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THE DEUCE, Sexe, Soul et David Simon.


Pour ceux qui ont l’habitude de lire mes chroniques, vous aurez compris que je suis un fan absolu du travail de David Simon, le réalisateur de THE WIRE, TREME et autres SHOW ME A HERO. L’ancien journaliste du Baltimore Sun nous propose sa nouvelle série, THE DEUCE, le démon en vieil anglais, qui prend place dans le New York des années 70, précisément sur la 42ème rue (également surnomée The deuce), où l’on s’apprête à vivre l’avènement du porno aux Etats Unis. Déjà populaire en Europe, il est encore interdit outre-Atlantique et cette saison n’est qu’une mise en bouche (si je puis dire…) de ce qui va arriver dans la grosse pomme.

Nous allons suivre le quotidien des prostituées, des macs, de la police qui doit gérer tout ça, mais aussi celui d’un barman et de son frère jumeau “maléfique”, tous deux joués par un James Franco de gala aux prises avec la mafia locale, incarnée par Michael Rispoli, le Jackie Aprile des SOPRANOS. Les séries de David Simon, c’est ça aussi, des galeries de personnages tous plus colorés les uns que les autres, chacun a son importance et comme il le dit si bien dans THE WIRE: All the pieces matters… La véritable étoile de la série pour le moment, c’est Maggie Gyllenhall, qui joue Candy/Eileen, une prostituée sans mac, avec une histoire mysterieuse et une double vie, elle veut en sortir et nous allons suivre son parcours… pour le moins tragique. Côté casting, on retrouve également des habitués de Simon, avec Gbenga Akinnagbe, Lawrence Gilliard ou encore Chris Bauer, autrement dit, que du très bon!

Gros bonus musical également, car non seulement la bande originale (j’y viens) est exceptionnelle, mais on a également deux invités de marque, deux des plus grands rappeurs de l’histoire, Method Man, qui avait déjà participé à THE WIRE et Black thought, l’incomparable lead de The Roots qui jouent le rôle de deux affreux proxénètes.

Le soundtrack donc, nous y voilà et si vous aimez l’ambiance Soul des années 70, la Blaxploitation et aussi du bon Rock, vous allez être servis!!! De l’ambiance sonore du Hi-Hat, le bar tenu par Vincent (James Franco), aux ruelles sombres, jusque dans les barbershops où les pimps parlent business, la Soul nous accompagne tout le long de la série, un vrai orgasme musical…

Dès le générique, du mythique “(Don’t worry) If there’s a hell below we’re all going to go” de Curtis Mayfield jusqu’au “Assume the position” de Lafayette Gilchrist, déjà entendue dans THE WIRE et utilisée ici comme générique de fin, on est vraiment baignés dans cet atmosphère seventies et on se croirait revenu à l’heure de gloire des Shaft et autres Foxy Brown.

Au programme de cette bande originale, vous retrouverez Al Green, Johnny guitar Watson, Rufus Thomas, je continue? On a aussi du Dean Martin (pour Guillaume), David Bowie, les Velvet underground et j’en passe…

Je vais pas vous spoiler le plaisir de l’écoute en vous en disant plus, car c’est vraiment l’une des playlists avec lesquelles j’ai pris le plus de plaisir cette année et si vous voulez voir la série, elle est disponible sur OCS, ici.

Alors, voilà, comme à chaque fois avec David Simon, la mise en place est longue, le thème est déprimant, mais l’excellence est au rendez-vous et vous ne ressortirez pas indemnes des recoins les plus sombres des allées New Yorkaises.

 

Laurent

 

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Les Soulections #5: Luther Vandross


Allez, avoue Guillaume, tu la sentais venir celle-là, non? Je l’ai pas fait en premier, mais j’étais obligé d’y venir, c’est Luther quand même, “The king of the bedroom”, si ce n’est pas un surnom imagé ça, j’y comprends plus rien!!! Un surnom que le chanteur n’appréciait guère cela dit, ni les sous-vêtements que les jeunes femmes lui lançaient continuellement sur scène d’ailleurs, mais bon, que faire, sa musique crée des émotions, c’est comme ça…

Luther Vandross, c’est l’une des voix de la soul/R’n’B reconnaissable entre mille, c’est la voix de velours comme disait Dionne Warwick, l’une des meilleures amies de l’artiste et elle sait de quoi elle parle, il me semble.

Luther, c’est une grosse quinzaine d’albums studios, une demi-douzaine en live, 8 grammy awards, difficile d’appeler ça de la musique d’ascenseur, hein G…? ;-P

La carrière de Luther Vandross débute en tant que choriste pour des chanteurs tels que David Bowie, Bette Midler et Barbara Streisand pour ne citer qu’eux, puis crée le groupe Luther, qui sortira deux albums, passé inaperçus, il retourne à son boulot de choriste jusqu’à sa participation à l’album de Change où il est le lead singer sur “The glow of love” et “Searching”, cette fois sa carrière est lancée!!!

Avec l’aide de Donna Summer et la participation de son acolyte de toujours, l’immense bassiste Marcus Miller (qui dit que c’est en côtoyant Luther qu’il a enfin su apprécier les chanteurs, qui n’était pour lui, jusque-là que des faire-valoir pour les instruments) qu’il sort son premier album solo: Never too much, une perfection pour moi, avec le titre éponyme évidemment, mais aussi la reprise de Dionne Warwick, “A house is not a home” (la chanteuse dit quand même que c’est Luther a qui doit revenir la version définitive de ce morceau tant sa performance est supérieure), “Sugar and spice”, “Super lady” etc…

Quelques albums plus tard, Luther devient LA référence du romantisme durant cette période avec des tubes comme “Always and forever”, “There’s nothing better than love” avec Gregory Hines ou encore “Any love”.

Il était capable de sortir de son confort de crooner avec des morceaux plus funky comme “Bad boy/Having a party”, “Till my baby comes home” et j’en passe, il a également su s’adapter aux changements musicaux pour continuer à produire quasiment un disque tous les deux ans entre 1981 et 2003.

Des albums de Noël, des reprises, des duos avec des artistes tels que Stevie Wonder, Mariah Carey ou encore Busta Rhymes, la carrière de Luther Vandross est aussi diverse qu’elle est talentueuse.

Malheureusement, le 1er Juillet 2005, il meurt des suites de ses problèmes de santé, il souffrait de diabète et d’hypertension. Bien que reconnu par le monde de la musique, son décès est presque passé inaperçu à l’exception du disque hommage “So amazing: An allstar tribute to Luther Vandross” avec des reprises de ses standards par des artistes tels que Beyonce, John Legend, Usher ou encore Aretha Franklin.

En attendant, vos soirées romantiques sont parées avec la playlist spécial Luther ci-dessous…

Laurent

Blood par Lianne La Havas


Lianne-La-Havas-BloodOriginaire de Londres, d’un père grec et d’une mère jamaïcaine, Lianne La Havas, sort en 2015, un album intitulé Blood  – le deuxième – et qui est à son image, un beau mélange de styles.Une superbe voix, un léger grain, une « soul » envoûtante, cet album confirme son talent, après son premier album Is your love big enough. Entre ces deux opus, elle a entre autre collaboré avec Prince sur l’album Art Official Age.
C’est un album soul, mais aussi rock, jazz, et on pourrait dire folk. Et c’est tout ce qui fait la richesse de sa musique et de cet opus. Une variété de rythmes, de thèmes, d’ambiances et c’est cette diversité qui fait de cet album une belle histoire à écouter. Des récits personnels comme son voyage en Jamaïque avec sa mère.
Le titre phare de cet album est « Unstoppable ». C’est vrai, c’est un superbe morceau, avec un groove incroyable. Mais j’apprécie aussi beaucoup la sensibilité, la douceur de ces mélodies comme pour les titres « wonderful » ou « Good goodbye ».

On attend la suite.

Carine

Les Soulections #4: Gladys Knight & The Pips


L’une des grandes voix de la soul, des années 60 à nos jours, Gladys Knight est difficilement dissociable de son groupe, les fameux Pips, composé de son frère MeraldBubbaKnight, Edward Patten et William Guest puisqu’ils ont joué ensemble la quasi-totalité de leurs carrière.

Près d’une quarantaine de disques plus tard, des hits inoubliables et indémodables, petit retour dans le passé quand le groupe était composé encore de cinq membres avec la soeur de Gladys, Brenda et Eleanor Guest, à ce moment-là, ils sont encore Les Pips.

Ils débutent à la toute fin des années 50 et se produisent dans les soirées de la région d’Atlanta et le dimanche dans les églises. A force, le groupe se fait remarquer et se voit proposer d’enregistrer leur version du hit de Johnny Otis: “Every beat of my heart”, les Pips décrochent leur premier contrat, mais deviennent Gladys Knight & The Pips, tant la chanteuse éclabousse tout le monde de son talent.

Ca fonctionne plutôt bien pour eux, mais le vrai déclic se produit en 1966, quand ils sont signés par un certain Berry Gordy, le patron du label Motown, icône de la Soul. Celui-ci va déployer ses meilleurs auteurs/compositeurs et musiciens au service de son nouveau groupe et là, ce sera l’explosion, ils vont enregistrer “I heard it through the grapevine” et quelques autres hits tous écrits par Norman Whitfield. Au départ, plutôt Blues, les Pips et Gladys vont se fondre dans le moule Motown et offrir une soul plus pop et ce qui fera définitivement leur succès.

En 1973, ils quittent la Motown et signent chez Buddah records, qui continueront à leur faire enregistrer des pépites telles que “Midnight train to Georgia” (mon morceau préféré!) ou “The best thing that ever happened to me”, Curtis Mayfield (dont nous parleront une autre fois) écrira également pour eux.

Après quelques soucis avec le label, le groupe est forcé de se séparer et Gladys débute une carrière solo tout aussi fructueuse, ils pourront de nouveaux jouer ensemble au début des années 80 et leur rencontre avec Ashford et Simpson qui leur permettra de se réinventer à nouveau et de s’orienter vers le disco/funk plus en vogue à l’époque.

Gladys Knight et les Pips se séparent définitivement à la fin des années 80 et la lead continuera, elle à enregistrer de nombreux albums jusqu’en 2014 et son dernier album en date “Where My Heart Belongs”.

Tout au long de sa carrière, Gladys également décroché quelques rôles au cinéma ou à télévision, parfois, dans son propre rôle, comme dans la série Las Vegas, où elle joue la tante de l’un des employés et lui fait faire les choeurs lors d’un concert.

Tout ça pour dire que “The empress of Soul” d’Atlanta possède l’une des plus belles discographies qu’il m’ait été donné d’écouter.

Laurent

Les Soulections #2: The O’jays


Quand on parle de groupe vocal masculin soul dans les années 60/70, généralement, le premier nom qui vient à l’esprit est celui des Temptations, le groupe mythique de la Motown est évidemment l’un des plus reconnus et talentueux de cette époque, mais du côté du label Philadelphia, l’un des autres leaders de la Soul de l’époque, une autre formation vient marquer la musique dès 1958: Les O’Jays.

Composé à la base de Walter Williams, Eddie Levert, William Powell ainsi que Bill Isles et Bobby Massey jusqu’à la signature avec les légendaires producteurs Gamble & Huff chez Philadelphia, les O’Jays deviendront un trio avec les 3 premiers cités plus haut. C’est à ce moment-là et avec le single “Backstabbers” que leur carrière va exploser.

Les O’jays sont l’un des groupes les plus représentatifs du “Philly sound” orchestrés par les fameux MFSB, le pendant des Funk brothers de la Motown, ils produiront près d’une trentaine d’albums studios et continuent de se produire jusqu’à maintenant. A travers les époques, la formation de Canton, Ohio a su se renouveler et adapter sa musique au sonorité actuelle.

Malgré les nombreux changements dans le groupe, ils ont su garder leur identité musicale en conservant deux des membres fondateurs avec Eddie Levert et Walter Williams, les 2 leads vocaux depuis les débuts du groupe. Tout au long de cette belle carrière, les O’jays nous ont offert des véritables pépites Soul dont voici quelques extraits ainsi qu’un concert entier filmé au légendaire Apollo theater, amoureux de la Soul, régalez-vous…

Laurent

Les Soulections #1 : Donny Hathaway


Pour cette nouvelle rubrique consacrée à la crème de la crème de la Soul, j’ai décidé de commencer par un de mes artistes préférés, Monsieur Donny Hathaway.

La discographie de l’artiste de Chicago est certes courte, elle se compose uniquement de trois albums solo entre 1970 et 1973, un disque en duo avec la merveilleuse Roberta Flack (avec qui il a été en couple) et de quelques lives également.

Le temps pour lui de nous offrir quelques unes des plus belles chansons de l’histoire de la soul et des plus samplés aussi.

La carrière de Donny Hathaway, s’arrête brutalement le 13 janvier 1979 quand il est retrouvé mort, sur le trottoir de son immeuble, après l’enquête, la police a conclut un suicide,  le chanteur était atteint de schizophrénie et avait déjà fait plusieurs dépressions auparavant. Bref, ne soyons pas morbide, nous sommes là pour découvrir son oeuvre, celle d’un des plus grands de la Soul.

Pianiste d’exception, il a travaillé avec Curtis Mayfield et Aretha Franklin pour ne citer qu’eux, avant de se lancer en solo avec le sublime “Everything is everything” en 1970, l’album contient le titre qui va lancer la carrière de Hathaway: “The ghetto” ainsi que les reprises de Nina Simone “To be young, gifted and black” et de Ray Charles “I believe to my soul”, c’est sans aucun doute son album le plus joyeux, le plus proche du Gospel dans lequel il a grandi.

Ensuite, il enregistre son disque éponyme en 1971 “Donny Hathaway” qui est principalement composé de reprise de classiques Soul et Gospel, tout ça réarrangé à la sauce Hathaway avec notamment le titre qui me l’a fait découvrir “A song for you” samplé par Common en 1997 avec Lauryn Hill sur “Retrospect for life”.

Sa première collaboration avec Roberta Flack en 1972 est une merveille absolue, impossible de sortir un titre pour le mettre en avant, tout est sublime.

Il fera un dernier album solo, “Extension of a man” à l’image de son état d’esprit, sombre et dépouillé mais vocalement, l’artiste n’a jamais été aussi impressionnant, son “Someday we’ll all be free” est inoubliable, puis se décidera à collaborer à nouveau avec Roberta Flack pour un deuxième album de duo, qu’il n’aura malheureusement pas le temps de finir, il ne fera que 2 morceaux dessus et Flack refusera de continuer à enregistrer sans lui, les producteurs arrangeront le disque avec les enregistrements déjà réalisés.

La discographie de cet étudiant de la musique ne s’arrête heureusement pas la, nombreuses pépites sont sorties à titre posthume dont ce “Little ghetto boy” magistralement repris par Dr.Dre et Snoop sur “The Chronic” ainsi que par la fille de Donny, Lalah Hathaway, qui fera elle-même une bien belle carrière.

 

Voilà, j’espère vous avoir donné envie et si ce n’est pas encore le cas, voici la “Donny’s playlist”, ENJOY!!!

 

Laurent

Cette année, on pense tous Monae, Monae!!!


2017 sera l’année des débuts cinématographiques pour Janelle Monae avec des apparitions dans deux films très remarqués: Moonlight (Oscar du meilleur film) et Les figures de l’ombre. L’occasion pour moi de faire une petite séance de rattrapage sur Janelle, la chanteuse, c’est quand même sa carrière première après tout!

Pour ceux qui seraient passés à côté du phénomène, Janelle Monae (Robinson), c’est l’une des nouvelles reine du R’n’B/Soul Américaine. Découverte par Big Boi d’Outkast, puis signée par Puff Daddy chez Bad Boy records, pour qui elle a déjà signé un EP et deux albums, Janelle, c’est la dernière poule aux oeufs d’or de Diddy.

Personnage quelque peu excentrique, elle aime à dire qu’elle a grandi en s’inventant un monde fait de musique et de science fiction, elle s’est d’ailleurs créé un alter-ego androide: Cindy Mayweather, qui revient régulièrement dans ses morceaux, elle est le fil conducteur des trois projets de Janelle: Metropolis Suite 1 (The chase), The Archandroid (Suites 2 et 3) et The electric lady (Suites 4 et 5).

C’est de ce dernier dont je vous parlerais aujourd’hui, sorti en 2013, The electric lady est pour moi l’un des albums les plus marquants de ces dernières années. L’artiste y est très inventive, diversifiée, passant par tous les styles qu’elle affectionne: Soul/Funk, Rn’B, Hip hop et Rock, elle excelle à mélanger les genres et s’est entourée des meilleurs pour ce faire.

Au casting de cet opus, ni plus ni moins que l’une des dernières apparitions de Prince himself, la reine Erykah Badu et les stars montantes du milieu Solange et Miguel, ainsi qu’Esperanza Spalding sur “Dorothy Dandridge eyes”, le tout coproduit par ses 2 mentors Big Boi et Diddy. Le CD se termine par le morceau “What an experience” et ce titre ne pouvait pas être mieux trouvé tant le plaisir est total.

Pour conclure il ne me reste qu’une chose à dire, à quand les prochaines aventures de Cindy Mayweather et je vous laisse profiter du génie de Janelle…

Laurent

Un ferrailleur au cœur tendre


Je l’ai découvert comme tout le monde l’été 2016 avec son fameux tube Human, voilà t’y pas que Rag’n’Bone Man nous révèle enfin son très attendu album du même nom.

Ce grand barbu britannique de 32 ans (de son vrai nom Rory Graham) me donne des frissons. Une énorme voix, rocailleuse, singulière et envoûtante. Il nous propose une soul vibrante. Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme la révélation de l’année.

Même si parfois certains morceaux de son album tombent dans la facilité, d’autres sont véritablement incroyables. 19 morceaux, et oui vous en avez pour votre argent. Human bien sûr, mais aussi Skin, chanson d’amour puissante où sa voix est accompagnée de chœur, Ego morceau funky, mélange de hip-hop et de trompettes, Grace qui donne des frissons, Wolves avec ses vocalises et percussions bondissantes, et un très grand bravo à Die Easy, morceau a cappella, où il se met à nu, sans artifices, sans fioritures.

Un album alliant douceur et force. Vous avez là un vocaliste exceptionnel. Venu du hip-hop, élevé à la soul, au blues et au reggae, je vous présente là une belle personne. Sa voix puissante hurle sa fragilité et son humanité.

Un colosse au cœur d’argile.

Michèle.

Nos samples rendez-vous #12


gangstarrSi je vous dis Gang starr, difficile de mettre un titre en avant, tant la discographie de Guru et DJ Premier est faite de morceaux mythiques, albums après albums. Aussi compliquée fut-ce la mission, j’ai quand même tranché, j’ai choisi « You know my steez », l’un des égotrips les plus marquants de l’histoire du rap US selon moi. Issu du cinquième album et avant dernier album studio du duo New Yorkais, le morceau propulse l’album disque d’or aux Etats Unis en 1998 et marquera la signature musicale de DJ Premier pour les années à venir.

Pour en revenir à ce qui nous intéresse : Le sample! J’aurais pu en choisir plusieurs car ce track en est rempli, Primo est coutumier de la chose et l’utilise à merveille. Ici, j’ai choisi Joe Simon et son « Drowning in the Sea of Love », début de la collaboration entre le chanteur et les « hitmakers » Gamble et Huff, en 1972 sur l’album du même nom. C’est le morceau qui marquera la carrière de Joe Simon, Guru ne sera pas le seul à sampler ce morceau, d’autres tels que Ghostface Killah et Big K.R.I.T mais jamais rien d’aussi marquant que le duo New Yorkais.

Laurent

 

Welcome to The Get Down!!!


the-get-downA mi-chemin entre la fin du disco et les prémices du hip hop, dans le South Bronx de la fin des années 70, voilà le décor de la série de Netflix : THE GET DOWN. L’histoire d’un groupe de jeunes qui essaient de sortir de leur quotidien à travers la musique, la danse ou encore le graffiti.

Je ne m’attarderais pas trop sur la série en elle-même, n’ayant pas pu encore finir la première saison (la suite des épisodes ne sort que courant 2017). Cela dit, la première partie est déjà de très bonne facture, si le style de Baz Luhrmann (réalisateur de Moulin Rouge et Australia), excentrique et coloré, ne vous dérange pas. Le contexte historique, bien qu’en partie fictif, est bien documenté et avec Nas et Grandmaster flash comme consultant sur l’histoire du hip-hop, le sujet ne peut être que maitrisé.Quelques évenements marquants de cette époque New-Yorkaise viennent étoffer le tout, comme la fameuse panne de courant du 13 Juillet 1977, qui plongea la ville dans le noir pendant 2 jours.

Revenons donc à notre intérêt premier : la bande originale, qui selon moi, est l’une des meilleures de ces dernières années (avec Vinyl). Celle commercialisée, avec notamment les deux morceaux de Michael Kiwanuka remixés avec Nas : Rule the world et Black man in a white world ou encore les extraits de la série où les Get down brothers affrontent les Notorious 3 lors d’une battle enflammée, même Christina Aguilera réussit à nous pondre un morceau décent ! Egalement au programme, Janelle Monae, Lyn Collins et son légendaire « Think(About it) » ou encore Leon Bridges.

Ça c’est uniquement pour la version CD, en revanche, si vous prêtez l’oreille pendant la série, c’est là que l’atmosphère musicale de cette période est la plus interessante avec les classiques hip hop de Grandmaster Flash, Afrika Bambataa ou Sugarhill gang et en bonus des intros inédites de Nas pour chaque épisode, mais aussi de la Funk, du Disco, de la Soul et du Punk avec les Clash, Marvin Gaye, Celia Cruz pour n’en citer que quelques uns, hétéroclite vous avez dit ?

Avec une telle richesse musicale, difficile de se limiter à un ou deux morceaux, je vous ai donc concocté une petite playlist pour l’occasion.

Laurent

Nos samples rendez-vous #9


odbAujourd’hui, 2 monstres du hip-hop et du R’n’B ou comment faire d’une même boucle, deux morceaux totalement opposés par leurs thèmes et leurs interprètes.

Le morceau original, lui-même issu de plusieurs samples, c’est  « Brooklyn Zoo » d’Ol’Dirty Bastard en 1995, sur son premier album « Return to the 36 chambers ». C’est le premier single issu de cet album et c’est un morceau qui va ancrer la personnalité d’ODB, c’est un véritable message que le MC envoie à quiconque oserait le défier : qui s’y frotte s’y pique,  ODB utilisera bien sûr d’autres termes pour imager sa pensée…

Et c’est donc ce morceau qu’Alicia Keys a choisi de sampler pour le single « Girlfriend », issu également de son 1er album, l’excellent « Songs in a minor », sorti en 2001. A l’inverse du morceau précédant, débordant de confiance en soi, notre pianiste, elle, se confie sur son insécurité dans son couple. Le morceau parle de sa jalousie envers une « amie » de son compagnon. Elle utilisera seulement quelques notes sur ce morceau produit par The Keys et Jermaine Dupri (qu’on entend d’ailleurs à la fin du track) mais cette guitare est reconnaissable pour tous ceux qui ont écouté ce morceau au moins une fois.

Laurent

 

Dans l’esprit d’un enfant de Chicago…


bjBryan James Sledge, alias BJ The Chicago kid est la nouvelle coqueluche de la nouvelle scène Soul/R’nb de Chicago et la dernière trouvaille du label légendaire Motown. La windy city, non contente de nous avoir offert des artistes tels que Curtis Mayfield, Donny Hathaway ou plus récemment R. Kelly ou encore Carl Thomas, semble avoir un vivier infini car BJ est une pépite en devenir.

Je l’ai découvert sur l’album de Dr Dre « Compton », mais le chanteur de 31 ans traine ses basques depuis une dizaine d’années déjà en tant que choriste pour Mary Mary ou Lalah Hathaway et ensuite sur des mixtapes, où il multiplie les duos avec Kendrick Lamar, Joey Bada$$ et autres Schoolboy Q.

« In my mind » est donc son 1er album studio et vu la qualité de celui-ci, surement pas le dernier. Dans la pure tradition du R’nB Chicagoan, Sledge nous ballade dans son esprit durant 1heure avec brio, son style est assez éloigné de ce qui marche actuellement, les Chris Brown, Ne-Yo etc… C’est assez lent, romantique avec une voix très douce (C’est un chanteur Gospel à la base).

Coté featuring, que du bon et des artistes avec qui il a l’habitude de collaborer : Kendrick Lamar sur « New cupid », un des singles de l’album, mais aussi Chance the rapper où Jeremiah. Plutôt pas mal comme guests pour un premier album, non ?

Je vous invite également à découvrir BJ the Chicago kid sur Youtube où il reprend énormément de classiques Soul/R’nb à sa sauce et franchement, c’est juste du bonheur !!!

Laurent.

 

 

Anthony a mis le ton !


Anthony HamiltonTout d’abord, désolé pour le jeu de mots, mais je ne pouvais pas m’en empêcher et je suis persuadé que certains sauront l’apprécier, n’est-ce pas G… Revenons aux choses sérieuses et à ce nouvel opus d’Anthony Hamilton qui s’est fait attendre. L’artiste de Caroline du Nord ne nous avait rien offert, hormis un album de Noël plus que discutable, depuis 2011 et sa pépite « Back to love ».

A priori ces quelques années sans  nouvelles n’ont pas été un long fleuve tranquille pour Hamilton, puisqu’il a divorcé et a bien failli sombrer dans la dépression comme il le répète dans plusieurs de ces morceaux. Sa musique s’en ressent et on est souvent plus proche du Blues que de sa Southern Soul habituelle. L’album reste de qualité, c’est juste différent, même s’il s’est entouré de son compère original Mark Batson avec qui il avait enregistré son premier album : « Comin’ from where i’m from. »

Peu de morceaux up-tempo en dehors de « Save me », introduction du CD et qui pose les bases très clairement : le chanteur est entre deux eaux, il a envie d’aller mieux, mais on en est pas encore là. Pas vraiment de hits à proprement parlé, le single mis en avant est « Amen », qui est une ode à la femme, certes très bon, mais pas de quoi révolutioner sa discographie non plus.

Mes tracks préférés sont finalement ceux où Hamilton nous plonge dans sa « loose », ceux où il parle quasiment plus à son ex-femme qu’à son auditeur, notamment le « Walk in my shoes » qui est un peu le débriefing de sa relation perdue.

J’ai aussi  beaucoup aimé le titre éponyme « What i’m feelin ‘ » où les chœurs habituels du chanteur, les « Hamiltones » sont mis en avant et franchement, ça sonne vraiment bien !!!

Bref, comme pour l’état d’esprit de l’artiste, je dirais que c’est un bon album, mais qu’il n’est pas encore revenu au niveau de ses précédents.

Laurent.

She puts a spell on me


 

ninaDepuis quelque temps, je voulais regarder le film dédié à Nina Simone qui a défrayé la chronique, suite au choix de l’actrice pour incarner la prêtresse de la Soul et du jazz. Cette actrice, c’est Zoe Saldana, Neytiri dans Avatar et si les critiques ont principalement portés sur sa « légitimité » à incarner une telle figure de l’activisme Afro-Américain, pour ma part c’est sa performance d’actrice que j’ai trouvé moyenne. Le film traite des dernières années sombres de la vie de la chanteuse : Alcoolisme, cancer du sein etc… Bref, pas les meilleurs moments, mais ça fait partie du personnage aussi.

Si le film n’est pas une réussite en soi, il donne quand même l’opportunité de découvrir ou redécouvrir le répertoire de l’une des plus belles voix du siècle dernier. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce petit billet. Difficile de choisir quels morceaux mettre en avant, tant la discographie de Nina Simone est vaste (une cinquantaine d’albums) mais parmi les plusieurs documents disponibles à la médiathèque, vous pourrez retrouver quelques perles, telles que « Feeling good » « I put a spell on you » ou encore sa version de « Ne me quitte pas ». Je vous conseille vivement le DVD du Live au festival de Montreux qui est tout simplement magistral. En attendant voilà quelques mises en bouche…

Laurent