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This is PiL


C’était sans doute l’un des évènements de l’ année 2012. Le nouvel album de Public Image Ltd est formidable même si le groupe ne pourra plus surprendre ses fans. Néanmoins aucune place pour la routine : le disque étant entièrement autoproduit (et s’il faut faire de la promo pour du beurre pour cela, le roi du punk est prêt à s’y coller), John Lydon et ses compères ont pu se faire plaisir. Un disque sincère qui part dans tous les sens, du punk à l’électro, à quoi l’on ajoutera du dub, des influences folk (le guitariste Lu Edmonds n’hésite pas à s’emparer de ses saz et bandjo) et du ska bizarroïde…

Pas de place pour la nostalgie ici. Et si Lydon se remémore sa jeunesse de sous-prole dans l’East End londonien (« One drop »), c’est pour mieux proclamer « We’re are the ageless, we are teenagers ». Et de sa voix universellement reconnaissable, toujours empreinte de colère, d’ironie mais aussi d’un chaleureux humanisme, notre muezzin impie et hirsute s’insurge encore et encore contre une « Angleterre qui se meurt » étranglée par le système de classes et l’hypocrisie des élites politiques (« Human »).

Ce disque laisse aussi place à  des chansons qui sortent d’on ne sait où. Méditation introspective dans « The room I am in » ? Folie délirante et maniaque dans l’hallucinant « Lollipop Opera » ! Pour conclure sur le fantastique « Out of the Woods ». Alors que toute une génération de jeunes groupes « indie » s’ingénient à singer les classiques du post-punk, voilà une bonne leçon d’originalité et de fraîcheur donnée par les vétérans. Bien ouéj’ Johnny !

Blogomil.

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Et de UN…


Uno est le premier volet d’une trilogie que le groupe Green Day nous concocte depuis quelques temps, il est sorti le 24 septembre, le deuxième est sorti le 12 novembre et le dernier le 14 janvier prochain.

Curieuse de découvrir ce premier chapitre, je me lance et là je retrouve la fougue, l’énergie de ce groupe et de son leader Billy Joe Armstrong, chouette ! Musicalement j’aime bien Green Day, là où j’ai du mal, c’est dans leurs textes, ils n’ont pas beaucoup évolués sauf que le chanteur a 40 ans à présent alors les dénonciations et troubles d’adolescents, ça me laisse un peu dubitative. Mais bon la musique, elle, est toujours aussi efficace. On y retrouve la musicalité punk de leurs débuts, des guitares rugissantes, des riffs pour s’amuser,  ça, ça me plaît !

Bref cet album se laisse écouter avec plaisir. J’attends d’écouter Dos et Tré, car le groupe Clash nous avait un peu déçus avec Sandinista (3 albums aussi), le tout étant un peu trop répétitif.

Bon et qu’on se le dise Billy is not f***ing Justin Bieber  !

Michèle

Le Choc de ces années là


Avant la fin de cette année 2012, un film documentaire va arriver en France The Rise and Fall of the Clash de Danny Garcia, qui retrace l’ascension spectaculaire en 1976 de ce groupe ainsi que sa descente aux enfers en 1985. En attendant l’arrivée de ce petit bijou, ça m’a donné l’envie de réécouter les albums de ce groupe anglais de Punk Rock qui nous a tous marqués.

Depuis 1985 nous avions attendu  un retour, une reformation ne serait-ce que pour un album, hélas la mort de son leader Joe Strummer en décembre 2002 aura coupé court à toute illusion.

A réécouter : leur premier album The Clash (1979) ; le double album London Calling (1979), qui mêle une variété de styles allant du rockabilly au R&B en passant par le hard rock et le reggae ; Cut the Crap (1984), qui fut détesté par la critique, le groupe se sépare peu de temps après ; et enfin pour retrouver le son et l’énergie des Clash en concert, leur rage qui les caractérisait le Live at Shea Stadium music enregistré en 1982 (édité en 2008).

Allez voici un morceau qui n’est pas le plus original ni le plus engagé mais certainement le plus célèbre, en fait leur plus gros succès commercial  :  Shoul I stay or shoul I go.

Michèle

 

Légendes bretonnes


Les Mass Murderers sont de retour ! Elevés depuis leur tendre enfance au cidre dès l’aube (Cider breakfast), ces Korrigans venus du Goueloù-Pentevr ont débarqué jeudi 7 juin au squat La Miroiterie à Ménilmuche pour nous abreuver de larsens et de riffs rageurs. Après avoir élu pour grotte le fameux squat du Wagon sur les bords du Gouët dans la seconde moitié des années 90, ils répandirent avec le label Mass Prod le chaos dans toute la Bretagne (15 ans de festivals et compilations Breizh Disorder) avant de s’attaquer à l’Europe. Préférant la compagnie des chiens à celle de flicaille et de la prêteraille (The finger of law in your assholes, D.R.I.P), le plus grand groupe punk hardcore breton n’eut de cesse d’éructer contre les injustices sociales (Haine système, ou l’hymnique fight) avant de se séparer en 2000 après quelque 300 concerts.

Jusqu’à cet automne 2011 où nos légendaires lutins eurent l’excellente idée de nous convier de nouveau à faire des ronds de sorcière à coups de pogos effrénés ! Et en attendant une probable nouvelle galette l’an prochain, si vous les croisez une de ces nuits et qu’ils vous invitent à les rejoindre dans leurs danses endiablées, n’hésitez pas à reprendre en choeur l’intégrale de leurs chants et airs!

Blogomil.

« L’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock »


C’est par ces mots que le critique musical George Berger présentait le collectif Crass (dont il a déjà été question ici) dans un article paru dans le magazine Sounds. Bien que l’influence de ce groupe dépasse largement la sphère du rock, il a joué un  rôle important à la fois sur le plan esthétique et éthique du mouvement punk et au-delà. Leur maison de disques Crass Records a lancé toute une multitude de groupes allant du punk à l’expérimental : Conflict, Flux Of Pink Indians (dont le bassiste créera One Little Indian qui éditera les premiers albums de Bjork), Kukl (second groupe de Bjork), Zounds (le dernier album est disponible sur le médiabus) et même le tout premier enregistrement de Napalm Death (groupe fondateur du grindcore, dérivé du crust-punk.) Lire la suite

Le punk était mort, ils l’ont ressuscité


  Collectif d’agit-prop anarchiste, féministe, pacifiste et écologiste, Crass sortait, il y a 30 ans, cet album en pleine « révolution conservatrice » et guerre des Malouines. Leurs cibles : Thatcher en première ligne et en général, tout pouvoir constitué, tout conformisme. C’est, pour ma pomme, un disque essentiel de Crass mais aussi de la musique populaire. Lire la suite