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Wynton Marsalis, du jazz à la musique classique.


 A 57 ans, dont plus de 40 ans de carrière, Wynton Marsalis musicien multicartes issu d’une famille nombreuse dédiée à la musique jazz ( j’y reviendrai dans un prochain article), est avant tout connu dans le monde entier pour ses talents de trompettiste hors pair, de compositeur et chef d’orchestre de jazz.

En France, il est devenu une véritable référence, une icône, depuis son premier passage au Festival de Jazz de Marciac, dont il est devenu le parrain en 1991. S’y investissant depuis chaque année, il revient et travaille avec les écoles de jazz du coin, en plus des programmes qu’il présente avec un bonheur toujours égal au public qui vient le voir. Il a pour cela gagné le droit d’avoir une statue à son effigie au centre d’une cour d’école de Marciac. Tout un symbole! Homme très occupé, Il est par ailleurs directeur général et artistique de la grande institution américaine de musique qu’est le Jazz at Lincoln Center de New-York.

Mais c’est du compositeur de  musique classique que j’ai décidé de vous parler. Car c’est un aspect méconnu de sa carrière, comme c’est le cas pour le performer vocal Bobby Mac Ferrin. Les musiciens de jazz ont très souvent été influencé par la musique classique (tout comme la musique classique s’est parfois inspiré du jazz, mais nous en reparlerons), pour ensuite s’en inspiré dans la composition de leur œuvre. Les plus marquants sont Duke Ellington, Thelonious Monk, Oscar Peterson, Keith Jarrett, Miles Davis, Nina Simone, ou encore Leonard Bernstein et Chick Corea. Wynton Marsalis donc s’inscrit dans cette lignée.

Dès l’âge de 14 ans, il joue le concerto pour trompette de Haydn, accomagné par le New Orleans symphony orchestra. A 18 ans, bien lancé, le talenteux jeune homme rejoint Art Blakey et ses Jazz Messengers, au seuil des années 80. Il joue ensuite avec Sarah Vaughan, Dizzie Gillespie, Sonny Rollins. De jolis parrains et partenaires de musique. Mais Wynton Marsalis ne contente pas seulement d’être un musicien talentueux capable de s’adapter avec bonheur à différents styles musicaux comme, hormis le classique donc, la country-blues (voir album « Two men with the blues » avec Willie Nelson), le blues encore, avec Eric Clapton, sur le superbe « Wynton Marsalis and Eric Clapton plays the Blues ».

Passionné par les compositeurs de musique classique que sont Johann Sébastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Joseph Haydn et quelques autres, il n’hésite alors pas à se lancer dans l’enregistrement d’œuvres classiques. L’alternance entre ses activités liées au jazz et à la musique classique est dès lors effective. En 1983, à 20 ans, il rentre en studio pour enregistrer les concertos pour trompette de Joseph Haydn, Johann Nepomuk Hummel, et Leopold Mozart. En 1997, signe ultime de la reconnaissance de son talent multiforme, Wynton Marsalis reçoit le prix Pullitzer de la musique pour son œuvre « Blood on the fields », un oratorio de jazz.

Si le musicien est très talentueux, Il accorde aussi une très grande importance à l’enseignement, la transmission, l’éducation de l’être humain par la musique. C’est pour cela qu’il mène de front plusieurs carrières, toutes liées à la musique, à l’Humain. : S’il a dirigé le Jazz Lincoln Center de New-York, il est également directeur en charge du Département Jazz de la Juillard School de New-York. Partout où il rend, Marsalis se fait passeur de savoir, transmetteur de mémoire, d’une histoire commune, celle de la musique, comme lien unique et universel entre les hommes. Un pèlerin qui ne baisse jamais les bras.

En tant que compositeur et / ou un interprète du répertoire classique, il a  établi un spectre très large, jugez plutôt : le fameux « Three Favorite concertos », avec le violoncelliste Yo-Yo Ma notamment, en 1984 ; le registre baroque et des compositeurs tels Henry Purcell, Georges Telemann, Johann Pachelbel, abordés lors d’enregistrements en 1984 et 1988 ou plus près de nous, en 2016 « The Abyssinian Mass » de Wolfgang Amadeus Mozart, enregistré avec la chorale Le Château. La musique de chambre et la musique symphonique ne sont pas en reste avec respectivement « Ghost Storry, ballet » qui date de 1998, ou « the Fiddler and dancin’ witch », pour orchestre à cordes, en 1999. Côté symphonique, il s’offre l’écriture d’une trilogie : « All rise, symphonie n01 », pour orchestre de jazz et chœur et orchestre symphonique ; « Blue Symphony, n°2 » et « Swing symphony, n°3 ».

Vous le constatez, Wynton Marsalis tisse avec patience et persévérance, une œuvre musicale immense, riche, variée, au sein de laquelle il se promène et donne à ses interlocuteurs comme à ses auditeurs un plaisir sans cesse renouvelé de le côtoyer comme de le voir évoluer, diriger ou juste se fondre dans un collectif pour mieux servir une musique.

Wynton Marsalis est pour moi l’un des grands noms du jazz des 40 dernières années et son œuvre n’est pas terminée… loin de là!

Guillaume.

 

 

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Mike Porcaro, bassiste élégant.


MPorcaroLive_image15 Mars 2015. Mike Porcaro, bassiste historique du groupe de rock américain Toto, s’en est allé, la faute à une maladie rare.

La première fois que j’ai eu l’occasion de rencontrer ce musicien aussi discret qu’essentiel au sein de Toto, c’était à Paris, en 1998, dans les salons de l’Hotel Hyatt, ou Mike Porcaro venait faire la promo de l’album « XX » célébrant les 20 ans de carrière du groupe. Affable, souriant, courtois, j’avais eu le privilège de converser durant 45 minutes avec lui, évoquant son rôle de bassiste, le groupe Toto, la vie en tournée, mais aussi sa vision du monde, à l’époque. Une rencontre qui me fit découvrir la personnalité  attachante de Mike Porcaro. La seconde fois, quelques années plus tard, toujours à Paris,  entouré des autres membres de Toto Steve Lukather et David Paich, il était venu rencontrer la presse, la veille d’un passage à Paris. Deux moments rares et privilégiés.

Mais avant ces deux rencontres, j’avais bien sûr découvert le musicien au sein du groupe Toto, dans les années 80. J’ai tout de suite aimé ce son pop-rock et les compositions superbes telles que « Africa », « Rosanna », « 99 », « Pamela », « Stop loving you » ou encore « Hold the Line » qui rendirent le groupe célèbre.

Mike Porcaro, outre son rôle au sein de Toto, était aussi producteur de musique et se retrouvait parfois à travailler avec des pointures comme Carlos Santana sur l’album « Surnatural » de ce dernier, en 2011. Il y jouait sur le titre « Primavera ».

Il a cessé de tourner en 2010 lorsque la maladie à pris le dessus. En 2012, les musiciens de Toto organisèrent alors une tournée européenne en son honneur, avec le concours de Nathan East à la basse.

Précurseur de l’utilisation de la basse à 5 cordes, devenu une référence pour les bassistes, il laisse l’image d’un musicien discret, efficace, au rôle très important au sein de Toto.

Guillaume.

Robert Mutt Lange, façonneur de son(s).


Robert Mutt Lange
Robert John « Mutt » Lange, né au Zambie il y a 67 ans, est un musicien (basse, guitare) qui très vite est devenu producteur de musique orienté vers la Pop music, la Country, le Hard-rock.

Comme ses confrères George Martin (producteur des Beatles), Dieter Dierks (Scorpions, Accept), Martin Birch (Deep Purple, Rainbow, Whitesnake, Iron Maiden…) ou Mike Varney (spécialiste dans les années 80 des albums de guitaristes virtuoses, tels Vinnie Moore), Robert John Mutt Lange est un producteur renommé, recherché, car il a pour particularité d’aimer le gros son, avec notamment des rythmiques très carrées, et un son de batterie énorme.

Ainsi les australiens d’ACDC sur les albums « Highway to hell » (79), Back in Black » (80)et For thouse about to rock »(81),  les anglais de Def Leppard (« High’n’dry »(81), « Pyromania » (83), « Adrenalize » (92) ), le canadien Bryan Adams en 1991 sur « Waking Up the Neighbours », sans oublier la chanteuse de country music Shania Twain, le groupe Foreigner (album IV), la chanteuse pop Lady Gaga (« Born this way » en 2011), et tout récemment les anglais de Muse pour leur dernier album « Drones », ont tous bénéficié des conseils, de l’oreille, du talent de ce producteur atypique, véritable caméléon, qui a façonné le son de chacun des groupes ou artistes qu’il a produit.

Si vous écoutez les albums précités, vous aurez une idée de son travail, de sa « patte » sonore si recherchée.

Guillaume.

 

 

 

 

 

 

Quincy Jones, producteur de légende(s)…


QuincyJones_imageNé en 1933 à Chicago, alors sous la loi de Al Capone, Quincy Jones a démarré comme trompettiste et arrangeur auprès de Lionel Hampton (avant d’être celui de Tommy Dorsey, Sarah Vaughan, Count Basie, Ray Charles, Dinah Washington).

En 1956, il rejoint  le big band de Dizzy Gillespie, pour une tournée au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.

En 1957, il s’installe à Paris, étudie auprès de Nadia Boulanger, avant de rencontrer Eddy Barclay,  fan de jazz américain, fondateur-directeur du label Barclay. Reparti aux Etats-Unis, il intègrera le label Mercury,  travaillera avec Frank Sinatra, Barbara Streisand ou Tony Bennett.

Tout au long de déjà riche et longue carrière, il a côtoyé, produit, arrangé les musiques et chansons des grands noms de la musique du 20ème siècle.

Homme curieux, il sait dénicher les nouveaux talents. Ainsi en 1974, lors du tournage de « Wiz », il croise le jeune Michael Jackson, avec qui il enregistrera 3 albums entre 1977 et 1987 : « Off the Wall »,  « Thriller » et son tube mondial « Beat it », enfin « Bad ».

Plus récemment, de jeunes artistes ont eu droit aux conseils et bénéficié de la collaboration artistique du Maestro : les chanteuses de jazz Nikki Yanofsky, Andréa Motis (par ailleurs trompettiste comme Mister Jones), la française Zaz (pour qui il a écrit 3 morceaux sur l’album consacré à Paris, à paraître en novembre prochain).

Le monde du cinéma (comme de la télé, où il produira de nombreux show musicaux ou non), fera aussi appel à ses talents de compositeur-arrangeur : de Sidney Lumet « Prêteur sur Gages » (1964) à Lee Daniels pour « Le Majordome » (2013) sans oublier Norman Jewison « In the Heat of the Night » (1967), ni « La couleur Pourpre » de Steven Spielberg (1985), nombreux sont ceux qui ont bénéficié des talents de Quincy Jones.

Véritable légende vivante de la musique du 20ème siècle, témoin privilégié de l’évolution musicale, il reste une référence absolue, incontournable, un producteur très demandé.

Guillaume.