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Dans l’Ohio, les Players la joue funky.


L’aventure commence en 1959, dans la ville de Dayton. Bientôt le groupe fondé par Robert Ward, Marshall Jones, Clarence Satchell, Cornelius Johnson et Ralph « Pee Wee » Middlebrooks. En 1963, Robert Ward quitte le navire pour s’engager vers une carrière solo. Deux nouveaux membres rejoignent alors la troupe : Gary Webster, Leroy Bonner.

La décennie 70’s voit leur renommée grandir et s’établir grâce notamment au titre « Funky Worm », qui figurera en tête des charts en mai 1973, mais également avec « Love Rollercoaster » en 1976. Fort de ce succès le groupe enchaîne albums et tournées. Au total, jusqu’en 1988, les Ohio Players, dont le funk sonne furieusement années 60, mélange savoureux d’ambiances chaloupées et de titres plus rentre-dedans, va enregistrer 16 albums studios et 3 albums live. De quoi laisser une belle trace de leur existence.

C’est exactement ce que le triple album « Definitive collection », sorti cette année, propose à nos oreilles. Un passage en revue de l’oeuvre musicale de ce groupe, enregistrée successivement sous les labels Capitol Records, Westbound Records, Mercury et Island Records, ici retracée en 3 périodes distinctes : les débuts (CD1), les années d’or (CD2), les dernières années et les projets solos (CD3). Sans être absolument génial, les Ohio Players ont composé de superbes morceaux.

Le registre musical des Ohio Players est assez large puisqu’on retrouve aussi bien de la pure funk tel le « Walt’s first trip », ou encore des ambiances plus feutrées et bluesy avec « Here today and gone tomorrow ». « Funky worm » figure bien sûr en bonne place sur le premier cd. Un funk matinée de sons de claviers, une voix de femme (agée) ajoutée, le tout donnant un ovni musical. Un rappeur pourrait très bien s’en inspirer et poser un flow dessus.

Du CD2 (années d’or), il est facile de retenir une production plus léchée, moins brouillonne qu’à leurs débuts.Le son aussi a évolué. Il suffit d’écouter « Fire » pour s’en rendre compte. Il faut se remémorer qu’a cette période Isaac Hayes a frappé les esprit avec le morceau illustrant le film « Shaft » sorti en 1971, que George Clinton et son Funkadelic sont en plein essor, et que James Brown (Godfather of Soul) tourne à plein régime, déplaçant des foules toujours plus nombreuses partout où il se produit. Cela n’empêche pas les Ohio Players de concocter une musique funk-soul de haute tenue, alternant les ambiances suaves (« Sweet stincky thing ») et le morceaux plus punchy « Grammy’s funky Rolls Royce ». Leur tube « Love rollercoaster » figure évidemment sur ce disque. D’autres titres tels « Far east Mississippi », le très entraînant « Feel the Beat (everybody disco) », « Merry Go round » très syncopé, sont à écouter particulièrement sur ce second volet de la rétrospective.

Le 3ème disque, à mon sens le moins intéressant, est celui où figure des titres de la dernière période du groupe ainsi que des morceaux issus des carrières solo de membres du groupe. « Magic Trick » révèle à lui seul ce virage pris par le groupe : une musique plus facile et commerciale. Décevant.  Y figure également les célèbres titres d’Otis Redding « Sitting on the dock of the bay » et « Try a little tenderness ». En somme le choix assuré et assumé de succès facile commercialement grâce à la renommée initiale des morceaux choisis. D’où une démarche discutable. Alors oui, ce troisième cd est certes riche en morceaux proposés, il n’en reste pas moins que personnellement je n’ai pas été conquis, y compris par la reprise de « Try a little tenderness » évoquée un peu plus haut.

Reste que si vous aimez la funk, la soul music de cette période-là (1960’s-1970’s), alors cet album vous replongera avec bonheur parfois au coeur de cette époque où la musique noire américaine- à côté du jazz bien sûr- a pris une essor considérable avec des artistes tels que Ike et Tina Turner, Aretha Franklin, Steve Wonder, Diana Ross et j’en passe.

Guillaume.

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