Archives du blog

Essai transformé pour Gaël Faye.


Comme il était attendu ce second opus de Gaël Faye… Après son premier “Pili pili sur un croissant au beurre” de haut niveau et surtout ses prix littéraire pour “Petit pays”, nombre de ses auditeurs étaient curieux de savoir ce qu’allait nous pondre le mc Franco-Burundais, moi le premier.

Ce n’est pas véritablement un album que nous propose Gaël, mais un EP, puisqu’il n’est composé que de cinq titres, encore plus risqué donc puisqu’avec si peu de morceaux proposés, le droit à l’erreur n’est pas permis et là encore, le pari est réussi, vous allez pouvoir écouter ce disque en boucle sans problème.

Drôle de titre que “Rythmes et botanique” me direz-vous, surtout pour un disque rap, mais l’artiste n’est pas coutumier de faire comme les autres alors pourquoi pas…C’est le mélange entre la MPC et le piano, les deux éléments sonores de l’album avec d’un côté DJ Blanka et Guillaume Poncelet pour le piano, mais selon Gaël Faye, l’idée du titre lui est véritablement venu au jardin botanique de Lisbonne, devant un ficus elastica, dont les racines lui firent penser aux câbles que l’on peut retrouver par terre sur une scène musicale et l’envie lui est venu d’envoyer un freestyle végétal, j’adore le concept!!!

Musicalement, c’est très léché et assez proche de l’univers de “Pili Pili” sans thème défini, l’artiste est parfois révolté, comme dans “Irruption” parfois pensif, comme avec Saul Williams (seul invité de l’album) sur “Solstice”, Gaël jongle d’un style à l’autre avec brio.

Pour conclure, je dirais que ce disque n’est, j’espère, qu’un prémice à un disque encore plus fourni, car je suis absolument conquis par Gaël Faye, un artiste aux multiples facettes.

Laurent

Publicités

Avec « Border Lines », Stéphane Tsapis dépasse les frontières.


La vie est curieuse. Je me retrouve dans la position de vous parler du nouvel album de Stéphane Tsapis,BorderLines_image membre de ma famille, que j’ai vu grandir pendant quelques années, avant de le perdre de vue, puis de le retrouver au sein de Norig, de le reperdre de vue, pour enfin le « retrouver » à l’occasion de son nouvel album « Border Lines« , en mode trio.  Dans cette aventure musicale, Stéphane est accompagné du contrebassiste Marc Buronfosse, du batteur Arnaud Biscay. Le sujet central de ce disque, pour moi tourne autour d’un thème : la Famille, les familles. Je m’explique.

C’est d’abord lié à l’histoire de sa famille : Stéphane à grandi, nourri à la double culture hellénique (par son père) et française (par sa mère). C’est sans doute son album le plus personnel, important, au regard des ses origines, de son parcours, des lien familiaux et culturels qui le nourrissent.

Ensuite c’est une histoire de musiques : il a démarré le piano sur les genoux de son grand-père à l’âge de 3 ans (!) (je fus témoin de ces jeunes années), étudie d’abord l’instrument par la voie classique. Par la suite,tombé sous le charme de Duke Ellington et son sens de l’improvisation il délaisse alors le classique et s’oriente vers le jazz et ses différentes couleurs, qui lui offrent davantage l’occasion d’improviser, ce qu’il aime. Lauréat du concours… Duke Ellington en 2012, il est passé par les cours et conseils de Benjamin Moussay. Après cet apprentissage, il démarre en tant que sideman (Norig),  évolue dans des formations différentes, (Kaïmaki ; duo Nakano) qui lui correspondent.  Puis il forme son trio, y jouant une musique plus personnelle. Aujourd’hui, il est un musicien sans frontières, allant jouer partout où c’est possible. Histoire humaine enfin : le titre « Border lines » n’est pas choisi au hasard. Outre son parcours personnel, et un hommage à ses racines helléniques, c’est aussi un clin d’œil à la situation d’un pays (La Grèce), des hommes, femmes et enfants, qui ont subi une grave crise économique, sociale.

Au fil d’un jeu tout en subtilité, en douceur, en maîtrise éprouvée, il nous délivre une carte de la géographie musicale de la Grèce. D’entrée il nous dit « Welcome to my country », dans ce pays berceau de la culture moderne, carrefour des cultures entre Orient et Occident. La suite, un régal de feeling, d’intelligence, de complicité avec ses deux acolytes. Stéphane nous livre son univers musical, à travers les pièces issues de la culture hellénique, macédonienne, moyen-orientale. A l’écouter jouer, je lui trouve des similitudes avec Shaï Maestro, Or Solomon, Gilad Atzmon ou Ahmad Jamal… finesse, légèreté, musicalité, sens de la mélodie.

Stéphane est également compositeur  de musiques pour le cinéma. « Khaos, les visages humains de la crise grecque » (2012), pour lequel il fut récompensé, ainsi que « Chaplin, The Immigrant » (2016) sont les plus récentes. Stéphane Tsapis livre avec « Border Lines » un album sans frontières musicales de très belle facture!  J’attend déjà la suite de l’histoire de ce trio.

Guillaume.

 

 

Solomon, de l’Or au bout des doigts !


OrSolomonCD« Le piano est comme le prolongement naturel de mes bras »… « La musique fut ma langue primaire, avant même de savoir parler »… Dans ces deux phrases, Or Solomon, pianiste israélien, qui démarra très tôt  l’étude de cet instrument (à 4 ans ! ), dit tout (ou presque).  Très vite, il montre des dispositions très étonnantes et précoces pour son âge. De 11 à 17 ans, il étudie le classique, puis rompt avec cet apprentissage, pour éviter de devenir un musicien-prodige. Bien lui en prend, puisque derrière, il va se tourner vers le jazz, en parcourant la discothèque de son frère, après avoir notamment écouter « Night train » d’Oscar Peterson. Un choc, une révélation pour lui, qui va désormais explorer les chemins libres et rythmés du jazz. Oui Or Solomon est un pianiste libre, pour qui l’improvisation tient une grande part dans sa musique. Rencontrer, partager, échanger, trois besoins naturels pour celui qui refuse de rester seul assis à son piano.

A 22 ans, Il débarque à Paris, sans parler un mot de français. Tous ses camarades d’études dont Yuval Cohen (saxophone), Omer Avital (contrebasse), décident l’aventure américaine, à New-York. Il va dès lors travailler dans de multiple directions, côtoyant aussi bien Camille que Mathieu Bogaerts, Abd El Malik ou Magik Malik Orchestra. S’il est inspiré par Thélonious Monk, John Cage, Joachim Kühn, et s’il plonge encore parfois son nez dans la musique classique (Beethoven, Prokofiev et surtout J.S Bach) il vole aujourd’hui de ses propres ailes, libre de nourrir sa musique comme il le souhaite.

C’est cette liberté, précieuse, que l’on découvre sur « Round trips« , album paru en 2011. Il s’agit certes d’un exercice solo, mais il permet de découvrir la sensibilité, le toucher subtile de ce pianiste. 12 morceaux sans failles, 12 plages pendant lesquelles l’auditeur se laisse prendre par la subtilité, le talent, les couleurs que met Or Solomon dans son jeu. Sans être un grand disque, inoubliable, « Round trips » est un beau moment de musique. Tout simplement. Celles et ceux qui étaient au bar musical « Musiques au Comptoir » le 11 Mars dernier, ont pu apprécier son talent, ce soir-là notamment accompagné de Sylvain Kassap.

Aux autres d’en faire autant à l’écoute de « Round trips ».

Guillaume.

Amouroux (re) visite les légendes du rock’n’roll.


JPAmouroux_pochetteJean-Paul Amouroux, figure emblématique du piano à la sauce épicée au boogie-woogie, s’était fait discret ces dernières années. Le public amateur du genre peut néanmoins le retrouver tous les ans, fidèle au festival de Laroquebrou.

C‘est donc un bonheur de le retrouver sur disque, d’autant qu’il a entrepris un challenge intéressant : revisiter les standards du rock’n’ roll ainsi que quelques autres moins connus (soit 26 titres au total), tous écrits entre 1954 et 1969,  rendant ainsi hommage à leurs auteurs (Fats Domino, Chuck Berry, Gene Vincent, Little Richard…), en mode boogie-woogie. Ce disque est un retour aux sources pour lui, une évocation par la musique de son adolescence, de sa découverte du boogie-woogie, du rock’n’roll.

Pour l’accompagner dans ce retour vers le passé, Amouroux s’est attaché les services du guitariste Franck Fournet, d‘Enzo Mucci à la contrebasse, du saxophoniste ténor Claude Braud, et du batteur Simon Boyer. L’idée originale, pour séduisante et originale qu’elle soit,  est réussie dans sa plus grande partie, avec  des morceaux tels que « I’m walking » (Fats Domino), « Lucille » (Gene Vincent), ou le triptyque « Memphis Tennessee », « School days », « No particular place to go (Chuck Berry), « Pony time » (Chubby Cheker), « Tutti Frutti »  (Little Richard).

Cependant, sur les 26 morceaux de ce disque, figurent également à mon goût, quelques « jolis » ratés telles les adaptations de « Be Bop a Lulla » (Gene Vincent), « Rock around the clock » (Bill Haley and the Comets), « You talk to much » (Joe Jones) ou « Don’t be cruel »(Elvis Presley).

Au final, malgré les déceptions ci-dessus évoquées, le voyage vaut le détour, et démontre que Jean-Paul Amouroux reste la figure de proue du boogie-woogie made in France.

Guillaume.

Antoine Hervé fait jazzer les Stones!


AntoineHervé_StonesGroupe mythique de la pop-music anglaise depuis leur émergence au cours des années 60, les Rolling Stones, devenus une véritable institution musicale, ayant influencés de nombreux artistes par la suite, n’avaient pas connus les honneurs d’une revisite de leur répertoire en mode jazz. C’est désormais chose faite « sur Complètement Stones », l’album du pianiste Antoine Hervé, ici accompagné de François Moutin à la contrebasse et Philippe Garcia à la batterie.

Ce trio passe en revue quelques-uns des nombreux standards écrits et composés par le duo Jagger-Richards, ici « Angie », « I can’t get no satisfaction », « Factory girl », « Wild horses », « Sympathy for the Devil », « Ruby tuesday », « Paint it black ».

Si la démarche surprend à la première écoute de »can’t you hear me knocking » qui ouvre l’album, j’avoue que je me suis pris au jeu, laissant de côté l’ombre de la voix de Jagger, et des envolées de guitare du gars Richards. Le dialogue qui s’instaure entre les membres du trio est un régal.

Les versions que j’ai préféré sont celles de « Factory girl », « Wild Horses », « Ruby Tuesday ».

Fans des Pierres qui Roulent comme amateurs de jazz sortant des sentiers (re) battus, vous trouverez ici un superbe compromis, tout en maitrise et en inventivité. A savourer.

Guillaume.

Pieranunzi-Casagrande, conversation musicale.


 

Pieranunzi-Casagrande_imageEnrico Pieranunzi, élégant autant que discret pianiste italien, nous revient avec un »double circle« , théâtre d’un dialogue musical partagé, échangé, avec le jeune guitariste Federico Casagrande.

Echange est le mot juste tant les deux musiciens laissent leurs instruments se répondre sans jamais vouloir prendre le pas sur l’autre. Deux générations échangent autour d’une seul sujet : La musique. Le dialogue, savoureux, sans excès. « Anne Blomster Song » qui ouvre ce Double Cercle en est l’illustration parfaite.

Federico Casagrande, guitariste originaire de Trévise, que je découvre à l’occasion de ce disque, dégage une virtuosité qui ne pousse jamais l’auditeur à l’ennui, mais au contraire à savourer ce sens musical, qu’il soit en position de leader sur un morceau ou en soutien d’Enrico Pieranunzi.

Ce dialogue, développé au cours de 11 morceaux, nous dévoile une musique aérée, intemporelle, mélodieuse. « Sector 1 », « Clear », « Within the house » ainsi que « Charlie Haden » (en hommage au contrebassiste américain décédé l’an dernier), sont mes pièces favorites au sein de ce dialogue à cordes sensibles.

« Double Circle », un disque à savourer tranquillement.

Guillaume.

Omer Klein, clavier bien trempé.


OmerKlein_pochetteDepuis quelques années et la révélation du contrebassiste Avishaï Cohen, un coup de projecteur s’est porté sur la scène jazz israélienne. Les pianistes Yaron Herman, Shaï Maestro, le contrebassiste Omer Avital,  plus récemment le pianiste Omer Klein, bénéficient tant à New-York que Paris, et partout dans les festivals où  ils se produisent, un accueil à la hauteur de leur talent, de la qualité de leur répertoire musical.

Omer Klein, donc, qui vient de publier « Fearless Friday« , par ailleurs auteur de 5 albums en tant que leader depuis 2008, est la dernière pépite de la scène jazz israélienne.

Son jeu, tout en souplesse et ruptures maîtrisées, mélange subtilement le classique et les mélodies moyen-orientales. Pour ce disque, Omer Klein s’est entouré de deux compères, le contrebassiste Haggai Cohen-Milo, le batteur Amir Bresler. Cette section rythmique offre une assise tout en nuances sur laquelle le pianiste vient poser ses compositions, dans une jeu qui est un régal à écouter. Auteur de la plupart des morceaux excepté le « Azure », dû à Duke Ellington, Omer Klein nous offre ici toute la palette de son talent. Omer Klein est venu présenter son album, dans le cadre chaleureux du Duc des Lombards, à Paris.

Ce beau disque, une jolie découverte pour moi, mérite qu’on s’y arrête. Je vous laisse le soin d’en faire de même.

Guillaume.

 

 

Lady Krall revisite la Pop


WallFlower3_image3 ans après « Glad Rag Doll », la canadienne Diana Krall nous revient avec un album « WallFlower » aux couleurs de la nostalgie, puisqu’il contient des titres pop-rock ayant accompagné sa jeunesse, influencé son parcours musical. Avec tact et subtilité, elle retouche les originaux sans en perdre l’âme originale. La preuve, d’entrée, la canadienne nous offre une très belle version aux accents nostalgiques de « California dreamin’ » (Mama’s and Papa’s), avec un tempo volontairement lent, souligné par la présence d’une section de cordes. Viennent ensuite « Desperado » (Eagles), « Sorry seems to be the hardest word » (Elton John), ou « If I take you home tonight » écrit par Paul Mac Cartney.

Avec ce « Mur de Fleurs », Diana Krall nous embarque pour une remontée dans le temps, vers ces  70’s, nous présentant à sa façon, les artistes et chansons qui ont jalonné sa jeunesse, été à l’origine de son envie de composer, chanter, jouer du piano. Sa voix suave fait merveille sur ces morceaux revisités.

Pour clore cette promenade temporelle, Diana Krall nous offre sa version de « Don’t dream it’s over » chantée par le groupe Crowded House en 1986 ! Que le temps passe !

Ce nouvel album est un bonheur simple, tout en élégance, qui s’écoute très agréablement ! Idéal en ce début de printemps !

Si vous êtes nostalgiques des 70’s ou simplement désireux(ses) de découvrir cette période idyllique de la pop anglo-saxonne, ce disque là est une belle porte d’entrée.

Ne la loupez pas !

Guillaume.

La relève du piano jazz arrive… Tant mieux !!!


Avant l’estivale escapade,  je vous invite à découvrir, comme je l’ai fait récemment, 2 artistes du clavier, l’un venant des mers chaudes du Cuba, l’autre des horizons plus rudes de l’Azerbaïdjan. Leurs noms : Alfredo Rodriguez, Shahin Novrasli. Leurs récents albums, « The Invasion parade »  et « Bayati »  m’aparaissent comme un signe que la relève est prête au sein de la comunauté du piano jazz.

Alfredo Rodriguez, ici épaulé notamment par la virtuose Esperanza Spalding à la contrebasse et au chant, nous livre une musique virtuose, empreinte de nostalgie (comme souvent dans la culture musicale sud-américaine), et d’inventivité. Pour s’en convaincre, il suffit d’ écouter les versions revisitées de « Guantanemera » ou de « Quizas, quizas, quizas »…  deux témoignages du talent de ce jeuen pianiste cubain. Dès la première écoute, et cela se confirme jusqu’au bout du disque, son jeu, mélange de sonorités latines, et de rythmiques classiques, en disent long sur le talent d’Alfredo Rodriguez.

Shahin Novrasli,  natif de Bakou, station de décollage des fusées russes, 37 printemps,  est un pianiste qui a découvert le jazz très tôt, mais les influences classiques ne sont pas loin : Bach, Beethoven, Mozart, Rachmaninov. En 1996, il se tourne vers le jazz, jouant des compositions de Keith Jarrett, Bill Evans. Depuis, il ne cesse de multiplier les projets musicaux, les rencontres avec des musiciens d’horizons divers, enrichissant ainsi sa musique de toutes ces sonorités. « Bayati » en est le symbole. dès le premier morceau « Nocturne for Natavan », il nous embarque sur son clavier, nous faisant voyager entre sonorités traditionnelles azérii et d’autres plus classiques. « 1001 nights », qui suit, est un voyage sur un rythme soutenu, contrebalancé directement par le Prélude en Mi mineur de Frédéric Chopin. Jazz, Classique, ou musiques traditionnelles ( » Bayati Shiraz »,  « Elinde Sazin Qurbani »… ), Shahin Novrasli navigue avec bonheur communicatif entre ces 3 univers. Il est accompagné ici par Nathan Peck à la contrebasse, et Ari Hoenig aux baguettes.

Je suis tombé sous le charme de ce virtuose. Et vous??

Guillaume.

 

Monty Alexander, des racines et des rhythmes


pochette-M.AlexanderNé en Jamaïque, terreau musical des illustres Bob Marley & the Wailers, Peter Tosh, Jimmy Cliff notamment, le pianiste Monty Alexander, qui n’est jamais aussi à l’aise que lorsque qu’il s’agit de mélanger les sons, les rythmes, les couleurs musicales, nous revient en cette année 2014, avec le second volet de » Harlem-Kingston Express », intitulé « The river rolls on ». Le précédent, sorti en 2011 nous offrait déjà un joli voyage sonore, dont le guide nous ravissait de son toucher, de son jeu, si aérien, précis.

Ici, donc, le voyage continue, toujours aussi bien mené. Monty Alexander prend plaisir à triturer, détourner, reconfigurer, des morceaux qu’il s’approprie avec ce savoir-faire qu’on lui connait. Il n’est qu’à écouter ses versions du « concerto de Aranjuez » de Joaquin Rodrigo, « the harder they come » de Jimmy Cliff, ou la superbe variation de « What’s going On » de Marvin Gaye.  A cette fête musicale, sur le moreceau »Love Notes », Monty Alexander a convoqué George Benson (guitare / chant), ainsi que les pianistes Ramsey Lewis et Joe Sample.  Tout au long des 13 titres, dont les 3 derniers en live!, avec  sa version de « Redemption Song » de Bob Marley), l’hommage croisé  à ses racines, au reggae mélangé au jazz, est un régal.

Alors si vous aimez le jazz, le reggae, le piano, le mélange musical, ce disque ne vous décevra pas.

Guillaume.

 

La leçon de piano de maître Jamal.


A 83 printemps, Ahmad Jamal produit encore des musiques de belle facture. Son dernier opus, Saturday Morning, enregistré aux Studios La Buissonne, à Pernes les Fontaines, en est la parfaite illustration. Il s’est ici entouré de Reginald Veal à la contrebasse, du batteur Herlin Riley, du percussionniste Manolo Badrena.

Cet été, Maître Jamal se produisait à Marciac, pour présenter son album. Un récital de haute tenue pianistique, soutenu notamment par la paire Herlin Riley-Reginald Veal très inspirée. Le rôle précis de Manolo Badrena m’échappa quelque peu, celui-ci étant relégué à l’écart de ses comparses, n’osant pas trop se lâcher, de peur sans doute de s’attirer les foudres du Maître ! La prestation de 1H30 ravit la foule présente ce soir-là.

Alors le disque me direz-vous !  Hé bien, il est superbe, tenu, inspiré jusque dans les silences que s’autorise Ahmad Jamal ! Comme pour Sonny Rollins ou Chucho Valdès, ce musicien élégant ne perd pas la main en vieillissant, bien au contraire. Son jeu est précis, sobre, aéré, inspiré, et donne de jolis moments comme sur I’ll always be with you, The Line, Silver. La reprise de I got it bad and that ain’t good est savoureuse elle aussi.

Saturday morning s’écoute sans faiblir, le matin comme le soir. A vous de choisir votre moment.

Guillaume.

Bennett-Brubeck, duo magique !


BennettBrubeck_pochetteParfois, il arrive de « tomber » sur une perle, un moment magique !

C’est le cas pour moi, lorsque mes oreilles ont entendu le White House Sessions de 1962, enregistré lors du festival de Jazz de Washington, réunissant pour l’occasion le chanteur Tony Bennett et le pianiste Dave Brubeck, accompagnés notamment par le saxophoniste alto Paul Desmond, Joe Morello aux baguettes, et Eugene Wright à la contrebasse.

Le concert démarre par le célèbre Take Five, derrière lequel nous pouvons découvrir le très joli Nomad.

Le très be bop Thank you laisse le saxophoniste Paul Desmond nous régaler de son jeu fluide, précis. Le duo rythmique tient la barque sans ciller. Castilian blues ferme cette première partie. Just in time voit Tony Bennett rejoindre Dave Brubeck et consorts sur scène.  Celui qui longtemps resta dans l’ombre du géant Sinatra, enchaîne alors avec le mélo Small world, puis Make someone happy.  Soutenu, accompagné par le quatuor précité, le crooner nous régale. Les superbes Lullaby of Broadway, That old black magic et There will be another you, clôturent cette rencontre au sommet, entre deux géants du jazz.

Une perle rare, à se mettre entre les oreilles au plus vite !!!

Guillaume.

Esbjörn Svensson, grand pianiste venu du Nord.


Disparu en 2008, au large de Stockholm, suite à un  accident de plongée, Esbjörn Svensso, pianiste suédois, très influencé par Chick Corea et Keith Jarrett, fondera un trio E.S.T., en 1990, qui va produire une douzaine d’albums. Le dernier 301 paru en 2012, est   un témoignage posthume du talent de ce musicien.

Le grand mérite d’Esbjörn Svensson aura été d’amener, par sa musique, un nouvel auditoire, rajeuni, à écouter du jazz. Figure de proue des jazzmen venus du nord (Suède, Norvège), apparus sur la scène jazz au début des années 90, il laisse une discographie riche, émouvante, au style très épuré, où la musique est servie de la plus belle des manières, avec l’appui de ses 2 compères : Magnus Oström (batterie) et Dan Berglund (basse).

Parmi les albums qu’il laisse à notre portée, mes préférés sont : Seven days of  falling (2003) ; Viaticum (2004) ; Live in Hambourg (2007).

Guillaume.