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Queen sugar, une douceur visuelle et musicale…


Queen sugar, c’est ma nouvelle découverte série de cette rentrée, tiré du livre du même nom de Natalie Baszile, créée par Ava Duvernay, (Selma) et co-produite par Oprah Winfrey, qu’il n’est plus nécessaire de présenter.

L’histoire, c’est celle de la fratrie Bordelon, Charley, Nova et Ralph Angel qui, suite au décès de leur père, doivent reprendre la production de canne à sucre durement gagné par leurs ancêtres, sauf que ceux-ci n’y connaissent pas grand chose et n’en n’ont pas nécessairement l’envie, l’une est une journaliste activiste dans un journal local, l’autre est une femme d’affaire à succès, mariée à une star du basket et le cadet, sort tout juste de prison, avec son jeune fils à charge, dont la mère est une ex-toxicomane.

Bon, vous l’aurez compris, c’est du Oprah, donc le drame est au rendez-vous, préparez vos kleenex, mais c’est de très bonne facture, le drame familial ne tombe pas trop dans le pathos et les acteurs qui sont quasi tous inconnus du grand public, sont parfaits.

Oui, la musique, j’y viens, ne vous inquiétez pas… pourquoi j’ai choisi de vous parler de cette série, c’est évidemment que la bande son est de qualité, de très bonne qualité même. Certains ont critiqué ça, mais la direction a pris le parti de presque toujours laisser un fond musical et personnellement, je trouve que c’est très bien pensé et que ça accentue l’aspect dramatique de l’histoire.

Dès le générique (qui ressemble furieusement à celui de Power), j’ai été conquis, la sublime voix de Me’shell N’degeocello m’a envoûté sur le champ (mauvais jeu de mots je sais…), nous retrouverons d’ailleurs l’artiste aux multiples facettes plusieurs fois sur ce soundtrack car c’est elle qui a été choisie pour composer la musique de la série.

Ce choix d’Ava Duvernay et Oprah est une vraie réussite, un véritable melting pot musical, bien sûr, la Nu-soul est à l’honneur avec des artistes tels que Michael Kiwanuka, Jacob Banks, j’y ai découvert Lion Babe aussi, une artiste aux sonorités proche d’Erykah Badu, donc côté Soul, on se régale. Le hip hop aussi est bien représenté avec Jidenna et son “Long live the king” ou encore Odissee et j’en passe…

La série se déroule en Louisiane, donc le Blues est obligatoire aussi avec du John Lee Hooker pour “Sugar mama”, on a du rock aussi avec U2, Fleetwood mac et bien d’autres… Comme je vous le disais plus haut, le choix d’accompagner la série en musique quasiment constamment est un parti pris de la direction et tous les artistes que je viens de citer semblent ne faire qu’un avec les héros du show.

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y jeter un oeil je vous conseille vivement de partir pour St Josephine en Louisiane, vous ne serez pas déçu.

 

Laurent

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Insecure, le soundtrack le plus hype du moment!!!


Soyons clair tout de suite, Insecure, c’est l’un de mes coups de coeur séries de 2017, j’ai mis un an avant de m’y mettre, mais sur le conseil d’experts (si vous me lisez, vous vous reconnaitrez…), je m’y suis et j’ai binge watcher les 2 saisons en quelques jours!!!

L’histoire, c’est celle d’Issa et Molly, deux jeunes trentenaires californiennes à la recherche d’une stabilité professionnelle et sentimentale. Ce qui pourrait paraître une histoire très classique de comédie romantique et en fait bien plus que ça, un peu à la manière d’Atlanta, dont je vous avais parlé dans le post sur Childish Gambino, les sujets sont traités avec une telle finesse et beaucoup d’humour, qu’Insecure peut se permettre de toucher un peu à tous les sujets sensibles, des inégalités hommes/femmes, aux conflits inter-raciaux et j’en passe… Tout ça sur une bande originale du feu de dieu et c’est bien sûr de ça dont on va parler aujourd’hui!

Ce soundtrack, justement, c’est l’oeuvre d’un des monstres du R’n’B de ces 20 dernières années, MONSIEUR Raphael Saadiq, l’ancien lead de Tony! Toni! Toné! est l’architecte de la musique derrière la série et croyez moi, elle fait partie intégrante du show!

Saadiq a réuni, pour la B.O de ces deux premières saisons, la crème de la scène rap et R’n’b Californienne du moment car la série se déroule à Los Angeles et ils ont voulu mettre en valeur les artistes du lieu où vivent nos héroïnes, d’autres artistes sont également à l’affiche et je vais vous faire un petit tour rapide de ce que l’on peut entendre en regardant les tribulations d’Issa.

Le pilote d’Insecure débute sur “Alright” issu du mythique “To pimp a butterfly” de Kendrick Lamar, donc d’entrée ça vous met dans l’ambiance et après ça, c’est une avalanche de talents, un savant mix entre old et new school, du légendaire Ice Cube et son “You know how we do it” jusqu’à la dernière sensation du rap féminin, Cardi B. On retrouve également SZA, dont je vais également vous parlé très bientôt, pour la sortie de son premier disque “CTRL”, Erykah Badu, Raphael Saadiq, lui-même est également de la partie, ça c’est pour les têtes d’affiches, mais j’en passe bien évidemment.

La ou la B.O est vraiment sympa, c’est qu’elle nous fait découvrir une tonne de nouveaux talents tels que Lion Babe, qui a participé également à la B.O de Queen Sugar (un autre article à venir très bientôt), Shy Carter, Dawn ou encore St Beauty, croyez moi, vous risquez d’entendre parler de cette nouvelle vague.

Quelques guests prestigieux apparaissent aussi dans la série et sa bande originale tels que Jidenna ou Ty Dollar Sign, je vous laisse découvrir ces petits caméos bien sympathiques. Et ce que je ne peux pas me permettre d’oublier, ce sont les talents de rappeuses de l’actrice principale Issa Rae, qui, dans la série a une grosse tendance à freestyler seule, devant son miroir et ça vaut souvent son pesant de cacahuète. Elle va aussi s’essayer à un open mic, pour l’un des moments les plus hilarants de la série sur le “Bossy” de Kellis, faites moi confiance, vous n’êtes pas prêts.

Voilà j’espère vous avoir donné envie de voir Insecure, je pense que vous ne le regretterez pas, en attendant la troisième saison l’an prochain, vous pouvez découvrir Issa et ses copines sur OCS ici. et pour l’intégrale des morceaux que vous pourrez entendre, je vous invite à jeter un oeil ici.

Laurent

50 cent a toujours le Power!!!


Non, ce n’est pas une chronique à propos de 50 cent, pas uniquement en tout cas! A vrai dire ça fait un moment que je voulais vous parler de la série qu’il co-produit: POWER, donc la diffusion de sa quatrième saison, actuellement aux USA semblait le moment tout indiqué pour ça. Comme chaque série dont je vous ai parlé jusque-là, il s’agira principalement de sa bande originale, bien sûr, mais avant tout, voyons voir de quoi il s’agit.

James St Patrick (Omari Hardwick), est le gérant d’une boîte de nuit New Yorkaise, mais ce n’est qu’une partie de sa vie, dans la rue, il est Ghost, l’un des plus gros distributeurs de drogues de la grosse pomme. Avec son ami d’enfance Tommy (Joseph Sikora), ils gèrent d’une main de fer le trafic New Yorkais. Seulement, Ghost veut sortir de ce cercle vicieux, protéger sa famille et investir dans le monde de la nuit (légal). Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu, surtout quand son amour d’enfance, qui travaille pour le FBI pointe le bout de son nez.

Bref, Power est un peu un Scarface moderne dans le milieu de la nuit de New York, le casting est très solide et Courtney Kemp Agboh, la créatrice du show est une valeure sûre et gère ce beau petit monde à merveille. Certains diront que c’est un show “bling bling”, tourné comme un clip hip hop à rallonge, personnellement je n’ai pas du tout cette sensation, l’histoire bien qu’assez classique me tient en haleine depuis quatres saisons et a fait de Power l’une de mes séries préférées actuellement.

Voilà pour la mise en bouche, maintenant parlons musique et comme une partie de l’histoire se déroule dans des clubs hype et que Fifty est derrière les choix musicaux, autant vous dire tout de suite qu’on est gâtés!!! Le générique nous mets direct dans le bain avec l’excellent “Big rich town” de 50 cent et Joe, mais ce n’est qu’un avant goût du régal Hip hop/ Rn’B qu’on nous propose, à tel point que je n’ai pas pu me résoudre à beaucoup cutter, je vous ai préparé une playlist d’une quarantaine de morceaux, merci Tunefind!!!

Au programme, le patron de G-Unit est évidemment à l’honneur, mais on retrouve aussi Erykah Badu, 2pac ou encore Angie Stone et même du Smokey Robinson, ça c’est pour les anciens. Pour la nouvelle école, du lourd aussi avec Schoolboy Q, Mack Wilds, qui jouait Mike dans The Wire, Wiz Khalifa, Lil’Wayne, bref que des pointures du hip hop actuel.

Le R’nB et la Nu-soul ne sont pas en manque non plus, on retrouve SZA, la nouvelle perle de TDE, Chris Brown, Lalah Hathaway, pour ne citer qu’eux.

Mais je dois que cette B.O m’a fait découvrir deux pépites, que je souhaitais mettre en avant plus spécialement, Jacob Banks, dont la chronique est à venir sur Sème la zic et Jones, qui pourrait devenir l’une des nouvelles voix de la Pop/Soul Londonienne avec le titre “Indulge” que j’ai adoré!

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de découvrir la série et sa B.O car elle valent vraiment le coup, le lien vers l’intégrale des morceaux de la série se trouve ici et vous pouvez retrouver la série sur OCS.

 

Laurent

Bibo, à Toulouse entre Hip Hop et Soul


Dans l’idée de vous faire découvrir des artistes indépendants, voilà mon premier choix et ceux qui me lisent se douteront qu’il s’agit de hip hop évidemment, mais pas que, car Bibo est un artiste aux talents multiples. Le Toulousain alterne rap et chant sans complexe et avec une facilité déconcertante! Poser un seize mesures, c’est une chose, mais quand en plus, on peut se permettre de chanter ses propres refrains, voire des tracks entiers et ça sans auto-tune, c’est une autre performance quand même!

Finalement, peu d’artiste s’essayent à cet exercice, sans auto-tune et comme n’est pas Lil’Wayne qui veut, l’utilisation à outrance de cet outil par les rappeurs/chanteurs actuels est un beau raté de l’histoire du rap, si vous voulez mon avis, bref…

Quand j’ai commencé à écouter Bibo, j’ai retrouvé un flow et un timbre de voix qui m’ont immédiatement fait penser à Vibe, alors je sais, je remonte loin et les plus jeunes ne connaîtront pas forcément, mais les 2 chanteurs ont vraiment des similitudes. Outre Atlantique, on pourrait citer aussi Ryan Leslie ou les Fugees dans les années 90/2000, tout ça pour dire qu’allier le rap et le chant n’est pas un exercice facile et qu’ils ne sont pas des millions non plus à réussire et Bibo fait partie de ceux-là.

Il baigne dans le son depuis tout jeune et comme pour beaucoup, sa carrière est faite de haut et de bas, il chantait dans l’église de son quartier tout en façonnant ses rimes dans son coin et après plusieurs apparitions au sein de divers collectifs, il sort son premier opus « Blues 2 bitume » en 2002 qui est plutôt bien accueilli. Partant de ce modeste succès,  Bibo fera les premières parties d’artistes comme Disiz, Daddy Mory ou encore Singuila. Depuis, le mc Toulousain continue son petit bonhomme de chemin et accumule les projets solo ou en collaboration sur des mixtapes avec, pour n’en citer que quelques uns Antilop-Sa, Al Peco ou encore DannyBoss.

Pour en revenir à #20, le dernier album en date de Bibo, il est composé de vingts morceaux, dont seize inédits et quatre mix de ses anciens couplets d’une dizaine de minutes chacun (le gars en a sous le pied quand même!!!), le concept est vraiment sympa, on est presque sur du recyclage musical et ça aurait été dommage de perdre de la qualité comme ça.

L’album est principalement orienté Nu-Soul, notamment  les morceaux produit par Le Nuage, mais Bibo montre sur quelques morceaux comme #Corner ou #J’aiPerduMonRap qu’il n’a rien perdu des qualités de mc qu’il affichait sur #LesCoupletsOubliés. Perso mes gros coups de coeur sont #LouangesEtAcclamations et #PopcornMode produits respectivement par Chris Lou et Al bandito, qui produit cinq autres tracks sur le CD.

Pour résumer, voilà un petit gars d’1m65 qui a une bien belle plume, une belle voix et une grosse frappe derrière le mic! Souhaitons lui une belle carrière.

Pour découvrir l’album en intégralité, c’est par ici.

Laurent

Erykah, 20 ans déjà…


erykah-badu2017 est le 20ème anniversaire de la sortie de l’album « Baduizm », l’occasion pour moi de revenir sur la carrière de l’une de mes artistes préférées, toutes catégories confondues, MADAME Erykah Badu !!!

Seulement six albums (si on compte « Live ») en vingt ans, certains diront que c’est peu, mais doit-on juger une carrière aux nombre d’albums où à la qualité de ceux-ci ? Pour ma part, la question ne se pose même pas ! Erykah Badu a selon moi, énormément contribué à créer avec D’angelo et Maxwell, ce qu’on appelle aujourd’hui la Nu-soul.

Tout commence à Dallas, avec son cousin, avec qui elle monte le groupe Erykah Free et est repérée par Kedar Massenburg, ancien président de Motown Records à l’époque. Il flaire très vite que la jeune Texane est dotée d’une voix et d’une personnalité unique. Massenburg tient une pépite et la lance dans le grand bain en lui proposant un duo avec un certain D’angelo sur une reprise de « Your precious love » de Marvin Gaye.

S’en suit « Baduizm » en 1997 et c’est le succès immédiat, l’album est certifié triple disque de platine avec des perles comme « On & on », « 4 leaf clover » ou encore « Appletree ». Entourée de ceux qui deviendront plus tard, avec elle, les Soulquarians : The Roots et James Poyser la diva donne naissance à un style, la Nu-soul. Les comparaisons avec Billie Holliday et Sade fusent au même titre que les récompenses, plus rien n’arrêtera Erykah.

Trois ans plus tard, elle revient avec « Mama’s gun » et une sonorité plus funky, mais aussi des paroles plus engagées (ce qui deviendra, aussi la marque de l’artiste) avec des titres comme « A.D 2000 » ou « Bag lady », cet opus est aussi empreint de melancolie due à sa séparation avec Andre 3000 d’Outkast.

Pour sa troisième production studio, « Worldwide Underground » la reine de la Soul revient avec des productions plus hip hop encore et s’entoure de la crème en la matière avec Queen Latifah, Dead Prez et celui avec lequel elle est en couple à ce moment-là, Common, il en découle un album parfois décrié par la critique et pourtant l’un de mes préférés.

En 2008, elle est quelque peu en manque d’inspiration jusqu’à ce qu’elle reçoive son premier ordinateur et que son fils de 7 ans lui fasse découvrir Garage Band et Ichat, là c’est le déclic : Elle peut composer de chez elle avec sa famille à portée de main, échanger avec Questlove et Poyser sur les productions. Voilà donc « New Amerykah part one (4th world war) », élu meilleur album de l’année, il reçoit un accueil très positif de la presse, personnellement, c’est celui que j’aime le moins.

Dernier album studio en date, la 2ème partie de « New Amerykah (Return of the Ankh) » est l’album de la controverse en grosse partie  à cause du clip de « Window seat » où Erykah se déshabille complètement et finit par être abattue sur le lieu de l’assassinat de John F. Kennedy. Le message de l’artiste fut incompris et la vidéo fut une petite tornade médiatique. Cela dit, je préfère vraiment ce CD au précédent.

Depuis 2010, plus rien hormis une excellente mixtape « But you can’t use my phone » inspirée du morceau de Drake « Hotline Bling » de très bonne qualité, mais nous, on réclame un album  studio, tu nous manques Erykah !!!

Laurent

Solange a sa place à ma table.


solange« A seat at the table » est le troisième album de Solange, « l’autre » Knowles de la famille. Pour être absolument franc, les deux précédents opus ne m’avaient pas marqué et comme beaucoup, malheureusement, elle n’était que la sœur de Beyonce. Bien heureusement, ce troisième album est venu me faire changer d’avis, radicalement même.

S’inscrivant dans la lignée des  albums de Common, Alicia Keys et autres, ce LP milite pour la cause noire Américaine et nous fais aussi découvrir plus personnellement l’univers de Solange. C’est musicalement planant, assez dépouillé entre Nu-soul et R’nB classique, l’artiste vacille et ça fonctionne vraiment bien.

La moitié de l’album est produite par Raphael Saadiq, l’ancien de Tony ! Toni ! Tone ! mais il est, étonnement intervenu qu’une fois les morceaux terminés. A partir de là, Solange l’aurait appelé pour réarrangé le tout. Le concept semble réussi, vu la qualité finale.

Plusieurs collaborations sont à noter, comme Q-Tip, Lil’ Wayne ou BJ The Chicago Kid, souvent discrètes, elles apportent malgré tout un plus aux tracks en question. Les interludes aussi, même si je les trouve un peu trop nombreuses, rythment le CD avec des anecdotes des parents Knowles.

En conclusion, « A seat at the table » est un album abouti et on sent que l’artiste est arrivée à maturité dans son parcours musical. Parfait, en fond sonore, pour vos repas de fêtes…

Laurent