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Memphis, Tennessee, berceau de la Soul Music.


Memphis, Tennessee. Ce nom résonne comme un évidence à celles et ceux qui aiment la soul music, le rhythm and blues, le blues. A l’instar de Chicago, Detroit, New-Orleans, Bâton Rouge, Memphis est une ville traversée par l’histoire de la musique noire américaine , qui a contribué au développement d’une part importante de l’industrie de la musique, notamment et surtout pour les musiciens noirs américains (on dirait aujourd’hui afro-américains, terme que je déplore), qui cherchaient alors, en pleine période discrimination aux Etats-Unis, à pouvoir jouer, s’exprimer, enregsitrer, et vivre si tant est que cela soit possible de leur talent…. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, avec le recul c’est que Memphis, au même titre que les autres villes déjà citées, a largement eu sa part avec ses labels mythiques,  ses studios d’enregistrements reconnus parmi les meilleurs au monde, ainsi que le nombre de musiciens, chanteurs-chanteuses qui en sont issus, et ont fait carrière. OUI, Memphis, est une ville incontournable de l’histoire de la musique du 20ème siècle et du début de ce 21 ème siècle. TANT MIEUX!

Des artistes tels que Al Green, Isaac Hayes, Steve Cropper, Wilson Pickett , ou encore Carla et Rufus Thomas, leur fils Marvell, pianiste, compositeur pour les plus grands noms du genre, parmi beaucoup, beaucoup d’autres…. ont débuté à Memphis avant d’aller conquérir le reste des Etats-Unis puis le reste du Monde.

Des lieux d’enregistrements tels que le Willie Mitchell’s Royal Studios, ou encore la fameuse Beale Street et ses nombreux bars et restaurants où le soir, artistes célèbres ou non se produisent, ont « fait »la renomée de cette cité du sud des états-unis, y amenant nombre de touristes au fil des années, et y prolongeant sa propre histoire, par des festivals, allant du blues à la soul music. La transmission d’un patrimoine, d’une culture, d’un savoir-jouer et savoir-vivre, telle semble être la mission au cœur de chaque habitant, musicien, producteur de Memphis.

Alors, si un jour l’occasion d’aller à Memphis, Tennessee, se présente à vous, foncez et vous vivrez sans doute une belle expérience, à travers ce saut dans l’un des berceaux de l’histoire de la musique noire américaine.

Guillaume.

 

 

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Le 21 juin, Faites de la MusiK à la Médiathèque !!!


….. OUI LA MUSIQUE S’EMPARE DE LA MEDIATHEQUE!!!!

Le 21 Juin, hormis l’arrivée officielle de l’été (bon ok cette année il est là un peu en avance, on va pas s’en plaindre, faire la fine bouche!), oui hormis donc les grandes chaleurs, c’est aussi à cette date que depuis 35 ans déjà (Merci Jack Lang!), qu’est célébré la diversité de la Musique, des musiques, permettant la fête de la mixité des cultures, pratiquées par les amateurs comme les professionnels, partout dans les rues comme dans les lieux culturels dédiés.

Un « poète » contemporain a dit et chanté un jour : « la musique donne la même couleur aux gens »… même si elle vient de contrées très différentes!

C’est donc ans cet esprit de partage, d’échange, de fête, de communion humaine et sonore, de rythmes variés, que la médiathèque Louis Aragon de Fontenay-sous-Bois organise une après-midi musicale (Exceptionnellement, les portes de la médiathèque ouvriront au public dès 13h30!).  Les réjouissances musicales démarreront dès 14h et se pursuivront jusque 18h, pendant les heures d’ouverture.

A cette occasion, nous vous invitons à venir écouter, non pas seulement trois petites notes de musiques (comme le dit si joliment une chanson d’Yves Montand), mais une véritable farandole de notes, délivrées, jouées par des artistes qui offriront à vos oreilles mélomanes un cocktail musical aux saveurs variées, puisque le menu sera composé ainsi :

Pour commencer, nous irons du côté des Etats-Unis, terre du blues, du jazz, et du boogie-woogie. Un retour aux racines de la musique noire américaine, joué par les mains expertes de Rémy Coqueraut.

Ensuite, nous aurons le plaisir d’accueillir un duo de chanson française avec Dam Ka (voix), soutenue par Alex Mondésir à la guitare. Ce duo est habituellement complété de 2 autres musiciens, guitaristes.


 

 

 

Après la chanson française, nous poursuivrons cet après-midi musical avec Christian Michelet, guitariste-chanteur, qui nous régalera de compositions personnelles mais aussi de

reprises de classiques  de pop-rock, folk.


Puis c’est Erzi Ahamada, chanteur-guitariste, qui nous emmènera dans son univers fait  chansons traditionnelles  comoriennes mais également de quelques chansons françaises.


 

 

Ensuite, nous aurons le plaisir d’accueillir une jeune chanteuse  (12 ans) fontenaysienne, qui viendra nous interpréter une chanson de sa composition.

Puis nous terminerons la journée par la prestation de  l’Orchestre de Ukulélé de Fontenay-sous-Bois qui nous proposera son répertoire coloré.

Vous le voyez, le programme s’annonce riche, varié,  propice aux voyages, au partage !! Alors n’hésitez pas, VENEZ NOMBREUSES ET NOMBREUX POUR APPRECIER, PARTAGER CE MOMENT FESTIF AVEC CES MUSICIENS D’HORIZONS DIFFERENTS!

Des surprises ne sont pas à exclure! :-)! :-)!!

Guillaume.

 

Treïma, duo en devenir…


Samedi 25 février dernier, le duo Treïma, composé de Leïla Serouge (qui a grandi à Fontenay) au chant, et de Mickaël à la guitare, est venu offrir, durant 45 minutes, à l’espace musique de la médiathèque, une jolie prestation toute en maitrise et simplicité, à travers un répertoire composé uniquement de standards du jazz, de la pop, du reggae, ou de la soul music.

Formé voilà un an et demi, ce duo très complémentaire a offert au public présent (petits et grands) les versions revisitées de chansons telles « Route 66 » de Nat King Cole, « Sitting on the dock of the bay » d’Otis Redding, « Talkin about a revolution » de Tracy Chapman, « The preacher Man » d’Aretha Franklin, « Suddenly I see » de KT Tunstall, « Royals » de Lorde, « Come » de Jain, « Beat it » de Michael Jackson, »These boots are made for Walkin » de Nancy Sinatra, « Redemption song » de Bob Marley. Le phrasé sans hésitation de Leïla Serouge, soutenu, secondé, accompagné par Mickaël à la guitare acoustique, donnèrent une couleur nouvelle à ces standards, et c’est très bien ainsi. Le petit bémol à mes yeux, c’est que le répertoire ne contient pas de reprise de standards… français! Jouant parfois dans les bars et restaurants, il est leur plus aisé de proposer une prestation strictement en anglais.

Treïma a d’autres projets pour les semaines et mois à venir, comme une formule à 5 (guitare-voix-basse-batterie-claviers). Le répertoire est en préparation. Excellente nouvelle!

Alors si vous apercevez un annonce de concert de ce jeune duo prometteur, allez-y les yeux fermés, vous passerez un joli moment!

Vous pouvez aussi les suivre sur leur page dédiée : https://www.facebook.com/treima.musique/

Guillaume.

 

 

https://www.facebook.com/treima.musique/

 

Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, une belle découverte!


C’est à l’hiver 2015, dans le sous-sol d’une salle parisienne pleine à craquer et enthousiaste, que j’ai découvert Nathaniel Rateliff & The Night Sweats. Ce soir-là, je découvris donc ce groupe de 7 musiciens, qui pendant près de 1H30, ont réchauffé et enchanté le public par une musique puissante, bien en place, un sens du swing emmené par les cuivres, et des accents blues, soul, dans la voix de Nathaniel Rateliff (chapeau vissé sur le crâne et barbe à la Dr John). Un vrai bonheur, un joli moment musical, et une belle découverte!

Mais qui est Nathaniel Rateliff ? Après ses premiers pas dans le Missouri natal, après avoir très tôt emprunté la voie de la musique, d’abord via la batterie à 7 ans, il délaisse les baguettes pour le manche à 6 cordes. S’en est suivi ses premières chansons, ses premières scènes, puis un premier album en 2007, « Desire and Dissolving Men ». Dans sa besace musicale, le colosse du Missouri trimballe des échantillons de soul music (la section cuivre des Nights Sweats est vraiment chouette!), de blues-rock, de folk bien senti et même de gospel.

Sa nouvelle galette « A little something more from.. Nathaniel Rateliff and the The Night Sweats » en est la parfaite illustration. 8 titres, et cette variété musicale qui s’exprime, avec talent! Les ambiances nous replongent dans cette période bénie des 60-70’s, où la soul music américaine, le blues, le folk faisaient le bonheur du plus grand nombre. « Parlor », qui ouvre le disque, est un blues-folk très dansant, qui met tout de suite dans l’ambiance. La suite ne déçoit pas l’auditeur. Dès « I did it » (un vrai tube en puissance), « Out on the week end », une vraie road-song comme seuls les américains savent en écrire, la variété des styles est là sans jamais perdre en qualité, intensité. « Wasting time » (qui sonne avec des accents Stoniens), morceau enregistré au Stax Museum of American Soul Music, ou le suivant « What I need », sont deux perles pleines de soul, gorgées de swing. « Just to talk to you », est un pur blues, guitare-voix, à l’ancienne, comme un hommage au pionniers du genre. L’album se referme sur « Late night party », qui est en fait la version initiale de « Out on the Week end ».

Au final, un bel album, de pépites à savourer, du talent à découvrir!

Guillaume.

 

 

 

 

Alicia’s « here » again and I love it !!!


alicia-keysPremier opus en quatre ans pour Alicia Keys, « Here » semble être un tournant dans la carrière de la plus célèbre chanteuse/pianiste de la pop/soul U.S de notre siècle. Plus intime, moins pop justement et bien plus proche de la soul revendicatrice, cet album est à l’image de la nouvelle A-Keys et de ses idées sur la société actuelle.

Que ce soit sur la condition de la femme, enfermée dans les canons de beauté avec « Girl can’t be herself » qui illustre parfaitement le mouvement initié par la chanteuse : Make-up free, ces derniers mois ou sur le contexte politique et social Américain avec « The Gospel » et son court métrage de 22 minutes, Alicia n’a pas peur d’exprimer ses idées et le fait avec brio.

Musicalement, comme je le disais, c’est plus épuré qu’à l’habitude, très peu de up-tempo en dehors du single « In common », un seul featuring avec ASAP Rocky qui brille sur « Blended family » qui traite des familles recomposées, sujet que la chanteuse et son mari connaissent bien. Au sujet de son mari/ producteur du CD Swizz Beatz, son empreinte est partout et le duo fonctionne à merveille. Les morceaux où Alicia Keys laisse exploser sa voix si particulière sont ceux que je préfère, « Hallelujah », « Illusion of bliss » et « Kill your mama » en particulier, avec très peu d’instru, ces tracks sont habités par la voix de Miss Keys.

Pour conclure, je dirais qu’Alicia Keys a su se réinventer avec « Here » et  qu’elle devrait être dans nos casques pour encore un long moment…

Laurent

Mr Miller, retour vers ses racines


Afrodeezia_imageTout récemment, l’immense bassiste-producteur-musicien Marcus Miller, était de passage à Paris (Olympia) pour deux concerts exceptionnels, suite à la sortie de son album « Afrodeezia« , qui marque un retour aux racines africaines, aux rythmes et mélopées issus de ce continent si riche en variétés musicales, du nord au sud.

Je ne m’étendrai pas sur le concert, qui fut un pur régal musical, humain (il a invité Aziz Shamaoui et ses musiciens qui assuraient la première partie, à intégrer le band pour prendre part à son récital, qui plus est en lui laissant la place parfois !). Deux heures de bonheur, de chaleur humaine, de voyage en musique entre l’Europe, l’Afrique et les Etats-Unis. Jazz-rock, mélodies traditionnelles africaines, simplicité, fraternité, maestria des musiciens, présence d’une kora, d’un oud, tout y était !

« Afrodeezia« , dernier opus en date de Marcus Miller, est donc un embarquement pour l’Afrique, sa richesse musicale, rythmique, culturelle. C’est aussi un hommage à l’histoire des esclaves noirs, transportés vers les Etats-Unis, qui, pour échapper à leur condition, se mirent à chanter et inventèrent le blues, le gospel, les spirituals, le jazz, le rhythm’n’ blues.

De « Hylife », qui ouvre l’album, à « I can’t breathe », qui clot l’album, il démontre toute l’étendue de son répertoire, sa musicalité, son sens de l’improvisation aussi, sur cet instrument qui semble être un prolongement naturel de lui-même. Sur cet album, figurent des invités (qui accompagnent également Marcus Miller sur scène) tels que Cherif Soumano (Kora), Etienne Charles (trompette). Deux musiciens, deux talents qui ont toute leur place dans l’univers musical du maestro. Le très beau « B’S river », qui évoque une rivière de son enfance,  sa version de « Papa was a Rolling stone » des Temptations, et « Water dancer » ont ma préférence.

A 56 ans, le bassiste-compositeur-producteur tient la grande forme et sa musique est de plus en plus riche, profonde.

Vivement le prochain album !

Guillaume.

 

Un samedi avec Hubert Dupont et son M’Brass Band.


BRASSBANDCOULEUR.Samedi 16 Janvier, l’espace musique de la médiathèque a eu le plaisir d’accueillir pour la seconde fois (après la fête de la musique en juin 2014), le musicien et chef de band(e) Hubert Dupont, accompagné de son M’Brass Band, pour l’occasion composé de 9 musiciens : 6 cuivres dont 5 saxophones et un Tuba, un percussionniste avec sa grosse caisse, et un accordéoniste.

Au menu de cette rencontre musicale, un répertoire varié que le public présent (50 personnes, petits et grands) a pu apprécier pendant 45 minutes. Hubert Dupont et ses acolytes ont ouvert la séance par un morceau composé par Pee Wee Ellis (ancien membre de la section cuivres de James Brown), intitulé « Chicken ». Selon ses propres mots Hubert et son Brass Band ne jouent « que des tubes », « évidemment par écrits pour être joués en Brass Band, mais c’est ça qui est intéressant ! ». Alors après « Chicken », nous eûmes droit à « Kadji » du pianiste de jazz Don Pullen. Puis le Brass Band enchaîna avec le célèbre « Isn’t she lovely » de Stevie Wonder, « No mercy for me » du pianiste-organiste Joe Zawinul, ancien compagnon de route de Miles Davis et créateur-leader du Joe Zawinul Syndicate dans les années 90.

Pour terminer ce voyage musical à travers les styles, les continents, le M’Brass Band a joué un morceau d’une chanteuse-danseuse sud-africaine, Busi Mhlongo,  intitulé « Awuku Umuzi ». Du jazz, de la soul, de la musique traditionnelle, Hubert et ses complices nous ont régalé et démontré que rien ne résistait à l’adaptation pour Brass Band.

Au final, un joli moment musical, une belle rencontre, très appréciée par le public présent.

Vivement la prochaine fois ! DessinBrassBandGilles

Homme aux multiples projets, aux horizons sonores variés, Hubert Dupont est à la recherche de musiciens / musiciennes, pour compléter son Brass Band. Alors si cela vous intéresse, vous pouvez le contacter en allant sur le site : http://www.ultrabolic.com/

ou bien en vous rendant le samedi après-midi, au bar musical « Musique au comptoir » situé sous la Halle Roublot http://www.musiquesaucomptoir.fr/ , lieu de répétitions entre 16h et 19h.

Guillaume.

 

 

 

Sfonx, ça groove !


Sfonxpochette_imageLa pochette du disque nous offre un gorille en costume sur fond de buildings new-yorkais… Aussi pouurait-on croire à un album d’un groupe issu de Big Apple… Erreur!

Sfonx est un groupe lyonnais composé de 9 membres, offre à nos oreilles un funk-soul cuivrée, groovy , avec des épices au gout d’électro, de rock. Les bons groupes de soul-funk-rock français ne sont pas légion… Alors quand nous avons la chance d’en découvrir un, ne boudons pas notre plaisir !!! Ce groupe fait partie d’un label, Grolektif (http://www.grolektif.com/), fondé en 2004, qui regroupe une quarantaine de membres et qui a produit à ce jour une dizaine d’albums dans des genres très différents : punk-jazz, funk-rock, électro-folk, soul-grooves…

« Like a Monkey » publié en 2010, est un album qui d’emblée vous embarque dans un univers funky, avec une rythmique et une section cuivres très efficaces. Le tout au service de vocalistes (Luc Sabatin, Laurence Fargeat) remarquables. Les morceaux s’enchainent sans jamais baisser en qualité, quand bien même les ambiances sont différentes. Il est clair que les musiciens de Sfonx ont écouté, digéré les codes de la funk-soul mis en place par James Brown, Prince, Bootsy Collins, Tower of Power…et bien d’autres… Le résultat est bluffant! Loin de  se cantonner à jouer une funk énergique gorgée de soul, de groove, les musiciens de Sfonx osent intégrer des boucles électro (écoutez « Bables of voices »), et des riffs de guitare que l’on entend d’habitude dans le rock. L’idée, étonnante au demeurant, s’avère judicieuse sans être surutilisée.

« Like a monkey » s’avère trop court (41 minutes de musique pour 10 titres)… c’est dommage car, au vu de la qualité des compositions, j’aurais aimé en écouter davantage. Les amateurs de funk bien cuivrée trouveront avec Sfonx de quoi se régaler.

Mes titres préférés sont « Happy People », qui vous mets tout de suite dans l’ambiance, « Babbles of voices » et ses boucles électro, et le subtil « Time for fever ».

Guillaume.

Get on up !… ou Quand James Brown révolutionne la Soul !


GetOnUp_affiche« Get on up! » (Debout!!) ! L’expression est de celui qui fut surnommé « The Godfather of Soul », Mister JB himself, James Brown, chanteur, producteur, danseur, également ardent défenseur de la communauté noire aux côtés de Martin Luther King, Jessie Jackson. Sa chanson « Say it Loud-I’m black and I’m proud »(1968) en est le témoignange.

Durant ses 60 ans de carrière, commencée comme chanteur de gospel dans les églises de Georgie, puis au sein du groupe « The Famous Flames« , qui lui permit de se faire remarqué par son sens inné du show et ses talents de chanteur-danseur, avant de devenir le patron de son propre orchestre (The JB’s), James Brown a marqué de façon indélébile la musique du 20ème siècle, et participé à l’émancipation de la communauté noire américaine, jeté les bases de ce que sera désormais la musique Funk-Soul.

Personnage autoritaire, excessif, rebelle, insoumis, colérique, charismatique, charmeur invétéré, chanteur incroyable à la voix rauque, danseur et showman infatigable (ses shows pouvaient durer plus de 3h!), figure emblématique et porte voix de la communauté noire américaine, James Brown était tout cela.

Il connut le succès dès les années 50, avec des ballades comme « Please, Please, Please », puis surtout dans les années 60 avec « Papa’s got a brand new bag », « I got you-I feel good », « It’s a man’s mans’man’s word ». C’ est lui qui  jeta les bases fondamentales de la musique Funk, par le biais de son groupe et sa section cuivre historique (Maceo Parker, Fred Wesley).

Au tournant des années 70’s, il lâche ses racines blues et gospel pour une musique funk-soul enfiévrée, très rythmée, qui lui donne l’occasion de prouesses vocales et dansantes qui fascinent son auditoire, notamment la gente féminine. Dans son sillage, d’autres noms vont émerger tels, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Otis Redding, George Clinton, Sly and The Family Stone, Parliament.

Le film « Get on Up! » sorti en début d’année 2015, biographie filmée de ce géant disparu en 2006, montre l’ascension sociale, musicale, l’évolution du personnage, la face brillante (le showman, le chanteur-danseur, le citoyen engagé) comme celle plus sombre (l’homme tourmenté, colérique, brutal, autoritaire, tant auprès de ses conquêtes féminines que de ses musiciens), de James Brown, ici magistralement incarné à l’écran par le comédien Chadwick Boseman, dont les performances vocales et scéniques sont saisissantes, à l’égal de la prestation de Jamie Foxx dans « Ray » (2004), autre film dédié à une légende de la musique noire américaine, Ray Charles.

Ne ratez pas ce film, et redécouvrez celui qui a ouvert la voie du Funk, de la Soul music moderne, et influencé nombre d’artistes après lui, jusqu’à aujourd’hui.

Guillaume.

 

 

Au tournant des 70’s, la Blaxploitation se fait jour aux USA.


Le tournant des années 70, aux Etats-Unis, est marqué par l’émergence d’un courant cinématographique nouveau, la Blaxploitation. Ce cinéma, avant tout joué par des comédiens issus de la communauté afro-américaine, s’adressait uniquement au public de celle-ci. Ce nouveau genre a permis à la communauté noire américaine de sortir du carcan de racisme, d’exploitation, de ségrégation subi depuis des décennies. A travers les films de la Blaxploitation, tous les genres ont été abordés : policier (Shaft, 1971), comédie (Uptown saturday night, 1974), péplum (The Arena, 1974), western (Boss Nigger, 1975), politique engagé (The spook who sat by the door, 1973). Ils ont permis à d’exprimer le quotidien vécu par la communauté à cette époque, pour mieux s’en affranchir, entre drogue, racisme, prison, prostitution, viols.

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Les comédiens jouant dans ces films avaient enfin des vrais rôles, en vedette, à l’opposé de ceux proposés jusqu’ici aux acteurs et actrices noirs, à savoir être cantonné à jouer une bonne, un esclave, un serveur, un majordome. Certains acteurs-actrices vont voir leur carrière décoller, à l’exemple de : Pam Grier, égérie de la Blaxploitation, à qui Quentin Tarantino confira le rôle de Jackie dans « Jackie Brown », aux côtés de Samuel Jackson, Robert de Niro. Richard Roundtree, dans le rôle de l’inspecteur Shaft (1971, et qui fera une apparition en clin d’œil dans la version remise au goût du jour en 2000 avec Samuel L. Jackson dans le rôle-titre), aura une carrière très inégale ; Philip Michael Thomas (Blackfist, 1975), attendra les 90’s pour devenir une star grâce à son rôle aux côtés de Don Johnson, dans la série « 2 flics à Miami » ; Jim Kelly, karatéka, deviendra acteur et sera vu dans « Opération dragon »(1973) avec Bruce Lee. Il se retira du cinéma pour retourner vers le sport.

Et la musique, direz-vous? Elle est très importante, voire omniprésente, dans ces films. La soul music, le funk, le rhythm and blues sont de chaque bande-son. James Brown (Black Caesar,1973), Curtis Mayfield (Superfly), Isaac Hayes (Shaft, les nuits rouges de Harlem ), Marvin Gaye (Trouble Man), mais aussi Herbie Hancock, Barry White, Roy Ayers, Edwin Carr, Norman Whitfield, issus de labels tels que Stax ou Motown, vont participer à ces films, leurs donnant une identité musicale très forte, qui permettra à ceux-ci de se faire connaitre parfois au-delà de la communauté noire.  « Shaft » notamment, avec le tube composé par Isaac Hayes, sera le premier film à connaitre le succès au delà des Etats-Unis, partout dans le monde.

Ce cinéma, victime d’une surproduction pendant la décennie 70’s (jusqu’à 4 films par an!!), se tarira à l’aube des 80’s. Par la suite, les acteurs et actrices noirs américains se verront proposer des rôles au cinéma bien sûr, mais aussi et surtout à la télévision dans les séries télévisées ou les shows télé. Rien ne sera plus comme avant. Et c’est tant mieux!

Guillaume.

Le retour de l’Oncle Soul


benDéjà 5 ans que nous attendions le retour de l’Oncle soul.

Pendant tout ce temps Ben a effectué un retour à la source de la soul. De ce long voyage aux USA est né cet album plus personnel, qui balance toujours entre le jazz zt la soul. Il s’est entouré d’un super groupe les monophonics.

Les sonorités sont plus proches des années 50. Il chante avec la même aisance en anglais et en français ,  des ballades lancinantes. D’un look exhubérant, il est passé à un look plus sobre, finit les lunettes et le noeud papillon. « A coup de rêves » est un petit bijou.

Françoise

1969, Roberta Flack débarque sur la planète Soul…


1969. Si en France, un certain Serge Gainsbourg, accompagné de Jane Birkin, chante l’érotisme, aux Etats Unis, 2 évènements surviennent : Le premier pas de l’Homme sur la Lune, et la première apparition discographique d’une chanteuse noire qui va marquer l’histroire de la Soul Music : Roberta Flack.

Après avoir appris toute jeune le piano, puis le chant classique, en passant pas le chant religieux (gospel et négros-spirituals), dans les églises,  après avoir enseigné l’anglais et la musique, après s’être occupé d’ enfants pauvres à Washington, elle chante le blues au Trivoli Club de Washingon, puis passe une audition pour le label Atlantic. Son approche de la soul music, dans laquelle elle mêle influences classiques et folk, en font une chanteuse à part.

« First Take« , première empreinte discographique de Roberta Flack, est un écrin composé de 8 morceaux. Elle ouvre par le superbe et lancinant « Compared to what« , sa voix grave, son phrasé, posés sur la rythmique, font merveille. Un son moderne, un chant plaintif-revendicatif, à l’égal de ses consoeurs Tina Turner, Aretha Franklin. S’en suivent l’hispanisant « Angelitos negros« , introduit par un solo de contrebasse, qui installe l’ambiance. Superbe. Tout comme « Our ages or our hearts« , sur fonds d’instruments à cordes. « I told Jesus », au chant minimaliste, presque susurré, est magnifique de simplicité. Le morceau « The first time I saw your face« , connut un succès particulier, puisque Clint Eastwood l’utilisa pour son film « Un frisson dans la nuit« .

« Tryin times » et « Ballad of the sad young men », ferment superbement ce premier opus de la toute jeune Roberta Flack, qui, musicalement, se démarque de la soul music habituellement enregistrée dans les années 60. Avec « First Take », Roberta Flack marque son entrée dans l’univers de la soul de la plus belles des manières. Ne le manquez pas!

Guillaume.

Lee Fields, dans l’ombre d’un géant…


LeeFields_pochetteLee Fields. Ce nom n’évoquera sans doute pas grande chose à votre mémoire, sauf a celles et ceux qui sont fans de Soul Music, période 60’s et 70’s.

Né en 1951 en Caroline du nord, et très vite surnommé « Little J.B » en raison de sa ressemblance physique et de son timbre vocal évoquant parfois celui du godfather of soul, il a mené une carrière en solo, dans l’ombre du géant. Pas simple dès lors de se faire une place au soleil de la funk, soul music. Mais l’homme est tenace. il fait son chemin, accumulant les tournées, les collaborations prestigieuses (Kool and the Gang, Martin Solveig par deux fois…). Un parcours discographique clairsemé, certes, mais qui n’empêche pas la qualité. La preuve? son dernier album « Emma Jean » (2014),dont la pochette en noir et blanc, evoque une traversée du désert, et au verso, un homme sorti d’un tunnel humain, musiacal.  » Emma Jean » fleure bon la soul des années 70’s, un son gras, une voix parfois plaintive, éraillée,  mais avec ce grain inimitable que possède les grands chanteurs soul : Marvin Gaye, James Brown, Otis Redding…et donc Lee Fields. Cet album sonne comme  une renaissance artistique.

Tout au long du disque, je me suis dit : « Mais pourquoi cet artiste est si peu connu du grand public? »… La réponse s’étale tout au long des 11 titres, 11 pépites musicales, de « Just can’t win » qui ouvre l’album, à « Don’t leave me this way » qui le cloture, en passant par les beaux « Standing by your side« , « Eye to eye » ou « in the woods« ,  qui finissent de (me) convaincre.

Ne ratez pas cet artiste, cette voix. Elle vous offre un voyage dans le temps, une promenade dans l’age d’or de la soul américaine.

Guillaume.

Millie Jackson, voix Soul méconnue.


Dès la pochette, le ton est donné. Nous sommes embarqués pour un flashback musical, dans les 70’s, aux Etats-Unis. Millie Jackson (rien à voir avec le clan des Jackson Five), née en Géorgie, marquée par les épreuves de la vie ( sa mère décède alors qu’elle n’est encore qu’une enfant), nous laisse entendre sa voix rauque, chaude, oscillant entre chant plaintif et paroles balancées tranquillement sur fonds de rythmique basse-batterie, nous prend aux tripes. La musique, ornée de cuivres et cordes, fait fortement penser à « Shaft » de feu Isaac Hayes.

Caught up / Still caught up est un disque réalisé en 1974. Ce qui frappe d’entrée, c’est ce son, particulier, reconnaissable, identifiant d’un genre, d’une musique : La Soul- Rhythm and blues, la Black Music. Personnellement, je mettrais Millie Jackson au diapason des Nina Simone, Aretha Franklin et autres Tina Turner (à l’époque de Ike & Tina).

Le saut dans le temps se révèle très agréable, et les morceaux restent très modernes, dans leurs compositions. 17 titres durant, Millie Jackson nous fait voyager et nous rappelle que la vie, pour la communauté noire américaine, à cette époque, n’était pas des plus simples. A quarante ans de distance, cela résonne très fort.

Vous aimez les 70’s, la Soul music, les chanteuses à caractère ?… alors Millie Jackson vous est toute indiquée.

Guillaume.