie actuellement, je vais faire une exception à la règle, à savoir vous parler de deux albums dans la même chronique, à savoir celui de Demi Portion, “Super héros” et de “Masque blanc” pour S.Pri Noir.

Je dis dans le titre que ces deux disques me donnent de l’espoir pour le rap Français, parce que ça fait un bon moment que je n’avais pas accroché un album de rap hexagonal, comme ces deux-là, je pense depuis le dernier opus de Demi Portion à vrai dire… Il s’agit de deux styles assez différents, celui d’S.Pri Noir est estampillé du hip hop Parisien actuel, assez dur, sans concessions, avec une majeure partie de productions assez sombres, mais vraiment bonnes, c’est d’ailleurs par là que j’ai commencé à accrocher le disque, je me suis attardé seulement après sur les textes d’S.Pri, qui sont en réalité super bien écrit, après, j’ai toujours ce gros blocage à propos de l’autotune et ça m’a un peu freiné au départ.

Mais je dois dire que parmi les mc’s de la nouvelle génération qui (pour moi) sur-utilise cette technique, qui, à petite dose peut être une valeur ajoutée, S.Pri Noir se démarque quand même, parce que d’abord il n’oublie pas de kicker le mic au profit de ce chant robotique et en plus de ça, il a des textes vraiment marquants, notamment celui de “Seck” que j’ai trouvé magnifique. Les morceaux phares comme “Highlander” et “Skywalker” aussi sont puissant, j’aime beaucoup le featuring avec Nekfeu pour “Juste pour voir”, ce n’est pas la première collaboration entre les deux et franchement, ils tournent vraiment bien ensemble.

Par contre, en étant tout à fait objectif, les morceaux plus orientés club, comme “Fusée ariane”, ça ne prend pas pour moi, pour les raisons ci-dessus, mais aussi sans doute que c’est générationnel, donc passons…

Alors voilà, avec ce disque, je me dis que cette nouvelle générations de mc Parisien n’est pas dénué de talent et que peut être, j’arriverais de nouveau à m’intéresser à ce qui se fait près de chez nous.

Pour ce qu’il en est de “Super héros”, le cinquième album de Demi Portion, c’est plus une évidence pour moi, je vous en avais parlé pour son précédent disque, “2 chez moi” et j’avais déjà été très clair sur ce que je pense de Rachid de Sète, c’est un des grands du rap Français, aucun doute pour moi!!!

Pour “Super héros”, Demi P a rassemblé son équipe habituelle, DJ Rolxx et Sprinter, s’est enfermé à Sète et a masterisé la galette à Paris, le résultat : 14 titres solides, toujours ce message de paix et de respect, ses textes toujours pleins de références pop culture dans lesquelles je me retrouve beaucoup aussi, j’ai parfois l’impression qu’on a grandi dans la même chambre (rires), par exemple dans “Super héros” où il conclut par “Ma voix dans l’equalizer, le gardien de ma galaxie, un super héros qui s’appelle juste MC”. On entend d’ailleurs le fils de Demi P à la fin du track et on sent la relation entre eux, très forte et là aussi je m’y retrouve.

Côté featuring, un seul au programme sur les quatorze titres, un seul me direz-vous? Oui, mais ce n’est que l’un des 2 groupes les plus marquants de l’histoire du rap Français, ces messieurs d’IAM, pour le morceau “Comme un prince”, qui reprend le même sample que Dr Dre avait utilisé sur son dernier disque, pour le morceau “It’s all on me”. J’adorais déjà celui de Dre et je me suis posé la question quand j’ai entendu les premières notes, mais franchement, Demi P, Shurik’n et Akhenaton sont au niveau de la légende de Compton, le morceau est l’un de mes préférés du disque.

J’ai beaucoup aimé “Salam” aussi, qui revient sur ses origines Marocaines, le clip est vraiment chouette aussi, simple, mais les paysages sont magnifiques, le message de ce jeune qui a besoin d’autre chose, mais pas forcément de quitter son pays est intéressant, contraire à ce qu’on voit habituellement, à savoir que tout les Marocains veulent venir en France et que ceux qui sont là, veulent repartir au pays, ici, non, le gars aime son pays et part à sa découverte sans besoin d’ailleurs, c’est un bel hymne à ce beau pays qu’est le Maroc.

Pour finir, je vous dirais que le track que je préfère, c’est “Retour aux sources”, où Rachid raconte son histoire et son parcours dans le hip hop, simple, vrai, un véritable super héros du rap.

 

Laurent

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Pour Orelsan, la fête est finie.


Orelsan est de retour !

Vainqueur récent aux Victoires de la Musique 2018 (ce qui a d’ailleurs créé une polémique, puisque certains esprits étriqués n’ont pas manqués de ressortir des propos écrits par le chanteur sur un précédent album-qui donnait c’est vrai une image très peu flatteuse de la  femme- le tout dans un contexte de libération de la parole féminine suite aux affaires Weinstein aux Etats-Unis et à des affaires similaires en France incluant de grands patrons, des députés ou des ministres), le rappeur français nous revient avec un album percutant, incisif, toujours avec ce flow qui lui est si particulier. « La fête est finie » est le 3ème album concocté par l’artiste, après « Perdu d’avance en 2009 » et « Le chant des sirènes » en 2011. L’artiste possède plusieurs cordes à son arc, puisqu’en dehors d’être chanteur, il est aussi instrumentiste (piano), mais aussi réalisateur, acteur, producteur.

Au cours des 13 titres qu’il nous propose, il aborde plusieurs thèmes (ses origines, la famille, le racisme, et le fait que nombre de chanteurs blancs français se soient inspirés au départ de musiques noires, tels le blues, le reggae, le ragga…) et s’offre des collaborations prestigieuses telles que celles de Maître Gims sur « Christophe », Stromae sur « La pluie », NekFeu et Dizzee Rascal sur  « Zone », enfin Ibeyi sur le dernier titre « Notes pour plus tard ».

Très bien accueilli par la critique musicale spécialisée comme généraliste, « La fête est finie » nous offre l’occasion de découvrir un artiste apaisé avec son passé, celui qui fut autrefois qualifié de « Eminem français », nous offre un album fort, dont les textes sont engagés sont sans concessions. Car, s’il a mûri, Orelsan reste un homme et un citoyen vigilant sur l’évolution de la société, de ses mœurs, de ses dérives aussi parfois.

Moi qui généralement n’écoute pas ou peu de rap (n’est-ce pas Laurent! 🙂 ), j’avoue avoir été agréablement surpris par la qualité de l’album et l’écriture des textes.

Mes titres préférés : « San » ; « Tout va bien » ; « La pluie » (en duo avec Stromae).

Guillaume.