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5 Août 2014, Marciac… Ahmad Jamal en état de grâce!


AhmadJamal_pochetteCe soir du 5 août 2014, les 6000 personnes présentes sous le grand chapiteau du festival Jazz In Marciac ont assisté à une soirée magique :  le pianiste vétéran Ahmad Jamal (84 printemps), accompagné de son trio composé du discret autant qu’efficace Reginald Veal à la contrebasse, du métronome Herlin Riley aux baguettes et de Manolo Badrena, seigneur des  percussions (ce soir-là un peu exilé sur scène par rapport aux autres musiciens), a donné un récital d’une rare et grande virtuosité, de sensibilité.

Après Tommy Flanagan (concert de 1993 publié en .. 2010), Brad Mehldau (2011) et  Roberto Fonseca (2010), c’est donc le concert d’Ahmad Jamal à Marciac en 2014 qui a l’honneur d’être publié par le label Harmonia Mundi,  qui a astucieusement ajouté le DVD du concert, ce qui permet à l’auditeur de profiter pleinement de cette soirée magique en terre marciacaise.

D’entrée, « Sunday afternoon » nous embarque et montre que Ahmad Jamal est en forme ce soir-là. Suivent « The Shout » et le très rythmé « Dynamo », avant de nous emmener dans « Gypsy », morceau très classique et aux ruptures brutales. « Strollin' », morceau composé par Horace Silver, est l’occasion pour Reginald Veal de nous offrir une palette de son talent, sous le regard attentif et paternel de Ahmad Jamal. Un joli moment.

Les deux morceaux qui clôturèrent le récital ce soir-là, « Blue Moon » et « Autumn Rain », permirent d’apprécier la virtuosité technique et rythmique de Manolo Badrena aux percussions, pendant que le maestro promène ses mains agiles sur le piano, maintenant la cadence. Le duo Riley-Veal tout au long de cette parenthèse enchantée, ont fait étalage de leur complicité, de leur maitrise.

Je suis sorti de cette soirée magique, enthousiasmé par le jeu précis, la joie de jouer, la virtuosité de Ahmad Jamal. Durant 90 minutes, le maître du clavier, un brin cabot, redevient un jeune homme simplement heureux de jouer, transmettre et partager sa passion de la musique, du piano, du jazz, avec ses acolytes ou avec le public.

Ne loupez pas ce moment!

Guillaume.

 

 

 

 

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La leçon de piano de maître Jamal.


A 83 printemps, Ahmad Jamal produit encore des musiques de belle facture. Son dernier opus, Saturday Morning, enregistré aux Studios La Buissonne, à Pernes les Fontaines, en est la parfaite illustration. Il s’est ici entouré de Reginald Veal à la contrebasse, du batteur Herlin Riley, du percussionniste Manolo Badrena.

Cet été, Maître Jamal se produisait à Marciac, pour présenter son album. Un récital de haute tenue pianistique, soutenu notamment par la paire Herlin Riley-Reginald Veal très inspirée. Le rôle précis de Manolo Badrena m’échappa quelque peu, celui-ci étant relégué à l’écart de ses comparses, n’osant pas trop se lâcher, de peur sans doute de s’attirer les foudres du Maître ! La prestation de 1H30 ravit la foule présente ce soir-là.

Alors le disque me direz-vous !  Hé bien, il est superbe, tenu, inspiré jusque dans les silences que s’autorise Ahmad Jamal ! Comme pour Sonny Rollins ou Chucho Valdès, ce musicien élégant ne perd pas la main en vieillissant, bien au contraire. Son jeu est précis, sobre, aéré, inspiré, et donne de jolis moments comme sur I’ll always be with you, The Line, Silver. La reprise de I got it bad and that ain’t good est savoureuse elle aussi.

Saturday morning s’écoute sans faiblir, le matin comme le soir. A vous de choisir votre moment.

Guillaume.