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Omer Klein, clavier bien trempé.


OmerKlein_pochetteDepuis quelques années et la révélation du contrebassiste Avishaï Cohen, un coup de projecteur s’est porté sur la scène jazz israélienne. Les pianistes Yaron Herman, Shaï Maestro, le contrebassiste Omer Avital,  plus récemment le pianiste Omer Klein, bénéficient tant à New-York que Paris, et partout dans les festivals où  ils se produisent, un accueil à la hauteur de leur talent, de la qualité de leur répertoire musical.

Omer Klein, donc, qui vient de publier « Fearless Friday« , par ailleurs auteur de 5 albums en tant que leader depuis 2008, est la dernière pépite de la scène jazz israélienne.

Son jeu, tout en souplesse et ruptures maîtrisées, mélange subtilement le classique et les mélodies moyen-orientales. Pour ce disque, Omer Klein s’est entouré de deux compères, le contrebassiste Haggai Cohen-Milo, le batteur Amir Bresler. Cette section rythmique offre une assise tout en nuances sur laquelle le pianiste vient poser ses compositions, dans une jeu qui est un régal à écouter. Auteur de la plupart des morceaux excepté le « Azure », dû à Duke Ellington, Omer Klein nous offre ici toute la palette de son talent. Omer Klein est venu présenter son album, dans le cadre chaleureux du Duc des Lombards, à Paris.

Ce beau disque, une jolie découverte pour moi, mérite qu’on s’y arrête. Je vous laisse le soin d’en faire de même.

Guillaume.

 

 

Un Trio de choc !


pochette biberHeinrich Ignaz Franz Von Biber violoniste et compositeur est né au XVIIème siècle. Il dédie les très belles sonates pour violon (1681) à son employeur l’archevèque Maximilien Gandolph. Sur l’album Harmonia Mundi que je vous propose d’écouter, elles sont interprétées par l’ Ensemble Romanesca (Andrew Manze au violon baroque, Nigel North au  luth ou au  théorbe,John Toll au clavecin ou à l’ orgue) avec beaucoup de brio.

Même si vous écoutez peu de musique classique, je crois que vous pourrez vous laissez emporter par ce trio, tant leur manière d’interpréter est vivante et expressive. Un beau moment de sérénité.

Enitram

Quand le Jazz est là…


Chaque été, Marciac, petite commune du Gers, se pare de ses atours en jazz majeur, de fin juillet à mi-août. Cette année, du 28 juillet au 15 août, le menu concocté est prometteur de jolis moments musicaux :  De Lucky Peterson et Jeff Beck, as de guitare électrique, qui ouvriront les festivités à Monty Alexander, pianiste éclectique, et Jimmy Cliff, chanteur jamaiquain joyeux et talenteux, qui clôtureront le festival, le jazz, multiforme, multicolore, sera encore bien servi cette année.

En effet, outre les habitués Wynton Marsalis, Ahmad Jamal, Ibrahim Maalouf, ou Kenny Barron trio, seront présents Didier Lockwood qui fêtera 40 ans de carrière, les chanteuses Eliane Elias, Stacey Kent, Dee Dee Bridgewater, You Sun Nah,l’accordéoniste Richard Galliano, le pianiste-percussionniste Omar Sosa, les légendes Wayne Shorter, Chick Corea, Herbie Hancock, Stanley Clarke, le tourbillonnant et brillant pianiste-chanteur Jamie Cullum, le batteur Daniel Humair… Bref, vous le constatez, le menu, encore une fois, est copieux…

Alors, si vous voulez agrémenter vos vacances de soirées jazz, Marciac et son ambiance festive, joyeuse, seront une belle escale en cette été 2014.

Vous retrouverez des albums de ces artistes à l’espace musique.

Guillaume.

Rush, anges canadiens toujours à l’heure… musicale.


Depuis 1968, année marquée d’un printemps révolutionnaire en France et un peu partout ailleurs, les Canadiens du trio rock Rush, nous envoient régulièrement des nouvelles de leurs tribulations musicales.

45 ans après leurs débuts, Geddy Lee (claviers, basse, chant), Alex Lifeson (guitare), Neil Peart (batterie, chant), ne renoncent pas, s’attelant à la tâche tels de méticuleux bûcherons (si ça existe !!!! Ah mais !!! ), et nous offrant régulièrement des perles de créativité musicale. La dernière livraison du trio « Clockwork angels tour« , un live qui témoigne de la tournée triomphale qui suivit la sortie de « Clockwork Angels » (2012), en est le signe parfait.

Le trio canadien est en forme, grande même. Durant 3 cd (29 titres au menu !!) ils nous délivrent un panel large de vieux et nouveaux morceaux, avec une énergie peu commune et qu’enviraient sans doute nombre de leurs homologues de leur génération (écoutez le solo de batterie de Neil Peart sur « Where’s my thing »). Vraiment, l’auditeur ne s’ennuie pas, les titres défilant comme des perles ciselées et ne prenant pas ombrage du temps. Je pense ici à « The Big Money, »Analog Kid », « Caravan », au superbe « The Anarchist », entre autres…

A les écouter, je me dis que nombre d’artistes, musiciens, « chanteurs » sévissant aujourd’hui sur nos ondes et écrans, vendus comme des savonnettes, devraient prendre de la graine de ces trois lascars, qui comme des Peter Gabriel, David Bowie, ou Bryan Ferry,  vieillisent avec un bonheur ravissant l’auditeur.

Merci messieurs de ce joli moment.

Guillaume.

Monty Alexander, pianiste multicolore.


La jamaïque, île paradisiaque (je ne dis pas cela pour les substances que l’on y cultive ou fume, bien entendu), outre Bob Marley & ses Wailers, outre Usain Bolt, a vu naître voila 69 ans, un certain Bernard Montgomery Alexander, plus connu sous le nom de Monty Alexander. Pianiste de jazz,  influencé par Oscar Peterson ou Ahmad Jamal (excusez du peu !!!!), il s’évertue depuis le début de sa riche carrière musicale, à mélanger les sons, les rythmes, à croiser les ambiances, particulièrement jazz et reggae, rhythmes carribéens, comme sur  « Carribean circle » (1993), « Carribean duet », avec Michael Sardaby (1999), sans oublier ses versions du répertoire de Bob Marley que sont « Stir it up » (1999), « Concrete Jungle, the music of Bob Marley » (2006). Il a également salué magnifiquement les crooners américains Tony Bennett (2008). Nat King Cole (2009).

Son dernier bébé musical, « Uplift2, higher« , fait suite au premier chapitre « Uplift » paru en 2011. Ici, Monty Alexander explore joyeusement et brillamment le répertoire jazz du début, entre gospel « When the Saints go marching in », « Battle hymn », ou encore une version inattendue et surprenante de « St. Thomas », rendue célèbre par Sonny Rollins. Tout le disque est une ballade ryhtmée, fiévreuse, souriante, dans cet univers des racines du jazz, nous ramenant à une époque où existaient également les fanfares, les big bands. Les bassistes John Clayton, Hassan Shakur, et les batteurs Jeff Hamilton, Frits Landesbergen épaulent magnifiquement les envolées pianistiques de Monty Alexander.

Vous l’aurez compris, j’ai craqué, conquis par tant de bonheur pianoté. Encore une fois, Monty Alexander nous offre un écrin musical de haut vol. Parfait pour passer les fêtes de fin d’année!

Guillaume.

Shaï Maestro, le clavier bien maîtrisé.


La première fois que j’ai découvert Shaï Maestro, pianiste israelien, c’était à la salle du Perreux-Nogent il y a 3-4 ans, lors d’un concert de Avishaï Cohen, contrebassiste, qu’il accompagnait, fort brillament. Il n’est qu’à écouter les 4 albums du contrebassiste sur lesquels il a posé son talent de pianiste à l’univers mêlé de jazz et musique classique.

Passée cette période au côté de Avishaï Cohen, Shaï Maestro décide de prendre son envol, et de composer sa propre musique. En 2012, paraît Shaï Maestro Trio, qui annonce la couleur, l’univers dans lequel il entend nous emmener : un jazz sobre, lyrique, aéré, envoûtant, où la musique est servie au plus juste.

Cette année, Maestro nous revient avec The Road to Ithaca, toujours en trio, avec le contrebassiste Jorge Roeder et Ziv Ravitz, aux baguettes et peaux. Le résultat ? une musique qui oscille entre jazz et classique, et une complémentarité musicale plus qu’ évidente. C’est un régal que de l’écouter. Les 10 titres composant cette « Route vers Ithaca », sont autant de perles à savourer tranquillement.

Shaï Maestro est un pianiste, un musicien à suivre dans les années qui viennent. Ne le perdez pas de vue !

Guillaume.

Impressions festivalières


JazzInMarciac_afficheCette année encore, je me suis rendu à Marciac, qui outre le charme de cette ville de petite taille (moins de 3000 habitants), possède l’un des plus fameux festivals de Jazz en France :  Jazz In Marciac ou JIM pour les afficionados.

Cette fois encore, l’affiche proposée chaque soir réservait son lot de plaisir auditif, de découvertes musicales, de surprises, bonnes comme mauvaises. Pour ma part, j’ai pu écouter le pianiste Kenny Barron en trio, Georges Mraz (contrebasse) et Lewis Nash (batterie). Ce fut un vrai régal de sobriété, de jeu tout en respiration, d’harmonie. Georges Mraz et Lewis Nash tenaient le tempo avec brio. Ahmad Jamal, du haut de ses 83 printemps, et son quartet (avec notament le brillant Reginald Veal à la contrebasse), ne m’a pas emballé, malgré le talent évident du bonhomme et de ses musiciens. Wynton Marsalis, parrain du festival et trompettisste-compositeur-producteur, accompagné de musiciens indiens et pakistanais, nous fit partager un maginifique moment d’échange de cultures musicales. Eric Bibb,  chanteur-guitariste de blues, offrit un récital de grande qualité. Son charisme, sa voix de conteur, son jeu de guitare nous ramenant aux souorces du blues. Il est programmé cette année salle Jacques Brel, ne le manquez pas!!!!. Comme bouquet final de cette quinzaine jazzy,  les légendes du funk Fred Wesley (trombone) et Maceo Parker (saxophone ténor), anciens compagnons de route de James Brown, étaient programmés le même soir, chose rarissime. Du Rythm and Blues, de la Soul traditionnelle de Fred Wesley au Funk groovy de Maceo Parker (2H de show, 3 rappels!!), la soirée fut sublime, cuivrée…Un véritable bonheur.

Alors si Kenny Barron, Ahmad Jamal, Fred Wesley et Maceo Parker passent sur Paris ou en proche banlieue, allez les voir, vous passerez d’excellents moments.

Guillaume.

Hiromi, ou l’art du… mouvement.


HiromiMove_pochette4 Août 2010, Marciac. Ce soir-là, alors venu voir et écouter le virtuose Ahmad Jamal et son quartet,  je découvris, en première partie de soirée,comme les 6000 autres personnes présentes, une jeune pianiste japonaise, d’allure fluette, Hiromi. 1 h de récital sans faute, sans fausses notes (n’oubliant pas de parler en français entre les morceaux). Repérée lors d’un concours au Japon par Maître Jamal, elle bénéficie depuis de son appui, de ses conseils avisés.

Après « Place to be » (2009), « Voice » (2011), « Move » est le troisième opus publié en France de cette virtuose du clavier, inspirée par Erik Satie, et bien sûr Ahmad Jamal.

Move donc, est ici concocté avec la complicité talentueuse du bassiste multi-cartes Anthony Jackson et du batteur ambidextre Simon Phillips, davantage habitué aux univers pop-rock. Après un premier morceau au rythme hypnotique, qui présente le trio, la suite n’est que plaisir d’écoute et confirmation de l’étendue du talent d’Hiromi. Quelque soit le tempo, elle dévelloppe un jeu subtil, et l’indépendance des 2 mains sur le clavier est remarquable. L’univers de cet opus est une musique assez contemporaine, parfois presque urbaine, et la rythmique composé par Anthony Jackson et Simon Phillips, une base solide sur laquelle Hiromi peut laisser reposer sa créativité.

« Move » est un album très réussi… j’ai hâte de voir le résultat sur scène.

Mes titres préférés de l’album sont : Move, Rainmaker et 11:49 P.M.

Guillaume.