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Il était une fois… 1971!


Cette année est marquée, en France par plusieurs évènements dans des domaines très divers : La création du premier ministère chargé de la protection de la nature et de l’environnement, la publication du manifeste de 343 femmes issues du monde des Arts qui revendiquent publiquement avoir eu recours à l’avortement. François Mitterrand prend le contrôle du Parti Socialiste. Le chanteur et poète américain Jim Morrison, qui a quitté quelques mois plus tôt le groupe des Doors, est retrouvé mort chez lui, à Paris, à seulement 27 ans. Coco Chanel, Fernandel, Igor Stravinsky, Jean Vilar, Louis Armstrong et King Curtis, seront les autres personnalités importantes qui décèderont cette année-là. Pour protester contre l’extension du camp militaire, décidée par Michel Debré, ministre de la Défense, 6000 personnes occuperont le plateau du Larzac. A l’étranger, en Egypte, Nasser inaugure le barrage d’Assouan, sur le Nil. Le Quatar, les Emirat-arabes unis, Bahrein se verront accordés leur indépendance par le Royaume-Uni. Voilà pour le décor. Place à notre petite histoire inventée.

Toulouse. Avec ma compagne du moment, la jolie Sarah, d’origine britannique (oui j’ai un faible pour les ressortissantes du Royaume-Uni) nous avions décidé de partir nous éclater sur les belles plages du Sénégal. Bien sûr, des amis bien intentionnés nous avaient mis en garde sur la présence potentielle de gentlemen cambrioleurs, véritables Arsène Lupin. Mais nous on s’en foutait, nous voulions juste vivre notre belle histoire d’amour, comme Juliette et Roméo, mais sans la triste fin. Sarah et moi, nous nous aimions à perdre la raison, à n’en savoir que dire… totalement fusionnels!

Arrivés sur notre lieu de vacances, à Saint-Louis, nous décidâmes, bagages posés, d’aller nous promener dans les rues. Soudain, au détour d’une rue, des éclats de voix attirèrent notre attention. « What’s going on ? » s’exclama Sarah! Un jeune homme, que ses amis nomment « Tiny Dancer« , nous indiqua alors qu’à cet endroit c’était toujours la même chanson, qu’avec les années, non, non, rien n’a changé, malheureusement. La scène qui se déroulait sous nos yeux mettait aux prises des marchands de sommeil sans vergogne avec des locataires à qui ils réclamaient des impayés. De façon brutale. Face à des enfants et femmes. Bien sûr les hommes du quartier se mirent en travers. D’où les voix qui s’élevaient. Certaines jeunes femmes présentes, appelées aussi filles du vent, car disparaissant aussi vite qu’elles arrivaient sur un lieu, s’étaient mêlées à l’attroupement.

Pour nous sortir de cette scène brutale et difficile, Tiny Dancer s’improvisa guide pour nous et nous proposa de nous faire visiter sa ville, dans les moindres recoins. Il nous emmena dans un quartier, Brown Sugar Place, où se réunissaient, le soir venu, des musiciens mais pas uniquement. Voyant l’intérêt que les hommes portaient à Sarah, je n’oubliais pas rappeler par un « My wife » que nous étions en couple. Certains étaient percussionnistes, d’autres guitaristes, bassistes, ou simplement chanteurs. Nous passâmes un très joli moment durant lequel Sarah, qui aime danser et chanter, ne manqua pas de se joindre à eux. Devant tant d’audace, les musiciens et le peu de public présent furent d’abord étonnés, puis respectueux…. Voilà une « Strange kind of woman » se disaient-ils sans doute! Après avoir assisté (et participé) à cette scène entre musiciens, Tiny Dancer nous proposa gentiment  d’aller prendre un verre dans un bar à la réputation calme, le « Black Dog ».

L’endroit à l’ambiance ambiance cosy, est le lieu de retrouvailles de tous les expatriés qui vivent à Saint-Louis. S’y côtoient anglais, français, hollandais, allemands. Dans un coin du bar-restaurant, nous entendions un pianiste jouer les thèmes « Mercy Mercy Mercy me », « It’s too late », ou « Another day ». Un moment de quiétude bienvenu, une pause que nous voulions savourer, après ce que nous venions de vivre, Sarah et moi. Après ce moment de répit dans cet écrin occidental au coeur de la capitale sénégalaise, Sarah et moi rentrons à l’hôtel. Sur le chemin, nous assistâmes à un orage aussi bref qu’impressionnant. Une habitude pour les habitants de Saint-Louis et plus largement du Sénégal. Ils sont loin de décourager les locaux, habitué(e(s) aux caprices de la météo. Sarah dit de sa belle voix timbrée qu’ils et elles étaient de véritables « Riders on the storm ».

Saint-Louis, ses plages, sa population accueillante et chaleureuse, son ambiance colorée, chatoyante, parfois bruyante, pour Sarah comme pour moi, c’était un peu une marche vers le paradis, qu’hélas nous devions quitter, pour retrouver notre chère ville rose et son canal du Midi.

Vivement 1972!

Guillaume.

 

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Avec sa voix, Freddy nous rend Fa(a)da(s)!


gospeljourney_imageAttention, Talent!

Le public présent samedi 15 octobre, Salle Jacques Brel, à Fontenay Sous Bois, a passé une très belle soirée. Pourquoi ? Tout simplement parce que Faada Freddy, chanteur sénégalais, venait présenter, dans le cadre du Festi’Val de Marne, « Gospel Journey » sorti en 2015. Après un jeune duo piano-voix et guitare, puis après la très belle prestation de Awa Ly, accompagnée de 3 musiciens,  offrant un répertoire coloré aux sons du reggae, de la musique africaine et du jazz, c’est donc Faada Freddy, qui prit possession de la scène, devant une salle comble, un public conquis. Dès son arrivée sur scène, entouré de 5 autres vocalistes (4 hommes, 1 femme), la chaleur est montré d’un cran. L’art consommé de la scène, et le talent vocal on fait le reste. Au menu vocal et musical, du gospel bien sûr, mais aussi du funk, du reggae, du rap, des reprises, bref un éventail large, attestant du talent du chanteur sénégalais et de ses acolytes.

Reconnu par des artistes aussi variés que Bernard Lavilliers, Imany ou Lenny Kravitz ! ça donne une idée  de la qualité du bonhomme. Sa recette aussi originale que riche, est de composer des morceaux uniquement basés sur des rythmiques corporelles, et sur l’utilisation de la voix, qu’elle soit sienne ou celles de chœurs masculins ou féminins. Cette démarche n’est pas sans rappeler celle des géniaux Bobby Mac Ferrin, ou Al Jarreau, capables de tenir seuls en scène près de 2h entre improvisations vocales, utilisation du corps comme instrument, et imitations d’instruments par leurs seules voix. Certes Faada Freddy n’en est pas encore là, mais il est clair, à écouter chaque morceau de « Gospel Journey », qu’il a devant lui tous les chants du possible.

Ici gospel, reggae, soul, se succèdent avec une jubilation omniprésente… le travail des chœurs, en arrière plan de sa voix, est d’une précision sans faille, rendant la prestation de Faada Freddy, claire, limpide. La voix, instrument précis, se démultiplie, se diversifie, offrant à l’auditeur une parenthèse enchantée rafraîchissante. A l’heure ou la musique est affaire de samples (n’est-ce pas Laurent:-)!), de synthés utilisés à tort et à travers, le travail et la démarche menés par Faada Freddy fait un bien fou. Simplicité, originalité! La voix est l’outil de l’histoire individuelle, collective, outil de transmission de cultures, de traditions. L’album se termine par un titre « Borom Bi » chanté en dialecte sénégalais et en anglais.

Ne passez pas à côté de ce virtuose vocal, et courrez le voir sur scène!

Guillaume.