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Prince en mode jazz?… logique!



Déjà 2 ans et demi que le kid de Minneapolis, le lutin génial de la funk-soul des 30 dernières années, s’en est allé. Le surdoué, autant musicien que compositeur, producteur de sa propre œuvre, méticuleux jusqu’au plus infime des détails, baignant depuis toujours dans un univers musical où soul music, rythm and blues, gospel, funk se sont croisés, mêlés, méritait bien un hommage en musique. Quoi de plus justifié et logique donc que le monde du jazz honore ce monstre de la musique, tant les ponts sont évidents.

Le disque « Prince in Jazz » publié cette année le démontre parfaitement. Aussi, après Serge Gainsbourg, Jimi Hendrix, Les Beatles, la maison de disques Wagram a confié la tâche de réunir un casting de très haut vol à Lionel Eskenazi, journaliste spécialiste de jazz. Et quel casting!!! Jugez un peu :

Outre la regrettée Nina Simone, dont la version magistrale de « Sign’O times » ouvre l’album,  c’est rien moins que le pianiste Herbie Hancock « Thieves in the temple », la chanteuse Randy Crawford et sa voix de velours sur une version étourdissante de « Purple Rain », ou encore les voix de Cassandra Wilson, Viktoria Tolstoy, l’américain Heath Brandon sur « Little Red Corvette », la française Clotilde Rullaud sur le célèbre et très sensuel « Kiss ».  Si donc certains participants à cet hommage sont évidents, d’autre noms me sont apparus plus inattendus : Ray Lema & Laurent De Wilde sur « Around a world in a day », dans une version très bossa-nova agrémentée de sonorités électroniques. Surprenant mais ça fonctionne bien. Holy Cole, entourée du Bob Bolden Project, nous livre une version très langoureus ede « The Question of U », bluesy à souhait, ambiance cabret enfumé des années 40-50.  N’Dambi, chanteuse américaine de soul music, nous embarque avec sa voix puissante, souple, habitée, signant une version magistrale de « Soft and Wet », illustration parfaite des méandres funky à souhait qu’aimait à composer le Purple Man. Pour clore ce joyau musical, un duo composé du saxophoniste Heinz Sauer et du pianiste Michael Wollny interprétant une aérienne variation de « Nothing compares to you ».

En ce qui concerne les orchestrations et la production de l’album, ces deux aspects s’avèrent tout aussi remarquables, à la hauteur d’une telle entreprise, avec cette exigence qualitative identique à celle que pouvait avoir Prince sur son propre travail.

Au total, près d’une heure quinze de musique, répartie en 15 plages, qui sont autant de pépites. 15 moments de bonheur total qui rappellent s’il en était vraiment besoin, que Prince Roger Nelson a marqué de manière indélébile la musique noire américaine des 30 dernières années, laissant une œuvre formidable, moderne, swinguante, jazzy, funky, gorgée de cuivres ou plus intimiste.

Un album qui redonne de l’enthousiasme en ces périodes moroses et alors que l’automne pointe déjà ses premiers signes. J’ai moi-même découvert certains morceaux tels que « Little Red Corvette », « Thieves in the Temple », « Crazy You ». Et ça me donne envie de me replonger dans la musique de Prince. Quant à mes versions favorites, voyez ci-dessous.

Nul doute que Prince aurait apprécié cet hommage rendu à son talent, son univers créatif, par la fine fleur du jazz contemporain. Alors, à vous les fans inconditionnels du Nain Pourpre, comme à celles et ceux qui souhaiteraient le découvrir, ce disque est tout indiqué. Vous pourrez retrouver d’anciens albums du Maître dans nos rayons : « Graffiti Bridge », « Emancipation », « Lovesexy », « Diamonds and Pearls », « Purple Rain ». Et découvrir un album datant de 1983 sur lequel le Kid de Minneapolis enregistra des titres en mode piano-voix. Son titre : « A piano and a microphone » Un régal!

Guillaume.

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Désormais… Aznavour est en haut de l’affiche pour l’éternité.


Le légendaire chanteur français Charles Aznavour (de son vrai nom Shahnour Varinag Aznavourian) s’en est allé discrètement, en ce début octobre 2018. Le dernier monstre sacré, arpentant inlassablement les scènes du monde entier (il était encore à Tokyo quelques jours avant de revenir en France dans sa maison des alpilles, où La Grande Faucheuse est venue le chercher dans son sommeil) est donc parti. Il devait bientôt entamer une énième tournée mondiale. Le rideau ne se lèvera donc plus pour lui.

Auteur-compositeur-interprète-comédien, Charles Aznavour (1924-2018) a connu une carrière de plus de 60 ans très dense, riche en rencontres avec de grandes figures de la chanson française, (Eddy Mitchell, Claude Nougaro, Johnny Hallyday, Francis Cabrel , Jean-Jacques Goldman, mais aussi Jacques Brel , Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Serge Reggiani et Serge Gainsbourg), du jazz (Count Basie, Duke Ellington, Oscar Peterson, Nancy Sinatra, Liza Minnelli ou encore Frank Sinatra-il était d’ailleurs considéré comme le « french Frank Sinatra »… par les américains), du monde classique également (voire ses duos avec Luciano Pavarotti, Andrea Bocelli. Il n’arrêtais jamais de travailler, passant d’une tournée à un enregistrement d’album, à l’écriture d’une comédie musicale, d’un livre, de chansons pour d’autres interprètes (j’en parle un peu plus bas).

Aussi loin que je me souvienne, j’ai dû entendre sa voix de crooner alors que j’avais onze-douze ans. C’était dans la voiture familiale ou à la maison. Très vite je vais aimer ce chanteur, sa voix, son phrasé inimitable, son sens du swing, qui d’ailleurs se retrouvait dans ses chansons et ses orchestrations. Il fera ses premiers pas sur scène à l’âge de 8-9 ans. Plus tard, couvé à ses débuts par la grande Edith Piaf pour qui il écrira des chansons, qui fut également la mentor de Yves Montand, il va trouver la force et le courage de se lancer dans la carrière de chanteur. En 1954, après avoir été remarqué par le directeur du Moulin Rouge, lors d’une précédente tournée au Maroc, Aznavour est embauché pour chanter au célèbre cabaret. L’année d’après il fera ses premiers pas sur la scène de l’Olympia. Le voilà désormais lancé, lui qui fut moqué à ses débuts pour sa voix chevrotante, son physique d’écorché vif. Il va pourtant s’accrocher, ne rien lâcher, convaincre les plus sceptiques, les professionnels et le public. Contrairement à nombre de ses collègues contemporains, il va comprendre l’importance de parler plusieurs langues étrangères, qui vont le rendre très populaire lors de ses tournées hors France. Chanter en italien, espagnol, japonais, anglais, russe lui permettra d’être compris par ses auditoires. La revanche est là. Hier conspué par la critique, il devient alors une vedette internationale. Le plus célèbre chanteur français à l’étranger. Preuve de sa renommée hors de France, ses chansons ont été chantées ou reprises par des gens comme Frank Sinatra, Bing Crosby, Ray Charles, Bob Dylan, Tom Jones, Petula Clark ou Nina Simone, Shirley Bassey. Excusez du peu!!!

Insatiable défenseur de la langue française, il verra l’arrivée du rap en France, comme une forme nouvelle de la poésie, qui aura son appui. Ainsi des artistes tels que Kery James sur le titre « à l’ombre du show business », plus récemment Grand Corps Malade, sur le morceau « Tu es donc j’apprends » qui figure sur l’album « 3ème Temps », auront eu le privilège d’un duo avec le maître. Kool Shen, membre du duo infernal NTM et précurseur du rap en France (avec les rivaux marseillais d’IAM), sera ainsi défendu par Aznavour en personne lors d’un débat avec des hommes politiques. Rare pour être souligné.

Chose méconnue chez lui, il écrivait donc beaucoup pour les autres. Ainsi des artistes tels que Johnny Hallyday (« retiens la nuit »), Sylvie Vartan (« la plus belle pour aller danser »), Edith Piaf bien sûr (« Plus bleu que tes yeux »), Francis Lemarque (« J’aime Paris au mois de Mai »), Eddy Mitchell (« Tu n’es pas l’ange que j’attendais »), Juliette Gréco (« Je hais les dimanches ») ou Marcel Amont (« Le mexicain »), ont tous bénéficié de la plume de Charles Aznavour.

S’il était homme de chanson, auteur de tous ses textes, il fut également un comédien, dès 1936, côtoyant des réalisateurs comme Jean-Pierre Mocky, Henri Verneuil, François Truffaut, Claude Chabrol, Pierre Granier-Deferre, Wolker Schlondörff, et comédiens tels que Danielle Darrieux, Anouk Aimée, Pierre Brasseur, Lino Ventura, Maurice Biraud, Nicole Garcia, Jacques Villeret ou encore André Dussolier… la liste est très longue! Les films? « La Guerre des Gosses » (1936), son premier, sera suivi de plusieurs films marquants dans lesquels il aura des rôles de premier choix : « Tirez sur le pianiste »(1960), « Un taxi pour Tobrouk »(1960), « Les lions sont lâchés »(1961), »La métarmorphose des cloportes » (1965), « Le Tambour »(1979), « Le fantôme du chapelier » (1982). En 2002, il jouera dans le film d’Atom Egoyan « Ararat », qui traite du génocide arménien, pour la reconnaissance-(ce qui n’est toujours pas le cas à ce jour!!!!!!) duquel Aznavour s’est inlassablement mobilisé toute sa vie. En France, la reconnaissance ne date que de 2001. La Turquie refuse toujours à ce jour de reconnaitre le martyr infligé en 1915 au peuple arménien.

Pour l’anecdote, Charles Aznavour était cousin avec Mike Connors (de son vrai nom Krékor Ohanian), acteur américain, rendu célèbre par la série « Mannix » dans les années 70’s.

A 94 ans, Charles Aznavour part en laissant une œuvre riche et foisonnante de 1200 chansons, parsemées de standards. Nul doute que Là-Haut (également titre d’un film animé ou son personnage-déjà- s’envole dans le ciel enfermé dans une cabane-), il va s’asseoir à la table qu’occupe déjà Trenet, Ferré, Brel, Brassens, Higelin, Gainsbourg, Reggiani, Barbara, Piaf, pour faire ensemble des battle de rimes. A ce petit jeu-là, Charles Aznavour, durant 65 ans de carrière, a prouvé qu’il n’était pas le dernier. Un pan de l’histoire de la chanson française se referme. Il nous restera donc ses chansons, dont je vous propose un florilège, chantées en solo ou en duo, en français, italien, russe, anglais.

Guillaume.

# La playlist de décembre : la sieste………


visuel playlist la sieste-page001Regardez. Regardez cette couette confortable, cet oreiller moelleux qui vous tend la main. Les vacances de Noël, les festivités, les quelques excès, le froid, la fin de l’année. Oui, nous méritons bien de plonger sous le plaid, et de prendre quelques instants pour se reposer, se prélasser. Alors pour accompagner ces moments de calme, de sérénité, et laisser tout doucement vos yeux se fermer, nous vous proposons cette playlist : des chansons apaisantes, pour vous bercer, qui invitent à la quiétude, à la tranquillité. Pour partager quelques moments musicaux avec Morphée..

Bonne écoute ! (enfin, tant que vous êtes réveillés…..)

Carine

 

She puts a spell on me


 

ninaDepuis quelque temps, je voulais regarder le film dédié à Nina Simone qui a défrayé la chronique, suite au choix de l’actrice pour incarner la prêtresse de la Soul et du jazz. Cette actrice, c’est Zoe Saldana, Neytiri dans Avatar et si les critiques ont principalement portés sur sa « légitimité » à incarner une telle figure de l’activisme Afro-Américain, pour ma part c’est sa performance d’actrice que j’ai trouvé moyenne. Le film traite des dernières années sombres de la vie de la chanteuse : Alcoolisme, cancer du sein etc… Bref, pas les meilleurs moments, mais ça fait partie du personnage aussi.

Si le film n’est pas une réussite en soi, il donne quand même l’opportunité de découvrir ou redécouvrir le répertoire de l’une des plus belles voix du siècle dernier. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce petit billet. Difficile de choisir quels morceaux mettre en avant, tant la discographie de Nina Simone est vaste (une cinquantaine d’albums) mais parmi les plusieurs documents disponibles à la médiathèque, vous pourrez retrouver quelques perles, telles que « Feeling good » « I put a spell on you » ou encore sa version de « Ne me quitte pas ». Je vous conseille vivement le DVD du Live au festival de Montreux qui est tout simplement magistral. En attendant voilà quelques mises en bouche…

Laurent

Un bel hommage !


Avec cet album Black Orchid, hommage à la grande Nina Simone, Malia nous envoute véritablement.

Malia, chanteuse britannique née au Malawi, est accompagnée ici d’un trio de musiciens français : Alexandre Saada, Jean-Daniel Botta, Laurent Sériès. Ce qui me touche chez cette chanteuse c’est la profondeur de sa voix. Elle a choisit pour cette relecture sensuelle de ces titres une version intimiste, épurée, tout en émotion. Il n’y a rien de trop dans ce cd. Du début à la fin, on se laisse emporter par sa voix envoutante. Elle peut affronter ce répertoire en tout légitimité (n’en déplaise aux critiques de France Culture).

Merci beaucoup Malia pour ce bon moment.

Elle était en concert à Paris le 28 mars 2012 au New Morning.

Michèle.