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Les Soulections #10 : Curtis Mayfield


Comme pour les autres sections de mes chroniques, sur les dizaines, je me réserve toujours un petit plaisir, aujourd’hui, c’est pour moi, l’un des artistes les plus marquants de l’histoire de la soul music, MONSIEUR Curtis Mayfield!!!

Le chanteur guitariste de Chicago est l’un des fers de lance de l’éveil d’une conscience sociale musicale au même titre que Marvin Gaye, Stevie Wonder ou Gil Scott Heron, peut être, quelque part des précurseurs du hip hop revendicatif des Public Enemy et autres. Sa musique a influencé à travers ses riffs de guitare et sa voix si particulière.

La vie et la carrière de Mayfield sont de véritables montagnes russes, il naît en 1942 dans l’un des quartiers les plus difficiles de Chicago, Cabrini-Green, très vite désintéressé de l’école, il se passionne pour la musique et les groupes de Gospel, très populaires dans sa communauté. Il s’oriente principalement vers la guitare et le chant et compose avec ses cousins et les ex “Alphatones”, une nouvelle formation qu’ils nomment les “Northern jubilee singers”, parmi eux, un certain Jerry Butler, qui sera leur lead vocal, Curtis, lui, c’est le guitariste principal. Leur musique est principalement spirituelle et comme pour beaucoup dans ce cas, la reconnaissance est majoritairement locale, malgré tout, cette expérience leur permettra de faire la connaissance des “Roosters”, une autre groupe, issu lui du Tennessee et qui a décidé de passer sur la côte est et tenter sa chance loin des terres du rock. Les deux groupes fusionnent, deviennent les “Impressions” et signent leur premier contrat dans un label, chez Vee-Jay Records, le premier label noir américain, et non, ce n’est pas la Motown. Les nouveaux re-nommés “Impressions” n’oublient pas leurs racines Gospel, mais se réorientent dans un style plus R’N’B et le succès est vite au rendez-vous avec des titres comme “For your precious love” en 1958.

Le problème, c’est qu’avec ce succès, vient également de grosses tensions au sein du groupe et notamment entre Curtis et Jerry Butler et ce dernier finira par quitter le groupe. Les Impressions continuent leur petit bonhomme de chemin et font même mieux que ça quand ils sortent “This is my country” et “Gipsy woman”, c’est une très belle carrière qui s’annonce pour le groupe avec Curtis à leur tête et cela durant toutes les années 60.

La fin de la décennie marque la fin des “Impressions” et le début de la carrière solo de Curtis Mayfield, c’est là qu’il va marquer l’histoire de la musique, dès son premier album éponyme, avec des chansons comme “(Don’t worry) If there’s a hell below, we’re all gonna go” (le générique de “The deuce”) et “We, the people, who are darker than blue”, il marque le pas sur les ballades et devient un artiste engagé socialement et politiquement.

Ce nouveau virage dans la carrière du Chicagoan explose au visage de la communauté noire Américaine et du monde entier en 1972 avec la B.O du film “Superfly”, le grand succès de Mayfield.

Finalement, le succès du disque dépasse même celui du film et pour la première fois, dans une bande originale de Blaxploitation, on ne parle pas que des macs et des prostituées, Mayfield aborde les problèmes de sociétés de l’époque, la drogue dans les ghettos, la pauvreté et l’ingérence du gouvernement en place. Très vite repris par le mouvement des droits civiques au même titre qu’Innervision de Stevie Wonder et What’s going on de Marvin Gaye, l’exposition de Curtis est décuplé, il devient l’un des emblèmes du “Black power”. Tout au long des années 70, il continuera d’enchainer les succès musicaux, en tant qu’artiste, mais aussi comme producteur, sur l’album de Baby Huey et son immense “Hard time” par exemple. Le début des années 80 marque les grands débuts du hip hop et de son aspect revendicatif, mais aussi un petit retrait de la scène musicale pour Curtis Mayfield, qui ne sortira des disques mais avec un succès moindre, le créneau politique étant occupé par les rappeurs.

Curtis continue de tourner sur scène jusqu’au 14 Août 1990, où un projecteur lui tombe dessus et le paralyse lors d’un concert à Brooklyn. L’artiste ne pourra plus jouer de la guitare, mais restera actif dans le monde musical et sortira même un dernier album en 1996, “New world order”.

Malheureusement pour nous et pour l’industrie de la musique, il est atteint de diabète et doit se faire amputer d’une jambe en 1998, dès lors, son état se dégrade rapidement et il décèdera le 26 Décembre 1999 à Roswell, en Géorgie.

Alors, voilà, si vous souhaitez (re) découvrir ce génie de la musique, je vous recommande vivement de venir emprunter nos documents à la médiathèque (disque, DVD…) en attendant de vous retrouver dans les bacs, voici un petit aperçu du talent de Curtis Mayfield.

Laurent

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Les Soulections #9 : The Temptations


Allez, sortez les défrisages, les pattes d’ef et vos plus belles chorégraphies, je vous emmène en balade avec l’un de mes groupes préférés, l’un de ceux avec qui j’ai commencé à écouter de la Soul, les Temptations!!!

Probablement la formation soul la plus connue de l’histoire de la soul, les Temptations, c’est le groupe phare du label le plus mythique de la période dorée de cette musique, la Motown. Peut-être aussi celui qui a subi le plus de changement de casting, plus d’une vingtaine de voix différentes sont venus chanter les refrains légendaires de la formation de Detroit.

Enfin, voilà, l’histoire des Temptations commencent avec le regroupement de deux formations, les Distants et les Primes avec leurs leaders respectifs, Otis Williams et Eddie Kendricks, ils se nomment d’abord les Elgins et sont complétés par Paul Williams (responsable de leurs mémorables chorégraphies), Eldridge Bryant et Melvin Franklin, ils font des représentations un peu partout aux Etats-Unis et se font rapidement repérer par un certain Berry Gordy, ça vous parle? Non? Le grand manitou de la Motown, le plus grand label Soul de tous les temps, donc autant dire qu’avec ce cocktail de talent réunis, la machine à hits ne pouvait que démarrer.

Ils abandonnent le nom des Elgins pour devenir les Temptations à ce moment là et Gordy leur offrent un producteur à la hauteur de leur talent, MONSIEUR Smokey Robinson, ça donne un premier single qui va les faire exploser aux yeux du monde entier: “The way you do the things you do”, entre temps, Eldridge Bryant quitte le groupe et il est remplacé par un certain David Ruffin, d’abord utilisé comme chanteur secondaire, mais beaucoup trop talentueux pour en rester là.

Berry Gordy et Smokey Robinson se rendent vite compte de la perle qu’ils ont trouvé et décident d’en faire l’un des leads de la formation, s’ensuit les “My girl”, “Get ready” et autres “Ain’t too proud to beg”, c’est l’époque du “classic five era” qui durera jusqu’à la fin des années 60 et le départ de Ruffin, trop instable, trop en quête de lumière. Ses trop nombreux dérapages, notamment le fait qu’il frappait sa compagne Tammi Terrell, une autre star du label, sa compagne de l’époque risquait de nuire au groupe et ils le remplaceront par Dennis Edwards.

C’est la fin d’une époque avec cette nouvelle décennie qui commence et les changements d’effectif vont continuer mais le succès, lui est toujours au rendez-vous. Nous sommes dans les années 70 et Norman Whitfield, l’un des producteurs historiques du groupe essaye de les faire passer dans l’ère de la funk et du disco avec des titres tels que “Papa was a rollin’ stone” ou “Just my imagination” et leur public continue d’adhérer.

A la fin des années 70, le groupe quitte la Motown pour Atlantic records pendant quelques années jusqu’à que Berry Gordy fasse le forcing pour récupérer ses stars en leur proposant un “Reunion tour” qui ramènerait David Ruffin et Paul Kendricks parmi les leurs.

A ce moment là, le succès des Temptations est déjà bien derrière eux et ils se concentrent plus sur des tournées avec les anciennes stars du label que sur des nouveaux enregistrements, même si ils sortent quelques albums sporadiquement et des titres tels que “Treat her like a lady” ou “How can you say that it’s over”.

Au jour d’aujourd’hui, le groupe a reçu un Grammy pour leur carrière en 2013 et a été introduit au Vocal group hall of fame en 2001 et au Rock and Roll Hall of fame en 1989. Des chanteurs originaux, seul reste Otis Williams, aujourd’hui agé de 76 ans et qui continue encore à chanter avec des nouveaux membres.

Je vous conseille vivement de fouiller sur internet pour trouver des lives qui sont nombreux et vraiment géniaux, notamment pour les 25 ans de la Motown, je vous ai mis quelques extraits dans la playlist et aussi le trailer de l’excellent film sur l’histoire du groupe, mais je vous laisse bosser un peu quand même pour trouver d’autres perles…

Laurent

Les Soulections #8 : Minnie Ripperton


CINQ OCTAVES ET DEMI !!! C’est pas rien quand même? Comment introduire différemment miss Minnie Riperton, une autre étoile de la Soul partie trop tôt…

Sa voix identifiable entre milles a inspirée de nombreuses chanteuses actuelles tel que Mariah Carey, Mary J. Blige et j’en passe…

Originaire de Chicago (encore une) et née en 1949, Minnie a une formation lyrique et c’est ce qui lui permet de se démarquer avec sa puissance vocale qui atteint deux octaves de plus que la moyenne. Elle commence sa carrière très jeune, à l’âge de 15 ans avec le groupe The Gems, qui ne marquera pas les esprits, mais lui permettra de mettre un premier pieds dans l’industrie du disque et de rebondir avec une autre formation, The rotary connection, qui fonctionnera déjà beaucoup mieux et qui lancera par la suite, sa carrière solo.

En 1970, elle enregistre “Come to my garden” et fait découvrir son talent au monde entier et notamment à l’une des icônes de la soul, monsieur Stevie Wonder himself, qui craque complètement pour la jeune Minnie! L’album est un succès critique, mais l’explosion des ventes, ce n’est pas encore pour maintenant.

C’est avec “Perfect angel” et son inoubliable “Lovin’ you” que Minnie éclate au grand jour, ce titre, vous l’avez forcément déjà entendu, que ce soit dans les films de Tarantino, dans des pubs, sur une cover (Shanice, Olivia Newton-John ou encore les Stylistics), je suis persuadé que vous l’avez déjà entendu, allez, je vous aide encore un peu: des petits oiseaux qui chantent, la mélodie qui commence, une voix d’une pureté de cristal qui nous lâche un “la la laaaaaaaa…” qu’on ne peut pas oublier, ça y est je suis sûr que vous l’avez. Stevie accompagne Minnie au piano et à l’harmonica sur le disque et il le produit également, je pense qu’on peut quand même appeler ça un gage de qualité, non?

Viendra ensuite “Adventures in paradise”, qui est clairement l’album de la confirmation avec le superbe “Inside my love”, dont je vous parlerais sans doute dans un prochain rendez-vous samplé…C’est à cette période que la chanteuse apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein et doit subir une mastectomie. Malheureusement, le cancer a eu le temps de se propager et son espérance de vie est limité…

Elle aura le temps de d’enregistrer deux autres albums: “Stay in love” et “Minnie”, des disques plus up-tempo, dans l’air du temps, toujours de qualité, mais différent de son travail précédent. Elle deviendra également l’une des figures de la bataille contre le cancer aux Etats-Unis avec l’American cancer society, mais décédera des suites de son cancer en 1979 en laissant derrière elle une fille, la jeune Maya Rudolph qui deviendra plus tard, une actrice de renom, décidément, le talent coule dans les veines de la famille.

La maladie nous a volé encore une incroyable artiste, beaucoup trop tôt, Minnie Riperton est décédée à l’âge de 31 ans, mais elle a marqué toute une génération.

 

Laurent

Les Soulections #7 : Leela James


Il est parfois des coups du destin, qui sur le moment peuvent paraître dramatique et qui ne sont, en réalité qu’une étape, dans le chemin de quelqu’un, c’est probablement ce que la jeune Leela James a dû se dire quand elle s’est blessée au genou alors qu’une belle carrière d’athlète lui était promise… Heureusement pour elle (et pour nous) la jeune Californienne avait d’autres atouts dans sa manche, elle possède une voix hors du commun et malgré qu’elle ait chanté déjà plus jeune dans les églises, ce n’était pas son premier objectif.

La carrière musicale de Leela James débute en 2005 avec “A change is gonna come”, un album construit comme un hommage à la Soul des années 60/70, le titre est d’ailleurs le même que l’un des morceaux les plus connus de Sam Cooke. L’album est produit par des gros noms de l’industrie tels que Wyclef des Fugees, Raphael Saadiq ou encore Kanye West, c’est un succès instantané pour James.

La Warner pense tenir une pépite, mais c’est sans compter sur l’esprit libre de l’artiste qui décide de signer chez un petit label nommé Shanashie et d’avoir encore plus de liberté artistique, elle sort pour eux “Let’s do it again”, un disque composé uniquement de covers, pas original, me direz-vous? Oui, sauf que Leela a une telle capacité à imposer son style et à s’approprier les morceaux qu’on en oublierait presque qu’elle n’en est pas l’auteur, sa reprise du “It’s a man, man, man’s world” de James Brown est juste incroyable, mais ma préférée est sans aucun doute “Clean up woman”, au moins aussi bien que l’original!!!

Pour “My soul”, Leela James change de nouveau de label et signe chez le légendaire Stax, le principal concurrent de la Motown pendant la période dorée de la musique Soul. C’est un album assez court, pas forcément son meilleur, même si ça reste un disque très correct, c’est pour moi le moins marquant, à l’exception de “Mr incredible – Mrs Unforgettable” avec Raheem Devaughn et “Tell me you love me” qui font partis de mes morceaux favoris de Leela.

Ensuite, elle nous propose un album hommage à la grande Etta James, qui contrairement à ce qu’on peut lire, n’est pas sa grand mère, Leela est tout simplement une grande fan d’Etta et souhaitait rendre un hommage à son immense carrière, aussi risqué que cela puisse être de s’attaquer au répertoire d’une telle légende, Leela s’en est plutôt bien sorti.

En 2014, sort son 5ème album “Fall for you” avec le track que je préfère de Leela, “Say that” en duo avec l’un de mes autres artistes préférés, Anthony Hamilton, j’ai d’ailleurs souvent tendance à comparer ces deux monstres de la Neo-Soul car non seulement ils ont deux des voix les plus puissantes du circuit, mais ils ont aussi cette capacité à produire des disques que l’on peut écouter sans sauter une piste, c’est aussi deux des chanteurs qui sont, selon moi, le plus dans l’esprit de la soul des années 70 et ça, je ne peux que valider!!!

Enfin, cette année et sorti “Did it for love”, que nous avons mis en avant à la médiathèque et qui est une nouvelle fois une réussite, alors n’hésitez plus, courez emprunter ce disque et en attendant, je vous propose une petite sélection de mes morceaux favoris.

Laurent

Les Soulections #6 : The Delfonics


Vous allez dire que je boycotte la Motown au privilège du Philly sound, rassurez-vous, on y viendra tôt ou tard, y’a eu tellement d’artistes de qualité sur le label de Detroit, mais pour le moment, restons sur des formations un peu moins célèbres (chez nous en tout cas).

Fans de Quentin Tarantino, levez la main si vous avez déjà chantonné les tubes Soul diffusés dans ses films… Plusieurs de ses sons étaient issus d’un groupe bien connu de Philadelphie: Les Delfonics.

Composé des frère Hart, William et Wilbert ainsi que de Greg Hill, les Delfonics sont l’une des formations avec les musiques les plus romantiques dans les années 60/70, à leur actif seulement une dizaine d’albums, c’est pas énorme mais cette discographie est pleine de hits qui vous resteront en tête dès que vous les entendrez.

Avec des titres tels que “La la la means i love you” ou “Didn’t i blow your mind this time?”, vos soirées romantiques sont assurées de bien démarrer, il faut savoir également que malgré leur relative brève discographie, les Delfonics reste l’un des groupes les plus samplés dans le hip hop avec par exemple “Walk right up to the sun” qui donna lieu au mythique “If I ruled the world” de Nas en duo avec la merveilleuse Lauryn Hill ou encore “Ready or not, here I come” repris par les Fugees sur “Ready or not” avec le refrain chanté par… je vous le donne en mille: Miss Lauryn Hill!!!

Due à des problèmes de contrat et de multiples changements de personnel, le groupe sortira des disques sporadiquement jusque dans les années 80, même si leurs belles années sont restés derrière eux.

Quoi qu’il en soit, ils restent l’un des groupes les plus marquants de cette période et notamment grâce aux films de la Blaxploitation et plus tard, ceux de Tarantino qui saura si bien les mettre en valeur.

Laurent

Les Soulections #5: Luther Vandross


Allez, avoue Guillaume, tu la sentais venir celle-là, non? Je l’ai pas fait en premier, mais j’étais obligé d’y venir, c’est Luther quand même, “The king of the bedroom”, si ce n’est pas un surnom imagé ça, j’y comprends plus rien!!! Un surnom que le chanteur n’appréciait guère cela dit, ni les sous-vêtements que les jeunes femmes lui lançaient continuellement sur scène d’ailleurs, mais bon, que faire, sa musique crée des émotions, c’est comme ça…

Luther Vandross, c’est l’une des voix de la soul/R’n’B reconnaissable entre mille, c’est la voix de velours comme disait Dionne Warwick, l’une des meilleures amies de l’artiste et elle sait de quoi elle parle, il me semble.

Luther, c’est une grosse quinzaine d’albums studios, une demi-douzaine en live, 8 grammy awards, difficile d’appeler ça de la musique d’ascenseur, hein G…? ;-P

La carrière de Luther Vandross débute en tant que choriste pour des chanteurs tels que David Bowie, Bette Midler et Barbara Streisand pour ne citer qu’eux, puis crée le groupe Luther, qui sortira deux albums, passé inaperçus, il retourne à son boulot de choriste jusqu’à sa participation à l’album de Change où il est le lead singer sur “The glow of love” et “Searching”, cette fois sa carrière est lancée!!!

Avec l’aide de Donna Summer et la participation de son acolyte de toujours, l’immense bassiste Marcus Miller (qui dit que c’est en côtoyant Luther qu’il a enfin su apprécier les chanteurs, qui n’était pour lui, jusque-là que des faire-valoir pour les instruments) qu’il sort son premier album solo: Never too much, une perfection pour moi, avec le titre éponyme évidemment, mais aussi la reprise de Dionne Warwick, “A house is not a home” (la chanteuse dit quand même que c’est Luther a qui doit revenir la version définitive de ce morceau tant sa performance est supérieure), “Sugar and spice”, “Super lady” etc…

Quelques albums plus tard, Luther devient LA référence du romantisme durant cette période avec des tubes comme “Always and forever”, “There’s nothing better than love” avec Gregory Hines ou encore “Any love”.

Il était capable de sortir de son confort de crooner avec des morceaux plus funky comme “Bad boy/Having a party”, “Till my baby comes home” et j’en passe, il a également su s’adapter aux changements musicaux pour continuer à produire quasiment un disque tous les deux ans entre 1981 et 2003.

Des albums de Noël, des reprises, des duos avec des artistes tels que Stevie Wonder, Mariah Carey ou encore Busta Rhymes, la carrière de Luther Vandross est aussi diverse qu’elle est talentueuse.

Malheureusement, le 1er Juillet 2005, il meurt des suites de ses problèmes de santé, il souffrait de diabète et d’hypertension. Bien que reconnu par le monde de la musique, son décès est presque passé inaperçu à l’exception du disque hommage “So amazing: An allstar tribute to Luther Vandross” avec des reprises de ses standards par des artistes tels que Beyonce, John Legend, Usher ou encore Aretha Franklin.

En attendant, vos soirées romantiques sont parées avec la playlist spécial Luther ci-dessous…

Laurent

Les Soulections #4: Gladys Knight & The Pips


L’une des grandes voix de la soul, des années 60 à nos jours, Gladys Knight est difficilement dissociable de son groupe, les fameux Pips, composé de son frère MeraldBubbaKnight, Edward Patten et William Guest puisqu’ils ont joué ensemble la quasi-totalité de leurs carrière.

Près d’une quarantaine de disques plus tard, des hits inoubliables et indémodables, petit retour dans le passé quand le groupe était composé encore de cinq membres avec la soeur de Gladys, Brenda et Eleanor Guest, à ce moment-là, ils sont encore Les Pips.

Ils débutent à la toute fin des années 50 et se produisent dans les soirées de la région d’Atlanta et le dimanche dans les églises. A force, le groupe se fait remarquer et se voit proposer d’enregistrer leur version du hit de Johnny Otis: “Every beat of my heart”, les Pips décrochent leur premier contrat, mais deviennent Gladys Knight & The Pips, tant la chanteuse éclabousse tout le monde de son talent.

Ca fonctionne plutôt bien pour eux, mais le vrai déclic se produit en 1966, quand ils sont signés par un certain Berry Gordy, le patron du label Motown, icône de la Soul. Celui-ci va déployer ses meilleurs auteurs/compositeurs et musiciens au service de son nouveau groupe et là, ce sera l’explosion, ils vont enregistrer “I heard it through the grapevine” et quelques autres hits tous écrits par Norman Whitfield. Au départ, plutôt Blues, les Pips et Gladys vont se fondre dans le moule Motown et offrir une soul plus pop et ce qui fera définitivement leur succès.

En 1973, ils quittent la Motown et signent chez Buddah records, qui continueront à leur faire enregistrer des pépites telles que “Midnight train to Georgia” (mon morceau préféré!) ou “The best thing that ever happened to me”, Curtis Mayfield (dont nous parleront une autre fois) écrira également pour eux.

Après quelques soucis avec le label, le groupe est forcé de se séparer et Gladys débute une carrière solo tout aussi fructueuse, ils pourront de nouveaux jouer ensemble au début des années 80 et leur rencontre avec Ashford et Simpson qui leur permettra de se réinventer à nouveau et de s’orienter vers le disco/funk plus en vogue à l’époque.

Gladys Knight et les Pips se séparent définitivement à la fin des années 80 et la lead continuera, elle à enregistrer de nombreux albums jusqu’en 2014 et son dernier album en date “Where My Heart Belongs”.

Tout au long de sa carrière, Gladys également décroché quelques rôles au cinéma ou à télévision, parfois, dans son propre rôle, comme dans la série Las Vegas, où elle joue la tante de l’un des employés et lui fait faire les choeurs lors d’un concert.

Tout ça pour dire que “The empress of Soul” d’Atlanta possède l’une des plus belles discographies qu’il m’ait été donné d’écouter.

Laurent

Les Soulections #3 : Angie Stone


Changeons un peu d’époque et revenons un peu à des artistes actuels avec une des divas de la Neo Soul, Miss Angie Stone. La diva de Colombia, souvent comparée à Chaka Khan, tant pour son physique que ses morceaux souvent sexy est l’une des pionnières de la Nu-Soul actuelle au même titre quErykah Badu ou celui qui fut son compagnon et père de son fils, D’angelo.

Dans un style proche de la “Philly Soul”, Stone a enchaîné les albums depuis la fin des années 1990 avec un succès constant, mais avant ça, elle avait fait plusieurs tentatives en groupe un peu moins fructueuses, de qualité, certes mais moins reconnues publiquement.

Elle a commencé comme beaucoup, par le Gospel, puis, comme elle est fan de basket, elle s’inscrit dans un programme de sport-études où, avec deux de ses amies, elles fondent un trio hip hop funk du nom de “The Sequence” et sortent deux tubes qui fonctionnent plutôt bien. Après deux albums, le groupe se sépare et Angie continue son petit bonhomme de chemin, notamment avec le groupe Mantronix et également en tant que choriste sur un des albums de Lenny Kravitz.

La suite, c’est le groupe Devox, qui lui offre pour la première fois, le lead vocal. C’est aussi à cette période qu’elle rencontre D’Angelo, pour qui, elle fait des choeurs (et un enfant), cette visibilité lui permet de sortir un premier album solo, “Black diamond”, qui explosera les charts et lancera sa carrière définitivement.

Son deuxième album, “The mahogany soul” la consacrera définitivement comme l’une des reines de ce mouvement et Stone va continuer à nous régaler les oreilles, elle compte à ce jour sept albums et une multitude de collaborations avec des artistes tels que Dave Hollister, Anthony Hamilton, Prince et j’en passe…

Il ne vous reste plus qu’a (re)découvrir l’univers de cette formidable artiste.

Laurent

Les Soulections #2: The O’jays


Quand on parle de groupe vocal masculin soul dans les années 60/70, généralement, le premier nom qui vient à l’esprit est celui des Temptations, le groupe mythique de la Motown est évidemment l’un des plus reconnus et talentueux de cette époque, mais du côté du label Philadelphia, l’un des autres leaders de la Soul de l’époque, une autre formation vient marquer la musique dès 1958: Les O’Jays.

Composé à la base de Walter Williams, Eddie Levert, William Powell ainsi que Bill Isles et Bobby Massey jusqu’à la signature avec les légendaires producteurs Gamble & Huff chez Philadelphia, les O’Jays deviendront un trio avec les 3 premiers cités plus haut. C’est à ce moment-là et avec le single “Backstabbers” que leur carrière va exploser.

Les O’jays sont l’un des groupes les plus représentatifs du “Philly sound” orchestrés par les fameux MFSB, le pendant des Funk brothers de la Motown, ils produiront près d’une trentaine d’albums studios et continuent de se produire jusqu’à maintenant. A travers les époques, la formation de Canton, Ohio a su se renouveler et adapter sa musique au sonorité actuelle.

Malgré les nombreux changements dans le groupe, ils ont su garder leur identité musicale en conservant deux des membres fondateurs avec Eddie Levert et Walter Williams, les 2 leads vocaux depuis les débuts du groupe. Tout au long de cette belle carrière, les O’jays nous ont offert des véritables pépites Soul dont voici quelques extraits ainsi qu’un concert entier filmé au légendaire Apollo theater, amoureux de la Soul, régalez-vous…

Laurent