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Miles Davis, 30 ans déjà!



Ce 28 septembre 1991, il y a 30 ans, fut une journée sombre pour le jazz, pour la musique. En effet s’éteignait ce jour-là l’un des géants de l’histoire du jazz moderne, une figure emblématique qui a révolutionné, par son jeu, sa personnalité, son charisme, le monde du jazz en cours jusqu’à son arrivée dans les années 50. Sa disparition a fait l’effet d’un choc dans le monde du jazz, mais également au-delà tant, au fil des décennies, Miles Davis était devenu une icône, une marque, un modèle pour tout un tas de musiciens, y compris ceux ne venant pas du creuset du jazz.

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On peut citer parmi ceux qui l’ont accompagné, les Bill Evans (le pianiste ci-dessus, puis plus tard le saxophoniste homonyme), John Coltrane, Sonny Rollins, pour la période des années 50. Ensuite, des années 60 à 80, il a engagé, formé des musiciens comme Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Corea, qui l’a rejoint en 1968, à la place de Herbie Hancock, pour assurer quelques shows, et qui confie une anecdote étonnante sur ses conditions d’engagement et ce que lui demanda Miles Davis, je vous laisse découvrir cela dans la play-list en fin d’article. Autrement, Joe Zawinul, Kenny Garrett, John Mac Laughlin, Mike Stern, Tony Williams ont également évolué au côtés du trompettiste. Avec eux il va défricher les terres du jazz fusion, du jazz-rock, que ses musiciens perdureront à développer  par la suite en créant des groupes devenus références tels que Weather Report, Mahavishnu Orchestra, Return To Forever.
Car Miles Davis est dès le début de sa carrière un perfectionniste, un chercheur, qui sait repérer les talents de demain, et leur sert de mentor. Il a joué ce rôle de figure tutélaire jusqu’à la fin de sa carrière.

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Il a évidemment contribué à la création et l’émergence du courant bebop (1944-1948), aux côtés de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, puis s’est frotté à tous les styles de jazz ou presque, puisqu’il a créé le cool jazz, avec le fameux album « The birth of Cool », aidé par un producteur nommé Gil Evans, paru en 1950. Vinrent ensuite le hard-bop, entre 1949 et 1955, qui correspond à son retour aux Etats-Unis, après un long sejour en Europe et surtout  à Paris où il fréquente certaines figures artistiques de Saint-Germain ,en particulier  Juliette Gréco,avec qui il vivra une belle histoire. Ne pouvant la ramener aux États-Unis pour l’y épouser ( le contexte social, politique et racial ne s’y prêtait pas), et Gréco bloquée à Paris par sa carrière, l’histoire se termine un peu brutalement. Miles Davis, déprimé, commence alors à tomber dans la drogue dure, cocaïne, héroïne. Il enregistre avec Sonny Rollins, Billie Holiday, Sarah Vaughan, termine de se battre contre son addiction dans la ferme de son père, puis, remis, réunit Kenny Clarke et Horace Silver pour écrire une nouvelle forme de jazz: le hard bop.
À la fin des années 50, alors devenu un musicien qui compte, Davis enregistre des albums comme, « Miles Ahead » (1957), »Porgy and Bess » (1958), »Sketches of Spain » (1959-1960), ou des morceaux tels que le « Round Midnight » de Thelonious Monk. En 1959, Miles Davis écrit un album qui constitue bientôt une pierre angulaire de son oeuvre musicale :  » Kind of Blue », essentiellement basé sur des improvisations sur des pièces qu’il a composé. Ensuite, en 1963, à ses côtés il intègre Ron Carter, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Tony Williams. Du sang neuf, pour un pas en avant vers le jazz électrique. En 1966, le groupe enregistrera « Miles smiles », puis ce sera « Sorcerer » et « Nefertiti » en 1967.
Alors que se faufile une révolution stylistique et sonore à l’autre des 70’s, Davis en profite pour peaufiner une musique jazz qui soit au rendez-vous de ce carrefour des genres jazz et rock. Le meilleur exemple en est l’album « Bitches Brew »(1970), sur lequel apparaissent le guitariste écossais John Mac Laughlin et le claviériste autrichien Joe Zawinul.

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Si aux Etats-Unis, malgré le racisme ambiant, il est assez vite devenu un musicien reconnu qui avait pignon sur rue et tournait sans trop de difficultés, ce qui pour un musicien noir à l’époque, était une vraie performance. En France, il s’est fait connaître en réalisant en une prise (!), pendant sa projection, la musique du film « Ascenseur pour l’échafaud » (1958) de Louis Malle, avec la jeune Jeanne Moreau. Un tour de force qui marqua les esprits et forgea encore davantage sa légende.

Miles Davis était un perfectionniste. Jusqu’à l’insupportable pour certains des musiciens et techniciens qui l’ont côtoyés tout au long de sa carrière. Mais il savait reconnaître le talent de ses partenaires, et leur laisser champ libre quand cela était utile pour la musique et pour le le show sur scène. Nombre d’entre eux, de John Coltrane à Chick Corea, en passant par Mike Stern, Herbie Hancock, John Scofield, et j’en oublie, ont tiré bénéfice d’avoir été partenaires du maître.

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Musicalement, si Miles Davis était un homme ouvert d’esprit (son album posthume « Doo bop », photo ci-dessus, sorti en 1992, aux influences rap en est la parfaite illustration), il était également à l’affût de tout, du moindre incident musical sur lequel il pourrait éventuellement rebondir. Chick Corea raconte à ce sujet qu’un soir, lors d’un concert, il commet une erreur d’accord au piano, jouant ainsi une mauvaise note. « Immédiatement, dit-il, Miles s’est tourné vers moi, s’est servi de cette fausse note pour démarrer un solo ». Le génie dans sa plus belle expression. A l’affût de tout. Pour servir son art, la musique. A propos de se tourner, Miles Davis avait pris une habitude, très tôt, celle de tourner le dos au public parfois pendant ses concerts, sur certains morceaux, ce qui fut pris par le public et les critiques de l’époque pour du mépris. Il gardera cette habitude tout au long de sa carrière, expliquant que c’était une façon pour lui de mieux être en harmonie avec son instrument, avec ses musiciens.
Malgré un succès qui ne se dément pas, des collaborations et projets à foison, Miles Davis, comme tout artiste, génial de surcroît, connaît des périodes de doutes très fortes. C’est ainsi qu’entre 1974 et 1979, le trompettiste va se retirer du monde qui l’entoure, de la scène, des studios, pour ne se consacrer qu’à lui-même. Une parenthèse sans création qui va s’avère bénéfique et salvatrice pour Davis. Plus tard, lors d’une interview donnée lors d’un passage à passage à Paris en 1989, il évoquera cette période et dira qu’il a mis 3 ans à retrouver ce son si particulier qui est le sien. « Certains jours je me suis trouvé vraiment nul », confie-t-il.

Dans les années 80, il fera appel au bassiste et producteur Marcus Miller (David Sanborn, Luther Vandross..), qui collaborera avec lui sur tous les albums au cours de la décennie (« The man with the horn » ; «  »We want Miles » ; « Star people »; « Tutu », qui fera un carton à sa sortie ; « Music from siesta » ; « Amandla », qui marque un retour aux racines africaines). Dans la décennie 80-90, Miles Davis, outre Marcus Miller, va engager nombre de jeunes musiciens de la scène jazz-rock, à savoir John Scofield, Mike Stern, le bassiste Darryl Jones (aujourd’hui au sein des Rolling Stones), les saxophonistes Kenny Garrett et Bill Evans, mais aussi le percussionniste Mino Cinelu. Avec eux, il va donc construire un nouveau répertoire, plus rock, un nouveau son, aidé par Marcus Miller. Il va ainsi permettre à un public plus large de venir au jazz, dont il jugeait l’audience trop limitée. Par ailleurs, il va s’attaquer au répertoire d’icônes de la pop-music comme Michael Jackson ou Cindy Lauper. Ainsi il sort des sentiers du jazz, devient un musicien qui transcende les genres musicaux. Finie l’image du pur jazzman, Miles Davis est devenu lui aussi un pop-star. Pour enregistrer « Tutu » en 1986, en conflit avec sa maison de disques, qui ne lui accorde pas les droits sur ses propres morceaux, il s’en remet donc à Marcus Miller. La collaboration sera un franc succès, l’album aussi. Du coup, ils remettent ça en 1989 pour « Amandla ». Là aussi, le succès est au rendez-vous. Preuve qu’il est devenu un musicien apprécié des stars du rock, le groupe américain Toto l’appelle pour jouer sur « Can’t stop me now », qui figure sur l’album « Farenheit ». Dans la foulée il enregistre des sessions avec le regretté génial Prince. Il existe parait-il un disque témoin de cela, mais il est enfermé dans le coffre fort de Paisley Park, la résidence-studios où résidait et enregistrait le kid de Minneapolis.

Jusqu’à son décès, ce fameux et triste 28 septembre 1991, il va multiplier les disques, concerts, en Europe notamment, dans les grands festivals comme celui de Vienne. Véritable star mondiale, ayant dépassé depuis longtemps, par sa volonté, les simples frontières du jazz, Miles Davis est demandé partout. Chaque grand festival veut s’enorgueillir de sa présence, ce qui garantit des recettes commerciales et des retombées médiatique importantes. Le musicien-star est devenu un produit qu’on s’arrache.

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En 2014, pour rendre hommage à cet immense artiste, l’acteur américain Don Cheadle (photo ci-dessus) lance une souscription pour financer un film sur Miles Davis, qui s’appellera  « Miles Ahead« (affiche ci-dessus), en référence à l’album du même nom sorti en 1957, avec également Ewan Mac Gregor. Don Cheadle apprend la trompette pour l’occasion, mais ce sont bien les morceaux de Davis qui servent la bande-sonore du film. Le film sortira en octobre 2015 au festival de New-York.

Parti alors qu’il avait sans aucun doute encore beaucoup de musique à créer, partager, de rencontres nouvelles à initier, de talents à révéler, il laisse un héritage musical immense qui court sur près de 50 ans, varié, complexe, à la hauteur du musicien prolifique qu’il était, . Son empreinte est indélébile dans l’histoire du jazz, dans l’histoire de la musique du 20ème siècle. Il y a un avant Miles Davis. Il y a désormais,1991, un après Miles Davis. Nombre de jeunes musiciens, trompettistes ou simples compositeurs, perpétuent son oeuvre, son travail.

Guillaume.

Après Prince, Jimi, Bob et David, voici John Lennon version Jazz.


Dans la série « que valent le répertoire de vos idoles en mode jazz? », j’ai déjà ici donné mon point de vue sur les disques concernant Prince, Bob Marley ou Jimi Hendrix et plus récemment David Bowie. Voilà maintenant que c’est le tour de la légende John Lennon, ex-Beatles, devenu chantre de la paix et de l’amour dans le monde aux côtés de Yoko Ono dans les années 70’s, jusqu’à son assassinat le 8 décembre 1980, de « subir » cet assaut musical de jazzmen et jazzwomen pour réinterpréter son répertoire. Toujours à la baguette, le talentueux Lionel Eskenazi a rassemblé pour l’occasion des noms prestigieux tels que le saxophoniste-guitariste et chanteur Curtis Stigers, le chanteur anglais Joe Jackson, le guitariste et chanteur de blues Lucky Peterson (disparu en 2020), NGuyen Lê (déjà présent sur la version hommage à Jimi Hendrix), le guitariste Al di Meola, la chanteuse-pianiste brésilienne Tania Maria et le pianiste, compositeur et chanteur italien Stefano Bollani, pour les plus connus. Bref, du très lourd! Voyons maintenant ce que ça donne. L’album s’ouvre avec la voix plaintive et bluesy de Curtis Stigers qui chante un très beau « Jealous Guy ». Ça sent la douleur, la tristesse. Le tout accompagné d’un tres bon trio piano-batterie-contrebasse. Superbe. Ensuite c’est une fille, entendez « Girl » qui s’invite à nos oreilles, magnifiquement chantée par le vétéran de la pop anglaise Joe Jackson, dans un registre piano-voix que je ne lui connaissait pas. Bluffant. Après quoi les Pink Turtle (les Pink..Floyd étaient pas disponibles😉) revisitent le tube mondial « Imagine » en mode instrumental ambiance funk cool. Ça fonctionne. Retour au Blues avec l’immense et regretté Lucky Peterson qui chante l’évidence même « Yes Blues ». Un régal.

Puis arrive sans crier gare une voix féminine qui m’est inconnue, celle de Daria, qui interprète « Strawberry fields forever » avec délicatesse, souplesse vocale sur fond de musique indienne. Plaisir. A peine suis-je sorti de ce morceau que déboule un pianiste de jazz finlandais, IIro Rantala qui m’attrape et joue un « oh my love » tout en subtilité comme savent le faire les musiciens nordiques qui ont une sensibilité vraiment particulière. Ce titre figure sur l’album « My working class hero » qu’il avait composé en hommage à John Lennon en 2015. Je vais me dépêcher de découvrir sa discographie. Après cet amour en mode finlandais, Nguyen Lê, guitariste, nous trimballe en Inde pour un « Comme together » étonnant, sur lequel il laisse son expression se dérouler, ce qui donne une très belle couleur au titre. De plus il est accompagné de 3 chanteurs (2 hommes, 1 femme). L’aspect jazz-fusion du morceau le rend totalement neuf. Superbe. Un autre virtuose de la guitare succède à Nguyen Le, il s’agit de Al di Meola. Sa version de « Dear Prudence », sur des tonalités quasi flamencas, est très belle. Son jeu est fluide. On entend presque ses doigts courir sur le manche. Sorti de cet instant gracieux, revoilà Jen Chapin et le Rosetta trio, entendue sur l’opus dédié à David Bowie, elle y chantait « Starman ». Là c’est un « nobody told me » presque intimiste qu’elle interprète avec guitare, et une contrebasse. Magique. Je parlais plus de la Finlande. C’est maintenant les forêts norvégiennes que nous visitons grâce au piano de Stefano Bollani. Ça vous transporte. De là-haut j’entend la voix de la brésilienne Tania Maria qui nous dit « Imagine ».. Le tout sur un rythme de jazz cool… Ça groove en douceur, c’est juste beau.

Après ce très joli moment, un guitariste nommé Stephen Bennett (rien à voir avec Tony Bennett) nous gratifie d’un « Because » tout en touché et musicalité. Entendre ce morceau joué ainsi est vraiment spécial. Puis la voix lancinante et timbrée de Muriel Zoe, chanteuse allemande néée à..Hambourg (ville où les Beatles ont joué à leurs débuts hors Angleterre) donne à entendre une version toute en retenue du classique « A hard day’s night ». « Nowhere man » qui suit est joué sur un rythme très cool, de presque fin de jour, ou fin de nuit, selon votre humeur d’écoute, par un duo de jazzmen allemands, les frères Roman (piano) et Julian (trompette) Wasserfuhr. Une belle découverte. Un « Beautiful Boy » est ensuite appelé, sussuré devrais-je plutôt dire ici par la chanteuse Laura Crema. Une chanson en mode jazz cool. Avec un piano qui dialogue avec le chant de belle manière. Pour vraiment terminer ce bel hommage à John Lennon, place à un instrumental, qui parfois nous emmène dans les étoiles. Ici c’est carrément un voyage « Across the Universe » qui est suggéré par le piano aérien de Bill Anschell. Comme un dernier salut à l’artiste, mais aussi à l’ange bienveillant que se voulait être John Lennon vis à vis de ses condisciples humains.

Guillaume.

David Bowie version Jazz, qui l’eût crû ?


Après Prince, Bob Marley, et Jimi Hendrix, dont les répertoires musicaux en version jazz ont déjà été évoqués ici, voici donc venu le tour du grand David Bowie d’être passé à la moulinette de ce genre musical. Lui, enfin surtout son répertoire. Pour cela, Lionel Eskenazi, qui chapeaute chacun de ces projets, a réuni une belle brochette de talents. Jugez plutôt : le pianiste Bojan Z, le trompettiste Eric Le Lann, le guitariste Pierre Jean Gaucher, ou encore les chanteuses Laîla Biali, Cinzia Bavelloni, la française Keren Ann, parmi beaucoup d’autres. Cet album, « David Bowie In Jazz » est sorti en 2020.

Cet hommage au dandy anglais démarre par une superbe version du tube « Let’s dance ». Ça commence par une intro voix-contrebasse, puis le piano, les claviers s’installent très vite et tout s’emballe. La voix souple et chaleureuse de Laila Biali, chanteuse canadienne qui a travaillé avec Sting, et l’ambiance installée, forment une très belle entrée en matière. Nul doute que Thin White Duke eut apprécié cette version. Dans la lignée, c’est une autre chanteuse qui prend la suite, Cinzia Bavelloni. Elle s’attaque à « Lady Stardust », sur un mode smooth jazz des plus agréables à écouter. La trompette qui prend le solo (dommage que nous n’ayons pas le détail des accompagnateurs…), puis le xylophone nous transporte vers un rivage qu’on imagine calme et paisible. Bojan Z (Zulfikarpasic de son vrai nom), que j’avais découvert à l’Européen à Paris voilà 15ans, revisite en mode trio le classique « Ashes to Ashes ». Le résultat, subtil, est très beau. Bojan Z y met toute sa musicalité.

Vient ensuite une chanson écrite en hommage à Andy Warhol, ici interprétée par la chanteuse Caecilie Norby, soutenu par un trio de haute qualité. Sa voix se promène sans souci, se faisant transmetteuse de l’administration éprouvée par Bowie envers Warhol. On enchaîne ensuite avec « The Jean Genie », chanson maintes fois reprise, ici jouée façon blues avec guitare dobro et harmonica par le groupe Yelloworld, spécialiste des reprises de David Bowie. Très belle version. Puis le trompettiste Eric Le Lann, accompagné d’un solide trio, revisite « Lire on Mars ? », chanson qui résonne étrangement à l’heure des explorations de la planète rouge, de son sol, son atmosphère, en vue de futurs voyages. Mais revenons à la musique. La trompette de Le Lann joue comme chantait Bowie, dans une forme de complainte. C’est très réussi. « The man who sold the world », ici pris en voix par Miriam Aida, est joué sur un rythme flamenco et chanté en mode jazz. Le mariage des 2 vaut l’écoute. Puis arrive l’un des titres phares de la carrière de Bowie, « Space Oddity », qui démarre par ces fameux mots « Ground Control To Major Tom ». S’il est difficile, là plus que sur les autres titres déjà évoqués, de ne pas « entendre » la voix de Bowie quand la chanteuse Grazzia Giu se coltine ce titre, elle s’en sort plus que bien, remplaçant le côté dramatique initial voulu par Bowie, par une longue plainte, une douleur retenue, sentiment renforcé par cette voix qui tient sur un fil, en équilibre, celui de la vie. Superbe. S’en vient ensuite « Aladdin Sane » ici joliment rendu par le talentueux guitariste Pierre-Jean Gaucher dans une version mi jazz cool mi jazz fusion. Federica Zammarchi offre une version « club de de jazz » de « Lady grinning soul ». La voix est là, tout est en place, mais aucune émotion ne sort de cette interprétation. Gâchis. Tout l’inverse avec Jen Chapin et le Rosetta trio sur « Starman », c’est enlevé, léger, la voix est appliquée sans trop appuyer, le timbre légèrement aiguë ajoute une petite touche très agréable à ce morceau virevoltant. Puis on tombe sur une interprétation déroutante de « Heroes », par le Delta Saxophone Quartet. C’est lent, presque méconnaissable. Déroutant au possible. Heureusement arrivent les Yelloworld, spécialistes ès Bowie. Ils nous embarquent pour un « Moonage daydream » de haute tenue. Le voyage musical est réussi. Tiens revoilà Cinzia Bavelloni, sur un fond de trio jazz très swinguant, avec « DJ ». On se croirait transporté dans les 30’s.

Après avoir eu droit à la superbe version vocale par Grazzia Giu, c’est maintenant Franck Wolf, pianiste, qui nous donne son interprétation de « Space Oddity ». Tout en subtilité, en douceur. Le groupe vocal Puppini Sisters revisite « Changes » en y donnant un aspect swing assez ravissant. Pour terminer cet hommage au génial David Bowie, c’est Mike Garson  qui se colle à la tâche. Le pianiste s’amuse et ça se sent en revisitant le célébrissime « Let’s dance », déjà  chanté en ouverture du disque par Laîla Biali.

Enfin en bonus track, la belle voix de Keren Ann chante « Life on Mars » dans une orchestration à cordes superbe. De quoi très bien terminer ce bel opus qui rend hommage au talent de chanteur-compositeur-interprète de David Bowie. Quoiqu’il en soit, le résultat est bluffant par moment, surprenant à d’autres, déroutant aussi, mais la qualité des interprètes donne à ce projet une densité que n’aurait sans doute pas renié David Bowie.

Guillaume.

 

Quand le Jazz s’empare du Roi Marley.


Vous le savez, je l’ai déjà dit ici, de grands noms de la chanson française tels Serge Gainsbourg, Georges Brassens, Claude Nougaro, ou du rock comme John Lennon,  Prince, Jimi Hendrix ont déjà vu leurs oeuvres musicales revisitées par des talents issus du jazz. C’est au tour cette fois-ci de Bob Marley, Dieu vivant du temps de sa splendeur entre les années 70 et 80, période laquelle il a fait émerger la Jamaïque de l’ombre, imposant un reggae festif et militant, oui c’est à son tour d’être « revisité » par la patte musicale de jazzmen et jazzwomen de tous horizons. Ainsi est né « Marley in Jazz: A tribute To Bob Marley » publié par le label Act Music en 2020. On retrouve à ce joli rendez-vous des noms aussi différents que Sly & Robbie, Pink Turtle (groupe habitué à faire des reprises de qualités), Nguyen Lê entre autres.

Pour démarrer cet hommage au génie jamaïquain, le groupe Pink Turtle s’attaque au célèbre « Get up, Stand up »sur une rythmique qui n’est pas sans rappeler « Hit the road Jack » de Ray Charles. Le son y est rond, chaud, les cuivres et les choeurs métronomiques. Bref tout ça part très bien. S’en suit le légendaire « Buffalo soldier » entonné par les fameux Sly & Robbie, plus habitués à nous offrir de la musique soul-funk de haute volée. Là, le groupe a choisi de nous offrir une version instrumentale du titre, et ça tourne très bien. Mais c’est vrai que j’aurai aimé entendre la voix se poser dessus. Après quoi, nous avons droit à « Concrete Jungle » en mode blues, superbement joué et interprété par The Holmes Brothers, dont le jeu de guitare est limpide, juste, fin, et le chant profond, plaintif. Un vrai beau morceau. Attention, écueil ! quand comme moi, vous avez grandi avec la version originale puis la version d’Eric Clapton de « I shot the Sheriff », c’est délicat d’entendre celle de Sébastien Lovato. Un orgue Hammond omniprésent, une ryhtmique un peu lourdingue, le tout faisant penser à une musique expérimentale ou d’ambiance ascenseur, loin, très loin, de ce que Marley avait imaginé pour ce titre, de sa signification. Un gâchis, d’autant que là encore, le chant est mis de côté, ce qui enlève une grosse partie de son intérêt au morceau. « Waiting in Vain », marque le retour au chant, grâce au talent de Xavier Desandre Navarre, accompagné de Vincent Peirani. A la manière des chants chorals de gospels, ce titre est joliment interprété, soutenu par une section rythmique sans faille. Le morceau tient une musicalité de haute volée. Ensuite, c’est le guitariste Nguuyen Lê qui prend le relais, accompagné de la chanteuse Julia Sarr, pour offrir une subtile et aérienne version de « Redemption song ». Nguyen Lê joue tout en finesse, offrant des nappes de notes, quasi spatiales. Julia Sarr s’appuie dessus sans en rajouter et nous laisse découvrir sa jolie voix.

Viennent alors les morceaux qui m’ont interpellés, à savoir la reprise du fameux « Exodus » par Alexis Bosce, le « Jammin » exécuté par Kim Waters, le superbe « Is this love » par Peter Sprague en compagnie de Leonard Patton et enfin pour clore ce bel hommage au Roi Marley, un « Could you be loved » de grande qualité. La version de « Exodus » est très jazz-fusion, avec une trompette qui fait penser à Miles Davis. Le « Jammin’  » façon Kim Waters résonne à mon sens trop commercial, le son est trop « propre ». « Is this love » est superbement chanté par Peter Sprague, qui met le feeling là où il faut sans en rajouter. Derrière lui, les musiciens sont parfaits. Ca tourne rond. Pour finir donc, « Could you be loved » joué entièrement au xylophone.. étonnant, mais cela donne une superbe couleur à ce morceau.

En somme, cet album hommage à Bob Marley est vraie réussite. Il ravira les puristes, réjouira les curieux-curieuses du mélange des genres (jazz, reggae). Je vous laisse avec une sélection de 3 morceaux. Bonne découverte à vous.

Guillaume.

« Just warming up »: Comme un testament musical de Lucky Peterson.


Cet album, paru en 2019, Lucky Peterson aurait dû venir le présenter en Europe cet été sur les scènes de Festivals si la parenthèse désenchantée et mortelle du Covid-19 n’avait pas frappé aussi durement en Europe, notamment en France, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne. Mais, hélas, Lucky Peterson, rattrapé par la maladie dû à ses nombreux excès de bon vivant, n’aura jamais eu le temps de le faire, puisqu’ il est décédé voilà quelques semaines seulement. Lucky Peterson était un multi-instrumentiste de génie (chant, guitare, harmonica, orgue hammond, batterie) et un showman accompli depuis sa jeunesse.

Mais donc ici je vais m’attarder sur ce qui restera son ultime album : 50, »Just warming up »(50 ans, »je démarre l’échauffement »). Titre étonnant et plein d’humour qui nous dit en forme de clin d’oeil que les 50 premières années de sa carrière étaient un échauffement musical, rien que ça! Quand on connait le talent qu’avait Peterson pour improviser à partir d’une vocalise, d’une note, pour démarrer un solo, on se dit qu’effectivement le décès précoce de ce musicien laisse un trou béant dans l’histoire du blues. Parmi les 15 titres qui le composent, 10 ont été écrits ou composé par Lucky Peterson.

L’album commence par « 50 years » en référence aux années de sa carrière (il a commencé à chanter à 5 ans).
Sur Youtube la vidéo qui accompagne la présentation de l’album nous montre le chef de bande en interview nous expliquer qu’après 50 ans de carrière (qui pour lui n’étaient qu’un début) il avait encore beaucoup de choses à faire et à dire musicalement, puis en train de répéter-enregistrer entouré de ses musiciens, la séquence se terminant par un gros sourire face caméra.
L’album est comme toujours une ode à cette musique sacrée pour lui, avec laquelle il a grandi,  dans laquelle il a baigné avant d’en faire sa mère nourricière et son inspiration quotidienne pendant 50 ans. Si sa voix s’en trouvé moins puissante que par le passé pas si lointain, sa technique instrumentale reste intacte quel que soit celui joué. A chaque note on sent le plaisir profond du jeu, du respect pour cette musique, et son devoir de transmettre. De perpétuer le lien, l’histoire de cette musique,  de ses origines, pour ne pas en perdre traces.
Oui un disque de Lucky Peterson,  comme de Buddy Guy ou du patriarche B.B.King,  c’est tout cela rassemblé.
Et « Just warming up »n’échappé pas à la règle. Il offre à l’auditeur un plaisir d’écoute, des moments de purs beautés comme ces duos avec sa femme Tamara (« Dont want nobody but you », un blues-soul avec cuivres, déclaration à sa femme ; « I Will die 4 U », morceau en mode acoustique, voix-percussion-guitare) ou encore comme toujours ces morceaux gorges de groove tel « Repossess your love ». Peterson, comme ses devanciers, est un conteur, un de ces bluesman qui vous tiennent avec cette façon de raconter ses histoires. Il a tellement écouté de musiques, rencontré de pointures de la scène musicale afro-américaine des années 70 et 80 (je pense ici à Prince, James Brown, Maceo Parker entre énormément d’autres), que sa musique ici s’ en ressent, en écoutant « Clickety Click ».
Le blues l’a toujours guidé, il le prouve joliment sur « The blues is driving me », sur une rythmique reggae. « Going where my roots come from » est un blues bien comme je les aime, lourd, posé, solide. Peterson y raconte son retour aux sources, sa « rencontre » avec la musique, le blues. Sa voie était tracée. Puis s’en vient « Let the Good time party begin » avec la chanteuse Daniella Cotton et l’harmoniciste Sugar Blue (Rolling Stones, Prince, Bob Dylan, Stan Getz…). Ça groove, ca roule, c’est bon.
Enfin pour terminer l’album, il nous gratifie de ces gospels, Amazing Grace / Precious Lord, en hommage à ceux qu’il chantait le dimanche à l’église, petit, avec ses parents, puis un peu plus tard en chorale.

Je vous laisse avec 4 extraits de son album qui sonne comme son testament à cette musique qu’il a chéri toute sa vie et a fait de lui une des plus grandes figures du style blues-rythm’n’blues de ces 40 dernières années.

Sûr que Là-Haut, avec Ray Charles, Dr.John, Prince ou encore James Brown les bœufs musicaux doivent déjà voler haut!

Guillaume.

Havin Fun with Tower of Power? Yes we can !


Bon, ça y est! finis les bains de mer, les ballades en montagne, les tongues aux pieds et les maillots de bains qui sèchent sur la terrasse de la location, les apéros enterrasse ou bord de mer… Oui tout ça c’est bel et bien ter-mi-né!!! C’est l’heure de le rentrée, scolaire pour les uns, professionnelle pour les autres. Et épistolaire en ce qui me concerne ! Pour accompagner ce nouveau départ (désormais sans mon compère Laurent, dont vous pouvez néanmoins suivre les aventures sur radiolowlow.video.blog) je vous propose une chronique sur un groupe phare de la funk et de la soul-music des années 70-80, au même titre que Funkadelic, George Clinton, James Brown et quelques autres, à savoir Tower of Power.

Encore aujourd’hui il continue son bonhomme de chemin. Le label Soul Music Records a la très bonne idée de ressortir une anthologie de titres publiés chez Columbia et sur le label Epic, entre 1976 et 1997, sous le titre « You ought to be havin’ fun », cher au groupe qui sortit ce morceau en 1977.

Des années 70’s, période de formation du groupe, à 2009, Tower of Power a publié pas moins de 17 albums studios (notons le premier « East Bay Grease » (1970) puis dans la foulée « Bump city » (1972), « Tower of Power » (1973, disque d’or), « Back to Oakland » (1974) et « urban renewal » (1975) ainsi que 4 albums live (« Live and living color », 1976 ; « Direct », 1988 ; « Direct plus », 1997 ; « Soul vaccination live », 1999). Bref les gars n’ont pas lésiné.

Sur le double cd qui nous occupe, nous sommes veinards car les deux périodes (Columbia et Epic), sont très bien représentées. Le premier est donc consacré aux années « Columbia ». Et le moins que je puisse dire c’est que cette période recèle de nombreuses pépites musicales avec bien sûr « Ain’t nothin’ stoppin’ us now » dans lequel ils annoncent que rien ne les arrête (ils nous en apporte la preuve par la suite), qui ouvre le bal, mais aussi l’invitation au positivisme et à la fête avec « You ought to be havin’ fun », « Am I a fool », le très beau et sentimental « By your side », ou encore « Just make a move and be yourself ». Oui cette première face dirais-je si c’était un double-album vinyle (cette remarque vaut pour les plus de 30 ans…), est un régal musical, une enfilade de perles, de moments jouissifs au cours des lesquels autant la section cuivre que la partie rythmique s’en donnent à coeur joie. Cela me fait regretter de ne pas les avoir vu sur scène. Ce groupe de dix musiciens produit une musique festive, plaisante, ultra dansante, mais aussi parfois très expressive quant aux sentiments de tristesse ou nostalgie.

Sur la deuxième face de ce double-album, l’orgie musicale continue. Pour mon plus grand plaisir (et le vôtre quand vous écouterez ce double-album). Il s’agit donc ici des titres enregistrées lorsque le groupe était sous contrat avec le label Epic, en 1993, au moment de leur album T.O.P. A cette période, la section cuivre du groupe subissait bien des modifications mais cela n’altérait pas sa qualité. Pour preuve, elle était demandée par des artistes tels que Rufus et Chaka Khan ou Elton John.

Dès l’entame de cette seconde partie, T.O.P. nous met dans l’ambiance avec « Soul with a capital S ». Les gars ne plaisantent pas du tout. Pour eux, et ils ont raison, la soul est une musique majeur du 20ème siècle. Au vu de ses nombreuses et nombreux contributeurs/ trices, c’est devenu une évidence. Pour n’en citer que quelques-un.e.s. je vous donnerai : Ray Charles, James Brown, Tina Turner, Otis Redding, Marvin Gaye, Martha and the Vandellas, Prince, Teddy Pendergrass, Whitney Houston, Beyoncé, Aretha Franklin, Luther Vandros (tu vois Laurent je n’oublie personne 🙂 ) et je pourrai en citer encore beaucoup d’autres.

Oui donc, sur le second volet de cette compilation, il est possible de trouver des pépites comme « Please come back », « You », « Who do you think you are », le brownien (même la section cuivre joue « à la manière de » du duo Fred Wesley-Maceo Parker) « Diggin » with James Brown« .

Allez, bonne rentrée à toutes et tous, et que cette nouvelle année vous soit pleine de belles surprises musicales. Un petit salut amical à Laurent, parti vers d’autres aventures.

Guillaume.

1991, Prince, roi de Rio.


Le 18 janvier 1991, Prince est un artiste comblé, au top de sa renommée et de son talent. Il donne cette année-là quelques concerts à Rio, dans le célèbre stade du Maracana (qui peut accueillir près de 200.000 personnes) lors du Festival Rock in Rio. 90 minutes de pure musique. 90 minutes d’énergie, où tout y passe : funk, soul, improvisation, et la part belle donnée aussi à ses choristes. Le public très nombreux donc, ne semble pourtant pas totalement en phase ce soir-là, à moins que ce ne soit l’inverse. A l’écoute de ce live in Rio, il apparaît en effet que Prince ne soit pas en grande forme ce soir-là. 

Un des éléments le plus surprenant de cette soirée, surtout quand on connaît la réputation du bonhomme à tout maîtriser, contrôler, vérifier, dans le moindre détail, est la qualité du son rendu sur cet enregistrement. Le son est brouillon, comme étouffé, la voix et les instruments se font lointains, ce qui amoindrit la performance scénique et musicale du Kid de Minneapolis et de son orchestre. Néanmoins, tout au long du disque, on se rend compte que Prince se bat contre les éléments, qu’il essaye de chauffer le public, mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment. Le répertoire est pourtant bourré de tubes :  » Kiss », « Horny Pony », « Purple Rain », « Take me with U », la reprise de « Nothing compares to you »… bref de quoi réjouir un auditoire sans problème. Le son, je l’ai dit, étant des plus mauvais, cela donne un live moyen, desservant la performance scénique du Kid de Minneapolis. C’est très agaçant! Je n’ai hélas jamais vu ce génie sur scène, aussi, dans l’absolu, je me disais que ce live, enregistré dans le cadre du plus grand festival de rock d’Amérique du Sud, me permettrait de rattraper ce manque. Hélas, 3 fois Hélas!!!

Reste que les fans inconditionnels y trouveront peut-être satisfaction (sans jeu de mot avec la fameuse chanson des Pierres qui Roulent 🙂 )… Pour ma part, vous l’aurez saisi, je suis frustré, déçu, et j’attends impatiemment la ressortie d’un autre live plus à la hauteur du personnage, du musicien fantastique qu’était Prince Roger Nelson.

Guillaume.

Prince, seul face à lui-même.


C’est l’histoire d’une séance dont seul Prince Roger Nelson avait le secret. Une nuit de 1983, il s’enferme au Studio Kiowa Trail, et décide de s’installer seul à son piano. Au début du disque, on l’entend s’adresser à un ingénieur pour régler le son et mettre une ambiance lumineuse plutôt soft. Il se met ainsi dans un climat serein, tranquille. Et nous permet, en tant qu’auditeur, de nous sentir, très privilégiés, tout proche de lui, comme si nous étions tapis dans l’ombre du studio, écoutant le maître en pleine séance de travail intime.

Vient la magie. L’artiste se met à son piano, et commence par une petite improvisation, en guise d’échauffement, avant de se lancer dans l’interprétation de « 17 days ». Tout en finesse. Superbe. Il enchaîne alors avec une version toute en retenue, modulant sa voix à l’envie, sur son titre fétiche, « Purple rain ». Vient ensuite « Case of you », chanson composée par Joni Mitchell, dont il s’approprie très joliment l’univers musical. Ensuite, Prince nous offre une farandole de morceaux de sa composition, de « Strange relationship » au final « Why the butterflies », dont les versions piano-voix sont un vrai régal, car il transforme l’architecture originale des morceaux, en y intégrant parfois des digressions, et toujours avec une justesse, un sens du rythme incroyable, sans oublier bien entendu cette voix unique, ce timbre inimitable et reconnaissable qu’il modifie, travaille, teste, au fil des morceaux. Une introspection artistique, une séance de travail autant qu’un moment de plaisir pour ce génial musicien-compositeur.

Cette séance, longtemps restée dans les tiroirs de la Warner, dont il fut un temps co-président, est un petit bijou, qu’il faut écouter attentivement, et découvrir avec appétit toute la subtilité, les nuances que Prince amène à ses propres morceaux comme à la chanson de Joni Mitchell. Le tout est une enfilade savoureuse de morceaux sublimes concoctés par le génie de Minneapolis.

Prince, homme de scène, capable de performances scéniques incroyables tant par la qualité, que par la durée (celles et ceux qui le virent au New Morning il y a quelques années s’en souviennent encore.. il avait démarré à 22H pour terminer à 6H du matin!!!), nous montre ici toute l’intelligence de sa musique, de son immense talent. Un joyau à déguster sans aucune modération. Cet enregistrement sorti des tiroirs n’est sûrement pas le dernier que Warner nous proposera tant Prince passait son temps à composer, écrire, enregistrer dans son antre de Paisley Park. Du coup, il est facile d’envisager que d’autres joyaux, dormant dans les armoires des studios, ou de la compagnie Warner, ressortiront un jour ou l’autre. Pour notre plus grand bonheur. Prince manque clairement à la musique aujourd’hui. Qui sait ce qu’il aurait encore composé, imaginé.

Alors, que vous soyez fan de l’artiste ou que vous souhaitiez simplement le découvrir, ce disque est tout indiqué.

Guillaume.

   

Prince en mode jazz?… logique!


 

Déjà 2 ans et demi que le kid de Minneapolis, le lutin génial de la funk-soul des 30 dernières années, s’en est allé. Le surdoué, autant musicien que compositeur, producteur de sa propre œuvre, méticuleux jusqu’au plus infime des détails, baignant depuis toujours dans un univers musical où soul music, rythm and blues, gospel, funk se sont croisés, mêlés, méritait bien un hommage en musique. Quoi de plus justifié et logique donc que le monde du jazz honore ce monstre de la musique, tant les ponts sont évidents.

Le disque « Prince in Jazz » publié cette année le démontre parfaitement. Aussi, après Serge Gainsbourg, Jimi Hendrix, Les Beatles, la maison de disques Wagram a confié la tâche de réunir un casting de très haut vol à Lionel Eskenazi, journaliste spécialiste de jazz. Et quel casting!!! Jugez un peu :

Outre la regrettée Nina Simone, dont la version magistrale de « Sign’O times » ouvre l’album,  c’est rien moins que le pianiste Herbie Hancock « Thieves in the temple », la chanteuse Randy Crawford et sa voix de velours sur une version étourdissante de « Purple Rain », ou encore les voix de Cassandra Wilson, Viktoria Tolstoy, l’américain Heath Brandon sur « Little Red Corvette », la française Clotilde Rullaud sur le célèbre et très sensuel « Kiss ».  Si donc certains participants à cet hommage sont évidents, d’autre noms me sont apparus plus inattendus : Ray Lema & Laurent De Wilde sur « Around a world in a day », dans une version très bossa-nova agrémentée de sonorités électroniques. Surprenant mais ça fonctionne bien. Holy Cole, entourée du Bob Bolden Project, nous livre une version très langoureus ede « The Question of U », bluesy à souhait, ambiance cabret enfumé des années 40-50.  N’Dambi, chanteuse américaine de soul music, nous embarque avec sa voix puissante, souple, habitée, signant une version magistrale de « Soft and Wet », illustration parfaite des méandres funky à souhait qu’aimait à composer le Purple Man. Pour clore ce joyau musical, un duo composé du saxophoniste Heinz Sauer et du pianiste Michael Wollny interprétant une aérienne variation de « Nothing compares to you ».

En ce qui concerne les orchestrations et la production de l’album, ces deux aspects s’avèrent tout aussi remarquables, à la hauteur d’une telle entreprise, avec cette exigence qualitative identique à celle que pouvait avoir Prince sur son propre travail.

Au total, près d’une heure quinze de musique, répartie en 15 plages, qui sont autant de pépites. 15 moments de bonheur total qui rappellent s’il en était vraiment besoin, que Prince Roger Nelson a marqué de manière indélébile la musique noire américaine des 30 dernières années, laissant une œuvre formidable, moderne, swinguante, jazzy, funky, gorgée de cuivres ou plus intimiste.

Un album qui redonne de l’enthousiasme en ces périodes moroses et alors que l’automne pointe déjà ses premiers signes. J’ai moi-même découvert certains morceaux tels que « Little Red Corvette », « Thieves in the Temple », « Crazy You ». Et ça me donne envie de me replonger dans la musique de Prince. Quant à mes versions favorites, voyez ci-dessous.

Nul doute que Prince aurait apprécié cet hommage rendu à son talent, son univers créatif, par la fine fleur du jazz contemporain. Alors, à vous les fans inconditionnels du Nain Pourpre, comme à celles et ceux qui souhaiteraient le découvrir, ce disque est tout indiqué. Vous pourrez retrouver d’anciens albums du Maître dans nos rayons : « Graffiti Bridge », « Emancipation », « Lovesexy », « Diamonds and Pearls », « Purple Rain ». Et découvrir un album datant de 1983 sur lequel le Kid de Minneapolis enregistra des titres en mode piano-voix. Son titre : « A piano and a microphone » Un régal!

Guillaume.

Dirty computer ou le Pussy Power par Janelle Monae.


“And we gon’ start a motherfuckin’ pussy riot or we gon’ have to put em on a pussy diet” dans le genre punchline féministe, Janelle pouvait difficilement faire plus fort, issu de “Django Jane”, l’un des quatres singles qui ont lancé la promo du disque, sur un track très hip hop, c’est comme ça que j’ai découvert que Monae allait sortir un album il y a quelques mois, je vous laisse imaginer comme j’étais impatient.

Je vous en avais parlé à retardement pour son “Electric Lady” et je disais déjà à l’époque que Janelle Monae serait l’une des artistes majeures de cette décennie, donc, vous avez compris, mon attente était grande à propos de son nouveau projet. En cinq ans, il s’en est passé des choses pour Janelle, elle brille au cinéma, possède son propre label (Wondaland) et est très investie politiquement et socialement, alors, avec tout ça, a t-elle eu le temps de nous concocter du costaud ou est-ce une déception?

Et bien, je dirais que si j’avais adoré ces précédents opus, ce “Dirty Computer” les surclasse tous!!! Janelle est libérée, libératrice et nous offre son disque le plus personnel en date, elle, qui a fait son coming out le 26 avril, s’affirmant comme “pansexuelle”, le terme a depuis explosé les moteurs de recherche, alors je vous laisse fouiller pour l’explication, quoi qu’il en soit, l’ex Cindi Mayweather s’assume et ça fonctionne à merveille!!!

Et musicalement me direz-vous? C’est Funky, c’est Pop, c’est Hip-Hop, ça respire l’influence de Prince à plein nez, notamment sur “Make me feel”, il aurait d’ailleurs travaillé avec Janelle sur le projet avant de nous quitter. On a aussi des ballades avec “Don’t judge me” ou le magnifique “I like that” et dans chaque style, la belle du Kansas excelle.

Le travail visuel aussi, est a souligné, comme à chaque fois, les clips sont très soignés et notamment celui de “Pynk”, si vous ne l’avez pas vu, je ne vous gâche pas le plaisir et je vous laisse le découvrir. Le disque est également accompagné d’un moyen métrage que je vous mets aussi en lien, il dénonce, sous couvert de science fiction, la politique de Trump et les difficultés pour ceux qui ont des orientations sexuelles autre que les hétéros.

Clairement, c’est pour moi, l’un des meilleurs disques de ce début d’année et je pense qu’on a pas fini d’entendre parler de Janelle Monae.

 

Laurent

Elijah Blake, free at last…



Aussi talentueux comme auteur qu’en tant que chanteur lui-même, Elijah Blake nous revient après avoir quitter Def Jam, en indépendant sur le label Steel Wool et mon dieu que c’était une bonne idée!!! Pas que ses productions antérieures n’étaient pas de qualité, non, simplement, avec “Audiology”, on redécouvre un artiste libéré, qui drive son propre navire et avec le talent qui est le sien, c’est du lourd!!!
Le jeune Dominicain nous revient donc avec un deuxième album studio, deux ans après le très bon “Shadows and diamonds”, composé de quatorze titres, pour près d’une heure de bonheur musical, le ton me fait un peu pensé à un mix entre du Bruno Mars et Khalid, dont je vous avais parlé plus tôt cette année, cinq fois nominé aux Grammy depuis.
Le disque a des vibes 80’s et c’était le souhait de Blake, lui qui considère que cette décennie était la plus fournie en talent R’n’B/Pop avec évidemment Michael Jackson, mais aussi les plus beaux moments de Prince, l’une de ses idoles. Le single “Technicolor” illustre parfaitement cette tendance, j’ai eu l’impression de replonger dans le temps et de renfiler mon jean large et mon bomber’s pour aller aux après-midi du SMJ!!!
Assez de nostalgie, parlons actualité avec ce super disque où Elijah Blake dit avoir eu besoin de se sentir écouté par sa maison de disque et les producteurs et qu’être noyé dans la masse d’artistes chez Def Jam ne lui convenait plus, il a donc pris son envol et ce disque s’en ressent, il ne cherche pas le hit radio, il veut faire SA musique, du coup, on a des choses très variées, de l’up-tempo avec “Occupied”, par exemple, qui reprend la mélodie de “Around the way girl” de LL Cool J ou “Dopeamine” aussi. De la ballade bien sûr, avec notamment le superbe “Black and blue” et “Momma knows” qui est proche du Gospel.
Que ce soit sur du rapide ou du plus lent, Elijah se régale et nous aussi, mais le morceau dont je tenais vraiment à vous parler, c’est le bonus, “Hanging tree”, où l’artiste s’engage profondément dans les problèmes de société actuels aux Etats Unis, le retour des “White supremacists” avec la présidence de Trump. Il dit qu’il ne veut pas des chaînes de ses ancêtres, qu’il ne veut pas être une autre victime et finir sur les arbres de pendaisons.
La chanson est le premier single d’un album produit pour et par l’association Sankofa, créée par Harry Bellafonte, en collaboration avec de nombreux artistes, musicaux, cinéma et autres, pour donner une voix à ceux qu’on oublie et en faveur d’une justice égale pour tous.
L’album en question, “Broken window” bénéficiera d’un casting exceptionnel, avec des artistes tels que Nas, Sting, John Legend, Black Thought ou encore Joss Stone, à suivre dans une prochaine chronique, évidemment.
En attendant, je vous laisse découvrir l’immense talent d’Elijah Blake à travers ces quelques morceaux de son dernier opus.
Laurent

1 an en musique : 1981



Nouvelle rubrique avec cette “année en musique” et donc un peu de nostalgie… Je vais essayer de vous faire une petite chronologie musicale, avec pour chaque année, douze chansons à l’honneur et comme il fallait bien choisir un point de départ, mon année de naissance, 1981, me semblait une bonne idée, prêt pour un retour dans le passé?


Hormis la naissance de “Yours truly”, 1981, c’était l’année Mitterrand et la perte de deux grands de la musique, le roi du Reggae, Bob Marley et le non moins inoubliable guitariste moustachu George Brassens, mais bon, on est pas vraiment la pour ça, je voulais juste vous remettre un peu dans le contexte.
Musicalement, le disco est “mort” selon la presse et on s’apprête à voir arriver le “New wave”, mais dans ma petite playlist perso, c’est la funk qui règne en maître avec en tête de liste “Never too much” de Luther Vandross, je vous en ai déjà parlé, mais c’était le single phare de son premier album et au jour d’aujourd’hui, je ne m’en lasse toujours pas. Au rayon Funk toujours, des incontournables avec Earth Wind and Fire ou Prince et son “Do me baby” langoureux…
Les lecteurs de mes “Samples rendez-vous” essaieront de retrouver quels morceaux ont réutilisé la boucle de Tom Tom Club sur “Genius of love” ou celle de Rick James sur “Super freak”, c’est facile, allez un petit effort…
Il n’y a évidemment pas que de la Funk, j’ai quelques mythes Pop/Rock en stock aussi avec Police et son “Every little thing she does is magic”, Phil Collins et sa batterie pour “In the air tonight” et surtout l’immense “Rapture” de Blondie, premier morceau de l’histoire contenant du rap à se classer numéro 1 aux Etats Unis, il a d’ailleurs été écrit par Grandmaster Flash et Fab five Freddy.
Je vous glisserais aussi un “inavouable” et pour 1981, c’est pas n’importe lequel, c’est Richie e Poveri et son “Sara perché ti amo”, allez, dites la vérité, vous aussi vous avez chanté ça au moins une fois : E vola vola si sa…”
Voilà, j’espère que l’idée vous plaît et que vous serez au rendez-vous pour les années à venir, alors ne soyez pas tristes et en attendant un prochain voyage dans le temps, retour en 2018…


Laurent

Les Soulections #3 : Angie Stone


Changeons un peu d’époque et revenons un peu à des artistes actuels avec une des divas de la Neo Soul, Miss Angie Stone. La diva de Colombia, souvent comparée à Chaka Khan, tant pour son physique que ses morceaux souvent sexy est l’une des pionnières de la Nu-Soul actuelle au même titre quErykah Badu ou celui qui fut son compagnon et père de son fils, D’angelo.

Dans un style proche de la “Philly Soul”, Stone a enchaîné les albums depuis la fin des années 1990 avec un succès constant, mais avant ça, elle avait fait plusieurs tentatives en groupe un peu moins fructueuses, de qualité, certes mais moins reconnues publiquement.

Elle a commencé comme beaucoup, par le Gospel, puis, comme elle est fan de basket, elle s’inscrit dans un programme de sport-études où, avec deux de ses amies, elles fondent un trio hip hop funk du nom de “The Sequence” et sortent deux tubes qui fonctionnent plutôt bien. Après deux albums, le groupe se sépare et Angie continue son petit bonhomme de chemin, notamment avec le groupe Mantronix et également en tant que choriste sur un des albums de Lenny Kravitz.

La suite, c’est le groupe Devox, qui lui offre pour la première fois, le lead vocal. C’est aussi à cette période qu’elle rencontre D’Angelo, pour qui, elle fait des choeurs (et un enfant), cette visibilité lui permet de sortir un premier album solo, “Black diamond”, qui explosera les charts et lancera sa carrière définitivement.

Son deuxième album, “The mahogany soul” la consacrera définitivement comme l’une des reines de ce mouvement et Stone va continuer à nous régaler les oreilles, elle compte à ce jour sept albums et une multitude de collaborations avec des artistes tels que Dave Hollister, Anthony Hamilton, Prince et j’en passe…

Il ne vous reste plus qu’a (re)découvrir l’univers de cette formidable artiste.

Laurent

Longue vie à la musique en 2017 !


L’année 2016 a refermé ses portes. L’occasion d’un petit bilan, à titre tout à fait personnel sur cette cuvée riches en joies et tristesses liées à des disparitions d’artistes majeurs de la pop music de ces 40 dernières années : Côté tristesse, c’est d’abord David Jones Bowie, en janvier qui nous tire sa révérence définitive le jour de son anniversaire, un pied de nez so british, dont on se serait bien passé cette fois-ci!

En avril, choc planétaire avec l’envol vers les paradis pourpres de Prince Rogers Nelson, génie retrouvé sans vie dans son Paisley Park, gigantesque complexe où le kid de Minneapolis créait sans cesses ses musiques, du funk au jazz! Après un été d’accalmie, la Grande Faucheuse a repris son sale boulot et nous a enlevé, en peu de temps, Léonard Cohen, chantre canadien de la chanson à texte, une voix grave unique, une allure dandy assumée, un être tourné vers l’autre (il fut moine, et se tourna vers le Bouddhisme), quelques jours après que Bob Dylan ait reçu son Nobel de Littérature. Et là tout récemment, successivement, Rick Parfitt, ancien guitariste du groupe britannique Status Quo, enfin le chanteur anglais George Michael, ont rejoints le Grand Paradise Orchestra. Sans oublier non plus le départ vers Les Grandes Prairies de : Sharon Jones, Billy Paul, Leon Russell, Bobby Vee (The Shadows), Hubert Mounier (Affaire Louis Trio), Papa Wemba, le « roi » de la rumba congolaise, Maurice White (Earth Wind and Fire), Glenn Frey (The Eagles), ou George Martin (producteur mythique des Beatles). Bref, l’année fut très rude pour le monde de la musique.

Côté bonheurs,  c’est au plan local, à la médiathèque, que je les ai trouvés : D’abord avec les kiosques « Blues en hommage à Robert Johnson », en mars dernier, à la sauce Nadoo, ou Michel Seban (revenu le samedi 10 décembre nous présenter son répertoire personnel, lors d’un kiosque en clôture de cette riche année), la venue en juin dernier d’un quatuor aux sonorités latines-jazz, les  présentations d’instruments par les professeurs du conservatoire Guy-Dinoird, l’expo BD-Musique, à travers l’œuvre de dessinateurs comme Mezzo ou Geneviève Marot, et j’en oublie sûrement..

Et je n’oublie pas non plus la belle édition n°12 du Festival des Aventuriers, qui a connu de belles affluences, et lors duquel j’ai découvert des artistes comme Demi Portion, Kacem Wapalek, La Fine Equipe notamment, avant le final tout en funk-soul déjantée du groupe Electro Deluxe, qui a surchauffée la salle Jacques Brel, après les mises en jambes assurées par Dani Terreur, trio musical issu du tremplin « jeunes aventuriers 2016 », et Guts Live Band, des rappeurs en mode reggae-funk-soul…

Alors qu’attendre de 2017 ? personnellement, au plan musical, d’être toujours autant surpris par de jeunes talents, de constater que mes idoles de jeunesse tiennent encore le haut du pavé, comme ce fut le cas en octobre à Bercy, avec les Insus?, je veux dire les Ex-Téléphone, de découvrir de nouveaux horizons musicaux, d’être encore et toujours enthousiasmé, étonnée, surpris, grâce à celles et ceux qui ont le bonheur de nous faire partager leur talent, leur passion : la Musique.

Enfin, bien sûr, que la médiathèque reste un lieu de musique vivante, ouverte à toutes et tous, et soit encore une fois, une fois de plus, toujours, le théâtre de jolis moments musicaux, culturels, enthousiasmants, fédérateurs, pour petits et grands!

Premier rendez-vous musical de l’année : Samedi 21 Janvier à 15H30, rencontre avec Virginie Tharaud, qui viendra présenter son livre « De chant et d’amour », paru aux Editions Jean-Claude Lattès.

Guillaume.

 

 

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