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Tout sauf une demi-portion…


Plutôt un poids lourd du rap selon mes critères, Rachid Daif alias Demi portion revient avec son quatrième album  «2 chez moi », tout juste deux ans après le succès critique de « Dragon rash » et un agenda de tournée dans l’hexagone et ses alentours, les attentes étaient élevées, mais le contrat est rempli et haut la main !

Les dix-huit titres s’ouvrent avec « Souvenirs » qui commence avec un dialogue de « The wire », à croire qu’il voulait me convaincre dès les premières secondes de l’écoute ! Cette intro donne bien le ton à l’album, une œuvre intimiste comme souvent avec l’artiste, entièrement produit de chez lui (d’où le titre de l’album), qui nous plonge dans l’univers de Demi P sans retenue.

Tout au long de cet opus, on retrouve l’artiste positif, toujours reconnaissant de ceux qui l’ont fait grandir dans son art, pour rappel, plus jeune, Demi portion participait aux ateliers d’écritures d’Adil el kabir auxquels étaient souvent invités des rappeurs proches d’Adil, notamment Fabe et la Scred connexion, Rocca où encore La rumeur. C’est peu dire que Rachid a été à bonne école et il le revendique et le dédicace régulièrement, ce qui est rare chez les mc’s d’aujourd’hui.

Difficile de parler de coups de coeur, car il n’y a pas vraiment de trous d’air dans l’album, mais si je dois en mettre quelques uns en avant, “Mon dico IV” avec son sample de Dexter, “Demi Pablo” qui vaut bien le morceau de Joey Bada$$ sur le même sample du générique de Narcos, “Planète Rash” et tous ces invités est aussi génial! “Pardonner” et “Magnifique” respectivement en featuring avec Kery James et Oxmo sont des tueries et “Danse avec les loups” et toutes ces références cinématographiques (énorme performance lyricale!!!), je m’arrête la sinon, je vais citer tout le skeud et ça n’aura plus de sens (rires).

Pour revenir à “2 chez moi”, selon moi, c’est une pépite qui ne tournera probablement pas suffisamment sur les pseudos radios hip hop d’aujourd’hui.Quand je l’écoute, je suis comme Demi P sur son nuage magique (voir la couv’ de l’album) je plane!!! C’est le hip hop que j’aime, celui qui a des choses à dire, des instrus vraiment travaillées, pas d’auto-tune, bref, le kiffe! Autant dire que chez Rachid, je me sens chez moi aussi.

Laurent

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Essai transformé pour Gaël Faye.


Comme il était attendu ce second opus de Gaël Faye… Après son premier “Pili pili sur un croissant au beurre” de haut niveau et surtout ses prix littéraire pour “Petit pays”, nombre de ses auditeurs étaient curieux de savoir ce qu’allait nous pondre le mc Franco-Burundais, moi le premier.

Ce n’est pas véritablement un album que nous propose Gaël, mais un EP, puisqu’il n’est composé que de cinq titres, encore plus risqué donc puisqu’avec si peu de morceaux proposés, le droit à l’erreur n’est pas permis et là encore, le pari est réussi, vous allez pouvoir écouter ce disque en boucle sans problème.

Drôle de titre que “Rythmes et botanique” me direz-vous, surtout pour un disque rap, mais l’artiste n’est pas coutumier de faire comme les autres alors pourquoi pas…C’est le mélange entre la MPC et le piano, les deux éléments sonores de l’album avec d’un côté DJ Blanka et Guillaume Poncelet pour le piano, mais selon Gaël Faye, l’idée du titre lui est véritablement venu au jardin botanique de Lisbonne, devant un ficus elastica, dont les racines lui firent penser aux câbles que l’on peut retrouver par terre sur une scène musicale et l’envie lui est venu d’envoyer un freestyle végétal, j’adore le concept!!!

Musicalement, c’est très léché et assez proche de l’univers de “Pili Pili” sans thème défini, l’artiste est parfois révolté, comme dans “Irruption” parfois pensif, comme avec Saul Williams (seul invité de l’album) sur “Solstice”, Gaël jongle d’un style à l’autre avec brio.

Pour conclure, je dirais que ce disque n’est, j’espère, qu’un prémice à un disque encore plus fourni, car je suis absolument conquis par Gaël Faye, un artiste aux multiples facettes.

Laurent

Nos samples rendez-vous #13


george-bensonVoilà un morceau qui porte bien son nom, car comme son auteur, il fait partie du passé du rap Français. Fabe, artiste engagé et important du rap des années 90/2000 a malheureusement quitté la scène il y a plusieurs années maintenant et c’est bien dommage. Pour ceux de ma génération, qui connaissent un peu son œuvre, il est reconnu comme l’un des plus habiles paroliers de sa génération, ses rimes ont bercé mes années collège et lycée (tu sais très bien que je parle de oit Riya) et c’est avec ce morceau que je l’avais découvert.

Issu de son premier album « Befa surprend ses frères », le single utilise un sample de George Benson sur le morceau « This masquerade », tiré de l’album « Breezin » en 1976. Le génial guitariste de Pittsburgh a été samplé un millier de fois, mais ce tout petit riff de guitare et cette voix si envoûtante est d’autant plus importante car elle a véritablement lancé sa carrière et lui a permis d’être récompensé d’un grammy.

Laurent

Septième round pour Mouhammad Alix !!!


kery-jamesAvec la sortie de Mouhammad Alix, on pourrait dire que c’est le retour du rap Français, comme Kery James le disait dans l’un de ses anciens morceaux. Album coup de poing tant par ses textes engagés, que par sa qualité musicale, ce septième opus est pour moi, le meilleur depuis longtemps dans la discographie du MC d’Orly.

On a vraiment l’impression que le rappeur assume complètement la dualité de son personnage : Alix l’homme de paix et Kery le combattant. Tour à tour, il enfile le costume de l’un ou l’autre selon le thème du morceau. Au fil de l’album, on réalise que l’un ne va pas sans l’autre et que c’est pleinement assumé.

Les morceaux coups de poing (ceux de Kery donc),sont des constats politiques et sociaux tels que « Racailles », « Musique nègre » ou encore « Douleur ébène » frappant fort dans ce paysage du rap Français, qui comme je l’ai déjà dit, à pour moi, trop souvent perdu sa vocation à faire passer des messages.

Ceux, introspectifs, sont tout aussi puissants, avec des rythmes souvent plus lents où Alix Mathurin se confie à son auditeur et parfois à ses proches, comme sur « Pense à moi » ou « J’suis pas un héros ». Mes gros coups de cœur de l’album en dehors des singles sont « Jamais » avec la voix de Monsieur Nov sur le refrain et  « Prends le temps » avec Faada Freddy que Guillaume avait chroniqué lors de sa venue à Fontenay Sous Bois.

Kery sera d’ailleurs présent ce jeudi 19 Janvier à la salle Jacques Brel de Fontenay sous bois en tant que parrain des Voeux à la jeunesse avec Nora Hamadi et en seconde partie de soirée, un showcase de Keblack.

En conclusion et comme le disait son idole Mohamed Ali, ce septième album vole comme un papillon et pique comme une abeille !

Is everything good JP ?


150312011030647033Après une bonne décennie à apparaître par-ci, par-là, tantôt rappeur, tantôt producteur, voire ingénieur du son, JP Manova a enfin franchi le cap et nous offre son premier opus : 19h07. Soyons honnêtes, tout de suite : la seule déception, c’est qu’il ait attendu si longtemps avant de le proposer.

Seulement 11 titres sur l’album, mais pas d’impair, on voyage parfaitement dans l’univers diversifié de JP. De la soul à l’électro, le MC, avec son flow unique et sa voix qui fait un peu penser à Ekoué,  est vraiment un ovni dans le paysage musical actuel. Manova me fait parfois penser à MC Solaar, tant son verbe est riche et ses références nombreuses, il est d’ailleurs adoubé par Claude MC lui-même.

Même si tout l’album s’écoute sans accroc, j’ai quand même quelques coups de cœurs, Is everything right ? et ses 3 minutes de rimes en « A », le morceau sur Thomas Sankara aussi est fort avec ses extraits des discours du Burkinabé. Mon préféré est « Skinheads aux cheveux longs » qui aurait pu être un morceau de La Rumeur, tant le texte est profond est l’instru dépouillée.

Enfin, « Tous les 25 ans » qui résume plus ou moins ce que je pense de ces nouveaux artistes « pseudos rebelles de studios » rap ou rock, même combat.

En conclusion, « 19h07 » est une réussite, il a été long à arriver, mais ça valait la peine. Reste plus qu’à espérer qu’un 2ème album ne prendrait pas 10 ans de plus…

Laurent

Nos samples rendez-vous #5


200x200-000000-80-0-0Aujourd’hui, deux morceaux forts en texte, chacun portant son message à une époque différente, mais malgré tout intemporel. Rocca reprend le sample de Michel Berger en 1997, pour son album « Entre deux mondes ».

Ce sont 2 textes positifs et pleins d’espoirs pour des générations différentes, c’est d’autant plus remarquable pour le morceau de Rocca, tant c’est rare pour le rap Français et pire encore de nos jours. Le rappeur Franco-Colombien ralentit le sample mais transpose les idées de Berger parfaitement pour les jeunes de quartiers.

« Chanter pour ceux », issu de l’album « Différences » en 1985 est plus sombre, elle raconte l’histoire des oubliés, laissés pour compte parfaitement illustré dans le clip, même si les images sont datées, malheureusement, elles restent d’actualités. C’est le refrain qui contraste et offre un peu d’espoir à ces personnes.

Laurent

En virée dans Paris « Intra-muros »


Kohndo

Voilà du rap français qui me plaît et qui se démarque de ce qui se fait en ce moment !

Alors, oui, Kohndo reste sur la ligne qu’il a suivie durant toute sa carrière, mais c’est pour ça que ceux qui l’aiment, l’aiment et que les critiques sur son rap seront toujours les mêmes : trop sage, pas assez original …

Ce nouveau disque de KOH me renvoie à tout ce qui me fait aimer le hip hop hexagonal, des textes censés, intelligents, avec des choses à dire, de belles instrus, du scratch, bref du HIP HOP quoi !!! Pendant 48 minutes, l’ex-membre de La Cliqua nous balade dans son taxi avec des invités prestigieux tels qu’Oxmo et Nekfeu, bercé par des sonorités plutôt Jazzy, funky, notamment sur « Le facteur » qui reprend un sample de Gil Scott Heron « Angel Dust », un de mes gros kiffe de l’album !

Des morceaux comme « Demain, le jour » ou « Comme des particules » par exemple sont des morceaux pleins d’espoir. Il y a aussi quelques morceaux plus sombres comme « Un gun sur la tempe » ou « 9m² ».

Le rap est avant tout une musique à message comme l’a été le Blues ou le Punk avant lui et il reste des artistes comme Kohndo qui ont gardé, heureusement,  cet état d’esprit et c’est aussi ce que j’apprécie avec ce disque qui, du coup, prouve encore une fois que le Hip hop n’est pas que ce qu’on veut bien nous faire écouter sur Skyrock, Générations ou autres Ados FM, des « pseudos gangsters de studio » avec des lyrics à me faire perdre les cheveux !

Laurent

C’est le retour du babtou !!!


Sur_le_fil_du_rasoirComment être toujours crédible pour un rappeur à 50 ans ? C’est le challenge que Kool Shen, éternel moitié de Joeystarr (d’ailleurs les 2 compères vont remonter sur scène ensemble à l’Olympia prochainement) avec NTM, se devait de relever avec ce nouvel album « Sur le fil du rasoir ».

Si aux Etats-Unis, les « papys » du rap restent assez facilement sur le devant de la scène comme le prouvent les Jay-Z, Nas et autres Dr. Dre, en ayant adapté leur écriture à leur génération, en France, c’est un exercice plus rare et qui semble plus difficile à maîtriser. Seuls Iam et Kery James ont plus ou moins bien réussi  le pari, les autres, les Solaar, Oxmo Puccino ont changé de genre musical, ou sont  retournés sur les scènes underground (Scred connexion, Les sages poètes de la rue, X-men…) voire disparus de la scène hip hop.

Quant à Kool Shen, il revient avec ce nouvel opus et honnêtement, c’est une belle surprise, je dois avouer que j’étais assez sceptique au départ, car le MC de la Seine-St Denis avait cédé aux sirènes du « commercial » et avait servi pas mal de morceaux d’une qualité bien moindre que ses standards habituels. Ici, retour aux sources et on le sent dès le début de l’album avec notamment « Faudra t’habituer » en featuring avec l’excellent Jeff le nerf, un morceau sombre digne des plus belles heures de Kool Shen avec NTM, idem pour le track avec Lino (qui vient lui-même de livrer un excellent « Requiem » en 2015), ce sont les 2 morceaux les plus durs de l’album, mais aussi mes 2 préférés.

Kool shen, habitué du milieu, sait qu’il doit glisser quelques tracks plus gentillets pour passer en radio et à la télé et il fait ça habilement avec Soprano sur « Sais-tu danser ? » le morceau club de l’album. On a du refrain chanté aussi avec Sonia Nesrine et Lyricson. Bref l’album est complet, mais clairement, c’est l’angle de l’écriture adulte et revendicatrice (Ma rime, La France est internationale) que le rappeur a choisi.

Pari réussi pour Kool shen !!!

Laurent

 

Au bout y’a la lumière


pochette_CSenC. Sen a sorti son 2ème album solo  Le Tunnel en janvier, C. Sen c’est un membre du collectif 75018 Beatstreet, et C. Sen c’est du rap parisien, du rap titi « gouailleux » et populaire.

Simple, sans trop de featuring, C. Sen nous offre un rap lourd, dur mais ce qui le différencie c’est son écriture grave, authentique, des jeux de mots, de l’humour, de l’autodérision, tout cela de façon très soignée, très travaillée.

Son rap c’est le quotidien, la ville, ses colères, ses passions. Musicalement l’album est varié, avec des influences diverses, parfois très audacieuses comme dans Aldo Vegas où règne une ambiance punk rock.

Un disque très personnel,  de qualité, original, qui change de toutes ces rapattitudes outrancières et commerciales du moment.

Michèle

Artiste Roi


Notre talentueux chanteur malien français, nous bouscule dans nos vilaines habitudes de classer un artiste. Si tu fais du rap, tu n’aurais pas le droit de t’inspirer d’autres genres, que nenni !

Ce nouvel album de Oxmo Puccino  Le roi sans carrosse se situe entre le rap, la poésie, la chanson française voire urbaine voire parisienne voire…

Comme je l’ai lu quelque part : « le rap peut dépasser les limites qu’on lui fixe parfois ». Oxmo Puccino les dépasse depuis longtemps et n’a plus rien à prouver, ses phrases sont toujours aussi accrocheuses, ses textes toujours aussi réfléchis, sensibles, profonds, et gagnent en maturité. Il nous a concocté là une vraie pépite.

Allez même ceux qui sont complètement hermétiques au rap, sauront apprécier la plume magnifique de Oxmo.

Mes morceaux préférés : Le vide en soi, Le mal que je n’ai pas fait et Parfois.

Michèle

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