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Profeys, dans la joie et la bonne humeur…



Comme je l’avais fait l’an dernier pour Bibo, je vais vous parler d’un artiste que vous ne trouverez pas dans les bacs de la médiathèque, mais que vous pourrez retrouver sur à peu près toutes les bonnes plateformes de streaming musical.
Il s’agit ici de Profeys, originaire de Dammarie Les Lys en Seine et marne, ce jeune homme d’une trentaine d’année nous propose un hip hop jazzy, qui à mon goût, manque un peu trop dans le paysage musical hexagonal, un peu dans le même style que le Toulousain cité plus haut, on retrouve cette musicalité qui mélange mes deux genres de prédilection, le rap et la soul.

Profeys, c’est une de ces découvertes par la magie de l’internet mondial (Scully si tu m’entends…), c’est aussi ça le bon côté des réseaux sociaux, des plateformes de streaming, on peut y découvrir des artistes talentueux, qui n’ont pas eu (encore) l’exposition qu’ils méritent. Profeys, c’est un rappeur à la cool, afro en l’air, la banane en permanence, un flow qui s’adapte à tout type de tempo, bref, le gars ne se prends pas la tête, il s’adapte…
Son univers musical est un peu semblable au mien, on sent l’influence du hip hop 90’s des Roots, des Fugees ou encore des groupes comme The Pharcyde et si je devais citer des exemples Français, je me tournerais vers Hocus Pocus, voilà pour vous situer un peu la gamme de Profeys.
Avec déjà 3 disques à son actif, en l’occurrence “Ville délavée”, “Moleskine” et le dernier en date “Strawberry hills”, Profeys nous propose un répertoire varié avec des morceaux up-tempo, festif comme “Friday night” qui reprend le beat de Biggie et son Juicy légendaire, mais aussi des tracks plus introspectifs comme “Inspiration” ou “Pauvre con” où l’artiste se permet des vocalises bien senties, j’aime aussi beaucoup les titres laid back comme “Flemme à la folie” ou “Sanctuaire” avec une atmosphère west coast et des lignes de basses bien funky, c’est vraiment un bon délire.
Pour finir, je vous donne mon gros gros coup de coeur sur “Strawberry Hills” avec “Portail vert”, ce sample très soul et le texte très mélancolique sur le passé de Profeys nous transporte derrière les portes de ce portail.
Alors voilà, j’espère avoir rendu hommage à ce jeune talent, qui, j’espère saura trouver sa place dans l’univers musical hexagonal, en attendant, à vos mp3 et retrouvez Profeys ici, Ichiooooouuuu!!!

Laurent

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Le rap, un art masculin? Détrompez-vous…


Trop souvent vu comme une musique hyper macho, réservé à la gente masculine, le rap est en réalité un art où les femmes ont une place historique et n’ont jamais été que des accessoires sexys pour les clips, elles ont du talent à revendre et des choses à dires et je vais vous en faire la démonstration aujourd’hui, j’ai pris le parti de diviser les artistes dont je vais vous parler en plusieurs catégories en commençant par celles qui ont ouvert les portes.

 

LES PIONNIÈRES:

A la fin des années 80, le rap est déjà bien installé comme la musique urbaine qui monte et il est vrai qu’à cette époque, le milieu est principalement masculin jusqu’à l’arrivée d’une certaine Roxanne Shanté, qui, selon mes connaissances est la première rappeuse a enregistré un morceau avec son “Roxanne’s revenge” en réponse à “Roxanne Roxanne” du groupe UFTO, voilà la guerre des Roxanne lancée et les débuts du rap au féminin. Les deux autres grandes figures de la genèse des filles dans le rap et ces deux-là ont probablement encore plus marquées l’histoire que Shanté, je parle évidemment de Queen Latifah et MC Lyte, les vrais fers de lance du mouvement ce sont elles. Queen Latifah propose un rap engagé, politique, sorte de pendant femme d’un Rakim, son “U.N.I.T.Y” résonne encore aujourd’hui comme un hymne à la paix. Quant à MC Lyte, c’est le talent à l’état pur, un flow génial, des rimes super affûtées, capable de proposer des morceaux engagés, comme des chansons pour faire la fête, la belle de Brooklyn sait tout faire. Il y eut bien sûr d’autres artistes marquantes à l’époque comme Yo-Yo, Salt’n Pepa ou Angie Martinez, la fameuse animatrice/rappeuse de la radio Hot 97 et vous les retrouverez dans la playlist.

 

LES FRENCHIES:

Avant de continuer sur les rappeuses US, je vous propose de traverser l’atlantique et de re/découvrir les talents hexagonaux, parce que mine de rien,on est gâtés aussi, en France. Vous connaissez probablement tous Diam’s, pas besoin d’en rajouter à mon avis, mais je vous conseille vraiment de fouiller un peu sur ce qu’elle faisait avant d’être célèbre, notamment avec Mafia Trece, “la boulette” envoyait du lourd. Je préfère me concentrer sur Casey, qui pour moi, textuellement est l’une des artistes les plus intéressantes, hommes/femmes confondus, son flow ne plaira pas à tout le monde, c’est sûr, moi j’adore, mais au niveau de l’écriture, peu de mc’s sont au niveau, son “Chez moi” où elle parle de “sa” Martinique est tout simplement génial. Dans le même genre, mais de l’autre côté de la carte, il y a Keny Arkana, cette jeune Marseillaise n’a que deux disques studios, mais de nombreuses mixtapes et des collaborations à gogo. Mais avant tout ça, nous aussi on avait des pionnières et si les noms de Lady Laistee, Sté Strausz ou Princess Aniès ne vous disent rien, s’il vous plaît, écoutez la playlist, parce que ces 3 nanas ont ouvert les portes pour les femmes dans le rap Français.

 

LES RAPPEUSES A TEXTE:

Retour aux US avec cette autre catégorie, celles qui ont message à faire passer et elles sont nombreuses dans ce cas. En réalité, c’est en écoutant une rappeuse actuelle que j’ai eu envie de faire cette chronique, l’artiste en question, c’est Rapsody, la nouvelle signature de Roc Nation (le label de Jay-Z) est tout simplement ma rappeuse préférée actuellement, techniquement, textuellement, je ne vois vraiment pas qui peut rivaliser avec cette nana. Ce n’est évidemment pas la seule, j’aimais énormément l’égérie féminine des Ruff Ryders, Eve, cette blonde avec ces pattes de chiens tatouées sur la poitrine avait un style unique et des morceaux mythiques. Sans doute moins connue mais tout aussi talentueuse, son équivalent dans le Flipmode Squad, la bande à Busta Rhymes, la géniale Rah Digga, au début des années 2000, elle régnait sur le rap underground, selon moi. D’autres telles que Jean Grae, l’acolyte de Talib Kweli ou Bahamadia sont à découvrir dans la playlist.

 

LES “SEXYS”:

L’autre catégorie et je mentirais si je disais qu’elle n’existe pas, je dirais même qu’elles sont sans doute les plus connues, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elles ne regorgent pas de talent, ce sont les mc’s sexys, évidemment, c’est aussi l’un des thèmes récurrents du rap, chez les hommes, comme chez les femmes. Récemment, le phénomène Cardi B qui a enflammé le web avec son “Bodak Yellow” ou Nicki Minaj avant elle, voire Iggy Azalea, même si carrière est un peu partie en flamme depuis, elles sont les fers de lance de cette génération est vous en avez sans doute déjà entendu parler, alors je vais revenir en arrière et plutôt faire la lumière sur les anciennes, qui étaient, à mon avis bien meilleures. Je parle de la sulfureuse Lil’Kim, le visage féminin de la grande époque Bad Boy, celle-ci même, qui se disputait les faveurs de Notorious B.I.G et au delà de son côté hot, elle a su proposer des morceaux très hip hop comme “Lighters up” ou “Whoa” par exemple. Même chose pour Foxy Brown, l’autre grand nom de l’époque, qui avec “Get me home” pertubait tous les gars qui écoutait, mais pouvait aussi nous sortir des tracks comme “I’ll be good” ou encore sa collaboration avec The Firm. Pour finir, je citerais Remy Ma, l’atout charme du Terror Squad, même si carrière a été interrompu par un séjour à l’ombre, elle est encore capable de nous sortir des bangers mémorables comme son “All the way up” sorti en 2016.

 

LES “BONUS”:

Pas forcément des rappeuses à plein temps, elles varient entre chants et rap, mais sont parfois même meilleures que les “vraies” mc’s, quelques noms en vracs qui apparaîtront dans la liste écoutables, je vous citerais en premier lieu, Ms Lauryn Hill, l’ex des Fugees est l’exemple parfait de la chanteuse capable de rapper mieux que la plupart, sur “Lost ones” par exemple, ou à l’époque des Fugees avec “Boof baf” par exemple. Missy Elliott aussi, difficile à classer, elle oscille entre rap et morceaux plus R’n’B, mais excelle à chaque fois. Que dire alors de Janelle Monae ou Kelis, géniales également dans les 2 rôles et j’ai failli oublier les anciennes de Salt’ N Pepa, pourtant inoubliables avec leur “Let’s talk about sex”.

 

Voilà, j’espère vous avoir convaincu que les clichés, ne sont pas toujours vrais et que même si certains sont réels, il faut parfois savoir passer au-delà pour découvrir de belles choses.

 

Laurent

Deux disques qui me donnent espoir pour le rap Français.


Je vais faire quelque chose que je ne fais pas habituellement, mais vu le nombre de sortie actuellement, je vais faire une exception à la règle, à savoir vous parler de deux albums dans la même chronique, à savoir celui de Demi Portion, “Super héros” et de “Masque blanc” pour S.Pri Noir.

Je dis dans le titre que ces deux disques me donnent de l’espoir pour le rap Français, parce que ça fait un bon moment que je n’avais pas accroché un album de rap hexagonal, comme ces deux-là, je pense depuis le dernier opus de Demi Portion à vrai dire… Il s’agit de deux styles assez différents, celui d’S.Pri Noir est estampillé du hip hop Parisien actuel, assez dur, sans concessions, avec une majeure partie de productions assez sombres, mais vraiment bonnes, c’est d’ailleurs par là que j’ai commencé à accrocher le disque, je me suis attardé seulement après sur les textes d’S.Pri, qui sont en réalité super bien écrit, après, j’ai toujours ce gros blocage à propos de l’autotune et ça m’a un peu freiné au départ.

Mais je dois dire que parmi les mc’s de la nouvelle génération qui (pour moi) sur-utilise cette technique, qui, à petite dose peut être une valeur ajoutée, S.Pri Noir se démarque quand même, parce que d’abord il n’oublie pas de kicker le mic au profit de ce chant robotique et en plus de ça, il a des textes vraiment marquants, notamment celui de “Seck” que j’ai trouvé magnifique. Les morceaux phares comme “Highlander” et “Skywalker” aussi sont puissant, j’aime beaucoup le featuring avec Nekfeu pour “Juste pour voir”, ce n’est pas la première collaboration entre les deux et franchement, ils tournent vraiment bien ensemble.

Par contre, en étant tout à fait objectif, les morceaux plus orientés club, comme “Fusée ariane”, ça ne prend pas pour moi, pour les raisons ci-dessus, mais aussi sans doute que c’est générationnel, donc passons…

Alors voilà, avec ce disque, je me dis que cette nouvelle générations de mc Parisien n’est pas dénué de talent et que peut être, j’arriverais de nouveau à m’intéresser à ce qui se fait près de chez nous.

Pour ce qu’il en est de “Super héros”, le cinquième album de Demi Portion, c’est plus une évidence pour moi, je vous en avais parlé pour son précédent disque, “2 chez moi” et j’avais déjà été très clair sur ce que je pense de Rachid de Sète, c’est un des grands du rap Français, aucun doute pour moi!!!

Pour “Super héros”, Demi P a rassemblé son équipe habituelle, DJ Rolxx et Sprinter, s’est enfermé à Sète et a masterisé la galette à Paris, le résultat : 14 titres solides, toujours ce message de paix et de respect, ses textes toujours pleins de références pop culture dans lesquelles je me retrouve beaucoup aussi, j’ai parfois l’impression qu’on a grandi dans la même chambre (rires), par exemple dans “Super héros” où il conclut par “Ma voix dans l’equalizer, le gardien de ma galaxie, un super héros qui s’appelle juste MC”. On entend d’ailleurs le fils de Demi P à la fin du track et on sent la relation entre eux, très forte et là aussi je m’y retrouve.

Côté featuring, un seul au programme sur les quatorze titres, un seul me direz-vous? Oui, mais ce n’est que l’un des 2 groupes les plus marquants de l’histoire du rap Français, ces messieurs d’IAM, pour le morceau “Comme un prince”, qui reprend le même sample que Dr Dre avait utilisé sur son dernier disque, pour le morceau “It’s all on me”. J’adorais déjà celui de Dre et je me suis posé la question quand j’ai entendu les premières notes, mais franchement, Demi P, Shurik’n et Akhenaton sont au niveau de la légende de Compton, le morceau est l’un de mes préférés du disque.

J’ai beaucoup aimé “Salam” aussi, qui revient sur ses origines Marocaines, le clip est vraiment chouette aussi, simple, mais les paysages sont magnifiques, le message de ce jeune qui a besoin d’autre chose, mais pas forcément de quitter son pays est intéressant, contraire à ce qu’on voit habituellement, à savoir que tout les Marocains veulent venir en France et que ceux qui sont là, veulent repartir au pays, ici, non, le gars aime son pays et part à sa découverte sans besoin d’ailleurs, c’est un bel hymne à ce beau pays qu’est le Maroc.

Pour finir, je vous dirais que le track que je préfère, c’est “Retour aux sources”, où Rachid raconte son histoire et son parcours dans le hip hop, simple, vrai, un véritable super héros du rap.

 

Laurent

Hip hop et Storytelling… indissociables.


Il était une fois le storytelling… voilà un aspect du rap que j’adore!!! Peu importe les époques ou la provenance, les mc’s du monde entier ont toujours affectionné cet art qui consiste à raconter une histoire en musique. Issue du vécu des artistes ou pure invention, ces tranches de vies ont donné le jour à quelques uns des morceaux  les plus géniaux du rap.

Je me suis amusé à faire une petite sélection, que j’espère, vous aller étoffez à travers vos commentaires, toutes les époques sont mélangées, les genres aussi, alors si vous avez des suggestions, n’hésitez pas, je les ajouterais avec plaisir!

 

La playlist Française

Quel meilleur track que cette “Trilogie” de Tandem pour commencer cette playlist? Le duo d’Aubervilliers en a même fait un court métrage avec tous les protagonistes du morceau, mythique!!! Vous allez également évidemment retrouver les maîtres du genre tels qu’Oxmo Puccino et son  “Pucc fiction”, qui en 3 minutes, nous offre le scénario d’un film de bandits façon Ox. Du Médine aussi, actuellement l’un des meilleurs avec Kohndo (présent lui aussi) pour raconter des histoires (généralement pas drôle), le “J’appuie sur la gachette” de NTM, l’un des morceaux les plus déprimants du rap Français. Pas de panique, il y aura aussi du fun avec ATK et son “Affaire hot dog” ou encore Diam’s en battle avec “Suzy”, les anciens aussi seront à l’honneur avec Fabe, coincé “Comme un rat dans le coin”, Les sages po’ dans leur “Train de minuit” ou le Ministère AMER qui courait “Plus vite que les balles”.

 

La playlist US

 

Chez les Américains, j’ai choisi “Stan” d’Eminem pour commencer, ce morceau où le fan obsessionnel de Slim Shady finit par se suicider à cause de son idole, en reprenant les paroles d’une de ses chansons est inoubliable et son clip tout aussi génial.

Comme pour l’hexagone, j’ai varié les époques et les styles, des tranches de vie de Masta Ace aux délires de Slick Rick, les histoires d’amour de Method Man ou l’ascension de Biggie, on touche un peu à tout.

L’une de mes préférés reste Common et son histoire d’amour avec le hip hop dans “I used to love H.E.R”, de la pure poésie, je vous en avais parlé dans une chronique précédente.

Impossible aussi de passer à côté des histoires Gangsta d’Ice Cube ou de Warren G.

2Pac est la aussi avec “Brenda’s got a baby” et “Dear mama” et pour finir, je ne me serais pas permis d’oublier l’excellent “Murder was the case” de Snoop, je voulais vous mettre le court métrage entier, mais la qualité de la vidéo était vraiment trop mauvaise.

Laurent

Nos samples rendez-vous #22 Mafia Trece et la B.O de Kung-fu


Que se passe t-il quand on prend la boucle du thème de l’une des séries les plus mythiques des années 70 et qu’on le mixe avec le groupe de rap Français le plus prometteur de la fin du siècle dernier? On se retrouve avec “A la recherche du mic perdu?” de Mafia Trece, le collectif de rappeurs issu du 13ème arrondissement de la capitale.

Morceau bonus du premier album de la mafia du treize, “A la recherche du mic perdu” transforme nos mc’s en moines Shaolin, à la recherche d’un moine renégat qui aurait volé le totem du temple : un micro d’or. La bataille de rimes peut commencer à la manière des meilleurs films de Kung-fu des Shaw brothers et la prod. de DJ Effa se prête parfaitement à cet exercice.

Et à propos de Kung-fu, venons en au sample dont il est question aujourd’hui: le thème de la géniale série Kung-fu, mais si, vous vous en souvenez, c’est la série ou Kwai Chang Caine (David Carradine) arpente les Etats-Unis avec sa flûte et son chapeau, à la recherche de son demi-frère, ça y est ça vous revient? Sinon, il y a un gros clin d’oeil dans Kill Bill volume 2 de Tarantino.

Cette série est illustrée par un superbe générique composé par Jim Helms avec du violon, de la harpe et quelques percussions chinoises est inoubliable pour quiconque l’a déjà entendu.

 

Laurent

Tout sauf une demi-portion…


Plutôt un poids lourd du rap selon mes critères, Rachid Daif alias Demi portion revient avec son quatrième album  «2 chez moi », tout juste deux ans après le succès critique de « Dragon rash » et un agenda de tournée dans l’hexagone et ses alentours, les attentes étaient élevées, mais le contrat est rempli et haut la main !

Les dix-huit titres s’ouvrent avec « Souvenirs » qui commence avec un dialogue de « The wire », à croire qu’il voulait me convaincre dès les premières secondes de l’écoute ! Cette intro donne bien le ton à l’album, une œuvre intimiste comme souvent avec l’artiste, entièrement produit de chez lui (d’où le titre de l’album), qui nous plonge dans l’univers de Demi P sans retenue.

Tout au long de cet opus, on retrouve l’artiste positif, toujours reconnaissant de ceux qui l’ont fait grandir dans son art, pour rappel, plus jeune, Demi portion participait aux ateliers d’écritures d’Adil el kabir auxquels étaient souvent invités des rappeurs proches d’Adil, notamment Fabe et la Scred connexion, Rocca où encore La rumeur. C’est peu dire que Rachid a été à bonne école et il le revendique et le dédicace régulièrement, ce qui est rare chez les mc’s d’aujourd’hui.

Difficile de parler de coups de coeur, car il n’y a pas vraiment de trous d’air dans l’album, mais si je dois en mettre quelques uns en avant, “Mon dico IV” avec son sample de Dexter, “Demi Pablo” qui vaut bien le morceau de Joey Bada$$ sur le même sample du générique de Narcos, “Planète Rash” et tous ces invités est aussi génial! “Pardonner” et “Magnifique” respectivement en featuring avec Kery James et Oxmo sont des tueries et “Danse avec les loups” et toutes ces références cinématographiques (énorme performance lyricale!!!), je m’arrête la sinon, je vais citer tout le skeud et ça n’aura plus de sens (rires).

Pour revenir à “2 chez moi”, selon moi, c’est une pépite qui ne tournera probablement pas suffisamment sur les pseudos radios hip hop d’aujourd’hui.Quand je l’écoute, je suis comme Demi P sur son nuage magique (voir la couv’ de l’album) je plane!!! C’est le hip hop que j’aime, celui qui a des choses à dire, des instrus vraiment travaillées, pas d’auto-tune, bref, le kiffe! Autant dire que chez Rachid, je me sens chez moi aussi.

Laurent

Essai transformé pour Gaël Faye.


Comme il était attendu ce second opus de Gaël Faye… Après son premier “Pili pili sur un croissant au beurre” de haut niveau et surtout ses prix littéraire pour “Petit pays”, nombre de ses auditeurs étaient curieux de savoir ce qu’allait nous pondre le mc Franco-Burundais, moi le premier.

Ce n’est pas véritablement un album que nous propose Gaël, mais un EP, puisqu’il n’est composé que de cinq titres, encore plus risqué donc puisqu’avec si peu de morceaux proposés, le droit à l’erreur n’est pas permis et là encore, le pari est réussi, vous allez pouvoir écouter ce disque en boucle sans problème.

Drôle de titre que “Rythmes et botanique” me direz-vous, surtout pour un disque rap, mais l’artiste n’est pas coutumier de faire comme les autres alors pourquoi pas…C’est le mélange entre la MPC et le piano, les deux éléments sonores de l’album avec d’un côté DJ Blanka et Guillaume Poncelet pour le piano, mais selon Gaël Faye, l’idée du titre lui est véritablement venu au jardin botanique de Lisbonne, devant un ficus elastica, dont les racines lui firent penser aux câbles que l’on peut retrouver par terre sur une scène musicale et l’envie lui est venu d’envoyer un freestyle végétal, j’adore le concept!!!

Musicalement, c’est très léché et assez proche de l’univers de “Pili Pili” sans thème défini, l’artiste est parfois révolté, comme dans “Irruption” parfois pensif, comme avec Saul Williams (seul invité de l’album) sur “Solstice”, Gaël jongle d’un style à l’autre avec brio.

Pour conclure, je dirais que ce disque n’est, j’espère, qu’un prémice à un disque encore plus fourni, car je suis absolument conquis par Gaël Faye, un artiste aux multiples facettes.

Laurent

Nos samples rendez-vous #13 : Fabe et George Benson


george-bensonVoilà un morceau qui porte bien son nom, car comme son auteur, il fait partie du passé du rap Français. Fabe, artiste engagé et important du rap des années 90/2000 a malheureusement quitté la scène il y a plusieurs années maintenant et c’est bien dommage. Pour ceux de ma génération, qui connaissent un peu son œuvre, il est reconnu comme l’un des plus habiles paroliers de sa génération, ses rimes ont bercé mes années collège et lycée (tu sais très bien que je parle de oit Riya) et c’est avec ce morceau que je l’avais découvert.

Issu de son premier album « Befa surprend ses frères », le single utilise un sample de George Benson sur le morceau « This masquerade », tiré de l’album « Breezin » en 1976. Le génial guitariste de Pittsburgh a été samplé un millier de fois, mais ce tout petit riff de guitare et cette voix si envoûtante est d’autant plus importante car elle a véritablement lancé sa carrière et lui a permis d’être récompensé d’un grammy.

Laurent

Septième round pour Mouhammad Alix !!!


kery-jamesAvec la sortie de Mouhammad Alix, on pourrait dire que c’est le retour du rap Français, comme Kery James le disait dans l’un de ses anciens morceaux. Album coup de poing tant par ses textes engagés, que par sa qualité musicale, ce septième opus est pour moi, le meilleur depuis longtemps dans la discographie du MC d’Orly.

On a vraiment l’impression que le rappeur assume complètement la dualité de son personnage : Alix l’homme de paix et Kery le combattant. Tour à tour, il enfile le costume de l’un ou l’autre selon le thème du morceau. Au fil de l’album, on réalise que l’un ne va pas sans l’autre et que c’est pleinement assumé.

Les morceaux coups de poing (ceux de Kery donc),sont des constats politiques et sociaux tels que « Racailles », « Musique nègre » ou encore « Douleur ébène » frappant fort dans ce paysage du rap Français, qui comme je l’ai déjà dit, à pour moi, trop souvent perdu sa vocation à faire passer des messages.

Ceux, introspectifs, sont tout aussi puissants, avec des rythmes souvent plus lents où Alix Mathurin se confie à son auditeur et parfois à ses proches, comme sur « Pense à moi » ou « J’suis pas un héros ». Mes gros coups de cœur de l’album en dehors des singles sont « Jamais » avec la voix de Monsieur Nov sur le refrain et  « Prends le temps » avec Faada Freddy que Guillaume avait chroniqué lors de sa venue à Fontenay Sous Bois.

Kery sera d’ailleurs présent ce jeudi 19 Janvier à la salle Jacques Brel de Fontenay sous bois en tant que parrain des Voeux à la jeunesse avec Nora Hamadi et en seconde partie de soirée, un showcase de Keblack.

En conclusion et comme le disait son idole Mohamed Ali, ce septième album vole comme un papillon et pique comme une abeille !

Is everything good JP ?


150312011030647033Après une bonne décennie à apparaître par-ci, par-là, tantôt rappeur, tantôt producteur, voire ingénieur du son, JP Manova a enfin franchi le cap et nous offre son premier opus : 19h07. Soyons honnêtes, tout de suite : la seule déception, c’est qu’il ait attendu si longtemps avant de le proposer.

Seulement 11 titres sur l’album, mais pas d’impair, on voyage parfaitement dans l’univers diversifié de JP. De la soul à l’électro, le MC, avec son flow unique et sa voix qui fait un peu penser à Ekoué,  est vraiment un ovni dans le paysage musical actuel. Manova me fait parfois penser à MC Solaar, tant son verbe est riche et ses références nombreuses, il est d’ailleurs adoubé par Claude MC lui-même.

Même si tout l’album s’écoute sans accroc, j’ai quand même quelques coups de cœurs, Is everything right ? et ses 3 minutes de rimes en « A », le morceau sur Thomas Sankara aussi est fort avec ses extraits des discours du Burkinabé. Mon préféré est « Skinheads aux cheveux longs » qui aurait pu être un morceau de La Rumeur, tant le texte est profond est l’instru dépouillée.

Enfin, « Tous les 25 ans » qui résume plus ou moins ce que je pense de ces nouveaux artistes « pseudos rebelles de studios » rap ou rock, même combat.

En conclusion, « 19h07 » est une réussite, il a été long à arriver, mais ça valait la peine. Reste plus qu’à espérer qu’un 2ème album ne prendrait pas 10 ans de plus…

Laurent

Nos samples rendez-vous #5 : Rocca et Michel Berger


200x200-000000-80-0-0Aujourd’hui, deux morceaux forts en texte, chacun portant son message à une époque différente, mais malgré tout intemporel. Rocca reprend le sample de Michel Berger en 1997, pour son album « Entre deux mondes ».

Ce sont 2 textes positifs et pleins d’espoirs pour des générations différentes, c’est d’autant plus remarquable pour le morceau de Rocca, tant c’est rare pour le rap Français et pire encore de nos jours. Le rappeur Franco-Colombien ralentit le sample mais transpose les idées de Berger parfaitement pour les jeunes de quartiers.

« Chanter pour ceux », issu de l’album « Différences » en 1985 est plus sombre, elle raconte l’histoire des oubliés, laissés pour compte parfaitement illustré dans le clip, même si les images sont datées, malheureusement, elles restent d’actualités. C’est le refrain qui contraste et offre un peu d’espoir à ces personnes.

Laurent

En virée dans Paris « Intra-muros »


Kohndo

Voilà du rap français qui me plaît et qui se démarque de ce qui se fait en ce moment !

Alors, oui, Kohndo reste sur la ligne qu’il a suivie durant toute sa carrière, mais c’est pour ça que ceux qui l’aiment, l’aiment et que les critiques sur son rap seront toujours les mêmes : trop sage, pas assez original …

Ce nouveau disque de KOH me renvoie à tout ce qui me fait aimer le hip hop hexagonal, des textes censés, intelligents, avec des choses à dire, de belles instrus, du scratch, bref du HIP HOP quoi !!! Pendant 48 minutes, l’ex-membre de La Cliqua nous balade dans son taxi avec des invités prestigieux tels qu’Oxmo et Nekfeu, bercé par des sonorités plutôt Jazzy, funky, notamment sur « Le facteur » qui reprend un sample de Gil Scott Heron « Angel Dust », un de mes gros kiffe de l’album !

Des morceaux comme « Demain, le jour » ou « Comme des particules » par exemple sont des morceaux pleins d’espoir. Il y a aussi quelques morceaux plus sombres comme « Un gun sur la tempe » ou « 9m² ».

Le rap est avant tout une musique à message comme l’a été le Blues ou le Punk avant lui et il reste des artistes comme Kohndo qui ont gardé, heureusement,  cet état d’esprit et c’est aussi ce que j’apprécie avec ce disque qui, du coup, prouve encore une fois que le Hip hop n’est pas que ce qu’on veut bien nous faire écouter sur Skyrock, Générations ou autres Ados FM, des « pseudos gangsters de studio » avec des lyrics à me faire perdre les cheveux !

Laurent

C’est le retour du babtou !!!


Sur_le_fil_du_rasoirComment être toujours crédible pour un rappeur à 50 ans ? C’est le challenge que Kool Shen, éternel moitié de Joeystarr (d’ailleurs les 2 compères vont remonter sur scène ensemble à l’Olympia prochainement) avec NTM, se devait de relever avec ce nouvel album « Sur le fil du rasoir ».

Si aux Etats-Unis, les « papys » du rap restent assez facilement sur le devant de la scène comme le prouvent les Jay-Z, Nas et autres Dr. Dre, en ayant adapté leur écriture à leur génération, en France, c’est un exercice plus rare et qui semble plus difficile à maîtriser. Seuls Iam et Kery James ont plus ou moins bien réussi  le pari, les autres, les Solaar, Oxmo Puccino ont changé de genre musical, ou sont  retournés sur les scènes underground (Scred connexion, Les sages poètes de la rue, X-men…) voire disparus de la scène hip hop.

Quant à Kool Shen, il revient avec ce nouvel opus et honnêtement, c’est une belle surprise, je dois avouer que j’étais assez sceptique au départ, car le MC de la Seine-St Denis avait cédé aux sirènes du « commercial » et avait servi pas mal de morceaux d’une qualité bien moindre que ses standards habituels. Ici, retour aux sources et on le sent dès le début de l’album avec notamment « Faudra t’habituer » en featuring avec l’excellent Jeff le nerf, un morceau sombre digne des plus belles heures de Kool Shen avec NTM, idem pour le track avec Lino (qui vient lui-même de livrer un excellent « Requiem » en 2015), ce sont les 2 morceaux les plus durs de l’album, mais aussi mes 2 préférés.

Kool shen, habitué du milieu, sait qu’il doit glisser quelques tracks plus gentillets pour passer en radio et à la télé et il fait ça habilement avec Soprano sur « Sais-tu danser ? » le morceau club de l’album. On a du refrain chanté aussi avec Sonia Nesrine et Lyricson. Bref l’album est complet, mais clairement, c’est l’angle de l’écriture adulte et revendicatrice (Ma rime, La France est internationale) que le rappeur a choisi.

Pari réussi pour Kool shen !!!

Laurent

 

Au bout y’a la lumière


pochette_CSenC. Sen a sorti son 2ème album solo  Le Tunnel en janvier, C. Sen c’est un membre du collectif 75018 Beatstreet, et C. Sen c’est du rap parisien, du rap titi « gouailleux » et populaire.

Simple, sans trop de featuring, C. Sen nous offre un rap lourd, dur mais ce qui le différencie c’est son écriture grave, authentique, des jeux de mots, de l’humour, de l’autodérision, tout cela de façon très soignée, très travaillée.

Son rap c’est le quotidien, la ville, ses colères, ses passions. Musicalement l’album est varié, avec des influences diverses, parfois très audacieuses comme dans Aldo Vegas où règne une ambiance punk rock.

Un disque très personnel,  de qualité, original, qui change de toutes ces rapattitudes outrancières et commerciales du moment.

Michèle

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